Archive pour février, 2014

LA LÉGENDE DE SAINT LUC, PREMIER ICONOGRAPHE DE LA VIERGE

18 février, 2014

http://www.histoire-russie.fr/icone/stluc.html

LA LÉGENDE DE SAINT LUC, PREMIER ICONOGRAPHE DE LA VIERGE

Luc était médecin  et évangéliste. Il fut le compagnon de Paul de Tarse et rédacteur d’un des quatres Evangiles canoniques.A l’époque (IVe siècle) où naît la légende le présentant comme l’auteur des portraits de la Vierge Marie, Mère de Jésus Christ, l’Église cherche à imposer l’aspect théologique de la « Theotokos » : la Mère de Dieu, celle dont le rôle fut prépondérant dans l’histoire du salut des hommes par la naissance du Sauveur. Dès le début de la chrétienté, une place particulière fut réservée à la mère du Dieu Vivant. En Russie elle est « Bogorodiza », traduction littérale de théotokos. Elle y sera priée surtout pour son intercession auprès de son fils. Les trois portraits décrits ci-après deviendront des modèles pour l’Église chrétienne d’abord et surtout pour l’Église orthodoxe. Ils donneront lieu à d’innombrables icônes de la Mère de Dieu, dérivées de ces premiers canons.  Il n’y a pas moins de 196 « Icônes miraculeuses de la Vierge » répertoriées dans le Calendrier Ecclésial publié chaque année par l’Eglise Orthodoxe Russe et fêtées sur tout le territoire. Fêtes auquelles il faut ajouter les offices traditionnels de la Nativité de la Vierge, sa Présentation au Temple, l’Annonciation, et la Dormition. L’évangéliste Luc aurait effectivement pu peindre Marie, habitant alors la maison de l’apôtre Jean à Damas. Cependant Marie aurait été à cette époque une très vieille dame. Il faut lucidement envisager l’hypothèse que ces trois portraits de jeune femme aient été en réalité réalisés en Egypte par un évêque de la Thébaïde, appelé Luc également. Le premier type est dit « Hodiguitria » ou « Celle qui montre le chemin » :  Marie est représentée de face, l’enfant sur ses genoux, une de ses mains maintient l’enfant et le désigne de l’autre main comme étant la voie à suivre. L’enfant a toujours un geste de bénédiction de la main droite et tient souvent dans son autre main le rouleau des textes saints, le plus souvent symbole des écrits de l’Ancien Testament annonçant sa venue par les prophètes. La célèbre Vierge de Vladimir est difficile à classer : mère et enfant ont la classique attitude « de tendresse » mais la Vierge par son geste de la main gauche désigne le Christ, comme on le voit dans les types « hodiguitria ».

Le deuxième type de Vierge est dite « La Miséricordieuse » ou « De tendresse » : Elle est appellée « Oumiliénié » ou Vierge de tendresse en russe  : l’enfant se réfugie dans les bras de sa mère, ou bien la regarde en s’accrochant à son manteau et lui tend la main.  La tête de Marie est tournée vers lui dans un geste très doux. La dénomination russe représente plus l’attendrissement de Jésus par l’intercession de sa mère auprès de lui.De très nombreuses variantes existent désormais Vierge de Khorsoum, du Prince Igor, du Don, de Yaroslav ou de Kazan (C’est la seule icône sur laquelle il n’y a qu’une seule main : la main du Christ qui bénit. Les autres mains ne sont pas visibles, elles sont sous les vêtements). Chaque icône présente des particularités tout en appartenant au même type et en respectant les canons de l’Eglise.

Le troisième type de Vierge est dit « Orante » ou Vierge en prière et la « Vierge du Signe » : Marie est de face, les mains levées invitant le fidèle à prier avec elle.  La « Blachernitissa » d’une hauteur de 5 mètres apparaissait dans l’abside de l’église Sainte Sophie de Kiev. Elle était vénérée sous le nom de « Mur indestructible ». En Russie apparaîtra une variante de la « Vierge orante » où l’enfant est  représenté sur sa poitrine et qui se nommera « Vierge du signe » (znaménié), en référence à la prophétie d’Isaïe citée dans l’Evangile de Saint-Matthieu : « Le Seigneur Lui-même vous donnera un signe : voici, une vierge concevra et elle enfantera un Fils que l’on appellera Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous ». Cette icône est la plus vénérée en Russie

On lui attribue la sauvegarde de Novgorod puis par la suite de Moscou, et donc de toute la Russie, depuis le XIIe siècle. Quoique fort endommagée, elle est l’objet de vénérations en Russie. Dans toutes les copies effectuées, les peintres reproduisent fidèlement la trace des flêches qui l’atteignirent lors de la bataille de Novgorod contre Souzdal. 

Holy Trinity, fresco by Luca Rossetti da Orta, 1738-9 (St. Gaudenzio Church at Ivrea, Torino).

17 février, 2014

Holy Trinity, fresco by Luca Rossetti da Orta, 1738-9 (St. Gaudenzio Church at Ivrea, Torino). dans images sacrée Luca_Rossetti_Trinit%C3%A0_Chiesa_San_Gaudenzio_Ivrea

http://en.wikipedia.org/wiki/Trinity_Sunday

DIEU QUI PARDONNE MILLE GÉNÉRATIONS… MAIS EN PUNIT TROIS ?

17 février, 2014

http://www.eretoile.org/Archives-Reflexions/dieu-qui-pardonne-mille-generations-mais-en-punit-trois.html

ÉGLISE PROTESTANTE UNIE de l’étoile

DIEU QUI PARDONNE MILLE GÉNÉRATIONS… MAIS EN PUNIT TROIS ?

On aime ce passage : Dieu qui a compassion, qui fait grâce, lent à la colère, plein de bonté et de fidélité, qui garde sa bonté pour des milliers (de générations)… (Exode 34 :6-7), c’est le Dieu qu’on aime, le Dieu que l’on veut entendre prêcher le dimanche, un Dieu d’amour, de tendresse, de bonté, de pardon, de fidélité, de douceur. Mais le texte se continue par : et qui punit la faute des pères sur les fils et sur les fils des fils sur la troisième et la quatrième génération… ce qui gâche un peu le passage il faut bien le dire. Que peut faire le lecteur moderne d’une telle affirmation ?  Une théologie dépassée ? Le plus simple, c’est de mettre cela sur le compte d’une théologie vétérotestamentaire archaïque. Notre pensée, c’est celle du Nouveau Testament, et nous savons que Dieu ne garde que le bon, le mauvais, il se contente de le laisser de côté, il le brûle et l’oublie, il ne punit pas, ni encore moins fait porter la faute des uns par les autres. Donc ne gardons que la première partie du passage et oublions le reste.

Mais cette solution est un peu brutale, on peut certainement faire mieux. Les juifs appellent ce passage : les 13 attributs de la miséricorde divine, or pour eux, le dernier point fait partie des 13 attributs, il est donc vu non pas comme mauvais, mais au contraire, une manifestation de son amour. Est-ce possible ?   Dieu punit par amour ? Sans doute est-il bon qu’il y ait en Dieu de la réaction par rapport au mal. Un Dieu qui ne serait que douçâtre et bon serait inefficient, ou alors un Dieu indifférent. Peut-être faut-il penser que Dieu peut être en colère, ou punir, sinon son amour et son pardon ne voudraient rien dire. Il est bien dit d’ailleurs dans ce même passage que Dieu ne tient pas le coupable pour innocent, c’est la base du bon pardon : ne pas faire comme si le mal n’existait pas, mais aller au delà. Certes, cela est un peu dur, mais il faut bien mettre les choses à leur place : le texte dit qu’en Dieu, il y a mille générations de bonté pour seulement trois ou quatre de punition. S’il y a de la dureté en Dieu, ce ne serait qu’à 3 pour 1000 de colère, et 997 pour 1000 d’amour et de pardon, mais ce 3 pour 1000 sont essentiels comme levier de son amour et pour nous remettre dans le bon chemin. Cette tentative de justification est méritoire, mais elle n’explique pas tout, ce qui est choquant, c’est l’expression « sur les fils de leurs fils ». Cela semble effectivement injuste, que le coupable soit puni passe encore, mais les innocents, c’est impossible. Il y a plusieurs solutions là aussi.

La faute qui retombe sur les fils La plus simple, encore et toujours : c’est d’y voir un vestige de théologie archaïque, mais pas pour l’écarter cette fois, pour mieux la comprendre et la transposer dans un autre système théologique qui est celui de l’Evangile. Autrefois on avait tendance à attribuer à Dieu tout ce qui arrive, le bien, le mal, la pluie le beau temps, la vie, la mort. Nous aujourd’hui, nous avons idée que Dieu n’est que source de bien. Il nous faut donc transposer, et quand l’Ancien Testament dit que le mal vient de Dieu, il ne faut pas le prendre au pied de la lettre, mais comprendre que c’est comme ça, ça ne dépend pas de nous. Il ne s’agirait alors là pas d’une punition, mais d’une conséquence inéluctable. Or c’est vrai, et il est bon de le rappeler, notre mal peut avoir des conséquences sur les autres. Et en particulier les enfants sont les premiers à pâtir des péchés de leurs parents. Il ne faut donc pas se contenter du pardon de Dieu, mais savoir qu’on est aussi responsables de ses actes. Dieu peut effacer la culpabilité de nos actes, pas leurs conséquences, malgré le pardon ils peuvent peser sur des êtres innocents. Mais où est Dieu là-dedans alors ? Si ce n’est pas lui qui punit ? Nous laisse-t-il nous débrouiller avec notre responsabilité écrasante ? Non, pas tout à fait…   Dieu ne punit pas, il visite. Le verbe « punir » d’ailleurs ne se trouve pas dans le texte, ce sont les traducteurs qui l’ont ajouté : en hébreu, le verbe « PaQaD » utilisé là, signifie au sens premier : «visiter», «surveiller», ce verbe a pu dériver  dans le sens de «punir», parce qu’un surveillant peut en effet punir… mais pas forcément, et c’est secondaire. C’est ce même verbe que l’on retrouve en Exode 4:31 : « Le peuple apprit que l’Éternel avait visité les enfants d’Israël, qu’il avait vu leur souffrance, et ils se prosternèrent ». Il n’y a donc pas forcément dans ce texte l’idée d’un Dieu qui punit, mais plutôt qui visite, accompagne, surveille, comme il a visité les enfants d’Israël dans leur souffrance. Il est vrai que le péché des parents peut faire souffrir les enfants, mais Dieu ne les laisse pas seuls, il les visite pour leur venir en aide, pas pour les accabler davantage. Ce qui est dit, c’est que bien que le coupable ne soit pas pris pour innocent, Dieu visite les fils des fils… C’est une vraie source d’espérance, il y a du bonheur à reconstruire, il y a tant de choses à restaurer : et toujours c’est possible, il n’y a pas de malédiction toute-puissante, pas de transmission délétère de génération en génération dont on ne puisse sortir, parce qu’aucune génération n’est seule, chacune a à ses côtés le Dieu de la création qui peut faire « toute chose nouvelle ».   Louis Pernot

 

BENOÎT XVI : DIEU RÉVÈLE SON « DESSEIN BIENVEILLANT » (SAINT PAUL)

17 février, 2014

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2012/documents/hf_ben-xvi_aud_20121205_fr.html  

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI

Mercredi 5 décembre 2012 

L’ANNÉE DE LA FOI. DIEU RÉVÈLE SON « DESSEIN BIENVEILLANT » (SAINT PAUL)

Chers frères et sœurs,

Au début de sa lettre aux chrétiens d’Ephèse (cf. 1, 3-4), l’apôtre Paul élève une prière de bénédiction à Dieu, Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous introduit à vivre le temps de l’Avent, dans le cadre de l’Année de la foi. Le thème de cet hymne de louange est le projet de Dieu à l’égard de l’homme, défini à travers des termes pleins de joie, d’émerveillement et d’action de grâce, comme un « dessein bienveillant » (v. 9), de miséricorde et d’amour. Pourquoi l’apôtre élève-t-il à Dieu, du plus profond de son cœur, cette bénédiction ? Parce qu’il contemple son action dans l’histoire du salut, qui a culminé dans l’incarnation, la mort et la résurrection de Jésus et il voit que le Père céleste nous a choisis avant même la création du monde, pour être ses fils adoptifs, dans son Fils unique, Jésus Christ (cf. Rm 8, 14s ; Ga 4, 4s). Nous existons, dès l’éternité, dans l’esprit de Dieu, dans un grand projet que Dieu a conservé en lui et qu’il a décidé de réaliser et de révéler « quand les temps seraient accomplis » (cf. Ep 1, 10). Saint Paul nous fait donc comprendre que toute la création et, en particulier, l’homme et la femme, ne sont pas le fruit du hasard, mais répondent à un dessein bienveillant de la raison éternelle de Dieu qui, en vertu de la puissance créatrice et rédemptrice de sa Parole, donne origine au monde. Cette première affirmation nous rappelle que notre vocation n’est pas simplement d’exister dans le monde, d’être insérés dans une histoire, ni même d’être uniquement des créatures de Dieu ; c’est quelque chose de beaucoup plus grand : c’est être choisis par Dieu, avant même la création du monde, dans le Fils, Jésus Christ. En Lui, donc, nous existons déjà, pour ainsi dire, depuis toujours. Dieu nous contemple dans le Christ, comme des fils adoptifs. Le « dessein bienveillant » de Dieu, qui est qualifié par l’apôtre également de « dessein d’amour » (Ep 1, 5) est défini comme le « mystère » de la volonté divine (v. 9), caché et à présent manifesté dans la Personne et dans l’œuvre du Christ. L’initiative divine précède toute réponse humaine : c’est un don gratuit de son amour qui nous enveloppe et nous transforme.

Mais quel est l’objectif ultime de ce dessein mystérieux ? Quel est le centre de la volonté de Dieu ? C’est celui — nous dit saint Paul — « de ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ » (v. 10). Dans cette expression, nous trouvons l’une des formulations centrales du Nouveau Testament qui nous font comprendre le dessein de Dieu, son projet d’amour à l’égard de l’humanité tout entière, une formulation que, au siècle dernier, saint Irénée de Lyon plaça au centre de sa christologie : « récapituler » toute la réalité dans le Christ. Certains de vous se souviennent peut-être de la formule utilisée par le Pape saint Pie x pour la consécration du monde au Sacré Cœur de Jésus : « Instaurare omnia in Christo », formule qui rappelle cette expression de saint Paul et qui était également la devise de ce saint Pape. Mais l’apôtre parle plus précisément de récapituler l’univers dans le Christ, et cela signifie que, dans le grand dessein de la création et de l’histoire, le Christ s’élève comme centre du chemin tout entier du monde, axe porteur de tout, qui attire à Lui la réalité tout entière, pour surmonter la dispersion et la limite et conduire tout à la plénitude voulue par Dieu (cf. Ep 1, 23). Ce « dessein bienveillant » n’est pas resté, pour ainsi dire, dans le silence de Dieu, dans les sommets de son Ciel, mais Il l’a fait connaître en entrant en relation avec l’homme, à qui il n’a pas seulement révélé quelque chose, mais Lui-même. Il n’a pas simplement communiqué un ensemble de vérités, mais il s’est auto-communiqué à nous, jusqu’à être l’un de nous, à s’incarner. Le Concile œcuménique Vatican ii, dans la Constitution dogmatique Dei Verbum dit : « Il a plu à Dieu dans sa bonté et sa sagesse de se révéler en personne [pas seulement quelque chose de lui-même, mais lui-même] et de faire connaître le mystère de sa volonté grâce auquel les hommes, par le Christ, le Verbe fait chair, accèdent dans l’Esprit Saint, auprès du Père et sont rendus participants de la nature divine » (n. 2). Dieu dit non seulement quelque chose, mais Il se communique, il nous attire dans la nature divine si bien que nous sommes introduits en elle, divinisés. Dieu révèle son grand dessein d’amour en entrant en relation avec l’homme, en s’approchant de lui au point de se faire Lui-même homme. Le Concile poursuit : « Le Dieu invisible (cf. Col 1, 15 ; 1 Tm 1, 17) s’adresse aux hommes en son surabondant amour comme à des amis (cf. Ex 33, 11 ; Jn 15, 14-15), il s’entretient avec eux (cf. Ba 3, 28) pour les inviter et les admettre à partager sa propre vie » (ibid.). Par sa seule intelligence et ses capacités, l’homme n’aurait pas pu atteindre cette révélation aussi lumineuse de l’amour de Dieu; c’est Dieu qui a ouvert son Ciel et qui s’est abaissé pour guider l’homme dans l’abîme de son amour. Saint Paul écrit également aux chrétiens de Corinthe : « Mais ce que nous proclamons, c’est, comme dit l’Écriture : ce que personne n’avait vu de ses yeux ni entendu de ses oreilles, ce que le cœur de l’homme n’avait pas imaginé, ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu. Et c’est à nous que Dieu, par l’Esprit, a révélé cette sagesse. Car l’Esprit voit le fond de toutes choses, et même les profondeurs de Dieu » (1 Co 2, 9-10). Et saint Jean Chrysostome, dans une page célèbre qui commente le début de la Lettre aux Éphésiens, invite à goûter toute la beauté de ce « dessein bienveillant » de Dieu révélé dans le Christ, par ces mots : « Qu’est-ce qui te manque ? Tu es devenu immortel, tu es devenu libre, tu es devenu fils, tu es devenu juste, tu es devenu frère, tu es devenu cohéritier, tu règnes avec le Christ, tu es glorifié avec le Christ. Tout nous a été donné et — comme il est écrit — “comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ?” (Rm 8, 32). Tes prémisses (cf. 1 Co 15, 20.23) sont adorées par les anges [...] : qu’est-ce qu’il te manque ? » (pg 62, 11).

Cette communion dans le Christ par l’œuvre de l’Esprit Saint, offerte par Dieu à tous les hommes avec la lumière de la Révélation, n’est pas quelque chose qui vient se superposer à notre humanité, mais elle est l’accomplissement des aspirations les plus profondes, de ce désir de l’infini et de plénitude qui demeure au plus profond de l’être humain, et l’ouvre à un bonheur qui n’est pas momentané et limité, mais éternel. Saint Bonaventure de Bagnoregio, en se référant à Dieu qui se révèle et nous parle à travers les Écritures pour nous conduire à Lui, affirme ce qui suit : « L’Écriture Sainte est [...] le livre dans lequel sont écrites les paroles de vie éternelle car, non seulement nous croyons, mais nous possédons aussi la vie éternelle, dans laquelle nous verrons, nous aimerons et seront réalisés tous nos désirs » (Breviloqum, Prol. ; Opera Omnia v, 201s). Enfin, le bienheureux Pape Jean-Paul II rappelait que « la Révélation introduit dans l’histoire un point de repère que l’homme ne peut ignorer s’il veut arriver à comprendre le mystère de son existence ; mais, d’autre part, cette connaissance renvoie constamment au mystère de Dieu que l’esprit ne peut explorer à fond mais seulement recevoir et accueillir dans la foi ». (Enc. Fides et ratio, n. 14). Dans cette perspective, qu’est-ce donc que l’acte de la foi ? C’est la réponse de l’homme à la Révélation de Dieu, qui se fait connaître, qui manifeste son dessein bienveillant ; c’est, pour utiliser une expression augustinienne, se laisser emporter par la Vérité qui est Dieu, une Vérité qui est Amour. C’est pourquoi saint Paul souligne qu’à Dieu, qui a révélé son mystère, est due « l’obéissance de la foi » (Rm 16, 26 ; cf. 1, 5 ; 2 Co 10, 5-6), l’attitude par laquelle « l’homme s’en remet tout entier et librement à Dieu dans un complet hommage d’intelligence et de volonté à Dieu qui révèle et dans un assentiment volontaire à la révélation qu’il fait » (Const. dogm. Dei Verbum, n. 5). Tout cela conduit à un changement fondamental de la manière de se rapporter à la réalité tout entière ; tout apparaît sous une lumière nouvelle, il s’agit donc d’une véritable « conversion », la foi est un « changement de mentalité », parce que le Dieu qui s’est révélé dans le Christ et a fait connaître son dessein d’amour, nous emporte, nous attire à Lui, devient le sens qui soutient la vie, le roc sur lequel celle-ci peut trouver une stabilité. Dans l’Ancien Testament nous trouvons une riche expression sur la foi, que Dieu confie au prophète Isaïe afin qu’il la communique au roi de Juda, Achaz. Dieu affirme : « Si vous ne croyez pas — c’est-à-dire si vous ne restez pas fidèles à Dieu —, vous ne vous maintiendrez pas » (Is 7, 9b). Il existe donc un lien entre le fait d’être et celui de comprendre, qui exprime bien que la foi signifie accueillir dans sa propre vie la vision de Dieu sur la réalité, laisser Dieu nous guider avec sa Parole et les sacrements pour comprendre ce que nous devons faire, quel est le chemin que nous devons parcourir, comment vivre. Dans le même temps, toutefois, c’est précisément comprendre selon Dieu, voir avec ses yeux qui rend la vie solide, qui nous permet de « rester debout », de ne pas tomber. Chers amis, l’Avent, le temps liturgique que nous venons de commencer et qui nous prépare à Noël, nous place face au lumineux mystère de la venue du Fils de Dieu, au grand « dessein bienveillant » par lequel il veut nous attirer à Lui, pour nous faire vivre en pleine communion de joie et de paix avec Lui. L’Avent nous invite encore une fois, au milieu de tant de difficultés, à renouveler la certitude que Dieu est présent : Il est entré dans le monde, en se faisant homme comme nous pour conduire à sa plénitude son dessein d’amour. Et Dieu demande que nous aussi devenions signe de son action dans le monde. À travers notre foi, notre espérance, notre charité, Il veut entrer dans le monde, toujours à nouveau et veut toujours à nouveau faire resplendir sa lumière dans notre nuit.

 

SAINTS CYRILLE ET MÉTHODE

14 février, 2014

SAINTS CYRILLE ET MÉTHODE dans images sacrée Cyril_Methodius25K
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BENOÎT XVI : SAINTS CYRILLE ET MÉTHODE – 14 FÉVRIER

14 février, 2014

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2009/documents/hf_ben-xvi_aud_20090617_fr.html

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

MERCREDI 17 JUIN 2009

SAINTS CYRILLE ET MÉTHODE – 14 FÉVRIER

Chers frères et sœurs,

Je voudrais parler aujourd’hui des saints Cyrille et Méthode, frères de sang et dans la foi, appelés apôtres des slaves. Cyrille naquit à Thessalonique, du magistrat de l’empire Léon en 826/827:  il était le plus jeune de sept enfants. Dans son enfance, il apprit la langue slave. A l’âge de quatorze ans, il fut envoyé à Constantinople pour y être éduqué et fut le compagnon du jeune empereur Michel iii. Au cours de ces années, il fut initié aux diverses matières universitaires, parmi lesquelles la dialectique, ayant comme maître Photios. Après avoir refusé un brillant mariage, il décida de recevoir les ordres sacrés et devint « bibliothécaire » auprès du Patriarcat. Peu après, désirant se retirer dans la solitude, il alla se cacher dans un monastère, mais il fut bientôt découvert et on lui confia l’enseignement des sciences sacrées et profanes, une fonction qu’il accomplit si bien qu’elle lui valut le surnom de « philosophe ». Entre-temps, son frère Michel (né aux alentours de 815), après une carrière administrative en Macédoine, abandonna le monde vers 850 pour se retirer dans la vie monastique sur le mont Olympe en Bithynie, où il reçut le nom de Méthode (le nom monastique devait commencer par la même lettre que le nom de baptême) et devint higoumène du monastère de Polychron. Attiré par l’exemple de son frère, Cyrille aussi décida de quitter l’enseignement et de se rendre sur le mont Olympe pour méditer et prier. Quelques années plus tard, cependant (vers 861), le gouvernement impérial le chargea d’une mission auprès des khazars de la Mer d’Azov, qui demandèrent que leur soit envoyé un homme de lettres qui sache dialoguer avec les juifs et les sarrasins. Cyrille, accompagné de son frère Méthode, s’arrêta longuement en Crimée, où il apprit l’hébreu. Là, il rechercha également le corps du Pape Clément i, qui y avait été exilé. Il trouva sa tombe, et lorsque son frère reprit le chemin du retour, il porta avec lui les précieuses reliques. Arrivés à Constantinople, les deux frères furent envoyés en Moravie par l’empereur Michel iii, auquel le prince moldave Ratislav avait adressé une requête précise:  « Notre peuple – lui avait-il dit – depuis qu’il a rejeté le paganisme, observe la loi chrétienne; mais nous n’avons pas de maître qui soit en mesure de nous expliquer la véritable foi dans notre langue ». La mission connut très vite un succès insolite. En traduisant la liturgie dans la langue slave, les deux frères gagnèrent une grande sympathie auprès du peuple.

Toutefois, cela suscita à leur égard l’hostilité du clergé franc, qui était arrivé précédemment en Moravie et qui considérait le territoire comme appartenant à sa juridiction ecclésiale. Pour se justifier, en 867, les deux frères se rendirent à Rome. Au cours du voyage, ils s’arrêtèrent à Venise, où eut lieu une discussion animée avec les défenseurs de ce que l’on appelait l’ »hérésie trilingue »:  ceux-ci considéraient qu’il n’y avait que trois langues dans lesquelles on pouvait licitement louer Dieu:  l’hébreu, le grec et le latin. Bien sûr, les deux frères s’opposèrent à cela avec force. A Rome, Cyrille et Méthode furent reçus par le Pape Adrien ii, qui alla à leur rencontre en procession, pour accueillir dignement les reliques de saint Clément. Le Pape avait également compris la grande importance de leur mission exceptionnelle. A partir du milieu du premier millénaire, en effet, les slaves s’étaient installés en très grand nombre sur ces territoires placés entre les deux parties de l’Empire romain, orientale et occidentale, qui étaient déjà en tension entre elles. Le Pape comprit que les peuples slaves auraient pu jouer le rôle de pont, contribuant ainsi à maintenir l’union entre les chrétiens de l’une et l’autre partie de l’Empire. Il n’hésita donc pas à approuver la mission des deux Frères dans la Grande Moravie, en acceptant l’usage de la langue slave dans la liturgie. Les livres slaves furent déposés sur l’autel de Sainte-Marie de Phatmé (Sainte-Marie-Majeure) et la liturgie en langue slave fut célébrée dans les Basiliques Saint-Pierre, Saint-André, Saint-Paul. Malheureusement, à Rome, Cyrille tomba gravement malade. Sentant la mort s’approcher, il voulut se consacrer entièrement à Dieu comme moine dans l’un des monastères grecs de la Ville (probablement près de Sainte-Praxède) et prit le nom monastique de Cyrille (son nom de baptême était Constantin). Il pria ensuite avec insistance son frère Méthode, qui entre-temps avait été consacré évêque, de ne pas abandonner la mission en Moravie et de retourner parmi ces populations. Il s’adressa à Dieu à travers cette invocation:  « Seigneur, mon Dieu…, exauce ma prière et conserve dans la fidélité le troupeau auquel tu m’avais envoyé… Libère-les de l’hérésie des trois langues, rassemble-les tous dans l’unité, et rends le peuple que tu as choisi concorde dans la véritable foi et dans la droite confession ». Il mourut le 14 février 869. Fidèle à l’engagement pris avec son frère, Méthode revint en 870 en Moravie et en Pannonie (aujourd’hui la Hongrie), où il retrouva à nouveau la violente aversion des missionnaires francs qui l’emprisonnèrent. Il ne perdit pas courage et lorsqu’il fut libéré en 873, il se prodigua activement dans l’organisation de l’Eglise, en suivant la formation d’un groupe de disciples. Ce fut grâce à eux si la crise qui se déchaîna à la mort de Méthode, qui eut lieu le 6 avril 885, put être surmontée:  persécutés et mis en prison, certains de ces disciples furent vendus comme esclaves et conduits à Venise, où ils furent rachetés par un fonctionnaire constantinopolitain, qui leur permit de repartir dans les pays des slaves balkaniques. Accueillis en Bulgarie, ils purent poursuivre la mission commencée par Méthode, en diffusant l’Evangile dans la « terre de la Rus’ ». Dieu, dans sa mystérieuse providence, utilisait ainsi la persécution pour sauver l’œuvre des saints frères. De cette dernière, il reste également la documentation littéraire. Il suffit de penser à des œuvres telles que l’Evangéliaire (épisodes liturgiques du Nouveau Testament), le Psautier, différents textes liturgiques en langue slave, auxquels travaillèrent les deux frères. Après la mort de Cyrille, on doit à Méthode et à ses disciples, entre autres, la traduction de toute l’Ecriture Sainte, le Nomocanon et le Livre des Pères. Voulant à présent résumer brièvement le profil spirituel des deux frères, on doit tout d’abord remarquer la passion avec laquelle Cyrille aborda les écrits de saint Grégoire de Nazianze, apprenant à son école la valeur de la langue dans la transmission de la Révélation. Saint Grégoire avait exprimé le désir que le Christ parle à travers lui:  « Je suis le serviteur du Verbe, c’est pourquoi je me mets au service de la Parole ». Voulant imiter Grégoire dans ce service, Cyrille demanda au Christ de vouloir parler en slave à travers lui. Il introduit son œuvre de traduction par l’invocation solennelle:  « Ecoutez, ô vous tous les peuples slaves, écoutez la Parole qui vint de Dieu, la Parole qui nourrit les âmes, la Parole qui conduit à la connaissance de Dieu ». En réalité, déjà quelques années avant que le prince de Moravie ne demande à l’empereur Michel iii l’envoi de missionnaires dans sa terre, il semble que Cyrille et son frère Méthode, entourés d’un groupe de disciples, travaillaient au projet de recueillir les dogmes chrétiens dans des livres écrits en langue slave. Apparut alors clairement l’exigence de nouveaux signes graphiques, plus proches de la langue parlée:  c’est ainsi que naquit l’alphabet glagolithique qui, modifié par la suite, fut ensuite désigné sous le nom de « cyrillique » en l’honneur de son inspirateur. Ce fut un événement décisif pour le développement de la civilisation slave en général. Cyrille et Méthode étaient convaincus que chaque peuple ne pouvait pas considérer avoir pleinement reçu la Révélation tant qu’il ne l’avait pas entendue dans sa propre langue et lue dans les caractères propres à son alphabet. C’est à Méthode que revient le mérite d’avoir fait en sorte que l’œuvre entreprise avec son frère ne soit pas brusquement interrompue. Alors que Cyrille, le « Philosophe », avait tendance à la contemplation, il était plutôt porté vers la vie active. C’est grâce à cela qu’il put établir les présupposés de l’affirmation successive de ce que nous pourrions appeler l’ »idée cyrillo-méthodienne »:  celle-ci accompagna les peuples slaves pendant les diverses périodes historiques, favorisant le développement culturel, national et religieux. C’est ce que reconnaissait déjà le Pape Pie xi dans la Lettre apostolique Quod Sanctum Cyrillum, dans laquelle il qualifiait les deux frères:  « fils de l’Orient, byzantins de patrie, grecs d’origine, romains par leur mission, slaves par leurs fruits apostoliques » (AAS 19 [1927] 93-96). Le rôle historique qu’ils jouèrent a ensuite été officiellement proclamé par le Pape Jean-Paul ii qui, dans la Lettre apostolique Egregiae virtutis viri, les a déclarés copatrons de l’Europe avec saint Benoît (AAS 73 [1981] 258-262). En effet, Cyrille et Méthode constituent un exemple classique de ce que l’on indique aujourd’hui par le terme d’ »inculturation »:  chaque peuple doit introduire dans sa propre culture le message révélé et en exprimer la vérité salvifique avec le langage qui lui est propre. Cela suppose un travail de « traduction » très exigeant, car il demande l’identification de termes adaptés pour reproposer, sans la trahir, la richesse de la Parole révélée. Les deux saints Frères ont laissé de cela un témoignage significatif au plus haut point, vers lequel l’Eglise se tourne aujourd’hui aussi, pour en tirer son inspiration et son orientation. 

DEUXIEME LECTURE – 1 CORINTHIENS 2, 6 – 10

14 février, 2014

http://www.eglise.catholique.fr/foi-et-vie-chretienne/commentaires-de-marie-noelle-thabut.html

DEUXIEME LECTURE – 1 CORINTHIENS 2, 6 – 10

Frères, 6 c’est bien une sagesse que nous proclamons   devant ceux qui sont adultes dans la foi,   mais ce n’est pas la sagesse de ce monde   La sagesse de ceux qui dominent le monde  et qui déjà se détruisent. 7 Au contraire, nous proclamons la sagesse du mystère de Dieu,   sagesse tenue cachée,  prévue par lui dès avant les siècles,  pour nous donner la gloire. 8 Aucun de ceux qui dominent ce monde ne l’a connue,  car s’ils l’avaient connue,   ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de gloire. 9 Mais ce que nous proclamons, c’est comme dit l’Ecriture,  ce que personne n’avait vu de ses yeux   ni entendu de ses oreilles,   ce que le coeur de l’homme n’avait pas imaginé,   ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu. 10 Et c’est à nous que Dieu par l’Esprit,   a révélé cette sagesse.   Car l’Esprit voit le fond de toutes choses,   et même les profondeurs de Dieu. 

Dimanche dernier, la lettre de Paul opposait déjà sagesse humaine et sagesse de Dieu : « Votre foi, disait-il, ne repose pas sur la sagesse des hommes mais sur la puissance de Dieu. » Et il insistait pour dire que le mystère du Christ n’a rien à voir avec nos raisonnements humains : aux yeux des hommes, l’évangile ne peut que passer pour une folie : et sont considérés comme insensés ceux qui misent leur vie dessus. Soit dit en passant, cette insistance sur le mot « sagesse » nous surprend peut-être, mais Paul s’adresse aux Corinthiens, c’est-à-dire à des Grecs pour qui la sagesse est la vertu la plus précieuse.  Aujourd’hui, Paul poursuit dans la même ligne : oui, la proclamation du mystère de Dieu est peut-être une folie aux yeux du monde, mais il s’agit d’une sagesse combien plus haute, la sagesse de Dieu. « C’est bien une sagesse que nous proclamons devant ceux qui sont adultes dans la foi mais ce n’est pas la sagesse de ce monde… Au contraire, nous proclamons la sagesse du mystère de Dieu… »  A nous de choisir, donc : vivre notre vie selon la sagesse du monde, l’esprit du monde, ou selon la sagesse de Dieu. Les deux ont bien l’air totalement contradictoires ! Nous retrouvons là le thème des autres lectures de ce dimanche : la première lecture tirée du livre de Ben Sirac et le psaume 118/119 développaient tous les deux, chacun à sa manière, ce qu’on appelle le thème des deux voies : l’homme est placé au carrefour de deux routes et il est libre de choisir son chemin ; une voie mène à la vie, à la lumière, au bonheur ; l’autre s’enfonce dans la nuit, la mort, et n’offre en définitive que de fausses joies.  « Sagesse tenue cachée » : une des grandes affirmations de la Bible est que l’homme ne peut pas tout comprendre du mystère de la vie et de la Création, et encore moins du mystère de Dieu lui-même. Cette limite fait partie de notre être même.  Voici ce que dit le livre du Deutéronome : « Au SEIGNEUR notre Dieu sont les choses cachées, et les choses révélées sont pour nous et nos fils à jamais, pour que soient mises en pratique toutes les paroles de cette Loi. » (Dt 29, 28). Ce qui veut dire : Dieu connaît toutes choses, mais nous, nous ne connaissons que ce qu’il a bien voulu nous révéler, à commencer par la Loi qui est la clé de tout le reste.  Cela nous renvoie encore une fois au récit du paradis terrestre : le livre de la Genèse raconte que dans le jardin d’Eden, il y avait toute sorte d’arbres « d’aspect attrayant et bon à manger ; et il y avait aussi deux arbres particuliers : l’un, situé au milieu du jardin était l’arbre de vie ; et l’autre à un endroit non précisé s’appelait l’arbre de la connaissance de ce qui rend heureux ou malheureux. Adam avait le droit de prendre du fruit de l’arbre de vie, c’était même recommandé puisque Dieu avait dit « Tu pourras manger de tout arbre du jardin… sauf un ». Seul le fruit de l’arbre de la connaissance était interdit. Manière imagée de dire que l’homme ne peut pas tout connaître et qu’il doit accepter cette limite : « Au SEIGNEUR notre Dieu (sous-entendu et à lui seul) sont les choses cachées » dit le Deutéronome. En revanche, la Torah, la Loi, qui est l’arbre de vie, est confiée à l’homme : pratiquer la Loi, c’est se nourrir jour après jour de ce qui nous fera vivre.

 Je reviens sur cette formule : « Sagesse tenue cachée, prévue par lui dès avant les siècles… ». Paul insiste plusieurs fois dans ses lettres sur le fait que le projet de Dieu est prévu de toute éternité : il n’y a pas eu de changement de programme, si j’ose dire. Parfois nous nous représentons le déroulement du projet de Dieu comme s’il avait dû changer d’avis en fonction de la conduite de l’humanité. Par exemple, nous imaginons que, dans un premier temps, acte 1 si vous voulez, Dieu a créé le monde et que tout était parfait jusqu’au jour où, acte 2, Adam a commis la faute : et alors pour réparer, acte 3, Dieu aurait imaginé d’envoyer son Fils. Contre cette conception, Paul développe dans plusieurs de ses lettres cette idée que le rôle de Jésus-Christ est prévu de toute éternité et que le dessein de Dieu précède toute l’histoire humaine.  Par exemple, je vous rappelle la très belle phrase de la lettre aux Ephésiens : « Dieu nous a fait connaître le mystère de sa volonté, le dessein bienveillant qu’il a d’avance arrêté en lui-même pour mener les temps à leur accomplissement, réunir l’univers entier sous un seul chef (une seule tête), le Christ. » (Ep 1, 9-10). Ou bien, dans la lettre aux Romains, Paul dit « J’annonce l’évangile en prêchant Jésus-Christ, selon la Révélation d’un mystère gardé dans le silence durant des temps éternels, mais maintenant manifesté et porté à la connaissance de tous les peuples païens… » (Rm 16, 25-26).  « Pour nous donner la gloire » : la gloire, normalement, c’est un attribut de Dieu et de lui seul. Notre vocation ultime, c’est donc de participer à la gloire de Dieu. Cette expression est, pour Paul, une autre manière de nous dire le dessein bienveillant : le projet de Dieu, c’est de nous réunir tous ensemble en Jésus-Christ et de nous faire participer à la gloire de la Trinité.  « Ce que nous proclamons, c’est, comme dit l’Ecriture, ce que personne n’avait vu de ses yeux, ni entendu de ses oreilles, ce que le coeur de l’homme n’avait pas imaginé, ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu ». L’expression « comme dit l’Ecriture » renvoie à une phrase du prophète Isaïe : « Jamais on n’a entendu, jamais on n’a ouï-dire, jamais l’oeil n’a vu qu’un dieu, toi excepté, ait agi pour qui comptait sur lui. » (Is 64, 3). Elle dit l’émerveillement du croyant biblique gratifié de la Révélation des mystères de Dieu.  Reste la fin de la phrase « Ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu » : y aurait-il donc des privilégiés et des exclus ? Y aurait-il des gens pour qui cela n’était pas préparé ? Bien sûr que non : le projet de Dieu, son dessein bienveillant est évidemment pour tous ; mais ne peuvent y participer que ceux qui ont le coeur ouvert. Et de notre coeur, nous sommes seuls maîtres. D’une certaine manière, c’est le saut dans la foi qui est dit là. Le mystère du dessein de Dieu ne s’ouvre que pour les petits. Comme le disait Jésus, « Dieu l’a caché aux sages et aux savants, et il l’a révélé aux tout-petits ». Nous voilà tout-à-fait rassurés : tout-petits, nous le sommes, il suffit de le reconnaître.

6E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE- HOMÉLIE

14 février, 2014

http://www.homelies.fr/homelie,,3744.html

6E DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

DIMANCHE 16 FÉVRIER 2014

FAMILLE DE SAINT JOSEPH

HOMÉLIE – MESSE

« La vie et la mort sont proposées aux hommes, l’une ou l’autre leur est donnée selon leur choix » (1ère lect.). Ce verset tiré de la première lecture de la liturgie de ce dimanche, pourrait être une illustration des deux Arbres du livre de la Genèse : l’Arbre de la vie et l’Arbre de la connaissance du bien et du mal (Gn 2, 9). Nous ne sommes pas « déterminés » au mal ; le péché n’est pas une fatalité ; mais nous sommes invités à discerner le bien à la lumière de l’Esprit, et à l’accomplir dans la force qu’il nous donne : « Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle ». Telle est la Bonne Nouvelle annoncée par le Sage, et réalisée en Jésus, mort au péché, et ressuscité dans la puissance de l’Esprit de liberté et de vie. Car la vraie liberté consiste à pouvoir discerner et choisir ce qui promeut la vie que le Père nous donne et dont il veut nous combler. La Révélation nous enseigne qu’après la rupture du péché, qui avait conduit au triomphe de la mort, cette liberté nous est à nouveau donnée dans la participation à la vie filiale de Jésus (cf. 2 P 1, 4). Tel est le projet de Dieu sur nous, « sagesse tenue cachée, prévue par lui dès avant les siècles, pour nous donner la gloire. Et c’est à nous que Dieu, par l’Esprit, a révélé cette sagesse » (2ème lect.). Dès lors, si la vérité de notre condition humaine consiste à vivre uni au Christ, l’union à Jésus par la foi est l’unique chemin qui nous conduit à l’Arbre de vie, nous restaure dans une relation filiale avec Dieu, et nous ouvre à la fraternité universelle. On comprend dès lors que loin de vouloir « abolir » les commandements qui balisent notre marche sur le chemin de la liberté et de la vie, Notre-Seigneur est tout au contraire venu « accomplir la Loi et les Prophètes », afin de mettre en pleine lumière la voie qui conduit à Dieu son Père et notre Père, en passant par l’obéissance à sa Parole. Cette suprême sagesse, nous dit Saint Paul, est cependant aux antipodes de « la sagesse de ceux qui dominent le monde » (2ème lect.), ce terme désignant précisément la part d’humanité qui refuse l’illumination du Verbe. Certes la justice humaine, qui s’efforce par tous les moyens de défendre les « droits » des individus, est une valeur précieuse ; pourtant elle est insuffisante aux yeux de Jésus : « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux ». Notre-Seigneur n’a nullement l’intention de rajouter d’autres commandements – on n’atteint pas l’amour en multipliant les préceptes – mais il annonce la nécessité d’un saut qualitatif, qui ne peut se réaliser que dans l’Esprit qu’il va répandre sur toute chair au matin de Pentecôte. Il est remarquable que les exemples cités par Jésus aient tous trait à la violence dans les relations, dont Notre Seigneur dévoile toute l’ampleur : - la colère menace la vie physique du frère ; - l’insulte le blesse profondément dans sa vie psychique ; - la malédiction l’exclut du champ religieux ; - la concupiscence du regard commet déjà intentionnellement l’adultère, qui fait violence à la relation d’alliance nuptiale ; - la répudiation est une violence faite au droit de l’épouse à la fidélité et à la stabilité familiale ; - le serment prononcé à la légère, fait violence à la confiance.

La stricte justice se contente de réguler tant bien que mal les formes extérieures de cette violence, mais sans pouvoir ni la déraciner, ni la remplacer par un ordre supérieur, celui de la charité. Seul l’Esprit peut nous donner d’accomplir cette conversion de la violence à la douceur, la patience, la compassion, la tendresse, bref : à l’amour. Hélas trop souvent nous nous berçons d’illusion quant à la dureté du chemin : les comparaisons de Jésus nous font pressentir la radicalité des renoncements qu’implique une telle conversion : « Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car c’est ton intérêt de perdre un de tes membres et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne ». « L’image du chrétien mutilé mais sauvé nous montre quelle peut être l’ardeur de cette lutte et prévient toute association abusive entre la grâce et la facilité. La grâce de Dieu n’a pas pour objet de nous éviter les résolutions difficiles, les sacrifices, les amputations, mais de les rendre possibles » (Emile Nicole). L’Esprit m’est donné pour pouvoir faire les choix radicaux, arracher de ma vie et jeter loin de moi ce qui m’empêche d’être libre de la liberté des fils, même si ce dont j’ai à me séparer et d’un grand prix à mes yeux. Que pourrions-nous mettre en balance avec la Perle rare, le Trésor unique de la Vie éternelle ? Aussi l’oraison d’ouverture de la liturgie de ce jour ne demande-t-elle pas à Dieu de nous permettre d’observer scrupuleusement tous les commandements, mais « de vivre selon sa grâce », car « Dieu veut habiter les cœurs droits et sincères » (Or. d’ouvert.). En effet, la sagesse que « le cœur de l’homme n’avait pas imaginée, et qui avait été préparée pour ceux qui aiment Dieu » (2ème lect.) n’est autre que l’Esprit Saint, c’est-à-dire la Charité infuse, cette force surnaturelle qui nous permet de vaincre l’inertie du vieil homme, et de vivre dans la logique de l’amour, c’est-à-dire du primat du don. Les « adultes dans la foi », c’est-à-dire les croyants qui ont engagé résolument le combat avec la partie obscure d’eux-mêmes, et dont la foi est vivante par une charité qui se met en peine, ne sauraient être déçus dans leur espérance, car ils ont déjà part à leur héritage ; ils savent que « les yeux du Seigneur sont tournés vers ceux qui le craignent » (1ère lect.) pour leur faire grâce au temps voulu et leur « donner part à sa gloire » (Ibid.). La conversion radicale à laquelle nous invite Jésus, implique aussi de reconnaître qu’en Lui nous sommes tous frères, étant fils d’un même Père. Nous ne nous tenons donc jamais seuls devant l’autel : en chacun de nous, c’est le Corps tout entier qui présente son offrande à Dieu. Dès lors, comment notre Père des cieux pourrait-il se réjouir du don de ses enfants, s’ils sont divisés entre eux ? Voilà pourquoi « lorsque tu vas présenter ton offrande sur l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande ». Qui de nous est à la hauteur d’une telle exigence ? Toutes les interpellations lancées par Jésus sont personnelles ; il n’est pas question de couper la main ou le pied de mon frère, ou de lui arracher l’œil : c’est de mon problème qu’il s’agit. Puissions-nous discerner dans ces Paroles déconcertantes un appel à oser nous engager résolument sur le chemin de la vraie liberté, celle de l’amour de charité ; et puissions-nous accueillir la force de l’Esprit pour arracher et jeter loin de nous ce qui menace notre participation à la vie divine, notre héritage. Père Joseph-Marie

LES MARTYRS D’ABITÈNE

13 février, 2014

LES MARTYRS D'ABITÈNE dans images sacrée

http://www.santiebeati.it/immagini/?mode=view&album=92140&pic=92140.JPG&dispsize=Original&start=0

« SANS LE DIMANCHE NOUS NE POUVONS PAS VIVRE  » LES MARTYRS D’ABITÈNE – 12 FÉVRIER

13 février, 2014

http://www.parrocchie.it/vasto/smincoronata/martiri.htm

« SANS LE DIMANCHE NOUS NE POUVONS PAS VIVRE « 

LES MARTYRS D’ABITÈNE – 12 FÉVRIER

Traduction de Google de l’italien

Années 303-304 AD , l’empereur Dioclétien , après une période de calme relatif au cours de laquelle la communauté chrétienne avait été en mesure de croître et de s’étendre dans les différentes régions de l’Empire romain, a déclenché une violente persécution contre lui et ordonné qu’elle devrait rechercher les textes sacrés parce qu’ils ont été brûlés; dovevavno vous briser les basiliques du Seigneur devrait être interdit de célébrer les rites sacrés et sainte réunion du Seigneur.

Martyrs chrétiens
Je n ce moment dans la ville de Abitène , proconsulare dans la province romaine de l’Afrique (de la Tunisie moderne), un groupe de 49 chrétiens, composée d’hommes, femmes, jeunes et enfants, appartenant à différentes conditions sociales et à différentes tâches au sein de la communauté chrétienne, contrairement aux ordres de l’empereur, répond le Jour du Seigneur pour célébrer l’Eucharistie du dimanche. Découvert, sont emprisonnés et poursuivis en justice pour être jugés. À la demande de la Anulinus proconsul qui demande si émérite, contre l’édit de l’empereur, ont eu lieu dans ses assemblages de maison, le martyr a répondu par l’affirmative, ajoutant qu’il n’avait pas empêché, parce que:  » Nous, chrétiens, sans dimanche nous ne pouvons pas vivre ».

La réponse du émérite
La réponse du émérite souligne le lien étroit qui existe entre le Seigneur Christ, sa mort et sa résurrection, la communauté chrétienne et de l’Eucharistie, célébrée le jour le dimanche, le jour où le Christ ressuscité révèle sa splendeur et sa gloire, recueille ses disciples autour de la table de la Parole et de l’Eucharistie, il ya une communauté eucharistique et missionnaire, un avant-goût de la joie de la gloire.

La réponse de Saturnino
Il est également significatif que la réponse Saturnin, le prêtre de la communauté, par le tribunal. Il sait l’interdiction de l’empereur, mais il est également convaincu que vous ne pouvez pas  » arrêter célébrer le dimanche de Pâques parce que commander notre droit .  » Saturnino pour le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus devrait être célébrée chaque dimanche, conformément à la commande du Seigneur et sa promesse d’être là tous les jours jusqu’à la fin du monde. Célébration de l’Eucharistie, les moyens de jour du Seigneur disposés au martyre, le don de soi à l’effusion de sang.

Le martyre de Saturnin
Je l’ai dit le martyre de Saturnin est comme une action liturgique. Bien que l’exécution était imminente, par ces mots, le prêtre pria le Seigneur,  » S’il vous plaît, Christ, écoute-moi. vous rendre grâce, ô Dieu Grant que je sois décapité! S’il vous plaît, Christ, prends pitié. Fils de Dieu, aide-moi  » . Par la prière, le prêtre Saturnin prêche également la sainteté des tourments de la loi qui dit que la punition de joie.

Le témoignage des martyrs
Le témoignage des martyrs nous invite à redécouvrir la relation indissociable qui existe entre le «Eucharistie et martyre, y compris la liturgie vécue dans le temps présent et celui célébré dans le ciel. L’Eucharistie, la présence du Ressuscité, est la re-présentation du sacrement de la passion et la mort du Seigneur, à laquelle le chrétien est invité à prendre part, afin d’identifier totalement avec sa personne, faisant corps avec lui, déjà à l’heure actuelle , pour être pleinement dans la gloire.
Les reliques des martyrs et sont placés sous l’autel de l’autel pour signifier que le Christ est l’autel du chrétien, et qu’il existe une unité entre le sacrifice de la Croix et de l’Eucharistie, par le sacrifice du Christ et que le chrétien. Même dans les temps modernes, les chrétiens sont persécutés. Le XXe siècle, avec de nombreuses victimes du nazisme et du communisme, a été appelé « le siècle des martyrs .  » Pas tous les croyants en Christ sont appelés au martyre du sang, mais tout le monde doit faire de leur vie une offrande agréable au Père, en union avec le sacrifice du Christ, et ainsi à participer à ses souffrances afin de partager sa gloire. Le martyre consiste à permettre à tuer témoignage de la foi en Jésus-Christ. Mais chaque âme qui cherche la pureté de la connaissance de Dieu, de l’amour et obéir aux enseignements de Jésus est un martyr à la fois dans la vie et dans les mots.
Et ssa fait, même si vous ne versez pas le sang coule de sa foi, car la foi est séparée du corps avant qu’ils ne meurent. Dans l’histoire des martyrs d’Abitène est des nouvelles importantes que l’arrestation des martyrs a lieu dans la maison d’Octave Félix, lors de la célébration de la ‘Eucharistie dominicale, et autres célébrations ont eu lieu dans la maison de émérite. La maison est l’endroit où la vie quotidienne, mais aussi le milieu de vie où vous apprenez, célébrer et vivre le jour du Seigneur. Tout aussi importante est la référence à la façon de comprendre et de vivre les relations familiales.
S huit ce profil, des indications utiles sont de la narration du martyre de la Vierge de la Victoire et petit Hilarion, le plus jeune fils du prêtre Saturnin. Victoire ne cède pas à la tentation de Fortunanziano frère, convaincu que les vrais frères  » sont ceux qui gardent les commandements de l’Éternel .  » Hilarion, à l’instar des autres membres de la famille qui, avant lui, avait souffert le martyre, a déclaré: « Je suis chrétien, et ma volonté, j’ai assisté à la réunion le dimanche avec mon père et mes frères .  » Ces références rappellent l’importance, même à notre époque, la famille chrétienne, l ‘ »Eglise domestique », et sa tâche irremplaçable d’être la première cellule de la société et de l’Église, un lieu d’éducation et de la croissance de la foi.
La participation à l’Eucharistie dominicale dans la vie de la communauté et renforce le chemin de foi des couples mariés et les familles chrétiennes. Même l’engagement des parents chrétiens à accompagner leurs enfants sur le chemin de l’initiation et de les introduire à la prière personnelle et liturgique dans le Sunday eucharistique est le contexte vital et l’irradiation et de la communication de la foi en toute sécurité. L’auteur de l’histoire des martyrs d’Abitène, se référant à la demande formulée par le proconsul au martyr Félix, souligne que le juge romain pas intéressé à savoir si heureux est un chrétien, mais il se soucie d’être informé si il a pris part à l ‘«assemblée».
L ou même auteur est conscient que le chrétien ne peut pas vivre sans le dimanche de Pâques, comme le dimanche de Pâques ne peut être célébré sans qu’il y ait un chrétien. Ajoute littéralement:  » Je ne sais pas, Satan, qui est le dimanche de Pâques pour faire le chrétien et c’est le chrétien à faire le dimanche de Pâques, de sorte que l’un ne peut exister sans l’autre, et vice versa Lorsque vous entendez le nom? Christian ‘, savent qu’il ya un ensemble de célébrer le Seigneur: et quand vous entendez «assemblée», savent qu’il ya un chrétien « .
C’est une question d’identité dimanche de Pâques est l’essence même du chrétien, son statut, il s’agit plutôt d’un chrétien lui-même, une identité qui est la crdente en Christ dans son être et qui doit être exprimé dans l’action et de traiter avec les gens. Pour cette raison, l’Eglise a constamment réaffirmé la nécessité pour les chrétiens d’être fidèle à jour du Seigneur.

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