Archive pour le 3 mars, 2012

The Transfiguration of Christ by William Hole

3 mars, 2012

The Transfiguration of Christ by William Hole dans images sacrée William_Hole_The_Transfiguration_Of_Christ_350

http://www.gospel-parallels.net/2011/03/three-apostles-witness-transfiguration.html

Devenir Évangile de Dieu

3 mars, 2012

http://geraldchaput.homily-service.net/retraites.html

Devenir Évangile de Dieu

Nous, créature née de Dieu, nous ne pouvons vraiment devenir ce que nous sommes qu’en étant des saints. Voilà la conclusion de ces heures consacrer à prier, à réfléchir. Nous sortons pour aller au cœur du cœur de Dieu qu’est notre société d’ici. Nous sortons pour aller rencontrer Dieu dans cette basilique infinie de la douleur humaine qu’est notre monde.
Notre société est malade d’une lèpre dont il nous est répugnant de toucher et pourtant dont il serait essentiel d’y apporter et d’offrir des moyens d’en guérir. Cette lèpre se nomme l’absence flagrante d’un désir de plénitude de vie. Nous ne vivons plus. Nous existons. Notre vie qui est belle, qui doit si violemment nous enthousiasmer, il faut la vivre en plénitude comme moyen d’apporter un peu de baume à cette lèpre qui nous ravage. Il nous faut « le courage d’être » (P.Tillich, théologien luthérien) Courage d’être comme Ingrid Betancourt, cette femme emprisonnée par la guérilla de Bogota parce qu’elle désirait pour son peuple plus de justice. Comme le Père Jacques de Jésus qui, dans les camps de concentration, semait espoir et joie.
Non seulement il nous faut vivre les tensions de notre milieu en humain mais il faut les vivre pour devenir plus humain. La plénitude de l’humain, notre accomplissement total, se réalise, se concrétise dans notre manière de vivre les croix du monde, de les porter aussi. Les croix nous rendent semblable et à la ressemblance de Jésus. Sur la Croix, Jésus a atteint la plénitude de l’humain. Les croix qu’elles se nomment tension, distance, froideur dans le couple, tragédie humanitaire du Rwanda ou qu’elles se laissent voir sur la terre que Jésus a foulée entre palestiniens et israéliens, est le chemin pour développer notre stature d’hommes et de femmes accomplis. La croix n’anéantira jamais l’humain. Elle nous ouvrira en nous délivrant de notre poids d’être, à la plénitude de la joie, de bonheur, de l’attestation de ce que nous sommes. Le Père Jacques de Jésus disait ces mots qu’il a vécus en plénitude : «  c’est sur les sommets de la Croix qu’il faut monter pour mesurer dans toute son infini splendeur la destinée de l’homme » (Revue du Carmel #110, 2003 p.42)
Soyons nous-mêmes. Soyons ce que nous sommes. Cela m’apparaît présentement la plus belle des devises à nous donner. Ne suivons pas le chemin de tout le monde. Prenons le chemin de la Loi du Seigneur comme le dit le psaume 1 er . Ayons le courage de la différence non pas pour nous faire remarquer mais parce que nous «  avons soif que le Dieu vivant » (Ps43) puisse vivre en tous.
Là où sur nos terrains où nous retournons, dans nos groupes de rencontres, en dépit de tout ce pessimisme, découragement, blessures, même si cela est difficile et surtout parce que cela est difficile, demeurons ce que nous sommes : humain. Ne fuyons pas la souffrance. L’histoire de Jésus n’est pas terminée. Nous sommes là pour y donner du sens en affrontant plus qu’en subissant ces temps de grand questionnement en étant des adorateurs de Dieu au cœur de ce monde et pourquoi pas en voyant Jésus sur tous ces visages de misère que nous côtoyons.
Nous sommes chrétiens, des fils de Dieu. Nous sommes « portion de Dieu. En devenant davantage à sa ressemblance, nous faisons que son Règne vienne. Nous avons mission d’être éveilleur de Vie (avec un grand et petit v). Éveilleur de sens. Nous sommes des diplômés d’une vie pleine de sens. D’une vie réussie non pas à entendre comme possédant toutes les ressources matérielles possibles mais dans le sens d’accomplissement. Éveilleur de sens jusqu’à dépasser l’actualité avec ces scènes de tragédies perpétuelles pour implanter l’éternité au cœur de temps présent. Comment cela va-t-il se faire ? En étant de priant au quotidien, en perdant du temps à ne rien faire pour être chez Dieu. Osons vivre différemment l’actualité. Osons « dehors » vivre comme si nous étions dans la maison de la Parole, habité par sa Parole. Osons la Parole. Osons être Parole de Dieu.
Il nous faut reprendre en main l’avenir de la foi sans l’imposer. « Co mment croire si la foi n’est pas annoncée » (Rm10, 15). Ne sommes-nous pas «  lumière du monde et sel de la terre » (Mtt 18,16) . Les signes d’un nouveau printemps ne manquent pas. Sa floraison dépendra de notre contribution, comme peuple de Dieu, comme Église de Dieu à rendre présent l’Évangile dans le monde. Le temps de l’audace commence. Ne pleurnichons pas sur nos malheurs. Osons l’avenir autrement.
En terminant je vous donne deux cadeaux : le monde à dominer non pas dans le sens « d’écraser » mais dans le sens de le faire progresser vers une plénitude d’être. Une image, une icône, celle que j’ai placé sur le document que je vous remets. C’est mon dernier mot. Mon dernier geste qui dit tout : n’oubliez pas de La regarder souvent longuement. C’est incontournable pour devenir ce que nous sommes : Évangile de Jésus. Ayez de la « dévotion » (François de Sales ) pour l’humain, même le plus repoussant. Voilà ce que je veux pour vous. Voilà ce que je cherche à voir en vous.

Homélies du 2e dimanche de carême, B

3 mars, 2012

http://www.entraide.be/spip.php

Homélies du 2e dimanche de carême, B

Gn 22, 1-2. 9a, 10-13, 15-18 ; Rm 8, 31b-34 ; Mc 9, 2-10

Qui aime comme Dieu aime, risque sa vie… Nous avons peine à admettre et même à comprendre cette vérité proclamée, illustrée tout au long de la Bible, prouvée encore par la Passion du Christ et la série jamais interrompue des martyrs. Nous vénérons certes un Jésus crucifié, mais celui qui nous fait face est de bois, de plâtre ou d’argent. Un souvenir lointain et muet. Il est vrai que les disciples eux-mêmes ont mis bien du temps pour comprendre et accepter l’insoutenable affirmation du Maître : « Le Fils de l’Homme lui aussi va souffrir.. Il sera livré aux grands prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort et le livreront aux païens pour qu’ils se moquent de lui, le flagellent, le crucifient… » (Mc 10, 33-34).
Il ne faut pas pour autant accuser Dieu. Son désir et sa volonté ne sont pas de nous faire souffrir, ni de nous sacrifier à la vengeance des méchants. C’est la logique même de l’amour de prendre les risques de la générosité et de la fidélité. C’est l’amour même qui nous entraîne irrémédiablement à lutter contre tout ce qui empêche le rayonnement de l’amour, tout ce qui le blesse, le défigure et le détruit. Un chemin exaltant, mais un chemin de combat. Un chemin de croix.
Au fond de nous-même, et bien des réactions le confirment, nous voudrions que notre foi soit récompensée par la sécurité et un bonheur sans nuages. Nous voudrions que nos « vertus », reconnues et appréciées de tous, nous assurent bonne réputation et vie sans histoire. Dieu n’a-t-il pas promis le bonheur et la paix à ceux qui croient en lui ? Une vision singulièrement courte.
Il ne faut pas confondre Dieu avec nos propres désirs. L’amour dont il aime tous les êtres humains, et qui est donc celui qu’il nous propose d’accueillir et de vivre, dépasse de loin nos petits intérêts personnels et égoïstes. Aimer Dieu, c’est aimer comme il aime, c’est-à-dire passionnément et sans limites. Et il n’est pas possible d’aimer Dieu sans aimer tous ceux qu’il aime. Nous ne pouvons pas vraiment aimer Dieu et nos frères et sœurs humains sans lutter partout et toujours pour que l’amour soit plus fort que la haine, plus fort que la violence, l’injustice, l’égoïsme, sous toutes leurs formes. Le chrétien est toujours mobilisé et doit rester en tenue de combat.
Nous préférons certes la tranquillité, l’écoute paisible de la Parole de Dieu, la prière réconfortante, les chants de louange et même la contemplation « des merveilles que fit le Seigneur… ». « Plantons ici trois tentes… ».
La foi n’est pas évasion du monde, ni retraite sur la montagne. Encore moins une fuite dans un désert qui nous protégerait du cri des affamés et des persécutés. Le Fils bien-aimé, dont on découvre la divinité et la gloire, est aussi celui qu’il faut écouter, car, dit Dieu, « j’ai mis en lui tout mon amour ». Et voilà que ce même Jésus nous fait descendre dans la plaine pour être affrontés au scandale de l’injustice et de l’orgueil, celui de la haine et des violences. C’est ici que l’amour doit triompher.
Mais il n’y a pas de victoire sans blessure, sans souffrance, sans victime. Y a-t-il des volontaires pour risquer leur vie ? C’est précisément ce que Jésus a fait, sans tenir compte de la « prudence » et surtout de la peur de ses disciples. Ils attendaient succès, applaudissements et récompense, et Jésus les entraîne dans la réprobation, l’opposition même religieuse, les conflits avec les autorités civiles et spirituelles, jusqu’à l’échec et la mise en accusation. C’est pour être passionné du même amour, c’est pour avoir renoncé à l’amour « étriqué », que dans plus d’un pays du monde « chaque jour fournit son contingent de cadavres, de paysans mutilés, d’animateurs chrétiens torturés et exécutés » (1).
Comme nous le rappelle « Entraide et Fraternitéé »(2), ces chrétiens sont de ceux « qui refusent l’exploitation et construisent la paix… ». Et nous ? « Sommes-nous prêts à descendre de la montagne, à écouter le « Fils bien-aimé », jusqu’à prendre les risques qu’il a pris ?
Chaque eucharistie nous conduit comme les apôtres avec Jésus « à l’écart », pour nous apprendre à voir, au-delà des réalités sensibles, ce Jésus qui est sauveur et libérateur, et qu’il nous faut écouter. Enrichis, éclairés, réconfortés, il nous faut ensuite retrouver le monde et suivre le Christ dans le concret de la vie quotidienne.

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

1925 – 2008

(1) « La Vie », hebdomadaire chrétien d’actualité, 25/02/1982.
(2) Entraide et Fraternité, rue du Gouvernement provisoire, 32 à 1000 Bruxelles, Belgique,