Archive pour le 30 mars, 2012

DIMANCHE DES RAMEAUX

30 mars, 2012

DIMANCHE DES RAMEAUX dans images sacre entrance_into_jerusalem

http://www.stpaulsirvine.org/icons.html

Sermon XIII, pour la fte des Rameaux et sur lnon, Saint Cyrille dAlexandrie

30 mars, 2012

http://missel.free.fr/Annee_A/careme/rameaux_4.html

Sermon XIII, pour la fte des Rameaux et sur lnon

Saint Cyrille dAlexandrie

Voici le mystre cach de l’conomie du salut qui correspond cet vnement : lorsque dans les enfers le Christ met en moi la prison d’en bas, les puissances suprieures crient aux infrieures : Portes levez vos frontons[1] , afin qu’entre celui qui dit Je suis la porte[2] . Et les puissances adverses rpliquent, frappes de stupeur : Qui est ce roi de gloire ?
Les htes de la Jrusalem terrestre s’enquitrent : Qui est ce roi de gloire ? Et lorsque le Christ monte vers la Jrusalem d’en haut, les puissances spirituelles, le voyant incarn (alors qu’elles ne l’ont jamais vu du fait de sa nature incorporelle), s’tonnent du mode surprenant de son ascension et, intrigues, se demande les unes aux autres : Qui est celui-l qui se prsente incarn dans les espaces incorporels ?
Mais ce dont on peut s’tonner, c’est de les voir s’enqurir, ces puissances royales : Qui est celui-l qui se prsente ? , alors qu’au Jour de sa nativit sur la terre elles ont proclam et chant : Gloire Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ![3] C’est d’elles que les enfants des Hbreux, dans leur louange ont appris dire aujourd’hui : Hosanna, bni celui qui vient au nom du Seigneur, paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ![4]
On pouvait voir en Sion comment les clestes et les terrestres se faisaient cho et se saluaient rciproquement. Ceux d’en haut disaient : Gloire Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre ! , et ceux d’en bas rpondaient : Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! Les anges disaient : Paix sur la terre ! et les hommes s’criaient : Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! Les anges disaient : Paix sur la terre ! et les hommes s’criaient : Paix dans le ciel !
Et pourquoi cela ? Parce qu’il tait l, celui qui proclamait tous : Paix vous ![5] , celui que priait le prophte en disant : Seigneur notre Dieu, donne-nous la paix ![6] , c’est--dire : envoie ton Fils unique, afin que par lui tu te rconcilies avec nous, en voyant notre nature ttre unie par lui.
Les churs clestes, voyant cette paix, ont proclam : Gloire Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre ! C’est la rconciliation parfaite de Dieu avec ses ennemis. Et leur tour les enfants l’apprenant, se sont cris : Hosanna, paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! Car ce qui fut ennemi a t rendu fraternel, les clestes et les terrestres offrant au Christ cleste et terrestre une seule et mme louange et adoration.
C’est ainsi que ceux d’en haut exhortent ceux d’en bas offrir leur louange : Qu’adorent le Seigneur toutes les familles des nations ![7] Et ceux d’en bas font cho ceux d’en haut : Que l’adorent tous les anges de Dieu ![8] David proclame tous : Joie au ciel, exulte la terre ![9] Et les enfants rpondent : Hosanna, bni celui qui vient au nom du Seigneur !

[1] Psaume XXIV 7.
[2] Evangile selon saint Jean, X 9.
[3] Evangile selon saint Luc, II 14.
[4] Evangile selon saint Luc, XIX 38.
[5] Evangile selon saint Jean, XX 19.
[6] Isae, XXVI 12.
[7] Psaume XLVI 7.
[8] Psaume XLVII 7.
[9] Psaume XLVI 11.

PAPE BENOT XVI: CLBRATION DU DIMANCHE DES RAMEAUX, 2009

30 mars, 2012

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/homilies/2009/documents/hf_ben-xvi_hom_20090405_palm-sunday_fr.html

CLBRATION DU DIMANCHE DES RAMEAUX

HOMLIE DU PAPE BENOT XVI

Place Saint-Pierre
XXIV Journe Mondiale de la Jeunesse
Dimanche 5 avril 2009

Chers frres et surs,
Chers jeunes,

Uni une foule grossissante de plerins, Jsus tait mont Jrusalem pour la Pques. Au cours de la dernire tape de son priple, prs de Jricho, Il avait guri laveugle Barthime qui, lui demandant piti, lavait invoqu comme Fils de David. prsent tant dsormais capable de voir il stait avec gratitude ml au groupe des plerins. Quand, aux portes de Jrusalem, Jsus monte sur un ne – lanimal symbole de la royaut davidique – la joyeuse certitude clate spontanment au milieu des plerins : Cest Lui, le Fils de David ! Cest pourquoi ils saluent Jsus avec lacclamation messianique : Bni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! , et ils ajoutent : Bni le Rgne qui vient, celui de notre Pre David. Hosanna au plus haut des cieux ! (Mc 11, 9s). Nous ne savons pas prcisment comment les plerins enthousiastes pouvaient imaginer ce que fut le Rgne de David venir. Mais nous, avons-nous vraiment compris le message de Jsus, Fils de David ? Avons-nous compris ce quest le Rgne dont Il a parl au cours de linterrogatoire devant Pilate ? Comprenons-nous ce que cela signifie que ce Royaume nest pas de ce monde ? Ou bien dsirerions-nous linverse quil soit de ce monde ?
Saint Jean, dans son vangile, aprs le rcit de lentre Jrusalem, rapporte une srie de parole de Jsus, travers lesquelles il explique lessentiel de ce royaume dun genre nouveau. Dans une premire lecture de ces textes, nous pouvons distinguer trois images du Royaume dans lesquelles, toujours de faon toujours diffrente, se reflte le mme mystre. Jean raconte avant tout que, parmi les plerins qui durant la fte voulaient adorer Dieu , il y avait aussi des Grecs (cf. 12, 20). Prtons attention au fait que le vritable but de ces plerins tait dadorer Dieu. Ceci correspond parfaitement ce que Jsus dit loccasion de la purification du Temple : Ma maison sappellera maison de prire pour toutes les nations (Mc 11, 17). Le vritable but du plerinage doit tre celui de rencontrer Dieu ; de ladorer et ainsi de mettre dans lordre juste la relation fondamentale de notre existence. Les grecs sont des personnes la recherche de Dieu ; travers leur vie, ils sont en chemin vers Dieu. Ainsi, par lintermdiaire de deux Aptres de langue grecque, Philippe et Andr, font-ils parvenir leur demande au Seigneur : Nous voudrions voir Jsus (Jn 12, 21). Voil une parole importante ! Chers amis, cest pour cela que nous nous sommes runis ici : nous voulons voir Jsus. Dans ce but, lanne dernire, des milliers de jeunes sont alls Sydney. Certes, il devait y avoir des attentes multiples pour ce plerinage. Mais lobjectif essentiel tait celui-ci : nous voulons voir Jsus.
lgard de cette requte, qua dit et fait Jsus alors ? Lvangile ne laisse pas apparatre clairement si une rencontre entre ces Grecs et Jsus a eu lieu. Le regard de Jsus va bien au-del. Le cur de sa rponse la demande de ces personnes est : Si le grain de bl tomb en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais sil meurt, il donne beaucoup de fruit (Jn 12, 24). Cela signifie : il nest plus important maintenant quait lieu un dialogue plus ou moins bref avec quelques personnes, qui sen retourneront ensuite chez elles. Comme grain de bl mort et ressuscit, je viendrai, de faon totalement nouvelle et au-del des limites du moment prsent, la rencontre du monde des Grecs. Par la Rsurrection, Jsus dpasse les limites de lespace et du temps. Ressuscit, Il est en chemin vers ltendue du monde et de lhistoire. Oui, ressuscit, il va chez les Grecs et parle avec eux, il se montre eux de sorte que eux, les lointains, deviennent proches et, dans leur propre langue, dans leur propre culture, sa parole advient sur un mode nouveau et est comprise dune faon nouvelle advient son Royaume. Nous pouvons ainsi reconnatre deux caractristiques essentielles de ce Rgne. La premire est que ce Royaume sinstitue travers la croix. Puisque Jsus se donne totalement, il peut en tant que ressuscit appartenir tous et se rendre prsent tous. Dans la Sainte Eucharistie, nous recevons le fruit du grain de bl tomb en terre, la multiplication des pains qui se poursuit jusqu la fin du monde dans tous les temps. La seconde caractristique est celle-ci : sa Royaut est universelle. Lantique esprance dIsral saccomplit : la royaut de David ne connat plus de frontire. Elle stend dune mer lautre (Zach 9, 10). cest--dire embrasse le monde entier. Cependant, ceci nest possible que parce quelle nest pas la souverainet dun pouvoir politique, mais quelle se fonde uniquement sur la libre adhsion de lamour un amour qui, pour sa part, rpond lamour de Jsus Christ qui sest donn pour tous. Je pense que nous devons apprendre toujours nouveau les deux choses, surtout luniversalit, la catholicit. Cela signifie que personne ne peut prendre pour labsolu soi-mme, sa culture, son temps et son monde. Cela demande que tous, nous nous accueillons mutuellement, renonant une part de ce qui nous est propre. Luniversalit inclut le mystre de la Croix le dpassement de soi-mme, lobissance la parole de Jsus qui nous est commune dans lglise qui nous est commune. Luniversalit est toujours un dpassement de soi-mme, un renoncement quelque chose de personnel. Luniversalit et la croix vont ensemble. Cest seulement ainsi que la paix se cre.
La parole concernant le grain de bl tomb en terre fait partie de la rponse de Jsus aux Grecs, elle est sa rponse. Toutefois, il formule ensuite une nouvelle fois la loi fondamentale de lexistence humaine : Celui qui aime sa vie la perd ; celui qui sen dtache en ce monde la garde pour la vie ternelle (12, 25). Cest--dire, qui veut garder sa vie pour lui, vivre seulement pour lui-mme, rapporter tout soi et jouir de toutes les opportunits cest proprement lui qui perd la vie. Celle-ci devient ennuyeuse et vide. Ce nest que dans labandon de soi-mme, dans le don dsintress du je en faveur du tu, dans le oui une vie plus grande – celle de Dieu -, que notre vie devient grande et belle. Ce principe fondamental, que le Seigneur tablit, est en dernire analyse purement et simplement identique au principe de lamour. En effet, lamour signifie : sabandonner soi-mme, se donner, ne pas vouloir se possder soi-mme, mais devenir libre de soi-mme : ne pas se replier sur soi (en pensant) quadviendra-t-il de moi ? -, mais regarder en avant, vers lautre vers Dieu et vers les hommes que Lui menvoie. Et ce principe de lamour, qui marque le chemin de lhomme, est encore une fois identique au mystre de la croix, au mystre de mort et de rsurrection que nous rencontrons dans le Christ. Chers amis, il est peut-tre relativement facile daccepter cela comme le sens profond de la vie. Dans la ralit concrte, cependant, il ne sagit pas de simplement reconnatre un principe, mais den vivre la vrit, la vrit de la croix et de la rsurrection. Et pour cela, nouveau, une unique et grande rsolution ne suffit pas. Il est certainement important, essentiel doser poser une fois le grand choix dcisif, doser le grand oui que le Seigneur nous demande un certain moment de notre vie. Mais le grand oui du moment dcisif dans notre vie le oui la vrit que le Seigneur nous propose doit ensuite tre quotidiennement reconquis dans les situations de chaque jour dans lesquels, toujours de nouveau, nous devons abandonner notre moi, nous mettre disposition, quand au fond nous voudrions linverse nous accrocher notre moi. Le renoncement, le sacrifice font aussi partie dune vie droite. Qui promet une vie sans ce don de soi-mme toujours renouvel, trompe les gens. Il nexiste pas de vie russie sans sacrifice. Si je jette un regard rtrospectif sur ma vie personnelle, je dois dire que ce sont prcisment les moments o jai dit oui un renoncement, qui ont t les moments importants et dcisifs de ma vie.
Enfin, saint Jean a accueilli dans lcho quil donne des paroles du Seigneur pour le Dimanche des Rameaux , une forme modifie de la prire de Jsus dans le jardin des oliviers. Il y a avant tout laffirmation : Mon me est bouleverse (Jn 12, 27). Leffroi de Jsus apparat ici, soulign fortement par les autres vanglistes son effroi devant le pouvoir de la mort, devant tout labme du mal quIl voit et dans lequel il doit descendre. Le Seigneur souffre nos angoisses avec nous, il nous accompagne travers lultime angoisse jusqu la lumire. Puis viennent en saint Jean, les deux demandes de Jsus. La premire, exprime seulement au conditionnel : Que puis-je dire ? Dirai-je ? : Pre, dlivre-moi de cette heure ? (Jn 12, 27). En tant qutre humain, Jsus aussi se sent pouss demander que lui soit pargne la terreur de la Passion. Nous aussi pouvons prier ainsi. Nous aussi, nous pouvons nous plaindre au Seigneur comme Job le ft, lui prsenter toutes les demandes qui, face linjustice du monde et au trouble de notre propre moi, surgissent en nous. Devant Lui nous ne devons pas nous rfugier dans des phrases pieuses, dans un monde factice. Prier signifie toujours aussi lutter avec Dieu, et comme Jacob nous pouvons lui dire : Je ne te lcherai que si tu me bnis (Gn 32, 27). Mais vient ensuite la seconde demande de Jsus : Glorifie ton nom ! (Jn 12, 28). Dans les synoptiques, cette demande rsonne ainsi : Que ce ne soit pas ma volont qui se fasse, mais la tienne (Lc 22, 42). En dfinitive, la gloire de Dieu, sa seigneurie, sa volont sont toujours plus importantes et plus vraies que mes penses et que ma volont. Cest l lessentiel dans notre prire et dans notre vie : apprendre cet ordre juste de la ralit, laccepter profondment ; faire confiance Dieu et croire quIl fait la chose juste ; que sa volont est la vrit et lamour ; que ma vie devient bonne si japprends adhrer cet ordre. Vie, mort et rsurrection de Jsus sont pour nous la garantie que nous pouvons vritablement nous fier Dieu. Et cest de cette faon que se ralise son royaume.
Chers amis, au terme de cette liturgie, les jeunes venus dAustralie remettront la Croix de la Journe Mondiale de la Jeunesse leurs homologues venus dEspagne. La Croix est en chemin dun ct du monde lautre, dune mer une autre. Et nous, nous laccompagnons. Nous progressons avec elle sur la route quelle trace et nous trouvons ainsi notre route. Quand nous touchons la Croix, ou plutt, quand nous la portons, nous touchons le mystre de Dieu, le mystre de Jsus Christ. Ce mystre est que Dieu a tant aim le monde nous quil a donn son Fils unique pour nous (cf. Jn 3, 16). Nous touchons le mystre merveilleux de lamour de Dieu, lunique vrit authentiquement rdemptrice. Mais nous touchons aussi la loi fondamentale, la norme constitutive de notre vie, cest--dire le fait que sans le oui la Croix, sans le cheminement en communion avec le Christ jour aprs jour, la vie ne peut aboutir. Plus nous sommes capables de quelques renoncements, par amour de la grande vrit et du grand amour par amour de la vrit et par amour de Dieu -, plus grande et plus riche est notre vie. Qui veut garder sa vie pour soi-mme, la perd. Qui donne sa vie quotidiennement dans les petits gestes, qui sont constitutifs de la grande dcision -, celui-ci la trouvera. Cest l la vrit exigeante, mais aussi profondment belle et libratrice, dans laquelle nous voulons pas pas entrer au cours de ce parcours de la Croix dun continent lautre. Que le Seigneur daigne bnir ce chemin ! Amen.