Archive pour le 13 février, 2013

February 14 : Saints Cyril and Methodius

13 février, 2013

February 14 : Saints Cyril and Methodius dans images sacrée 0214

http://www.cescor.org/0214.html

LE 14 JUILLET : SS. CYRILLE ET MÉTHODE

13 février, 2013

http://www.introibo.fr/Ss-Cyrille-et-Methode-7-juillet#inter4

LE 14 JUILLET : SS. CYRILLE ET MÉTHODE

ÉVÊQUES ET CONFESSEURS.

DOM GUÉRANGER, L’ANNÉE LITURGIQUE

Il convenait que l’Octave des Princes des Apôtres ne s’éloignât point, sans qu’apparussent au Cycle sacré quelques-uns des satellites glorieux qui empruntent d’eux leur lumière à travers les siècles. Deux astres jumeaux se lèvent au ciel de la sainte Église, illuminant des feux de leur apostolat d’immenses contrées. Partis de Byzance, on croirait tout d’abord que leur évolution va s’accomplir indépendante des lois que l’ancienne Rome a puissance de dicter aux mouvements des cieux, dont il est dit qu’ils racontent la gloire de Dieu et les œuvres de ses mains [9]. Mais saint Clément Ier, dont les reliques sont tirées par eux d’une obscurité de huit siècles, incline leur marche vers la cité maîtresse ; et bientôt on les voit graviter avec un éclat incomparable dans l’orbite de Pierre, manifestant une fois de plus au monde que toute vraie lumière, dans l’ordre du salut, rayonne uniquement du Vicaire de l’Homme-Dieu. Alors aussi, une fois de plus, se réalise magnifiquement la parole du Psaume, que tout idiome et toute langue entendra la voix des messagers de la lumière [10].
Au subit et splendide épanouissement de la Bonne Nouvelle qui marqua le premier siècle de notre ère, avait succédé le labeur du second apostolat, chargé par l’Esprit-Saint d’amener au Fils de Dieu les races nouvelles appelées par la divine Sagesse à remplacer l’ancien monde. Déjà, sous l’influence mystérieuse de la Ville éternelle s’assimilant par un triomphe nouveau ceux qui l’avaient vaincue, une autre race latine s’était formée des barbares mêmes dont l’invasion, comme un déluge, semblait avoir pour jamais submergé l’Empire. L’accession des Francs au baptême, la conversion des Goths ariens et de leurs nombreux frères d’armes achevaient à peine cette transformation merveilleuse, que les Anglo-Saxons, puis les Germains, suivis bientôt des Scandinaves, venaient, sous la conduite des moines Augustin, Boniface et Anschaire, frapper eux-mêmes aux portes de l’Église. A la voix créatrice des apôtres nouveaux, l’Europe apparaissait, sortant des eaux de la fontaine sacrée.
Cependant, le mouvement continu de la grande émigration des peuples avait amené sur les rives du Danube une famille dont le nom commençait, au IXe siècle, à fixer l’attention du monde. Entre l’Orient et l’Occident, les Slaves, mettant à profit la faiblesse des descendants de Charlemagne et les révolutions de la cour de Byzance, tendaient à ériger leurs tribus en principautés indépendantes de l’un et l’autre empire. C’était l’heure que la Providence avait choisie, pour conquérir au christianisme et à la civilisation une race jusque-là sans histoire. L’Esprit de la Pentecôte se reposait sur les deux saints frères que nous fêtons en ce jour. Préparés par la vie monastique à tous les dévouements, à toutes les souffrances, ils apportaient à ces peuples qui cherchaient à sortir de leur obscurité passée, les premiers éléments des lettres et la connaissance des nobles destinées auxquelles le Dieu Sauveur conviait les hommes et les nations. Ainsi la race Slave devenait digne de compléter la grande famille européenne, et Dieu, dans cette Europe objet des éternelles prédilections, lui concédait l’espace plus largement qu’il ne l’avait fait pour ses devancières.
Heureuse, si toujours elle s’était tenue attachée à cette Rome qui, dans les rivalités dont ses origines eurent à subir l’assaut, l’avait si grandement aidée ! Rien, en effet, ne seconda plus ses aspirations à l’indépendance que la faveur d’une langue spéciale dans les rites sacrés, obtenue pour elle du Siège de Pierre par ses deux apôtres. Les réclamations de ceux qui prétendaient la garder sous leurs lois montrèrent assez, dès lors, la portée politique d’une concession aussi insolite qu’elle était décisive pour consacrer dans ces régions l’existence d’un peuple nouveau, distinct à la fois des Germains et des Grecs.
L’avenir le devait mieux prouver encore. Si aujourd’hui, des Balkans à l’Oural, des rivages grecs aux bords glacés de l’Océan du Nord, la race Slave s’étend, toujours forte, irréductible aux invasions, maintenant, au sein des empires qui ont pu la terrasser un jour, ce dualisme que le peuple vainqueur doit se résigner à porter en ses flancs comme une menace toujours vivante à travers les siècles : un tel phénomène, qui ne se retrouve point ailleurs en pareille mesure, est le produit de la démarcation puissante opérée il y a mille ans, entre cette race et le reste du monde, par l’introduction dans la Liturgie de sa langue nationale. Devenu sacré par cet usage, le Slavon primitif ne connut point les variations inhérentes aux idiomes des autres nations ; tout en donnant naissance aux dialectes variés de divers peuples issus de la souche commune, il resta le même, suivant les moindres tribus slaves dans les péripéties de leur histoire et continuant, pour le plus grand nombre, de les grouper à part de toutes autres au pied des autels. Belle unité, gloire de l’Église, si le désir, si l’espérance des deux Saints qui l’avaient établie sur le roc immuable, avaient pu l’y maintenir ! Arme terrible au service de la tyrannie, si jamais Satan la faisait tomber parle schisme entre les mains de quelqu’un des suppôts de l’enfer. Mais ces considérations nous entraîneraient trop loin.
En inscrivant la solennité des saints Cyrille et Méthodius au calendrier universel, le Souverain Pontife Léon XIII a voulu donner lui-même leur expression aux hommages et prières de l’Église, dans les deux Hymnes de la fête (voir plus haut à l’Office).
A cet auguste hommage nous joignons nos vœux, ô saints frères. Avec le Pontife suprême, nous osons chanter vos louanges, et vous recommander l’immense portion de l’héritage du Christ où vos sueurs firent germer, à la place des ronces, les fleurs de la sainteté. Préparés dans la solitude à toute œuvre bonne et utile au Seigneur [11], vous ne craignîtes point d’aborder les premiers ces régions inconnues, l’effroi du vieux monde, ces terres de l’aquilon où les Prophètes avaient signalé le trône de Satan [12], la source intarissable des maux ravageant l’univers [13]. L’appel de l’Esprit-Saint vous faisait apôtres, et les Apôtres ayant reçu ordre d’enseigner toutes les nations [14] vous alliez, dans la simplicité de votre obéissance, à celles qui n’étaient pas encore évangélisées. Cette obéissance, Rome, c’était son devoir, voulut l’éprouver, et reconnut qu’elle était sans alliage. Satan aussi le reconnut, à sa défaite ; car l’Écriture avait dit : « L’homme obéissant racontera ses victoires » [15]. Autre puissance qui fut la vôtre, et que nous révèle encore l’Écriture, disant : « Le frère aidé par le frère est comme une ville forte, et leurs conseils sont comme les barres des portes des villes » [16]. Chassé par plus fort que lui, le fort armé vit donc avec rage passer au Christ le domaine qu’il croyait posséder la paix [17], et ses dernières dépouilles, les peuples de l’aquilon, devenir comme ceux du midi l’ornement de l’Épouse [18]. Louez le Seigneur, toutes les nations ; louez-le, tous les peuples [19] : toute langue confesse le Seigneur Jésus-Christ [20] ! Comme monument de la victoire, le septénaire des langues sacrées se complète en ce jour [21]. Mais, ô Méthodius, ô Cyrille, au milieu même des Hymnes saintes que vous dédiait le Pontife souverain, un cri d’alarme a retenti : « Gardez à Dieu les peuples Slaves ! Il est urgent à vous de protéger vos dons. » Levez vos yeux, pourrions-nous en effet dire avec le prophète ; considérez, vous qui venez de l’aquilon : où est le troupeau qui vous fut donné, ce troupeau magnifique ? Quoi donc ! Est-ce contre vous que vous l’avez instruit ? L’avez-vous armé pour votre perte [22] ? Profondeurs de Satan [23] ! le prince de l’aquilon a trop su réparer sa défaite ; et vos bienfaits, et la condescendance de Pierre, sont devenus par ses soins une arme de mort pour ces peuples auxquels vous aviez donné la vie. Détournée de sa voie, l’unité sainte que vous aviez fondée s’est traduite de nos jours, en caractères de sang, dans la formule d’un hideux panslavisme. Entre Byzance déjà de vos temps travaillée par le schisme, et l’Occident latin que l’hérésie devait lui-même plus tard affaiblir et démembrer, elle pouvait être, à son heure, un appui pour l’Église, un espoir de salut pour le monde. Perspectives séduisantes, que votre cœur sans doute avait rêvées, et qui, hélas ! ont abouti à ces atroces persécutions, scandale de nos temps, opprobre de la terre.
Réconfortez les exilés, soutenez les martyrs, gardez les restes d’un peuple de héros ; écartez de quelques autres la fatale illusion qui les solliciterait à courir d’eux-mêmes au-devant de la tyrannie ; pour tous que luise enfin le jour des justices du Seigneur, mais bien plutôt s’il se peut, tout est possible à Dieu, celui de sa miséricorde, assez puissante pour changer les bourreaux sans frustrer leurs victimes. Serait-il donc arrêté que le poids des crimes d’un grand empire a trop fait pencher la balance du côté de la condamnation, pour que ses chefs ouvrent maintenant les yeux, et comprennent quel rôle pourrait être le leur en l’état présent du monde, si Pierre, qui leur tend les bras, voyait revenir à lui l’immense troupeau que paralyse le schisme ? Apôtres des Slaves, et en même temps citoyens de cette Rome où reposent près de celles de Clément vos reliques saintes, aidez les efforts du Pontife suprême cherchant à replacer sur la base où vous l’aviez établi l’édifice qui fut votre gloire.

LETTRE ENCYCLIQUE CARITAS IN VERITATE – DU SOUVERAIN PONTIFE BENOÎT XVI (seulement l’introduction)

13 février, 2013

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate_fr.html#_edn10

LETTRE ENCYCLIQUE CARITAS IN VERITATE – DU SOUVERAIN PONTIFE BENOÎT XVI

(Je mets seulement l’introduction)

AUX ÉVÊQUES
AUX PRÊTRES ET AUX DIACRES
AUX PERSONNES CONSACRÉES
AUX FIDÈLES LAÏCS
ET À TOUS LES HOMMES
DE BONNE VOLONTÉ
SUR LE DÉVELOPPEMENT
HUMAIN INTÉGRAL
DANS LA CHARITÉ ET DANS LA VÉRITÉ

INTRODUCTION

1. L’amour dans la vérité (Caritas in veritate), dont Jésus s’est fait le témoin dans sa vie terrestre et surtout par sa mort et sa résurrection, est la force dynamique essentielle du vrai développement de chaque personne et de l’humanité tout entière. L’amour – « caritas » – est une force extraordinaire qui pousse les personnes à s’engager avec courage et générosité dans le domaine de la justice et de la paix. C’est une force qui a son origine en Dieu, Amour éternel et Vérité absolue. Chacun trouve son bien en adhérant, pour le réaliser pleinement, au projet que Dieu a sur lui: en effet, il trouve dans ce projet sa propre vérité et c’est en adhérant à cette vérité qu’il devient libre (cf. Jn 8, 32). Défendre la vérité, la proposer avec humilité et conviction et en témoigner dans la vie sont par conséquent des formes exigeantes et irremplaçables de la charité. En effet, celle-ci « trouve sa joie dans ce qui est vrai » (1 Co 13, 6). Toute personne expérimente en elle un élan pour aimer de manière authentique: l’amour et la vérité ne l’abandonnent jamais totalement, parce qu’il s’agit là de la vocation déposée par Dieu dans le cœur et dans l’esprit de chaque homme. Jésus Christ purifie et libère de nos pauvretés humaines la recherche de l’amour et de la vérité et il nous révèle en plénitude l’initiative d’amour ainsi que le projet de la vie vraie que Dieu a préparée pour nous. Dans le Christ, l’amour dans la vérité devient le Visage de sa Personne. C’est notre vocation d’aimer nos frères dans la vérité de son dessein. Lui-même, en effet, est la Vérité (cf. Jn 14, 6).

2. La charité est la voie maîtresse de la doctrine sociale de l’Église. Toute responsabilité et tout engagement définis par cette doctrine sont imprégnés de l’amour qui, selon l’enseignement du Christ, est la synthèse de toute la Loi (cf. Mt 22, 36-40). L’amour donne une substance authentique à la relation personnelle avec Dieu et avec le prochain. Il est le principe non seulement des micro-relations: rapports amicaux, familiaux, en petits groupes, mais également des macro-relations: rapports sociaux, économiques, politiques. Pour l’Église – instruite par l’Évangile –, l’amour est tout parce que, comme l’enseigne saint Jean (cf. 1 Jn 4, 8.16) et comme je l’ai rappelé dans ma première Lettre encyclique, « Dieu est amour » (Deus caritas est): tout provient de l’amour de Dieu, par lui tout prend forme et tout tend vers lui. L’amour est le don le plus grand que Dieu ait fait aux hommes, il est sa promesse et notre espérance.

Je suis conscient des dévoiements et des pertes de sens qui ont marqué et qui marquent encore la charité, avec le risque conséquent de la comprendre de manière erronée, de l’exclure de la vie morale et, dans tous les cas, d’en empêcher la juste mise en valeur. Dans les domaines social, juridique, culturel, politique, économique, c’est-à-dire dans les contextes les plus exposés à ce danger, il n’est pas rare qu’elle soit déclarée incapable d’interpréter et d’orienter les responsabilités morales. De là, découle la nécessité de conjuguer l’amour avec la vérité non seulement selon la direction indiquée par saint Paul: celle de la « veritas in caritate » (Ep 4, 15), mais aussi, dans celle inverse et complémentaire, de la « caritas in veritate ». La vérité doit être cherchée, découverte et exprimée dans l’ « économie » de l’amour, mais l’amour à son tour doit être compris, vérifié et pratiqué à la lumière de la vérité. Nous aurons ainsi non seulement rendu service à l’amour, illuminé par la vérité, mais nous aurons aussi contribué à rendre crédible la vérité en en montrant le pouvoir d’authentification et de persuasion dans le concret de la vie sociale. Ce qui, aujourd’hui, n’est pas rien compte tenu du contexte social et culturel présent qui relativise la vérité, s’en désintéresse souvent ou s’y montre réticent.

3. Par son lien étroit avec la vérité, l’amour peut être reconnu comme une expression authentique d’humanité et comme un élément d’importance fondamentale dans les relations humaines, même de nature publique. Ce n’est que dans la vérité que l’amour resplendit et qu’il peut être vécu avec authenticité. La vérité est une lumière qui donne sens et valeur à l’amour. Cette lumière est, en même temps, celle de la raison et de la foi, par laquelle l’intelligence parvient à la vérité naturelle et surnaturelle de l’amour: l’intelligence en reçoit le sens de don, d’accueil et de communion. Dépourvu de vérité, l’amour bascule dans le sentimentalisme. L’amour devient une coque vide susceptible d’être arbitrairement remplie. C’est le risque mortifère qu’affronte l’amour dans une culture sans vérité. Il est la proie des émotions et de l’opinion contingente des êtres humains ; il devient un terme galvaudé et déformé, jusqu’à signifier son contraire. La vérité libère l’amour des étroitesses de l’émotivité qui le prive de contenus relationnels et sociaux, et d’un fidéisme qui le prive d’un souffle humain et universel. Dans la vérité, l’amour reflète en même temps la dimension personnelle et publique de la foi au Dieu biblique qui est à la fois « Agapè » et « Lógos »: Charité et Vérité, Amour et Parole.

4. Parce que l’amour est riche de vérité, l’homme peut le comprendre dans la richesse de ses valeurs, le partager et le communiquer. La vérité est, en effet, lógos qui crée un diá-logos et donc une communication et une communion. En aidant les hommes à aller au-delà de leurs opinions et de leurs sensations subjectives, la vérité leur permet de dépasser les déterminismes culturels et historiques et de se rencontrer dans la reconnaissance de la substance et de la valeur des choses. La vérité ouvre et unit les intelligences dans le lógos de l’amour: l’annonce et le témoignage chrétien de l’amour résident en cela. Dans le contexte socioculturel actuel, où la tendance à relativiser le vrai est courante, vivre la charité dans la vérité conduit à comprendre que l’adhésion aux valeurs du Christianisme est un élément non seulement utile, mais indispensable pour l’édification d’une société bonne et d’un véritable développement humain intégral. Un Christianisme de charité sans vérité peut facilement être confondu avec un réservoir de bons sentiments, utiles pour la coexistence sociale, mais n’ayant qu’une incidence marginale. Dans ce cas, Dieu n’aurait plus une place propre et authentique dans le monde. Sans la vérité, la charité est reléguée dans un espace restreint et relationnellement appauvri. Dans le dialogue entre les connaissances et leur mise en œuvre, elle est exclue des projets et des processus de construction d’un développement humain d’envergure universelle.

5. La charité est amour reçu et donné. Elle est « grâce » (cháris). Sa source est l’amour jaillissant du Père pour le Fils, dans l’Esprit Saint. C’est un amour qui, du Fils, descend sur nous. C’est un amour créateur, qui nous a donné l’existence; c’est un amour rédempteur, qui nous a recréés. Un amour révélé et réalisé par le Christ (cf. Jn 13, 1) et « répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5, 5). Objets de l’amour de Dieu, les hommes sont constitués sujets de la charité, appelés à devenir eux-mêmes les instruments de la grâce, pour répandre la charité de Dieu et pour tisser des liens de charité.

La doctrine sociale de l’Église répond à cette dynamique de charité reçue et donnée. Elle est
« caritas in veritate in re sociali »: annonce de la vérité de l’amour du Christ dans la société. Cette doctrine est un service de la charité, mais dans la vérité. La vérité préserve et exprime la force de libération de la charité dans les événements toujours nouveaux de l’histoire. Elle est, en même temps, une vérité de la foi et de la raison, dans la distinction comme dans la synergie de ces deux modes de connaissance. Le développement, le bien-être social, ainsi qu’une solution adaptée aux graves problèmes socio-économiques qui affligent l’humanité, ont besoin de cette vérité. Plus encore, il est nécessaire que cette vérité soit aimée et qu’il lui soit rendu témoignage. Sans vérité, sans confiance et sans amour du vrai, il n’y a pas de conscience ni de responsabilité sociale, et l’agir social devient la proie d’intérêts privés et de logiques de pouvoir, qui ont pour effets d’entrainer la désagrégation de la société, et cela d’autant plus dans une société en voie de mondialisation et dans les moments difficiles comme ceux que nous connaissons actuellement.

6. « Caritas in veritate » est un principe sur lequel se fonde la doctrine sociale de l’Église, un principe qui prend une forme opératoire par des critères d’orientation de l’action morale. Je désire en rappeler deux de manière particulière; ils sont dictés principalement par l’engagement en faveur du développement dans une société en voie de mondialisation: la justice et le bien commun.

La justice tout d’abord. Ubi societas, ibi ius : toute société élabore un système propre de justice. La charité dépasse la justice, parce que aimer c’est donner, offrir du mien à l’autre ; mais elle n’existe jamais sans la justice qui amène à donner à l’autre ce qui est sien, c’est-à-dire ce qui lui revient en raison de son être et de son agir. Je ne peux pas « donner » à l’autre du mien, sans lui avoir donné tout d’abord ce qui lui revient selon la justice. Qui aime les autres avec charité est d’abord juste envers eux. Non seulement la justice n’est pas étrangère à la charité, non seulement elle n’est pas une voie alternative ou parallèle à la charité: la justice est « inséparable de la charité »  [1], elle lui est intrinsèque. La justice est la première voie de la charité ou, comme le disait Paul VI, son « minimum » [2], une partie intégrante de cet amour en « actes et en vérité » (1 Jn 3, 18) auquel l’apôtre saint Jean exhorte. D’une part, la charité exige la justice: la reconnaissance et le respect des droits légitimes des individus et des peuples. Elle s’efforce de construire la cité de l’homme selon le droit et la justice. D’autre part, la charité dépasse la justice et la complète dans la logique du don et du pardon [3]. La cité de l’homme n’est pas uniquement constituée par des rapports de droits et de devoirs, mais plus encore, et d’abord, par des relations de gratuité, de miséricorde et de communion. La charité manifeste toujours l’amour de Dieu, y compris dans les relations humaines. Elle donne une valeur théologale et salvifique à tout engagement pour la justice dans le monde.

7. Il faut ensuite prendre en grande considération le bien commun. Aimer quelqu’un, c’est vouloir son bien et mettre tout en œuvre pour cela. À côté du bien individuel, il y a un bien lié à la vie en société: le bien commun. C’est le bien du ‘nous-tous’, constitué d’individus, de familles et de groupes intermédiaires qui forment une communauté sociale [4]. Ce n’est pas un bien recherché pour lui-même, mais pour les personnes qui font partie de la communauté sociale et qui, en elle seule, peuvent arriver réellement et plus efficacement à leur bien. C’est une exigence de la justice et de la charité que de vouloir le bien commun et de le rechercher. Œuvrer en vue du bien commun signifie d’une part, prendre soin et, d’autre part, se servir de l’ensemble des institutions qui structurent juridiquement, civilement, et culturellement la vie sociale qui prend ainsi la forme de la pólis, de la cité. On aime d’autant plus efficacement le prochain que l’on travaille davantage en faveur du bien commun qui répond également à ses besoins réels. Tout chrétien est appelé à vivre cette charité, selon sa vocation et selon ses possibilités d’influence au service de la pólis. C’est là la voie institutionnelle – politique peut-on dire aussi – de la charité, qui n’est pas moins qualifiée et déterminante que la charité qui est directement en rapport avec le prochain, hors des médiations institutionnelles de la cité. L’engagement pour le bien commun, quand la charité l’anime, a une valeur supérieure à celle de l’engagement purement séculier et politique. Comme tout engagement en faveur de la justice, il s’inscrit dans le témoignage de la charité divine qui, agissant dans le temps, prépare l’éternité. Quand elle est inspirée et animée par la charité, l’action de l’homme contribue à l’édification de cette cité de Dieu universelle vers laquelle avance l’histoire de la famille humaine. Dans une société en voie de mondialisation, le bien commun et l’engagement en sa faveur ne peuvent pas ne pas assumer les dimensions de la famille humaine tout entière, c’est-à-dire de la communauté des peuples et des Nations [5], au point de donner forme d’unité et de paix à la cité des hommes, et d’en faire, en quelque sorte, la préfiguration anticipée de la cité sans frontières de Dieu.

8. En publiant en 1967 l’encyclique Populorum progressio, mon vénérable prédécesseur Paul VI a éclairé le grand thème du développement des peuples de la splendeur de la vérité et de la douce lumière de la charité du Christ. Il a affirmé que l’annonce du Christ est le premier et le principal facteur de développement [6] et il nous a laissé la consigne d’avancer sur la route du développement de tout notre cœur et de toute notre intelligence [7], c’est-à-dire avec l’ardeur de la charité et la sagesse de la vérité. C’est la vérité originelle de l’amour de Dieu – grâce qui nous est donnée – qui ouvre notre vie au don et qui rend possible l’espérance en un « développement (…) de tout l’homme et de tous les hommes » [8], en passant « de conditions moins humaines à des conditions plus humaines » [9], et cela en triomphant des difficultés inévitablement rencontrées sur le chemin.

Plus de quarante ans après la publication de cette encyclique, je désire honorer la mémoire de Paul VI, et rendre hommage à ce grand Pontife, en reprenant ses enseignements sur le développement humain intégral et en me plaçant sur la voie qu’ils ont tracée, afin de les actualiser aujourd’hui. Ce processus d’actualisation commença avec l’encyclique Sollicitudo rei socialis, par laquelle le Serviteur de Dieu Jean-Paul II voulut commémorer la publication de Populorum progressio à l’occasion de son vingtième anniversaire. Jusque là une telle commémoration n’avait été réservée qu’à l’encyclique Rerum novarum. Vingt ans après, j’exprime ma conviction que Populorum progressio mérite d’être considérée comme l’encyclique « Rerum novarum de l’époque contemporaine » qui éclaire le chemin de l’humanité en voie d’unification.

9. L’amour dans la vérité – caritas in veritate – est un grand défi pour l’Église dans un monde sur la voie d’une mondialisation progressive et généralisée. Le risque de notre époque réside dans le fait qu’à l’interdépendance déjà réelle entre les hommes et les peuples, ne corresponde pas l’interaction éthique des consciences et des intelligences dont le fruit devrait être l’émergence d’un développement vraiment humain. Seule la charité, éclairée par la lumière de la raison et de la foi, permettra d’atteindre des objectifs de développement porteurs d’une valeur plus humaine et plus humanisante. Le partage des biens et des ressources, d’où provient le vrai développement, n’est pas assuré par le seul progrès technique et par de simples relations de convenance, mais par la puissance de l’amour qui vainc le mal par le bien (cf. Rm 12, 21) et qui ouvre à la réciprocité des consciences et des libertés.

L’Église n’a pas de solutions techniques à offrir [10] et ne prétend « aucunement s’immiscer dans la politique des États » [11]. Elle a toutefois une mission de vérité à remplir, en tout temps et en toutes circonstances, en faveur d’une société à la mesure de l’homme, de sa dignité et de sa vocation. Sans vérité, on aboutit à une vision empirique et sceptique de la vie, incapable de s’élever au-dessus de l’agir, car inattentive à saisir les valeurs – et parfois pas même le sens des choses – qui permettraient de la juger et de l’orienter. La fidélité à l’homme exige la fidélité à la vérité qui, seule, est la garantie de la liberté (cf. Jn 8, 32) et de la possibilité d’un développement humain intégral. C’est pour cela que l’Église la recherche, qu’elle l’annonce sans relâche et qu’elle la reconnaît partout où elle se manifeste. Cette mission de vérité est pour l’Église une mission impérative. Sa doctrine sociale est un aspect particulier de cette annonce: c’est un service rendu à la vérité qui libère. Ouverte à la vérité, quel que soit le savoir d’où elle provient, la doctrine sociale de l’Église est prête à l’accueillir. Elle rassemble dans l’unité les fragments où elle se trouve souvent disséminée et elle l’introduit dans le vécu toujours nouveau de la société des hommes et des peuples [12].

AVANT-DERNIÈRE « AUDIENCE GÉNÉRALE » DE BENOÎT XVI, 13.01.2013 – CATÉCHÈSE SUR LE CARÊME : « LAISSER DIEU NOUS TRANSFORMER

13 février, 2013

http://www.zenit.org/fr/articles/catechese-sur-le-careme-laisser-dieu-nous-transformer

CATÉCHÈSE SUR LE CARÊME : « LAISSER DIEU NOUS TRANSFORMER »

AVANT-DERNIÈRE « AUDIENCE GÉNÉRALE » DE BENOÎT XVI, 13.01.2013

ROME, 13 FÉVRIER 2013 (ZENIT.ORG). BENOÎT XVI

« Se convertir », c’est « laisser Dieu nous transformer, cesser de penser que c’est nous qui sommes les seuls constructeurs de notre existence », explique Benoît XVI qui cite Pavel Florensky, Etty Hillesum, Dorothy Day.
Le pape a en effet consacré son avant dernière catéchèse du mercredi à cette introduction à la spiritualité du carême.
« « Se convertir », a dit Benoît XVI, en italien, une invitation que nous écouterons souvent pendant le carême, signifie suivre Jésus en sorte que son Evangile soit le guide concret de notre vie ; cela signifie laisser Dieu nous transformer, cesser de penser que c’est nous qui sommes les seuls constructeurs de notre existence ; cela signifie reconnaître que nous sommes des créatures, que nous dépendons de Dieu, de son amour, et que c’est seulement en « perdant » notre vie en lui que nous pouvons la gagner ».

Catéchèse de Benoît XVI en italien, traduction intégrale

Chers frères et sœurs,
Aujourd’hui, mercredi des cendres, nous commençons le temps liturgique du carême, quarante jours qui nous préparent à la célébration de Pâques : c’est un temps d’engagement particulier dans notre cheminement spirituel. Le nombre quarante revient plusieurs fois dans l’Ecriture sainte. Il nous rappelle en particulier, comme nous le savons, les quarante années pendant lesquelles le peuple d’Israël a cheminé dans le désert : une longue période de formation pour devenir le peuple de Dieu, mais aussi une longue période où la tentation d’être infidèles à l’alliance avec le Seigneur était toujours présente. Quarante est aussi le nombre de jours de marche du prophète Elie pour rejoindre le Mont de Dieu, l’Horeb ; tout comme la période que Jésus passa dans le désert avant de commencer sa vie publique et où il fut tenté par le diable. Dans la catéchèse de ce jour, je voudrais m’arrêter précisément sur ce moment de la vie terrestre du Fils de Dieu, que nous lirons dans l’évangile de dimanche prochain.
Avant tout, le désert, où Jésus se retire, est le lieu du silence, de la pauvreté, où l’homme est privé des soutiens matériels et se trouve face aux demandes fondamentales de l’existence, le lieu où il est poussé à aller à l’essentiel et c’est justement pour cela qu’il lui est plus facile de rencontrer Dieu. Mais le désert est aussi le lieu de la mort, parce que là où il n’y a pas d’eau, il n’y a pas non plus de vie, et c’est le lieu de la solitude, où la tentation se fait sentir à l’homme plus intensément. Jésus va dans le désert, et là, il subit la tentation de laisser le chemin indiqué par le Père pour suivre d’autres routes plus faciles et mondaines (cf. Lc 4,1-13). Ainsi, il se charge de nos tentations, il prend sur lui notre misère, pour vaincre le Malin et nous ouvrir le chemin vers Dieu, le chemin de la conversion.
Réfléchir sur les tentations auxquelles est soumis Jésus dans le désert est une invitation, pour chacun de nous, à répondre à une question fondamentale : qu’est-ce qui compte vraiment dans notre vie ? Dans la première tentation, le diable propose à Jésus de changer une pierre en pain pour calmer sa faim. Jésus réplique que l’homme vit aussi de pain, mais pas seulement de pain : sans une réponse à sa faim de vérité, à sa faim de Dieu, l’homme ne peut pas se sauver (cf. vv. 3-4). Dans la seconde tentation, le diable propose à Jésus la voie du pouvoir : il le mène plus haut et lui offre la domination du monde ; mais ce n’est pas cela, la route de Dieu : il est bien clair pour Jésus que ce n’est pas le pouvoir mondain qui sauve le monde, mais le pouvoir de la croix, de l’humilité, de l’amour (cf. vv. 5-8). Dans la troisième tentation, le diable propose à Jésus de se jeter du pinacle du Temple de Jérusalem et de se faire sauver par Dieu, à travers ses anges, c’est-à-dire d’accomplir quelque chose de sensationnel pour mettre Dieu lui-même à l’épreuve ; mais la réponse est que Dieu n’est pas un objet à qui l’on impose ses conditions : il est le Seigneur de tout (vv. 9-12). Quel est le cœur des trois tentations que subit Jésus ? C’est la proposition d’instrumentaliser Dieu, de l’utiliser pour ses propres intérêts, pour sa propre gloire et son propre succès. Et donc, en substance, de se mettre à la place de Dieu, en l’éliminant de son existence et en faisant comme s’il était superflu. Chacun devrait alors se demander : quelle place Dieu a-t-il dans ma vie ? Est-ce lui, le Seigneur, ou est-ce moi ?
Surmonter la tentation de soumettre Dieu à soi-même et à ses propres intérêts ou de le reléguer dans un coin et se convertir à une juste hiérarchie des priorités, donner à Dieu la première place, est un chemin que tout chrétien doit toujours se remettre à parcourir. « Se convertir », une invitation que nous écouterons souvent pendant le carême, signifie suivre Jésus en sorte que son Evangile soit le guide concret de notre vie ; cela signifie laisser Dieu nous transformer, cesser de penser que c’est nous qui sommes les seuls constructeurs de notre existence ; cela signifie reconnaître que nous sommes des créatures, que nous dépendons de Dieu, de son amour, et que c’est seulement en « perdant » notre vie en lui que nous pouvons la gagner. Cela exige d’opérer nos choix à la lumière de la Parole de Dieu. Aujourd’hui, on ne peut plus être chrétien comme si c’était simplement la conséquence du fait de vivre dans une société qui a des racines chrétiennes : même celui qui naît dans une famille chrétienne et qui reçoit une éducation religieuse doit, chaque jour, renouveler son choix d’être chrétien, c’est-à-dire donner à Dieu la première place, face aux tentations qu’une culture sécularisée lui propose continuellement, face au jugement critique de beaucoup de contemporains.
En effet, les épreuves auxquelles la société actuelle soumet le chrétien sont nombreuses, et elles touchent la vie personnelle et sociale. Il n’est pas facile d’être fidèle au mariage chrétien, de pratiquer la miséricorde dans la vie quotidienne, de laisser de l’espace à la prière et au silence intérieur ; il n’est pas facile de s’opposer publiquement à des choix que beaucoup considèrent comme évidents, comme l’avortement en cas de grossesse non désirée, l’euthanasie en cas de maladie grave, ou la sélection d’embryons pour empêcher certaines maladies héréditaires. La tentation de mettre sa foi de côté est toujours présente et la conversion devient une réponse donnée à Dieu, qui doit être confirmée plusieurs fois dans la vie.
Nous avons des exemples et un stimulant dans les grandes conversions comme celle de saint Paul sur le chemin de Damas, ou celle de saint Augustin, mais même à notre époque qui éclipse le sens du sacré, la grâce de Dieu est à l’œuvre et opère des merveilles dans la vie de tant de personnes. Le Seigneur ne se lasse pas de frapper à la porte de l’homme dans des contextes sociaux et culturels qui semblent engloutis par la sécularisation, comme c’est arrivé pour le Russe orthodoxe Pavel Florensky. Après une éducation complètement agnostique, au point qu’il en éprouvait une véritable hostilité contre les enseignements religieux dispensés à l’école, le savant Florensky en est arrivé à s’exclamer : « Non, on ne peut pas vivre sans Dieu !» et à changer complètement de vie, au point de se faire moine.
Je pense aussi à la figure d’Etty Hillesum, une jeune Hollandaise d’origine juive qui mourra à Auschwitz. Au départ loin de Dieu, elle le découvre en regardant en profondeur au-dedans d’elle-même et écrit : « Il y a en moi un puits très profond. Et dans ce puits, il y a Dieu. Parfois, je parviens à le rejoindre, mais plus souvent de la pierre et du sable le recouvrent : alors Dieu est enterré. Il faut à nouveau que je le déterre » (Journal, 97). Dans sa vie dispersée et inquiète, elle retrouve Dieu précisément au milieu de la grande tragédie du vingtième siècle, la Shoah. Cette jeune fille fragile et insatisfaite, transfigurée par la foi, se transforme en une femme pleine d’amour et de paix intérieure, capable d’affirmer : « Je vis constamment dans l’intimité de Dieu ».
Une autre femme de notre époque, Dorothy Day, a témoigné de sa capacité à s’opposer aux idéologies flatteuses de son temps pour choisir la recherche de la vérité et s’ouvrir à la découverte de la foi. Dans son autobiographie, elle confesse ouvertement être tombée dans la tentation de tout résoudre par la politique, en adhérant à la proposition marxiste : « Je voulais aller avec les manifestants, aller en prison, écrire, influencer les autres et laisser mon rêve au monde. Que d’ambition et que de recherche de moi-même il y avait dans tout cela ! ». Son chemin vers la foi, dans un environnement aussi sécularisé, fut particulièrement difficile, mais la grâce agit tout autant, comme elle le souligne elle-même : « Il est certain que j’ai senti plus souvent le besoin d’aller à l’église, de m’agenouiller, de prier en inclinant la tête. Un instinct aveugle, pourrait-on dire, parce que je n’étais pas consciente que je priais. Mais j’y allais, je m’insérais dans cette atmosphère de prière… ». Dieu l’a amenée à une adhésion consciente à l’Eglise, dans une vie consacrée aux personnes déshéritées.
A notre époque, nombreuses sont les conversions comprises comme le retour de quelqu’un qui, après une éducation chrétienne peut-être superficielle, s’était éloigné de la foi et qui redécouvre ensuite le Christ est son évangile. Dans le Livre de l’Apocalypse, on lit ceci : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi » (3,20). Notre homme intérieur doit se préparer à être visité par Dieu, et c’est précisément pour cela qu’il ne doit pas se laisser envahir par les illusions, les apparences, les choses matérielles.
En ce temps de carême, dans l’Année de la foi, renouvelons notre engagement sur ce chemin de conversion, pour surmonter notre tendance à nous renfermer sur nous-mêmes et pour, au contraire, faire de l’espace à Dieu, en regardant avec ses yeux la réalité quotidienne. L’alternative entre la fermeture de notre égoïsme et l’ouverture à l’amour de Dieu et des autres correspond, pourrions-nous dire, à l’alternative des tentations de Jésus : c’est-à-dire l’alternative entre le pouvoir humain et l’amour de la Croix, entre une rédemption vue uniquement dans le bien-être matériel et une rédemption qui est l’œuvre de Dieu, à qui nous donnons la primauté dans notre existence. Se convertir signifie ne pas se renfermer dans la recherche de son propre succès, de son propre prestige, de sa propre situation, mais faire en sorte que, chaque jour, dans les petites choses, la vérité, la foi en Dieu et l’amour deviennent ce qu’il y a de plus important. Merci !

Traduction de Zenit: Hélène Ginabat