Archive pour le 18 novembre, 2011

Pierre et Paul

18 novembre, 2011

Pierre et Paul dans images sacre sanpietroepaolo

http://www.ilpuntostampa.info/2011/06/santi-pietro-e-paolo-apostoli.html

LA FERVEUR ET LA TIDEUR (Pape et Patriarche dAlexandrie – par S.S. Shedouda III)

18 novembre, 2011

du site:

http://www.pagesorthodoxes.net/pages-choisies/shenouda-tiedeur.htm

par S.S. Shedouda III,

Pape et Patriarche dAlexandrie

Je ne prtends pas avoir atteint le but ni tre parvenu la perfection, mais je le poursuis pour tcher de le saisir, comme moi-mme jai t saisi par le Christ Jsus. Frres, je ne pense pas encore lavoir saisi, mais je nai quun souci : oubliant ce qui est derrire, tendu vers lavant de tout mon tre, je cours droit au but. Ph 3,12-14

LA FERVEUR ET LA TIDEUR
LEsprit Saint descendit le jour de la Pentecte sous la forme de langues de feu (Ac 2, 3) qui embrasrent les saints aptres. Dieu de mme apparut au prophte Mose dans une flamme de feu dans le buisson (Ex 3, 2), et Saint Paul dit aussi : Notre Dieu est un feu dvorant (H 12, 29).
Celui qui est habit par lEsprit de Dieu doit tre dans la ferveur de lEsprit. Celle-ci imprgne son cur, son amour, ses prires, ses dvotions, son service. Cette ferveur embrase toute sa vie, et tout lieu o il se trouve sembrase par sa ferveur, par ses activits et par le saint zle qui lanime.
Lamour de Dieu et celui du prochain remplissent le cur de lhomme spirituel. Or, la Sainte Bible compare lamour un feu, et lcriture dit ce propos : Les grandes eaux ne peuvent teindre lamour (Ct 8, 7).
Cest pour cette raison que le serviteur de Dieu anim par lamour sembrase de feu, comme le signale lAptre en parlant de son ministre : Que lautre trbuche et cest un feu qui me brle ? (2 Co 11, 29). Or cette ferveur de lhomme spirituel se transmet aux autres.
Des saints anges qui excutent loeuvre de Dieu avec ferveur et ardeur le psalmiste dit :

Il fait des souffles ses anges,
Des flammes de feu ses serviteurs (Ps 103, 4).

Cependant, cette ferveur spirituelle ne dure pas toujours chez bien des enfants de Dieu et ils sont alors envahis par la tideur… Ils ne persvrent pas dans leur amour dantan pour beaucoup de raisons.
Ils prient, mais plus avec le mme amour, ni avec la mme profondeur, ni avec le mme esprit. Ils lisent la Sainte Bible sans en tre touch et il en est de mme des runions spirituelles et de la sainte liturgie qui nmeuvent plus leur cur comme jadis.
Leurs dvotions deviennent comme un corps sans esprit, ayant les apparences de la pit, mais reniant ce qui en est la force (2 Tm 3, 5). Ils parlent Dieu sans sentir sa prsence devant eux et dans leur vie.
Oh comme Dieu ne supporte pas cette tideur ! Ainsi cest exprim dans lApocalypse, il dit lange de lglise de Laodice :

Tu nes ni froid ni chaud.
Que nes-tu lun ou lautre !
Ainsi, puisque te voil tide,
et que tu nes ni chaud ni froid,
je vais te vomir de ma bouche (Ap 3, 15-16).

Cependant la tideur est un tat relatif. Ce que lon peut considrer comme tideur chez les grands saints peut tre considr comme ferveur chez des personnes ordinaires. Ces saints peuvent avoir rgress quelque peu de leur niveau spirituel mais il demeure pourtant bien suprieur celui des autres, malgr leur rgression.

LES STYLES DE TIEDEUR
Dans ce domaine on peut dceler trois catgories : Une tideur naturelle qui peut atteindre tous les hommes, mme les saints, une tideur grave qui menace toute la vie spirituelle et risque dentraner la chute de lhomme, et une tideur relative, si lon compare la vie spirituelle dune personne deux poques diffrentes de sa vie, toutes deux jouissant dun niveau spirituel lev.
La tideur naturelle est un phnomne de notre nature sujette la dviation et qui est incapable de suivre constamment une ligne solide continuellement ascendante.
Quant la tideur grave cest celle qui persiste longtemps et qui sapprofondit sans que lon prouve aucun blme intrieur. Lhomme peut sy habituer et ne point chercher sen dbarrasser, parce quelle peut se revtir de lhabit des agneaux.
Il en est ainsi de lhomme qui tant habitu latmosphre de lglise, y pntre sans vnration ni respect, sans humilit ni motion. Il peut y donner des ordres et interdire, lever la voix et crier. Il peut prendre le maintien de lordre comme prtexte pour rprimander et rudoyer, comme il peut interrompre la prire du prtre ou du diacre pour corriger un faute de grammaire. Arriv ce stade, ou bien il cherche retrouver sa spiritualit parce quil dcouvre quil la perdue, ou bien il ny pense plus, estimant quil a bien agi.
L, il passe de la tideur au pch, sans sen rendre compte, ou il peut sen rendre compte et chercher alors sen justifier.
Dans cet tat de tideur, il perd sa douceur et son humilit aussi bien que la vnration du lieu saint et le respect envers autrui.

LES ASPECTS DANGEREUX DE LA TIDEUR
La tideur est une chute. Comment pourrait-elle ne pas ltre ? La tideur est une chute du niveau de lamour celui de la routine, ou de celui de lesprit celui du rationalisme, cest une chute des vertus de lesprit celles du matrialisme ou de lintrt qui le rapproche de Dieu celui qui le rattache aux hommes.
La tideur constitue un arrt du mouvement ; cest une relation extrieure et non plus une relation intrieure avec Dieu ; cest lintrt accord aux vertus en ce souciant du critre de la longueur (la quantit), et non de la profondeur (la qualit).
Chacun de ces lments exige un long dveloppement que nous essaierons de rsumer en exposant non seulement les aspects de la tideur, mais aussi ses causes …

DE LAMOUR LA ROUTINE
La vie spirituelle de lhomme doit tre anime par lamour pour Dieu qui doit imprgner toute vertu. Vous priez parce que vous aimez Dieu et vous dites :

Dieu, mon Dieu, je te cherche ds laurore
mon me a soif de toi !
Aprs toi languit ma chair,
comme une terre dserte, sans eau (Ps 62, 2).

Combien jaime ta loi :
tout le jour elle fait mes dlices (Ps 118, 97).

Mais dans ltat de tideur, la prire se transforme en un devoir et en une obligation que vous remplissez, pour que votre conscience ne vous reproche rien et ne vous accuse pas davoir manqu vos devoirs.
Vous pouvez prier sans dsir sincre, sans sentiment, sans ferveur et peut-tre encore sans comprhension. Votre prire dans ce cas perd tous les lments qui en font une prire spirituelle ; ds lors, elle sera dpourvue de componction, de pit, de foi, de mditation et damour. Vous priez et cela vous suffit, alors que votre prire est devenue une simple routine.
Ce que lon dit de la prire dans ltat de tideur pourrait sappliquer aux autres disciplines spirituelles. De mme, votre lecture de la Sainte Bible devient routinire. Vous lisez sans comprendre ni mditer, sans appliquer ce que vous lisez votre propre vie ni recourir aux exercices spirituels et surtout sans savourer les paroles de Dieu, comme les savourait le prophte David qui disait :

Je trouve la joie dans tes paroles,
autant que celui qui dcouvre un grand trsor (Ps 118, 162).

Votre lecture nest quune simple routine et un simple devoir. Peut-tre avez-vous commenc votre vie spirituelle par lamour pour Dieu, mais vous ny avez pas persvr. Pourquoi ?
Cest peut-tre lintrt accord la quantit plus qu la qualit qui vous a conduit au ritualisme cultuel et, partant, la tideur. Vous voulez rciter un certain nombre de psaumes et de prires, lire un certain nombre de chapitres de la Sainte Bible, et faire un certain nombre de prosternations. En tout cela, peu importe pour vous le comment ? Vous ne vous souciez plus de lesprit mais du nombre. Et si vous atteignez le nombre requis, vous tes, hlas ! satisfait de vous-mme. Peu importe pour vous quel point Dieu est satisfait de votre mthode !
Lorsque saint Isaac aborda cette question, il conseilla de se dire soi-mme dans un tel cas : Je ne me tiens pas devant Dieu pour compter des mots.
Saint Paul, lui, prfra cinq paroles avec intelligence dix mille paroles en langue (1 Co 14, 19).
Pour accomplir vos devoirs vous pouvez prier rapidement, mais la rapidit conduit lincomprhension et au manque de mditation. Ds lors votre objectif sera, non de jouir dun entretien avec Dieu tout empreint damour, mais de vous acquitter de cette obligation que les moines appellent loffice.
La dviation de lobjectif loin du chemin spirituel vous conduit invitablement la tideur, car elle vous loigne de la spiritualit de la prire qui est lorigine de la ferveur. Nombreux sont ceux qui en apprenant les hymnes liturgiques ne peuvent pas les tudier par cur et il en est de mme des psalmodies, aussi prient-ils avec ces hymnes et ces psalmodies lentement et, partant, avec mditation et spiritualit. Mais avec la pratique, ils atteignent le stade de ltude par cur et la vitesse avec laquelle ils chantent ces prires saccrot en proportion, tel point quils chantent les louanges si vite quil est difficile de distinguer les paroles.
Avec la vitesse et ltude par cur, la comprhension, les sentiments, la mditation diminuent et les hymnes deviennent une simple musique dpourvue de lesprit de prire.

CAUSES ET REMEDES DE LA TIDEUR
Si vous tes assailli par un ou par toutes ces faiblesses, dites-vous : Je voudrais prier, je voudrais madresser Dieu de tout mon cur, mme en quelques paroles, comme lont fait le collecteur dimpts et le bon larron sur la croix, qui ne lui ont dit quune seule phrase .
Lune des causes de votre tideur est peut-tre que vous vous contentez des prires tudies, que vous les rcitez sans quelles ne soient imprgnes par lesprit de prire, sans ajouter des prires personnelles manant des profondeurs de votre cur.
Pourtant elles sont profondes les prires des psaumes et les autres prires de lEglise si vous les priez avec comprhension et de tout votre cur… Ce sont des trsors spirituels. Mais en plus de ces prires vous avez besoin davoir des prires personnelles o vous exprimez tout ce qui anime votre me, en employant vos propres paroles et o vous vous adressez Dieu avec amour et en toute franchise, comme si vous vous teniez devant lui et que vous le voyiez.
Exercez-vous ces prires personnelles toutes les fois que vous tes assailli par la tideur, comme dans les priodes de ferveur spirituelle, et constatez lefficacit de telles prires dans votre vie.
Affranchissez-vous de lesclavage de la quantit et de la vitesse, de celui de la routine et de lobligation et cherchez prier avec esprit, comprhension et sentiments ; agissez de la sorte avec tous les exercices spirituels. Gardez-vous de la chute !
Si vous souffrez de la tideur, rduisez le nombre de psaumes, mais priez avec profondeur tout en cherchant augmenter le nombre en gardant la mme profondeur. Sinon, tenez-vous un petit nombre, la profondeur tant la plus importante, car cest elle qui remdie la tideur.
Or la tideur nattaque pas seulement la prire, les lectures, les mditations et tous les autres moyens spirituels, mais elle peut aussi envahir tous les sentiments intrieurs du cur, les divers fruits de lEsprit et toute la vie spirituelle en gnral… Le saint zle dans le service de Dieu peut ntre plus aussi ardent quauparavant, le dsir de se consacrer Dieu peut faiblir ou sattidir, la ferveur dans lexamen de conscience et dans la vie de conversion peut perdre sa force.
Dans ltat de tideur les aspects et les causes peuvent se ressembler. Par exemple, se dtourner de Dieu en se proccupant dautre chose peut tre un aspect de la tideur comme il peut en tre une cause. La satisfaction prouve lgard dun niveau spirituel atteint avec larrt de la croissance peut tre une cause de la tideur aussi bien quun de ses aspects. Nous avons dj signal que le passage de lamour la routine est un des aspects de la tideur et nous pouvons aussi le considrer comme une de ses causes.

LES PROCCUPATIONS QUI DETOURNENT DE DIEU
Parmi les causes les plus graves de la tideur figurent les proccupations qui empchent de trouver du temps pour Dieu et pour sa vie spirituelle. Lintrt profond nest plus accord Dieu, mais aux proccupations ; la place de Dieu dans notre vie nest plus la premire mais la dernire … Ainsi, lon voit disparatre les moyens spirituels suscitant la ferveur dans le cur, qui est alors envahi par la tideur.
Les proccupations sont diverses : les unes sont mondaines, les autres sont dans le cadre du service religieux … Lhomme peut tre proccup par des questions familiales, par les tudes, par une activit quelconque, par un divertissement, par un hobby ou un travail, tel point quil ne trouve plus de temps pour sa propre vie spirituelle.

Pour un tel homme nous prsentons deux conseils :

1. Il faut organiser votre temps.
2. Que servira-t-il donc lhomme de gagner le monde entier,
sil doit perdre son me (Mt 16, 26).

Pour organiser votre temps de telle sorte que vous en consacriez une partie votre vie spirituelle, il faut re-connatre la valeur des moyens spirituels pour votre vie terrestre et pour votre vie dans lternit. Si vous les apprciez comme ils le mritent, vous leur accorderez lintrt requis et vous consacrerez un temps pour votre vie spirituelle, quelles que soient vos proccupations.
Gardez-vous de celles qui concernent le service de lglise, car elles constituent parfois une entrave votre vie spirituelle, dune faon qui satisfait votre conscience. Sachez bien que si votre vie spirituelle faiblit, votre service de Dieu sen ressent et ne porte aucun fruit. Car le service de Dieu nest pas une activit quelconque, mais cest un esprit qui se transmet dune personne lautre ; cest la vie du serviteur de Dieu qui est assimile par le fidle. Sachez que le service de Dieu nest pas un prtexte vous empchant de jouir de Dieu et de son intimit. Dailleurs Dieu nexige pas de vous un service qui vous loigne de la prire, de la mditation et de la vie intime avec lui. Vous avez donc besoin dorganiser les diverses activits quexige le service de Dieu.
Souvenez-vous du fils an dans la parabole de lenfant prodigue qui dit son pre : Voil tant dannes que je te sers … et moi tu ne mas jamais donn un chevreau pour festoyer avec mes amis (Lc 15, 29).
Bien quil servait son pre depuis de longues annes, sa volont sopposait celle de son pre, son entretien avec ce dernier, ses propos concernant son frre, son re-fus de partager la joie qui remplissait le cur de son pre en voyant son frre se retourner, tout cela prouve la faiblesse de sa vie spirituelle.
Cherchez accepter seulement les proccupations qui ne dpassent pas vos capacits. Pour sauvegarder votre vie spirituelle, renoncez certaines proccupations. El-les sont nombreuses celles auxquelles on peut renoncer, ainsi en est-il de certains divertissements, certaines rencontres et de bien des entretiens.
Vous pouvez au moins lever votre cur vers Dieu de temps en temps lors de vos proccupations ; et mme si elles absorbent tout votre temps, quelles naccaparent pas tout votre cur. Ne vous laissez pas absorber totalement par les proccupations, vu que vous ne possdez pas tout votre temps pour le gaspiller, car o se trouve alors la part de Dieu ? !
Je ne veux pas vous dire que Dieu possde toute votre vie… Mais au moins, souvenez-vous, au milieu de vos multiples proccupations, de deux points importants quant la part de Dieu dans votre temps :

1. Souvenez-vous du jour du Seigneur pour le sanctifier.
2. Souvenez-vous quand il sagit de votre temps,
du commandement concernant les prmices.

Sachez que si vous tes fidle dans lobservance du commandement du jour du Seigneur, vous y puiserez srement une rserve spirituelle qui vous permettra dviter la tideur durant toute la semaine suivante.
Si vous tes fidle dans lobservance du commandement des prmices, et que vous offrez Dieu celles de votre journe, la ferveur spirituelle que vous y puiserez subsistera toute la journe et vous poussera consacrer dautres temps votre vie spirituelle.
Un autre point est signaler : Si vous vous occupez profondment toute la journe de questions mondaines, celles-ci sempareront de votre intriorit, accapareront votre cur et votre pense, de sorte que si vous vous tenez devant Dieu pour prier, votre esprit sera proccup par ces questions et votre prire sera empreinte de tideur.
Quand nous parlons des proccupations en tant que cause de la tideur, nous nentendons pas seulement loccupation de tout le temps, mais surtout la proccupation du cur et de la pense aussi… et cest le plus grave, car elle pntre lintrieur de lhomme.
Cest pour cette raison que la Sainte glise a tabli les sept prires journalires pour rompre les multiples proccupations de la journe par une intimit avec Dieu. Ces prires ont t rparties de sorte quil ne se passe pas trois heures sans que lhomme nlve son cur vers Dieu et sentretienne avec lui, loin des proccupations et des questions de ce monde, sauvegardant ainsi sa ferveur. Si vous tes fidle dans les prires du jour, vous ne connatrez pas la tideur, car votre esprit naura cess dinvoquer Dieu durant toute la journe.
Lune des causes de la tideur cest que lhomme se tient loign de Dieu pendant un temps assez long, comme il arrive certains fidles qui prient seulement le matin et le soir et qui ne prient pas aux heures les plus occupes et les plus critiques de la journe o les combats et les causes de chute abondent.
Voulez-vous chapper la tideur ? levez le cur de temps en temps vers Dieu, mme par une seule phrase, ou par une courte prire qui ne dure quune minute ou quelques secondes.

Article paru dans la revue Le Chemin,

LE XVIII NOVEMBRE. LA DDICACE DES BASILIQUES DES SS. APTRES PIERRE ET PAUL.

18 novembre, 2011

du site:

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/gueranger/anneliturgique/pentecote/pentecote06/019.htm

LE XVIII NOVEMBRE. LA DDICACE DES BASILIQUES DES SS. APTRES PIERRE ET PAUL.

QUOD DUCE TE MUNDUS SURREXIT IN ASTRA TRIUMPHANS, HANC CONSTANTINUS VICTOR TIBI CONDIDIT AULAM. Parce que le monde sous ta conduite s’est lev triomphant jusqu’aux cieux, Constantin vainqueur construisit ce temple ta gloire. C’tait l’inscription qui, dans l’ancienne basilique vaticane, se dtachait en lettres d’or au sommet de l’arc triomphal (1). Jamais en moins de mots le gnie romain ne s’exprima si magnifiquement ; jamais n’apparut mieux la grandeur de Simon fils de Jean sur les sept collines. En 15o6, la sublime ddicace tombant de vtust prit avec l’arc sous lequel, la suite du premier empereur chrtien, peuples et rois, le front dans la poussire, s’taient presss durant douze sicles en prsence de la Confession immortelle, centre et rendez-vous du monde entier. Mais la coupole lance dans les airs par le gnie de Michel-Ange, dsigne toujours la Ville et au monde le lieu o dort le pcheur galilen, successeur des Csars,rsumant dans le Christ dont il est le Vicaire les destines de la ville ternelle.
La seconde gloire de Rome est la tombe de Paul sur la voie d’Ostie. Cette tombe, la diffrence de celle de Pierre qui continue de plonger dans les profondeurs de la crypte vaticane, est porte jusqu’ fleur de terre par un massif de maonnerie, sur lequel pose le vaste sarcophage. On fut mme de constater cette particularit en 1841, lorsque l’on reconstruisit l’autel papal. Il parut vident que l’intention de soustraire le tombeau de l’aptre aux inconvnients qu’amnent les dbordements du Tibre, avait oblig de soulever ainsi le sarcophage de la place o d’abord Lucine l’avait tabli (1). Le plerin n’a garde de s’en plaindre, lorsque par le soupirail qui s’ouvre au centre de l’autel, son il respectueux peut s’arrter sur le marbre qui ferme la tombe, et y lire ces imposantes paroles, traces en vastes caractres de l’poque constantinienne : PAULO APOSTOLO ET MARTYRI. A Paul Aptre et Martyr (2).
Ainsi Rome chrtienne est protge au nord et au midi par ces deux citadelles. Associons-nous aux sentiments de nos pres, lorsqu’ils disaient de la cit privilgie : Pierre, le portier, fixe ! l’entre sa demeure sainte ; qui niera que cette ville soit pareille aux cieux ? A l’autre extrmit, Paul, de son temple, en garde les murs ; Rome est assise entre les deux : l donc est Dieu (3).
Donc aussi la prsente fte mritait d’tre plus qu’une solennit locale; l’Eglise mre, en l’tendant toute Eglise dans ces derniers sicles, a mrit la reconnaissance du monde. Grce elle, nous pouvons tous ensemble aujourd’hui faire en esprit ce plerinage ad limina (1) que nos aeux accomplissaient au prix de tant de fatigues, ne croyant jamais en acheter trop cher les saintes joies et les bndictions. Clestes monts, sommets brillants de la Sion nouvelle ! l sont les portes de la patrie, les deux lumires du monde en sa vaste tendue : l, Paul comme un tonnerre fait entendre sa voix; l, Pierre retient ou lance la foudre. Par celui-l les curs des hommes sont ouverts, par celui-ci les cieux. Celui-ci est la pierre de fondement, celui-l l’ouvrier du temple o s’lve l’autel qui apaise Dieu. Tous deux, fontaine unique, panchent les eaux qui gurissent et dsaltrent (2).
Parmi les lieux sacrs qui attirrent autrefois la vnration des chrtiens, les plus clbres et les plus frquents furent ceux o l’on gardait les corps des saints, ou quelque reste ou mmoire des Martyrs. Au nombre et en tte de ces saints lieux fut toujours cette partie glorieuse du Vatican qu’on appelait la Confession de saint Pierre. L, en effet, de toutes les parties du monde affluaient les chrtiens ; l tait pour eux la pierre de la foi, le fondement de l’Eglise; leur vnration pour le lieu consacr parle tombeau du Prince des Aptres se traduisait par les plus religieuses et les plus pieuses dmonstrations.
L l’empereur Constantin le Grand vint le huitime jour aprs son baptme, et dposant le diadme et se prosternant, rpandit une grande abondance de larmes ; puis s’armant de la pioche et du hoyau, il creusa le sol et en retira douze charges de terre en l’honneur des douze Aptres, dsignant ainsi l’emplacement de la basilique qu’il voulait construire leur Prince. Elle fut ddie par le Pape saint Silvestre le quatorze des calendes de dcembre, en la manire que, le cinq des ides de novembre, il avait consacr l’glise du Latran, mais en y levant un autel de pierre qu’il oignit du chrme, et prescrivant que dsormais tout autel devrait tre de pierre. Le bienheureux Silvestre ddia pareillement sur la voie d’Ostie la basilique de saint Paul Aptre, que l’empereur Constantin avait de mme construite avec magnificence , l’enrichissant ainsi que la premire de biens-fonds, d’ornements, et de prsents considrables.
Or, comme la basilique vaticane tombait de vtust, elle fut par la pit de nombreux Pontifes rdifie depuis les fondations plus magnifique et plus grande ; l’an mil six cent vingt-six, en ce mme jour, Urbain VIII la consacrait solennellement. L’an mil huit cent vingt-trois , un violent incendie consumait entirement la basilique de la voie d’Ostie; releve plus belle qu’auparavant par le zle persvrant de quatre Pontifes et comme reconquise sur la destruction, Pie IX mit profit pour sa conscration la trs heureuse circonstance de la dfinition de l’Immacule Conception de la Bienheureuse Vierge Marie qu’il venait de proclamer , et qui des contres les plus loignes de l’univers catholique avait attir Rome nombre d’vques et de cardinaux ; ce fut le dixime jour de dcembre de l’anne mil huit cent cinquante-quatre, qu’entour d’une si brillante couronne de prlats et de princes de l’Eglise il accomplit la solennelle ddicace, en en fixant la mmoire annuelle au prsent jour.
Pour clbrer les saints Aptres, il nous plat d’emprunter aux bibliothques de nos frres spars d’Angleterre cette Squence que la vnrable Eglise d’York chantait encore, il y a quatre sicles, en leur honneur.

SEQUENCE.
En cette mmoire solennelle du Prince des Aptres, que l’harmonie de notre louange, inspire par l’amour, se fasse jour en cantiques joyeux.
Avec lui vnrons, digne comme lui de nos chants, l’Aptre des nations ; ainsi la louange runira ceux que l’amour unit dans la vie et que la mort elle-mme n’a pu sparer.
Leur louange, c’est que dans Rome, sige de l’em-pire,ils renversrent l’idoltrie ; que dans cette Rome, l’Eglise fonde et soutenue par eux gouverne l’univers.
Le fondement de l’Eglise, c’est la foi de Pierre, comme la doctrine de Paul en est le soutien ; au premier la clef signifiant la puissance, au second celle qui ouvre les horizons de la science : toutes deux concourent l’uvre commune.
Car c’est ainsi que le troupeau, que le peuple fidle se flicite, au milieu des temptes de cette vie, d’avoir en Pierre un pasteur et un guide; tandis que Paul par ses enseignements le fortifie, l’anime et le gurit dans ses maux.
L’un rpand la parole de vie, l’autre aux croyants de cette parole ouvre les deux ; ce que l’un prche, l’autre en montre la vrit par des miracles sans nombre.
Ils appellent au salut, celui-ci les Juifs, celui-l les nations ignorantes du chemin de la vie ; tous deux dirigent les appels , tous deux combattent pour eux, repoussant l’assaut de l’ennemi,
Ne craignant pas de faire face la force toute-puissante de l’empire, encourant l’un le supplice de la croix, l’autre celui du glaive.
En la mme ville, en un mme jour, ils souffrent la mort et passent aux cieux o sont rcompenss les justes. Puissent-ils, priant pour nous, nous prserver de tout mal, et nous amener partager leur bienheureux sort. Amen.
Enfin mettant profit ce jour pour rappeler et pour complter les enseignements qui nous furent donns dans la fte gnrale de la Ddicace des Eglises, terminons par cette autre Squence, digne d’Adam de Saint-Victor auquel on l’attribua longtemps. Toutes les allgories du temps des figures y sont releves l’honneur du grand mystre de l’union du Christ et de l’humanit, qu’exprime la conscration des temples chrtiens.

SEQUENCE.
Qu’ils sont aims les tabernacles et les parvis du Seigneur des armes!
O architecte incomparable! temple difi de telle sorte, que l’affermissent, au lieu de l’branler, les pluies, les flots dbords, les temptes !
Belles sont ses fondations, qui remontent aux jours o de gracieuses figures l’annonaient sous les ombres! C’tait le ct d’Adam endormi produisant Eve : premire image d’une union qui doit durer toujours.
C’tait l’arche faite du bois : elle sauve No, navigue srement sur les eaux du dluge o prit le monde. C’est Sara charge d’ans et sa fcondit tardive, et son rire de bonheur quand elle allaite celui dont le nom signifie notre joie.
Rbecca prsente l’eau qu’elle a puise au serviteur, porteur du message, et abreuve aussi ses chameaux. Elle se pare des bracelets, des pendants d’oreilles, pour se montrer telle qu’il convient une vierge.
Par Jacob la synagogue est supplante, tandis que, ne se confiant qu’ la lettre, elle s’gare. Aux yeux chassieux de Lia bien des choses chappent, qui font la force de Rachel la voyante et rendent gaux ses droits.
Veuve longtemps, Thamar voile donne Juda deux fils. L, Mose est trouv dans sa corbeille de jonc par la jeune fille qui se baigne au fleuve.
L l’agneau mle est immol, rassasiant Isral, le teignant de son sang. L la mer Rouge est traverse, les Egyptiens sont engloutis sous les flots profonds.
L est l’urne remplie de la manne; l, mais dans l’arche de l’alliance, sont les dix commandements de la loi. L sont gards les ornements du temple, et aussi les vtements d’Aaron dont le premier est l’phod du pontife.
L Bethsabe, veuve d’Urie , leve en gloire, s’assied sur le trne royal. Dans sa robe d’or et sa parure varie, elle est devant le prince semblable aux filles des rois.
L vient s’instruire la divine sagesse de Salomon la reine du midi; bien que noire, elle est belle, tout imprgne de myrrhe et d’encens, toute parfums.
Toutes ces figures annonant sous les ombres l’avenir, le plein jour de la grce nous en a rvl la porte. Maintenant unis au bien-aim, gotons sa paix, chantons des psaumes ; car c’est le jour des noces.
Les trompettes clatantes du festin en annoncent l’ouverture, le psaltrion l’achvement.
L’Epoux ! c’est lui que chantent, unique mlodie, les millions de voix qui sans fin disent : Allluia !
Amen.