DU SOUFFLE – L’ESPRIT-SAINT

http://www.philagora.fr/religion/04-06-06.htm

DU SOUFFLE.

« L’Esprit-Saint est une voix qui parle à notre cœur. Mais nous n’entendons rien! Il Y a trop de bruit dans notre « intérieur », Mille préoccupations, matérielles, affectives. Fêter Pentecôte c’ est essayer de se désencombrer intérieurement. Faire silence en nous. Arrêter le film qui défile dans notre tête. Prendre du temps. Perdre du temps. Que faisons-nous d’ailleurs de ce temps que nous sommes si fiers d’avoir gagné ?.. Mais quand le silence se fait, où donc nous parle Dieu? Où l’Esprit fait-il entendre sa voix si discrète? Au cœur de nos désirs. Pas ailleurs qu’en nous-mêmes. Là où nous aimons, où nous cherchons, où nous attendons, où nous espérons, où nous redoutons… C’est à 11ntérieur de ce que nous vivons que parle l’Esprit pour y souffler de la nouveauté, de 11nattendu, Voilà pourquoi, sans doute, l’Écriture, dans les Actes, en parle comme d’un vent violent.
Notre désir est le moteur permanent et profond de notre existence. L’homme est un être de désir. C’est le temps du désir, disait le jésuite Denis Vasse dans un livre qui garde son actualité. Le vent, ça chasse les brumes et la poussière, le paysage soudain devient plus clair; tes faux-semblants tombent. On voit mieux la route. C’est comme un feu qui nettoie les broussailles. Ce peut être douloureux de perdre ses illusions, mais les illusions ne mènent nulle part, sinon souvent à la catastrophe. L’Esprit nous fait ‘parler un langage nouveau, d’autres langues, dit l’Écriture, toujours cette nouveauté soudain qui fait que l’on regarde sa vie d’un Œil nouveau. Prendre du recul, pour mieux avancer. Oui, le vent peut souffler si fort qu11 nous détourne d’un chemin que nous avions pris dans la brume, sans même savoir qu11 se terminait dans un gouffre mortel, pour nous transporter sur une autre route. On pourrait appeler cet heureux « détournement » la conversion.
L’Esprit au cœur de nos désirs, c’est Jésus qui nous devient enfin intérieur. Quand on connaît et que l’on aime vraiment, n’aspire-t-on pas à cette habitation par l’être aimé? Vouloir comme il veut, vouloir de sa volonté. Père, que ta volonté soit faite et non la mienne dira Jésus au temps de son agonie, ce rude combat qui le dépouille de tout sous la tempête de l’Esprit. Désirer comme tu désires et non cesser de désirer. Le chrétien n’est pas un être atone, arrêté, pétrifié. Je cours du bon combat, dira saint Paul. Oui, désirer vivre, aimer la vie, laisser se libérer en moi cette force immense capable de transporter les montagnes, force du désir, force de l’amour. Car l’Esprit est Esprit d’amour, Sous l’effet de ce vent violent, nous passons du statut de la 10i qui corsète notre désir au statut de l’amour qui est celui de La liberté. Aime et fais ce que tu veux, s’écriera saint Augustin. Si l’on aime selon l’Esprit de Jésus!
Alors les pas de notre liberté nous feront courir, passionnément, vers ces rencontres généreuses qui exaltent notre vie. les amoureux n’ont pas besoin de mots pour comprendre cela. Par l’Esprit désormais, nos désirs sont portés par l’amour qui est le lien de la Trinité. Et si toute loi est faite pour grandir elle s’accomplit parfaitement seulement quand c’est au nom de l’amour qu’elle est mise en œuvre.
Le signe éminent de cette habitation par l’Esprit, c’est la joie. On ne peut pas s’y tromper. les fausses routes, sans souffle, sans feu, sans lumière, sont tristes, et les éventuels plaisirs que l’on y prend ont toujours un arrière-goût de cendre, de vide. Paul, qui s’y connaît, lui qui a vécu une véritable révolution dans ses désirs, ardent persécuteur devenu ardent apôtre, peut énumérer les fruits de l’Esprit: « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi ». Et il peut ajouter en vérité: « face à tout cela il n’y a plus de loi qui tienne », (Épître aux Galates,S).
Être chrétien, ce n’est pas s’arrêter de vivre comme pourrait parfois le laisser penser certains comportements qui se disent de piété: c’est tout au contraire vivre plus, vivre davantage. Paul dira encore: « puisque l’Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l’Esprit ». Jésus dit l’Évangile, donne du souffle à ses amis, son souffle, celui de la vie, de la liberté, de la mobilité. Oui, l’Esprit-Saint, au cœur de nos désirs, est à l’œuvre dans tous les évènements de notre vie. Il est force dans les épreuves, les tristesses, les deuils. Il est audace pour sortir de soi et aller à la rencontre des autres, pour les aimer, et nous grandir en les faisant grandir. Il est courage au cœur du témoignage de la foi, sans crainte de parler, et surtout de parler par nos actes, des actes toujours plus traversés par l’amour libérateur de Jésus-Christ. Comme le disait Jean-Paul II : « Allez! Prenez le large avec courage, toutes voiles dehors, poussés par le souffle de l’Esprit. Vous serez ainsi heureux de tout ce que le Seigneur accomplira à travers vous »

Père BLONDEAU.

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