Archive pour le 8 janvier, 2012

Saint Jean Baptiste

8 janvier, 2012

Saint Jean Baptiste dans images sacre 14%20BIONDO%20ALTARPIECE%20OF%20THE%20BAPTIST

http://www.artbible.net/3JC/-Mat-03,01-John%20the%20baptist_Jean%20Baptiste/slides/14%20BIONDO%20ALTARPIECE%20OF%20THE%20BAPTIST.html

LUND 9 JANVIER 2012 : BAPTME DU SEIGNEUR – ANNE B – HOMELIE

8 janvier, 2012

http://dimancheprochain.org/241-le-bapteme-du-seigneur/

LUND 9 JANVIER 2012 : BAPTME DU SEIGNEUR – ANNE B – HOMELIE

(Dimanche 11 janvier 2009 Le Baptme de Jsus Anne B Evangile de Marc 1, 7 11)

Le Baptme de Jsus et le Ntre

Depuis plus de 5 sicles Isral avait perdu son indpendance, depuis plus de 90 ans les Romains occupaient le pays. Mais les Ecritures entretenaient une esprance inbranlable: en dpit de son long silence, Dieu navait pas abandonn son peuple, il interviendrait et le sauverait par la venue de son Messie. Quand ?.Et quel salut ?.
Soudain, en lan 28 de notre calendrier ( Jsus doit avoir 33 ans ), la nouvelle se rpand: un prophte a surgi et il annonce la venue du Royaume de Dieu. Jsus de Nazareth dcide de rpondre lappel et il prend la route du sud, vers la Jude. Sait-il que Dieu ly attend pour bouleverser sa vie et lui donner sa mission?
Jean-Baptiste proclamait dans le dsert: Voici venir derrire moi celui qui est plus puissant que moi. Et je ne suis pas digne de me courber ses pieds pour dfaire la courroie de ses sandales. Moi je vous ai baptiss dans leau; lui vous baptisera dans lEsprit-Saint . Or, en ces jours-l, Jsus vint de Nazareth, ville de Galile, et se fit baptiser par Jean dans le Jourdain.
Les quatre vanglistes prennent bien soin de souligner la distance abyssale qui spare Jsus de Jean et des anciens prophtes. Mme si Jsus a un itinraire semblable au leur (prdication, refus, mort violente), mme si effectivement il fut baptis par Jean, son statut est infiniment suprieur. Les prophtes ne peuvent quexhorter, prvenir, menacer, confrer des rites: tout cela est bien, important, mais absolument impuissant changer le cur de lhomme. Trop de chrtiens, aujourdhui encore, rduisent Jsus un prdicateur, son message un enseignement, ses rites une sacralisation des tournants de la vie (naissance, mariage, mort). En rester ce niveau cest tuer lEvangile. Comme saint Paul le criera, une loi ne peut jamais tre une bonne nouvelle.
Marc ne raconte pas lacte du baptme (enlever son vtement, descendre dans leau): lessentiel, cest la suite. Jsus va faire une exprience tout fait personnelle, unique: Dieu se rvle lui, le nomme, lui confre sa mission.
Et aussitt, montant hors de leau, il vit les cieux dchirs et lEsprit, comme une colombe descendant vers lui; et une voix hors des cieux: Toi, tu es mon fils, le bien-aim, en toi je me complais
( traduction plus littrale que le texte de la liturgie)
Marc crit ceci dans les annes 70 quand les chrtiens, aprs Pques, ont dcouvert lidentit de Jsus et quils entrent en Eglise grce au baptme. Donc il raconte la scne pour en montrer la gloire et en sinspirant des Ecritures, notamment d Isae 63. Aprs la catastrophe de 587 avant notre re (destruction du temple, dportation du peuple), un prophte voquait les anciennes merveilles de Dieu quand il fit monter de la mer le pasteur de son troupeau et mit en lui son Esprit Saint ( il sagit de Mose lors de lexode dEgypte). Mais prsent, parmi les ruines et du fond de la dtresse immense, le prophte suppliait et en appelait une nouvelle intervention divine:
Regarde et vois depuis le cielNotre Pre, cest Toinotre rdempteurPourquoi nous laisses-tu errer ?Reviens !..Ah si tu dchirais les cieux et si tu descendais pour faire connatre ton Nom ( Isae 63, 19)
Cri extraordinaire ! Lexprience du terrible chec a convaincu que ni Mose ni les Prophtes ne suffisent garder le peuple fidle son Dieu. Serait-il possible que Dieu lui-mme vienne, surgisse, descende parmi nous ?. Et Marc rpond: Oui le vu sest ralis: Dieu a exauc cette folle prire grce la descente de Jsus chez nous !

LEXPERIENCE SPIRITUELLE DE JESUS BAPTIS
Chaque expression de Marc est commenter car tout sclaire la lumire des Ecritures que Jsus accomplit . Il y a Vision et Audition:
Les cieux ferms se dchirent: lexpression symbolique signifie que le pch avait rompu le lien avec Dieu, il y avait comme un mur entre Dieu et son peuple pcheur. Aujourdhui avec Jsus, la communication est rtablie ! Seul ce lien vertical rend possible lharmonie des relations horizontales entre nous et entre les peuples.
LEsprit de Dieu ( son Souffle, sa Puissance) se remet souffler et descend sur Jsus pour demeurer sur lui. L est la diffrence absolue avec le baptme de Jean qui nest quun rite de purification. Jsus est OINT par lEsprit: Dieu a confr Jsus lOnction dEsprit Saint et de Puissance ( Ac 10, 38)
Comme une colombe : cette image a de multiples significations:
1) A la cration, on disait que lEsprit planait sur les eaux (Gense 1, 2): le baptme est donc plus quune ablution, quune purification. Il est une NOUVELLE CREATION.
2) A la fin du dluge, la colombe tait revenue avec un rameau dolivier. En Jsus, leau du baptme noie toutes nos fautes et lEsprit nous apporte le pardon et la Paix.
3) Dans le Cantique des Cantiques ( chant damour conjugal entre Dieu et son peuple), le Roi appelle sa fiance ma colombe (5, 6; 6, 9). Puisque la colombe symbolise Isral, cela signifie que Jsus est lIsral fidle, aim: il prend sur lui le destin de son peuple, il assume ses frres, il le porte avec ses faiblesses, ses pchs
Tu es mon fils : le psaume 2 dcrit lintronisation royale. Dieu dclare au nouveau roi, qui vient dtre oint, quil ladopte comme son fils, son dlgu, son reprsentant. Certes Jsus tait n Fils de Dieu (diront Matthieu et Luc) mais ici il est institu ROI; sa mission dinaugurer le Royaume de Dieu sur terre va commencer. Tout lvangile peu peu montrera que Jsus nest pas un homme adopt mais quil est vraiment FILS de Dieu car au-del du rite deau, il a reu lEsprit, il a t OINT dEsprit Saint
( Ac 10 = 2me lecture)
Bien-aim : dans la clbre scne du sacrifice dAbraham (Gense 22), Isaac est ainsi nomm. Donc Jsus sera le Fils portant le bois (de la croix) et conduit au mont du Golgotha. Les hommes tueront le bien-aim de Dieu mais Dieu le leur rendra par la rsurrection. Le baptme voue au sacrifice.
En toi jai mis mon bon plaisir : cest ainsi que Dieu prsente son serviteur qui fera paratre le jugement de Dieu sur toutes les nations du monde et qui agira de faon trs douce, sans violence: Il ne criera pas, il ne brisera pas le roseau ploy ( Isae 42). Jsus sera ce serviteur fidle qui ralisera le salut du monde entier par une conduite non-violente et mme en donnant sa vie (Isae 53).

LE BAPTEME CHRETIEN
Ds le dbut, aprs Pques, lentre dans lEglise seffectue par le rite du baptme qui se substitue la circoncision. (cf. Actes des Aptres).
Il se fait au nom du Christ cest--dire quil relie Lui, quil assimile lui.
Saint Paul, qui a t baptis, en soulignera limportance capitale en ces mots mditer en ce jour:
Nous avons t tous baptiss dans un seul Esprit pour tre un seul Corps, Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres (1 Corinthiens 12, 13) Vous tous qui avez t baptiss en Christ, vous avez revtu Christ. Il ny a plus ni Juif ni Grec; ni esclave ni homme libre; lhomme et la femme. Car vous ntes quUN en Jsus Christ ( Galates 3, 27)
Nous avons t baptiss dans la mort de Jsus Christ; nous avons t ensevelis avec lui afin que comme le Christ est ressuscit des morts nous menions une vie nouvelle..Morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui ( Romains 6)
Donc en ce jour, 1) nous contemplons notre Seigneur qui descend au cur de notre humanit pour la laver de ses pchs et la recrer par la Vie divine dans lEsprit.
2) Nous reprenons conscience de notre dignit: le baptme est une re-naissance dans lEsprit. Par lui nous devenons ENFANTS DE DIEU, nous avons le privilge de pouvoir prier : NOTRE PERE . Et nous formons un peuple, une communaut. En Christ nous sommes UN. Le baptme nest en rien un rite priv: il est de soi agrgation une Eglise unique.
3) Enfin le baptme nous envoie en mission: porter cette Rvlation au monde entier. Comment les baptiss peuvent-ils r-vangliser lEurope ?

R. D , dominicain

Introduction au rcit de Marc (anne B)

8 janvier, 2012

http://www.bible-service.net/site/638.html

Introduction au rcit de Marc (anne B)

Lire Marc dans son site liturgique

Parce que tout son contenu narratif, ou presque, se retrouve chez les autres vangiles, le rcit de Marc a t autrefois peu utilis dans la liturgie. Il a suscit moins dintrt que ceux de Matthieu, Luc ou Jean de la part des Pres de lglise, des docteurs du moyen ge, des prdicateurs de lge classique ou des artistes. Aujourdhui, la situation a radicalement chang.
Dune part, le Lectionnaire issu de la rforme liturgique voulue par le concile Vatican II et entr en vigueur en 1969 a choisi, pour les dimanches ordinaires de lanne B, une lecture  » semi-continue  » du second vangile. Dautre part, depuis le dbut du XXe sicle, les tudes tant historiques que smiotiques ou narratives lont scrut avec attention. Enfin, cause de sa brivet, son rythme et sa nervosit, des comdiens nont pas hsit le lire en public pendant environ deux heures procurant un rel bonheur leurs auditeurs croyants ou non.
Ce Cahier n’a pas la prtention de proposer un commentaire exhaustif. Il se concentre sur les passages retenus dans la liturgie par le Lectionnaire catholique romain. Pour un approfondissement, des ouvrages plus complets sont ncessaires. Le prsent Cahier a dailleurs abondamment puis dans trois dentre eux dus Simon Lgasse (1997), lian Cuvillier (2002) et Camille Focant (2004).
La lecture  » semi-continue  ». Pour les dimanches de lanne B, les solennits et les ftes, la liturgie a slectionn seulement 39 passages. Dans lanne A, elle proposait 50 passages de lvangile de Matthieu. Quasiment absent de lAvent, de Nol, de Carme et de Pques, Marc est privilgi par le temps ordinaire.
Le Lectionnaire a nanmoins omis des pisodes importants, par exemple l’institution des Douze (Mc 3, 13-19), la parabole du semeur et son explication (4, 1-20) ou les multiplications des pains (6, 30-44 et 8, 1-9 ; la place, on lit le long rcit de Jn 6). Des chapitres 11 13 seuls quelques brefs pisodes ont t retenus : entre dans Jrusalem, controverse sur le premier commandement, mise en garde contre les scribes, louange dune veuve, fin du discours apocalyptique. Ce dernier extrait, scind en deux, forme dailleurs une curieuse inclusion : 13, 33-37 est proclam au dbut de lanne (1er dimanche de lAvent B) alors que 13, 24-32 qui le prcde immdiatement est lu presque un an plus tard lors de lavant-dernier dimanche du cycle liturgique (33e dimanche B) ! Notre travail devrait permettre de situer chacune des pricopes retenues dans la dynamique d’ensemble du rcit.
La liturgie ne cherche pas faire entendre un vangile pour lui-mme. Elle lclaire par la rencontre dautres passages bibliques, en particulier ceux de la premire lecture et du psaume responsorial. Une rubrique intitule Lectionnaire tentera, discrtement, de mettre au jour ces liens.
Un plan parmi dautres. Dans les harmonies recherches par la liturgie, le rapport direct entre lAncien Testament et la pricope vanglique ne vaut que pour le temps ordinaire. Dans les grandes priodes liturgiques (Avent-Nol, Carme-Temps pascal), le rapport entre lAncien Testament, le texte de lAptre et lvangile sont redfinir au cas par cas. Ce rappel est important parce que, faute de percevoir les rgles que le lectionnaire sest lui-mme fix, on risque parfois des rapprochements fort douteux entre les textes.
Un rcit dconcertant. L’vangile de Marc est droutant limage de l’attitude de Jsus. Ainsi, pourquoi celui-ci impose-t-il le silence ceux qu’il vient de gurir ? Pourquoi interdit-il Pierre qui vient de reconnatre en lui le Christ den parler ?
Bien que choisis par Jsus et ayant tout laiss pour le suivre, les disciples ne sont pas prsents sous leur meilleur jour : plus le rcit avance, plus leur inintelligence, leurs peurs, leurs manques de foi et leurs faiblesses sont mis en lumire. Au moment de l’arrestation de Jsus, ils labandonnent tous et s’enfuient. Dans la cour du Grand Prtre, Pierre le renie.
Si la prdication de Jsus a pour thme principal la proximit du Rgne de Dieu, si son enseignement manifeste son autorit, il doit faire face non seulement lincomprhension des disciples mais lhostilit et au rejet des autorits juives. L’itinraire de Jsus qui prdit la venue du Fils de lhomme dans la gloire la fin des temps passe paradoxalement par la souffrance et la mort. Sur la croix, abandonn des siens, moqu par tous, Jsus se dit abandonn mme de Dieu (Mc 15, 34) ! Pourtant, nest-il pas le  » Fils bien-aim  » (1, 11 relay par 9, 7) ?
Confess comme  » Christ  » par Pierre au terme dune premire prdication en Galile et en Dcapole (8, 29), cest par un paen, au pied de la croix, quil est reconnu dans sa vrit de  » Fils de Dieu  » (15, 39).
La dernire page qui raconte l’annonce pascale nest pas la moins dconcertante par sa manire abrupte de clore le rcit : les femmes s’enfuient du tombeau et ne disent rien  » car elles avaient peur  » (16, 8).
Du point vue de la forme, le rcit se prsente comme une succession rapide et hache de petites units ce qui a pour effet de drouter le lecteur comme aussi bien de le tenir en haleine.
Un tel vangile ne peut laisser son lecteur indiffrent. Il le provoque s’interroger sur sa confession de foi. En mme temps, il le rejoint dans ses peurs et ses incomprhensions devant le mystre de lidentit de Jsus. Invit devenir disciple, le lecteur est confront au portrait du disciple dessin par Marc. Dans la mesure o il s’identifie ce portrait, il est oblig, dun ct, une certaine lucidit sur lui-mme et, de lautre, il est encourag la fidlit : Jsus appelle des tres limits et fragiles et, malgr leurs dfaillances, il continue de leur faire confiance. Un chec dans la  » suivance  » n’est jamais dfinitif. La figure de Pierre, est, de ce point de vue, exemplaire depuis lappel initial (1, 16) jusquau message de rsurrection qui lui est transmis (16, 7).

Philippe Lonard Cahier vangile n 133 (septembre 2005) pages 4-6.