Archive pour décembre, 2011

Pape Benoît: Saint Jean de la Croix (14 décémbre)

14 décembre, 2011

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2011/documents/hf_ben-xvi_aud_20110216_fr.html
 
BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI

Mercredi 16 février 2011

Saint Jean de la Croix (14 décémbre)

Chers frères et sœurs,

Il y a deux semaines, j’ai présenté la figure de la grande mystique espagnole Thérèse de Jésus. Je voudrais aujourd’hui parler d’un autre saint important de ces territoires, ami spirituel de sainte Thérèse, réformateur, avec elle, de la famille religieuse carmélitaine: saint Jean de la Croix, proclamé Docteur de l’Eglise par le Pape Pie XI, en 1926, et surnommé dans la tradition Doctor mysticus, «Docteur mystique».
Jean de la Croix naquit en 1542 dans le petit village de Fontiveros, proche d’Avila, en Vieille Castille, de Gonzalo de Yepes et Catalina Alvarez. Sa famille était très pauvre, car son père, issu d’une famille noble de Tolède, avait été chassé de chez lui et déshérité pour avoir épousé Catalina, une humble tisseuse de soie. Orphelin de père dans son jeune âge, Jean, à neuf ans, partit avec sa mère et son frère Francisco pour Medina del Campo, non loin de Valladolid, un pôle commercial et culturel. Il y fréquenta le Colegio de los Doctrinos, en assurant également d’humbles travaux pour les sœurs de l’église-couvent de la Madeleine. Par la suite, vues ses qualités humaines et ses résultats dans les études, il fut admis d’abord comme infirmier dans l’Hôpital de la Conception, puis au Collège des jésuites, qui venait d’être fondé à Medina del Campo: Jean y entra à dix-huit ans et étudia pendant trois ans les sciences humaines, la rhétorique et les langues classiques. A la fin de sa formation, sa vocation lui était très claire: la vie religieuse et, parmi tous les ordres présents à Medina, il se sentit appelé au carmel.
Au cours de l’été 1563, il débuta le noviciat chez les carmes de la ville, en prenant le nom religieux de Mattia. L’année suivante, il fut destiné à la prestigieuse université de Salamanque, où il étudia pendant un triennat les arts et la philosophie. En 1567, il fut ordonné prêtre et retourna à Medina del Campo pour célébrer sa première Messe entouré de l’affection de sa famille. C’est là qu’eut lieu la première rencontre entre Jean et Thérèse de Jésus. La rencontre fut décisive pour tous les deux: Thérèse lui exposa son programme de réforme du carmel, l’appliquant également à la branche masculine de l’ordre et proposa à Jean d’y adhérer «pour la plus grande gloire de Dieu»; le jeune prêtre fut fasciné par les idées de Thérèse, au point de devenir un grand défenseur du projet. Ils travaillèrent ensemble quelques mois, partageant les idéaux et les propositions pour inaugurer le plus rapidement possible la première maison des carmes déchaux: l’ouverture eut lieu le 28 décembre 1568 à Duruelo, un lieu isolé de la province d’Avila. Avec Jean, trois autres compagnons formaient cette première communauté masculine réformée. En renouvelant leur profession de foi selon la Règle primitive, tous les quatre adoptèrent un nouveau nom: Jean s’appela dès lors «de la Croix», nom sous lequel il sera universellement connu. A la fin de 1572, à la demande de sainte Thérèse, il devint confesseur et vicaire du monastère de l’Incarnation d’Avila, où la sainte était prieure. Ce furent des années d’étroite collaboration et d’amitié spirituelle, qui les enrichit tous deux. C’est à cette période que remontent aussi les plus importantes œuvres de Thérèse et les premiers écrits de Jean.
L’adhésion à la réforme du carmel ne fut pas facile et coûta également de graves souffrances à Jean. L’épisode le plus traumatisant fut, en 1577, son enlèvement et son incarcération dans le couvent des carmes de l’antique observance de Tolède, à la suite d’une accusation injuste. Le saint fut emprisonné pendant des mois, soumis à des privations et des contraintes physiques et morales. En ce lieu, il composa, avec d’autres poésies, le célèbre Cantique spirituel. Finalement, dans la nuit du 16 au 17 août 1578, il réussit à fuir de façon aventureuse, se réfugiant dans le monastère des carmélites déchaussées de la ville. Sainte Thérèse et ses compagnons réformés célébrèrent avec une immense joie sa libération et, après une brève période pour retrouver ses forces, Jean fut destiné à l’Andalousie, où il passa dix ans dans divers couvents, en particulier à Grenade. Il assuma des charges toujours plus importantes dans l’ordre, jusqu’à devenir vicaire provincial, et il compléta la rédaction de ses traités spirituels. Il revint ensuite dans sa terre natale, comme membre du gouvernement général de la famille religieuse thérésienne, qui jouissait désormais d’une pleine autonomie juridique. Il habita au carmel de Ségovie, exerçant la charge de supérieur de cette communauté. En 1591, il fut relevé de toute responsabilité et destiné à la nouvelle province religieuse du Mexique. Alors qu’il se préparait pour ce long voyage avec dix autres compagnons, il se retira dans un couvent solitaire près de Jaén, où il tomba gravement malade. Jean affronta avec une sérénité et une patience exemplaires d’immenses souffrances. Il mourut dans la nuit du 13 au 14 décembre 1591, alors que ses confrères récitaient l’office de mâtines. Il les quitta en disant: «Aujourd’hui je vais chanter l’Office au ciel». Sa dépouille mortelle fut transférée à Ségovie. Il fut béatifié par Clément X en 1675 et canonisé par Benoît XIII en 1726.
Jean est considéré comme l’un des plus importants poètes lyriques de la littérature espagnole. Ses plus grandes œuvres sont au nombre de quatre: «La montée du Mont Carmel», «La nuit obscure», «Les cantiques spirituels» et «La vive flamme d’amour».
Dans les Cantiques spirituels, saint Jean présente le chemin de purification de l’âme, c’est-à-dire la possession progressive et joyeuse de Dieu, jusqu’à ce que l’âme parvienne à sentir qu’elle aime Dieu avec le même amour dont Il l’aime. La vive flamme d’amour poursuit dans cette perspective, en décrivant plus en détail l’état de l’union transformante avec Dieu. Le parallèle utilisé par Jean est toujours celui du feu: de même que le feu, plus il brûle et consume le bois, plus il devient incandescent jusqu’à devenir flamme, ainsi l’Esprit Saint, qui au cours de la nuit obscure purifie et «nettoie» l’âme, avec le temps l’illumine et la réchauffe comme si elle était une flamme. La vie de l’âme est une incessante fête de l’Esprit Saint, qui laisse entrevoir la gloire de l’union avec Dieu dans l’éternité.
La montée du Mont Carmel présente l’itinéraire spirituel du point de vue de la purification progressive de l’âme, nécessaire pour gravir le sommet de la perfection chrétienne, symbolisée par le sommet du Mont Carmel. Cette purification est proposée comme un chemin que l’homme entreprend, en collaborant avec l’action divine, pour libérer l’âme de tout attachement ou lien d’affection contraire à la volonté de Dieu. La purification, qui pour parvenir à l’union d’amour avec Dieu doit être totale, commence par celle de la vie des sens et se poursuit par celle que l’on obtient au moyen des trois vertus théologales: foi, espérance et charité, qui purifient l’intention, la mémoire et la volonté. La nuit obscure décrit l’aspect «passif», c’est-à-dire l’intervention de Dieu dans ce processus de «purification» de l’âme. L’effort humain, en effet, est incapable tout seul d’arriver jusqu’aux racines profondes des inclinations et des mauvaises habitudes de la personne: il peut seulement les freiner, mais non les déraciner complètement. Pour cela, l’action spéciale de Dieu est nécessaire, qui purifie radicalement l’esprit et le dispose à l’union d’amour avec Lui. Saint Jean qualifie de «passive» cette purification, précisément parce que, bien qu’acceptée par l’âme, elle est réalisée par l’action mystérieuse de l’Esprit Saint qui, comme la flamme du feu, consume toute impureté. Dans cet état, l’âme est soumise à tous types d’épreuves, comme si elle se trouvait dans une nuit obscure.
Ces indications sur les œuvres principales du saint nous aident à nous familiariser avec les points principaux de sa vaste et profonde doctrine mystique, dont l’objectif est de décrire un chemin sûr pour parvenir à la sainteté, l’état de perfection auquel Dieu nous appelle tous. Selon Jean de la Croix, tout ce qui existe, créé par Dieu, est bon. A travers les créatures, nous pouvons parvenir à la découverte de Celui qui a laissé en elles une trace de lui. La foi, quoi qu’il en soit, est l’unique source donnée à l’homme pour connaître Dieu tel qu’il est en soi, comme Dieu Un et Trine. Tout ce que Dieu voulait communiquer à l’homme, il l’a dit en Jésus Christ, sa Parole faite chair. Jésus Christ est le chemin unique et définitif vers le Père (cf. Jn 14, 6). Toute chose créée n’est rien par rapport à Dieu et ne vaut rien en dehors de Lui: par conséquent, pour atteindre l’amour parfait de Dieu, tout autre amour doit se conformer dans le Christ à l’amour divin. C’est de là que découle l’insistance de saint Jean de la Croix sur la nécessité de la purification et de la libération intérieure pour se transformer en Dieu, qui est l’objectif unique de la perfection. Cette «purification» ne consiste pas dans la simple absence physique des choses ou de leur utilisation; ce qui rend l’âme pure et libre, en revanche, est d’éliminer toute dépendance désordonnée aux choses. Tout doit être placé en Dieu comme centre et fin de la vie. Le processus long et fatigant de purification exige certainement un effort personnel, mais le véritable protagoniste est Dieu: tout ce que l’homme peut faire est d’«être disposé», être ouvert à l’action divine et ne pas lui opposer d’obstacle. En vivant les vertus théologales, l’homme s’élève et donne une valeur à son engagement. Le rythme de croissance de la foi, de l’espérance et de la charité va de pair avec l’œuvre de purification et avec l’union progressive avec Dieu jusqu’à se transformer en Lui. Lorsque l’on parvient à cet objectif, l’âme est plongée dans la vie trinitaire elle-même, de sorte que saint Jean affirme qu’elle parvient à aimer Dieu avec le même amour que celui avec lequel il l’aime, car il l’aime dans l’Esprit Saint. Voilà pourquoi le Docteur mystique soutient qu’il n’existe pas de véritable union d’amour avec Dieu si elle ne culmine pas dans l’union trinitaire. Dans cet état suprême, l’âme sainte connaît tout en Dieu et ne doit plus passer à travers les créatures pour arriver à Lui. L’âme se sent désormais inondée par l’amour divin et se réjouit entièrement en lui.
Chers frères et sœurs, à la fin demeure la question: ce saint, avec sa mystique élevée, avec ce chemin difficile vers le sommet de la perfection, a-t-il quelque chose à nous dire à nous également, au chrétien normal qui vit dans les circonstances de cette vie actuelle, ou est-il un exemple, un modèle uniquement pour quelques âmes élues, qui peuvent réellement entreprendre ce chemin de la purification, de l’ascèse mystique? Pour trouver la réponse, nous devons avant tout tenir compte du fait que la vie de saint Jean de la Croix n’a pas été un «envol sur les nuages mystiques», mais a été une vie très dure, très pratique et concrète, tant comme réformateur de l’ordre, où il rencontra de nombreuses oppositions, que comme supérieur provincial, ou dans les prisons de ses confrères, où il était exposé à des insultes incroyables et à de mauvais traitements physiques. Cela a été une vie dure, mais précisément au cours des mois passés en prison, il a écrit l’une de ses œuvres les plus belles. Et ainsi, nous pouvons comprendre que le chemin avec le Christ, aller avec le Christ, «le Chemin», n’est pas un poids ajouté au fardeau déjà assez difficile de notre vie, ce n’est pas quelque chose qui rendrait encore plus lourd ce fardeau, mais il s’agit d’une chose totalement différente, c’est une lumière, une force, qui nous aide à porter ce fardeau. Si un homme porte en lui un grand amour, cet amour lui donne presque des ailes, et il supporte plus facilement toutes les épreuves de la vie, car il porte en lui cette grande lumière; telle est la foi: être aimé par Dieu et se laisser aimer par Dieu en Jésus Christ. Se laisser aimer est la lumière qui nous aide à porter le fardeau de chaque jour. Et la sainteté n’est pas notre œuvre, très difficile, mais elle est précisément cette «ouverture»: ouvrir les fenêtres de notre âme pour que la lumière de Dieu puisse entrer, ne pas oublier Dieu car c’est précisément dans l’ouverture à sa lumière que se trouve la force, la joie des rachetés. Prions le Seigneur afin qu’il nous aide à trouver cette sainteté, à nous laisser aimer par Dieu, qui est notre vocation à tous et la véritable rédemption. Merci.

* * *
Je salue cordialement les pèlerins francophones, en particulier les jeunes et les formateurs du séminaire de Bayonne, accompagnés de leur Évêque, Monseigneur Marc Aillet! Recueillant le message de saint Jean de la Croix, je vous invite à approfondir votre vie chrétienne et à expérimenter les vertus théologales, source d’une vraie transformation de vos vies et d’une progressive union avec Dieu. Avec ma Bénédiction!

PAPE BENOÎT: POUR S. FRANÇOIS, À NOËL, DIEU EST VRAIMENT L’«EMMANUEL», EXPLIQUE LE PAPE

14 décembre, 2011

du site:

http://www.zenit.org/article-23073?l=french

POUR S. FRANÇOIS, À NOËL, DIEU EST VRAIMENT L’«EMMANUEL», EXPLIQUE LE PAPE

Catéchèse du mercredi

ROME, Mercredi 23 décembre 2009 (ZENIT.org) – « Grâce à saint François, le peuple chrétien a pu percevoir qu’à Noël, Dieu est vraiment devenu l »Emmanuel’, le Dieu-avec-nous, dont ne nous sépare aucune barrière et aucune distance », a expliqué Benoît XVI qui a mis en valeur l’apport spécifique de saint François d’Assise aux célébrations et au sens de Noël, à l’occasion de sa catéchèse du mercredi, en la salle Paul VI du Vatican.
L’accueillir librement
Le pape souligne ce que la Nativité signifie pour la liberté de l’homme : « Dans cet Enfant se manifeste Dieu-Amour : Dieu vient sans armes, sans la force, parce qu’il n’entend pas  conquérir, pour ainsi dire, de l’extérieur, mais il entend plutôt être librement accueilli par l’homme ; Dieu se fait Enfant sans défense pour vaincre l’orgueil, la violence, la soif de possession de l’homme ».
Le pape rapproche le mystère de Noël de cette parole de l’Evangile : « C’est à la lumière de Noël que nous pouvons comprendre les paroles de Jésus: « Si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le Royaume des cieux » (Mt 18, 3).
Le pape interprète ainsi cette parole de l’Evangile : « Celui qui n’a pas compris le mystère de Noël, n’a pas compris l’élément décisif de l’existence chrétienne. Celui qui n’a pas accueilli Jésus avec le cœur d’un enfant, ne peut pas entrer dans le royaume des cieux : tel est ce que François a voulu rappeler à la chrétienté de son époque et de tous les temps, jusqu’à aujourd’hui ».
Aimer et adorer l’humanité du Christ
Benoît XVI a en effet évoqué, en italien, le biographe de saint François d’Assise, Thomas de Celano, qui « parle de la nuit de la crèche de Greccio de manière vivante et touchante, en offrant une contribution décisive à la diffusion de la plus belle tradition de Noël, celle de la crèche ».
« La nuit de Greccio, en effet, a redonné à la chrétienté l’intensité et la beauté de la fête de Noël, et a éduqué le Peuple de Dieu à en saisir le message le plus authentique, la chaleur particulière, et à aimer et adorer l’humanité du Christ », a fait observer le pape.
Et de préciser : «  Cette approche particulière  de Noël a offert à la foi chrétienne une nouvelle dimension. La Pâque avait concentré l’attention sur la puissance de Dieu qui l’emporte sur la mort, inaugure la vie nouvelle et enseigne à espérer dans le monde qui viendra. Avec saint François et sa crèche étaient mis en évidence l’amour désarmé de Dieu, son humilité et sa bénignité qui, dans l’Incarnation du Verbe, se manifeste aux hommes pour enseigner une nouvelle manière de vivre et d’aimer ».
Thomas de Celano raconte que, en cette nuit de Noël, a raconté à son tour Benoît XVI, « la grâce d’une vision merveilleuse fut accordée à François » : « Il vit couché immobile dans la mangeoire un petit enfant, qui fut réveillé du sommeil précisément par la proximité de François. Et il ajoute : « Cette vision n’était pas discordante des faits car, par l’œuvre de sa grâce qui agissait au moyen de son saint serviteur François, l’enfant Jésus fut ressuscité dans le cœur de beaucoup de personnes qui l’avaient oublié, et il fut profondément imprimé dans leur mémoire pleine d’amour » (Vita prima, op. cit., n. 86, p. 307) ».
Une joie ineffable
Pour Benoît XVI, voilà l’apport décisif de saint François : « Cette évocation décrit avec beaucoup de précision ce que la foi vivante et l’amour de François pour l’humanité du Christ ont transmis à la fête chrétienne de Noël : la découverte que Dieu se révèle sous la  tendre apparence de l’Enfant Jésus. Grâce à saint François, le peuple chrétien a pu percevoir qu’à Noël, Dieu est vraiment devenu l »Emmanuel’, le Dieu-avec-nous, dont ne nous sépare aucune barrière et aucune distance. Dans cet Enfant, Dieu est devenu si proche que nous pouvons le tutoyer et entretenir avec lui une relation confidentielle de profonde affection, de la même façon que nous le faisons avec un nouveau-né », a insisté le pape.
Benoît XVI a fait observer que l’expérience des bergers – et de saint François – peut être communiquée à chacun aujourd’hui : « Nous prions le Père pour qu’il accorde à notre cœur cette simplicité qui reconnaît  le Seigneur dans l’Enfant, précisément comme le fit François à Greccio. Il pourrait alors aussi nous arriver ce que Thomas de Celano – se référant à l’expérience des pasteurs dans la Nuit Sainte (cf. Lc 2, 20) – raconte à propos de ceux qui furent présents à l’événement de Greccio: « Chacun s’en retourna chez lui empli d’une joie ineffable» (Vita prima, op. cit., n. 86, p. 479) ».
« Tel est le vœu que j’adresse avec affection à vous tous, à vos familles et à ceux qui vous sont chers. Bon Noël à vous tous ! », a conclu le pape.

Anita S. Bourdin

MESSE POUR LA FRANCE AU LATRAN : HOMÉLIE DU CARD. VALLINI

14 décembre, 2011

du site:

http://www.zenit.org/article-29719?l=french

MESSE POUR LA FRANCE AU LATRAN : HOMÉLIE DU CARD. VALLINI

L’annonce de la foi a besoin de témoins

ROME, mercredi 14 décembre 2011 (ZENIT.org) – « L’annonce de la foi trouve son efficacité non pas tant chez les maîtres qui l’expliquent du haut de leur chaire, que chez les témoins qui la vivent dans les circonstances concrètes de la vie », fait observer le cardinal Vallini, qui souligne pour cela l’importance de l’exemple des saints.
Comme c’est la tradition depuis Henri IV, le cardinal vicaire du pape pour Rome, Agostino Vallini, a présidé, le 13 décembre, nela fête de sainte Lucie, au Latran, une messe pour la France – “pro natione Gallica” -, en présence de l’ambassadeur de France près le Saint-Siège, M. Stanislas de Laboulaye.
A l’issue de la célébration l’ambassadeur a salué le cardinal Vallini. Parmi les invités les ambassadeurs accrédités auprès du Saint-Siège et les membres de la Communauté française de Rome.

Homélie pour la Nation française
Basilique Saint-Jean-de-Latran, 13 décembre 2011

Monsieur l’Ambasssadeur,
Chers frères et sœurs,
Conformément à une heureuse tradition, cette année encore nous voici réunis dans la Cathédrale de Rome, famille de Dieu venue implorer de lui l’abondance de ses dons pour la chère Nation française, fille aînée de l’Église.
Cette célébration nous aide à nous préparer à célébrer dans la foi le grand mystère de l’incarnation du Fils de Dieu.
La parole de Dieu qui vient d’être proclamée est comme une lampe qui brûle, qui éclaire notre chemin et nous encourage à persévérer dans le témoignage de la foi, soutenus par l’intercession de la vierge martyre Lucie, dont l’Église universelle célèbre aujourd’hui la mémoire liturgique.
Le prophète Sophonie reçoit du Seigneur sa vocation en un temps de grave et profonde crise religieuse. Le peuple d’Israël a abandonné la foi en Dieu, il a perdu le chemin du bien et de la justice. Dans ce contexte, le Seigneur, par la bouche du prophète, annonce qu’il laissera comme « un peuple humble et pauvre », un petit reste, qui ne commettra plus l’iniquité, qui ne proférera aucun mensonge.
L’expérience historique d’Israël, nous pouvons bien le dire, se répète aujourd’hui dans notre Europe, laquelle, apparemment sans regret, abandonne la foi chrétienne. Mais en France, comme dans les autres nations, l’Église est toujours présente, petit troupeau qui ne cesse de s’efforcer d’annoncer l’Évangile, de témoigner de la charité et de se laisser éclairer par la Vérité.
Dans cette tâche – comme nous le rappelle le Psaume – les disciples de Jésus, conscients de leur pauvreté, se tournent avec foi vers le Seigneur, certains d’être écoutés et d’être sauvés des épreuves qu’ils doivent affronter.
Chers frères, même si les chrétiens qui vivent et professent la foi évangélique ne forment plus la majorité, nous ne devons pas avoir peur, car, comme l’a rappelé le Saint-Père, nous sommes convaincus qu’« en général, ce sont les minorités actives qui déterminent l’avenir, et, en ce sens, l’Église catholique doit se sentir comme une minorité active qui possède un héritage de valeurs qui ne sont pas des choses du passé, mais une réalité tout à fait vivante et pertinente ».
Oui, la foi en Jésus Christ est encore aujourd’hui la réponse la plus convaincante aux interrogations présentes dans le cœur de l’homme, et de même que des siècles durant elle a modelé la vie et la culture de la société européenne, de même aujourd’hui encore elle peut offrir une contribution indispensable, en montrant le chemin pour sortir de la situation actuelle de crise, non seulement économique, mais morale.
S’engager dans le champ de l’évangélisation, à commencer par les lieux où sont éduquées les nouvelles générations, où s’élabore la culture et où se communiquent les informations, telles sont les vignes dans lesquelles le Seigneur demande à ses disciples d’aller travailler.
Accueillons l’appel qu’il nous adresse ce soir, dans son désir de donner aux hommes de notre temps, par la médiation de nos personnes, la lumière de la vérité et de l’amour.
L’Évangile, pourtant, nous avertit : il ne suffit pas de répondre seulement par des mots en disant notre oui, il est nécessaire que la réponse se traduise par une vie qui lui soit en harmonie. En effet, l’annonce de la foi trouve son efficacité non pas tant chez les maîtres qui l’expliquent du haut de leur chaire, que chez les témoins qui la vivent dans les circonstances concrètes de la vie.
C’est pour cette raison que l’Église nous exhorte à regarder la vie des saints, en particulier celle des martyrs, chez qui Dieu le Père, comme le rappelle la liturgie, révèle dans des êtres faibles sa puissance, dans des êtres sans défense la force du martyre.
L’histoire de la jeune Lucie, encore ajourd’hui, est une parole qui nous rejoint pour nous secouer du peu de fidélité à nous-mêmes que nous montrons si souvent devant les difficultés. En même temps, son martyre nous rappelle combien il est important de rester en Dieu pour recevoir la force nécessaire pour lui rendre témoignage.
Comme l’a écrit le bienheureux Jean-Paul II en indiquant à l’Église la route à parcourir au début du troisième millénaire, « notre témoignage se trouverait appauvri d’une manière inacceptable si nous ne nous mettions pas d’abord nous-mêmes à contempler son visage ». C’est pour cela que le psalmiste nous exhorte à regarder le Seigneur : ce n’est qu’ainsi que notre visage deviendra rayonnant. En effet, la méditation assidue de la parole de Dieu et la grâce reçue à travers la vie sacramentelle nous transforment intérieurement, nous rendant capables de refléter la lumière divine qui émane du visage du Christ.
Chers frères et sœurs, la liturgie eucharistique de ce jour ne doit pas être une simple coutume qui se répète d’année en année, mais une forte invitation du Seigneur à nous porter encore une fois à sa suite pour être ses témoins.
Puisse la grâce de ce sacrifice eucharistique allumer en nos cœurs le feu vivant de son amour et nous pousser à vivre notre vie en cherchant toujours la gloire de Dieu et le salut de nos frères.

Agostino cardinal Vallini

Van Gogh, Pietà

13 décembre, 2011

Van Gogh, Pietà dans images sacrée Van-Gogh-Piet

http://www.crossing.it/forum/arte-f28/van-gogh-e-delacroix-al-diocesano-t3088.html

Prière du Pape Jean Paul II à Notre Dame de Guadalupe

13 décembre, 2011

du site:

http://www.sancta.org/jp2pray_f.html

Prière du Pape Jean Paul II à Notre Dame de Guadalupe

O Vierge Immaculée, Mère de Dieu et Mère de l’Eglise, qui, de cet endroit, rèvèles ta clémence et ta compassion envers tous ceux qui te demandent ta protection, écoute la prière que nous t’adressons avec une confiance filiale et présente la à ton Fils Jésus, notre seul Rédempteur.
Mère de Miséricorde, qui nous enseignes le sacrifice caché et silencieux, à Toi qui viens à la rencontre des pécheurs que nous sommes, nous consacrons en ce jour tout notre être et tout notre amour. Nous Te consacrons aussi notre vie, notre travail, nos joies, nos faiblesses et nos peines. Accorde la paix, la justice et la prospérité à nos peuples; car nous confions à tes soins, tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes, O Notre Dame et Notre Mère. Nous voulons être entièrement à Toi et marcher avec Toi le long du chemin de la complète fidélité à Jésus-Christ en Son Eglise: Que ta main aimante nous tienne toujours.
Vierge de Guadalupe, Mère des Amériques, nous te prions pour tous les Evêques, qu’ils conduisent les fidèles dans le chemin d’une vie chrétienne intense, une vie d’amour, et d’humble service de Dieu et des âmes. Regarde l’immense récolte et intercède auprès du Seigneur afin qu’Il inspire à tout le peuple de Dieu une soif de sainteté et accorde d’abondantes vocations de prêtres et de religieux, forts dans la foi et qui soient des apôtres zélés des mystères de Dieu.
Accorde à nos familles la grâce d’aimer et de respecter la vie à ses débuts, avec le même amour que celui avec lequel tu conçus en ton sein la vie du Fils de Dieu. Bienheureuse Vierge Marie, protège nos familles, afin qu’elles soient toujours unies et bénis l’éducation de nos enfants.
Notre Espérance, jette sur nous un regard de compassion, apprends nous à aller sans cesse à Jésus et, si nous tombons, aide nous à nous relever à nouveau, à retourner vers Lui par la confession de nos fautes et nos péchés dans le Sacrement de la Réconciliation qui donne la paix à l’âme.
Nous t’implorons accorde nous un grand amour pour tous les saints Sacrements qui sont comme les signes que Ton Fils a laissés sur la terre.
Ainsi, Très Sainte Mère, avec la paix de Dieu dans notre conscience, nos coeurs, libres du mal et de la haine. Pourront nous donner toute la vraie joie et la vraie paix qui viennent de Ton Fils, Notre Seigneur Jesus-Christ, qui, avec Dieu le Père et le Saint Esprit, vit et règne dans les siècles des siècles.
Amen.

Sa Sainteté le Pape Jean Paul II
Mexico, Janvier 1979. Visitant sa Basilique lors de son premier voyage, comme Pape, hors du Vatican.

Le mystère dans les yeux de Notre Dame de Guadalupe

13 décembre, 2011

du site:

http://www.sancta.org/eyes_f.html

Le mystère dans les yeux de Notre Dame de Guadalupe

Image d’un « homme barbu » dans l’oeil droit
Selon de nombreux scientifiques qui ont scruté l’image, on peut voir dans les deux yeux, et là où normalement se reflète une image dans un oeil humain vivant, plusieurs formes qui, lorsqu’elles sont analysées en profondeur, correspondent à la forme et à la taille des personnes humaines qui se trouvaient en face de l’image.
In 1929, Alfonso Marcue, le photographe officiel de l’ancienne Basilique de Guadalupe à Mexico, découvre ce qui ressemble au reflet de l’image claire d’un homme barbu dans l’oeil droit de la Vierge. Au départ il n’en croit pas ses yeux. Comment cela se peut-il être? Un homme barbu reflété à l’intérieur de l’oeil de la Vierge? Après divers examens de plusieurs de ses photographies en blanc et noir il n’a plus de doute et décide d’en informer les autorités de la Basilique. Il lui est demandé, à cette époque, de garder le silence complet sur sa découverte, et c’est ce qu’il fait.
Plus de 20 ans plus tard, le 29 Mai 1951, Jose Carlos Salinas Chavez, examinant une bonne photographie du visage, redécouvre ce qui paraît clairement être le reflet d’un homme barbu dans l’oeil droit de la Vierge et voit le reflet dans l’oeil gauche également.
Détail de l’homme barbu.
Depuis lors, plusieurs personnes, y compris plus de 20 physiciens et d’ophtalmologues, ont l’occasion d’examiner de près les yeux de la Vierge sur le tilma.
Le premier, le 27 Mars, 1956, est le Dr Javier Torroella Bueno, MDS, un prestigieux ophtamologue. Dans un rapport qui est le premier à être publié sur les yeux de l’image par un physicien, il certifie la présence d’un triple reflet (l’effet Samson-Purkinje) qui est caractéristique de tout oeil humain vivant et il déclare que ces images se situent exactement là où ils devraient être selon l’effet précité, et aussi que la distortion des images est en accord avec la courbure de la cornée.
La même année un autre ophtalmologue, le Dr Rafael Torrija Lavoignet, examine les yeux de l’image dans tous ses détails avec un ophtalmoscope. Il observe la forme humaine apparente dans la cornée des deux yeux, située là où elle doit se trouver et avec la distortion d’un oeil humain normal et surtout note quelque chose d’unique concernant les yeux: ils paraissent étrangement « vivants » lorsqu’ils sont examinés.
Beaucoup d’autres examens des yeux de l’image sur le tilma sont effectués par des ophtalmologues . Avec plus ou moins de détails ils sont tous d’accord avec les conclusions des examens mentionnées plus haut.
Selon le Dr Tonsmann, de gauche à droite nous pouvons voir « l’Indien », « l’évèque Zumarraga », le « traducteur », « Juan Diego montrant le tilma » et au-dessous « la famille ».
Mais une nouvelle et fascinante analyse des yeux commence en 1979, quand le Dr Jose Aste Tonsmann, Ph D, licencié de l’Université de Cornell, travaillant à IBM examine minutieusement avec des appareils à haute définition une très bonne photographie du visage sur le tilma prise de l’original. Après avoir filtré et développé les images numérisées des yeux pour éliminer les « parasites » et les agrandir, il fait quelques découvertes étonnantes; Non seulement un « buste humain » est visiblement présent dans les deux yeux mais d’autres formes humaines y sont aussi reflétées.
Le Dr Aste Tonsmann compte publier, dans quelques mois, ses récentes études sur les yeux du tilma, avec des détails complets et des photographies de son oeuvre. Un des aspects les plus fascinants de ses études se trouve peut-être dans sa conclusion que Notre Dame de Guadalupe nous a laissé non seulement une image miraculeuse comme preuve de son apparition mais aussi quelques messages importants. Ces messages étaient cachés dans les yeux de l’image jusqu’à nos jours, quand des technologies nouvelles nous ont permis de les découvrir alors qu’ils nous sont le plus nécessaires.
Ce serait le cas de cette image d’une famille au centre de l’oeil de la Vierge, en ces temps où les familles sont sérieusement agressées dans notre monde moderne. L’image de différents visages humains qui semblent constituer une famille, comprenant différents enfants et un bébé qu’une femme porte sur son dos comme cela se faisait au 16e siècle, apparaît au centre de la pupille, comme le montre cette image agrandie de l’oeil droit mettant en relief la famille, image que le Dr Tonsmann a généreusement mise a notre disposition.

ILS SE SONT INDIGNÉS ! UN SERMON PROPHÉTIQUE DE L’AVENT 1511

13 décembre, 2011

du site:

http://www.zenit.org/article-29710?l=french

ILS SE SONT INDIGNÉS ! UN SERMON PROPHÉTIQUE DE L’AVENT 1511

Par le prof. Mariano Delgado

ROME, mardi 13 décembre 2011 (ZENIT.org) – Le mouvement des « Indignés », pourrait se nourrir de cette réflexion du Prof. Mariano Delgado, doyen de la Faculté de théologie de Fribourg et professeur d’histoire de l’Eglise. Une réflexion sur l’indignation inspirée par l’Evangile, à partir d’un « sermon prophétique de l’Avent 1511 » sur les Indiens d’Amérique.
Nous la publions au lendemain de la fête de la Vierge de Guadalupe, alors que le bicentenaire l’indépendance des peuples d’Amérique latine a été célébrée par Benoît XVI qui a présidé une messe solennelle, hier soir, 12 décembre, en la basilique Saint-Pierre.

Un sermon prophétique de l’Avent 1511
L’essai passionné de Stéphane Hessel, « Indignez-vous ! » fait partie des best-sellers de l’année. Le spectre de l’indignation de beaucoup de gens, surtout de jeunes, contre un ordre mondial et économique injuste se profile à l’horizon, et il s’exprime parfois par la colère et la violence. Ces lignes traitent d’une autre indignation, celle de l’Avent 1511. Elle fait partie de ces événements de l’histoire du monde que nous devrions toujours garder vivants dans notre mémoire collective. Elle nous montre qu’un christianisme « prophétique » est l’une des racines spirituelles irrécusables de notre civilisation.
Après la découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb en 1492 et le partage des territoires et des personnes entre les couronnes de l’Espagne et du Portugal par le pape Borgia Alexandre VI en 1493, on se contenta en Europe de l’argument aristotélicien du théologien écossais John Major, professeur à Paris (+1550). En 1509 il nota que les Espagnols avaient le droit de régner sur les Indiens comme « les Grecs sur les barbares ». Puisque les Indiens sont des « esclaves par nature », « la première personne qui les conquiert » est en droit de  les gouverner. Les Indiens étaient donc considérés comme appartenant à une humanité moindre et née pour servir.

Ces gens ne sont-ils pas des hommes ?
Ce n’est qu’après l’arrivée des Frères Prêcheurs à Saint-Domingue fin 1510 qu’on commença à réfléchir. Ceux-ci avaient été formés dans une théologie réaliste (thomiste) qui prenait au sérieux les questions de justice et de droit et qui gardait ainsi vivantes les traditions prophétiques d’Israël. En outre, dans l’imitation de Jésus, le feu de l’amour brûlait dans leurs cœurs, c’est-à-dire la recherche de son visage « dans les pauvres et les souffrants » (Mt 25,31-46), selon la « compassion » active recommandée par les constitutions de l’Ordre. L’oppression des Indiens par des « chrétiens » était pour eux « encore pire que celle des enfants d’Israël sous Pharaon ». Le quatrième dimanche de l’Avent 1511, le frère Antón Montesino posa donc en chaire les questions cruciales : « Dites, de quel droit, et au nom de quelle justice tenez-vous ces Indiens dans une si cruelle et si horrible servitude ? … Ces gens ne sont-ils pas des hommes ? [...] N’êtes-vous pas obligés à les aimer comme vous-mêmes ? » Comme c’est souvent le cas, l’Évangile a dû être prêché d’abord et avant tout « dans l’Eglise ».
Ce sermon prophétique déclencha un débat sur la question des raisons légitimant la conquête espagnole du Nouveau Monde, mais aussi sur la nature de ses habitants et leur dignité. Même les gens d’Eglise, à cette époque surtout des missionnaires relevant d’ordres mendiants, franciscains, dominicains et augustins, étaient partagés sur cette question, de sorte que naquirent un parti indiophile et un parti indiophobe. A la tête du premier il y avait Bartolomé de Las Casas, dominicain et évêque de Chiapa (Mexique). Le franciscain Jerónimo de Mendieta écrivit à son propos à la fin du XVIe siècle que « parmi tous les religieux », c’est lui qui « a travaillé le plus et a obtenu le plus de choses » pour les Indiens. Son grand héritage consiste en ce qu’il a défendu, en faveur des peuples récemment découverts, l’unité du genre humain à une époque où cela n’était pas si évident. Gabriela Mistral, prix Nobel de littérature, l’a par conséquent appelé « un honneur pour la race humaine ».

Une parole du Pape
Même après le sermon de Montesino, des missionnaires indiophobes prirent la parole avec véhémence, sans parler des conquistadores. Un autre Dominicain, Tomas de Ortiz, qui connut apparemment chez les Indiens de la Côte de Nacre (Venezuela) un choc culturel profond, lut par exemple en 1524 devant l’administration de la Couronne d’Espagne un acte d’accusation qui fit sensation. Il y est dit entre autres : « Les hommes de la Terre Ferme des Indes mangent la chair humaine et sont sodomites plus que tout autre race. Il n’y a entre eux aucune justice. … Ils sont ennemis de la religion, paresseux, voleurs, menteurs et de faible jugement. Ils ne gardent pas la fidélité. … Ils mangent des poux, des araignées, des vers tout crus, là où ils en trouvent. Ils n’ont ni art ni habilité humaine. … Je dis que jamais Dieu a créé des gens aussi évidemment vicieux et bestiaux, sans mélange de bonté et d’éducation. … Les Indiens sont plus bêtes que les ânes et ils ne veulent s’améliorer en aucune façon. »

Cet acte d’accusation n’était pas un cas isolé. Le 2 juin 1537, le parti indiophile arrive à obtenir du pape Paul III, avec la bulle Sublimis Deus, une magna charta de la dignité humaine, de la capacité de civilisation et de foi des Indiens. Il y est dit « que les Indiens sont véritablement des hommes et qu’ils sont non seulement capables de comprendre la Foi Catholique, mais que, selon nos informations, ils sont très désireux de la recevoir. » En vertu de son autorité apostolique le pape définit et déclare « que quoi qu’il puisse avoir été dit ou être dit de contraire, les dits Indiens et tous les autres peuples qui peuvent être plus tard découverts par les Chrétiens, ne peuvent en aucun cas être privés de leur liberté ou de la possession de leurs biens, même s’ils demeurent en dehors de la foi de Jésus-Christ; et qu’ils peuvent et devraient, librement et légitimement, jouir de la liberté et de la possession de leurs biens, et qu’ils ne devraient en aucun cas être réduits en esclavage. »

Une controverse importante
Mais une parole du pape n’avait alors pas beaucoup de valeur, surtout depuis que Charles Quint y vit une ingérence illégitime du pape dans son empire (conflit de patronage) et interdit la proclamation de la Bulle sur ses territoires. Ainsi les débats continuèrent, oui, atteignirent même un nouveau sommet, quand le célèbre humaniste Juan Ginés de Sepúlveda, grand connaisseur d’Aristote, réaffirma en 1544 la thèse selon laquelle les Indiens sont des « esclaves par nature ». Pour lui, tous les Indiens sont des « créatures faibles et pauvres », des cannibales barbares comme les Scythes de l’Antiquité et qu’on doit donc chasser comme des animaux s’ils ne se soumettent pas volontairement aux Espagnols civilisés. En outre, ils n’ont guère réalisé de performances culturelles notables. Que les Indiens disposent de maisons et d’un gouvernement assez bien ordonné dans leurs royaumes montre seulement en fin de compte qu’ils ne sont pas de simples ours ou singes dépourvus de raison.
L’affaire a pris donc à nouveau un mauvais tour, car Sepúlveda jouit d’une grande renommée dans la République internationale des Lettres de l’Europe humaniste. Las Casas considéra désormais comme son devoir sacré de s’opposer à ce détracteur et à tous les autres détracteurs des Indiens. Il le fit avec une plume qui avait « la netteté d’une épée ». Il exhorta les gens à parler de telle sorte que « si nous étions des Indiens ». Il était indigné de l’injustice subie par les Indiens. Alors que depuis Socrate on entend par apologie la défense de sa propre position, Las Casas écrit en 1551 son Apologie pour la défense des autres. Le fait qu’elle porte parfois des traits idéalisés – ainsi par exemple quand il dit des Indiens des Bahamas qu’ils sont si simples, sereins et paisibles qu’on a l’impression que « Adam n’a pas péché, en eux » – ne doit pas être dissimulé.
Pour lui, les Indiens ne sont pas des esclaves par nature, mais capables de civilisation et de foi comme nous, oui, « nos frères pour lesquels le Christ a donné sa vie ». Leurs civilisations ne sont pas barbares mais, d’un point de vue éthique, meilleures que la plupart des civilisations du monde antique. Leurs religions sont à comprendre comme un désir sincère du vrai Dieu … L’apologie de Las Casas culmine dans un manifeste pour l’unité du genre humain : « Tous les hommes sont, en ce qui concerne leur création et les conditions naturelles, semblables les uns aux autres », c’est-à-dire doués par le Créateur de raison et de libre-arbitre. Une telle image de l’homme est la condition qui rend possible un ordre mondial coopératif, tel qu’il est souhaité actuellement.

Indignation chrétienne
Dans l’encyclique Dives in Misericordia 11, le Pape Jean Paul II dit : « Il ne manque pas d’enfants mourant de faim sous les yeux de leurs mères. Il ne manque pas non plus, dans les diverses parties du monde et les divers systèmes socio-économiques, de zones entières de misère, de disette et de sous-développement. Ce fait est universellement connu. L’état d’inégalité entre les hommes et les peuples non seulement dure, mais il augmente. Aujourd’hui encore, à côté de ceux qui sont aisés et vivent dans l’abondance, il y en a d’autres qui vivent dans l’indigence, souffrent de la misère, et souvent même meurent de faim ; leur nombre atteint des dizaines et des centaines de millions. C’est pour cela que l’inquiétude morale est destinée à devenir encore plus profonde. De toute évidence, il y a un défaut capital, ou plutôt un ensemble de défauts et même un mécanisme défectueux à la base de l’économie contemporaine et de la civilisation matérialiste, qui ne permettent pas à la famille humaine de se sortir de situations aussi radicalement injustes. » Cette inquiétude morale doit augmenter aujourd’hui justement parmi les chrétiens, parce que nous avons à témoigner du « programme messianique » du Christ dans la synagogue de Nazareth (cf. Lc 4,18 s) : « Conformément aux paroles de l’ancienne prophétie d’Isaïe, ce programme consistait dans la révélation de l’amour miséricordieux envers les pauvres, ceux qui souffrent, les prisonniers, envers les aveugles, les opprimés et les pécheurs », selon l’encyclique (Dives in Misericordia 8).
Le sermon de l’avent de Montesino et l’œuvre de Las Casas nous montrent comment l’indignation surgit chez des chrétiens : elle commence par l’ouverture du cœur pour la compassion à la souffrance d’autrui, une compassion à la souffrance des victimes qui conduit à une « inquiétude morale ». Le cœur inquiet éclaire la réalité à la lumière de l’Evangile et de la conscience juridique existant, et pousse ensuite à une action miséricordieuse en parole et en acte.

Prof. Mariano Delgado

Jesus was born in Bethlehem of Judaea

12 décembre, 2011

Jesus was born in Bethlehem of Judaea dans images sacrée swindle_-_holy_men

http://www.jesus-explained.org/jesus.html

VENEZ, DIVIN MESSIE

12 décembre, 2011

du site:

http://www.noel-alsace.fr/textes_et_poemes_de_noel/texte_et_poeme_de_noel.php?pID=NOELPOEM0007&titre=+VENEZ%2C+DIVIN+MESSIE%3Cbr%3ESimon+Pellegrin+%281663-1745%29%3Cbr%3E

VENEZ, DIVIN MESSIE

Simon Pellegrin (1663-1745)

Venez, divin Messie,
Sauver nos jours infortunés ;
Venez, source de vie,
Venez, venez, venez.

Ah ! descendez, hâtez vos pas,
Sauvez les hommes du trépas,
Secourez-nous, ne tardez pas.
Venez, divin Messie,
Sauver nos jours infortunés ;
Venez, source de vie,
Venez, venez, venez.

Ah ! désarmez votre courroux ;
Nous soupirons à vos genoux ;
Seigneur, nous n’espérons qu’en vous.
Pour nous livrer la guerre,
Tous les enfers sont déchaînés ;
Descendez sur la terre,
Venez, venez, venez.

Que nos soupirs soient entendus !
Les biens que nous avons perdus
Ne nous seront-ils point rendus ?
Voyez couler nos larmes.
Grand Dieu, si vous nous pardonnez,
Nous n’aurons plus d’alarmes ;
Venez, venez, venez.

Eclairez-nous, divin flambeau ;
Parmi les ombres du tombeau,
Faites briller un jour nouveau.
Au plus affreux supplice
Nous auriez-vous abandonnés ?
Venez, Sauveur propice,
Venez, venez, venez.

Si vous venez en ces bas-lieux,
Nous vous verrons victorieux
Fermer l’enfer, ouvrir les cieux.
Nous l’espérons sans cesse ;
Les cieux nous furent destinés ;
Tenez votre promesse,
Venez, venez, venez.

Ah ! Puissions-nous chanter un jour,
Dans votre bienheureuse cour,
Et votre gloire, et votre amour !
C’est là l’heureux partage
De ceux que vous prédestnez ;
Donnez-nous-en le gage,
Venez, venez, venez.

Jésus selon St Jean

12 décembre, 2011

du site:

http://www.bible-service.net/site/520.html

Jésus selon St Jean

On ne rentre pas toujours facilement dans l’Evangile de Jean. Il y a un ton, un vocabulaire, une lente et insensible progression de la pensée, certains élans philosophiques qui déroutent plus d’un lecteur. Mais personne n’en sort comme il y est entré, car il aura découvert Celui qui est venu du Père, celui qui est le Verbe qui s’est fait chair.
C’est un petit exercice plein de saveur que de rassembler en deux ou trois traits ce qui fait l’originalité d’un évangéliste parlant de Jésus. Appliqué à Jean, il donne des résultats éclairants, car il démontre l’exceptionnelle richesse du Jésus que Jean annonce.
Le mot d’exceptionnel est ambigu et demande à être expliqué : n’allons pas croire qu’il y a davantage d’informations, de références scripturaires, d’apports théologiques chez Jean. Non, la richesse n’est pas là, même si elle est peut-être aussi là.
Si cette richesse est exceptionnelle, c’est parce qu’elle pousse à une contemplation silencieuse. Tant les chemins qu’elle ouvre sont larges, profonds, inépuisables. Tant elle comble l’attente de Dieu qui réside en chacun. Tant elle suscite la foi du lecteur.
 »Il a habité parmi les hommes »
Un mot, un seul, permet de qualifier cet évangile. C’est un mot difficile ; il appartient plus au vocabulaire théologique qu’à celui de la Bible ; mais il est trop éclairant pour que l’on s’en prive : l’Incarnation. Tout l’évangile de Jean ne fait que développer et mettre en œuvre l’affirmation du prologue :
 »Et le Verbe s’est fait chair
et il a habité parmi nous,
et nous avons contemplé sa gloire. » 1,14
Page après page, Jean montre comment le Fils de Dieu a  »habité parmi les hommes » : aucun autre évangile n’est aussi précis en faits historiques, circonstances relatées avec précision, détails concrets (la piscine des cinq portiques, les doigts dans les plaies des mains et du côté, certains noms tel que Malchus, le serviteur du grand-prêtre), autant de façons de montrer que l’Incarnation s’est vraiment faite, et comment elle s’est faite.
Le Christ de majesté
Jean appelle Jésus le  »Verbe », en grec le  »logos », c’est à dire la Parole de Dieu. L’Ancien Testament utilise souvent ce mot pour dire l’activité créatrice de Dieu. Ce titre permet à l’évangéliste de montrer que Jésus existait en Dieu avant le commencement du monde, qu’il est Dieu lui-même.
Jean se sert du mot dans une double intention. D’une part il veut montrer que la venue du Verbe est un événement aussi important que la création du monde. D’autre part, il invite à voir que Jésus recrée le monde. C’est lui le Dieu créateur, celui qui fait toutes choses nouvelles. Jean appuie sa démonstration en étalant le début du ministère de Jésus sur une  »semaine inaugurale » (1,19 – 2,12). C’est une évocation du récit de la création du monde, en sept jours.
Il souligne la solennité de la venue de Jésus par l’image du ciel ouvert, chère à l’Ancien Testament.  »En vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au dessus du Fils de l’homme. » (1, 51) L’échelle de Jacob est dressée. Le lecteur est invité à en gravir les échelons, à se rapprocher de Dieu par une vie spirituelle digne de l’événement.
Il faut reconnaître que la solennité johannique rend parfois le Christ impressionnant, presque distant, aux paroles radicales et toujours exigeantes. Par contre, quand il ajoute ses propres commentaires, Jean souligne davantage la proximité de Jésus.
Le maître du désir
 »Que cherchez-vous ? » : dans l’évangile de Jean, Jésus entre en scène en questionnant. Ses premières paroles sont incisives. Elles s’adressent aux deux disciples qui sont au bord du fleuve, en compagnie de Jean le Baptiste. La même question reviendra plusieurs fois dans l’évangile.
Au moment de son arrestation, à deux reprises, Jésus pose la question :  »Qui cherchez-vous ? » (18,4 ; 7). Il en fait de même pour Marie de Magdala (20, 15). Mais le  »que ? » est devenu  »qui ? ». La réponse est  »Jésus ». Jean nous présente Jésus comme celui qui sait débusquer le désir de ceux qu’il rencontre, mais aussi comme l’aboutissement du désir. C’est lui l’objet du désir des personnages de l’évangile.
De toutes façons, le Jésus de Jean est quelqu’un qui questionne souvent :  »Que me veux-tu, femme ? » (2, 4). Ou bien  »Tu es Maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas ? » (3, 9). Et aussi :  »Qu’est-ce que la vérité ? » (18, 38)
Si Jésus questionne ainsi, c’est que le champ du questionnement, selon lui, est vaste. Il répond volontiers aux grandes questions de l’homme. Par exemple :  »Je suis le chemin, la vérité, et la vie” “Qui vient à moi n’aura plus jamais soif ».  »Je suis la résurrection et la vie. »
Pas de Jésus sans le Père
Plus que le Jésus des autres évangélistes, celui de Jean est envoyé par le Père et il vit du lien qu’il entretient avec lui. “Je vis par le Père » (6, 57) Il ne fait rien que ce que dit le Père, et  »Celui qui l’a vu a vu le Père ». Le Père est si présent dans cet évangile que Jean ose identifier le Dieu d’Israël avec Jésus :  »Avant qu’Abraham fut, Je suis. » (8, 58).
Enfin, l’évangile se conclut par l’affirmation la plus forte de tous les évangiles de la divinité de Jésus :  »Mon Seigneur et mon Dieu » (20, 28), dit par Thomas, celui qui a mis ses doigts dans les plaies, qui a donc vérifié la réalité de l’Incarnation, de la Passion, de la Résurrection. La proposition du Prologue sur la divinité de Jésus est confirmée par Thomas, figure du témoin.
Pas de Jésus sans un témoin
Pour l’auteur du 4ème évangile, Jésus est le compagnon de toute sa vie. En effet, celui que nous appelons Jean a écrit plus tard que les trois autres évangélistes, à l’extrême fin du 1er siècle. Il a longuement médité les gestes et les paroles de Jésus. Il ne met jamais en scène Jésus seul, mais avec le témoin,  »qui a vu et qui a cru ». Il faut bien comprendre le sens d’une telle association. Jean ne veut pas décrire une amitié exceptionnelle, il n’a pas de complaisance particulière pour lui-même. Mais il sait que Jésus a suscité le témoignage de ceux qui l’ont côtoyé et qui ont cru en lui. Jésus ressuscité continue à susciter le témoignage des croyants. Il est présent à travers ses témoins. L’évangéliste montre que, sans témoins, Jésus est impuissant. Il dessine donc une place fondamentale au témoin. Le lecteur de Jean est actif ou il n’est pas.
Celui qui donne l’Esprit à notre esprit
Jean est attentif à mettre en valeur le don de l’Esprit fait pas Jésus. On retrouve là une application précise de son projet : raconter l’Incarnation du Verbe de Dieu, en tous ses points d’impact. En nous quittant, Jésus donne l’Esprit, qui parle à notre esprit. Jésus est vraiment incarné, puisqu’il reste présent par l’Esprit. L’Esprit est un paraclet, c’est à dire un défenseur. L’Incarnation de Jésus est donc le moyen du salut. Ainsi la boucle est bouclée. Jean a dit tout ce qu’il voulait dire sur Jésus.

123456...8