Archive pour février, 2013

PAPE BENOÎT XVI: LES FEMMES AU SERVICE DE L’EVANGILE (2007)

6 février, 2013

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20070214_fr.html

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 14 février 2007

LES FEMMES AU SERVICE DE L’EVANGILE

Chers frères et sœurs,

Nous sommes parvenus aujourd’hui au terme de notre parcours parmi les témoins des débuts du christianisme que mentionnent les écrits néo-testamentaires. Et au cours de la dernière étape  de  ce  premier parcours, nous consacrerons notre attention aux nombreuses  figures  de  femmes  qui  ont accompli un rôle efficace et précieux dans la diffusion de l’Evangile. Leur témoignage ne peut être oublié, conformément à ce que Jésus lui-même dit de la femme qui lui versa de huile sur la tête, peu avant la Passion:  « En vérité, je vous le dis, partout où sera proclamé cet Evangile, dans le monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu’elle vient de faire » (Mt 26, 13; Mc 14, 9). Le Seigneur veut que ces témoins de l’Evangile, ces figures qui ont apporté une contribution afin de faire croître la foi en Lui, soient connues et que leur mémoire soit vivante dans l’Eglise. Sur le plan historique, nous pouvons distinguer le rôle des femmes dans le christianisme des origines, au cours de la vie terrestre de Jésus et au cours des événements de la première génération chrétienne.
Bien sûr, comme nous le savons, Jésus choisit parmi ses disciples douze hommes comme Pères de la nouvelle Israël; il les choisit pour « être ses compagnons et pour les envoyer prêcher » (Mc 3, 14-15). Ce fait est évident mais, outre les Douze, piliers de l’Eglise, pères du nouveau Peuple de Dieu, de nombreuses femmes sont également choisies au nombre des disciples. Je n’évoquerai que très brièvement celles qui se trouvent sur le chemin de Jésus lui-même, en commençant par la prophétesse Anne (cf. Lc 2, 36-38) jusqu’à la Samaritaine (cf. Jn 4, 1-39), à la femme syrophénicienne (cf. Mc 7, 24-30), à l’hémorroïsse (cf. Mt 9, 20-22) et à la pécheresse pardonnée (cf. Lc 7, 36-50). Je ne me réfère pas non plus aux protagonistes de certaines paraboles efficaces, par exemple la femme qui fait le pain (Mt 13, 33), la femme qui perd une drachme (Lc 15, 8-10), la veuve qui importune le juge (Lc 18, 1-8). Les femmes qui ont joué un rôle actif dans le cadre de la mission de Jésus sont plus importantes pour notre réflexion. En premier lieu, ma pensée se tourne naturellement vers la Vierge Marie, qui à travers sa foi et son oeuvre maternelle, collabora de façon unique à notre Rédemption, au point qu’Elisabeth put la proclamer « bénie entre les femmes » (Lc 1, 42), en ajoutant « bienheureuse celle qui a cru » (Lc 1, 45). Devenue disciple du Fils, Marie manifesta à Cana une entière confiance en Lui (cf. Jn 2, 5) et le suivit jusque sous la Croix, où elle reçut de Lui une mission maternelle pour tous ses disciples de tout temps, représentés par Jean (cf. Jn 19, 25-27).
Viennent ensuite différentes femmes qui, à titre divers, gravitent autour de la figure de Jésus en ayant des fonctions de responsabilité. Un exemple éloquent est représenté par les femmes qui suivaient Jésus pour l’assister de leurs biens, et dont Luc nous transmet certains noms:  Marie de Magdala, Jeanne, Suzanne et « plusieurs autres » (cf. Lc 8, 2-3). Puis, les Evangiles nous informent que les femmes, à la différence des Douze, n’abandonnèrent pas Jésus à l’heure de la Passion (cf. Mt 27, 56.61; Mc 15, 40). Parmi elles ressort en particulier Marie-Madeleine, qui non seulement assista à la Passion, mais fut également la première à témoigner et à annoncer le Ressuscité (cf. 20, 1. 11-18). C’est précisément à Marie de Magdala que saint Thomas d’Aquin réserve le qualificatif particulier d’ »apôtre des apôtres »  (apostolorum apostola),  lui consacrant ce beau commentaire:  « De même qu’une femme avait annoncé au premier homme des paroles de mort, ainsi, une femme annonça en premier aux apôtres des paroles de vie » (Super Ioannem, ed. Cai, 2519).
Dans le domaine de l’Eglise des débuts également, la présence des femmes n’est absolument pas secondaire. Nous n’insistons pas sur les quatre filles non nommées du « diacre » Philippe, résidant à Cesarée Marittime, et toutes dotées, comme nous le dit saint Luc, du « don de prophétie », c’est-à-dire de la faculté d’intervenir publiquement sous l’action de l’Esprit Saint (cf. Ac 21, 9). La brièveté de l’information ne nous permet pas de déductions plus précises. Nous devons plutôt à saint Paul une plus ample documentation sur la dignité et sur le rôle ecclésial de la femme. Il part du principe fondamental selon lequel pour les baptisés, non seulement « il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre », mais également « il n’y a ni homme ni femme ». La raison est que « tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3, 28), c’est-à-dire que tous sont unis par la même dignité fondamentale, bien que chacun soit doté de fonctions spécifiques (cf. 1 Co 12, 27-30). L’apôtre admet comme quelque chose de normal que dans la communauté chrétienne, la femme puisse « prophétiser » (1 Co 11, 5), c’est-à-dire se prononcer ouvertement sous l’influence de l’Esprit, du moment que cela soit pour l’édification de la communauté et fait avec dignité. C’est pourquoi la célèbre exhortation suivante, à ce que « les femmes gardent le silence dans les assemblées » (1 Co 14, 34) doit être plutôt relativisée. Nous laissons aux exégètes le problème, très débattu, qui en découle, de la relation apparemment contradictoire, entre la première affirmation – les femmes peuvent prophétiser dans l’assemblée  -  et  la seconde – les femmes ne peuvent pas parler. Ce n’est pas ici qu’il doit être débattu. Mercredi dernier nous avons déjà rencontré la figure de Prisca ou Priscille, femme d’Aquilas, qui dans deux cas, de manière surprenante, est mentionnée avant son mari (cf. Ac 18, 18; Rm 16, 3):  l’une et l’autre sont cependant explicitement qualifiés par Paul comme ses sun-ergoús « collaborateurs » (Rm 16, 3).
Certains autres faits ne peuvent pas être négligés. Il faut prendre acte, par exemple, que la brève Lettre à Philémon est en réalité également adressée par Paul à une femme appelée « Apphia » (cf. Ph 2). Des traductions latines et syriaques du texte grec ajoutent à ce nom « Apphia », l’appellation de « soror carissima » (ibid.), et l’on doit dire que dans la communauté de Colosse, celle-ci devait occuper une place importante; quoi qu’il en soit, c’est l’unique femme mentionnée par Paul parmi les destinataires d’une de ses lettres. Ailleurs, l’Apôtre mentionne une certaine « Phébée », qualifiée comme diákonos de l’Eglise de Cencrées, petite ville portuaire située à l’est de Corinthe (cf. Rm 16, 1-2). Bien que le titre, à cette époque, n’ait pas encore de valeur ministérielle spécifique de type hiérarchique, il exprime un véritable exercice de responsabilité de la part de cette femme en faveur de cette communauté chrétienne. Paul recommande de la recevoir cordialement et de l’assister « en toute affaire où elle ait besoin », puis il ajoute:  « car elle a pris soin de beaucoup de gens, et de moi aussi ». Dans le même contexte épistolaire, l’Apôtre rappelle avec des accents délicats d’autres noms de femmes:  une certaine Marie, puis Tryphène, Tryphose et la « très chère » Persis, en plus de Julie, dont il écrit ouvertement  qu’elles  se sont « donné beaucoup de peine dans le Seigneur » ou « qui se donnent de la peine dans le Seigneur » (Rm 16, 6.12a.12b.15), soulignant ainsi leur profond engagement ecclésial. Dans l’Eglise de Philippes se distinguèrent ensuite deux femmes appelées « Evodie et Syntykhé » (Ph 4, 2):  le rappel que Paul fait de leur concorde réciproque laisse entendre que les deux femmes assuraient une fonction importante au sein de cette communauté.
En somme, l’histoire du christianisme aurait eu un développement bien différent s’il n’y avait pas eu le généreux apport de nombreuses femmes. C’est pourquoi, comme l’écrivit mon cher prédécesseur Jean-Paul II dans la Lettre apostolique Mulieris dignitatem, « L’Eglise rend grâce pour toutes les femmes et pour chacune d’elles… L’Eglise rend grâce pour toutes les manifestations du « génie » féminin apparues au cours de l’histoire, dans tous les peuples et dans toutes les nations; elle rend grâce pour tous les charismes dont l’Esprit Saint a doté les femmes dans l’histoire du Peuple de Dieu, pour toutes les victoires remportées grâce à leur foi, à leur espérance et à leur amour:  elle rend grâce pour tous les fruits de la sainteté féminine » (n. 31). Comme on le voit, l’éloge concerne les femmes au cours de l’histoire de l’Eglise et il est exprimé au nom de la communauté ecclésiale tout entière. Nous nous unissons nous aussi à cette appréciation en rendant grâce au Seigneur, car Il conduit son Eglise, génération après génération, en s’appuyant indistinctement sur des hommes et des femmes, qui savent faire fructifier leur foi et leur baptême pour le bien du Corps ecclésial tout entier, pour la plus grande gloire de Dieu.

* * *

Je salue avec joie les pèlerins francophones, en particulier les séminaristes des Pays de Loire et de l’Océan indien et leurs formateurs, les jeunes du Collège Fénelon-Sainte Marie,  et tous les jeunes présents. Ayez à cœur de faire fructifier votre foi et votre baptême pour le bien de toute l’Église.

LA MÉDITATION CHRÉTIENNE – Pour méditer, il faut parvenir à l’immobilité de l’esprit et du corps…

6 février, 2013

http://meditationchretienne.org/site/pag.php?Pag=area&Area=44

LA MÉDITATION CHRÉTIENNE

POUR MÉDITER

Pour méditer, il faut parvenir à l’immobilité de l’esprit et du corps. Même si cela peut sembler extraordinaire, le silence est parfaitement accessible à chacun de nous, en dépit des distractions du monde moderne. Mais  pour atteindre le silence et l’immobilité, il faut du temps, de l’énergie et de l’amour.
La manière d’entreprendre ce pèlerinage est de réciter une courte expression, un mot communément appelé « mantra » . Ce moyen nous aide à porter notre attention au-delà de nous, nous éloigne des pensées et des préoccupations égocentriques qui nous habitent. Le vrai travail du méditant est d’atteindre l’harmonie du corps, de l’esprit et de la pensée. C’est ce à quoi nous invite le psalmiste :
« Sois silencieux et sache que je suis Dieu » (Ps. 45, v. 11)
Lorsque nous méditons, notre conscience se détourne de notre personne, tel un faisceau lumineux en quête d’un autre objet à éclairer.
Pendant la méditation, on ne pense pas à Dieu, on ne l’imagine pas. Ce que l’on essaie de faire est incommensurablement plus grand : il s’agit d’être avec Dieu, avec Jésus, avec son Esprit-Saint. Le méditant cherche à aller au-delà des pensées, fussent-elles de saintes pensées. La méditation n’est pas affaire de penser, mais d’être. Le but de la méditation chrétienne est de permettre à la présence silencieuse et mystérieuse de Dieu en nous de devenir la réalité qui donne forme, sens et direction à tout ce que nous sommes et à tout ce que nous faisons. Elle accomplit la tâche d’amener notre esprit distrait au calme, au silence et à la concentration.
Pour méditer, on s’installe dans un endroit paisible, sur un siège confortable, le dos bien droit et on ferme les yeux légèrement. Il faut avoir le corps détendu et l’esprit en éveil. Alors, silencieusement, à l’intérieur de soi, on commence à répéter un mot, le même mot tout au long de la méditation. Nous recommandons l’expression Maranatha, qui est une formule de prière. Ce n’est pas plus compliqué que ça. On prononce MA-RA-NA-THA, en appuyant également sur chacune des syllabes. Certaines personnes articulent le mantra au rythme de leur respiration, avec calme et régularité. La récitation doit se faire assez lentement et de façon assez rythmée. De tout son coeur, on concentre son attention sur le mot que l’on répète.
La méditation est un pèlerinage au centre de notre coeur. Elle exige de nous de la foi, de la simplicité et un esprit d’enfance. Cette simplicité elle-même demande de la discipline et même du courage. Si nous savons faire preuve de patience et de fidélité, la méditation nous amène de plus en plus loin dans les profondeurs du silence. C’est au coeur de ce silence que nous sommes introduits dans le mystère du silence éternel de Dieu. Ainsi la prière chrétienne nous invite-t-elle à nous perdre pour nous absorber en Dieu. Chacun de nous est appelé vers les sommets de la prière chrétienne, à la plénitude de la vie. Mais il faut voir l’humilité de parcourir le chemin avec fidélité pendant plusieurs années pour que la prière du Christ puisse véritablement être l’expérience qui fonde notre vie.
La méditation est un cadeau d’une magnificence tellement inimaginable qu’elle suppose une réponse graduelle, donnée en douceur. Au début, nous ne pouvons pas saisir l’étendue de sa pure splendeur, de sa parfaite merveille. Chaque fois que nous y revenons, nous pénétrons un peu plus profondément dans cette réalité et nous l’approchons un peu plus. Parce que la méditation nous fait faire l’expérience de l’amour au coeur de notre être, elle nous rend plus aimants dans la vie quotidienne et dans nos rapports avec autrui. Non seulement elle est indispensable à toute vie active qui se veut basée sur la contemplation, mais elle est la condition de toute réponse pleinement humaine à la vie.
La merveilleuse beauté de la prière est que l’ouverture de notre coeur est aussi naturelle que l’éclosion d’une fleur. Pour qu’une fleur s’épanouisse, il suffit qu’elle soit, sans autre intervention. Si nous nous contentons d’être, si nous devenons et demeurons immobiles et silencieux, notre coeur ne peut faire autrement que s’ouvrir, et l’Esprit ne peut faire autrement que se répandre dans tout notre être. C’est pour cela que nous avons été créés.

Extraits de John Main OSB  » Un mot dans le silence, un mot pour méditer »

The Ark of Covenant, Byzantine Apse mosaic (c 850)

5 février, 2013

The Ark of Covenant, Byzantine Apse mosaic (c 850) dans images sacrée Ark-of-The-Covenant-Mosaic

http://www.tikkun.org/nextgen/embracing-a-eunuch-identity

Abandonné de Dieu – Au début du Psaume 22…

5 février, 2013

http://www.bibleenligne.com/Lectures_bibliques/Mensuel/ME/02/Abandonne%20de%20Dieu.htm

Abandonné de Dieu

Au début du Psaume 22, se trouve une expression particulièrement émouvante et d’une importance incomparable. C’est la question: «Mon Dieu! Mon Dieu! Pourquoi m’as-tu abandonné?» (Psaumes 22: 1, voir aussi Matthieu 27: 46).

Qui posait cette question à Dieu? Comme le prouve le passage de Matthieu, c’était le Fils de Dieu, qui était dans le sein du Père déjà avant la fondation du monde, l’objet des délices de Dieu, le créateur et le conservateur de l’univers, le Christ qui est sur toutes choses Dieu béni éternellement. En même temps, il était l’homme sans tache, saint, parfait, n’ayant jamais commis un seul péché, ne pouvant pas en commettre, un véritable homme, né de femme, semblable à nous en toutes choses, à part le péché. Depuis la crèche de Bethléhem jusqu’à la croix de Golgotha, sa vie était en parfaite harmonie avec la volonté de Dieu. Il vivait pour glorifier Dieu. Toutes ses paroles et tous ses actes, tous ses regards et ses mouvements dégageaient un parfum agréable à Dieu dont ils rafraîchissaient le cœur. A deux reprises, les cieux s’ouvrirent sur Jésus et la voix du Père lui rendit témoignage: «Tu es mon Fils bien-aimé; en toi j’ai trouvé mon plaisir».
C’est donc cette personne merveilleuse qui adresse ces paroles émouvantes à Dieu. Nos cœurs se demandent aussitôt: est-ce possible qu’il ait pu être abandonné de Dieu? Dieu a-t-il vraiment caché sa face de devant le seul homme juste et parfait ayant jamais vécu sur cette terre souillée? A-t-il fermé son oreille au cri de celui dont la nourriture était de faire la volonté de Dieu et de glorifier son nom? Oui, si étrange et incroyable que cela puisse paraître, Dieu l’a fait. Ce même Dieu qui ne détourne pas ses yeux du juste, dont les oreilles sont ouvertes pour entendre la supplication du pauvre, dont la main est toujours étendue pour secourir celui qui est faible et délaissé – ce même Dieu détourne sa face quand son Fils crie à lui et ne répond pas à sa prière instante.
Nous sommes en présence d’un événement mystérieux. Qui peut mesurer sa portée? Il contient en quelque sorte la substance de l’évangile, et constitue le fondement du christianisme. C’est dans la mesure où nous serons occupés des gloires de Celui qui prononçait ces paroles, où nous méditerons sur ce que cette personne est en elle-même, et pour Dieu, que nous prendrons conscience de la profondeur infinie de cette question. Et plus nous considérerons ce Dieu à qui cette question a été posée — plus nous apprendrons à connaître se caractère et ce qu’il a fait —, plus aussi nous comprendrons la valeur et la force de sa réponse.
Mais pour quelle raison Dieu abandonna-t-il son bien-aimé? Pourquoi? Le savons-nous pour nous-mêmes personnellement? Pouvons-nous dire de tout cœur: «Nous savons, je sais, pourquoi Dieu a abandonné le Seigneur de gloire. C’est parce qu’il se tenait à notre place, prenant sur lui tous nos péchés, oui, il a été fait péché pour nous. Toute notre culpabilité a été placée sur lui, et Dieu a jugé notre cas dans la personne de notre substitut».
Le Saint Esprit nous a-t-il appris ces choses? Avons-nous accepté avec une foi simple ces vérités consignées dans la parole de Dieu? S’il en est ainsi, une paix inébranlable, qui ne peut plus être troublée par aucune puissance ennemie, remplit notre cœur. Dans le cas contraire, l’âme ne pourra connaître et goûter cette paix aussi longtemps qu’elle ne sait pas que Dieu lui-même a réglé à la croix toute la question du péché et des péchés. Dieu savait à l’avance ce qui était nécessaire, et il y a pourvu.
Dieu et le péché se sont rencontrés à la croix. Le péché a été jugé et ôté. Les vagues et les flots de la colère de Dieu ont atteint celui qui portait les péchés; il a été mis dans la poussière de la mort. Dieu a traité le péché selon les exigences inflexibles de sa nature et de son trône, et maintenant, celui qui avait été fait péché et qui a été jugé à notre place est assis à la droite de la majesté de Dieu, couronné de gloire et d’honneur. Sa séance à cette place et la couronne qu’il porte, sont précisément la preuve que le péché est à jamais ôté.
Mais dans la réponse au «pourquoi» du Seigneur abandonné à la croix, nous pouvons aussi trouver une douce pensée: l’amour merveilleux de Dieu envers des pécheurs misérables. Non seulement cet amour le poussa à donner son Fils bien-aimé, mais aussi à le meurtrir à Golgotha: «Il plut à l’Éternel de le meurtrir; il l’a soumis à la souffrance» (Ésaïe 53: 10). Pourquoi? Parce que Dieu voulait nous épargner. Il n’y avait que deux possibilités pour nous: soit nous subissions les peines éternelles (le ver qui ne meurt pas, le feu qui ne s’éteint pas), soit notre substitut devait vider la coupe de la colère de Dieu contre le péché. Dieu soit béni, le Fils de Dieu a accompli l’œuvre de la rédemption et occupe maintenant la place suprême dans la gloire. Une place avec lui est prête pour tous ceux qui croient en lui dans leur cœur.

Traduit de l’allemand

Pierre, icône de l’humanité qui cherche et trouve – Mgr Fisichella présente l’exposition « le chemin de Pierre »

5 février, 2013

http://www.zenit.org/fr/articles/pierre-icone-de-l-humanite-qui-cherche-et-trouve

Pierre, icône de l’humanité qui cherche et trouve

Mgr Fisichella présente l’exposition « le chemin de Pierre »

Rome, 5 février 2013 (Zenit.org). Anne Kurian | 1 clic

« Pierre est l’icône de l’humanité qui cherche et trouve, et qui après avoir trouvé, suit », déclare Mgr Fisichella.

Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, le P. Alessio Geretti, directeur de l’exposition et Mme Daniela Porro, conservateur au Pôle des musées romains, présentaient ce matin, 5 février, l’exposition « le chemin de Pierre » organisée du 7 février au 1er mai 2013 au Musée national du Château Saint-Ange à Rome.
L’exposition, qui sera inaugurée demain, 6 février 2013, par le cardinal Secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone, est dédiée aux évènements liés à la foi de l’apôtre Pierre, dans le cadre de l’Année de la foi.
Les oeuvres d’art exposées proviennent de neuf pays européens, et sont datées du IV-Ve siècle jusqu’au XXe. Pour Mgr Fisichella, c’est une exposition « qui présente déjà tous les signes pour être grande et historique ».
Pierre, icône de l’humanité
Cette exposition souligne « le caractère culturel de la foi », explique-t-il, et elle entend répondre au « moment culturel actuel » caractérisé par des « contradictions » : d’une part, « un sens général de lassitude et d’indifférence qui touche aussi la foi » mais aussi « un enthousiasme excessif à l’égard du progrès scientifique et des nouvelles formes de vie » et enfin la « croissance du désir de jouir, soit de la beauté de la nature, soit des œuvres d’art ».
Mais dans tout cela, « heureusement », Mgr Fisichella constate une « recherche de quelque chose de plus important et de plus profond », l’âme étant « mue par le désir de connaître et d’admirer » : l’homme est « poussé à la recherche d’une contemplation de la beauté qui ne peut être éphémère », beauté qui se retrouve dans la culture, qui au cours des siècles suscite toujours un « émerveillement pour le génie de l’artiste », s’appuyant sur « sa foi et sa capacité interprétative ».
Cette exposition est donc organisée pour soutenir cette recherche et « donner voix à la nostalgie de Dieu », souvent latente chez l’homme.
Elle se présente, précise Mgr Fisichella, comme « un parcours dans les siècles » pour entrer dans la connaissance d’un personnage dont le mystère « a toujours provoqué l’esprit des artistes », depuis « le premier jour où Jésus de Nazareth est entré dans la vie de Simon, le fils de Jonas, en l’appelant à le suivre avec la promesse qu’il ferait de lui un pêcheur d’hommes », jusqu’au jour où « il fut capable de donner sa vie comme témoignage véridique au Christ Jésus crucifié, vivant et ressuscité ».
Pour l’archevêque, « Pierre est l’icône de l’humanité qui cherche et trouve, et qui après avoir trouvé, suit ». Et si Pierre est aussi « faible et traitre », il sait cependant « demander pardon ».
« Mu par l’amour, par une expérience unique et bouleversante, il laisse tout pour annoncer au monde le mystère de la résurrection », ajoute Mgr Fisichella, qui rend hommage à ce « vrai chemin de foi qui ne connaît pas de répit » et que les artistes « ont su saisir et exprimer avec leur génie propre ».
La provocation de l’art
Cette exposition est « un chemin pour croitre dans la foi », mais aussi une « provocation », un appel à percevoir « l’exigence de croire comme réponse à la demande de sens posée par la vie », estime l’archevêque.
En effet, « l’art véritable sait comment provoquer », ajoute-t-il, et dans ce cadre il est plus bénéfique qu’un flot de paroles qui peut parfois « forcer la main » et même « rendre le message vain ».
« Devant l’œuvre d’art, croyants et non croyants ont des réactions diverses, mais la beauté exprimée appelle les uns et les autres à l’écoute d’un message qui peut être reçu dans le silence de la contemplation », poursuit Mgr Fisichella.
L’exposition est réalisée dans « un espace ouvert », non pas confiné au religieux, « où tous peuvent accéder sans préjugés, pour le seul intérêt artistique ». Ensuite, « chacun est renvoyé à soi-même dans la responsabilité de répondre aux questions du coeur et de l’esprit ».
L’archevêque souhaite pour conclure que les visiteurs soient « attentifs à accueillir le message de ces œuvres », pour ensuite « franchir le chemin du château Saint-Ange jusqu’à Saint-Pierre, à la tombe de l’apôtre, pour rendre grâce à un témoignage si fort et incisif », qui est resté dans les siècles comme un « engagement à transmettre » pour les croyants.

( 5 février 2013)

Holy Mary

4 février, 2013

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http://onthesideoftheangels.blogspot.it/2007_10_01_archive.html

LA PROMESSE. « MES YEUX DEVANCENT LA FIN DE LA NUIT POUR MÉDITER SUR TA PROMESSE » – JEAN-MARIE LUSTIGER

4 février, 2013

http://www.esprit-et-vie.com/article.php3?id_article=275&var_recherche=Lustiger

JEAN-MARIE LUSTIGER

LA PROMESSE. « MES YEUX DEVANCENT LA FIN DE LA NUIT POUR MÉDITER SUR TA PROMESSE »

SR CÉCILE RASTOIN, O.C.D.

PARIS, ÉD. PAROLE ET SILENCE, COLL. « ESSAIS DE L’ÉCOLE CATHÉDRALE », 2002. -

ESPRIT & VIE N°75 / FÉVRIER 2003 – 1E QUINZAINE, P. 7-9.

La promesse : « Mes yeux devancent la fin de la nuit pour méditer sur ta promesse (Ps 119, 148) ». Reprenant les mots du psalmiste, l’auteur s’adresse au Dieu d’Israël pour lui confier son espérance. C’est en lui seul que l’on peut trouver le courage d’aborder le mystère d’Israël : « Je sais le risque que je prends en mettant ces propos à la disposition de tous. Certains passages pourront paraître excessifs ou parfois déconcertants à des lecteurs juifs, et d’autres, déconcertants ou parfois excessifs à des lecteurs catholiques. Que les uns et les autres m’accordent le crédit de la bonne foi, dans le service de la Parole de Dieu livrée aux hommes pour le bonheur et le salut de tous » (Introduction, p. 9-10).

1. MYSTÈRE D’ISRAËL AU CŒUR DE LA RÉALITÉ CHRÉTIENNE
La première partie de l’ouvrage est une méditation prêchée à des moniales, où le P. Jean-Marie LUSTIGER, alors jeune prêtre du diocèse de Paris, prie à haute voix l’évangile de saint Matthieu. Nous sommes en 1979 et les moines du Bec- Hellouin viennent de commencer la fondation d’Abu Gosh. Il s’agit de conduire les moniales, qui les soutiennent par leur prière, à pénétrer l’enjeu de l’événement et approfondir le mystère d’Israël. Le choix de l’évangile de Matthieu n’est pas un hasard : le plus visiblement pétri des Écritures [d'Israël !], il manifeste aussi que l’Église est « le peuple de l’Alliance destiné à ouvrir aux païens la richesse d’Israël en attendant sa venue [du Messie] dans la gloire » (p. 106). À travers les pages d’évangile se déploie le grand midrash sur l’appel lancé aux juifs et aux païens à suivre Jésus, le Messie. Les bergers et les mages dans leur consentement, les scribes et Hérode en leur opposition manifestent que les deux grandes catégories de l’histoire du salut (p. 119) que sont les juifs et les païens semblent éclater en présence de Jésus de Nazareth…
« Dieu n’est pas adultère en ce sens qu’il est absolument fidèle à son Alliance » (p. 36). L’Alliance avec Israël est irrévocable ; en douter est blasphématoire car cela reviendrait à mettre en doute la fidélité de Dieu. « La réponse de Jésus [sur l'indissolubilité du mariage] vise l’Alliance de Dieu et de son peuple : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. » Elle s’applique donc à Israël et à l’indissolubilité de la promesse » (p. 19). Cette reconnaissance de la permanence de l’Alliance d’Israël est donc la première condition exigée des païens pour pouvoir être greffés sur la promesse. Et « les païens n’entreront dans l’histoire du salut que s’ils font de cette histoire [d'Israël] leur propre histoire » (p. 48). Ils ont alors accès aux « richesses d’Israël » : l’histoire sainte, la Loi de Dieu, la Parole inspirée, la prière d’Israël, la terre, le règne, la rédemption, la repentance… Chasser les marchands du Temple, du parvis des païens, c’est d’abord pour le Christ une manière d’annoncer que le parvis des païens est désormais soumis aux mêmes exigences de sainteté que le parvis des juifs, c’est annoncer par un geste prophétique l’entrée des païens dans l’Alliance (p. 149).
Il n’y a pas rejet d’Israël de la part de Dieu, ni substitution de l’Église de Jésus au peuple d’Israël (voir p. 131). « Il n’y a pas substitution mais agrégation » (p. 132). Tel est le signe de Jonas proposé aux juifs : voir les païens entrer dans l’Alliance. Que ce signe n’ait pas été « lu » par tout le peuple juif, mais seulement par une partie, les juifs devenus disciples de Jésus, donne à réfléchir et conduit à un sérieux examen de conscience de la part des « pagano-chrétiens ».

2. UNE HISTOIRE QUI FAIT PLEURER RACHEL
La méditation du P. J.-M. LUSTIGER rejoint ici l’histoire en ce qu’elle a de plus douloureux. La grande fracture, au-delà des polémiques initiales, est sans doute l’extinction de l’Église de Jérusalem, qui représentait justement l’Église issue de la circoncision. L’Église, en devenant quasi exclusivement pagano-chrétienne (et qui plus est religion d’État !), devenait plus vulnérable encore à la tentation de rejeter Israël et de s’accaparer par la violence ce qui lui était offert dans la gratuité de la miséricorde de Dieu. « L’Église, là où elle s’est pratiquement identifiée à un pagano-christianisme, voit celui-ci s’effondrer sous ses propres critiques et perd de vue sa propre identité chrétienne. La raison qui l’explique en partie est qu’elle s’est coupée de ses racines juives… » (p. 80). On retrouve déjà ici la pensée du futur cardinal sur l’évolution de la civilisation occidentale et de la philosophie des Lumières [1].
Le midrash de Matthieu nous propose son éclairage cru et dense sur cette histoire douloureuse : la mort des enfants de Bethléem et les pleurs de Rachel. « Si Rachel refuse le Consolateur, c’est à cause du péché des païens, sa douleur est trop grande. Elle masque jusqu’à son espérance et elle ne peut reconnaître, dans le massacre de ses fils qu’elle pleure, l’espérance du Consolateur qui cependant lui est donné » (p. 53). Méditant sur l’histoire à la suite de Matthieu, l’auteur explicite comment l’hostilité des pagano-chrétiens a empêché une grande partie d’Israël de reconnaître son Messie, et que ce refus par les seconds a exacerbé l’hostilité des premiers. Boucle mortelle de haine et d’incompréhension dont la Shoah fut, sans doute, comme le paroxysme, mais aussi peut-être la fin en réveillant la conscience chrétienne.
Le P. Jean-Marie LUSTIGER, s’aventurant dans la prière aux frontières de l’indicible, trouve des accents proprement juifs pour marquer les limites de la parole, quand le respect impose silence : « Nous ne pouvons méditer sur Israël à la place de celui-ci ; nous devons méditer sur nous-mêmes, à notre place » (p. 127). « Même pour Israël, sa propre souffrance est une énigme. Le chrétien ne peut la lui expliquer ; il ne peut que faire comme le Christ qui entre dans le silence de sa Passion. Le Christ n’explique pas sa Passion ; il l’annonce et il y entre en se taisant » (p. 75). Le chrétien est alors acculé à prier au pied de la croix, « prier à la fois pour que les péchés soient pardonnés et pour que cette Passion trouve son sens. C’est un immense secret, qui ne peut être partagé que par ceux qui acceptent de porter le même poids. Mais il ne faut pas chercher à consoler Rachel » (p. 64). Le P. LUSTIGER retrouve ici presque littéralement les mots d’une fille d’Israël disciple de Jésus, sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, qui, devenue carmélite, mourut à Auschwitz en 1942 [2].

3. UNE PROMESSE PLUS GRANDE QUE LE CŒUR DE L’HOMME
Paradoxalement, c’est dans la souffrance d’Israël, persécuté au nom de son rejet de Jésus, que transparaît le visage du serviteur souffrant, indissociablement figure d’un peuple-serviteur et d’un homme-serviteur. Le peuple juif en son histoire dit à la conscience chrétienne quelque chose du Christ humilié et souffrant pour nos péchés : « Si l’on a osé parler de déicide à propos d’Israël et du Christ, il faudrait parler de déicide à propos des peuples dits chrétiens d’Occident et du sort qu’ils ont réservé au peuple juif » (p. 76). « Les pagano-chrétiens ont tué les juifs sous le prétexte que ceux-ci ont tué le Christ ; ce qui est blasphème manifeste, révélation claire que c’est l’esprit du monde et non pas l’esprit du Christ qui les animait » (p. 76). On pourrait aussi mentionner la contagion d’aveuglement qui a saisi aussi de nombreux juifs devenus chrétiens, et antisémites, au cours de l’histoire, même si l’auteur ne s’étend pas sur ce point.
La conclusion, toute paulinienne, reprend l’épître aux Romains (voir p. 157) : nous avons tous besoin d’un salut offert en toute gratuité. Tous, le fils aîné comme le fils prodigue. Le fils aîné peut accueillir le salut dans la mesure où il accepte ce cadet pécheur, gracié sans mérite de sa part ; et le cadet peut entrer dans la joie de son Père par son humilité, en reconnaissant que seul l’aîné avait encore le droit d’être appelé fils (voir p. 139). N’est-ce pas la promesse, cette joie partagée des fils enfin réunis dans la maison de leur Père prodigue ? Et l’espérance partagée d’une terre nouvelle, sans pleurs ni souffrances, n’est-elle pas déjà promesse ?
La repentance de la conscience pagano-chrétienne face aux juifs, que Jean-Marie LUSTIGER appelle de ses vœux, en 1979, a commencé à s’accomplir en acte sous l’impulsion du pape, dans la grâce jubilaire. Mais il faut encore qu’elle pénètre tout le corps de l’Église, qu’elle évangélise en profondeur les cœurs. L’Église prend conscience qu’elle ne saurait être vraiment « catholique » si elle se coupe de ses racines juives, qu’elle défigure le Christ et l’outrage quand elle dénie le droit d’exister au peuple juif. Les textes de la deuxième partie du livre ont été prononcés en 2002 devant des interlocuteurs juifs, à Tel-Aviv, Paris, Bruxelles et Washington. Les lieux ne sont pas sans importance. La reconnaissance de l’État d’Israël par le Vatican, dont le P. LUSTIGER parle en 1979, s’est produite, non sans manifester d’une manière toute nouvelle la complexité de la condition juive, l’enchevêtrement humainement inextricable des conflits, des droits et des torts. Le cardinal LUSTIGER peut en parler ouvertement à Washington devant le Congrès juif mondial, pour la simple raison qu’il peut dire « nous » : « Nous sommes un peuple différent des Nations, parce que formé par Dieu pour le servir ; et nous sommes une Nation semblable aux autres, lorsqu’elle réclame roi et pouvoir comme les autres nations du monde » (p. 211). Chacun est renvoyé à sa propre responsabilité, et non pas à celle de l’autre ! Il y a deux paraboles : la parabole des talents et celle du jugement entre brebis et boucs. Selon la parabole des talents, qui concerne Israël, ce dernier sera jugé sur la manière dont il aura géré les dons irrévocables de son Maître, apparemment absent de la scène de l’histoire ; et viendra aussi le jugement des nations païennes, quand elles découvriront Dieu au dernier jour et seront jugées sur leur relation à autrui.
Mais ces deux catégories de l’histoire du salut, juifs et païens, ont justement éclaté depuis la mort de Jésus de Nazareth : les chrétiens forment l’assemblée messianique composée de juifs et de païens, qui ont reçu la mission de suivre le Christ jusqu’au bout (voir p. 66-67).
Ce livre, qui explore une déchirure énigmatique, porte aussi une espérance immense : si la résurrection de l’Église de Jérusalem porte déjà de tels fruits, que sera-ce à la fin des temps lorsque ceux, qui furent mis à l’écart, seront admis et à nouveau greffés sur leur propre olivier ?… Ô abîme de la sagesse et de la science de Dieu ! À lui soit la gloire éternellement [3] !
[1] Voir, entre autres, Osez croire, osez vivre, Paris, Éd. du Centurion, 1985, et Le choix de Dieu, Paris, Éd. de Fallois, 1987.
[2] Edith Stein écrit en 1933 :« Je parlais avec le Sauveur et lui dis que je savais que c’était sa croix dont était maintenant chargé le peuple juif. La plupart ne le comprendraient pas ; mais ceux qui le comprendraient devaient la prendre sur eux de plein gré au nom de tous » (Vie d’une famille juive, Éd. du Cerf-Ad Solem, 2001, p. 492). Le P. Lustiger conclut de même sa méditation douloureuse : « La vocation chrétienne, au sens le plus fondamental et le plus rigoureux du mot, trouve là une signification d’une force extrême : prendre part à la Passion du Christ qui porte la souffrance de son peuple et travaille à la rédemption du monde » (p. 79).
[3] Voir Rm 11.

LE DÉSERT, LIEU DE LA RENCONTRE: GN 21, 14-20

4 février, 2013

http://www.eleves.ens.fr/aumonerie/numeros_en_ligne/careme99/sebastien.html

LE DÉSERT, LIEU DE LA RENCONTRE

GN 21, 14-20

SÉBASTIEN FAGART

Le désert1 apparaît bien des fois dans la Bible. Ses symboles sont variés : lieu de l’épreuve2, du refuge3, de la providence divine4, de l’alliance5, il est peut-être d’abord et à travers tout cela le lieu de la Rencontre. Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette terre de solitude absolue est expérimentée par le peuple juif comme la terre des deux grandes rencontres, indissolubles : celle que l’on fait avec soi-même et celle que l’on fait avec Dieu.
J’ai été touché en relisant la rencontre d’Agar avec l’ange de Dieu, au chapitre 21 de la Genèse. Dans l’Ecriture, il y a la terre promise et il y a le désert. Il y a Sarah et il y a Agar. On se met toujours du côté de Sarah : c’est elle qui a donné la vie à Isaac et par lui à Israël. C’est elle, dira saint Paul, qui incarne la promesse, la Jérusalem d’en haut6. Mais le Seigneur laisse aussi une place à Agar dans l’histoire qui l’unit au peuple hébreu. Agar, à mon sens, est une bonne guide pour entrer dans le désert, car elle figure ce moment aride qu’a connu Abraham avant de recevoir par Sarah la plénitude de la promesse.
Isaac est né : Agar n’a plus rien à faire auprès d’Abraham et de Sarah. La promesse est réalisée : elle et son fils Ismaël ne peuvent que menacer son accomplissement. Abraham la chasse, avec pour seuls vivres du pain et une outre d’eau. Le désert est toujours un arrachement. Agar a connu l’abondance de la maison d’Abraham, elle va à présent connaître le jeûne. Elle vit son exil, son « Exode ». Qui d’entre nous n’a pas connu ce détachement, cette séparation qui est le prélude à toute grande découverte ? Quitter son pays, ses préjugés, le terrain ferme et solide qui nous rassure, notre famille, nos amis peut-être ? Il faut souvent cela, à un moment ou à un autre, pour grandir. Mais qui de nous l’a fait de lui-même ? Agar est chassée par Abraham. Pour vivre cette expérience difficile du désert, il faut bien souvent être poussé, contraint. Le désert, comme les souffrances qui précèdent l’accouchement, rend indispensable la présence de sages-femmes. Ces personnes qui nous aiment vraiment, parce qu’elles ne souhaitent pas nous éviter les difficultés de la vie, nous « rassurer » avec la mièvrerie que revêt souvent l’indifférence, mais qui veulent d’abord nous faire grandir, que ce soit dans l’épreuve ou dans le plaisir. On peut douter des intentions d’Abraham vis-à-vis d’Agar7. Mais ce qui est sûr, c’est que Dieu en a fait bon gré mal gré l’auxiliaire de son dessein.
Agar s’en va errer au désert de Bersabéee. Elle est renvoyée devant elle-même, son histoire, son péché. Qu’elle a dû regretter à ce moment d’avoir irrité Sarah par son mépris ! Chacun de nous a besoin de ce temps difficile pour prendre conscience de son péché. Cela ne veut pas dire que Dieu nous punit. Mais le fruit de nos propres actions nous ouvre les yeux. Il a fallu l’exil de 587 avant Jésus-Christ pour que les derniers rédacteurs du Pentateuque, de tradition sacerdotale8, puissent relire dans le passé d’Israël ses infidélités.
L’outre que tient Agar, et dont l’eau s’épuise bien vite, ce sont les provisions qu’elle a faites pour son départ. Agar croit encore pouvoir s’en sortir par elle-même, par ce qu’elle possède. Mais il est un moment où tout lâche, même ce sur quoi on pensait pouvoir toujours s’appuyer. L’enfant d’Agar, c’est peut-être l’avenir qu’elle rêvait, son ambition : Ismaël succéderait à Abraham, héritant de toutes ses richesses. Elle, d’esclave qu’elle était, deviendrait une femme honorée, supplanterait sa maîtresse Sarah… Bon nombre de péchés, de jalousies, d’ambitions mal placées trouvent leur source dans une humiliation première. Saül lui-même ne pourchasse-t-il pas David parce qu’il entend dire : « Saül a tué ses milliers, et David ses myriades »9 ? Son enfant, Agar le jette sous un buisson et se met à crier et à pleurer : elle se résout à vivre à l’abandon. Elle remet son avenir entre les mains de Dieu. Dans tout cri, dans tout pleur, il y a un espoir, celui d’être entendu. Un bébé crierait-il s’il n’espérait la consolation maternelle ? Il en est de même pour nous. Je me souviens avoir pleuré il y a quatre ans, pour la première fois depuis mon enfance. C’était le moment où je croyais avoir le moins d’espoir, où je me croyais le plus abandonné (je vivais de gros doutes, une grande solitude), et en réalité l’un de ceux où la grâce a le plus opéré en moi. Il ne s’agit pas de devenir pleurnichardŠ, mais accepter parfois de pleurer, quel merveilleux chemin de paix et d’humilité ! Ce n’est pas pour rien que saint Ignace parle du « don des larmes ». Et dire qu’il y a des gens qui ne pleurent jamais ! Ils ne savent pas que, quand nous pleurons, le Seigneur pleure avec nous.
Dieu a entendu les cris. Comme il entend les pleurs de son peuple opprimé en Egypte10, il entend ceux d’Agar et son enfant. « Qu’as-tu, Agar ? », demande le Seigneur par la voix de son ange. Dieu commence toujours par interroger l’homme. On voudrait d’un dieu qui réponde à nos questions, un Jupiter qui vous explique le pourquoi de la foudre. Un dieu qui bouche vos lacunes, et qu’on pourrait cantonner dans l’avant-Big Bang. Un dieu qui se désintéresse des hommes, et les laisse vivre un tiède épicurisme. Mais l’Unique, le Saint d’Israël n’est pas de ceux-là : il interroge l’homme. C’est lui qui pose les questions. Il nous appelle à dire en vérité le point où nous en sommes, nos faiblesses, nos doutes, nos angoisses : à rentrer en nous-mêmes. Marie et Joseph cherchent Jésus longtemps avant de le retrouver dans le temple, discutant avec les docteurs11. Catherine de Sienne explique que ce temple est la cellule de notre coeur, et c’est en elle que, nous éloignant du brouhaha du monde, nous trouverons la dicrète présence de Dieu. C’est dans ce désert intérieur et extérieur que la mère d’Ismaël entend le Seigneur lui dire : « Qu’as-tu, Agar ? » Mais il ne se contente pas d’interroger, d’écouter ce que nous sommes : il nous console. « Ne crains pas » : il s’agit de l’expression la plus fréquemment employée dans la Bible. Dieu appelle l’homme à la confiance. Encore faut-il que l’homme reconnaisse sa peur, rentre en lui-même au lieu de se rassurer lui-même vainement avec les moyens qu’offre le monde. Encore faut-il avoir le « Courage d’avoir peur »12. C’est alors qu’on peut se laisser consoler, envelopper de la paix qui vient du Ciel, plus douce que toute paix humaine parce qu’elle ne nie pas, mais vient féconder notre angoisse. Quand Dieu nous dit « Ne crains pas », nous pouvons, comme Pierre, marcher sur les eaux13 !
Car la paix d’en haut a cela de particulier, qu’elle ne nous renferme pas sur nous-mêmes, sur une quelconque ataraxie, une fausse extase qui nous retirerait du monde de l’action. Au contraire, elle nous pousse en avant, nous propulse dans le réel. « Debout ! » dit le Seigneur à Agar. « Soulève le petit et tiens-le ferme, car j’en ferai une grande nation ». Lorsque nous avons accepté de nous mettre à genoux devant lui, il nous relève. C’est toute l’Histoire Sainte : celle d’une humanité qui apprend peu à peu à adorer son Dieu pour se laisser relever, restaurer, diviniser une fois pour toutes dans le Christ. « Dieu veut l’homme debout », dit saint Irénée. La paix de Dieu nous engage parce qu’elle s’ouvre toujours sur une promesse. Dans l’Ancien Testament, toujours concret, la promesse s’incarne dans la postérité – ici, celle d’Ismaël. Mais Dieu nous promet bien plus : la vie éternelle, le bonheur, la vocation à laquelle il nous appelle et que nous découvrons jour après jour. Agar a entendu cet appel : le Seigneur « dessille » ses yeux et elle aperçoit un puits. A la différence d’une quelconque idéologie ou système clos de pensée, la foi ne pose pas une grille d’interprétation sur le monde. Elle ne cache pas ce qui gêne pour ne laisser en lumière que ce qui plaît. La foi nous ouvre au contraire les yeux : elle nous permet de regarder sans crainte ce qui est. Ecouter Dieu, ce n’est pas obstruer le mystère, mais accepter de s’ouvrir à ce mystère avec la certitude que Quelqu’un nous y attend. Lorsque nous fixons les yeux sur nous-mêmes, sur nos peurs, nos révoltes, nos plaisirs, nous ne pouvons pas voir, dans le désert, ce puits qui se cache. Mais lorsque nous sommes à l’écoute de Dieu, nous pouvons constater le mal qui sévit sur terre et y voir surgir la Source de Vie. Mère Teresa n’est pas de celles qui se ferment les yeux pour inventer un monde où « tout le monde il est bon, tout le monde il est gentil » : elle a quitté toute sécurité matérielle ou spirituelle pour le désert de la pauvreté et de la maladie. Et c’est dans ce désert de Calcutta, dans le visage de ses frères souffrants, qu’elle a trouvé la source de la vraie joie. Les pauvres, ce sont le Christ dont nous avons une si grande soif. « Nos voisins sont toujours visibles, et nous pouvons faire pour eux ce que, si le Christ était visible, nous aimerions faire pour lui14 « .
Et Dieu fut avec eux… Quand l’Esprit nous mène au désert15, ce n’est pas pour nous « couper les vivres », mais pour que nous rencontrions Celui qui nous appelle sans cesse. Le désert n’est pas pour toute la vie : il est un passage béni de la vie spirituelle. Dieu permet l’hiver pour nous faire connaître la joie du printemps. Il nous émonde pour nous faire fructifier, nous désencombre pour mieux nous combler. De temps à autre, il nous rencontre seul à seul pour que nous puissions, à chaque instant, le rencontrer dans le monde qui nous entoure.

S.F.

PAPE BENOÎT: ANGÉLUS: AMOUR ET VÉRITÉ, DEUX NOMS DE DIEU

4 février, 2013

http://www.zenit.org/article-33357?l=french

ANGÉLUS: AMOUR ET VÉRITÉ, DEUX NOMS DE DIEU

Benoît XVI commente l’évangile du 3 février 2013

Benoît XVI
ROME, Sunday 3 February 2013 (Zenit.org).
« Amour et vérité sont les deux noms de la même réalité, deux noms de Dieu », explique Benoît XVI qui a commenté, avant l’angélus de midi, ce dimanche 3 février, place Saint-Pierre, l’évangile du jour : Jésus à Nazareth.
Paroles de Benoît XVI en italien avant l’angélus :
Cher frères et sœurs,
L’évangile d’aujourd’hui – tiré du chapitre 4 de saint Luc – est dans le prolongement de celui de dimanche dernier. Nous nous trouvons encore dans la synagogue de Nazareth, le village où Jésus a grandi et où tous les connaissent lui et sa famille. Or, après une période d’absence, il revient de façon nouvelle : au cours de la liturgie du sabbat, il lit une prophétie d’Isaïe sur le Messie, et il en annonce l’accomplissement, laissant entendre que cette parole de réfère à Lui.
Ce fait suscite l’étonnement des Nazaréens : d’une part, « tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche » (Lc 4, 22). Saint Marc rapporte que beaucoup disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée ? » (Mc 6, 2). Mais d’autre part, ses concitoyens le connaissent trop bien : « C’est quelqu’un comme nous, disent-ils. Sa prétention ne peut être que présomption » (L’Enfance de Jésus, 11). « N’est-il pas le fils de Joseph ? » (Lc 4, 22), cela revient à dire : quelles aspirations peut bien avoir un charpentier de Nazareth ?
Justement parce qu’il connaît cette fermeture, qui confirme le proverbe « personne n’est prophète en son pays », dans la synagogue Jésus adresse aux gens des paroles qui résonnent comme une provocation. Il cite deux miracles accomplis par les grands prophètes Elie et Elysée en faveur de personnes qui n’étaient pas des Israélites, pour démontrer qu’il arrive qu’il y ait davantage de foi en dehors d’Israël. A ce moment-là, la réaction est unanime : tous se lèvent et le chassent, et ils cherchent même à le jeter du haut d’un précipice, mais Lui, avec un calme souverain, passe au milieu de la foule furieuse et il s’en va.
On se demande spontanément à ce moment-là : comment Jésus a-t-il pu vouloir cette rupture ? Au commencement, les gens l’admiraient, et il aurait peut-être pu obtenir une certaine approbation… Mais justement, voilà le point : Jésus n’est pas venu pour chercher l’approbation des hommes mais, comme il le dira à la fin à Pilate, pour « rendre témoignage à la vérité » (Jn 18, 37). Le vrai prophète n’obéit à personne d’autre qu’à Dieu et il se met au service de la vérité, prêt à payer de sa personne. Il est vrai que Jésus est le prophète de l’amour, mais aussi l’amour a sa vérité. Et même, amour et vérité sont les deux noms de la même réalité, deux noms de Dieu.
Dans la liturgie d’aujourd’hui résonnent aussi ces paroles de saint Paul : « L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai » (1 Co 13, 4-6). Croire en Dieu signifie renoncer à ses préjugés et accueillir le visage concret par lequel il s’est révélé : l’homme Jésus de Nazareth. Et cette voie conduit aussi à le reconnaître et à le servir dans les autres.
L’attitude de Marie est éclairante à ce propos. Qui plus qu’elle a été familier de l’humanité de Jésus ? Mais elle n’en a jamais été scandalisée comme ses concitoyens de Nazareth. Elle conservait le mystère en son cœur et elle a su l’accueillir toujours davantage et toujours à nouveau, sur le chemin de la foi, jusqu’à la nuit de la croix et à la pleine lumière de la résurrection. Que Marie nous aide nous aussi à marcher avec fidélité et avec joie sur ce chemin.

Traduction de Zenit : Anita Bourdin

St. Paul The Apostle

1 février, 2013

St. Paul The Apostle dans images sacrée 06015_st_paul_apostle_360x723

http://www.iconsexplained.com/iec/byz_ann_chapin.htm

 

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