Sixième dimanche de Pâques B – Homélie

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HOMÉLIE

Sixième dimanche de Pâques B                                                              

(21 mai 2006)      

 Père Michel Farin,  jésuite

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».
L’amour qui doit commander la vie de l’humanité selon la révélation que nous en donne le Christ est un grand mystère, caché aux sages et aux savants a dit Jésus, mais qui touche et bouleverse les petits, les tout petits, comme Jésus, ceux qui s’abandonnent et se confient à ce qui leur écharpe et les déborde complètement.
En effet, ce commandement de l’amour par Jésus, nous met devant un abîme, puisqu’il s’agit de nous aimer les uns les autres comme Jésus nous a aimés et que Jésus nous a aimés comme le Père l’a aimé. Nous sommes donc appelés à nous aimer les uns les autres comme le Père aime le Fils, c’est-à-dire dans la profondeur insondable de l’Esprit de Dieu, l’Esprit Saint, qui est tout autre chose que le sentiment d’aimer.
Cet Esprit d’amour qui s’est exprimé pour nous à travers toute la vie, la mort et la résurrection de Jésus, se donne par une initiative paternelle, originelle, sans retour, sans condition : « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour ». Et Jésus dont la vie tout entière repose sur cette Parole du Père, nous dira : « Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait… Aimez vos ennemis. »
Nous voyons bien ici en quoi l’Esprit d’amour qui nous est donné pour commander notre vie transcende le seul sentiment d’aimer avec lequel nous le confondons sans cesse. Je peux aimer un ami, à l’égard duquel j’ai ce sentiment. Mais comment aimer un ennemi, à l’égard duquel j’ai justement le sentiment contraire, de la haine.
Jésus lui-même témoignera de cet amour sans retour au-delà de tout sentiment quand il attendra Judas dans le jardin des Oliviers. Il l’attend avec cet amour du Père qui ne peut se reprendre mais non sans avoir dit à son Père : « Pas ce que je veux, mais ce que tu veux ». Comment Jésus, à moins d’être malade, pouvait-il avoir un sentiment d’amour pour le traître, mais il a aimé l’homme Judas jusqu’au bout, comme le Père l’a aimé.
« Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés, comme le Père m’a aimé ».
Cet amour peut donc nous commander ce que nous ne voulons pas. Mais c’est l’Esprit qui nous commande et non pas une loi extérieure vis-à-vis de laquelle il s’agirait d’être en règle. Et si Jésus obéit, dans le sang et les larmes, c’est à ce que lui commande son Père dans l’intimité inimaginable de l’Esprit.
L’amour ne peut nous commander que de l’intérieur, là où la présence d’un autre me touche, au-delà de toute image que je peux projeter sur lui, à l’extérieur. Si je crois aimer quelqu’un parce que j’aime son image, je suis dans ce que la Bible appelle l’idolâtrie et cet amour imaginaire va être mis à l’épreuve par la vie. Vais-je toujours aimer cet homme dont l’intelligence me bouleverse quand il va s’enfoncer dans l’inconnu avec une maladie Alzheimer ?
Car le propre de l’amour, de l’Esprit Saint, est de faire de la présence de l’autre en moi, une présence unique, comme celle du Fils unique pour le Père. Comme le Père m’a aimé… aimez-vous les uns les autres. L’unique, c’est ce qu’est l’un pour l’autre dans l’amour, dans l’Esprit, et c’est cette œuvre de l’amour qui fait, entre nous, l’humanité, la véritable humanité, à l’image de Dieu.
Nous avons entendu l’écho d’une telle rencontre entre l’un et l’autre où l’Esprit fonde l’humanité dans le Christ. C’est celle de Pierre et du Centurion Corneille, dans les Actes des Apôtres. Il n’y avait pas spécialement de sentiment amical entre un centurion romain et un pêcheur de Galilée. Et pourtant l’Esprit d’amour a commandé leur rencontre malgré le mouvement de retrait effrayé de Pierre à l’idée de partager l’intimité de l’Alliance divine qui fait le peuple élu avec un païen. Mais l’Esprit du Christ a commandé cette rencontre dans le cœur de l’un et de l’autre, afin que l’un et l’autre se reconnaissent comme Dieu les connaît, uniques pour le Père, unique l’un pour l’autre à travers le pardon de toute une histoire de haine. « Pierre alors s’écrie : En vérité, je le comprends : Dieu ne fait pas de différences entre les hommes… Pierre parlait encore quand l’Esprit Saint s’empara de tous ceux qui écoutaient la Parole. Tous les croyants qui accompagnaient Pierre furent stupéfaits, eux qui étaient juifs, de voir que même les païens avaient reçu à profusion le don de l’Esprit Saint. »
Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que vous soyez comblés de joie.

2 Réponses à “Sixième dimanche de Pâques B – Homélie”

  1. Anonyme dit :

    moi j’ai aimer mes ennemis toute ma vie , depuis l’âge où je suis née si j’ai bien compris !

    et bien je peux vous dire que je ne choisirai JAMAIS le mensonge ni l’idolâtrie ! S’en est fini de cette complaisance qui m’a détruit .

  2. gabriellaroma dit :

    Si vous savez que vous avez accompli la volonté de Dieu doit se sentir à l’aise dans tous les sens, rien ni personne, pas même vous, vous pouvez retirer de l’amour de Dieu

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