Archive pour janvier, 2012

S. ANTOINE DU DÉSERT FÊTÉ AU VATICAN PAR LES ÉLEVEURS ITALIENS

17 janvier, 2012

http://www.zenit.org/article-29903?l=french

S. ANTOINE DU DÉSERT FÊTÉ AU VATICAN PAR LES ÉLEVEURS ITALIENS

La Nouvelle évangélisation et la gratitude envers le Créateur

ROME, lundi 16 janvier 2012 (ZENIT.org) – Les animaux s’invitent au Vatican à l’occasion de la fête de saint Antoine du désert (251-356), demain, 17 janvier : la Nouvelle évangélisation passe aussi par la gratitude envers le Créateur pour sa générosité dans toutes les bestioles dont parle la Genèse.
En effet, comme chaque année, l’Association italienne des éleveurs (Associazione italiana allevatori, AIA) proposera devant la Place Saint-Pierre – Piazza Pio XII – sa traditionnelle
exposition d’animaux de ferme.
Les éleveurs et leurs familles participeront à une messe votive en la basilique vaticane, puis un défilé à cheval remontera la Via della Conciliazione.
C’est le cardinal Angelo Comastri, archiprêtre de la basilique vaticane et vicaire du pape pour la Cité du Vatican, qui bénira ensuite participants et visiteurs.
Le site Internet de l’AIA rappelle les principales étapes de la vie du saint du désert de la Thébaïde d’Egypte, et cite sa vie romancée par Gustave Flaubert (1874).
« Bien qu’il n’ait pas laissé de règle écrite, Antoine fut vraiment l’initiateur du monachisme, souligne le site « Missel.free.fr ». Antoine voulut que sa tombe fût secrète pour que l’on n’honorât pas ses reliques, mais son corps fut retrouvé et transféré à Alexandrie, puis à Constantinople (vers 633) où une église fut bâtie sous son vocable. » Selon une légende la tombe du saint aurait été indiquée par des léopards.
Et parce qu’il a été un grand thaumaturge avant et après sa mort – notamment pour la guérison du « feu de saint Antoine », il a été un saint très populaire et on lui a confié la protection des personnes et des troupeaux contre les maladies.
A Rome, en la paroisse de Sant’Eusebio, près de Sainte-Marie-Majeure, les animaux sont acceptés à la messe ce jour-là – et le dimanche suivant tout le monde ne pouvant participer à une messe en semaine -: chiens, chats, lapins, oiseaux – perroquets -, et même poissons rouges. Une belle chorale, une liturgie soignée, une homélie suggestive accompagnent la célébration à laquelle participent des personnes qui parfois ne viendront qu’à cette messe-là pendant l’année, comme si ces petites créatures restaient le dernier lien visible entre eux et le Créateur.
A la fin de la célébration, sur le parvis de l’église, sous la bannière de saint Antoine, le diacre passe au milieu de la foule et bénit chaque animal avec de l’eau bénite : une façon de remercier le Créateur pour la beauté et la bonté de sa création. Ici, pas de danger d’idolâtrer ces compagnons donnés par la générosité du Créateur : chacun est à sa place.
Un parchemin au nom de l’animal est ensuite remis à chacun des participants en souvenir de cette bénédiction. Sous l’effigie de saint Antoine, on y lit deux citations bibliques: « Vous tous, fauves et troupeaux, bénissez le Seigneur : A lui, haute gloire, louange éternelle ! Et vous, les enfants des hommes, bénissez le Seigneur : A lui, haute gloire, louange éternelle ! » (Daniel 3, 81).
Et cette citation d’Evangile : « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas plus qu’eux ? » (Matthieu 6, 26)
On a déjà vu là les chevaux des Carabiniers ou de la Garde de finance, et les chiens de la Protection civile. Parfois aussi, la fête se prolonge par une procession jusqu’au parc voisin, suivie d’un concours festif et populaire des animaux les plus sympathiques, comme ce couple d’Inséparables nommés « Point » et « Virgule », vainqueurs en 2010.
Et pour les retardataires ? Le curé ne refuse pas une bénédiction – dans la sacristie – au maître qui a manqué la messe : bénédiction pour lui et les siens avant même que pour son compagnon à quatre pattes. Et si la Nouvelle évangélisation passait aussi par ces gestes séculaires de la bénédiction des hommes et des bêtes, de tous les dons du Créateur ?

Anita Bourdin

Saint Antoine abbé

16 janvier, 2012

 Saint Antoine abbé dans images sacrée



http://www.santiebeati.it/immagini/?mode=view&album=22300&pic=22300AN.JPG&dispsize=Original&start=0

17 janvier – Saint Antoine

16 janvier, 2012

http://missel.free.fr/Sanctoral/01/17.php

17 janvier – Saint Antoine

Sommaire :

Historique
Vie de Saint Antoine par St Athanase

Historique
Antoine, né vers 251 en Haute Egypte, avait dix-huit ans lorsque moururent ses parents, chrétiens à la fortune considérable, qui lui laissaient le soin d’élever sa petite sœur. Observant et pratiquant, il fut un jour vivement frappé par cette invitation de Jésus : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel : viens et suis-moi ! » (Mat, XIX 21). Il obéit, mais fit toutefois une réserve des ressources nécessaires à sa sœur. Bientôt il fut impressionné par une autre parole du Sauveur : « Ne vous mettez pas en peine du lendemain. » (Mat, VI 34). Il se débarrassa de sa réserve, confia sa sœur à une communauté de vierges, et se retira dans une solitude voisine de Qéman, entre Memphis et Arsinoé ; conduit par un vieil ascète, Antoine partagea son temps entre la prière et le travail. Cette demi-retraite ne lui suffit pas longtemps ; quand sa réputation lui amena trop des visiteurs, il se réfugia dans un des anciens tombeaux égyptiens de la montagne où, de temps à autre, un ami lui apportait des provisions. Là commencèrent ses tribulations : le démon lui livrait de furieuses attaques. Un matin l’ami charitable le trouva étendu inanimé sur le sol ; il le rapporta au village où, le croyant mort, on prépara ses funérailles. Antoine reprit ses sens et demanda à être ramené immédiatement dans sa grotte.
Les assauts du démon continuèrent. Antoine chercha une retraite encore plus profonde, au delà du Nil. Vingt ans, il vécut enfermé dans un château ruiné, toujours aux prises avec Satan.
« Le diable, qui hait tout ce qui est digne de louange et qui envie toutes les bonnes actions des hommes… résolut d’user contre lui de tous les efforts qui seraient en sa puissance. La première tentation dont il se servit pour le détourner de la vie solitaire, fut de lui mettre devant les yeux les biens qu’il avait quittés, le soin qu’il était obligé d’avoir de sa sœur, la noblesse de sa race, l’amour des richesses, le désir de la gloire, les diverses voluptés qui se rencontrent dans les délices, et tous les autres plaisirs de la vie. Il lui représentait d’un côté les extrêmes difficultés et les travaux qui se rencontrent dans l’exercice de la vertu, la faiblesse de son corps, le long temps qui lui restait encore à vivre ; et, enfin, pour tâcher de le détourner de la sainte résolution qu’il avait prise, il éleva dans son esprit comme une poussière et un nuage épais de diverses pensées. Mais se trouvant trop faible pour ébranler un aussi ferme dessein que celui d’Antoine, et voyant qu’au lieu d’en venir à bout, il était vaincu par sa constance, renversé par la grandeur de sa foi et porté par terre par ses prières continuelles, alors, se confiant avec orgueil, selon les paroles de l’Évangile, aux armes de ses reins, qui sont les premières embûches qu’il emploie contre les jeunes gens, il s’en servit pour l’attaquer, le troublant la nuit et le tourmentant de jour, de telle sorte que ceux qui se trouvaient présents voyaient le combat qui se passait entre eux. Le démon présentait à son esprit des pensées d’impureté, mais Antoine les repoussait par ses prières. Le démon chatouillait ses sens, mais Antoine rougissait de honte, comme s’il y eût en cela de sa faute, fortifiait son corps par la foi, par l’oraison et par les veilles. Le démon se voyant ainsi surmonté, prit de nuit la figure d’une femme et en imita toutes les actions afin de le tromper ; mais Antoine élevant ses pensées vers Jésus-Christ et considérant quelle est la noblesse et l’excellence de l’âme qu’il nous a donnée, éteignit ces charbons ardents dont il voulait, par cette tromperie, embraser son cœur. Le démon lui remit encore devant les yeux les douceurs de la volupté, mais Antoine, comme entrant en colère et s’en affligeant, se représenta les gênes mortelles dont les impudiques sont menacés et les douleurs de ce remords qui, comme un ver insupportable, rongera pour jamais leur conscience. Ainsi, en opposant ces saintes considérations à tous ces efforts, ils n’eurent aucun pouvoir de lui nuire. Et quelle plus grande honte pouvait recevoir le démon, lui qui ose s’égaler à Dieu, que de voir une personne de cet âge se moquer de lui et que, se glorifiant comme il fait, d’être par sa nature toute spirituelle élevé au-dessus de la chair et du sang, de se trouver terrassé par un homme revêtu d’une chair fragile ? Mais le Seigneur qui, par l’amour qu’il nous porte, a voulu prendre une chair mortelle, assistait son serviteur et le rendait victorieux du diable. » (Saint Athanase, Vie de Saint Antoine)
Sollicité par les visiteurs qui venaient lui demander ou des miracles ou une règle de vie, il établit en 305 des ermitages où ses disciples, attentifs à ses discours et s’inspirant de ses exemples, pratiquaient un héroïque détachement.
En 311, Antoine entendit dire que la persécution de Maximin ensanglantait l’Egypte ; il descendit à Alexandrie pour encourager les martyrs et partager leurs souffrances. Il s’attendait à être mis à mort, mais il ne fut pas inquiété. L’année suivante, il reprit le chemin de sa solitude ; animé d’une sainte émulation, il s’y imposa des jeûnes et des veilles plus austères. Il s’enfonça dans le désert de la Haute Egypte pour fixer sa résidence au mont Qualzoum, appelé plus tard Mont Saint Antoine, où il s’installa près d’une source, au milieu d’une palmeraie. Il cultivait lui-même un petit jardin pour aider à sa subsistance. Les disciples restés près du Nil construisirent le monastère de Pispir où Antoine les venait visiter à intervalles réguliers. Dans ses dernières années, il permit à deux de ses disciples, Macaire et Amathas, de rester près de lui. De 312 jusqu’à sa mort, Antoine demeura dans son ermitage où il y recevait des visiteurs animés de dispositions fort diverses : les uns lui demandant des miracles ou des enseignements, les autres cherchaient à l’embarrasser, comme ces philosophes grecs ou ces ariens qu’il réduisit au silence. Athanase, son futur biographe, y vint à plusieurs reprises ; l’empereur Constantin lui écrivit pour se recommander à ses prières.
Vers 340, se place la rencontre d’Antoine et de l’ermite Paul dans les circonstances qu’a décrites saint Jérôme, dans la vie du second. Antoine ambitionnait d’imiter plus parfait que lui ; il apprit en songe qu’un anachorète, riche en mérites, vivait depuis longtemps dans une partie du désert qu’il croyait inhabitée. Sans tarder, il se mit à la recherche du saint homme, parvint non sans peine jusqu’à sa cellule, mais la trouva fermée. Paul qui l’avait pressenti, ne veut voir aucun être humain. Enfin, Paul céda aux instances réitérées d’Antoine, et les deux ermites tombèrent dans les bras l’un de l’autre, se saluant mutuellement par leur nom, s’entretenant des choses de Dieu, pendant qu’un corbeau apportait leur nourriture, un pain entier ce jour-là. On sait comment Paul mourut en l’absence de son visiteur, et reçut d’Antoine la sépulture dans une fosse que creusèrent deux lions du désert. Sur la fin de sa vie, Antoine descendit une seconde fois à Alexandrie où il convertit nombre d’hérétiques et d’infidèles. Peu après son retour, il annonça à ses deux disciples sa mort prochaine, leur fit promettre de ne révéler à personne le secret de sa tombe, légua à saint Athanase son manteau de peau et celui sur lequel il dormait. Il expira doucement en 356, un 17 janvier selon la tradition.
Bien qu’il n’ait pas laissé de règle écrite, Antoine fut vraiment l’initiateur du monachisme. Antoine voulut que sa tombe fût secrète pour que l’on n’honorât pas ses reliques, mais son corps fut retrouvé et transféré à Alexandrie, puis à Constantinople (vers 633) où une église fut bâtie sous son vocable.
Des documents du XIII° siècle, conservés à l’abbaye de Saint-Antoine de Viennois, attestaient que le corps fut apporté en Occident par un seigneur du Dauphiné, Jocelin, fils du comte Guillaume, qui l’aurait reçu de l’empereur de Constantinople, lors d’un pèlerinage en Terre Sainte. Aymar Falcon qui s’est servi de ces documents (XVI° siècle), place ce pèlerinage vers 1070, et la translation des reliques de saint Antoine à la Motte-Saint-Didier sous Urbain II. La localité prit le nom de Saint-Antoine-de-Viennois. Le culte de saint Antoine en Occident qui est devenu très populaire depuis cette époque, a pris son extension à l’occasion d’un mal étrange, une sorte de fièvre désignée sous les noms de feu sacré, de feu morbide, de feu infernal ou de feu de saint Antoine, le saint guérissant de ce mal ceux qui avaient recours à son intercession. Le noble Gaston, ayant avec son fils bénéficié de cette faveur, fonda à Saint-Antoine-de-Viennois un hôpital et une confrérie dont les membres devaient consacrer leur vie à soigner les malheureux atteints de ce mal. La confrérie, approuvée au concile de Clermont par Urbain II, fut confirmée comme ordre hospitalier par Honorius III (1228). Telle fut l’origine des Antonins qui furent chargés de la garde du sanctuaire et des reliques, enlevés aux bénédictins de Montmajour.

Vie de Saint Antoine
Je vois que le Seigneur m’appelle à lui, et ainsi, je vais, comme il est écrit, entrer dans le chemin de mes pères. Continuez en votre abstinence ordinaire. Ne perdez pas malheureusement le fruit des saints exercices auxquels vous avez employé tant d’années, mais, comme si vous ne faisiez que commencer, efforcez-vous de demeurer dans votre ferveur ordinaire. Vous savez quelles sont les embûches des démons. Vous connaissez leur cruauté et n’ignorez pas aussi leur faiblesse. Ne les craignez donc point, mais croyez en Jésus-Christ et ne respirez jamais autre chose que le désir de le servir. Vivez comme chaque jour croyant devoir mourir. Veillez sur vous-mêmes et souvenez-vous de toutes les instructions que je vous ai données… Travaillez de tout votre pouvoir pour vous unir premièrement à Jésus et puis aux saints, afin qu’après votre mort ils vous reçoivent, comme étant de leurs amis et de leur connaissance, dans les tabernacles éternels. Gravez ces choses dans votre esprit. Gravez-les dans votre cœur… Ensevelissez-moi donc et me couvrez de terre ; et, afin que vous ne puissiez manquer à suivre mon intention, faites que nuls autres que vous ne sachent le lieu où sera le corps que je recevrai incorruptible de la main de mon Sauveur lors de la résurrection. Quant à mes habits, distribuez-les ainsi : donnez à l’évêque Athanase une de mes tuniques et le manteau que j’ai reçu de lui tout neuf et que je lui rends tout usé. Donnez mon autre tunique à l’évêque Sérapion, et gardez pour vous mon cilice. Adieu, mes chers enfants. Antoine s’en va et n’est plus avec vous.
Saint Athanase

NOUS NOUS SOUVENONS: UNE RÉFLEXION SUR LA SHOAH

16 janvier, 2012

http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/chrstuni/documents/rc_pc_chrstuni_doc_16031998_shoah_fr.html

NOUS NOUS SOUVENONS: UNE RÉFLEXION SUR LA SHOAH

MESSAGE DU SAINT-PÈRE JEAN-PAUL II AU CARDINAL CASSIDY

(Notes importantes sur le site)

À mon vénéré Frère
le Cardinal Edward Idris Cassidy

En de nombreuses occasions au cours de mon pontificat, j’ai rappelé avec un sentiment de profonde douleur les souffrances du peuple juif lors de la Seconde Guerre mondiale. Le crime connu sous le nom de la Shoah a laissé une marque indélébile dans l’histoire du siècle qui s’achève.
Tandis que nous nous préparons à entrer dans le troisième millénaire du christianisme, l’Église est consciente que la joie d’un Jubilé est avant tout une joie fondée sur le pardon des péchés et la réconciliation avec Dieu et son prochain. C’est pourquoi elle encourage ses fils et ses filles à purifier leur cœur, à travers le repentir pour les erreurs et les infidélités du passé. Elle les appelle à se placer humblement face au Seigneur et à examiner leur part de responsabilité dans les maux de notre temps.
Mon souhait fervent est que le document: Nous nous souvenons: une réflexion sur la Shoah, que la Commission pour les Relations religieuses avec le Judaïsme a préparé sous votre direction, contribue véritablement à guérir les blessures provoquées par les incompréhensions et les injustices du passé. Puisse-t-il permettre à la mémoire de jouer le rôle qui lui revient dans l’édification d’un avenir où jamais plus l’indicible injustice de la Shoah ne sera possible. Puisse le Seigneur de l’histoire guider les efforts des catholiques et des juifs, ainsi que de tous les hommes et femmes de bonne volonté, dans leur œuvre commune en vue d’un monde véritablement respectueux de la vie et de la dignité de chaque être humain, car tous ont été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.

Du Vatican, le 12 mars 1998

I. La tragédie de la Shoah et le devoir de mémoire

Le XXe siècle touche à sa fin et l’on voit poindre l’aube d’un nouveau millénaire de l’ère chrétienne. Le 2000e anniversaire de la naissance de Jésus Christ appelle tous les chrétiens, et invite même tous les hommes et les femmes à tenter d’entrevoir dans le déroulement de l’histoire les signes de la Divine Providence à l’œuvre, ainsi que la façon dont l’image du Créateur présente dans l’homme a été blessée et défigurée.
Cette réflexion concerne l’un des domaines principaux dans lesquels les catholiques peuvent prendre sérieusement à cœur l’avertissement que le Pape Jean-Paul II leur a adressé dans sa Lettre apostolique Tertio millennio adveniente: «Il est donc juste que, le deuxième millénaire du christianisme arrivant à son terme, l’Église prenne en charge, avec une conscience plus vive, le péché de ses enfants, dans le souvenir de toutes les circonstances dans lesquelles, au cours de l’histoire, ils se sont éloignés de l’esprit du Christ et de son Évangile, présentant au monde, non point le témoignage d’une vie inspirée par les valeurs de la foi, mais le spectacle de façons de penser et d’agir qui étaient de véritables formes de contre-témoignage et de scandale».1
Ce siècle a été le témoin d’une tragédie indicible et qui ne pourra jamais être oubliée: la tentative de la part du régime nazi d’exterminer le peuple juif, entraînant le massacre de millions de juifs. Femmes et hommes, personnes âgées et jeunes, enfants et nourrissons, furent persécutés et déportés uniquement en raison de leur origine juive. Certains furent tués immédiatement, tandis que d’autres furent humiliés, maltraités, torturés et totalement dépouillés de leur dignité humaine, puis assassinés. Très peu de ceux qui sont entrés dans les camps ont survécu, et ceux qui y sont parvenus ont été marqués à vie. C’était la Shoah. Il s’agit de l’un des événements les plus importants de l’histoire de ce siècle, un événement qui nous concerne tous aujourd’hui encore.
Face à cet horrible génocide, auquel les dirigeants des nations et les communautés juives elles-mêmes eurent du mal à croire au moment même où il était accompli de façon impitoyable, personne ne peut rester indifférent, encore moins l’Église, en raison de ses profonds liens de parenté spirituelle avec le peuple juif et de sa mémoire des injustices du passé. La relation entre l’Église et le peuple juif est différente de celle qu’elle entretient avec toute autre religion.2 Toutefois, il ne s’agit pas seulement de rappeler le passé. L’avenir commun des juifs et des chrétiens exige que nous nous rappelions, car «il n’y a pas d’avenir sans mémoire».3 L’histoire elle-même est la memoria futuri.
En présentant cette réflexion à nos frères et sœurs de l’Église catholique à travers le monde, nous demandons à tous les chrétiens de s’unir à nous pour réfléchir sur cette catastrophe qui frappa le peuple juif et sur l’impératif moral d’assurer que jamais plus, l’égoïsme et la haine ne grandiront au point de semer tant de souffrance et de mort.4 Tout particulièrement, nous demandons à nos amis juifs «dont le terrible destin est devenu un symbole de l’aberration à laquelle l’homme peut arriver quand il se tourne contre Dieu»5 de nous écouter avec un cœur ouvert.

II. Ce dont nous devons nous souvenir
Au cours de son témoignage unique au Saint d’Israël et à la Torah, le peuple juif a enduré de nombreuses souffrances à différentes époques et en de nombreux lieux. Mais la Shoah a certainement été la pire des souffrances. Les mots seuls ne pourraient exprimer l’inhumanité avec laquelle les juifs ont été persécutés et massacrés au cours de ce siècle. Tout cela pour la seule raison d’être juifs.
L’amplitude même du crime soulève de nombreuses questions. Les historiens, les sociologues, les philosophes politiques, les psychologues et les théologiens tentent tous d’en savoir plus sur la réalité de la Shoah et sur ses causes. De nombreuses études doivent encore être réalisées. Mais un tel événement ne peut être pleinement mesuré uniquement par les critères ordinaires de la recherche historique. Il exige une «mémoire morale et religieuse» et, en particulier parmi les chrétiens, une réflexion extrêmement sérieuse sur les causes qui le provoquèrent.
Le fait que la Shoah ait eu lieu en Europe, c’est-à-dire dans des pays d’antique civilisation chrétienne, soulève la question de la relation entre la persécution de la part des nazis et l’attitude, au fil des siècles, des chrétiens envers les juifs.

III. Les relations entre juifs et chrétiens
L’histoire des relations entre juifs et chrétiens a été tourmentée. Le Pape Jean-Paul II l’a reconnu lors de ses multiples appels aux catholiques en vue de faire le point sur nos relations avec le peuple juif.6 En effet, le bilan de ces relations au cours de ces 2000 ans a été plutôt négatif.7
À l’aube du christianisme, après la crucifixion de Jésus, des conflits apparurent entre l’Église des origines et les responsables des juifs qui, par dévotion à la Loi, s’opposaient parfois violemment aux prédicateurs de l’Évangile et aux premiers chrétiens. Dans l’Empire romain païen, les juifs étaient protégés juridiquement par des privilèges accordés par l’Empereur, et au début, les Autorités ne faisaient aucune distinction entre les communautés juives et chrétiennes. Mais bientôt, les juifs subirent la persécution de l’État. Plus tard, lorsque les empereurs eux-mêmes se convertirent au christianisme, ils continuèrent dans un premier temps à garantir les privilèges des juifs. Mais les groupes de chrétiens qui assaillaient les temples païens s’en prirent parfois également aux synagogues, non sans subir l’influence de certaines interprétations du Nouveau Testament en ce qui concerne le peuple juif en général. «Dans le monde chrétien — je ne dis pas de la part de l’Église en tant que telle —, des interprétations erronées et injustes du Nouveau Testament relatives au peuple juif et à sa prétendue culpabilité ont trop longtemps circulé, engendrant des sentiments d’hostilité à l’égard de ce peuple».8 De telles interprétations du Nouveau Testament ont été totalement et définitivement rejetées par le Deuxième Concile du Vatican.9
Malgré l’enseignement chrétien de l’amour pour tous, même pour ses ennemis, la mentalité dominante au fil des siècles a pénalisé les minorités et tous ceux qui étaient de quelque façon que ce soit «différents». Des sentiments d’anti-judaïsme dans certains milieux chrétiens, ainsi que la divergence qui existait entre l’Église et le peuple juif, ont conduit à une discrimination généralisée, qui s’est parfois soldée par des expulsions ou des tentatives de conversions forcées. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, dans une grande partie du monde «chrétien», ceux qui n’étaient pas chrétiens n’ont pas toujours bénéficié d’un statut juridique pleinement garanti. En dépit de cela, les juifs présents dans le monde chrétien sont restés fidèles à leurs traditions religieuses et à leurs coutumes propres. C’est pourquoi ils étaient considérés avec une certaine suspicion et méfiance. Dans les périodes de crise, telles que la famine, la guerre, la peste ou les conflits sociaux, la minorité juive servait souvent de bouc émissaire et fut victime de violence, de pillage, et même de massacres.
À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, les juifs avaient généralement acquis un statut égal aux autres citoyens dans la plupart des États et un certain nombre d’entre eux occupaient des positions influentes dans la société. Mais dans ce même contexte historique, notamment au XIXe siècle, un nationalisme erroné et exacerbé s’instaura. Dans un climat riche de bouleversements sociaux, les juifs étaient souvent accusés d’exercer une influence disproportionnée par rapport à leur nombre. C’est ainsi qu’un anti-judaïsme — essentiellement plus sociologique et politique que religieux — commença à se répandre à divers degrés à travers l’Europe.
Dans le même temps, des théories niant l’unité de la race humaine et affirmant une diversité originelle des races, commencèrent à apparaître. Au XXe siècle, la national socialisme en Allemagne utilisa ces idées comme base pseudo-scientifique pour établir une distinction entre ce que l’on définissait la race nordique aryenne et les races prétendues inférieures. De plus, une forme extrémiste de nationalisme culmina en Allemagne avec la défaite de 1918 et les conditions exigeantes imposées par les vainqueurs, ce qui conduisit de nombreuses personnes à voir dans le national-socialisme une solution aux problèmes de leur pays et à coopérer politiquement avec ce mouvement.
L’Église en Allemagne répondit en condamnant le racisme. La condamnation apparut d’abord dans la prédication de certains membres du clergé, dans l’enseignement public des évêques catholiques et dans les écrits des journalistes catholiques laïcs. Dès les mois de février et mars 1931, le Cardinal Bertram de Breslau, le Cardinal Faulhaber et les évêques de Bavière, les évêques de la province de Cologne et ceux de la province de Fribourg publièrent des lettres pastorales condamnant le national-socialisme et son idolâtrie de la race et de l’État.10 En 1933, l’année même où le national-socialisme arriva au pouvoir, les célèbres sermons de l’Avent du Cardinal Faulhaber, auxquels non seulement des catholiques, mais également des protestants et des juifs assistaient, rejetaient clairement la propagande antisémite des nazis.11 À la suite de la Kristallnacht, Bernard Lichtenberg, doyen de la Cathédrale de Berlin, éleva des prières publiques pour les juifs. Il devait mourir par la suite à Dachau et être proclamé bienheureux.
Le Pape Pie XI condamna lui aussi solennellement le racisme nazi dans sa Lettre Encyclique Mit brennender Sorge,12 qui fut lue dans les églises d’Allemagne le Dimanche de la Passion en 1937, ce qui provoqua des attaques et des sanctions contre les membres du clergé. Le 6 septembre 1938, s’adressant à un groupe de pèlerins belges, Pie XI déclara: «L’antisémitisme est inacceptable. Spirituellement, nous sommes tous sémites».13 Pie XII, dans sa toute première Encyclique Summi Pontificatus14 datant du 20 octobre 1939, mettait en garde contre les théories niant l’unité de la race humaine et contre la déification de l’État, conduisant, selon lui, à une véritable «heure de ténèbres».15

IV. L’ antisémitisme nazi et la Shoah
Nous ne pouvons donc pas ignorer la différence qui existe entre l’antisémitisme, fondé sur des théories contraires à l’enseignement constant de l’Église sur l’unité de la race humaine et sur l’égale dignité de toutes les races et de tous les peuples, et les sentiments séculaires de méfiance et d’hostilité que nous appelons anti-judaïsme, dont des chrétiens ont été coupables, malheureusement.
L’idéologie du national-socialisme alla encore plus loin, en refusant de reconnaître toute réalité transcendante comme source de la vie et critère du bien moral. C’est ainsi qu’un groupe humain, et l’État auquel il s’identifiait, s’arrogea un statut absolu et décida de supprimer l’existence même du peuple juif, un peuple appelé à témoigner du Dieu unique et de la Loi de l’Alliance. Au niveau de la réflexion théologique, nous ne pouvons ignorer le fait que de nombreux adhérents au parti nazi non seulement démontrèrent une aversion pour l’idée de la divine Providence à l’œuvre dans les affaires humaines, mais encore donnèrent des preuves de haine caractérisée, dirigée contre Dieu lui-même. Logiquement, une telle attitude conduisit également au rejet du christianisme et au désir de voir l’Église détruite, ou tout au moins soumise aux intérêts de l’État nazi.
C’est cette idéologie extrême qui fut à la base des mesures adoptées d’abord pour chasser les juifs de leurs foyers, puis pour les exterminer. La Shoah fut l’œuvre d’un régime néo-païen moderne typique. Son antisémitisme puisait ses racines hors du christianisme et n’hésita pas, pour atteindre ses objectifs, à s’opposer à l’Église et à persécuter également ses membres.
Toutefois, on peut se demander si la persécution des juifs par les nazis n’a pas été facilitée par les préjugés anti-juifs enracinés dans les esprits et les cœurs de certains chrétiens. Le sentiment anti-juif parmi les chrétiens les rendit-ils moins sensibles, ou même indifférents, aux persécutions dirigées contre les juifs par le national-socialisme lorsque celui-ci arriva au pouvoir?
Toute réponse à cette question doit prendre en considération le fait que nous traitons ici de l’histoire des attitudes et des façons de penser de personnes soumises à de multiples influences. De plus, de nombreuses personnes ignoraient tout de la «solution finale» qui était en train d’être mise en place contre un peuple tout entier; d’autres avaient peur pour eux et pour leurs proches; certains tirèrent profit de la situation; d’autres encore furent poussés par l’envie. Il faudrait apporter une réponse cas par cas. Toutefois, pour ce faire, il est nécessaire de savoir avec précision ce qui motivait les personnes dans une situation particulière.
Au début, les dirigeants du IIIe Reich tentèrent d’expulser les juifs. Malheureusement, les gouvernements de certains pays occidentaux de tradition chrétienne, y compris certains en Amérique du Nord et du Sud étaient plus qu’hésitants à l’idée d’ouvrir leurs frontières aux juifs persécutés. Bien que ne pouvant pas prévoir jusqu’où iraient les intentions criminelles des chefs de la hiérarchie nazie, les dirigeants de ces nations étaient conscients des difficultés et des dangers auxquels étaient exposés les juifs vivant dans les territoires du IIIe Reich. Dans ces circonstances, la fermeture des frontières à l’émigration juive, qu’elle ait été due à l’hostilité ou à la suspicion contre les juifs, à la lâcheté politique, au manque de vision ou à l’égoïsme national, pèse lourdement sur la conscience des autorités en question.
Dans les pays où les nazis entreprirent des déportations de masse, la brutalité qui entourait ces déplacements forcés de personnes sans défense aurait dû laisser supposer le pire. Les chrétiens apportèrent-ils toute l’aide possible aux personnes persécutées, et en particulier aux juifs persécutés?
Nombreux furent ceux qui le firent, d’autres pas. Ceux qui aidèrent à sauver la vie de juifs dans la mesure de leur pouvoir, allant même jusqu’à mettre leur propre vie en danger, ne doivent pas être oubliés. Pendant et après la guerre, les communautés juives et les représentants juifs exprimèrent leurs remerciements pour tout ce qui avait été fait pour eux, y compris ce que le Pape Pie XII fit personnellement ou à travers ses représentants pour sauver des centaines de milliers de vies juives.16 De nombreux évêques, prêtres, religieux et laïcs catholiques ont été honorés pour cela par l’État d’Israël.
Quoi qu’il en soit, comme l’a reconnu le Pape Jean-Paul II, à côtés de ces hommes et femmes si courageux, la résistance spirituelle et l’action concrète d’autres chrétiens n’ont pas été celles auxquelles on aurait pu s’attendre de la part de disciples du Christ. Il est impossible de savoir combien de chrétiens dans des pays occupés ou gouvernés par les puissances nazies ou par leurs alliés étaient horrifiés par la disparition de leurs voisins juifs, mais pourtant pas assez courageux pour élever leur voix en signe de protestation. Pour les chrétiens, ce poids écrasant qui pèse sur la conscience de leurs frères et sœurs lors de la Seconde Guerre mondiale doit être un appel à la repentance.17
Nous regrettons profondément les erreurs et les fautes de ces fils et filles de l’Église. Nous faisons nôtres les paroles de la Déclaration Nostra aetate du Deuxième Concile du Vatican, qui affirme sans équivoque: «L’Église […] ne pouvant oublier le patrimoine qu’elle a en commun avec les juifs, et poussée, non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l’Évangile, déplore les haines, les persécutions et toutes les manifestations d’antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les juifs».18
Nous rappelons et reprenons ce que le Pape Jean Paul II déclara dans son discours aux représentants de la communauté juive à Strasbourg en 1988: «Je répète à nouveau avec vous la plus ferme condamnation de tout antisémitisme et de tout racisme, qui s’opposent aux principes du christianisme».19 L’Église catholique rejette donc toute persécution contre un peuple ou un groupe humain en tout lieu et en tout temps. Elle condamne fermement toute forme de génocide, ainsi que les idéologies racistes qui sont à leur origine. En reparcourant ce siècle, nous sommes profondément affligés par la violence qui s’est abattue sur des groupes entiers de personnes et de nations. Nous rappelons en particulier le massacre des Arméniens, les innombrables victimes en Ukraine dans les années 30, le génocide des gitans, qui fut également le résultat d’idées racistes, et les tragédies semblables qui ont eu lieu en Amérique, en Afrique et dans les Balkans. Nous n’oublions pas non plus les millions de victimes de l’idéologie totalitaire en Union soviétique, en Chine, au Cambodge et ailleurs. Nous ne pouvons pas non plus oublier le drame du Moyen Orient, dont on connaît bien les composantes. Au moment même où nous présentons cette réflexion, «de nombreux êtres humains sont encore victimes de leurs frères».20

V. Tournés ensemble vers un avenir commun
Considérant les relations futures entre les juifs et les chrétiens, nous appelons tout d’abord nos frères et sœurs catholiques à prendre une conscience renouvelée des racines hébraïques de leur foi. Nous leur demandons de garder à l’esprit que Jésus était un descendant de David; que la Vierge Marie et les Apôtres appartenaient au peuple juif; que l’Église tire sa substance de «la racine de cet olivier franc sur lequel ont été greffées les branches d’olivier sauvage des païens» (Rm 11, 17-24); que les juifs sont nos frères bien-aimés, et qu’ils sont même, dans un certain sens, nos «frères aînés».21
Au terme de ce millénaire, l’Église catholique désire exprimer sa profonde douleur pour les fautes commises par ses fils et filles au cours des siècles. Il s’agit d’un acte de repentance (teshuva) car, en tant que membres de l’Église, nous partageons les péchés comme les mérites de tous ses fils. L’Église regarde avec un profond respect et une grande compassion l’expérience de l’extermination, la Shoah, que le peuple juif a endurée au cours de la Seconde Guerre mondiale. Il ne s’agit pas de simples mots, mais bien d’un profond engagement. «Nous risquerions de faire mourir à nouveau les victimes des morts les plus atroces si nous n’avions pas un ardent désir de justice, si nous ne nous engagions pas nous-même, chacun selon ses capacités, de manière que le mal ne l’emporte pas sur le bien, comme ce fut le cas pour des millions de fils du peuple juif […] L’humanité ne peut permettre que tout cela se reproduise».22
Nous prions pour que notre douleur face à la tragédie que le peuple juif a endurée au cours de ce siècle conduise à de nouvelles relations avec le peuple juif. Nous désirons transformer la conscience des péchés du passé en une ferme résolution en vue d’édifier un avenir nouveau dans lequel il n’existera plus de sentiment anti-juif parmi les chrétiens, ni de sentiment antichrétien parmi les juifs, mais au contraire un respect mutuel partagé, comme il convient à ceux qui adorent l’Unique Créateur et Seigneur et qui ont un Père commun dans la foi, Abraham.
Enfin, nous invitons tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté à réfléchir profondément sur la signification de la Shoah. Les victimes, du fond de leurs tombes, et les survivants, à travers le témoignage poignant de ce dont ils ont souffert, sont devenus une voix retentissante, appelant l’attention de toute l’humanité. Se rappeler de cette terrible expérience, c’est devenir pleinement conscient de l’avertissement salutaire qu’elle contient: jamais plus il ne faudra permettre aux semences empoisonnées de l’anti-judaïsme et de l’antisémitisme de s’enraciner dans le cœur humain.

Le 16 mars 1998

Cardinal Edward Idris Cassidy
Président

S. Exc. Mgr Pierre Duprey, M. Afr.
Evêque titulaire de Thibaris
Vice-Président

R.P. Rémi Hoeckman, o.p.
Secrétaire

SALOMON ENSEIGNANT SON FILS

15 janvier, 2012

  SALOMON ENSEIGNANT SON FILS  dans images sacrée 15%20COMESTOR%20SALOMON%20ENSEIGNANT%20SON%20FILS

http://www.artbible.net/1T/Pro0101_Solomon_s_wisdom/index_2.htm

L’homme de désir, icône de Dieu

15 janvier, 2012

http://www.esprit-et-vie.com/article.php3?id_article=199

Hubert Debbasch

L’homme de désir, icône de Dieu

Sr Cyrille, o.s.b.

Paris, Éd. Beauchesne, coll. « Le Point théologique », 2001.

Esprit & Vie n°70 / novembre 2002 – 2e quinzaine, p. 6-9.

Hubert DEBBASCH est un laïc, converti à dix-huit ans, qui a étudié le droit et la théologie à Aix-en-Provence et à Paris. Il est jeune directeur d’une agence de voyages à destination des pays bibliques et des hauts lieux de la tradition de l’Église. Dans ses devoirs professionnels, il veut être chercheur de Dieu et en témoigner, son livre sur le thème du désir en est la preuve.
Cet ouvrage est composé de deux parties : « Visages de l’homme de désir… l’homme désirant Dieu » et « Aux sources de l’homme de désir… l’homme désiré de Dieu ». Dans la première partie, il analyse le désir de l’homme à partir de trois auteurs (saint Augustin, saint Bernard et saint Thomas) ; dans la seconde partie, il montre que le désir de Dieu précède le désir de l’homme, il s’appuie tout particulièrement sur le chapitre 11 du livre d’Osée.

I. « Visages de l’homme de désir… l’homme désirant Dieu »

1. Le désir de Dieu chez saint Augustin
« Saint Augustin n’est pas le premier témoin du désir de Dieu pour l’époque patristique. Des hommes comme Origène, saint Basile de Césarée ou saint Grégoire de Nysse auraient mérité, eux aussi, de retenir largement l’attention. Cependant, saint Augustin reste original par rapport à tous ceux qui l’ont précédé, d’abord parce qu’il nous est plus proche par son enracinement culturel, mais aussi parce que l’éducation qu’il a reçue, et son très fort tempérament lui ont permis d’analyser avec précision les contours du désir, et de nous livrer la richesse de sa propre expérience » (p. 3).
H. DEBBASCH va en effet enraciner l’étude du désir, chez saint Augustin, dans l’expérience concrète de celui-ci telle qu’il nous la transmet dans les Confessions, « confidences de celui qui était amoureux d’aimer » (p. 5). Augustin a compris que toute recherche de plaisir prend sa source dans le désir du bien et du bonheur. Mais il découvre aussi qu’il est assoiffé de vérité. « Le génie qui fait d’Augustin un des plus grands penseurs de la tradition chrétienne trouve ses racines dans l’être assoiffé de vérité que nous rencontrons à chaque page des Confessions » (p. 11). Finalement, la quête passionnée de l’amour et de la vérité conduit Augustin à Dieu.
Après le rapide survol de l’expérience d’Augustin, H. DEBBASCH en vient au sujet qui l’intéresse : le désir, « cette passion, dont on ne peut faire l’économie sous peine de rester infra-humain ou in-humain » (p. 22). Il commence par affirmer la valeur du désir. « Jusqu’à l’époque de saint Augustin, de nombreux courants philosophiques et religieux vantaient les mérites de l’apatheia. Comme l’étymologie du mot le suggère, c’est l’état de l’homme qui est devenu complètement détaché de ses passions, n’en tenant aucun compte si elles le dérangent, et n’étant même plus troublé par celles-ci quand il arrive au sommet de l’agir moral. Les courants chrétiens, notamment en milieu monastique, étaient souvent séduits par l’apparence très sainte de cet état quasiment angélique. Augustin s’est inscrit en opposition contre ce mouvement, éclairé par sa propre expérience de conversion et par le message biblique tel qu’il s’offrait à lui » (p. 22). « Augustin estime que c’est un grave défaut que de n’éprouver aucun sentiment. [… ] L’évêque d’Hippone rappelle tous les sentiments qui ont été ceux du Christ Jésus et dont les Évangiles nous ont donné un fidèle témoignage. Ce serait donc une redoutable prétention de vouloir aller à Dieu en faisant abstraction de toute passion alors que le Fils de Dieu est venu lui-même vivre la Passion pour nous sauver, l’ayant même désirée d’un grand désir » (p. 23). Si annihiler le désir ne représente pas un idéal pour Augustin, il est une autre situation redoutable : celle du désir endormi, quand on n’arrive plus à atteindre en soi la conscience du désir de Dieu. « La multitude des autres désirs dans lesquels l’homme s’est embourbé au point d’être même inconscient de sa captivité ne lui donne plus la possibilité de laisser émerger en lui quelque désir de Dieu. Plus justement, l’homme, dans cet état d’engourdissement, ne perçoit plus qu’une multitude de plaisirs qui ont tué le désir » (p. 24).
La valeur du désir étant établie, quelle en est la structure ? Le désir est une des quatre principales passions (désir, joie, crainte, tristesse). Le désir est un mouvement, un élan. « Parmi les termes qui expriment le dynamisme du désir, il en est un qu’Augustin a développé, à plusieurs reprises, et dont la signification est riche : le désir est un poids, mon poids, c’est mon amour (Confessions XII, 9) » (p. 29). Le désir implique une distance, et même une absence : « Le désir sera le moyen proportionné pour mener à Dieu tout en faisant saisir la disproportion des rapports entre le sujet qui désire et le Bien désiré » (p. 32). Le désir est tourné vers l’infini : « Il y a […] une marque de l’infini dans le désir de l’homme que rien ne peut apaiser. À plus forte raison, le désir de Dieu va-t-il manifester, de façon plus explicite encore, cet insatiable appétit de bonheur qui habite le cœur de l’homme » (p. 34).
H. DEBBASCH affine alors son analyse du désir en distinguant, chez Augustin, la notion de désir désordonné (la convoitise) et celle du désir ordonné (la charité, l’agapè du Nouveau Testament). Puisque l’amour est l’essence même de Dieu, « saint Augustin montre que la charité n’est pas un don de Dieu, elle est le don de Dieu sans lequel tout autre don serait vain » (p. 52). « L’Esprit Saint […] nous fait entrer dans ce mystère de la charité qui est Dieu lui-même. C’est Dieu qui est à l’œuvre pour nous mener à lui. Mais cela nécessite un passage, une Pâque du désir. Cette Pâque est possible parce que l’homme est à l’image de celui qui est passé avant lui sur ce chemin » (p. 52). H. DEBBASCH s’attarde, alors, sur le thème de l’homme à l’image de Dieu, selon Augustin, avant de montrer que le passage de la convoitise à la charité constitue une véritable Pâque pour l’homme de désir.
En finale, le regard se porte sur l’Église « à travers son expérience personnelle et son enseignement, saint Augustin nous a montré que le désir est la voie royale pour aller à Dieu. Mais on ne va pas à Dieu tout seul. On y va comme l’un des membres de ce Corps qui est l’Église. Plus exactement, nous sommes, dans la perspective augustinienne, entraînés dans ce désir du Corps tout entier qui embrasse tous les temps et tous les lieux » (p. 74).
2. Saint Bernard et le Cantique des Cantiques
Saint Bernard, qui a une profonde culture profane et biblique, est enraciné dans la tradition ; H. DEBBASCH s’attarde à l’influence exercée sur lui par deux pères latins, Augustin et Grégoire le Grand, et deux pères grecs, Origène et Grégoire de Nysse.
« L’étude que nous avons faite sur le désir de Dieu chez saint Augustin nous a permis, en lisant le commentaire du Cantique de saint Bernard, d’y retrouver, sans la moindre équivoque, les grands traits de la pensée de l’évêque d’Hippone. » « Le thème de l’image de Dieu, récurrent dans l’approche augustinienne du désir de Dieu, reste très présent chez saint Bernard » (p. 80). Grégoire le Grand, quant à lui, a rédigé un petit commentaire du Cantique, que Bernard connaissait. Mais c’est surtout par le livre des Dialogues, où Grégoire rapporte la vie et les miracles de saint Benoît et rappelle l’importance de la Règle bénédictine, que Bernard a été entraîné à devenir un chercheur passionné de Dieu.
« Enraciné dans la tradition des Pères latins, Bernard a pourtant su s’inspirer de toute la connaissance des Pères grecs qui se répandait à son époque dans les milieux monastiques » (p. 86). « Tout au long de ses sermons, Bernard reste dans la ligne de l’interprétation des trois sens : historique, mystique et spirituel. Il est aussi dans la ligne d’Origène par sa ferveur pour l’humanité de Jésus » (p. 87). À Grégoire de Nysse, Bernard emprunte sa symbolique du désir ; H. DEBBASCH n’hésite pas à faire une étude du langage et du style de Bernard, pour faire percevoir la « puissance évocatrice du langage symbolique » à propos du désir. Mais ce qui l’intéresse surtout, c’est l’importance que Bernard donne habituellement à l’expérience : « son enseignement est constamment basé sur sa propre expérience de Dieu, il est un appel à entrer dans cette aventure du désir qui ne peut être profondément comprise que si elle est intensément vécue » (p. 98). « Le plus frappant chez saint Bernard, dans cette confiance en l’expérience, c’est sa conviction qu’elle peut nous faire entrer dans la connaissance des sentiments de Dieu à notre égard. L’homme qui éprouve un grand désir de Dieu dans son cœur est à même de saisir que c’est Dieu lui-même qui est habité d’un désir infini pour sa créature » (p. 101).
Cependant, il ne faudrait pas projeter chez saint Bernard le subjectivisme moderne, « Bernard n’oppose pas le désir de Dieu et l’intelligence. Il a une vision globale de l’homme qui ne lui permettrait pas d’imaginer une telle contradiction » (p. 105). Bernard sait aussi que le désir a ses lois de croissance et il est trop réaliste pour en négliger les étapes. Le désir doit passer du charnel au spirituel et « le désir spirituel n’est pas une cupidité qui se serait tournée vers Dieu » (p. 112-113).
3. Saint Thomas d’Aquin et la Somme contre les Gentils
Déjà, H. DEBBASCH n’a pas manqué de pointer, chez saint Augustin et saint Bernard, le rôle de l’intelligence dans l’aventure du désir ; avec son chapitre sur saint Thomas, il fonde rationnellement sa démarche. « Deux mystiques nous ont transmis leur expérience du désir de Dieu. Avec saint Thomas, la perspective devient fort différente. Non pas que l’auteur soit moins mystique que les précédents, mais le but du théologien est tout autre : il justifie rationnellement, dans un langage accessible, l’existence et la cohérence du désir » (p. 121). Plus loin, on lira : « Pour saint Thomas il s’agit d’exprimer […] le même élan, mais dans une perspective philosophique qui en montre l’universalité, la structure et la justification première » (p. 131).
H. DEBBASCH explique lui-même la progression de la pensée qu’il a retirée de sa lecture de la Somme contre les Gentils de saint Thomas. « Après quelques éléments sur l’ontologie du désir, le terme du désir révélera sa présence tout au long de la vie humaine. Enfin, le don de Dieu, qui vient dépasser toute attente et tout désir humains, couronnera l’approche thomiste » (p. 122).
Deux éléments sont d’abord posés : l’existence d’un désir naturel de Dieu au cœur de l’homme et ce désir comme participation à la nature intellectuelle de Dieu « cette Intelligence qui ordonne toutes choses vers leur fin, en étant leur principe. Le désir n’a pas sa source en lui-même ; il participe à cette intelligibilité » (p. 130).
Quel est l’objet du désir naturel ? « Le désir naturel est désir de Dieu. Toutefois, saint Thomas spécifie ce désir en montrant les formes que le désir de Dieu peut revêtir sans se pervertir. Avant tout, ce désir est un désir de bonheur. Et puisque le bonheur réside dans la connaissance de Dieu, ce désir est un désir de connaître, de ressembler à Dieu. Par là même, le désir naturel est un désir d’union à Dieu » (p. 143).
Il faut poser le rapport entre l’intelligence et la volonté, en évitant et l’intellectualisme et le volontarisme. « […] l’homme doit toujours se déterminer dans ses choix à partir de ce qui est le plus noble et élevé en lui. C’est donc par l’intelligence que l’homme doit tendre à se rapprocher de Dieu » (p. 145). « L’intelligence va […] intégrer tout ce qui est inférieur pour diriger l’homme vers Dieu. On peut donc parler dans cette perspective d’un désir de l’intelligence » (p. 146).
Et quel est le rôle de la volonté ? « Il y a dans le mouvement volontaire que représente le désir chez l’homme une marque propre de sa supériorité. La volonté est supérieure à l’appétit naturel des autres créatures […]. On sait, d’autre part, que saint Thomas considère les actes volontaires comme les seuls actes pleinement humains. Il y a cependant un certain caractère aveugle de la volonté livrée à elle-même. […] La volonté reçoit donc sa noblesse de son lien avec l’intelligence […]. On ne peut donc pas parler d’un désir de l’intelligence ou de la volonté, mais du désir de l’homme » (p. 147).
Après avoir montré que le désir croît tout au long de l’existence, H. DEBBASCH se demande si, pour saint Thomas, il y a encore place pour le désir dans la vision béatifique : « Au cœur d’une multitude de textes qui […] ne donnent pas de perspective au désir, nous tenons à noter l’existence d’un texte de la Somme contre les Gentils qui semble admettre que le désir puisse avoir une place dans la vision béatifique. Ici, le désir est relié à l’admiration. Afin de montrer que l’obtention de la fin dernière ne peut entraîner aucun dégoût ni lassitude, saint Thomas admet l’existence de l’admiration et du désir : « Rien de ce qui excite l’admiration ne cause de satiété, car tant que l’admiration subsiste, elle est accompagnée de désir… » (p. 150-151).
Enfin, la dernière question abordée par saint Thomas est celle du don de Dieu venant combler le désir de l’homme. Si le désir de Dieu est naturel, il n’est que préparation à recevoir un don surnaturel, une capacité nouvelle de connaître Dieu. « Il s’agit bien d’une lumière « surnaturelle », puisque la nature humaine ne parvient pas à son terme par elle-même ; mais cette lumière […] ne supprime pas la radicale distance entre l’homme et Dieu. Il ne s’agit pas de fusion, mais, par mode d’intellection, de participation gratuite et imméritée » (p. 153).
H. DEBBASCH peut conclure sa première partie, sur le désir de l’homme. « Après avoir pu contempler, avec saint Augustin, une dynamique du désir du cœur, on pourrait dire que saint Thomas nous fait entrer dans une perspective du désir de l’esprit. […] Saint Bernard, dans le sillage de saint Augustin, parlait […] le langage du désir et de l’amour. Saint Thomas ne contredit pas ce langage, mais il le rapproche de la connaissance intellectuelle en montrant le lien radical de l’intelligence et de l’amour. Un désir purement psychologique ne résisterait pas à cette épreuve. […] Grâce à saint Thomas, nous avons des critères qui permettent de vérifier l’objectivité et la vérité du désir » (p. 155-156).

II. « Aux sources de l’homme de désir… l’homme désiré de Dieu »
Après cette étude du désir de l’homme dans trois grands auteurs chrétiens, on pourrait être étonné d’entamer une étude biblique. H. DEBBASCH nous fait entrer dans sa thèse : l’homme de désir est précédé par un désir qui l’appelle, le désir même de Dieu, lequel ne peut être découvert qu’à l’écoute de la Parole de Dieu.
« Pour étudier le désir de Dieu dans sa Parole, il est nécessaire de choisir un texte fondamental qui constitue comme l’axe autour duquel s’éclaireront d’autres passages de la Bible. […] Après avoir donné quelques lignes générales en dehors du mouvement prophétique, […] nous examinerons la nouveauté du prophétisme. […] Nous justifierons enfin le choix du texte d’Os 11 » (p. 165).
H. DEBBASCH découvre le désir de Dieu exprimé dans le récit de la création par l’importance donné au terme « séparer » ; en effet, « Dieu ne veut pas d’une création proche de lui par la confusion, mais en relation avec lui par le désir » (p. 168). Et pour que ce désir ne reste pas à sens unique, Dieu établit l’Alliance dans laquelle « en éveillant le désir de l’homme, Dieu manifeste le sien » (p. 169). Mais quel est donc le désir de Dieu ? Que l’homme soit libre, c’est pourquoi Dieu lui donne la loi. « L’homme croit toujours pouvoir se passer de la loi pour accomplir son désir. Mais le témoignage de la Parole et l’expérience de celui qui l’écoute manifestent que la loi vise à rendre l’homme à sa liberté » (p. 171). Enfin, la prière est le lieu de rencontre entre le désir de l’homme et celui de Dieu : la prière « est comme l’écho du désir de Dieu qui jaillit au cœur de l’homme. Si en effet le désir ne venait que de l’homme, il ne serait qu’une faible voix qui se perd dans l’oubli, un élan qui se brise sur un mur… » (p. 172).
Ces éléments constituent une base, mais c’est dans le prophétisme que la révélation du « pathos divin » est faite, à travers la passion qui anime le prophète inspiré. Passion qui n’est pas à confondre avec des impulsions, le message du vrai prophète d’Israël est toujours sensé. De même parlant de « pathos divin », H. DEBBASCH cite Abraham HESCHEL : « Ce n’est pas une passion, une émotion irraisonnée, mais un acte formé d’intention » et il ajoute : « Dieu ne perd rien de sa liberté divine dans l’intérêt qu’il porte à l’homme. Les actions des hommes n’entraînent pas une nécessité mais une occasion pour Dieu de manifester « son désir » » (p. 178). Le caractère passionné du prophète devient alors sympathie ; il annonce « la Parole qui l’a lui-même blessé ». « En identifiant ses sentiments au pathos divin, le prophète laisse Dieu parler par lui » (p. 179).
H. Debbasch en arrive alors au prophète qu’il a choisi : Osée. Il le replace dans son contexte historique, celui d’un bouleversement religieux et politique. Il le rapproche du prophète Élie : « Avant lui dans le même royaume du Nord, le prophète Élie avait déjà manifesté un zèle jaloux pour Yahvé Sabaot […] Baal n’effraie pas Élie qui trouve le vrai Dieu dans une voix de fin silence, comme plus tard Osée trouvera dans le Seigneur un cœur bouleversé et des entrailles émues » (p. 184).
Osée nous est présenté avec son expérience familiale, sa théologie concrète et son style « lyrique, enflammé et vivant » (p. 204). Après avoir analysé la structure du livret prophétique, H. DEBBASCH étudie le chapitre 11, verset par verset ; en petits caractères, il fait l’étude lexicographique (plus difficile à suivre pour qui n’est pas hébraïsant), puis en caractères normaux, il commente. On se limitera ici à deux passages particulièrement signifiants. Dans le commentaire de Os 11, 1 : « Israël est le fils véritable de Yahvé, le fils préféré et choyé. La relation de filiation n’est pas entendue ici comme une relation patriarcale d’autorité ou de domination, elle est au contraire toute pénétrée de l’affection de celui qui n’a pas d’autre moyen que l’amour pour se susciter des fils. » Et dans le commentaire de Os 11, 8 : « Face à l’immobilité mortifère et au refus de changer de comportement, le changement affecte le cœur de Dieu. Le peuple qui s’imaginait un Dieu distant et impassible doit comme nous recevoir cette révélation stupéfiante : Dieu change, il se convertit » (p. 251).
Le dernier et très bref chapitre, intitulé « L’accomplissement d’Osée 11 », ouvre sur le Nouveau Testament. Matthieu, au chapitre 2 de son évangile, se réfère à Os 11, 1 à propos de la descente de Jésus en Égypte et de sa remontée. « Jésus est identifié à Israël […] mais en allant en Égypte, Jésus vient redire que c’est Dieu qui se retourne pour chercher l’homme perdu » (p. 266-267).
Il ne reste plus qu’à conclure en montrant que dans le désir de Jésus, « le désir de Dieu se fait chair ». Avant de fermer ce livre, on se retrouve au pied de la croix avec les femmes qui « ont entendu le cri du désir de Dieu, le cri du désir de l’homme : J’ai soif ! » (p. 273).
Un beau livre, agréable à lire car la langue en est alerte, souple et claire ; on y trouve d’excellentes et nombreuses citations ; les notes de bas de pages sont précises ; la bibliographie donnée à la fin de l’ouvrage est abondante et variée. Le sujet enfin en est très intéressant, en soi, mais aussi dans la conjoncture actuelle de recherche d’expérience religieuse tous azimuts. L’intérêt majeur d’un tel ouvrage pourrait bien être d’œuvrer à la réconciliation entre la recherche de type scientifique (théologie, patristique, exégèse) et la spiritualité.

MON CHANT D’AUJOURD’HUI, premier juin 1894 de Ste Thérèse de Lisieux

15 janvier, 2012

http://prierecatholique.free.fr/fiches/14penseeslugan.htm#_Toc69008347

MON CHANT D’AUJOURD’HUI, premier juin 1894 de Ste Thérèse de Lisieux

Ma vie n’est qu’un instant, une heure passagère Ma vie n’est qu’un seul jour qui m’échappe et qui fuit, Tu le sais, ô mon Dieu! pour t’aimer sur la terre Je n’ai rien qu’aujourd’hui…
Oh! je t’aime, Jésus! vers toi mon âme aspire Pour un jour seulement reste mon doux appui Viens régner dans mon coeur, donne-moi ton sourire Rien que pour aujourd’hui !
Que m’importe, Seigneur, si l’avenir est sombre ? Te prier pour demain, oh non, je ne le puis !… Conserve mon coeur pur, couvre-moi de ton ombre Rien que pour aujourd’hui.
Si je songe â demain, je crains mon inconstance Je sens naître en mon coeur la tristesse et l’ennui. Mais je veux bien, mon Dieu, l’épreuve, la souffrance Rien que pour aujourd’hui.
Je dois te voir bientôt sur la rive éternelle 0 Pilote Divin! dont la main me conduit. Sur les flots orageux guide en paix ma nacelle Rien que pour aujourd’hui.
Ah! laisse-moi, Seigneur, me cacher en ta Face. Là je n’entendrai plus du monde le vain bruit Donne-moi ton amour, conserve-moi ta grâce Rien que pour aujourd’hui.
Près de ton Coeur divin, j’oublie tout ce qui passe. Je ne redoute plus les craintes de la nuit Ah! donne-moi, Jésus, dans ce Coeur une place Rien que pour aujourd’hui.
Pain Vivant, Pain du Ciel, divine Eucharistie ! Mystère sacré ! que l’Amour a produit…
Viens habiter mon coeur, Jésus, ma blanche Hostie rien que pour aujourd’hui.
Daigne m’unir â toi, Vigne Sainte et sacrée Et mon faible rameau te donnera son fruit Et je pourrai t’offrir une grappe dorée Seigneur, dès aujourd’hui.
Cette grappe d’amour, dont les grains sont des âmes Je n’ai pour la former que ce jour qui s’enfuit Ah! donne-moi, Jésus, d’un Apôtre les flammes Rien que pour aujourd’hui.
O Vierge Immaculée ! C’est toi ma Douce Etoile qui me donnes Jésus et qui m’unis â Lui. O Mère ! laisse-moi reposer sous ton voile Rien que pour aujourd’hui.
Mon saint Ange gardien, couvre-moi de ton aile Eclaire de tes feux la route que je suis Viens diriger mes pas… aide-moi, je t’appelle Rien que pour aujourd’hui.
Seigneur, je veux te voir, sans voile, sans nuage, Mais encore exilée, loin de toi, je languis Qu’il ne me soit caché, ton aimable visage rien que pour aujourd’hui.
Je volerai bientôt, pour dire tes louanges Quand le jour sans couchant sur mon âme aura lui Alors je chanterai sur la lyre des Anges L’Eternel Aujourd’hui !…
Avec Dieu nous avons la force de supporter tout ce qui nous arrive si nous choisissons de faire ce qu’il nous demande : l’aimer avec tout ce que nous sommes et accepter sa lumière dans nos vies et son regard sur chacun de nous.

Demandons à Dieu la grâce de choisir son Amour tant que nous le pouvons, tant qu’il est encore temps…

Saint Hilaire de Poitiers

13 janvier, 2012

Saint Hilaire de Poitiers dans images sacrée st_hilaire

http://www.lardeau.net/les-gouts-et-les-couleurs/index.php?post/2008/06/14/Qui-etait-donc-Saint-Hilaire-de-Poitiers

Dieu est partout (Saint Hilaire de Poitiers, La Trinité, 1,6)

13 janvier, 2012

http://www.vatican.va/spirit/documents/spirit_20000728_ilario_fr.html

Dieu est partout

Saint Hilaire de Poitiers, La Trinité, 1,6

« Le ciel tout entier tient dans le paume de Dieu et la terre toute entière est enclose dans son poing. Or la parole de Dieu fait bien sûr toujours profit à l’intelligence d’un esprit religieux ; cependant elle contient encore plus de sens lorsqu’on l’examine au-dedans par la pensée qu’au moment où on la reçoit au dehors par l’ouïe . De fait le ciel enclos dans la paume de Dieu est en même temps son trône et la même terre qui tient dans son poing est l’escabeau de ses pieds. Cela ne permet pas de concevoir, sur le trône et l’escabeau, une apparence corporelle s’étalant dans l’attitude de quelqu’un d’assis, puisque ce qui est pour elle trône et escabeau, cette infinité puissante le prend dans sa paume et l’enclôt en son poing. Mais grâce à cela, on saurait que Dieu, au-dedans et au dehors, est toujours présent à l’origine des créatures, qu’il est à la fois transcendant et immanent, c’est-à-dire répandu autour de toutes choses et en elles. Tenir dans la paume et le poing manifesterait donc l’être puissant sur la nature extérieure ; le trône et l’escabeau montreraient les êtres extérieurs à lui subordonnés comme à l’être intérieur. Ces êtres extérieurs à lui, au-dedans desquels il réside, voici qu’à l’inverse, extérieur à eux, ce même Etre les enclôt, intérieurs à lui. C’est ainsi qu’il tient tout entier toutes choses et du dedans et du dehors : infini qu’il est, il n’est rien dont il soit absent et rien non plus qui ne soit en lui, qui est infini.
Or donc cette conception très religieuse de Dieu faisait les délices de mon âme, possédée qu’elle était par l’amour du vrai. En effet, pensai-je, il n’est rien qui soit digne de qui cherche à l’atteindre. Cela, nous le comprenions avec respect ; mais le prophète venait de rendre plus assuré et manifeste encore en disant : « Où irais-je loin de ton esprit, ou bien où fuirais-je loin de ta face ? Si je monte dans le ciel, tu y es ; si je descends dans les enfers, tu es là aussi. Si je prends mes ailes avant l’aurore et m’en vais habiter au fin bout de la mer, là ta main me conduira et ta droite me tiendra.»(Ps. 138, 7 – 10). Aucun lieu n’est privé de Dieu ; il n’en est aucun qui ne soit en lui. Il est aux deux, il est dans les enfers, il est par-delà les mers. Au-dedans il habite, il déborde par dehors. Ainsi tout en possédant, il est aussi possédé ; il n’est enfermé dans rien, mais il n’est rien où il ne soit. »

Benoît XVI: Saint Hilaire de Poitiers – mémoire facultative le 13 Janvier

13 janvier, 2012

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20071010_fr.html

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 10 octobre 2007

Saint Hilaire de Poitiers – mémoire facultative le 13 Janvier

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, je voudrais parler d’un grand Père de l’Eglise d’Occident, saint Hilaire de Poitiers, l’une des grandes figures d’Evêques qui ont marqué le IV siècle. Au cours de la confrontation avec les ariens, qui considéraient le Fils de Dieu Jésus comme une créature, certes éminente, mais toutefois uniquement comme une créature, Hilaire a consacré toute sa vie à la défense de la foi dans la divinité de Jésus Christ, Fils de Dieu et Dieu comme le Père, qui l’a engendré de toute éternité.
Nous ne disposons pas d’informations certaines sur la plus grande partie de la vie d’Hilaire. Les sources antiques disent qu’il naquit à Poitiers, probablement vers l’année 310. Issu d’une famille aisée, il reçut une solide formation littéraire, bien évidente dans ses écrits. Il ne semble pas qu’il ait grandi dans un milieu chrétien. Lui-même nous parle d’un chemin de recherche de la vérité, qui le conduisit peu à peu à la reconnaissance de Dieu créateur et du Dieu incarné, mort pour nous donner la vie éternelle. Baptisé vers 345, il fut élu Evêque de sa ville natale autour de 353-354. Au cours des années suivantes, Hilaire écrivit sa première œuvre, le Commentaire à l’Evangile de Matthieu. Il s’agit du plus ancien commentaire en langue latine qui nous soit parvenu de cet Evangile. En 356, Hilaire assiste comme Evêque au Synode de Béziers, dans le sud de la France, le « synode des faux Apôtres », comme il l’appelle lui-même, car la réunion fut dominée par des Evêques philo-ariens, qui niaient la divinité de Jésus Christ. Ces « faux apôtres » demandèrent à l’empereur Constance la condamnation à l’exil de l’Evêque de Poitiers. Hilaire fut ainsi obligé de quitter la Gaule au cours de l’été 356.
Exilé en Phrygie, dans l’actuelle Turquie, Hilaire se trouva au contact d’un milieu religieux totalement dominé par l’arianisme. Là aussi, sa sollicitude de pasteur le poussa à travailler sans relâche pour le rétablissement de l’unité de l’Eglise, sur la base de la juste foi, formulée par le Concile de Nicée. C’est dans ce but qu’il commença la rédaction de son œuvre dogmatique la plus importante et la plus connue: le De Trinitate (Sur la Trinité). Dans celle-ci, Hilaire expose son chemin personnel vers la connaissance de Dieu, et se préoccupe de montrer que l’Ecriture atteste clairement la divinité du Fils et son égalité avec le Père, non seulement dans le Nouveau Testament, mais également dans un grand nombre de pages de l’Ancien Testament, dans lequel apparaît déjà le mystère du Christ. Face aux ariens, il insiste sur la vérité des noms de Père et de Fils et développe toute sa théologie trinitaire à partir de la formule du Baptême qui nous a été donnée par le Seigneur lui-même: « Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».
Le Père et le Fils sont de la même nature. Et si certains passages du Nouveau Testament pourraient faire penser que le Fils est inférieur au Père, Hilaire offre des règles précises pour éviter des interprétations erronées: certains textes de l’Ecriture parlent de Jésus comme de Dieu, d’autres mettent, en revanche, en évidence son humanité. Certains se réfèrent à Lui dans sa préexistence auprès du Père; d’autres prennent en considération l’état d’abaissement (kenosi), sa descente jusqu’à la mort; d’autres, enfin, le contemplent dans la gloire de la résurrection. Au cours des années de son exil, il écrivit également le Livre des Synodes, dans lequel il reproduit et commente pour ses confrères Evêques de Gaule les confessions de foi et d’autres documents des synodes réunis en Orient autour de la moitié du IV siècle. Toujours ferme dans son opposition aux ariens radicaux, saint Hilaire montre un esprit conciliant à l’égard de ceux qui acceptaient de confesser que le Fils était ressemblant au Père dans son essence, naturellement en cherchant à les conduire vers la plénitude de la foi de Nicée, selon laquelle il n’y a pas seulement une ressemblance, mais une véritable égalité du Père et du Fils dans la divinité. Cela aussi me semble caractéristique: l’esprit de conciliation qui cherche à comprendre ceux qui n’y sont pas encore arrivés et qui les aide, avec une grande intelligence théologique, à parvenir à la plénitude de la foi, dans la divinité véritable du Seigneur Jésus Christ.
En 360 ou en 361, Hilaire put finalement revenir dans sa patrie après son exil, et il reprit immédiatement l’activité pastorale dans son Eglise, mais l’influence de son magistère s’étendit de fait bien au-delà des frontières de celle-ci. Un synode tenu à Paris en 360 ou en 361 reprend le langage du Concile de Nicée. Certains auteurs antiques pensent que ce tournant anti-arien de l’épiscopat de la Gaule a été en grande partie dû à la fermeté et à la mansuétude de l’Evêque de Poitiers. Tel était précisément son don: conjuguer la fermeté dans la foi et la douceur dans les relations interpersonnelles. Au cours des dernières années de sa vie, il rédigea encore les Traités sur les Psaumes, un commentaire de cinquante-huit Psaumes, interprétés selon le principe souligné dans l’introduction de l’œuvre: « Il ne fait aucun doute que toutes les choses qui se disent dans les Psaumes doivent être comprises selon l’annonce évangélique, de façon à ce que, quelle que soit la voix avec laquelle l’esprit prophétique a parlé, tout soit cependant rattaché à la connaissance de la venue de Notre Seigneur Jésus Christ, incarnation, passion et royaume, et à la gloire et puissance de notre résurrection » (Instructio Psalmorum 5). Il voit dans tous les psaumes cette compréhension du mystère du Christ et de son Corps, qui est l’Eglise. En diverses occasions, Hilaire rencontra saint Martin: précisément près de Poitiers, le futur Evêque de Tours fonda un monastère, qui existe encore aujourd’hui. Hilaire mourut en 367. Sa mémoire liturgique est célébrée le 13 janvier. En 1851, le bienheureux Pie IX le proclama Docteur de l’Eglise.

Pour résumer l’essentiel de sa doctrine, je voudrais dire qu’Hilaire trouve le point de départ de sa réflexion théologique dans la foi baptismale. Dans le De Trinitate, Hilaire écrit: Jésus « a commandé de baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit (cf. Mt 28, 19), c’est-à-dire dans la confession de l’Auteur, du Fils unique et du Don. Il n’y a qu’un seul Auteur de toutes les choses, car Dieu le Père est un seul, dont tout procède. Et Notre Seigneur Jésus Christ est un seul, à travers lequel tout fut fait (1 Co 8, 6), et l’Esprit est un seul (Ep 4, 4), don en tous… En rien on ne pourra trouver qu’il manque quelque chose à une plénitude aussi grande, dans laquelle convergent dans le Père, dans le Fils et dans le Saint-Esprit l’immensité de l’Eternel, la révélation dans l’Image, la joie dans le Don » (De Trinitate 2, 1). Dieu le Père, étant entièrement amour, est capable de communiquer en plénitude sa divinité au Fils. Je trouve particulièrement belle la formule suivante de saint Hilaire: « Dieu ne sait rien être d’autre qu’amour, il ne sait rien être d’autre que le Père. Et celui qui l’aime n’est pas envieux, et celui qui est le Père l’est dans sa totalité. Ce nom n’admet pas de compromis, comme si Dieu pouvait être le Père sur certains aspects, mais ne l’était pas sur d’autres » (ibid. 9, 61).
C’est pourquoi, le Fils est pleinement Dieu sans aucun manque ni diminution: « Celui qui vient de la perfection est parfait, car celui qui a tout, lui a tout donné » (ibid. 2, 8). Ce n’est que dans le Christ, Fils de Dieu et Fils de l’homme, que l’humanité trouve son salut. En assumant la nature humaine, Il a uni chaque homme à lui, « il s’est fait notre chair à tous » (Tractatus in Psalmos 54, 9); « il a assumé en lui la nature de toute chair, et au moyen de celle-ci il est devenu la vraie vie, il possède en lui les racines de chaque sarment » (ibid. 51, 16). C’est précisément pour cette raison que le chemin vers le Christ est ouvert à tous, – car il a attiré chacun dans sa nature d’homme – même si la conversion personnelle est toujours demandée: « A travers la relation avec sa chair, l’accès au Christ est ouvert à tous, à condition qu’ils se dépouillent du vieil homme (cf. Ep 4, 22) et qu’ils le clouent sur sa croix (cf. Col 2, 14); à condition qu’ils abandonnent les oeuvres de jadis et qu’ils se convertissent, pour être ensevelis avec lui dans son baptême, en vue de la vie (cf. Col 1, 12; Rm 6, 4) » (ibid. 91, 9).
La fidélité à Dieu est un don de sa grâce. C’est pourquoi saint Hilaire demande, à la fin de son Traité sur la Trinité, de pouvoir rester toujours fidèle à la foi du baptême. C’est une caractéristique de ce livre: la réflexion se transforme en prière et la prière redevient réflexion. Tout le livre est un dialogue avec Dieu. Je voudrais conclure la catéchèse d’aujourd’hui par l’une de ces prières, qui devient ainsi également notre prière: « Fais, ô Seigneur – récite saint Hilaire de manière inspirée – que je reste toujours fidèle à ce que j’ai professé dans le symbole de ma régénération, lorsque j’ai été baptisé dans le Père, dans le Fils et dans l’Esprit Saint. Fais que je t’adore, notre Père, et en même temps que toi, que j’adore ton Fils; fais que je mérite ton Esprit Saint, qui procède de toi à travers ton Fils unique… Amen » (De Trinitate 12, 57).

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