L’ICÔNE DE LA RÉSURRECTION

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L’ICÔNE DE LA RÉSURRECTION

L'ICÔNE DE LA RÉSURRECTION dans image sacré et texte

Méditation de Michel St-Onge

Selon saint Grégoire le Théologien, la Résurrection du Christ c’est « la fête des fêtes et la célébration des célébrations ». L’icône de la Résurrection, contrairement aux images religieuses de Pâques, ne peut donc pas représenter un événement historique passager: la sortie du tombeau. L’oeuvre de puissance de Dieu accomplie par la résurrection du Christ n’est pas simplement, comme ce fut le cas pour Lazare, un don renouvelé de vie humaine qui conduirait à nouveau à la mort. La Résurrection du Christ c’est la victoire de Dieu sur la mort, la victoire de la lumière sur les ténèbres, la victoire de l’humilité de Dieu sur l’orgueil de l’homme.
L’icône se doit donc d’exprimer le salut de toute l’humanité. Le Christ est né pour nous sauver, pour nous ouvrir à nouveau les portes du paradis où nous pouvons à nouveau vivre heureux avec Dieu. Si le Christ lui-même n’était pas ressuscité, comment ses promesses auraient-elles quelque valeur? N’a-t-il pas dit: « Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11,25). L’apôtre Pierre exprime que le salut n’est pas accompli seulement par la mort du Christ mais également par sa résurrection (1 P 3,18-22). La Résurrection du Christ et le salut de l’humanité sont la même réalité que l’icône va exprimer en conjuguant le retour à la vie du Christ et le retour à la vie d’Adam et d’Ève.

Descente aux enfers
L’icône de la Descente aux enfers
C’est l’icône généralement associée à la fête de la Résurrection. L’icône de la Crucifixion montrait le centre de la terre déchiré par la Croix. Ainsi, un passage était ouvert pour que le sang du Christ lui permette de pénétrer dans les ténèbres de la mort et rejoindre ainsi Adam. Par la mort, Dieu allait retrouver l’homme là où son orgueil l’a conduit. L’icône de la Descente aux enfers, elle, montre le Christ, source de Vie, au milieu des morts. Le Christ apparaît non pas comme un des captifs de la mort mais bien comme le véritable Maître de la Vie. Il est représenté dans la même lumière que dans l’icône de la Transfiguration. Il est cependant ici en mouvement, car il accomplit l’oeuvre du salut. Jaillissant comme la lumière dans le gouffre des ténèbres, il brise les portes de l’enfer qui reposent désormais sous ses pieds. Jésus domine maintenant les forces du mal et saisit à pleine main Adam et Ève pour les arracher vigoureusement de leurs tombeaux.

Adam et Ève
L’icône de la Descente aux enfers devient en quelque sorte l’icône des retrouvailles de Dieu et de l’humanité. Le premier et le nouvel Adam sont maintenant face à face. Le lien est recréé entre Adam et la source de sa vie: la main créatrice de Dieu qui rattrape Adam dans sa chute jusque dans la mort. Dans ce moment merveilleux, le vieil Adam contemple son libérateur d’un regard joyeux, empreint de fatigue. Il tend une main morte, tombante mais restée libre, dans un mouvement d’accueil et de prière reconnaissante. Ève, elle, tend aussi sa main libre vers son libérateur mais en la couvrant par respect pour la présence divine reconnue dans le Christ.

Personnages
Derrière Ève se pressent Moïse et les justes, le peuple des élus de Dieu. Derrière Adam, on retrouve les rois David et Salomon qui accueillent le Sauveur dans la prière. Devant eux, Jean le Précurseur reconnaît le Christ comme Agneau de Dieu et dirige vers lui la foule des morts, comme s’il disait encore une fois: « Voici Celui qui enlève le péché du monde » (Jn 1,29). Deplus, on retrouve le prophète Daniel, celui qui, pour la première fois, a prophétisé dans l’Ancien Testament la résurrection individuelle (Dn 12,1-3): « Et à ce moment, ton peuple sera sauvé… Et beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se lèveront, pour la vie éternelle, ils brilleront comme la splendeur du firmament, et parmi les nombreux justes, ils brilleront encore, comme des astres dans l’Éternité. » Tous ces personnages témoins du salut donné à Adam et Ève font de la scène un événement d’Église.

Grotte ouverte
Le Maître de la Vie a rejoint les morts pour les ramener avec lui auprès du Père. Au-dessus de lui, la grotte est ouverte pour montrer que le passage vers les cieux est maintenant libre. L’icône est remplie de lumière, de mouvement, de vie. Elle suscite l’espérance en nous montrant le Christ qui nous tire hors de la mort pour nous faire entrer dans sa propre lumière. En effet, Jésus est lui-même entouré du cercle de la mandorle, symbole de la gloire éternelle de Dieu, comme à la Transfiguration. Mais ici, il entraîne Adam et Ève pour les faire pénétrer dans ce cercle divin, Eux se mettent en mouvement pour l’y rejoindre.

Victoire de la Vie sur la mort
La lumière du monde s’est infiltrée dans les ténèbres de la mort où elle brille encore plus qu’en plein jour. Oui, la vie a été plus forte que la mort, l’humilité de Dieu plus forte que notre orgueil. Lorsqu’on se rappelle combien, dans la grotte de la Nativité, la lumière était petite et que l’on voit maintenant comment elle prend toute la place, notre coeur ne peut que tressaillir d’allégresse. Le Christ nous entraîne à sa suite, il nous ouvre le chemin vers le Père; il est pour nous le chemin vers la vie en plénitude, il est la vérité qui libère. Puisque la résurrection du Christ nous fait entrer dans la vie du Père, vivons dans la joie des ressuscités!

 

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