III dimanche d’Avent B – commentaire biblique

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III dimanche d’Avent B – commentaire biblique

Isaïe 61,1-2.10-11
Pour le prophète, une bonne nouvelle vient balayer toutes les peurs et redonner courage : le Seigneur Dieu vient guérir, délivrer, libérer, pacifier son peuple. Ses auditeurs ont besoin de la recevoir : ils se trouvent dans la précarité, la misère, les affrontements, les pleurs. Cette bonne nouvelle est aussi sûre que la germination des semences. Le Seigneur vient faire germer la justice. Pour prendre une comparaison, ce sera comme une grande fête, un grand mariage où chacune revêt sa plus belle robe, chacun son plus beau costume, pour célébrer comme il se doit l’événement. Le prophète ose parler de “ vêtements de salut ”, car c’est de “ salut ” qu’il veut parler ! Ce sera du bonheur, que du bonheur, et toutes les nations le constateront. “ Je tressaille de joie dans le Seigneur… ” : le Magnificat de Marie durant son “ avent ” rejoint le cri de joie du prophète et de tous les croyants.

• Cantique (Luc 1,46-50,53-54)
Le tissu actuel du Magnificat de Marie entremêle des fils et des couleurs de passages bibliques où des croyants ne peuvent se retenir de chanter, de sauter de joie, parce qu’ils ont expérimenté que leur Seigneur Dieu est proche, passionné et aimant. Puissant, il ne fréquente guère les riches qui sont déjà comblés ; au contraire, il se tourne vers les plus pauvres, les affamés, qui ont besoin de lui. Plus même : Dieu vient vers nous pour construire des relations d’amitié et nous faire profiter à plein de son Souffle et de sa vie. Il est Sauveur. “… Exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ” : tout est dit. Pour l’évangéliste qui reprend le cantique du Magnificat, la joie de Marie rassemble, représente, célèbre la joie des comblés de Dieu, de l’humanité que Dieu aime. C’est une louange, un alléluia.

 1 Thessaloniciens 5,16-24
Dès son arrivée à Corinthe, au printemps 51, au cours de son deuxième voyage, Paul écrit aux Thessaloniciens qu’il a laissés, voici quelques mois, en proie à la persécution. Il veut les conforter et les encourager.
À la fin de sa lettre, il donne quelques avis sur la vie en communauté, ce sont de précieux conseils pour attendre la parousie du Seigneur :
- 1. Joie, prière, action de grâce. C’est un point très important puisque telle est la « volonté du Seigneur » (ce mot très fort pour Paul est rendu un peu faiblement par « ce que Dieu attend de vous »). Pour Paul, la joie est une qualité sur laquelle il revient souvent : elle peut coexister avec les tribulations (2 Corinthiens 6,10 ; 8,2 ; Philippiens 1,18) car elle est le fruit de l’Esprit (Galates 5,22 ; Romains 14,17).
- 2. Accueillir les charismatiques qui parlent en prophètes, avec sympathie mais sans naïveté, avec discernement, en rejetant tout ce qui conduit au mal (cf. 1 Corinthiens 14,1-5).
- 3. Vivre dans la paix et l’espérance. Cela ne devrait poser aucune difficulté car « Dieu est fidèle ».

• Jean 1,6-8.19-28
L’importance du Baptiste ne se discute pas chez les premiers chrétiens. Est-ce parce que Jésus, avant de se lancer sans sa propre entreprise missionnaire, avait commencé par fréquenter ce prêcheur influent ? Les évangiles laissent entendre cependant que peu à peu il a fallu préciser la place du Baptiste, voire le remettre à sa place ! Les premiers missionnaires chrétiens se sont peut-être trouvés, dans les années qui ont suivi les événements de Pâques, en concurrence avec des missionnaires  de Jean. En tout cas on constate que le rôle du Baptiste diffère selon les évangiles. Ainsi le quatrième évangile omet d’évoquer le baptême de Jésus par le Baptiste. Il tient à affirmer que le Baptiste n’est pas le Messie, ni Élie, ni le grand Prophète : “ Ce n’est pas moi ”. Pour l’évangéliste, le rôle du Baptiste se borne uniquement à “ témoigner ” : “ cet homme n’était pas la lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage ”. Il vient seulement préparer le chemin du Seigneur. Il n’est même pas digne de défaire la courroie de la sandale de celui qui vient après lui. Il est clair que pour l’évangéliste, il ne faut pas se tromper. Tout grand qu’il ait été, ce n’est pas le Baptiste qu’il faut suivre
… 

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