PASTORALE DES « ROMS » : ÉDUQUER À L’AMOUR

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PASTORALE DES « ROMS » : ÉDUQUER À L’AMOUR

Séminaire international sur l’intégration des Roms en Europe

Anne Kurian
ROME, mardi 19 juin 2012 (ZENIT.org) – La pastorale spécifique des Roms doit les « aimer et les éduquer à l’amour », pour qu’ils se sentent à la fois « pleinement insérés dans la société », et « reconnus et valorisés pour ce qui les caractérise », estime le P. Bentoglio.
Le P. Gabriele F. Bentoglio, sous-secrétaire du Conseil pontifical de la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, est intervenu lors du premier séminaire international sur les projets d’intégration des Roms en Europe centrale et orientale, ce matin, 19 juin.
La rencontre, intitulée “Ouvrir les portes” (Opening Doors), est organisée par la Commission pour la pastorale des migrants de la Conférence épiscopale hongroise et par “Renovabis”, organisation caritative catholique d’Allemagne. Elle a lieu en Hongrie, à Eger, du 19 au 21 juin 2012.
Eduquer à l’amour
Le P. Bentoglio a invité à réfléchir « sur une nouvelle forme de solidarité et d’accompagnement des Roms » fondée sur une « collaboration respectueuse plus explicite ».
La communauté Rom, a-t-il dénoncé, est la minorité la plus « désavantagée » en Europe : les Tziganes continuent à être « victimes de discrimination et même de « racisme ». Beaucoup vivent « en-dessous du seuil de pauvreté », dans des conditions misérables. Dans certains pays, leurs enfants leur sont soustraits, et les femmes soumises à des « stérilisations forcées ».
L’engagement de l’Eglise pour les Roms, a souligné le P. Bentoglio, est « différente de celle des Etats, qui est essentiellement de caractère politico-temporel » : les pouvoirs publics (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Conseil de l’Europe, Union européenne et autres ONG) promeuvent « de nombreuses mesures pour l’intégration des Roms ».
Mais l’Eglise, plus attentive à « l’être » qu’au « faire », rappelle que « pour les intégrer sans assimiler » il est nécessaire d’aimer et d’éduquer à l’amour, permettant ainsi aux Tziganes de se sentir à la fois « pleinement insérés dans la société », et « reconnus et valorisés pour ce qui les caractérise ».
Pour l’Eglise, a précisé le P. Bentoglio, les meilleures voies pour l’intégration sont donc « l’instruction scolaire et la formation professionnelle », dans le « respect de la légalité et des réglementations partagées ».
L’Eglise œuvre surtout en deux directions, a-t-il expliqué : d’une part en annonçant que « l’humanité est appelée à former une seule famille dans le respect des légitimes différences », et d’autre part en dénonçant « la violation des droits humains » là où elle existe.
Un pèlerinage mondial en 2015
En vue de l’avenir, le P. Bentoglio a détaillé les invitations de son dicastère pour cette pastorale des Roms.
Un pèlerinage mondial est prévu pour le 26 septembre 2015 – à l’occasion du 50e anniversaire de la visite de Paul VI au camp de Tziganes de Pomezia – : les Roms du monde entier sont invités à Rome, pour un pèlerinage qui culminera avec la messe présidée par le pape. Il s’agit de « donner une image positive » de leur peuple, précise-t-il.
Le dicastère encourage aussi le souci des « vocations d’origine Rom », en les préparant aux « devoirs pastoraux envers leur peuple », pour les aider à assumer le rôle de « pont » entre les diverses communautés.
Le P. Bentoglio a appelé à « valoriser la journée internationale des Roms », célébrée le 8 avril : elle est en effet une occasion de « célébrer leur culture, et de sensibiliser l’opinion publique sur leurs difficultés ». L’Eglise, a-t-il insisté, doit « participer aux initiatives promues par les organisations qui travaillent en faveur des Roms ».
La pastorale pour les Roms doit aussi « soutenir la formation de médiateurs », qui puissent « servir de canaux de communication entre les communautés Roms et la population majoritaire », et « favoriser une bonne préparation professionnelle, éradiquant la méfiance des Roms, et les préjugés persistants dans la société ».
Des activités « d’échange culturel entre les jeunes Tziganes » doivent être promues, a poursuivi le P. Bentoglio, notamment « favoriser des visites d’études, où ils peuvent rencontrer des jeunes de divers pays, pour les stimuler à acquérir une plus grande connaissance des autres cultures et à considérer leur identité à partir d’une nouvelle perspective ».
En outre, pour les jeunes, il est nécessaire de proposer des « activités de prévention » (volontariat, associations, groupes sportifs) pour « les arracher à l’inertie, au manque d’intérêt, à la drogue et à l’alcool », en créant davantage de centres de loisirs, d’études et de préparation professionnelle.
Enfin, les organisations humanitaires doivent penser à « organiser des initiatives de micro-crédit » pour les familles et communautés qui se montrent « le plus en mesure de les utiliser en faveur de leur ethnie », a précisé le P. Bentoglio.
L’Eglise, a-t-il fait observer, « n’a pas toutes les réponses aux attentes des Roms ». Pour lui, l’amélioration de leurs conditions de vie exige l’engagement de tous », avec « responsabilité » et « transparence », même si l’on a « peu de moyens ».
Porteurs de valeurs
Le P. Bentoglio a détaillé par ailleurs l’histoire de la pastorale des migrants, qui a commencé en France avec la première aumônerie pour les gens du voyage, fondée par P. Jean Fleury, en 1948.
Aujourd’hui, a-t-il ajouté, une « structure pastorale spécifique pour les migrants » existe dans presque tous les pays européens. En outre, le Conseil des cvonférences épiscopales d’Europe (CCEE), la Commission des épiscopats de la communauté européenne (COMECE), ainsi que les diocèses, paroisses, communautés et mouvement religieux, participent à cette pastorale spécifique.
Benoît XVI, a-t-il rappelé, a donné une orientation forte à cette pastorale : le 11 juin 2011, il a reçu au Vatican plus de 2.000 représentants de diverses ethnies tziganes de toute l’Europe, une première dans l’histoire des papes.
Son discours d’alors, qui reste « utile pour l’Eglise comme pour les autorités civiles », offre une « lecture positive » de la réalité tzigane : le pape demande de les regarder « sans généralisation et idées préconçues », pour leur permettre de « vivre selon leur identité ethnique et culturelle ». Les Roms ne doivent pas être seulement les « bénéficiaires d’œuvres d’assistance », car ils sont aussi « porteurs de valeurs et de ressources ».

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