Archive pour février, 2014

AVORTEMENT : CLARIFICATION DE LA CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI

5 février, 2014

http://www.evangelium-vitae.org/documents/3176/archives/respect-de-la-vie–bioethique.htm

RESPECT DE LA VIE – BIOÉTHIQUE

AVORTEMENT : CLARIFICATION DE LA CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI

Suite à l´article publié dans L’OR par Mgr Rino Fisichella

ROME, Vendredi 10 Juillet 2009 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous une mise au point de la Congrégation pour la doctrine de la foi, diffusée le 10 juillet dans L’Osservatore Romano, suite à l’article publié dans le quotidien du Saint-Siège par Mgr Rino Fisichella, président de l’Académie pontificale pour la vie, après l’avortement pratiquée sur une fillette de 9 ans au Brésil.

* * * Diverses lettres sont récemment parvenues au Saint-Siège, notamment de la part de hautes personnalités de la vie politique et ecclésiale, qui nous ont informé de la confusion créée dans plusieurs pays, surtout en Amérique Latine, suite à la manipulation et à l’instrumentalisation d’un article de Mgr Rino Fisichella, président de l’Académie pontificale pour la vie, sur les tristes événements concernant la « petite fille brésilienne ». Cet article, publié dans L’Osservatore Romano le 15 mars 2009, proposait la doctrine de l’Eglise, tout en tenant compte de la situation dramatique de cette enfant qui – comme cela a été révélé par la suite – a été accompagnée avec beaucoup de délicatesse pastorale par l’ancien archevêque de Olinda et Recife, Mgr José Cardoso Sobrinho. A ce sujet, la Congrégation pour la doctrine de la foi rappelle que la doctrine de l’Eglise sur l’avortement provoqué n’a pas changé et ne peut changer. Cette doctrine est exposée aux numéros 2270-2273 du Catéchisme de l’Eglise catholique en ces termes : « La vie humaine doit être respectée et protégée de manière absolue depuis le moment de la conception. Dès le premier moment de son existence, l’être humain doit se voir reconnaître les droits de la personne, parmi lesquels le droit inviolable de tout être innocent à la vie (cf. CDF, instr. ‘Donum vitæ’ 1, 1). Avant d’être façonné dans le ventre maternel, je te connaissais. Avant ta sortie du sein, je t’ai consacré (Jr 1, 5 ; cf. Jb 10, 8-12 ; Ps 22, 10-11). Mes os n’étaient point cachés devant toi quand je fus fait dans le secret, brodé dans les profondeurs de la terre (Ps 139, 15). Depuis le premier siècle, l’Église a affirmé la malice morale de tout avortement provoqué. Cet enseignement n’a pas changé. Il demeure invariable. L’avortement direct, c’est-à-dire voulu comme une fin ou comme un moyen, est gravement contraire à la loi morale. Tu ne tueras pas l’embryon par l’avortement et tu ne feras pas périr le nouveau-né (Didaché 2, 2 ; cf. Barnabé, ep. 19, 5 ; Epître à Diognète 5, 5 ; Tertullien, apol. 9). Dieu, maître de la vie, a confié aux hommes le noble ministère de la vie, et l’homme doit s’en acquitter d’une manière digne de lui. La vie doit donc être sauvegardée avec soin extrême dès la conception : l’avortement et l’infanticide sont des crimes abominables (GS 51, § 3). La coopération formelle à un avortement constitue une faute grave. L’Église sanctionne d’une peine canonique d’excommunication ce délit contre la vie humaine. « Qui procure un avortement, si l’effet s’en suit, encourt l’excommunication latæ sententiæ » (CIC, can. 1398) « par le fait même de la commission du délit » (CIC, can. 1314) et aux conditions prévues par le Droit (cf. CIC, can. 1323-1324). L’Église n’entend pas ainsi restreindre le champ de la miséricorde. Elle manifeste la gravité du crime commis, le dommage irréparable causé à l’innocent mis à mort, à ses parents et à toute la société. Le droit inaliénable à la vie de tout individu humain innocent constitue un élément constitutif de la société civile et de sa législation : « Les droits inaliénables de la personne devront être reconnus et respectés par la société civile et l’autorité politique. Les droits de l’homme ne dépendent ni des individus, ni des parents, et ne représentent pas même une concession de la société et de l’état ; ils appartiennent à la nature humaine et sont inhérents à la personne en raison de l’acte créateur dont elle tire son origine. Parmi ces droits fondamentaux, il faut nommer le droit à la vie et à l’intégrité physique de tout être humain depuis la conception jusqu’à la mort » (CDF, instr. ‘Donum vitæ’ 3). « Dans le moment où une loi positive prive une catégorie d’êtres humains de la protection que la législation civile doit leur accorder, l’Etat en vient à nier l’égalité de tous devant la loi. Quand l’Etat ne met pas sa force au service des droits de tous les citoyens, et en particulier des plus faibles, les fondements même d’un état de droit se trouvent menacés… Comme conséquence du respect et de la protection qui doivent être assurés à l’enfant dès le moment de sa conception, la loi devra prévoir des sanctions pénales appropriées pour toute violation délibérée de ses droits » (CDF, instr. ‘Donum vitæ’ 3) Dans l’encyclique Evangelium vitae Jean-Paul II a réaffirmé cette doctrine par son autorité de Pasteur Suprême de l’Eglise : « Avec l’autorité conférée par le Christ à Pierre et à ses successeurs, en communion avec les Evêques – qui ont condamné l’avortement à différentes reprises et qui, en réponse à la consultation précédemment mentionnée, même dispersés dans le monde, ont exprimé unanimement leur accord avec cette doctrine -, je déclare que l’avortement direct, c’est-à-dire voulu comme fin ou comme moyen, constitue toujours un désordre moral grave, en tant que meurtre délibéré d’un être humain innocent. Cette doctrine est fondée sur la loi naturelle et sur la Parole de Dieu écrite; elle est transmise par la Tradition de l’Eglise et enseignée par le Magistère ordinaire et universel » (n. 62). En ce qui concerne l’avortement pratiqué dans certaines situations difficiles et complexes, l’enseignement clair et précis du pape Jean-Paul II demeure : « Il est vrai que de nombreuses fois le choix de l’avortement revêt pour la mère un caractère dramatique et douloureux, lorsque la décision de se défaire du fruit de la conception n’est pas prise pour des raisons purement égoïstes et de facilité, mais parce que l’on voudrait sauvegarder des biens importants, comme la santé ou un niveau de vie décent pour les autres membres de la famille. Parfois, on craint pour l’enfant à naître des conditions de vie qui font penser qu’il serait mieux pour lui de ne pas naître. Cependant, ces raisons et d’autres semblables, pour graves et dramatiques qu’elles soient, ne peuvent jamais justifier la suppression délibérée d’un être humain innocent » (Encyclique Evangelium vitae, n. 58). Quant à la problématique de traitements médicaux déterminés afin de préserver la santé de la mère, il faut bien faire la distinction entre deux tenants et aboutissants différents : d’une part une intervention qui provoque directement la mort du fœtus, appelée parfois de manière inappropriée avortement « thérapeutique », qui ne peut jamais être licite puisqu’il s’agit du meurtre direct d’un être humain innocent ; d’autre part, une intervention en soi non abortive qui peut avoir, comme conséquence collatérale la mort de l’enfant : « Si, par exemple, la conservation de la vie de la future mère, indépendamment de son état de grossesse, requérait d’urgence une opération chirurgicale ou une autre action thérapeutique qui aurait pour conséquence accessoire, nullement voulue ou cherchée, mais inévitable – la mort de l’embryon, un tel acte ne pourrait plus être qualifié d’attentat direct à une vie innocente. Dans ces conditions, l’opération peut être licite, comme le serait d’autres interventions médicales similaires, pourvu toutefois qu’il s’agisse d’un bien de valeur élevée, comme la vie, et qu’il ne soit pas possible de renvoyer l’opération après la naissance de l’enfant, ni de recourir à un autre remède efficace (Pie XII, Discours au « Front de la Famille » et à l’Association des Familles nombreuses, 27 novembre 1951). Quant à la responsabilité des responsables de santé, il faut rappeler les paroles de Jean-Paul II : « Leurs professions en font des gardiens et des serviteurs de la vie humaine. Dans le contexte culturel et social actuel, où la science et l’art médical risquent de faire oublier leur dimension éthique naturelle, ils peuvent être parfois fortement tentés de se transformer en agents de manipulation de la vie ou même en artisans de mort. Face à cette tentation, leur responsabilité est aujourd’hui considérablement accrue ; elle puise son inspiration la plus profonde et trouve son soutien le plus puissant justement dans la dimension éthique des professions de santé, dimension qui leur est intrinsèque et qu’on ne peut négliger, comme le reconnaissait déjà l’antique serment d’Hippocrate, toujours actuel, qui demande à tout médecin de s’engager à respecter absolument la vie humaine et son caractère sacré » (Encyclique Evangelium vitae, n. 89).Retrouvez ici de nombreux documents traitant du respect de la vie

Saint Paul à Malte

4 février, 2014

Saint Paul à Malte dans images sacrée p-0198_san_paolo_monastero_cernica_paoline

http://www.paoline.it/showGallery.aspx?cs=15

DIEU EST MULTIPLE

4 février, 2014

http://www.agi-ivoiriens.com/spiritualite_religion/dieu_multiple.html

DIEU EST MULTIPLE

Parler de DIEU ou à DIEU n’a réellement de sens que si on sait de qui il s’agit. Alors, qui est DIEU ? Comment peut-on le définir ?

DIEU ne se réduit pas à une définition simple et unique. Car DIEU est multiple et complexe. Connaître DIEU, c’est chercher à comprendre ses différents aspects et pouvoirs.

DIEU est trop complexe pour être parfaitement compris de l’homme
DIEU est une entité complexe. Il a créé l’homme ; il est donc plus que l’homme. Il a créé les étoiles et les planètes ; il est donc plus les astres. Il a créé la vie ; il est donc plus que la vie. DIEU est plus grand, plus achevé et plus complexe que toute la création, puisque la création est issue de lui. DIEU est plus structuré et plus abouti que toutes les lois de la physique, puisque c’est lui qui les a établies.
C’est pourquoi il est difficile de comprendre DIEU. Il ne nous est pas possible de le concevoir dans sa globalité. Nos aptitudes humaines nous permettent seulement de le comprendre de façon partielle.
Cela n’a rien d’étonnant. Comprendre une simple personne humaine nous est déjà difficile ! Chaque personne possède une multitude de facettes différentes. La personnalité se construit à partir de dispositions naturelles et d’expériences vécues. C’est ce qu’on appelle l’inné et l’acquis. De plus, la personnalité s’exprime différemment selon les circonstances. C’est la capacité d’adaptation. Elle peut même se modifier avec le temps. C’est la capacité d’évolution. Comment peut-on affirmer connaître parfaitement une personnalité humaine dans ces conditions ? On a déjà du mal à bien se connaître soi-même parfois. Il est donc naturel qu’on ne puisse pas connaître parfaitement DIEU.
DIEU se définit de multiples façons
DIEU se fait connaître à l’homme. De tous temps, il a cherché à révéler certains aspects de sa personnalité multiple. Ce qu’il manifeste peut varier selon les circonstances. Chacune de ces facettes nous permet de mieux le comprendre.
DIEU est la Sagesse infinie. Il a la connaissance absolue. Et il sait utiliser la connaissance pour le bien de la création. Il est dans la vérité.
DIEU est l’Intelligence infinie. Sa capacité de logique et de raisonnement a structuré la Création. Il voit tout et comprend tout de manière évidente.
DIEU est l’Amour illimité. Il porte toute la Création dans son cœur. Il aime infiniment l’homme, quoi qu’il fasse. Il n’exclut et ne rejette rien ni personne.
DIEU est la Bonté sans fin et incomparable. Il n’agit que pour le Bien. Il pardonne à sa créature, car il la sait perfectible.
DIEU est le Tout Puissant. Toute autre volonté ou tout pouvoir lui est soumis. Rien ne peut arriver qui ne soit permis par lui.
DIEU est le Créateur de toute chose. Il a conçu et fait exister tout ce que nous voyons et ne voyons pas. Toute création est d’abord voulue ou autorisée par lui.
DIEU est plus encore que tout cela. Ces multiples attributs rendent DIEU complexe à concevoir pour l’homme. Mais il est possible de s’adresser à chacune de ses composantes. La prière est l’occasion de faire appel au côté de DIEU dont nous avons le plus besoin.
Toute perception de DIEU est valable
Chaque personne peut avoir une vision individuelle de DIEU. Toute conception de DIEU peut être juste. Des compréhensions différentes de DIEU peuvent être complémentaires, et pas forcément contradictoires. Elles peuvent toutes apporter un éclairage sur qui est DIEU. Car DIEU ne peut être compris que de façon partielle par les hommes. Ne cherchez donc pas à imposer votre propre image de DIEU. Respectez la vision des autres. Et faites votre propre recherche sur votre compréhension de DIEU.
Dans la prière, vous pouvez vous tourner vers l’aspect de DIEU de votre choix. Faites appel à l’amour de DIEU, à sa sagesse, à sa puissance ou à tout autre attribut, selon votre besoin. DIEU est tout cela. Il répondra en fonction de votre demande.

DIFFÉRENTES SORTES DE PARDON : ÉTERNEL DE DIEU, FRATERNEL, GOUVERNEMENTAL, ADMINISTRATIF

4 février, 2014

http://www.bibliquest.org/JAM/JAM-Pardon_ME2009p308.htm

LE PARDON

J.-A. Monard

DIFFÉRENTES SORTES DE PARDON : ÉTERNEL DE DIEU, FRATERNEL, GOUVERNEMENTAL, ADMINISTRATIF.

Table des matières :
1 Le pardon éternel de Dieu
2 Le pardon fraternel
3 Le pardon gouvernemental
4 Le pardon administratif
5 Quelques remarques sur le pardon dans l’Ancien Testament

Nous nous proposons de considérer différents aspects du pardon, tel qu’il nous est présenté dans le Nouveau Testament.

1 Le pardon éternel de Dieu
« Bienheureux ceux dont les iniquités ont été pardonnées et dont les péchés ont été couverts ; bienheureux l’homme à qui le Seigneur ne compte point le péché » (Rom. 4:7, 8). Tel est le merveilleux message de l’évangile.
Le Nouveau Testament nous révèle — ce que l’Ancien avait déjà annoncé sous forme de figures et de types — comment il est possible que le Dieu juste et saint pardonne les péchés. Sur la croix, Jésus Christ a porté les péchés de tous ceux qui l’ont reçu comme Sauveur. Il a été notre substitut sous le jugement divin. Il a enduré la colère de Dieu durant les trois heures de ténèbres, lorsqu’il a été abandonné de lui. Nos péchés sont pour toujours expiés, effacés, abolis. Ainsi, nous sommes justifiés devant Dieu, déclarés justes. Nous sommes des enfants de Dieu.
Ce pardon nous est acquis de façon définitive lors de notre nouvelle naissance. À ce moment décisif de notre vie, nous passons « de la mort à la vie » (Jean 5:24 ; cf. Luc 15:24), « des ténèbres à la lumière », « du pouvoir de Satan à Dieu » et nous recevons « la rémission des péchés » (Act. 26:18). Nous sommes « lavés de nos péchés » dans le sang de Christ (Apoc. 1:5).
Ce qui se passe alors en nous est au-dessus de toute compréhension humaine, mais la parole de Dieu nous montre qu’il y a deux aspects distincts :
· le côté de l’homme : la foi en Jésus et la repentance (Act. 2:37, 38 ; 1 Jean 1:9),
· le côté de Dieu : le pardon (ou la rémission) des péchés, la création d’une vie nouvelle, éternelle. Ainsi le croyant est « né de nouveau », « né de l’Esprit », « né de Dieu », « engendré de lui » (Jean 3:3, 5, 6 ; 1 Jean 5:1). Nous sommes « rachetés… par le sang précieux de Christ », « régénérés… par la vivante et permanente parole de Dieu » (1 Pierre 1:18, 19, 23).La Parole abonde en expressions qui décrivent le pardon de nos péchés. Nous sommes purifiés, lavés de nos péchés ; ils sont effacés, ôtés ; Dieu dit qu’il ne les compte pas (ou ne les impute pas, ne les met pas en compte), et qu’il ne s’en souviendra plus jamais.Par comparaison avec une dette qui est remise ou acquittée, il nous est dit que nos péchés sont remis. Nous avons la rémission de nos péchés, ce qui signifie le pardon.Dans le récit de Luc 7:36-50, deux pécheurs sont placés devant nous : Simon le pharisien, homme qui pouvait donner l’impression d’être juste, et une femme connue dans la ville pour être une pécheresse. Le premier n’était guère conscient de sa culpabilité, mais la seconde savait qu’elle avait besoin d’un Sauveur, et elle l’avait trouvé en Jésus. Dans la maison de Simon où Jésus a été invité, elle s’approche de lui et verse sur ses pieds les larmes de sa repentance et le parfum qui témoigne de sa reconnaissance et de son amour. L’étonnement du pharisien amène le Seigneur à énoncer la parabole d’un créancier qui avait deux débiteurs, lui devant l’un 500 deniers et l’autre 50. Comme ils étaient tous deux insolvables, il avait remis la dette à l’un et à l’autre. L’amour reconnaissant de celui dont la grande dette avait été acquittée était magnifiquement illustré par l’attitude de cette femme. Le Seigneur dit à son sujet : « Ses nombreux péchés sont pardonnés » et il lui confirme : « Tes péchés sont pardonnés… Ta foi t’a sauvée » (v. 47, 48, 50).Sommes-nous conscients de l’immense dette qui nous a été acquittée, et de la grâce de Dieu qui continue à s’exercer envers nous, alors que tant de faux pas marquent notre chemin de croyants ? Y a-t-il dans nos cœurs une réponse à l’amour infini du Seigneur qui s’est donné lui-même pour nous afin de nous racheter de tous nos péchés ?

2 Le pardon fraternel
Le passage de Matthieu 18:20 — « Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » — est pour ainsi dire encadré par des enseignements du Seigneur concernant les torts faits par un croyant à un autre (v. 15, 21). Ceci attire notre attention sur le fait que, nos cœurs naturels étant ce qu’ils sont, la vie collective des croyants implique nécessairement d’innombrables occasions de pardonner, et l’absolue nécessité de le faire.
Pierre demande s’il faut pardonner jusqu’à sept fois les torts qu’il pourrait subir. Le Seigneur lui répond qu’il faut pardonner jusqu’à 70 x 7 (ou 490) fois, c’est-à-dire sans limite. Il fonde sa réponse sur une parabole semblable à celle de Luc 7. Un souverain remet à l’un de ses esclaves la dette colossale de 10’000 talents, parce qu’il n’a pas de quoi la payer. Ensuite, cet esclave exige impitoyablement de l’un de ses collègues le paiement d’une petite dette de 100 deniers. Lorsque le croyant agit de cette façon, il attire sur lui la discipline de Dieu dans son juste gouvernement : « Ainsi aussi mon Père céleste vous fera, si vous ne pardonnez pas de tout votre cœur, chacun à son frère » (v. 35).
Le Seigneur donne un enseignement analogue en Luc 17. Il prescrit un pardon illimité à son frère, même dans le cas où son repentir est douteux : « Si sept fois le jour il pèche contre toi, et que sept fois il retourne à toi, disant : Je me repens, tu lui pardonneras » (v. 4). Il s’agit dans ce verset des torts qui me sont faits et que je dois pardonner, et non des soins spirituels dont mon frère a besoin — ce qui est un autre sujet. La manière et la mesure du pardon que Dieu attend de ses rachetés les uns envers les autres sont mises en évidence dans deux passages des épîtres : « Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné » (Éph. 4:32). « Vous supportant l’un l’autre et vous pardonnant les uns aux autres, si l’un a un sujet de plainte contre un autre ; comme aussi le Christ vous a pardonné, vous aussi faites de même » (Col. 3:13). Remarquons bien le mot « comme », dans les deux versets.

3 Le pardon gouvernemental
Dans plusieurs des passages où le Seigneur demande aux siens de pardonner, il donne un avertissement très solennel quant à la discipline de Dieu envers ceux qui refusent de le faire. Nous en avons trouvé un exemple en Matthieu 18:35.
Le fait que Dieu rétribue est présenté dans toute la Bible. « Il rend à l’homme selon son œuvre » (Prov. 24:12). « Du jugement dont vous jugerez, vous serez jugés ; et de la mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré » (Matt. 7:2). « Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera » (Gal. 6:7). C’est le principe du gouvernement de Dieu. Pour le croyant, cette rétribution n’a rien à voir avec le salut éternel. Si nous sommes nés de nouveau, si nous avons reçu la vie éternelle, il n’y pas de retour en arrière possible. Quant à la rétribution, Dieu peut l’effectuer durant notre vie sur la terre, comme encouragement ou comme discipline, mais il y aura aussi des récompenses ou des pertes à la venue de Christ. La manière dont Dieu exerce envers nous son gouvernement est diverse et complexe, car ses voies sont caractérisées aussi bien par sa grâce que par son gouvernement. Dans tous les cas il agit souverainement, selon sa sagesse et pour notre bien. Il est digne de remarque que le Seigneur lie le pardon à la prière.
Dans le Sermon sur la montagne, il enseigne à ses disciples une prière correspondant à leur situation à ce moment-là. L’une des demandes est : « Remets-nous nos dettes, comme nous aussi nous remettons à nos débiteurs » (Matt. 6:12). Ou bien, selon la formulation de Luc : « Remets-nous nos péchés, car nous-mêmes aussi nous remettons à tous ceux qui nous doivent » (11:4). Par cette déclaration, l’âme de celui qui prie est sondée, placée dans la lumière de Dieu. On ne peut pas prononcer de telles paroles tout en gardant rancune contre son prochain. Dans Matthieu, le Seigneur ajoute : « Car si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi à vous ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs fautes, votre Père ne pardonnera pas non plus vos fautes » (Matt. 6:14, 15). La sévérité, l’intransigeance, la dureté que nous pouvons avoir envers autrui appelle, selon le gouvernement de Dieu, une sévérité qui est la moisson de ce que nous avons semé. Dans Marc également, on trouve ce rapport étroit entre la prière et l’état de notre cœur vis-à-vis de notre prochain. « Et quand vous ferez votre prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez-lui, afin que votre Père aussi, qui est dans les cieux, vous pardonne vos fautes. Mais si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est dans les cieux ne pardonnera pas non plus vos fautes » (Marc 11:25, 26). Dans nos prières, Dieu ne veut pas de vaines redites, ni des paroles que nos esprits ont forgé avec plus ou moins d’adresse, mais des paroles qui viennent de cœurs droits, entièrement dans sa lumière. Avant de clore cette partie du sujet, remarquons que la prière du Seigneur sur la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23:34), place aussi devant nous un pardon gouvernemental. En réponse à cette intercession de Jésus, Dieu a accordé à Israël un délai supplémentaire, avant d’exercer son jugement. Bien que la culpabilité du peuple ait été entièrement démontrée dans le rejet du Messie, la grâce de Dieu lui a été offerte dans les prédications que nous trouvons au début du livre des Actes, par la puissance du Saint Esprit. Pierre s’exprime ainsi : « Et maintenant, frères, je sais que vous l’avez fait par ignorance, de même que vos chefs aussi ; mais Dieu a ainsi accompli ce qu’il avait prédit par la bouche de tous les prophètes, savoir que son Christ devait souffrir. Repentez-vous donc et vous convertissez, pour que vos péchés soient effacés : en sorte que viennent des temps de rafraîchissement de devant la face du Seigneur » (Act. 3:17-19). Cette offre de pardon n’a pas été saisie par le peuple comme tel, mais par beaucoup d’individus qui ont appris à connaître le pardon de leurs péchés et ont reçu la vie éternelle.

4 Le pardon administratif
Nous ne faisons ici que mentionner brièvement ce sujet. Il s’agit d’une compétence donnée à l’assemblée (et autrefois aux apôtres) de « remettre les péchés » ou de « délier », en rapport avec le témoignage chrétien sur la terre. Le Seigneur dit aux siens : « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel » (Matt. 18:18), et « À quiconque vous remettrez les péchés, ils sont remis ; et à quiconque vous les retiendrez, ils sont retenus » (Jean 20:23). « Pardonner » correspond à « délier » et à « remettre ». Cela a trait à la discipline publique. Dans la première épître aux Corinthiens, l’apôtre Paul enjoint à l’assemblée d’exclure un homme dont la conduite était gravement immorale (1 Cor. 5), et dans la seconde épître, ayant appris que la discipline de l’assemblée avait produit la repentance, il écrit : « Vous devriez plutôt pardonner et consoler, de peur qu’un tel homme ne soit accablé par une tristesse excessive » (2 Cor. 2:7). Et il ajoute : « Or à celui à qui vous pardonnez quelque chose, moi aussi je pardonne » (v. 10).

5 Quelques remarques sur le pardon dans l’Ancien Testament
La forme de pardon que nous avons appelée pardon gouvernemental se trouve abondamment dans l’Ancien Testament. En réponse à l’intercession d’Abraham, l’Éternel dit : « Si je trouve dans Sodome cinquante justes, au-dedans de la ville, je pardonnerai à tout le lieu à cause d’eux » (Gen. 18:26). Pardonner signifie ici : ne pas détruire la ville. En face de l’incrédulité d’Israël, à Kadès-Barnéa, Dieu annonce à Moïse qu’il va frapper son peuple de peste et le détruire (Nomb. 14:12). Moïse supplie l’Éternel : « Pardonne, je te prie, l’iniquité de ce peuple, selon la grandeur de ta bonté, et comme tu as pardonné à ce peuple depuis l’Égypte jusqu’ici » (v. 19). Et l’Éternel répond : « J’ai pardonné selon ta parole » (v. 20). Ici de nouveau, pardonner signifie ne pas détruire le peuple. Le pardon est un acte du gouvernement de Dieu envers le peuple. Il n’est pas question de l’état des âmes. Dans le cadre de la révélation partielle que Dieu avait faite avant la venue de Christ, il ne faut pas s’étonner que le pardon ne soit pas présenté d’une manière aussi claire que dans le Nouveau Testament. On trouve toutefois des cas où une âme a été enseignée de façon très profonde quant à sa culpabilité devant Dieu, a été amenée à une véritable repentance et a connu le pardon de ses péchés dans le même sens que celui que les croyants d’aujourd’hui ont le bonheur de posséder. David en est un des exemples les plus remarquables (Ps. 51 ; Ps. 32:1-5). Il connaît le pardon entier de son péché quant à la position de son âme devant Dieu, mais il sait que, sous le gouvernement de Dieu, il subira les conséquences douloureuses de sa faute sa vie durant (2 Sam. 12:13, 14). Encore une remarque avant de clore. Nous avons considéré quatre aspects du pardon. Il ne faudrait pas en conclure que tous les passages de la Bible où il est question de pardon peuvent être mis sans hésitation dans une catégorie ou dans une autre. La profondeur de la révélation de Dieu dépasse infiniment ce que nous pouvons comprendre et exprimer.

1...34567