LA PRIERE JUIVE 1°

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LA PRIERE JUIVE 1°

Je me suis appuyé sur des articles de nos Frère Paul Ghennassia et Emmanuel Rodriguez parus dans la revue T. M. P. I., pour nous aider, (nous les croyants des nations), à mieux connaître les Juifs et le mouvement Messianique lié au Peuple d’Israël . Mieux connaître c’est aussi mieux comprendre les pratiques et les coutumes (1) du peuple d’Israël et faire disparaître les préjugés .
Puissent ces articles nous aider a mieux exprimer et vivre nos moments de Louanges et de prières, dans quelque contexte et endroit que ce soit . Nos louanges nos prières, celles qui doivent monter jusqu’a l’oreille de L’Eternel . Nous pourrons remarquer la profondeur et la puissance de leurs louanges et prières, mais aussi combien elles sont empreintes et fondées sur la Parole De Dieu .
Très tôt dans l’histoire de l’Eglise s’est développée une attitude anti-juive qui, de nos jours encore, influence la position du christianisme face au judaïsme . Une image faussée et déformée de la Synagogue prévaut la plupart du temps . Pour avoir fréquenté personnellement et sur invitation , une Synagogue et les Frères qui là compose, je puis assurer que j’y est trouvé un véritable enrichissement pour ma vie spirituelle . J. T.

La Synagogue
Habituellement, elle désigne un bâtiment, mais son sens originel est assemblée ; une assemblée de dix hommes, au minimum, que le judaïsme appelle le minyane . Ces hommes se regroupent dans le but de prier car pour les Juifs la prière collective est essentielle . Un minyane est donc composé d’au moins dix hommes et peut se réunir partout pour prier . Ce nombre de dix se réfère, entre autres, au récit de Genèse 18/32, lorsque Abraham implorait l’Eternel au sujet de Sodome et Gomorrhe . Abraham a osé diminuer, chaque fois, le nombre de justes requis pour que L’Eternel épargne la ville . L’Eternel aurait épargné la ville s’il s’y était trouvé seulement dix justes . Cette approche est la base de la prière d’intercession pour la ville ou le pays . Elle nous plonge dans le mystère de la prière .
Certains théologiens chrétiens ont vu une contradiction entre cette tradition du minyane et la déclaration de Yeshoua-Jesus en Matthieu 18/20 : Car là ou deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieux d’eux . Le rabbin Elie Soloveitchik dans son commentaire de l’Evangile de Matthieu Kol Koré , relève la déclaration suivante du Talmud : En quelque lieu où des hommes se réunissent pour adorer, où des justes siègent au tribunal et où un homme, même seul, s’adonne à l’étude de la Torah, la Chéhinah (la gloire de Dieu) est présente . (Abin Ben-Adda, Talmud : Berakot 6a) .
Les Evangiles nous montrent Yéshoua (Jésus) menant la vie d’un Juif fidèle en ce qui concerne l’observation de la loi de Moïse . En Luc 4/19, il est dit que c’était son habitude d’aller à la synagogue le jour du shabbath (Jour mis a part et consacré a l’Eternel) . Dans les Evangiles la synagogue (Assemblée) est mentionnée plus de 40 fois . La prière joue un rôle essentiel dans le judaïsme qui considère que Dieu l’a prévue pour remplacer les sacrifices sanglant d’animaux devenus impossibles après la destruction du temple . Nous lisons à ce sujet dans Osée 6/6 : Car je veux, la loyauté et non les sacrifices, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes . Osée 14/3 dit également . Prenez avec vous des paroles de repentance et revenez à l’Eternel . Dites-lui : pardonne toute faute et reçois-nous favorablement ! Nous t’offrirons, au lieu de taureaux l’hommage de nos lèvres . Cela nous montre aussi Les conditions et l’état de notre cœur, requis en sa présence .

La Priere Et Ses Trois Formes Dans Le Judaïsme
Les prières sont avant tout des bénédictions (Béni soit Dieu…), des louanges et des actions de grâce ; les Juifs expriment également des requêtes personnelles . Ils rendent grâce à Dieu pour la Création, pour le don de la Torah (sa parole- son Verbe), pour la Chéhinah (sa gloire brillant sur nous) et pour la rédemption (notre relation nouvelle avec Lui, a cause de Jésus .
C’est depuis l’époque d’Esdras que les synagogues se sont développées et devinrent des lieux de prière, d’étude de la Torah et de rassemblement . La prière est une affaire personnelle, mais le concept de la prière en commun existe aussi dans la Bible . La prière personnelle en est une force ; ajoutée à celles des autres, elle devient encore plus puissante . Il en va de la prière comme d’une corde, plus ses brins sont nombreux, plus solide et efficace elle devient .
Les Juifs pieux prient trois fois par jour. Ces trois moments de prières se nomment : Cha’harite – prière du matin ; Min’ha – prière de l’après-midi ; Arvite – prière du soir. Les trois temps quotidiens de prière qui nous ont été transmis par Esdras, le scribe versé dans les Ecritures, correspondent aux moments des sacrifices ; les prières du matin et de l’après-midi aux sacrifices eux-mêmes, celles du soir, au sacrifice par le feu des entrailles des victimes du jour.
La tradition (1) enseigne que ce furent les patriarches, Abraham, Isaac et Jacob qui instituèrent la prière offerte trois fois par jour .
Selon la pensée hébraïque, David transcrivit toutes ses expériences dans les Psaumes . Tout ce qu’un homme peut vivre au cours de son existence s’y trouve écrit . C’est pourquoi, les Juifs les utilisent pour exprimer tous leurs besoins (Ephésien 5/19) . Quand ils se trouvent au Mur Occidental, en dehors des services réguliers, ils récitent des Psaumes . Ils répandent ainsi leur cœur devant Dieu . Il va de soi que les Juifs parlent également à Dieu d’une manière spontanée, La prière n’est pas figée .

Pessouké Dezimra
Les Juifs se préparent à la prière selon un rite qui sert à la purification du cœur et des pensées afin que celui qui prie ose se présenter devant Dieu et son trône (2) . Dans le temple le prêtre devait se laver les mains dans la cuve d’airain avant de vaquer à la prière et aux sacrifices . C’est par la lecture répétée chaque jour de certains Psaumes, de cantiques et de louange, que la communauté se prépare à se tenir devant Dieu .
Pessouké Dezimra signifie texte de louange et prépare l’assemblée à la prière du Chema Israël et de Chemoné Esréh l’un à la suite de l’autre . Les textes constituant Pessouké Dezimra sont les suivants : 1 Chroniques 16/8-36 (Psaume d’action de grâce) – Psaumes 100 (Psaume d’invitation au bonheur et aux actions de grâce) et 145/1 (Hymne a la Compassion) et pour terminer Exode 14/30 et 15/19 (Hymne de reconnaissance pour la délivrance du fardeau de imposé par l’ennemi). La lecture de ces passages de la Bible est introduite par une bénédiction et se termine de même .
La bénédiction qui introduit Pessouké Dezimra, nommé Barouh Chéamar est particulièrement significative . Selon la tradition, cette prière a été transcrite par les hommes de Grande Assemblée il y a environ 2400 ans . La prière Barouh Chéamar consiste en 87 mots hébreux, ce qui représente la valeur numérique du terme Paz signifiant or fin Psaume 19/11 . Le thème de cette prière est le nom de Dieu avec ses multiples significations . Connaître ce nom, c’est connaître ses divers attributs, mentionnés brièvement dans cette prière .

Loué soit l’Eternel qui a créé l’univers par sa parole .
Loué soit celui dont l’action est conforme à la parole .
Loué soit celui qui ordonne et maintient .
Loué soit celui qui a tiré le monde du néant .
Loué soit celui qui étend sa miséricorde sur la terre .
Loué soit celui qui récompense ses fidèles .
Loué soit celui qui dissipe les ténèbres et fait naître la lumière .
Loué soit le Tout-Puissant qui est et qui existe éternellement .
Loué soit celui qui n’admet ni iniquité, ni oubli, ni partialité, ni don corrupteur dans le jugement ; il est juste dans toutes ses voies, bienfaisant dans toutes ses actions .
Loué soit le libérateur et Sauveur .
Loué soit celui qui a ordonné le repos à son peuple Israël le saint jour du Shabbath .
Loué soit-il, loué soit son Nom, et béni soit son souvenir d’éternité en éternité .
Sois loué, Eternel notre Dieu, Roi de l’Univers, Roi tout-puissant et saint, principe de toute miséricorde,
Sois loué glorifié par la bouche de ton peuple,
Sois loué célébré et exalté par les louanges de tes pieux et fidèles serviteurs . Et par les cantiques de ton serviteur David nous te louons, ô Eternel notre Dieu !
Nous te glorifions, nous publions ta puissance et ta majesté . Nous te proclamons notre Roi,
nous te sanctifions et nous t’exaltons, ô toi notre Roi, notre Dieu unique et Eternel !
Sois loué Eternel, notre Roi, célébré par des actions de grâces .

Cette représentation fondamental de la louange et des actions de grâces, lié à une profonde connaissance du Nom de Dieu et au besoin de l’honorer, ressort d’une manière évidente des écrits de shaliah Paul Apôtre Paul . Il commence la plupart de ses lettres par la louange, en offrant des actions de grâce à Dieu pour tout ce qu’il fait à l’égard de son peuple . En Philippiens 4/6, Apôtre Paul résume en un seul verset : Ne vous inquiétez de rien ; mais en toutes choses, par la prière et la supplication, avec des actions de grâce, faites connaître à Dieu tout vos besoins ou demandes .
Pessouké Dezimra se terminent par une prière nommée Yichtaba’h ce qui signifie : sois loué . A nouveau le nom de Dieu se trouve au cœur de cette prière . Les sages (ceux qui ont la connaissance) attirent l’attention sur la prédominance du nombre quinze dans cette prière . En hébreux, ce nombre est écrit au moyen des lettres yod et hé, deux des lettres du tétragramme sacré (yod, hé, vav, hé), jamais prononcé, qui est le nom même de Dieu .
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(1) (Les tradition et coutumes ne peuvent être mauvaises que lorsqu’elle introduisent des erreurs et entraînent a des comportement qui ne glorifient pas L’Eternel . J. T. )

(2) (Esaïe 58 et 59 nous en instruisent pleinement, nous et nos pasteurs . J. T. )

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