FÊTES JUIVES : POURIM (fevrier 24-25, Adar 14-15)

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FÊTES JUIVES : POURIM (fevrier 24-25, Adar 14-15)

C’EST DANS LE LIVRE D’ESTHER QUE L’ON TROUVE L’ORIGINE BIBLIQUE DE LA FÊTE DE POURIM (EST 9.20-32).

Le mot « pour » est expliqué en Est 9.24-26 où on lui donne le sens de « sort ». Haman, Premier ministre du roi perse Assuérus (Xerxès), avait déterminé par le sort le jour où les Juifs de Perse devraient être exterminés : le 13 du mois d’Adar (février-mars, cf. Est 3.7-13). Mais grâce à l’intervention d’Esther auprès du roi, poussée par Mardochée, le complot est déjoué et se retourne contre Haman et les siens. Le jour où les Juifs devaient être tués devient le jour de leur victoire, ce sont les Juifs qui mettent leurs ennemis à mort. Au-delà du caractère sanglant de cette histoire, où le désir de vengeance peut choquer les lecteurs, le livre d’Esther souligne que le peuple Juif ne peut pas être détruit. La fête de Pourim veut perpétuer le souvenir de ce jour.
Certains exégètes mettent en doute l’historicité du livre d’Esther et donc l’explication que le livre donne quant à l’origine de la fête de Pourim. De plus, le mot « pour » étant d’origine étrangère (probablement akkadienne), certains pensent que cette fête serait une adaptation juive d’une fête païenne. Roland De Vaux souligne qu’il s’agit d’une fête essentiellement profane : « elle n’est pas, au moins directement, en l’honneur du Dieu d’Israël, dont le nom ne paraît même pas dans le livre hébreu d’Esther, elle ne se rattache pas à l’histoire ancienne du peuple élu, elle ne comporte aucun élément proprement cultuel. »
Il faut souligner toutefois que l’évocation très fine des mœurs à Suse et de la vie à la cour du roi Xerxès plaide en faveur de l’historicité du récit. Quoi qu’il en soit, parmi ceux qui doutent de l’historicité du livre d’Esther, la plupart admettent qu’il doit bien y avoir un fonds historique à cette histoire. « Il est bien possible que le récit ait pour base historique une délivrance inespérée des Juifs de Suse, menacés d’extermination, dans des circonstances que nous ne pouvons pas préciser, mais ce fonds a été librement utilisé pour devenir la « légende » d’une fête » Il faut d’ailleurs avouer que certains éléments de l’histoire peuvent paraître improbables : le nombre de jours de fêtes à l’arrivée de Xerxès sur le trône (Est 1.4), la hauteur du gibet élevé pour Mardochée (5.14) et le nombre d’hommes tués par les Juifs (9.16) Mais il s’agit de points de détail.
La célébration de la fête de Pourim est joyeuse, exubérante même. Elle commence par un jour de jeûne, le 13 Adar (février-mars). Le soir, on allume des lampes dans les maisons et on se rend à la synagogue où est lu le rouleau d’Esther. La lecture est ponctuée d’interjections contre Haman de la part de l’auditoire. Les 14 et 15 Adar sont consacrés à la réjouissance. Les enfants se déguisent (les filles en petites Esther, les garçons en petits Mardochée), on se fait des cadeaux et des aumônes sont données aux pauvres .
La fête de Pourim, au travers de l’histoire d’Esther, permet de rappeler la souveraineté de Dieu. Même si son nom n’est pas cité explicitement dans le livre d’Esther, sa providence se devine derrière la trame des événements. Cette histoire de délivrance, de retournement de situation, évoque l’œuvre de salut de Dieu, vainqueur ultime du mal. Il n’est d’ailleurs pas impossible de voir dans le gibet dressé pour Mardochée une figure de la croix dressée pour le Messie.

Vincent Mieville , pasteur

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