Archive pour le 28 février, 2013

17h30 environ, le pape de Rome en hélicoptère à Castel Gandolfo

28 février, 2013

17h30 environ, le pape de Rome en hélicoptère à Castel Gandolfo dans images sacrée 182244499-0832d082-8942-46ad-9e73-536d87e5e442-290x300

par le quotidien « La Repubblica »

PAPE BENOÎT XVI: L’ANNÉE DE LA FOI. LES CHEMINS QUI CONDUISENT À LA CONNAISSANCE DE DIEU – j’ai choisi une catéchèse…

28 février, 2013

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2012/documents/hf_ben-xvi_aud_20121114_fr.html

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

SALLE PAUL VI

MERCREDI 14 NOVEMBRE 2012

L’ANNÉE DE LA FOI. LES CHEMINS QUI CONDUISENT À LA CONNAISSANCE DE DIEU

(j’ai choisi une catéchèse du Pape à être proche de celui qui se prépare à affronter un chemin différent dans le silence et la prière )

Chers frères et sœurs,

Mercredi dernier, nous avons réfléchi sur le désir de Dieu que l’être humain porte au plus profond de lui-même. Aujourd’hui, je voudrais continuer à approfondir cet aspect en méditant brièvement avec vous sur certaines voies pour arriver à la connaissance de Dieu. Je voudrais rappeler, toutefois, que l’initiative de Dieu précède toujours toute initiative de l’homme, et, même en chemin vers Lui, c’est Lui le premier qui nous éclaire, nous oriente et nous guide, en respectant toujours notre liberté. Et c’est toujours Lui qui nous fait entrer dans son intimité, en se révélant et en nous donnant la grâce pour pouvoir accueillir cette révélation dans la foi. N’oublions jamais l’expérience de saint Augustin : ce n’est pas nous qui possédons la Vérité après l’avoir cherchée, mais c’est la Vérité qui nous cherche et nous possède.
Toutefois, il existe des voies qui peuvent ouvrir le cœur de l’homme à la connaissance de Dieu, il existe des signes qui conduisent vers Dieu. Certes, nous risquons souvent d’être aveuglés par les miroitements de la vie du monde, qui nous rendent moins capables de parcourir ces voies ou de lire ces signes. Mais Dieu ne se lasse jamais de nous chercher, il est fidèle à l’homme qu’il a créé et racheté, il reste proche de notre vie parce qu’il nous aime. Voilà une certitude qui doit nous accompagner chaque jour, même si certaines mentalités diffuses rendent plus difficiles à l’Eglise et au chrétien de transmettre la joie de l’Évangile à chaque créature et de conduire chacun à la rencontre avec Jésus, unique Sauveur du monde. Telle est, toutefois, notre mission, c’est la mission de l’Église et tout croyant doit la vivre joyeusement, en la ressentant comme sienne, à travers une existence vraiment animée par la foi, marquée par la charité, par le service à Dieu et aux autres, et capable de faire rayonner l’espérance. Cette mission resplendit surtout dans la sainteté à laquelle nous sommes tous appelés.
Aujourd’hui — nous le savons — les difficultés ne manquent pas ni les épreuves pour la foi, souvent peu comprise, contestée, refusée. Saint Pierre disait à ses chrétiens : «Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous » (1 Pt 3, 15). Par le passé, en Occident, dans une société considérée comme chrétienne, la foi était le milieu dans lequel elle évoluait; la référence et l’adhésion à Dieu étaient, pour la plupart des personnes, une partie de la vie quotidienne. C’était plutôt celui qui ne croyait pas qui devait justifier son incrédulité. Dans notre monde, la situation a changé et le croyant doit toujours davantage être capable de rendre raison de sa foi. Le bienheureux Jean-Paul II, dans l’encyclique Fides et ratio, soulignait combien la foi est encore mise à l’épreuve à l’époque contemporaine à travers des formes subtiles et captieuses d’athéisme théorique et pratique (cf. nn. 46-47). A partir du siècle des Lumières, la critique contre la religion s’est intensifiée ; l’histoire a été marquée par la présence de systèmes athées dans lesquels Dieu était considéré comme une pure projection de l’esprit humain, une illusion et le produit d’une société déjà faussée par tant d’aliénations. Le siècle dernier a ensuite connu un fort processus de sécularisme à l’enseigne de l’autonomie absolue de l’homme, considéré comme la mesure et l’artisan de la réalité, mais appauvri dans son identité de créature « à l’image et à la ressemblance de Dieu ». De nos jours s’est vérifié un phénomène particulièrement dangereux pour la foi: il y a en effet une forme d’athéisme que nous définissons, justement, « pratique », dans lequel les vérités de la foi ou les rites religieux ne sont pas niés, mais simplement ils sont jugés sans importance pour l’existence quotidienne, détachés de la vie, inutiles. Souvent, alors, on croit en Dieu de manière superficielle, et on vit « comme si Dieu n’existait pas » (etsi Deus non daretur). Mais à la fin, cette manière de vivre se révèle encore plus destructrice, parce qu’elle porte à l’indifférence envers la foi et envers la question de Dieu.
En réalité, l’homme, séparé de Dieu, est réduit à une seule dimension, celle horizontale, et ce réductionnisme est précisément l’une des causes fondamentales des totalitarismes qui ont eu des conséquences tragiques au siècle dernier, ainsi que de la crise de valeurs que nous voyons dans la réalité actuelle. En affaiblissant la référence à Dieu, on a également affaibli l’horizon éthique, pour laisser place au relativisme et à une conception ambiguë de la liberté, qui au lieu d’être libératrice, finit par lier l’homme à des idoles. Les tentations que Jésus a affrontées dans le désert avant sa mission publique, représentent bien ces « idoles » qui fascinent l’homme, lorsqu’il ne va pas au-delà de lui-même. Si Dieu perd son caractère central, l’homme perd sa juste place, il ne trouve plus sa place dans la création, dans les relations avec les autres. Ce que la sagesse antique évoque avec le mythe de Promothée n’a pas disparu : l’homme pense pouvoir devenir lui-même « dieu », patron de la vie et de la mort.
Face à cette situation, l’Église, fidèle au mandat du Christ, ne cesse d’affirmer la vérité sur l’homme et sur son destin. Le Concile Vatican ii affirme ainsi de façon synthétique : « L’aspect le plus sublime de la dignité humaine se trouve dans cette vocation de l’homme à communier avec Dieu. Cette invitation que Dieu adresse à l’homme de dialoguer avec Lui commence avec l’existence humaine. Car, si l’homme existe, c’est que Dieu l’a créé par amour et, par amour, ne cesse de lui donner l’être ; et l’homme ne vit pleinement selon la vérité que s’il reconnaît librement cet amour et s’abandonne à son Créateur » (Const. Gaudium et spes, n. 19).
Quelles réponses la foi est-elle alors appelée à donner, « avec douceur et respect» à l’athéisme, au scepticisme, à l’indifférence envers la dimension verticale, afin que l’homme de notre temps puisse continuer à s’interroger sur l’existence de Dieu et à parcourir les voies qui conduisent à Lui ? Je voudrais évoquer certaines voies, qui dérivent tant de la réflexion naturelle, que de la force même de la foi. Je voudrais les résumer de façon très synthétique en trois mots : le monde, l’homme, la foi.
Le premier mot : le monde. Saint Augustin, qui dans sa vie a longuement cherché la Vérité et a été saisi par la Vérité, a écrit une très belle et célèbre page, dans laquelle il affirme ceci : « Interroge la beauté de la terre, la beauté de la mer, la beauté de cette vaste et immense atmosphère, la beauté du ciel… interroge tout cela. Tout ne répond-il pas : Regarde, admire notre beauté ? Leur beauté même est une réponse. Or, qui a fait ces beautés muables, sinon l’immuable Beauté ? » (Sermon, 241, 2 : pl 38, 1134). Je pense que nous devons récupérer et faire récupérer à l’homme d’aujourd’hui la capacité de contempler la création, sa beauté, sa structure. Le monde n’est pas un magma informe, mais plus nous le connaissons, plus nous en découvrons les merveilleux mécanismes, plus nous voyons un dessein, nous voyons qu’il y a une intelligence créatrice. Albert Einstein disait que dans les lois de la nature « se révèle une raison si supérieure que toutes les pensées ingénieuses des hommes et leur agencement ne sont, en comparaison, qu’un reflet tout à fait futile » (Comment je vois le monde). Une première voie, donc, qui conduit à la découverte de Dieu consiste à contempler la création avec un regard attentif.
Le deuxième mot : l’homme. Saint Augustin, toujours lui, est l’auteur ensuite d’une phrase célèbre dans laquelle il dit que Dieu est davantage en moi que je ne le suis moi-même (cf. Confessions III, 6, 11). C’est pourquoi il formule l’invitation : « Ne va pas au dehors, cherche en toi-même ; la vérité réside dans l’homme intérieur » (De vera religione, 39, 72). Cela est un autre aspect que nous risquons de perdre de vue dans le monde bruyant et désordonné dans lequel nous vivons : la capacité de nous arrêter et de regarder en profondeur en nous-mêmes et de lire cette soif d’infini que nous portons à l’intérieur, qui nous pousse à aller au-delà et renvoie à Quelqu’un qui puisse la combler. Le Catéchisme de l’Église catholique affirme : « Avec son ouverture à la vérité et à la beauté, son sens du bien moral, sa liberté et la voix de sa conscience, son aspiration à l’infini et au bonheur, l’homme s’interroge sur l’existence de Dieu » (n. 33).
Le troisième mot: la foi. En particulier dans la réalité de notre temps, nous ne devons pas oublier qu’une voie qui conduit à la connaissance et à la rencontre avec Dieu est la vie de la foi. Celui qui croit est uni à Dieu, il est ouvert à sa grâce, à la force de la charité. Ainsi, son existence devient le témoignage non de lui-même, mais du Ressuscité, et sa foi n’a pas crainte de se montrer dans la vie quotidienne, elle est ouverte au dialogue qui exprime une amitié profonde pour le chemin de chaque homme, et sait allumer des lumières d’espérance au besoin de rachat, de bonheur, d’avenir. En effet, la foi est une rencontre avec Dieu qui parle et œuvre dans l’histoire et qui convertit notre vie quotidienne, en transformant en nous la mentalité, les jugements de valeur, les choix et les actions concrètes. Ce n’est pas une illusion, une fuite de la réalité, un refuge confortable, du sentimentalisme, mais une participation de toute la vie et l’annonce de l’Evangile, Bonne Nouvelle capable de libérer chaque homme. Un chrétien, une communauté qui sont actifs et fidèles au projet de Dieu qui nous a aimés le premier, constituent une voie privilégiée pour ceux qui sont dans l’indifférence ou dans le doute à propos de son existence et de son action. Mais cela demande à chacun de rendre toujours plus transparent son propre témoignage de foi, en purifiant sa vie afin qu’elle soit conforme au Christ. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui ont une conception limitée de la foi chrétienne, car ils l’identifient avec un simple système de croyances et de valeurs et pas tant avec la vérité de Dieu qui s’est révélé dans l’histoire, désireux de communiquer avec l’homme de manière personnelle, dans une relation d’amour avec lui. En réalité, comme fondement de chaque doctrine ou valeur, il y a l’événement de la rencontre entre l’homme et Dieu en Jésus Christ. Le christianisme, avant d’être une morale ou une éthique, est l’avènement de l’amour, est l’accueil de la personne de Jésus. C’est pourquoi le chrétien et les communautés chrétiennes doivent tout d’abord regarder et faire voir le Christ, véritable chemin qui conduit à Dieu.

PAPE BENOÎT XVI: L’EGLISE VIT, ELLE GRANDIT ET SE RÉVEILLE DANS LES ÂMES »

28 février, 2013

http://www.zenit.org/fr/articles/l-eglise-vit-elle-grandit-et-se-reveille-dans-les-ames

« L’EGLISE VIT, ELLE GRANDIT ET SE RÉVEILLE DANS LES ÂMES »

ENSEIGNEMENT DE BENOÎT XVI SUR L’EGLISE

ROME, 28 FÉVRIER 2013 (ZENIT.ORG) BENOÎT XVI

« Nous avons cherché à servir le Christ et son Eglise d’un amour profond et total, qui est l’âme de notre ministère », déclare Benoît XVI qui transmets aux cardinaux son enseignement sur l’Eglise : « L’Eglise vit, elle grandit et se réveille dans les âmes ».
Le pape Benoît XVI a rencontré les cardinaux présents à Rome, pour la cérémonie de congé, ce 28 février, à 11h, dernier jour de son pontificat, dans la Salle Clémentine du palais apostolique du Vatican.
Au cours de l’audience, le cardinal Angelo Sodano, doyen  du Collège des cardinaux, a adressé au pape un discours d’hommage au nom de tous les cardinaux présents. Benoît XVI a ensuite prononcé les paroles suivantes, avant de saluer personnellement chacun des cardinaux. La devise du bienheureux cardinal Newman a fait le lien entre tous.

PAROLES DE BENOÎT XVI :

Bien chers et vénérés frères,
Je vous accueille avec une grande joie et j’adresse à chacun de vous mes salutations les plus cordiales. Je remercie le cardinal Angelo Sodano qui, comme toujours, a su se faire l’interprète des sentiments du Collège tout entier : Cor ad cor loquitur. Merci de tout cœur, Eminence. Et je voudrais dire, en reprenant l’allusion à l’expérience des disciples d’Emmaüs, que, pour moi aussi, cela a été une joie de cheminer avec vous pendant ces années, dans la lumière de la présence du Seigneur ressuscité.
Comme je l’ai dit hier, devant les milliers de fidèles qui remplissaient la place Saint-Pierre, votre proximité et vos conseils m’ont été d’une grande aide dans mon ministère. Pendant ces huit années, nous avons vécu dans la foi de très beaux moments d’une lumière radieuse sur le chemin de l’Eglise, et des moments où quelques nuages se sont amoncelés dans le ciel. Nous avons cherché à servir le Christ et son Eglise d’un amour profond et total, qui est l’âme de notre ministère. Nous avons donné l’espérance, espérance qui nous vient du Christ qui, seul, peut éclairer le chemin.
Ensemble, nous pouvons remercier le Seigneur qui nous a fait grandir dans la communion et ensemble nous pouvons le prier de vous aider à grandir encore dans cette unité profonde, en sorte que le Collège des cardinaux soit comme un orchestre où les diversités, expression de l’Eglise universelle, concourent toujours à une concorde et à une harmonie supérieures.
Je voudrais vous laisser simplement une pensée, qui me tient beaucoup à cœur : une pensée sur l’Eglise, sur son mystère, qui constitue pour nous tous, pourrions-nous dire, la raison et la passion de notre vie. Je m’appuie sur une expression de Romano Guardini écrite précisément l’année où les Pères du concile Vatican II ont approuvé la Constitution Lumen gentium, dans son dernier livre, avec une dédicace personnelle à mon intention ; c’est pourquoi les paroles de ce livre me sont particulièrement chères.
Guardini dit ceci : l’Eglise « n’est pas une institution imaginée et construite sur le papier…, mais une réalité vivante… Elle vit dans le cours du temps, en devenir, comme tout être vivant, en se transformant… Et pourtant dans sa nature, elle demeure toujours la même, et son cœur est le Christ ».
C’est l’expérience que nous avons faite hier, me semble-t-il, sur la Place : voir que l’Eglise est un corps vivant, animé par l’Esprit-Saint et qu’elle vit réellement de la force de Dieu. Elle est dans le monde, mais elle n’est pas du monde : elle est à Dieu, au Christ, à l’Esprit. Nous l’avons vu hier. En ce sens, une autre expression connue de Guardini est aussi vraie et éloquente : « L’Eglise se réveille dans les âmes ».
L’Eglise vit, elle grandit et se réveille dans les âmes qui, comme la Vierge Marie, accueillent la Parole de Dieu et la conçoivent par l’opération du Saint Esprit ; elles offrent à Dieu leur propre chair et c’est justement dans leur pauvreté et leur humilité qu’elles deviennent capables d’engendrer le Christ aujourd’hui dans le monde. Dans l’Eglise, le mystère de l’Incarnation demeure présent à jamais. Le Christ continue de cheminer à travers les temps et à travers tous les lieux.
Chers frères, restons unis dans ce mystère, dans la prière, en particulier dans l’Eucharistie quotidienne, et servons ainsi l’Eglise et l’humanité tout entière. C’est notre joie que personne ne peut nous enlever. Avant de vous saluer personnellement, je désire vous dire que je continuerai de vous être proche par la prière, spécialement dans les prochains jours, afin que vous soyez pleinement dociles à l’action de l’Esprit-Saint lors de l’élection du nouveau pape. Que le Seigneur vous montre celui qui est voulu par lui. Et parmi vous, au sein du Collège cardinalice, se trouve aussi le futur pape auquel dès aujourd’hui je promets un respect et une obéissance inconditionnels.  Dans cette intention, avec affection et reconnaissance, je vous donne de tout cœur la bénédiction apostolique.

Traduction de Zenit, Hélène Ginabat