Archive pour janvier, 2012

Le dynamisme de l’espérance chez saint Paul – pour la fête de la Conversion de saint Paul Apôtre

24 janvier, 2012

http://www.esprit-et-vie.com/breve.php3?id_breve=607

Édouard Cothenet

Le dynamisme de l’espérance chez saint Paul

Le mythe du progrès indéfini a fait son temps. Il suffit d’interroger les gens autour de soi, de regarder la télévision pour constater que les motifs d’inquiétude s’accroissent de jour en jour : réchauffement climatique, hausse des matières premières et surtout du pétrole, spectre de la famine dans de nombreux pays, sans parler de la violence qui gangrène nos sociétés. Programmé avant le cyclone de Birmanie et les tremblements de terre de Chine, le numéro de mars-avril 2008 de la revue Esprit s’intitule « Le temps des catastrophes ». Inutile de poursuivre… Dans cette situation, beaucoup ont tendance à se replier sur eux-mêmes, cherchant à se préserver un petit coin de bonheur tant que ce sera possible, sans trop s’occuper des autres.
Un tel constat donne à l’encyclique de Benoît XVI, Sauvés en espérance, toute son actualité. Qu’est-ce que la foi chrétienne peut nous apporter pour émerger du brouillard ambiant ? Peut-elle nous motiver pour apporter notre contribution à la lutte contre tous les facteurs de misère et pour un rapprochement entre les hommes ? L’en-tête du texte pontifical est tiré du chapitre 8 de l’épître aux Romains, le grand chapitre de Paul sur l’espérance, suscitée en nous par l’Esprit Saint. Au seuil de l’Année saint Paul, ne vaut-il pas la peine d’élargir le sujet en montrant non pas seulement comment Paul a parlé de l’espérance, mais plus encore comment il l’a vécue au cours d’une vie traversée de multiples épreuves ? [1]
L’espérance de Saul de Tarse, disciple de Gamaliel
Pour comprendre l’itinéraire spirituel de Paul il est très important de prendre en compte ses années de formation à Tarse, sa ville natale, et à Jérusalem où il s’adonna à l’étude de la Torah. Dans sa lettre aux Philippiens, l’apôtre nous donnera lui-même sa carte d’identité religieuse : « Circoncis le huitième jour, de la race d’Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu, fils d’Hébreux… » (Ph 3, 5.)
Dans une déclaration faite lors de son arrestation, Paul se présente comme citoyen romain, un titre fort envié à l’époque, et cela par naissance (Ac 22, 25-29), ce qui atteste que la famille de Paul occupait une place enviée dans la grande ville commerciale de Tarse, célèbre aussi par ses philosophes stoïciens.
La situation aisée de la famille de Saul n’enlevait rien à sa ferveur religieuse, puisque Paul se déclare fils d’Hébreux ; comprenons que l’hébreu ou l’araméen était la langue parlée à la maison, tandis que, dans les rapports sociaux ordinaires, le grec s’imposait comme la langue véhiculaire. Comme dans toutes les familles juives, la pratique du sabbat et des fêtes scandait le déroulement de l’année, tandis que l’observance stricte des lois alimentaires fixait la séparation d’avec les familles païennes (les goyîm). Converti, Paul se considérera toujours comme membre du peuple d’Israël. À ses détracteurs, il pourra répondre avec fierté : « Ils sont Hébreux ? Moi aussi ! Israélites ? Moi aussi ! De la descendance d’Abraham ? Moi aussi ! » (2 Co 11, 22.) On sait aussi quelle souffrance lui causera l’incrédulité de la majorité de ses compatriotes (Rm 9, 1 s.).
Vivant en diaspora, la famille du jeune Saul n’en devait pas moins être tendue vers la grande intervention de Dieu qui mettrait fin à une trop longue période d’humiliation. Donnons en exemple les Psaumes de Salomon, écrits au lendemain de la prise de Jérusalem par Pompée (63 av. J.-C.) par un Juif de la mouvance pharisienne. Ils expriment l’attente très vive d’un fils de David qui rétablira le royaume d’Israël.
Vois, Seigneur, et suscite pour eux leur roi fils de David, au temps que tu connais, ô Dieu,
pour qu’il règne sur Israël, ton serviteur.
Et ceins-le de force pour briser les chefs injustes.
Purifie Jérusalem des nations qui la foulent en les faisant périr ;
Qu’avec sagesse et justice il chasse les pécheurs de l’héritage,
Brise l’orgueil des pécheurs comme des vases de potier,
Fracasse avec un sceptre de fer toute leur suffisance,
Détruise les nations impies par une parole de sa bouche.
Qu’à sa menace les nations fuient devant sa face et qu’il réprimande les pécheurs
Par la parole de leur cœur ! (Psaume de Salomon 17.) [2]
Même s’il exprime d’ordinaire sa foi au Christ en d’autres termes, Paul n’oubliera pas le titre de « fils de David » qu’il reprend au début de sa lettre aux Romains : l’Évangile, que Dieu avait promis par ses prophètes dans les Écritures Saintes, concerne son Fils « issu selon la chair de la lignée de David… » (Rm 1, 2.)
Après ses années de formation scolaire à Tarse où il apprendra les règles fondamentales de la rhétorique si prisée en ce temps, Paul se rend à Jérusalem pour se mettre à l’école d’un maître pharisien très renommé, Gamaliel. Écoutons le récit que Paul lui-même a fait devant le Sanhédrin : « C’est dans cette ville que j’ai été élevé et que j’ai reçu aux pieds de Gamaliel une formation stricte à la Loi de nos pères. J’étais un partisan farouche de Dieu comme vous l’êtes tous aujourd’hui… » (Ac 22, 3.)
On ne peut dire si le jeune Saul a rencontré Jésus de Nazareth. Par contre il s’est élevé avec force contre la première communauté de Jérusalem, ainsi qu’il l’avoue lui-même : « Vous avez entendu parler de mon comportement naguère dans le judaïsme ; avec quelle frénésie je persécutais l’Église de Dieu et je cherchais à la détruire ; je faisais des progrès dans le judaïsme, surpassant la plupart de ceux de mon âge et de ma race par mon zèle débordant pour les traditions de mes pères. » (Ga 1, 13 s.)
Pour quelle raison le zèle de Paul s’est-il ainsi déployé contre les premiers chrétiens ? Ce ne pouvait être l’enseignement de Jésus, surprenant sans doute, mais explicable pour une part selon la tradition rabbinique, comme nous le rappelle Jacob Neusner [3]. Par contre semblait intolérable l’autorité souveraine que Jésus réclamait : « Moi, je vous dis… » Surtout la condamnation à la croix, l’abandon dans lequel le condamné avait été laissé par Dieu ne pouvait que signifier le rejet par Dieu du prétendu prophète de Galilée. Un texte du Deutéronome semble avoir joué un grand rôle dans la polémique antichrétienne. Paul y fait allusion dans son épître aux Galates : « Maudit quiconque pend au bois. » (Dt 21, 23 cité en Ga 3, 13.)
Le zèle de Paul s’inscrit dans la tradition juive, illustrée par Élie, le prophète de feu (1 R 19, 10). À l’époque de la persécution d’Antiochus Épiphane, Mattathias « fut embrasé de zèle pour la Loi » (1 M 2, 26) et déclencha la résistance armée contre les persécuteurs. Tel est le climat spirituel qui explique le zèle de Paul, un zèle sincère, mais mal éclairé. Sa propre expérience permettra à l’apôtre d’excuser le refus de ses frères de race : « J’en suis témoin, ils ont du zèle pour Dieu, mais c’est un zèle que n’éclaire pas la connaissance. » (Rm 10, 2.)

étude sur l’hymne de Saint Paul dans l’Epitre aux Philippiens pour la fête de la Conversion de saint Paul Apôtre

24 janvier, 2012

http://www.spiritains.org/pub/esprit/archives/art1941.htm

MORT ET RÉSURRECTION

(…’hymne de Saint Paul dans l’Epitre aux Philippiens :  » Jésus, de condition divine…  » Ph 2, 6-11)

P. Lucien Deiss

Nous entrons dans la contemplation du mystère pascal par une grande porte que nous ouvre le Père Lucien Deiss, l’hymne de Saint Paul dans l’Epitre aux Philippiens :  » Jésus, de condition divine…  » Ph 2, 6-11

Grégorien et Parole de Dieu
Jadis, avant la réforme liturgique de Vatican 11, un des sommets de l’Office de la semaine Sainte. culminait dans le chant de l’antienne  » Christus factus est pro nobis « . Quelques 120 voix jeunes, entre 20 et 25 ans, chantant le grégorien dans notre scolasticat avec une virile beauté: célébration d’une intense splendeur! La première partie de l’antienne, dans une mélodie grave et solennelle, invite à la contemplation du Christ  » obéissant jusqu’à la mort, et la mort sur la croix.  » La seconde partie, dans une envolée exultante et jubilante célèbre sa résurrection et sa seigneurie universelle:  » C’est pourquoi Dieu l’a exalté…  » Le grégorien se mettait au service du mystère, les neumes acclamaient la Parole de Dieu selon l’hymne aux Philippiens 2, 6-11.
Certaines communautés, depuis la réforme liturgique, n’ont pas pu sauvegarder la richesse de leur grégorien. En retour, elles ont récupéré un trésor d’une incomparable beauté celui de la Parole de Dieu dans son intégralité. Le texte en effet, d’une émouvante splendeur, est une hymne que Paul cite dans sa lettre aux Philippiens 2, 6-11. L’exégèse allemande l’appelle « Christuslied », chant du Christ . On la divise tout naturellement en deux parties, et les commentateurs subdivisent ordinairement chaque partie en trois strophes. La voici dans une traduction qui veut imiter autant que possible la superbe splendeur de l’original grec que cite Paul :
Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais lui-même s’anéantit prenant condition d’esclave, devenant semblable aux hommes.
Et s’étant comporté comme un homme il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, la mort sur une croix.
C’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom
Afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au plus haut des cieuxsur la terre et dans les enfers,
Et que toute langue proclame : le Seigneur, c’est Jésus Christ à la gloire de Dieu le Père.
Parole de Dieu et grégorien soulignent donc, chacun à sa manière, la révélation du mystère de Jésus.

Une des premières professions de foi
La lettre aux Philippiens date des années 53. La mort même de Jésus remonte aux années 30. Cette lettre fut donc rédigée quelques 23 années après la mort de Jésus. L’hymne représente ainsi une des premières professions de foi de la communauté primitive. C’est une merveille de simplicité et de force:  » Le Seigneur, c’est Jésus Christ à la gloire de Dieu le Père  » .
« Tel est le caractère fascinant et énigmatique de ce joyau de la foi chrétienne primitive qu’il n’a pas encore dévoilé tous ses secrets. » L’une des sources les plus proches semble être le quatrième chant du Serviteur de Yahvé selon Is 52,13 à 53,12. Ce chant célèbre le Serviteur, homme de douleur écrasé par la souffrance pour les péchés de son peuple, exalté ensuite comme son Fils pour son sacrifice (Is 53,10-12). On peut ajouter à cette source le thème du Nouvel Adam . Jésus est « de condition divine », littéralement « dans la forme de Dieu » (2,6). Or dans le vocabulaire biblique grec, le mot « forme » équivaut à « image ». Adam, créé à l’image de Dieu (Gn 1,27) cherche à devenir son égal. D’où sa chute. Jésus, lui qui est Fils de Dieu, n’a pas gardé jalousement le rang qui l’égalait à son Père . Il a choisi l’humilité et l’obéissance. D’où son exaltation.

En suivant le texte mot à mot
Le texte de l’hymne est particulièrement riche et dense. On donne ici, comme pour toucher le texte primitif, la transposition littérale de l’original grec.

Première partie ( 2,6-8)
Verset 6 :  » Lui (= le Christ) se trouvant en forme de Dieu, ne retint pas comme une proie d’être égal à Dieu « .
La lourdeur de la phrase s’explique par le désir d’évoquer l’image du Christ en tant nouvel Adam. Le premier Adam en effet se laissa séduire précisément par la tentation de devenir égal à Dieu:  » Vous serez comme des dieux  » (Gn 3,5), lui avait promis le démon. Le Christ , lui, réalise l’égalité avec Adam, mais au coeur même de son humilité. Nouvel Adam, il restaure ainsi l’image de Dieu en toute l’humanité.
Verset 7.  » Mais lui-même s’anéantit ( littéralement : se vida)  » prenant forme d’esclave, devenant semblable aux hommes . Quant à son aspect, il fut reconnu comme un homme.
 » Il s’anéantit  » nous comprenons : il renonça à ce qui lui appartenait en tant que Dieu, c’est-à-dire l’infinie splendeur de sa divinité. « Prenant forme d’esclave »: le mot  » esclave  » y rend servilement le grec  » doulos  » mais peut paraître trop fort dans le contexte. Il semble préférable de le rendre par le terme de  » serviteur  » On se souviendra que dans le vocabulaire de l’Ancien Testament, le serviteur peut resplendir d’une certaine noblesse en tant apparaît comme l’image et le remplaçant de son maître. C’est bien dans cette noblesse d’amour entre serviteur et maître qu’il faut comprendre la relation entre Jésus et son Père. C’est aussi dans cette noblesse d’amour que nous sommes nous-mêmes serviteurs du Père .
L’hymne affirme avec force la réalité de l’humanité de Jésus. Elle barre ainsi la route à tout docétisme. Cette hérésie, à l’oeuvre dès les premiers temps de l’Eglise, prétendait que Jésus n’était pas vraiment homme mais n’avait que la ressemblance humaine (dokein, ressembler). Elle pensait ainsi enlever le caractère scandaleux à l’incarnation et sauvegarder en même temps l’impassibilité divine: Dieu ne peut pas souffrir. Mais elle ruinait en même temps le mystère de l’incarnation de Dieu au milieu de la pauvreté humaine. Telle est la distance abyssale entre l’humilité de la condition humaine et l’infinie splendeur de la divinité. Telle est justement aussi l’infini de l’amour de Dieu pour nous.
Verset 8.  » il s’abaissa lui-même, devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort de la croix. « 
Cette troisième strophe proclame l’humiliation extrême de Jésus et son obéissance parfaite dans sa mort sur la croix. Elle évoque l’image émouvante du Serviteur de Yahvé, homme de douleurs , familier de la souffrance (Is 53,43), portant le poids de nos péchés et souffrant pour nos fautes. L’affirmation fondamentale dans la théologie paulinienne selon laquelle c’est par le péché que souffrance et mort sont entrées dans le monde (Rm 5,12) n’est pas niée dans l’hymne, elle n’est simplement pas reprise. Il y a donc possibilité dans le message chrétien d’évoquer souffrance et mort simplement comme liées à la condition humaine.
Relevons enfin la beauté de l’adjectif hypèkoos, obéissant, du verbe
hypakouein obéir et du substantif hypakoè, obéissance. Ces mots sont formés du verbe akouein, du préfixe hypo, dessous, d’où  » écouter en penchant la tête  » (Bailly). L’obéissance de Jésus, comme l’obéissance chrétienne , n’est pas l’exécution servile de la volonté d’un maître intraitable, mais bien l’humble écoute de la Parole de Dieu en penchant la tête en signe de vénération et d’amour. Au coeur de sa souffrance, dans l’agonie de sa mort, cette obéissance d’amour fut la seule réponse de Jésus à son Père. Elle est aussi pour nous aujourd’hui notre seule réponse.

Deuxième partie ( 2, 9-11)
Verset 9 : « C’est pourquoi aussi Dieu l’a exalté et lui (a donné) par grâce le nom celui au-dessus de tout nom. »
La première partie présentait Jésus comme sujet de la phrase, on s’attendait donc à ce que la seconde partie proclamât sa résurrection. En fait, la résurrection, toujours présente, n’est même pas mentionnée ici. L’hymne préfère parler plutôt de l’exaltation de Jésus. Elle célèbre donc non pas simplement le retour à la vie du Seigneur , mais bien son entrée dans la gloire du Père. Elle souligne non pas un mérite du Christ, mais un don gratuit, une grâce (echarisato) du Père. Elle s’enracine dans l’amour merveilleux du Père. C’est lui, le Père, qui est au centre de sa louange.
Verset 10:  » Afin que dans le nom de Jésus tout genou fléchisse (dans ) les cieux, et les terres et sous les terres. « 
Dans l’univers biblique le nom n’est pas d’abord indication de l’identité de la personne, mais bien la révélation de ce qu’est sa personne devant Dieu. On peut donc affirmer ainsi que le nom de Dieu, comprenons : Dieu lui-même, habitait le Temple ( Dt 12,5). C’est pour cela que le fidèle de la Première Alliance évitait de prononcer le nom de Dieu pour ne pas se trouver comme par surprise devant le Dieu d’infinie majesté. Il remplaçait ce nom par des équivalences comme « Tout-Puissant » ou  » Très Haut « . Le nom « Yahvé » lui-même fut révélé a Moïse au Sinaï ( Ex 3,14) . Il représentait au coeur de l’Ancien Testament la richesse de son amour.
Le fidèle de la Nouvelle Alliance au contraire aime prononcer le nom de Jésus . Ce nom est proclamation de son salut. Il signifie en effet selon l’hébreu « Yéhoshua » : Yahvé sauve . C’est ce que l’ange avait expliqué à Joseph quand il lui avait demandé d’accueillir chez lui l’enfant de son épouse Marie :  » Tu lui donneras le nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés  » (Mt 15, 21).
Verset 11 : « Et que toute langue proclame que Seigneur (est) Jésus Christ pour la gloire de Dieu le Père
Le texte reprend l’acclamation de l’Eglise primitive qui est en même temps sa profession de foi: « Jésus Christ (est) Seigneur! » On notera l’inversion des mots  » Seigneur (est) Jésus Christ » pour souligner avec puissance la seigneurie de Jésus. Elle devait être familière à la communauté primitive ( cf. Col 2,9)
Cette finale renvoie à l’hymne citée en Is 45, 20-25. Dans cette hymne Dieu apparaît comme Dieu unique, juste et sauveur » devant qui se rassemblent toutes les nations et devant qui tout genou doit fléchir. Telle est bien la seigneurie de Dieu le Père, telle est également la seigneurie de Jésus.
Au coeur de la foi chrétienne se trouve donc la profession de foi en la seigneurie de Jésus « à la gloire de Dieu le Père ». Cette gloire du Père, c’est d’être reconnu et aimé , d’abord et essentiellement en tant que Père de Jésus, puis, à travers lui, de toute la création, donc de toute beauté, de tout amour, de toute joie.

En conclusion nous voyons là une hymne unique dans la littérature du Nouveau Testament, éblouissante de simplicité et d’optimisme théologique, parfaitement adaptée à notre époque ! Elle évite même de mentionner le péché de l’homme et du rachat de ce péché par la croix et préfère célébrer plutôt l’invitation de toute l’humanité, par le Christ, à la louange du Père. La résurrection ellemême de Jésus n’est pas décrite comme sa levée du séjour des morts après l’ignominie de la croix, mais bien comme son exaltation  » à la gloire de Dieu le Père.  » Aucune invitation non plus n’est faite pour présenter une prière de demande ni non plus une louange ou une action de grâce, mais il est évident que la seule réponse qui puisse être faite est cette louange ou cette action de grâce. Dieu est infinité d’amour. Toute son action dans le monde ne peut être qu’expression de son amour. Notre vie elle-même ne peut être que réalisation de ce à quoi nous avons été prédestinés, c’est-à-dire à être des vivantes  » louanges de sa gloire  » (Ep 1,5).
Nous réalisons cet idéal en marchant à la suite de Jésus, en vivant dans l’humilité devant le Père, en lui obéissant « jusqu’à la mort », c’est-à-dire en acceptant chaque instant de notre vie comme une offrande à son amour. Ainsi cette hymne s’incarne-t-elle au coeur de notre vie.

Une inscription en pierre antique du mot «sabbat» (samedi) a été découvert cette semaine près du lac de Tibériade …

23 janvier, 2012

Une inscription en pierre antique du mot «sabbat» (samedi) a été découvert cette semaine près du lac de Tibériade ... dans images sacrée TimratSabbathStone3s

http://fuoridalghetto.blogosfere.it/2011/07/scoperta-una-pietra-di-confine-con-la-scritta-shabbat-in-ebraico.html

 

Qu’est-ce que le Midrash ?

23 janvier, 2012

http://www.akadem.org/photos/contextuels/9822___4_quest_ce_que_le_midrash.pdf

Qu’est-ce que le Midrash ?

Une exégèse particulière

Le Midrash use de paraboles, d’allégories, de métaphores, de jeux de mots à base de glissements phoniques Le Midrash est une méthode d’exégèse du texte biblique. Midrash (pl. Midrashim) signifie en hébreu « qui vient du drash ». La racine drash signifie « exiger », au sens second, « rechercher ». Toutefois, il s’agit d’une exégèse très particulière qui use de paraboles, d’allégories, de métaphores, de jeux de mots à base de glissements phoniques (y compris entre hébreu, araméen, grec, voire latin), sémantiques, allusifs, de concordances témuriques (permutation des jeux de voyelles) et guématriques (à partir du calcul de la valeur numérique des mots)… et qui finit par produire des textes fort éloignés du texte biblique commenté. Le Midrash a recours beaucoup plus au domaine de la Aggada (domaine narratif) que de la Halakha (domaine légal). Ce qui fait que son style est parfois qualifié « d’improvisation poétique1 ». Pour comprendre les Aggadot, « il faut penser à l’élément de jeu et de licence poétique qui intervient chez un narrateur, réateur ou artiste2 ». Le rabbin utiliserait le texte comme prétexte à « un discours édifiant ou apologétique, en choisissant la forme propre à surprendre et à capter l’attention de l’auditoire3 ». Cependant, le Midrash constitue tout de même une analyse de texte rigoureuse. Les rabbanim, qui connaissaient le texte biblique par cœur et considéraient son unité comme fondamentale. Ils avaient dressé des listes d’apparition de chaque mot qui leur permettait d’établir des concordances entre les différentes apparitions de ces mots, mais également des événements, des thèmes… Ainsi, il leur semblait évident qu’il y a un lien entre l’ouverture de la mer Rouge à la sortie d’Egypte et l’ouverture du Jourdain à l’entrée en terre d’Israël. Selon Bernard Maruani, ce serait « faire preuve de beaucoup trop de servilité à l’égard de la lettre de l’Ecriture-de la trame d’un récit particulier ou de la chronologie » que de ne pas vouloir analyser ces concordances. C’est ainsi que le Midrash se permet de faire intervenir Job à la cour du Pharaon, de faire apparaître la Torah avant la création du monde ou le messie avant Adam, par exemple.

Le Midrash Rabbah
Il existe divers recueils de Midrashim sont publiés. Le plus important se nomme Midrash Rabbah ou Midrash
Ha Gadol, (de Rabba qui signifie Commentaire, Rabboth au pluriel),qui compte un grand nombre de volumes. D’autres recueils comprennent la Peschita (Divisions pour les Fêtes), Mekhilta (Traités), Sifra (Livre), et Sifre (Livres). Le Midrash Rabbah rassemble une collection d’écrits périphériques au Talmud, ordonnés selon le plan du Tanakh : les Parashiot sont commentées dans l’ordre, les unes après les autres, verset par verset, et parfois mot à mot. Le Midrash Rabbah se distingue par le grand nombre de Aggadot qu’il contient.
Sources et auteurs Les sources du Midrash remontent la plupart du temps à l’époque des Amoraim (200 – 500 de notre ère). Pour une partie de ces sources (Mechilta, Sifra, et Sifre), on peut les suivre jusqu’aux Tannaim (de -400 à + 200). Toutefois, la rédaction des midrashim s’étend sur une période d’environ 1200 ans et les compilateurs en sont, le plus souvent, anonymes
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1 Bernard Maruani, Midrash Rabba, Tome 1, La genèse, Verdier, 1988, p15.
2 Aggadah, in Encyclopedia Judaica, New York 1972.
3 Bernard Maruani, op.cit.

UNITÉ DES CHRÉTIENS : MÉDITATIONS POUR LE 23 JANVIER 2012

23 janvier, 2012

http://www.zenit.org/article-29956?l=french

UNITÉ DES CHRÉTIENS : MÉDITATIONS POUR LE 23 JANVIER 2012

« Transformés par l’amour inébranlable de Dieu »

ROME, dimanche 22 janvier 2012 (ZENIT.org) – « Transformés par l’amour inébranlable de Dieu » : c’est le thème de la sixième journée de prière pour l’unité des chrétiens, demain, lundi 23 janvier : nous publions ci-dessous les méditations pour cette journée de la grande semaine de prière annuelle (18-25 janvier).
En effet, au cours de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2012, les auteurs de méditations de cette année, un groupe oecuménique de Pologne (cf. Zenit du 17 janvier 2012) invitent à méditer sur

Voici les textes proposés pour la sixième journée, demain, lundi 23 janvier 2012 :

Thème : Transformés par l’amour inébranlable de Dieu

Texte : Et la victoire, c’est notre foi (cf. 1 Jn 5,4)

Lectures :

Ha 3,17-19 : Le Seigneur est ma force
Ps 136,1-4 ; 23-26 : Sa fidélité est pour toujours
1 Jn 5,1-6 : La victoire qui a vaincu le monde, c’est notre foi
Jn 15,9-17 : Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu’il aime

Commentaire :
Dans le texte vétérotestamentaire, c’est la foi en Dieu qui permet de garder l’espérance en dépit de tous les échecs. La lamentation d’Habaquq se transforme en joie pour la fidélité de Dieu qui donne la force face au désespoir.
Le psaume 136 confirme que le souvenir des hauts-faits de Dieu dans l’histoire d’Israël est la preuve de son amour inébranlable. Grâce à l’intervention de Dieu, le peuple d’Israël a fait l’expérience de victoires extraordinaires et surprenantes. Le souvenir des grandes œuvres du salut de Dieu est une source de joie, de gratitude et d’espérance que les croyants expriment depuis des siècles dans leur prière, leurs hymnes de louange et leur musique.
L’épître nous rappelle que ce qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Il ne s’agit pas nécessairement ici de victoires mesurables selon nos critères humains. La victoire dans le Christ suppose une transformation du cœur, une perception de la réalité terrestre d’un point de vue d’éternité, et une foi dans la victoire définitive sur la mort. Cette force victorieuse, c’est la foi dont Dieu est en même temps la source et le dispensateur. Et sa manifestation la plus parfaite, c’est l’amour.
Dans le texte d’Évangile, le Christ donne à ses disciples l’assurance de l’amour de Dieu qui trouvera sa confirmation définitive dans la mort du Sauveur sur la croix. Il les invite et les appelle en même temps à manifester de l’amour les uns pour les autres. La relation de Jésus à ses disciples se fonde sur l’amour. Il ne les traite pas simplement en disciples, mais il les appelle ses amis. Leur service du Christ consiste à conformer leur vie à l’unique commandement de l’amour, ce qui résulte d’une conviction intérieure et de la foi. Dans un esprit d’amour, même s’il nous semble ne progresser que lentement vers la pleine unité visible, nous ne perdons pas espoir. L’amour inébranlable de Dieu nous rendra capables de dépasser les pires oppositions et les plus profondes divisions. C’est pourquoi la victoire qui a vaincu le monde, c’est notre foi, associée à la puissance transformatrice de l’amour de Dieu.

Prière :
Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu vivant, par ta résurrection tu as triomphé de la mort, et tu es devenu le Seigneur de la vie. Par amour pour nous, tu nous as choisis pour être tes amis. Fais que l’Esprit Saint nous unisse à toi et les uns aux autres dans l’amitié, afin que nous te servions fidèlement en ce monde et soyons les témoins de ton amour inébranlable ; toi qui vis et règnes avec le Père et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

Pistes de réflexion :
1. Comment devrions-nous faire pour exprimer l’amour chrétien dans le contexte des diverses religions et philosophies ?
2. Que devons-nous faire pour devenir des témoins plus crédibles de l’amour inébranlable de Dieu dans un monde divisé ?
3. Comment les disciples du Christ peuvent-ils se soutenir plus visiblement les uns les autres dans l’ensemble du monde ?

Le Prophète Jonas

21 janvier, 2012

Le Prophète Jonas dans images sacrée Giona

http://blog.studenti.it/speakercorner/wp-content/uploads/2012/01/Giona.jpg

 

Homélie 3e dimanche ordinaire B – 22 janvier 2012

21 janvier, 2012

http://parolesdudimanche.blogs.lalibre.be/

Homélie 3e dimanche ordinaire B – 22 janvier 2012

Jon 3, 1-5, 10 ; 1 Co 7, 29-31 ; Mc 1, 14-20

Savez-vous que l’Irak correspond grosso modo à la Mésopotamie des temps bibliques. Au nord, à une centaine de kilomètres de la frontière turque, la grande ville de Mossoul est bâtie sur la rive droite du Tigre. De l’autre côté du fleuve, se trouve la ville de Ninive, qui a gardé très longtemps le titre de capitale des païens, que lui avait donné le peuple d’Israël.
C’est d’elle dont parle le livre de Jonas, qui nous raconte, non pas un combat du genre « tempête du désert », mais un combat missionnaire et spirituel, dont l’enseignement est d’une étonnante actualité. Il peut illustrer non seulement l’évangile d’aujourd’hui, mais aussi s’inscrire dans le cadre de la Semaine de prière pour l’Unité, en y ajoutant le dialogue interreligieux.
Le message de la liturgie de ce jour peut se résumer dans les trois invitations de Jésus : Convertissez-vous… Croyez à la Bonne Nouvelle… Venez derrière moi. Autrement dit : La Parole de Dieu annonce, mobilise et envoie. Elle nous fait changer de conduite. Elle nous réoriente constamment vers les seuls biens véritables et essentiels. Elle guérit aussi, et même ressuscite.
Malheureusement, on considère encore très souvent que l’appel des premiers disciples ne concerne que l’appel à la vocation sacerdotale ou religieuse. Dès lors, on pousse un soupir de soulagement… Ce n’est pas à nous que ce discours s’adresse. Or, c’est oublier que nous avons tous et chacun à être et constamment à devenir vraiment des disciples, des apôtres. Tout chrétien est appelé, non pas à applaudir le Christ, mais à l’écouter, le suivre et l’imiter. Non pas seulement à proclamer ou chanter sa foi en lui, son credo, mais devenir comme lui annonceur et témoin de l’Evangile. La simple appartenance n’est donc qu’une fausse assurance. Une fausse sécurité. Une illusion.
La première lecture nous a précisément montré à la fois le danger pour les croyants de sombrer dans la torpeur et la sécurité des certitudes et de l’efficacité des rites. Et par le fait même, la nécessité de se laisser constamment réveiller par l’appel à la conversion. Non pas seulement la conversion des mœurs, mais la conversion des idées, des croyances, des jugements.
L’histoire de Jonas est comparable à une fable de La Fontaine ou à une parabole du Nouveau Testament. Il ne s’agit pas d’une histoire vraie, mais d’un récit didactique sous une forme humoristique. Ce qui permet d’offrir un enseignement très important sans heurter les auditeurs directement concernés.
Jonas représente le peuple des croyants. Mais des croyants qui se prennent un peu pour des enfants uniques. Leur Dieu est à eux seuls. Ils sont donc fiers de leur privilège, rassurés d’être du bon côté de la barrière. Intimement persuadés d’être possesseurs de la vérité tout entière sur Dieu et sur toute chose. Comme si Dieu était prisonnier des idées que l’on se fait de lui !
C’est donc un Dieu qui est bien de leur côté, sur lequel ils peuvent toujours compter. Un Dieu qui pardonne. Par contre, il punit sévèrement et impitoyablement les païens quand il s’agit de rendre justice au peuple des croyants.
… C’est ainsi que Jonas est envoyé à Ninive, capitale de l’empire assyrien, c’est-à-dire des païens. Sa mission ? Annoncer aux habitants la malédiction de Dieu et leur prochain châtiment. Jonas se sent donc investi d’une mission de jugement et de condamnation contre tous ceux et celles qui ne pensent pas comme lui. Il est parfaitement sûr de sa théologie.
Or, dit la parabole, tout se déroule à l’envers. Les Ninivites vont se convertir, proclamer leur foi en Dieu qui lui, au lieu d’anéantir les ennemis d’Israël, va leur pardonner. Ce qui n’était pas prévu. D’où le dépit de Jonas :  » Il fut très contrarié et se mit en colère « , jusqu’à vouloir souhaiter la mort.
Le Dieu auquel il avait cru jusqu’ici était nationaliste et revanchard. En fait, il l’avait définitivement enfermé dans une définition à la mesure étroite de sa petite intelligence. Or, voici que Dieu se présente à lui comme tout autre. Non pas comme protecteur et vengeur de son peuple, un peuple élu, mais bien comme un père appelant tous ses enfants à la conversion et au repentir. Il met son pardon à la disposition de tous, sans exception. C’est la fin des privilèges. Et voilà que ces païens maudits se convertissent au premier appel, puis donnés en exemple aux croyants qui, eux, sont prisonniers de leur bonne conscience et particulièrement lents à vouloir se convertir.
Je vous conseille vivement de lire cette histoire en entier. Il n’y a que deux ou trois pages. Vous y verrez que tous les mécréants sont sympathiques : les marins païens du naufrage, le roi et les habitants de Ninive, et même les animaux, du ver de terre à la baleine.
Par contre, le seul croyant qui est mis en scène, et qui, de surcroît, est un prophète, est accablé de reproches, mais non sans humour. Ainsi, Yahwé-Dieu va jouer quelques bons tours à ce prédicateur désobéissant et rebelle, pour lui faire adopter une théologie plus ouverte. Il faudra également qu’il cesse de croire que les meilleurs disciples du Seigneur sont nécessairement ceux qui pensent comme lui.
Mine de rien, cette fable constitue un sommet de l’enseignement biblique. Jusque-là, en effet, la communauté des croyants était tentée de s’enfermer sur elle-même. Ce tout petit livre l’invite, au contraire, à un « œcuménisme », ou plutôt à un universalisme extraordinairement ouvert. Et qui appelle à une rude conversion.
Que ceux et celles qui ont des oreilles pour entendre, entendent, ajouterait Jésus. Moralité : c’est magnifique de servir Dieu à condition de ne pas le réduire à l’idée que l’on se fait de lui.

P. Fabien Deleclos, franciscain (T)

1925 – 2008

Livre de Jonas

21 janvier, 2012

http://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_de_Jonas

Livre de Jonas

Le livre de Jonas est un livre de la Bible hébraïque qui décrit un évènement de la vie du prophète Jonas. L’idée principale du livre est que le dieu d’Israël est le dieu de toutes les nations. Il souligne la difficulté pour les enfants d’Israël d’accepter que Dieu puisse pardonner ceux qui les ont persécutés, et qu’Israël ne doit cependant pas se détourner des nations.
Jonas est envoyé à Ninive, symbole d’oppression et de violence, pour condamner la ville mais il s’enfuit dans la direction opposée, embarquant sur un navire en partance pour Tarsis (peut-être Tartessos, en Espagne) afin d’échapper à la parole de Dieu, et fuir sa mission dangereuse de prophète en pays païen. Selon Isaïe, Tarsis est en effet le lieu où la parole divine n’arrive pas1. Jonas monte dans un bateau, puis descend dans la cale, et s’endort. Le navire est pris dans une grande tempête. Les marins jettent les sorts afin de découvrir la cause de ce malheur, et les sorts désignent Jonas : Il est lancé à la mer, qui se calme. Avalé par un grand poisson durant trois jours et trois nuits, Jonas regrette sa fuite et se voit vomi sur une plage. Il annonce le futur jugement aux habitants de Ninive, qui se repentent. Dieu leur pardonne, et ne détruit pas la ville. Jonas s’irrite d’avoir annoncé pour rien la destruction de Ninive, qui n’a pas eu lieu, mais Dieu le réprimande.
Le Nouveau Testament fait mention de Jonas. Jésus enseigna que Jonas avalé par le poisson annonçait sa mort et sa résurrection (Mt 12:39–40 ; 16:4 ; Lu 11:29–30). L’Évangile selon Matthieu fait mention au chapitre 12 d’un signe de Jonas qui semble être l’annonce de la mort de Jésus Christ pendant trois jours complets, suivis de sa résurrection. Dans l’Évangile selon Luc au chapitre 11: « (…)parce qu’ils se sont repentis à la prédication de Jonas(…) », le signe de Jonas semble plutôt consister dans le simple fait qu’il y ait un prédicateur.
La tonalité du Livre de Jonas peut être qualifiée de sarcastique, le prophète éponyme étant tourné en ridicule dans son attitude intransigeante de refus d’accepter le fait que le peuple de Ninive ait été sauvé par Dieu. Il s’agit d’un pastiche des textes de prophètes plus anciens qui refusaient la conversion des peuples étrangers à Juda et leur prédisaient la destruction due à la colère divine comme le fait Jonas pour Ninive. Le message du Livre de Jonas prend le contrepied de ses discours en expliquant que tous les peuples de la Terre peuvent se convertir, ce qui explique pourquoi la plupart d’entre eux n’a pas eu à subir de destructions malgré les prédictions de certains prophètes.
Le Livre de Jonas a été écrit à l’époque post-exilique, donc bien après la destruction de Ninive, et il ne fait référence à cette ville qu’en tant que symbole de ville gigantesque, à laquelle il attribue de façon fantaisiste plus de 120 000 habitants et une taille telle qu’il faut trois jours de marche pour la traverser (ou en faire le tour). Le propos du rédacteur du texte est de s’en servir comme modèle de ville qui ne connaît pas Dieu avant la venue du prophète, située dans un pays étranger mentionné dans d’autres textes bibliques, l’Assyrie, qui est un ancien oppresseur d’Israël et de Juda.

UNITÉ DES CHRÉTIENS : MÉDITATIONS POUR LE 21 JANVIER 2012

21 janvier, 2012

http://www.zenit.org/article-29949?l=french

UNITÉ DES CHRÉTIENS : MÉDITATIONS POUR LE 21 JANVIER 2012

« Transformés par la victoire du Seigneur sur le mal »

ROME, vendredi 20 janvier 2012 (ZENIT.org) – « Transformés par la victoire du Seigneur sur le mal » : c’est le thème de la quatrième journée de prière pour l’unité des chrétiens, demain, samedi 21 janvier : nous publions ci-dessous les méditations pour cette quatrième journée de la grande semaine de prière annuelle (18-25 janvier).
En effet, au cours de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2012, les auteurs de méditations de cette année, un groupe oecuménique de Pologne (cf. Zenit du 17 janvier 2012) invitent à méditer sur le « scandale » de ce que les divisions des chrétiens les rendent « incapables d’avoir suffisamment de force pour lutter contre les maux de notre temps ».
Voici les textes proposés pour la quatrième journée, demain, samedi 21 janvier publiés sur les sites du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et de la Commission Foi & Constitution » du Conseil oecuménique des Eglises:

Thème : Transformés par la victoire du Seigneur sur le mal
Texte : Sois vainqueur du mal par le bien (Rm 12,21)
Lectures :

Ex 23,1-9 : Tu ne suivras pas une majorité qui veut le mal
Ps 1 : Heureux celui qui se plaît dans la loi du Seigneur
Rm 12,17-21 : Sois vainqueur du mal par le bien
Mt 4,1-11 : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras et c’est à lui seul que tu rendras un culte

Commentaire :
En Jésus, nous apprenons ce que signifie vraiment le mot « victoire » pour les êtres humains – à savoir le bonheur de partager l’amour de Dieu, en surmontant avec lui tout ce qui nous éloigne les uns des autres. C’est participer à la victoire du Christ sur les forces destructrices qui corrompent l’humanité et toute la création divine. En Jésus, nous pouvons prendre part à une vie nouvelle qui nous appelle à combattre le mal de notre monde avec une confiance renouvelée, et à trouver notre joie dans ce qui est bon.
Les paroles de l’Ancien Testament sont un avertissement catégorique contre tout engagement dans le sens du mal et de l’injustice. L’attitude prise par la majorité ne peut en aucun cas servir d’alibi. Et l’on ne peut prétexter ni du bien-être ni de quelque autre situation de l’existence pour faire le mal.
Le Psaume 1 n’attire pas seulement l’attention sur la nécessité d’observer les commandements, mais surtout sur les joies que cela procure. Celui qui aime la loi du Seigneur plus que tout le reste, est dit heureux et béni. La Parole de Dieu est un guide sûr dans l’adversité, elle constitue l’accomplissement de la sagesse humaine. Celui qui médite la parole de Dieu jour et nuit peut mener une existence très fructueuse pour le bien des autres.
Les admonestations de l’apôtre nous encouragent à être vainqueurs du mal par le bien. Seul, le bien peut venir à bout de l’interminable spirale de la haine et du désir humain de vengeance. Dans le combat pour le bien, tout ne dépend pas des êtres humains. L’apôtre Paul invite néanmoins à ce qu’aucun effort ne soit négligé pour préserver la paix avec autrui. Il a conscience du combat qu’il nous faut sans cesse mener contre notre instinct à nuire à ceux qui nous ont fait du mal. Mais Paul nous appelle à ne pas nous laisser dominer par ces sentiments destructeurs. Faire le bien est vraiment une façon de combattre le mal parmi nous.
Le passage de l’Évangile décrit le combat du Fils de Dieu contre Satan – qui personnifie le mal. La victoire de Jésus sur les tentations au désert se réalise dans Son obéissance au Père, et c’est ce qui le conduit à la croix. La résurrection du Sauveur confirme que c’est bien la bonté de Dieu qui l’emporte en définitive : l’amour est vainqueur de la mort. Le Seigneur ressuscité est proche ! Il nous accompagne en chacun de nos combats contre la tentation et le péché dans le monde. Sa présence invite les chrétiens à agir ensemble pour le bien.
Le scandale vient de ce que nos divisions nous rendent incapables d’avoir suffisamment de force pour lutter contre les maux de notre temps. En étant unis au Christ et en nous réjouissant de sa loi d’amour, nous sommes appelés à partager Sa mission qui consiste à apporter l’espérance sur les lieux d’injustice, de haine et de désespoir.
Prière :

Seigneur Jésus Christ, nous te rendons grâce pour ta victoire sur le mal et les divisions. Nous te louons pour ton sacrifice et pour ta résurrection qui a vaincu la mort. Aide-nous dans notre combat quotidien contre toute adversité. Que l’Esprit Saint nous procure force et sagesse afin qu’en te suivant, nous soyons victorieux du mal par le bien, et de la division par la réconciliation. Amen.

Pistes de réflexion :

1. Où voyons-nous le mal dans nos propres existences ?
2. Comment notre foi au Christ peut-elle nous aider à vaincre le mal et le Malin ?
3. Quelle leçon pouvons-nous tirer des situations où, dans notre société, la division a fait place à la réconciliation ?

San Sébastien (mf)

20 janvier, 2012

San Sébastien (mf) dans images sacrée

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