Archive pour le 8 février, 2013

Angel and Isaiah the Prophet Unclean Lips

8 février, 2013

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DIMANCHE 10 FÉVRIER: COMMENTAIRES DE MARIE NOËLLE THABUT – PREMIERE LECTURE – Isaïe 6, 1…8

8 février, 2013

http://www.eglise.catholique.fr/foi-et-vie-chretienne/commentaires-de-marie-noelle-thabut.html

DIMANCHE 10 FÉVRIER: COMMENTAIRES DE MARIE NOËLLE THABUT

PREMIERE LECTURE – Isaïe 6, 1…8

1 L’année de la mort du roi Ozias,
 je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ;
 les pans de son manteau remplissaient le Temple.
 2 Des séraphins se tenaient au-dessus de lui.
3 Ils se criaient l’un à l’autre :
 « Saint, Saint, Saint, le SEIGNEUR Dieu de l’univers.
 Toute la terre est remplie de sa gloire. »
4 Les pivots des portes se mirent à trembler
 à la voix de celui qui criait,
 et le Temple se remplissait de fumée.
5 Je dis alors :
 « Malheur à moi ! Je suis perdu,
 car je suis un homme aux lèvres impures,
 j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures ;
 et mes yeux ont vu le Roi, le SEIGNEUR de l’univers ! »
6 L’un des séraphins vola vers moi,
 tenant un charbon brûlant
 qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel.
7 Il l’approcha de ma bouche et dit :
 « Ceci a touché tes lèvres,
 et maintenant ta faute est enlevée,
 ton péché est pardonné. »
8 J’entendis alors la voix du Seigneur qui disait :
 « Qui enverrai-je ?
 Qui sera notre messager ? »
 Et j’ai répondu :
 « Moi, je serai ton messager :
 envoie-moi. »

La semaine dernière, nous lisions le récit de la vocation de Jérémie, aujourd’hui, celle d’Isaïe ; deux très grands prophètes à nos yeux. Et pourtant, l’un comme l’autre avouent leur petitesse : Jérémie se sent incapable de parler, mais puisque Dieu a pris l’initiative de le choisir, c’est Dieu aussi qui l’inspirera et lui donnera la force nécessaire. Isaïe, lui, est saisi par un sentiment d’indignité ; mais là encore, puisque c’est Dieu qui l’a choisi, c’est Dieu aussi qui le purifiera.
 Jérémie était prêtre et nous ne savons pas où il a reçu l’appel de Dieu ; curieusement, c’est Isaïe qui n’était pas prêtre, qui situe sa vocation au Temple de Jérusalem : « L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ». Quand Isaïe nous dit « je vis », cela veut dire qu’il s’agit non pas d’un récit, mais d’une vision ; ne cherchons donc pas dans son évocation un déroulement logique d’événements. Les livres prophétiques sont émaillés de visions fantastiques : à nous de décoder ce langage extrêmement suggestif, même s’il surprend notre mentalité contemporaine.
 Isaïe nous dit qu’en ce qui le concerne, cela s’est passé « l’année de la mort du roi Ozias » : c’est une indication précieuse. Il est rare que nous puissions évoquer des dates avec autant de précision ; cette fois, nous le pouvons car on sait que le roi Ozias a régné à Jérusalem de 781 à 740 av J.C. Depuis la mort du roi Salomon (en 933, c’est-à-dire depuis près de deux cents ans), le royaume de David et de Salomon est divisé : il y a deux royaumes, deux rois, deux capitales : au Sud, Ozias est roi de Jérusalem, au Nord, Menahem est roi de Samarie. On sait également que Ozias était lépreux et qu’il est mort de cette maladie à Jérusalem en 740. C’est donc cette année-là qu’Isaïe a reçu sa vocation de prophète : ensuite, il a prêché pendant environ quarante ans (là on est moins précis) et il est resté dans la mémoire collective d’Israël comme un très grand prophète et en particulier le prophète de la sainteté de Dieu.1
 « Saint, Saint, Saint le SEIGNEUR, Dieu de l’univers. Toute la terre est remplie de sa gloire » : vous avez reconnu le Sanctus de nos messes. Il date donc au moins du prophète Isaïe. (Peut-être cette acclamation faisait-elle déjà partie de la liturgie au Temple de Jérusalem, mais on n’en a pas la preuve ; on a seulement retrouvé des expressions équivalentes plus anciennes en Egypte).
 Dire que Dieu est « Saint », au sens biblique, c’est dire qu’il est Tout Autre que l’homme. Dieu n’est pas à l’image de l’homme ; bien au contraire, la Bible affirme l’inverse : c’est l’homme qui est « à l’image de Dieu » ; ce n’est pas la même chose ! Cela veut dire que nous devrions rester très modestes et très prudents chaque fois que nous parlons de Dieu ! Parce que Dieu est le Tout Autre, il nous est radicalement, irrémédiablement impossible de l’imaginer tel qu’il est, nos mots humains ne peuvent jamais rendre compte de lui. 2
 La première partie de la vision d’Isaïe dit bien cette prise de conscience fondamentale ; et ce qu’il nous décrit ressemble étrangement à d’autres évocations des grandes manifestations de Dieu dans la Bible : Dieu est assis sur un trône très élevé, une fumée se répand et remplit tout l’espace, une voix tonne… elle tonne si fort que les lieux tremblent… Isaïe ne peut pas s’empêcher de penser à ce qui s’était passé pour Moïse sur la montagne du Sinaï, au moment où Dieu avait fait alliance avec son peuple et donné les tables de la Loi ; c’est le livre de l’Exode qui raconte : « Le mont Sinaï n’était que fumée, parce que le SEIGNEUR y était descendu dans le feu ; sa fumée monta, comme la fumée d’une fournaise, et toute la montagne trembla violemment. La voix du cor s’amplifia : Moïse parlait et Dieu lui répondait par la voix du tonnerre. » (Ex 19, 18-19).
 L’homme Isaïe mesure alors sa petitesse et il ressent comme une sorte de crainte : « Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures ; et mes yeux ont vu le Roi, le SEIGNEUR de l’univers ! » Cette « crainte », comme découverte de notre petitesse, du fossé infranchissable qui nous sépare de Dieu si Dieu lui-même ne le comble pas, est une première étape indispensable dans notre relation à Dieu. Mais Dieu n’en reste pas là. D’ordinaire, dans la Bible, il y a toujours cette parole de la part de Dieu : « ne crains pas »… Ici, la parole n’est pas dite mais elle est remplacée par un geste très suggestif : un des séraphins, un de ceux qui, justement, proclament la sainteté de Dieu, va accomplir le geste qui purifie l’homme, qui comble le fossé, qui permet à l’homme d’entrer en relation avec Dieu : « L’un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel. Il l’approcha de ma bouche… » Manière de dire que c’est Dieu qui prend l’initiative de se faire proche de l’homme ; ce fossé qui nous sépare de Dieu, c’est Dieu lui-même qui le comble.
 Quand Isaïe parlera de Dieu, plus tard, il lui arrivera souvent de l’appeler « Le Saint d’Israël » : cette expression dit bien que Dieu est le Saint, le Tout-Autre, mais aussi qu’il s’est fait proche de son peuple, puisque celui-ci peut aller jusqu’à revendiquer une relation d’appartenance (Dieu est « Le Saint d’Israël »). Cette relation qui s’instaure alors à l’initiative de Dieu peut être très profonde puisqu’ici pour Isaïe, il s’agit d’une mission de confiance : il s’agit de devenir rien moins que le porte-parole de Dieu. On dit parfois des prophètes qu’ils sont la bouche même de Dieu ; au fait, si on y réfléchit, la même expression peut désormais nous être appliquée depuis notre baptême…
 … de quoi nous laisser rêveurs !
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 NOTES
 1 – Le livre qui porte le nom d’Isaïe comporte soixante-six chapitres : ce n’est pas l’œuvre d’un seul homme, mais un ensemble de trois recueils.
 Les chapitres 1 à 39 sont l’œuvre du prophète qui nous relate ici sa vocation ; les chapitres 40 à 55 sont l’œuvre d’un prophète qui prêchait pendant l’Exil à Babylone (au sixième siècle avant notre ère) ; les chapitres 56 à 66 rapportent la prédication d’un troisième prophète, contemporain de la période du retour de l’Exil.
 2 – La sainteté n’est pas une notion morale, ni même un attribut de Dieu, elle est sa nature même ; car l’adjectif « divin » n’existe pas en hébreu, il est remplacé par le mot « Saint » qui signifie Tout-Autre (sous-entendu Tout-Autre que l’homme), celui que nous ne pouvons jamais atteindre par nous-mêmes, celui qui nous dépasse infiniment, à tel point que nous n’avons aucune prise sur lui. Ce que le prophète Osée traduisait : « Je suis Dieu et non pas homme, au milieu de toi je suis Saint. » (Os 11, 9). Pour cette raison, dans la Bible, aucun humain n’est jamais considéré comme saint, tout au plus peut-on être « sanctifié » par Dieu et, de ce fait, refléter son image, ce qui est de tout temps notre vocation ultime.
 Et, bien évidemment, nous ne pouvons pas imaginer quelqu’un qui est Tout-Autre que nous-mêmes. D’où la réaction d’effroi du prophète Isaïe : « Je ne suis qu’un homme aux lèvres impures et mes yeux ont vu le roi, le SEIGNEUR de l’univers ».

HOMÉLIE DU 5E DIMANCHE ORDINAIRE C

8 février, 2013

http://parolesdudimanche.blogs.lalibre.be/

HOMÉLIE DU 5E DIMANCHE ORDINAIRE C

IS 6, 1-8 ; 1 CO, 15, 1-11 ; LC 5, 1-11

C’est sur sa propre barque, et en plein travail, que Simon, le petit patron pêcheur, s’est fait interpeller par un charpentier, qui n’y connaissait rien dans le repérage des bancs de poissons, ni dans le lancer des filets. Tellement peu qu’il s’est fendu d’un conseil saugrenu et dangereux. Mais Simon-Pierre lui fait confiance jusqu’à prendre le risque d’avancer au large. En réalité, l’objectif de Jésus était tout autre. Il s’agissait de confier à une poignée de pêcheurs une toute autre mission. Celle que recevront plus tard tous les baptisés. Non pas une mission de pouvoir, mais une mission de service. Appelé et envoyé pour annoncer. Une vocation chrétienne générale, et donc pas nécessairement une vocation sacerdotale ni une vocation religieuse.
Je prends d’autres exemples. Ainsi, il y avait une fois… un jeune aristocrate appartenant au milieu distingué de la capitale de son pays. Il fréquentait assidûment les grands de ce monde. Proche du Palais, il connaissait jusqu’aux dessous de la politique. Ardent patriote, il était sans doute voué à une brillante carrière. Un jour, il assiste à une liturgie solennelle, et il est bouleversé d’entendre chanter « Saint, Saint, le Seigneur, Dieu de l’Univers, la terre est remplie de ta gloire… ». Or, c’est un royaliste convaincu. Et voilà qu’à 25 ans, il découvre tout d’un coup que finalement c’est Dieu le véritable roi, le roi des rois. C’est donc lui qui mérite parfaite obéissance et total dévouement. Alors, il prend conscience de la vanité de ses choix, de l’orgueil qui le mène et qui aveugle aussi son peuple, plus préoccupé d’argent et de plaisir, que de fidélité à la Parole de Dieu.
Cet homme, au caractère décidé, intrépide, se porte alors volontaire au service de Dieu et de sa Parole. C’est ainsi que cet aristocrate politicien va se faire l’audacieux et infatigable témoin et le porte parole du Seigneur. Il ne se laissera rebuter ni par l’indifférence ni par l’hostilité ni par les oppositions et les moqueries de ses concitoyens. Il ne fut ni prêtre ni religieux, mais tout simplement époux et père de famille. Il fut surnommé le Prince des prophètes. Il s’appelait Isaïe..
Autre exemple, celui d’un intellectuel, spécialiste de la Bible, ultra conservateur, fanatique des « traditions ». Un homme intolérant. Il fut en son temps un adversaire et un persécuteur impitoyable des chrétiens. Or, un jour, le temps d’un éclair, il comprend l’horreur de son comportement. Il est retourné comme une crêpe. Devient apôtre de Jésus Christ. Mais il lui faudra du temps pour se faire accepter, car les chrétiens qui le connaissaient en avaient peur. Il est bien connu sous le nom de Paul de Tarse. C’est même une colonne de l’Eglise.
Plus près de nous, connaissez-vous Madeleine Cinquin ? Elle a connu une jeunesse frivole. Cerise sur le gâteau, elle était dotée d’ « un caractère épouvantable, têtue, capricieuse, autoritaire et coléreuse ». Ce qui ne l’empêchera pas d’entrer au couvent. Elle sera professeur de Lettres, jusqu’à l’âge de sa pension, mais toujours pour des élèves de la haute bourgeoisie, aussi bien française que turque, tunisienne ou égyptienne. Puis, tout d’un coup, à 60 ans, elle veut consacrer le reste de sa vie aux lépreux. Mais le nonce en Egypte lui propose un bidonville de chiffonniers. Elle y verra un appel et dira oui à l’ « enfer ». Madeleine, dite Sœur Emmanuelle, restera toujours aussi têtue.
Dieu n’appelle jamais des « parfaits ». Il appelle n’importe qui, n’importe comment et n’importe où.
A notre époque, par exemple, il peut surprendre n’importe qui, interpeller, appeler, sur le quai du métro ou dans une grande surface. Il en est qui l’ont rencontré en soignant des blessés, d’autres durant leur séjour en prison, à la suite d’une épreuve ou d’une lecture d’évangile, d’un service rendu ou reçu, ou encore d’un témoignage découvert sur le petit écran. Celui que l’on a surnommé le grand silencieux n’est jamais muet. Il nous fait signe constamment, en plein travail ou en plein bouchon, au restaurant ou dans la buanderie. Il faut cependant reconnaître que tout appel suscite d’emblée un certain désarroi, peut-être même une belle frayeur. L’interpellé prend brusquement conscience de ses limites et des risques encourus. Isaïe, par exemple, a commencé par trembler et à paniquer. Mais il a pressenti que Yahwé avait besoin des humains pour s’adresser aux humains. Il s’est porté volontaire, pour servir de messager d’une Parole qui invitait à la conversion son propre peuple, empêtré dans toutes sortes de « combines » humaines. Ce qui traduisait un manque de foi en Dieu, et un oubli de l’essentiel.
Au-delà des jugements et des calculs de la prudence humaine, tout relève en définitive du domaine de la confiance. Tout dépend d’elle. Ce sont bien là les risques de la foi. Et l’on n’a rien sans risque !

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

1925 – 2008