Archive pour octobre, 2011

AUDIENCE GÉNÉRALE DU 19 OCTOBRE 2011: LE PSAUME 136

20 octobre, 2011

du site:

http://www.zenit.org/article-29263?l=french

AUDIENCE GÉNÉRALE DU 19 OCTOBRE 2011: LE PSAUME 136

Texte intégral

ROME, mercredi 19 octobre 2011 (ZENIT.org)  – Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse  prononcée par le pape Benoît XVI, ce mercredi, au cours de  l’audience générale, Place Saint-Pierre.

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Chers frères et sœurs,

Je voudrais méditer aujourd’hui avec vous sur un psaume qui résume toute l’histoire du salut dont l’Ancien Testament nous apporte le témoignage. Il s’agit d’un grand hymne de louange qui célèbre le Seigneur dans les manifestations multiples et répétées de sa bonté tout au long de l’histoire des hommes: c’est le Psaume 136 — ou 135 selon la tradition gréco-latine.
Prière solennelle d’action de grâce, connu comme le «Grand Hallel», ce psaume est chanté traditionnellement à la fin du repas pascal juif et a probablement été prié également par Jésus lors de la dernière Pâque célébrée avec les disciples; c’est à lui en effet que semble faire allusion l’annotation des évangélistes: «Après le chant des psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers» (cf. Mt 26, 30; Mc 14, 26). L’horizon de la louange illumine ainsi le chemin difficile du Golgotha. Tout le Psaume 136 se déroule sous forme de litanie, rythmée par la répétition de l’antienne «car éternel est son amour». Tout au long de la composition, sont énumérés les nombreux prodiges de Dieu dans l’histoire des hommes et ses interventions constantes en faveur de son peuple; et à chaque proclamation de l’action salvifique du Seigneur répond l’antienne avec la motivation fondamentale de la louange: l’amour éternel de Dieu, un amour qui, selon le terme hébreu utilisé, implique fertilité, miséricorde, bonté, grâce, tendresse. Tel est le motif unifiant de tout le psaume, répété toujours sous la même forme, tandis que changent ses manifestations ponctuelles et paradigmatiques: la création, la libération de l’exode, le don de la terre, l’aide providentielle et constante du Seigneur à l’égard de son peuple et de chaque créature.
Après une triple invitation à l’action de grâce au Dieu souverain (vv. 1-3), on célèbre le Seigneur comme Celui qui a fait «des merveilles» (v. 4), dont la première est la création: le ciel, la terre, les étoiles (vv. 5-9). Le monde créé n’est pas un simple scénario dans lequel s’inscrit l’action salvifique de Dieu, mais c’est le début même de cette action merveilleuse. Avec la création, le Seigneur se manifeste dans toute sa bonté et sa beauté, il se compromet avec la vie, révélant une volonté de bien dont jaillit toute autre action de salut. Et dans notre psaume, faisant écho au premier chapitre de la Genèse, le monde créé est synthétisé dans ses éléments principaux, en insistant en particulier sur les astres, le soleil, la lune, les étoiles, créatures magnifiques qui gouvernent le jour et la nuit. On ne parle pas ici de la création de l’être humain, mais il est toujours présent; le soleil et la lune sont pour lui — pour l’homme — pour rythmer le temps de l’homme, le mettant en relation avec le Créateur en particulier à travers l’indication des temps liturgiques.
C’est précisément la fête de Pâques qui est évoquée immédiatement après lorsque, passant à la manifestation de Dieu dans l’histoire, commence le grand événement de la libération de l’esclavage de l’Egypte, de l’exode, retracé dans ses éléments les plus significatifs: la libération de l’Egypte avec la plaie des premiers-nés égyptiens, le départ de l’Egypte, le passage de la Mer Rouge, le cheminement dans le désert jusqu’à l’entrée en terre promise (vv. 10-20). Nous nous trouvons au moment originel de l’histoire d’Israël. Dieu est intervenu à travers toute sa puissance pour conduire son peuple à la liberté; à travers Moïse, son envoyé, il s’est imposé au pharaon, se révélant dans toute sa grandeur et, enfin, a écrasé la résistance des Egyptiens par le terrible fléau de la mort des premiers-nés. Ainsi, Israël peut quitter le pays de l’esclavage, avec l’or de ses oppresseurs (cf. Ex. 12, 35-36), «sortant la main haute» (Ex. 14, 8), sous le signe exultant de la victoire. Au bord de la Mer rouge également, le Seigneur agit avec une puissance miséricordieuse. Devant un peuple d’Israël effrayé  à la vue des Egyptiens qui le poursuivent, au point de regretter d’avoir quitté l’Egypte (cf. Ex. 14, 10-12), Dieu, comme le dit notre Psaume, «sépara en deux parts la mer des Joncs… fit passer Israël en son milieu… Y culbutant pharaon et son armé» (vv. 13-15). L’image de la Mer rouge «séparée en deux» semble évoquer l’idée de la mer comme un grand monstre qui est coupé en deux morceaux et est rendu ainsi inoffensif. La puissance du Seigneur vainc le danger des forces de la nature et des forces militaires déployées par les hommes: la mer, qui semblait barrer la route au peuple de Dieu, laisse passer Israël au sec, puis se referme sur les Egyptiens, les emportant. «La main forte et le bras étendu» du Seigneur (cf. Dt 5, 15; 7, 19; 26, 8) se montrent ainsi dans toute leur force salvifique: l’oppresseur injuste a été vaincu, englouti par les eaux, tandis que le peuple de Dieu «passe en son milieu» pour poursuivre son chemin vers la liberté.
Notre psaume fait à présent référence à ce chemin, en rappelant par une phrase très brève le long pèlerinage d’Israël vers la terre promise: «Il mena son peuple au désert, car éternel est son amour!» (v. 16). Ces quelques mots contiennent une expérience de quarante ans, un temps décisif pour Israël qui, se laissant guider par le Seigneur, apprend à vivre de la foi, dans l’obéissance et dans la docilité à la loi de Dieu. Ce sont des années difficiles, marquées par la dureté de la vie dans le désert, mais aussi des années heureuses, de confiance dans le Seigneur, de confiance filiale; c’est le temps de la «jeunesse» comme le définit le prophète Jérémie en parlant à Israël, au nom du Seigneur, avec des expressions pleines de tendresse et de nostalgie: «Je me rappelle l’affection de ta jeunesse, l’amour de tes fiançailles, alors que tu marchais derrière moi au désert, dans une terre qui n’est pas ensemencée» (Jr 2, 2). Le Seigneur, comme le pasteur du Psaume 23 que nous avons contemplé dans une catéchèse, a guidé son peuple pendant quarante ans, l’a éduqué et aimé, le conduisant jusqu’à la terre promise, vainquant également les résistances et l’hostilité de peuples ennemis qui voulaient faire obstacle à son chemin de salut (cf. vv. 17-20).
Dans l’énumération des «grandes merveilles» que notre Psaume énonce, on parvient ainsi au moment du don conclusif, dans l’accomplissement de la promesse divine faite aux pères: «Il donna leur terre en héritage, car éternel est son amour! En héritage à Israël son serviteur, car éternel est son amour!» (vv. 21-22). Dans la célébration de l’amour éternel du Seigneur, on fait à présent mémoire du don de la terre, un don que le peuple doit recevoir sans jamais en prendre possession, vivant continuellement dans une attitude de recueillement reconnaissant et plein de gratitude. Israël reçoit le territoire dans lequel habiter comme «héritage», un terme qui désigne de manière générique la possession d’un bien reçu d’un autre, un droit de propriété qui, de manière spécifique, fait référence au patrimoine paternel. Une des prérogatives de Dieu est de «donner»; et à présent, à la fin du chemin de l’exode, Israël, destinataire du don, comme un fils, entre dans le pays de la promesse accomplie. Le temps du vagabondage, sous les tentes, dans une vie marquée par la précarité, est fini. A présent a commencé le temps heureux de la stabilité, de la joie de construire des maisons, de planter les vignes, de vivre dans la sécurité (cf. Dt 8, 7-13). Mais c’est également le temps de la tentation de l’idolâtrie, de la contamination avec les païens, de l’autosuffisance qui fait oublier l’Origine du don. C’est pourquoi le psalmiste mentionne l’humiliation et les ennemis, une réalité de mort dans laquelle le Seigneur, encore une fois, se révèle comme le Sauveur: «Il se souvint de nous dans notre abaissement, car éternel est son amour! Il nous sauva de la main des oppresseurs, car éternel est son amour!» (vv. 23-24).
Dès lors se pose la question: comment pouvons-nous faire de ce psaume une prière qui soit nôtre, comment pouvons-nous nous approprier, par notre prière, de ce psaume? Le cadre du psaume est important, au début et à la fin: c’est la création. Nous reviendrons sur ce point: la création comme le grand don de Dieu dont nous vivons, dans lequel il se révèle dans sa bonté et sa grandeur. Et donc, avoir à l’esprit la création comme don de Dieu est un point qui nous est commun à tous. Vient ensuite l’histoire du salut. Naturellement nous pouvons dire: cette libération de l’Egypte, le temps du désert, l’entrée en Terre Sainte puis les autres problèmes, sont très loin de nous, ils n’appartiennent pas à notre histoire. Mais nous devons être attentifs à la structure fondamentale de cette prière. La structure fondamentale est qu’Israël se rappelle de la bonté du Seigneur. Dans cette histoire, il y a beaucoup de vallées obscures, il y a beaucoup de moments marqués par la difficulté et la mort, mais Israël se rappelle que Dieu était bon et qu’il peut survivre dans cette vallée obscure, dans cette vallée de la mort, parce qu’il se souvient. Il garde en mémoire la bonté du Seigneur, de sa puissance; sa miséricorde vaut pour l’éternité. Et cela est important pour nous aussi: garder en mémoire la bonté du Seigneur. La mémoire devient force de l’espérance. La mémoire nous dit: Dieu existe, Dieu est bon, éternelle est sa miséricorde. Et ainsi la mémoire ouvre, même dans l’obscurité d’un jour, d’un temps, la route vers l’avenir: elle est lumière et étoile qui nous guide. Nous avons nous aussi une mémoire du bien, de l’amour miséricordieux, éternel de Dieu. L’histoire d’Israël appartient déjà à notre mémoire aussi, la mémoire de la façon dont Dieu s’est montré, a créé son peuple. Puis Dieu s’est fait homme, l’un d’entre nous: il a vécu avec nous, il a souffert avec nous, il est mort pour nous. Il reste avec nous dans le Sacrement et dans la Parole. C’est une histoire, une mémoire de la bonté de Dieu qui nous assure sa bonté: son amour est éternel. Et puis aussi en ces deux mille ans de l’histoire de l’Eglise il y a toujours, à nouveau, la bonté du Seigneur. Après la période obscure de la persécution nazie et communiste, Dieu nous a libérés, il a montré qu’il est bon, qu’il a de la force, que sa miséricorde vaut pour toujours. Et, comme dans l’histoire commune, collective, est présente cette mémoire de la bonté de Dieu, elle nous aide, elle devient étoile de l’espérance, ainsi aussi chacun a son histoire personnelle de salut, et nous devons réellement tirer profit de cette histoire, avoir toujours à l’esprit la mémoire des grandes choses qu’il a faites dans ma vie aussi, pour avoir confiance: sa miséricorde est éternelle. Et si aujourd’hui je suis dans la nuit obscure, demain Il me libère car sa miséricorde est éternelle.
Revenons au psaume, parce que, à la fin, il revient à la création. Le Seigneur — c’est ce qui est dit — « à toute chair, il donne le pain, éternel est son amour!» (n. 25). La prière du psaume se conclut avec une invitation à la louange: «Rendez grâce au Dieu du ciel, éternel est son amour!». Le Seigneur est le Père bon et prévoyant, qui donne son héritage à ses fils et offre à tous la nourriture pour vivre. Le Dieu qui a créé les cieux et la terre et les grandes lumières célestes, qui entre dans l’histoire des hommes pour conduire au salut tous ses enfants est le Dieu qui comble l’univers de sa présence de bien en étant attentif à la vie et en donnant du pain. La puissance invisible du Créateur et Seigneur chantée dans le Psaume se révèle dans la petite visibilité du pain qu’il nous donne, avec lequel il nous fait vivre. Et ainsi ce pain quotidien symbolise et synthétise l’amour de Dieu comme Père, et nous ouvre à l’accomplissement néo-testamentaire, à ce «pain de vie», l’Eucharistie, qui nous accompagne dans notre existence de croyants, en anticipant la joie définitive du banquet messianique au Ciel.
Frères et sœurs, la louange de bénédiction du Psaume 136 nous a fait reparcourir les étapes les plus importantes de l’histoire du salut, jusqu’à parvenir au mystère pascal, où l’action salvifique de Dieu arrive à son sommet. Avec joie reconnaissante nous célébrons donc le Créateur, Sauveur et Père fidèle, qui «a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique: ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle» (Jn 3, 16). Dans la plénitude des temps, le Fils de Dieu se fait homme pour donner la vie, pour le salut de chacun de nous, et il se donne comme pain dans le mystère eucharistique pour nous faire entrer dans son alliance qui fait de nous ses fils. C’est à ce point que s’élève la bonté miséricordieuse de Dieu et la sublimité de son «amour pour toujours».
Je veux donc conclure cette catéchèse en faisant miennes les paroles que saint Jean écrit dans sa Première Lettre et que nous devrions toujours avoir à l’esprit dans notre prière: «Voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés: il a voulu que nous soyons appelés fils de Dieu — et nous le sommes» (1 Jn 3, 1). Merci.

A l’issue de l’audience générale le pape a résumé sa catéchèse en différentes langues et salué les pèlerins. Voici ce qu’il a dit en français :

Chers frères et sœurs,
Le Psaume 136 appelé le «Grand Hallel», reprend toute l’histoire du salut dont l’Ancien Testament témoigne. Cet hymne de louanges célèbre le Seigneur à travers les nombreuses manifestions de sa bonté au cours de l’histoire des hommes. Traditionnellement chanté lors de la Cène pascale hébraïque, il a été probablement prié par Jésus lors de la dernière Pâque célébrée avec les disciples. Cette litanie est scandée par «Eternel est son amour», refrain qui répond à chaque intervention de Dieu en faveur de son peuple. Le motif fondamental de la louange est l’amour éternel de Dieu. Dès la Création, Dieu se révèle comme voulant le bien et donnant la vie. Après la libération d’Egypte, est décrit le long et éprouvant chemin vers la liberté, dans le désert où Israël apprend à vivre de foi et à obéir aux lois de Dieu. En bon pasteur plein de tendresse, le Seigneur conduit son peuple vers la Terre promise. Cet «héritage» est un don, qu’il doit recevoir sans jamais s’en emparer, l’accueillant comme un fils, avec gratitude et reconnaissance.
Chers amis, le salut d’Israël et de l’humanité est lié à la fidélité de Dieu qui se souvient. Tandis que l’homme oublie facilement Dieu, Lui reste fidèle. Louons et célébrons avec une joie profonde le Créateur, Sauveur et Père qui nous a donné son Fils unique pour que celui qui croit ne se perde pas, mais ait la vie éternelle.
Je salue les pèlerins francophones, particulièrement les groupes de pèlerins venus de France, de Suisse, du Canada, ainsi que les jeunes des collèges Saint Joseph du Parchamp, Sainte Geneviève, Notre Dame de Bourbourg, et les lycéens de Sète et du Lot-et-Garonne. Par la foi, devenons chaque jour plus conscient de la présence de Dieu dans notre vie. Demandez-lui d’éclairer vos choix et de fortifier votre amour. Bon pèlerinage à tous!

Traduction française : Zenit

Saint Osée Prophéte

19 octobre, 2011

Saint Osée Prophéte dans images sacrée Profeta_Osea-CD
http://andriarte.it/Miracoli/ChiesaIntermedia/profeti.html

Ambroise de Milan: «Bois le Christ en buvant sa Parole!» (Article de Enzo Bianchi, prieur de Bose)

19 octobre, 2011

du site:

http://www.monasterodibose.it/content/view/3801/140/1/1/lang,it/

Ambroise de Milan: «Bois le Christ en buvant sa Parole!»   
 
Article de Enzo Bianchi, prieur de Bose

PANORAMA, janvier 2011

Cher Jean,

Le mois dernier, je te parlais de saint Augustin : je te disais la place importante qu’a occupée Ambroise de Milan dans sa conversion au christianisme. Celui qui exerçait alors le ministère épiscopal dans la ville lombarde a été un véritable père spirituel pour Augustin, lequel a parlé de lui en ces termes : « Cet homme de Dieu m’accueillit paternellement, en authentique évêque, et je commençai à l’aimer ! » Il faut donc que je te présente aujourd’hui ce père de l’Église. En effet, tout comme on ne reçoit pas la vie humaine sans parents, de même ne reçoit-on pas la parole de Dieu et les fondements de la vie chrétienne sans un père spirituel solidement enraciné dans l’Évangile du Christ. Et c’est ce rôle précieux qu’a joué Ambroise de Milan, non seulement pour le futur évêque d’Hippone, mais aussi pour nombre de ses contemporains.
Ambroise, qui a été évêque de Milan depuis 374 et jusqu’à sa mort en 397, avait un zèle pastoral et une autorité incomparables, ce qui lui valait l’admiration unanime de ses fidèles. Cette unanimité s’était d’ailleurs déjà manifestée au moment de son élection : après la mort de l’évêque précédent, c’est dans le tumulte qu’on s’apprêtait à désigner un successeur, car la charge était convoitée tant par les catholiques que par la faction des ariens. Ambroise – qui n’était alors pas même baptisé – était haut fonctionnaire de l’Empire et veillait à ce que l’événement se déroule dans le calme. C’est alors qu’une voix forte se fit entendre dans l’église : « Ambroise, évêque ! » Toute la foule répéta ce cri, et le conflit entre catholiques et ariens céda la place à une entente inespérée autour de son nom. C’est ainsi qu’Ambroise fut élu évêque de Milan par acclamation populaire ! Après avoir reçu le baptême, il fut consacré à la charge épiscopale.
Ambroise était un véritable père pour ses fidèles : homme doux, il exerçait sur tous la force de son attraction. Il s’acquittait de sa paternité parmi les croyants sans s’arroger indûment cette fonction, mais en la vivant simplement parmi les chrétiens en raison d’un don provenant exclusivement de Dieu. En authentique homme spirituel, il savait que sa paternité était étroitement liée à la transmission de l’Évangile : « Alors que je lui ouvrais mon cœur pour recevoir son éloquence, j’accueillis également la vérité », témoignait saint Augustin. Oui, c’est toujours l’Évangile de Dieu et de Jésus Christ qui constitue la mesure objective et déterminante de la relation d’un père avec ses enfants spirituels.

Ambroise de Milan: «Bois le Christ en buvant sa Parole!» 
Ambroise n’avait de cesse d’appeler ses auditeurs à la rencontre avec le Christ : « Qu’y a-t-il de plus beau que de s’approcher de la source de la vie, du bien suprême ? Quelle joie plus grande que de s’attacher au Christ ? ». Or cette rencontre ne peut se donner qu’à travers la méditation de l’Écriture et la vie ecclésiale, qui a son cœur dans la célébration eucharistique ; Ambroise écrivait en ce sens : « Bois le Christ, il est la Vigne ! Bois, le Christ, il est la source de la vie ! Bois le Christ en buvant sa Parole ! Bois le Christ en buvant le sang de ta rédemption ! ».
Ambroise savait bien qu’il était devenu père par la fécondité de la Parole que, le premier, il avait accueillie comme une semence et une source de vie. Ce n’est que de cet enracinement dans l’Évangile que découlait sa capacité à appeler d’autres à une nouvelle naissance, à la vie selon Dieu. C’est pourquoi il put affirmer sur son lit de mort : « Je n’ai pas vécu parmi vous d’une manière qui me donnerait honte de continuer à vivre ; mais je n’ai pas peur de mourir parce que le Maître que je sers est bon. »
Combien notre époque aurait besoin de tels pères spirituels ! Je te souhaite à toi aussi de pouvoir recevoir la vie chrétienne d’une personne rendue capable de la donner, afin que tu deviennes à ton tour en mesure de la transmettre à ceux qui la poursuivront après toi !

Ton ami Enzo

Le film préféré du pape: « Mission » (par Sandro Magister)

19 octobre, 2011

du site:

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1349789?fr=y

Le film préféré du pape: « Mission »

Au cours du XIXe siècle, l’Église catholique a réagi à l’offensive laïciste qui se développait en Europe par une spectaculaire expansion missionnaire dans les autres continents. Benoît XVI veut que le miracle se renouvelle aujourd’hui. Son prochain voyage: en Afrique

par Sandro Magister

ROME, le 10 octobre 2011 – Dans quarante jours, Benoît XVI se rendra en Afrique, au Bénin.

L’Afrique subsaharienne est le continent qui, au cours du siècle dernier, a enregistré la plus impressionnante augmentation du nombre de chrétiens. Ils étaient 7 millions en 1900, ils sont 470 millions aujourd’hui, dont plus de 170 millions qui appartiennent à l’Église catholique.
Le 20 novembre, à Cotonou, le pape Joseph Ratzinger signera l’exhortation apostolique qui est le fruit du synode spécial de 2009 consacré expressément à l’Afrique et il la remettra aux représentants des évêques de ce continent.
En effet ce pontificat, qui veut lancer une « nouvelle évangélisation » principalement dans les régions d’ancienne implantation de l’Église qui sont aujourd’hui déchristianisées, garde toujours une vive volonté d’annoncer la foi chrétienne là où celle-ci n’est encore jamais arrivée.
Ce n’est pas la première fois que l’Église catholique répond ainsi – par un nouvel élan missionnaire « jusqu’aux extrémités de la terre » – à l’offensive d’une culture qui érode la foi dans les pays d’ancienne chrétienté.
Dans le texte que l’on pourra lire ci-dessous, l’historien Gianpaolo Romanato montre que la dernière grande expansion missionnaire de l’Église catholique en Afrique, en Asie et en Océanie, a eu lieu précisément après la Révolution française et en réaction à la progression, en Europe, d’une culture et de puissances hostiles au christianisme.
Cependant il y a aujourd’hui, au sein même de l’Église, des gens qui formulent des objections contre la relance des missions « selon le vieux style ». Benoît XVI, dans le discours par lequel il avait présenté ses vœux à la curie romaine le 21 décembre 2007, avait résumé ces objections de la manière suivante :
« Aujourd’hui, a-t-on encore le droit d’’évangeliser’ ? Les différentes religions et conceptions du monde ne devraient-elles pas plutôt cohabiter pacifiquement et chercher à faire ensemble – chacune à sa manière – ce qui est le mieux pour l’humanité ? ».
Oui, a répondu Benoît XVI, c’est une bonne chose qu’une action commune des différentes religions « pour la défense du respect effectif de la dignité de chaque être humain afin de construire une société plus juste et solidaire ». Et c’est à cela qu’il consacrera la rencontre de prière qui aura lieu à Assise le 27 octobre prochain.
Mais cela n’interdit pas, bien au contraire, d’annoncer Jésus à tous les peuples :
« Celui qui a découvert une grande vérité, trouvé une grande joie, doit la transmettre, il ne peut absolument pas la garder pour lui. […] En Jésus-Christ une grande lumière – ‘la’ grande Lumière – a surgi pour nous : nous ne pouvons pas la mettre sous le boisseau, mais nous devons l’élever sur son support, afin qu’elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison ».
Mais revenons à l’épopée missionnaire du XIXe siècle. La description qu’en donne Romanato pourrait aussi être un enseignement pour les catholiques d’aujourd’hui. D’un événement – l’offensive laïciste – qui était considéré comme catastrophique par l’Église de l’époque est née une expansion extraordinaire de la foi chrétienne dans le monde.
Romanato est professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Padoue et il se définit comme « un universitaire laïc qui est habitué à raisonner de manière laïque ».
Il a donné lecture de ce texte lors d’un colloque qui s’est tenu à Subiaco, le 6 octobre 2011. « L’Osservatore Romano » l’a publié le même jour.
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PRINTEMPS MISSIONNAIRE

par Gianpaolo Romanato

Les missions ont été la grande découverte et la grande espérance de l’Église au XIXe siècle.
Une découverte parce que, au cours de la période postrévolutionnaire, la mission, qui s’adressait à de nouvelles populations d’Afrique, d’Océanie, d’Asie et des deux Amériques et qui n’était pas garantie par les structures de patronage étatique en vigueur sous l’Ancien Régime, fut substantiellement différente de celle de la période prérévolutionnaire.
Une espérance parce que, face aux nouveaux ennemis que constituaient la modernité et l’organisation de l’État libéral, la conquête de populations inconnues et n’ayant encore jamais été atteintes par le christianisme est apparue comme une nouvelle frontière, une possibilité imprévue de refondation du message chrétien, une revanche après les nombreuses défaites subies en Europe.
Cette projection missionnaire s’est faite sous l’égide de la culture contre-révolutionnaire la plus rigide, à partir du pape qui, le premier, s’en est fait l’interprète et le propagateur, Grégoire XVI, à l’état-civil Bartolomeo Cappellari, moine camaldule originaire de Belluno, qui avait été pendant cinq ans préfet de la congrégation de la Propagation de la Foi avant d’être élu pape.
Tout en fixant, dans les encycliques « Mirari vos » (1832) et « Singulari nos » (1834), les lignes directrices de ce qui allait être pendant cinquante ans l’intransigeance catholique antimoderne, il lança également la renaissance des missions par une série d’initiatives, allant de la fondation de quarante-quatre vicariats apostoliques dans les nouvelles terres à la promulgation de l’encyclique « Probe nostis » (1840), qui constitue le programme de la nouvelle activité missionnaire.
Ce que l’on appelle le « printemps missionnaire » du XIXe siècle naît donc de bases culturelles opposées à celles de la modernité.
Les mots mêmes qu’employait le pape Grégoire XVI montrent que l’élan de l’Église vers de nouvelles populations résultait d’un désir de revanche par rapport à la vague de laïcisation libérale qui s’était répandue en Europe. L’encyclique commençait, en effet, par un rappel des « maux » qui accablaient l’Église « de toutes parts », les « erreurs » qui en menaçaient la survie. Mais, « alors que d’un côté nous devons pleurer – écrivait le pape – de l’autre nous devons nous réjouir des fréquents triomphes des missions apostoliques », triomphes qui devraient susciter « une plus grande honte » chez « ceux qui persécutent l’Église ». Cette opposition deviendra l’un des fils conducteurs de l’histoire missionnaire, inscrite dès le début dans le courant d’intransigeance contre-révolutionnaire le plus net.
Non seulement la culture missionnaire mais également le personnel qui était chargé de la mettre en pratique étaient issus d’une culture fondamentalement intransigeante, de combat, étrangère au mythe de la nation au XIXe siècle alors que celui-ci a été l’un des grands axes de développement de la révolution de la modernité, révolution dont le colonialisme du XIXe siècle a été l’une des expressions.
Il est important de garder présent à l’esprit cet arrière-plan intellectuel et théologique, qui confirme, si nécessaire, la complexité et le caractère imprévisible de l’histoire. Dans le cas dont nous nous occupons ici, la nouveauté est fille non pas de la révolution mais de la réaction, c’est-à-dire d’une culture qui, en principe, n’oriente pas vers l’avenir mais incite à chercher refuge dans le passé. En effet l’élément gagnant de la culture missionnaire a précisément été qu’elle était étrangère au mythe de la nation.

UNIVERSALISME CHRÉTIEN
Les missionnaires qui essaimèrent dans le monde entier avaient beaucoup plus le sens de l’Église que celui de la patrie. Ils se sentaient les fils et les défenseurs d’une Église qui était persécutée et contrainte à la défensive par le libéralisme et par les révolutions nationales. Cela a accentué leur éloignement par rapport aux idées politiques du XIXe siècle et renforcé leur identification à l’universalisme chrétien. Les missions ne naissent pas italiennes, françaises ou allemandes : elles naissent catholiques, filles d’une Église resserrée autour de Rome et désormais détachée des vieilles Églises nationales prérévolutionnaires, qui va bientôt se heurter à ces idéaux de grandeur et de puissance qui ont incité les puissances européennes à conquérir et à annexer les nouveaux continents.
Ces considérations s’appliquent en particulier aux missionnaires italiens, qui étaient les plus proches, y compris géographiquement, de Rome et du nouvel esprit de la catholicité.
Ces missionnaires italiens se percevaient essentiellement comme des hommes d’Église, porteurs d’un projet d’évangélisation, comme nous dirions aujourd’hui, potentiellement universel et non conditionné par des intérêts politiques ou nationaux. Dans les institutions italiennes créées au XIXe siècle et consacrées exclusivement à l’activité missionnaire – qu’il s’agisse des missions africaines de Vérone fondées par Daniele Comboni ou de l’Institut Pontifical pour les Missions Étrangères (PIME), des xavériens ou des missionnaires de la Consolata – l’idéologie nationale, ou nationaliste, est presque inexistante. Ce qui est prédominant, au contraire, c’est le souci apostolique, qui devient d’autant plus fort et impérieux que les évolutions politiques italiennes paraissent réserver un avenir incertain et difficile à l’Église en Italie.
Ce sont précisément ces difficultés qui renforcent leur sentiment d’appartenance à l’Église, au-dessus du sentiment patriotique, le désir de lui ouvrir des routes nouvelles jusqu’à des peuples lointains et non encore touchés par le christianisme, le souci de trouver une « terre de mission vierge » où l’Évangile ne serait pas encore arrivé et où il serait possible de le prêcher sans le polluer par des arrière-pensées politiques, idéologiques.
Dans les « Règles » de l’Institut Pontifical pour les Missions Étrangères il est dit que « dès l’origine l’Institut a cherché à avoir ses missions auprès des populations les plus abandonnées et les plus barbares ». L’espoir, l’idéal, de ces institutions est de refonder le christianisme le plus loin possible de la vieille Europe, de ses divisions et de ses intérêts.
On retrouve une intention analogue chez Comboni, qui considérait l’Afrique comme la « partie du monde la plus malheureuse et certainement la plus abandonnée ». Il eut toujours une conscience très claire du fait que l’œuvre missionnaire serait d’autant plus efficace qu’elle serait plus dégagée des facteurs politiques. La mission « doit être catholique et non pas espagnole, ou française, ou allemande, ou italienne », répétait-il inlassablement. Il connaissait parfaitement les associations et les institutions missionnaires européennes, pour les avoir visitées et fréquentées, et il déplorait qu’en France « l’esprit de Dieu » soit encore trop conditionné par « l’esprit de nation ».
Mais même en France le conditionnement que constituait la nationalité n’a pas empêché de voir clairement que les missions devaient se tenir à distance de la politique des États auxquels appartenaient les missionnaires. C’est ce qu’écrivait avec une grande lucidité le supérieur français de la mission en Érythrée : « Pour nous, il n’y a qu’une seule expression : la Mission Catholique, que les membres qui la composent soient français, italiens, allemands ou anglais ».

ENTRE MISSION ET COLONISATION

Le lien entre mission et colonialisme est complexe. Les deux phénomènes sont parallèles, contemporains et interdépendants, aussi bien à la période moderne qu’à la période contemporaine.
À la période moderne, les missionnaires parvenaient aux Amériques et en Asie dans les bateaux des colonisateurs ; ils étaient protégés par les mêmes lois et bridés par les contraintes que créait le patronage de l’État. Et la situation n’était pas différente dans les régions du globe qui étaient alors sous le contrôle de la France, en particulier l’Amérique du Nord aujourd’hui canadienne. Mais le Saint-Siège aussi bien que les ordres religieux qui étaient engagés dans l’activité missionnaire ne tardèrent pas à entrer en conflit avec le pouvoir politique et à chercher des espaces d’autonomie.
Rome va fonder la puissante congrégation de la Propagation de la Foi, en 1622, précisément dans le but de remettre, partout où ce sera possible, les missions sous le contrôle ecclésiastique, y compris au moyen d’habiles expédients canoniques comme l’institution des vicaires apostoliques, ces évêques qui dépendaient directement de Rome, c’est-à-dire qu’ils répondaient de leur action au siège apostolique et non pas à l’autorité politique.
Les vicaires apostoliques furent utilisés en particulier pour tenter de contourner le patronage portugais. Dans le cas du patronage espagnol, le moyen d’échapper au lien avec l’État a consisté à tenter des expériences d’évangélisation sans lien avec la juridiction de la couronne de Madrid, sur des territoires qui se trouvaient en dehors ou aux marges de sa juridiction.
En ce qui concerne ce second cas, on peut rappeler l’expérience des Réductions chez les Guaranis du Paraguay (mais, en réalité, elle fut étendue à d’autres régions et à d’autres populations d’Amérique du Sud). Ces Réductions étaient des missions placées entièrement sous le contrôle de la Compagnie de Jésus et sur lesquelles la couronne d’Espagne n’avait presque aucun pouvoir. Mais on sait qu’elles disparurent lorsque l’Espagne et le Portugal redéfinirent les frontières et privèrent les missions des espaces d’autonomie dont elles avaient bénéficié pendant un siècle et demi. La Propagation de la Foi n’a pas toujours réussi à atteindre les objectifs pour lesquels elle avait été créée, même en recourant à l’expédient des vicaires apostoliques.
Pendant toute la période moderne, en somme, la mission et la colonisation ont vécu une cohabitation difficile, souvent conflictuelle.
À la période contemporaine, on note des caractéristiques analogues. Les missions et les colonies progressent ensemble, même si c’est avec des décalages qui ne sont pas sans importance. En général la mission précède la colonie et bien souvent elle se dirige vers des territoires étrangers ou aux marges de la colonisation : l’Océanie où opéra l’Institut Pontifical pour les Missions Étrangères, la Patagonie où s’implantèrent les salésiens.
Mais les ressemblances, en dépit de ces décalages, ne doivent pas nous empêcher de remarquer les différences.
Aux XIXe et XXe siècles, les missionnaires apprennent les langues locales, ils agissent non pas en se superposant aux cultures autochtones mais en les pénétrant et ils favorisent la création d’un clergé et d’une hiérarchie locaux. Ils se conforment en cela aux directives publiées par Rome depuis la célèbre instruction aux vicaires apostoliques du Tonkin remontant à la lointaine année 1659 – un document pontifical qui voyait loin et que l’on cite plus qu’on ne le connaît – répétées dans toutes les directives pontificales suivantes et reprises dans l’encyclique « Maximum illud » que Benoît XV publia en 1919. Alors que la colonie est une conquête de territoires, d’espaces et de ressources, une opération de pouvoir, la mission est une tentative de greffe du christianisme sans altération des cultures locales.
L’opération n’a pas toujours été réalisée avec toute la clarté nécessaire, mais l’intention était bien celle-là. Comboni disait que la présence missionnaire en « Nigritie » – comme on appelait alors l’Afrique – devait durer jusqu’au moment où il y aurait une population catholique locale et qu’alors il faudrait y mettre fin. C’est exactement ce qui s’est passé au Soudan, le territoire où se trouvait sa mission et où il existe aujourd’hui une hiérarchie soudanaise, sous la direction de laquelle agissent les missionnaires comboniens. « Sauver l’Afrique par l’Afrique » était sa devise, qui exprime justement cette intention. Arriver, christianiser, créer une Église locale et puis s’en aller.
Si nous examinons a posteriori l’histoire du colonialisme européen, nous percevons plus clairement la différence entre le colonialisme et la mission. Le colonialisme a explosé, en laissant derrière lui des séquelles qui ont dévasté et qui continuent à dévaster les continents extra-européens. La mission n’a pas explosé, elle a survécu à l’époque coloniale, elle s’est transformée et elle a donné naissance à ce que l’on appelle les jeunes Églises, qui sont pourvues d’un clergé et d’une hiérarchie indigènes.
Aujourd’hui il y a au Sacré Collège des dizaines de cardinaux provenant de pays africains ou asiatiques qui ont été des colonies jusqu’au second après-guerre. Les missions ont servi à développer le catholicisme à l’échelle planétaire et à l’inculturer dans les nouvelles populations.

Annonciation

18 octobre, 2011

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http://tracceinfinito.blogspot.com/2011/03/annunciazione-ii.html

L’Au-delà de la mort

18 octobre, 2011

du site:

http://www.cfc-liturgie.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=2298&Itemid=501

L’Au-delà de la mort 
 
     Un premier trait de la tradition catholique est que la destinée éternelle de l’homme est décidée au moment de sa mort. Par conséquent, elle élimine toutes perspectives de réincarnation. En écartant ces vues par la doctrine du Jugement particulier, la foi catholique témoigne du sérieux avec lequel sont prises la liberté humaine et ses décisions ; dans cette vision biblique, ce qui nous paraît tragique, ce n’est pas du tout le peu d’importance de l’homme, mais au contraire la manière dont Dieu le prend excessivement au sérieux : ceci entraîne toute une conception nouvelle de l’existence.
     En effet, ici les frontières de l’au-delà et de l’en deçà s’estompent. En réalité, entre ce que nous sommes aujourd’hui et ce que nous serons éternellement, il n’y a plus tellement de différence. C’est-à-dire, comme l’a dit admirablement Gabriel Marcel, que la vie éternelle manifestera seulement ce que nous aurons aimé sur la terre, c’est-à-dire qu’elle ne fera que ratifier ce qu’ont été nos adhésions durant cette vie, en les menant à la plénitude de leur réalisation. La vie présente prend alors tout son sens dramatique : elle nous est donnée pour être chargée de la plus grande mesure possible d’amour, car c’est sur l’amour que nous serons jugés.
     Un second trait sur lequel insiste la théologie catholique est l’affirmation que ce temps de l’au-delà est pour l’ensemble des hommes d’abord un temps de purification. Ceci, débarrassé des représentations mythiques dont l’affublaient les prédicateurs d’autrefois pour frapper les imaginations, exprime une réalité qui apparaît d’une évidence éblouissante. Car s’il y a quelque chose qui me paraisse évident, c’est que, quand nos pauvres êtres de chair, débarquant de cette planète, encore tout engagés dans leurs préoccupations terrestres, seront projetés devant la face de la Trinité, ils prendront à ce moment-là une conscience aiguë de tout ce qui, en eux, est impur, s’écriant comme le prophète Isaïe : « Malheur à moi, je suis un homme aux lèvres souillées ». Il faudra que nous soyons en quelque sorte progressivement adaptés au poids écrasant de la gloire. Ceci supposera toute une transformation du plus profond de nous-mêmes, à la fois purifiante et transformante. C’est là le feu du purgatoire, qui est Dieu lui-même, comme le dit Catherine de Gênes ; c’est sa sainteté qui, comme un feu dévorant, brûlera l’âme, non pas pour la détruire, mais pour la transformer en Lui. Car Dieu n’aime que le Fils. Et pour pénétrer dans la maison du Père, il faudra donc avoir revêtu entièrement le Fils.
     Une troisième affirmation est que, une fois les purifications achevées, l’âme connaît la béatitude. Cette affirmation est pour nous infiniment consolante : elle nous permet de croire que ceux que nous aimons, ceux qui nous ont quittés, et nous-mêmes quand nous les aurons rejoints, nous sommes appelés, après ces purifications dont nous sentirons tellement le besoin, à entrer dans la vision de la face de Dieu ; et celle-ci sera pour nous éternellement, et dès ce moment, la source de Joie. Dans cette vision, nos âmes trouveront enfin le repos, au-delà de toutes les incertitudes et de toutes les vicissitudes. Ce repos ne sera pas immobilisme, mais une découverte indéfiniment renouvelée des inépuisables richesses divines dont nous n’arriverons jamais à épuiser la plénitude. En effet, penser que notre intelligence pourrait, en quelque sorte, épuiser Dieu dans un acte de connaissance c’est méconnaître la transcendance de l’Être divin : dans la vision même, celui-ci demeurera une ténèbre lumineuse et, même contemplé dans son essence, restera toujours au-delà de ce que, à travers l’éternité tout entière, nous en pourrons comprendre.

Cardinal Danielou

18 ottobre – Saint Luc, évangéliste – Homélie

18 octobre, 2011

du site:

http://viechretienne.catholique.org/homelie/21606-Saint-Luc-evangeliste

Homélie

18 ottobre – Saint Luc, évangéliste

Nous fêtons aujourd’hui saint Luc évangéliste. Sa personnalité est mal connue. Papias de Hiérapolis en Asie Mineure vers 120, qui nous renseigne sur les évangiles et leurs auteurs, demeure muet à son sujet. Le canon de Muratori nous donne sur lui quelques informations générales : « Le 3ème livre de l’Evangile est selon saint Luc. Luc est ce médecin, qui après l’ascension du Christ, fut emmené par Paul comme compagnon de ses voyages et qui écrivit en son nom selon la pensée ; cependant, il ne vit pas lui-même le Seigneur en chair ; pour cela, il commença son récit à partir de la naissance de Jean, comme il put l’atteindre. » Irénée, Tertullien et Origène confirment ces données et y apportent même quelques éléments supplémentaires sans pour autant être exhaustifs. On apprend d’eux notamment que Luc était syrien de culture païenne et que dans son évangile, il entend s’adresser aux grecs. Il est donc bien « l’évangéliste des païens ». En ce sens, l’évangile de ce jour qui nous décrit l’envoi des soixante-douze disciples – soixante-douze faisant référence aux soixante-douze nations de Genèse 11 qui peuplent l’ensemble de la terre – s’applique tout particulièrement à lui.
Si Luc n’a pas de son vivant croisé la route de Jésus, il a pourtant dans la foi fait l’expérience personnelle d’une rencontre avec lui qui a bouleversé sa vie et qui fit de lui son disciple. Luc accueillit la seigneurie du Christ c’est-à-dire la réalité d’un Dieu venu jusqu’à lui pour le sauver de son péché. « Seigneur » est d’ailleurs un des titres favoris qu’il utilise pour désigner Jésus. Ne peut être envoyé en mission que celui qui a reconnu Jésus comme tel et l’a reçu comme tel au cœur de son histoire : « Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze » (Cf. Evangile). Ne portera du fruit que celui qui aura fait l’expérience de ce Père qui le sauve en son Fils, de ce Dieu qui vient à sa rencontre pour le prendre sur ses épaules et le ramener à lui, la source de vie. Les paraboles de la miséricorde du chapitre quinze de saint Luc en sont le témoignage éloquent ! Dante Alighieri l’avait bien compris, lui qui appelait saint Luc le « scribe de la mansuétude du Christ », « scriba mansuetudinis Christi ».
L’œuvre de saint Luc témoigne aussi qu’il a fait cette expérience de Jésus Seigneur et Sauveur « en Eglise » et non pas de façon isolée ou solitaire. A travers son évangile et le récit des Actes, il nous montre que la rencontre avec le Christ se fait à travers des communautés de témoins concrètes et variées, animées par le dynamisme de l’Esprit Saint.
« Seigneur, ravive en nous la mémoire de ce jour où nous t’avons reçu comme le Seigneur de nos vies. Merci pour ceux que tu as mis sur notre route et qui nous ont conduits jusqu’à toi. Seigneur, que devant l’abîme de ta miséricorde nos yeux s’ouvrent sur la profondeur de notre misère. Car nous ne pourrons être des témoins authentiques de toi que dans la mesure où nous recevrons ton Amour qui tout en nous comblant nous dépouillera de ce qui nous rendait grands (Lc 9,46) à nos propres yeux. »

Saint Callixte 1er, pape et martyr

16 octobre, 2011

Saint Callixte 1er, pape et martyr dans images sacrée st+callistus+1014

http://vahilltopfarm.blogspot.com/2010/10/feast-day-st-callistus-and-quote-and.html

14 octobre -Saint Callixte 1er, pape et martyr

16 octobre, 2011

du site:

http://missel.free.fr/Sanctoral/10/14.php

14 octobre -Saint Callixte 1er, pape et martyr

Biographie

La principale source biographique de saint Callixte, le livre IX des Philosophoumena, attribuées à saint Hippolyte, est un pamphlet, une caricature qui le présente comme homme industrieux pour le mal et plein de ressources pour l’erreur, qui guettait le trône épiscopal.
D’abord esclave de Carpophore, chrétien de la maison de César, qui lui confia des fonds importants pour ouvrir une banque dans le quartier de la piscine publique (les futurs thermes de Caracalla). Des chrétiens lui remirent leur économies qu’il dilapida avant de fuir pour s’embarquer à Porto. Rejoint par Carpophore, Callixte se jeta à l’eau, mais repêché, il fut condamné à tourner la meule. Carpophore, poursuivi par les créanciers de Callixte, l’envoya récupérer de l’argent déposé chez des Juifs. Les Juifs traînèrent Callixte comme chrétien et perturbateur de l’ordre public devant le préet Fuscien (185-189) ; Carpophore protesta que Calliste n’était pas chrétien, mais seulement banqueroutier. Callixte fut flagellé et envoyé comme forçat aux mines de Sardaigne.
Marcia, maîtresse de l’empereur Commode et chrétienne de cœur, demanda au pape Victor la liste des déportés en Sardaigne. Un eunuque, le prêtre Hyacinthe, se rendit dans l’île et fit libérer tous les détenus mais Callixte qui était absent de la liste n’obtint que plus tard son élargissement. Le pape Victor lui donna une pension mensuelle et l’envoya à Antium où, pendant une dizaine d’années, Calliste se cultiva. Le successeur de Victor, Zéphyrin, fit rentrer Calliste à Rome, l’inscrivit dans son clergé et le nomma diacre, chargé de gérer le cimetière. Callixte organisa un nouveau cimetière via Appia, sans pour autant fermer les catacombes de Priscille sur la via Salaria. Calliste lui a laissé son nom.
Financier, un homme d’action, d’administration et de gouvernement, plutôt que théologien, Callixte était l’opposé d’Hippolyte, prêtre de brillante doctrine. Lorsque Callixte fut élu à la succession de Zéphyrin, Hippolyte rallia une partie du clergé romain et fit opposition jusqu’en 235.
Pour parer les accusations d’Hippolyte qui l’accusait de montrer le Père comme souffrant avec le Fils, Callixte condamna Sabellius, père du monarchianisme où l’on distinguait mal les personnes de la Trinité. Sans condamner Hippolyte à proprement parler, Callixte s’éleva contre ses théories qui semblaient subordonner le Logos, le Christ, à Dieu : elles lui paraissaient suspectes de dithéisme, c’est-à-dire d’introduire une dualité entre la nature divine du Père et celle du Fils. De son mieux, avec une terminologie encore incertaine, Callixte proclamait la foi traditionnelle.
Selon Hippolyte, Callixte était d’un laxisme écœurant, pardonnant sur tout pour grossir son parti ; il accueillait les transfuges des sectes, admettait dans son clergé les bigames (les remariés), laissait des clercs prendre femme, reconnaissait (contre la loi civile) les mariages entre hommes de vile condition et femmes nobles. Autant d’accusations dont nous n’avons pas de preuves.
Callixte mourut très probablement le 14 octobre 222, si l’on en croit la table philocalienne des Depositiones martyrum (336) où il est mentionné avec les papes Pontien, Fabien, Corneille, et Xyste II. Callixte mourut sous l’empereur Alexandre Sévère, qui ne persécuta point les chrétiens, mais sa Passio le fait jeter dans un puits, au Transtévère, par des furieux.
Il se pourrait donc que saint Callixte ait péri lynché dans une bagarre : cela expliquerait son absence, vraiment surprenante, du cimetière qui était sa chose, son entreprise de prédilection, de la catacombe où reposent les papes du troisième siècle.
Les chrétiens le portèrent au plus près, via Aurelia, au cimetière de Calépode, le iuxta Callistum où le pape Jules I° (337-352) éleva la basilique Sainte-Marie au Transtévère. Son corps aurait été porté en France à Cysoing (Nord) au IXe siècle. Avant 900, un abbé de Cysoing le donna à Notre-Dame de Reims.

Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: Donne-moi à boire! (Jn 4, 10)

16 octobre, 2011

du site:

http://www.vatican.va/spirit/documents/spirit_20020303_berulle_fr.html                           


Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: Donne-moi à boire! (Jn 4, 10)

« L’une des excellentes catéchèses du Fils de Dieu est celle faite en la campagne de Samarie, en plein midi, sous un ardent soleil, qui du ciel recevait sa lumière de ce soleil qui était en la terre. Cette catéchèse se passe entre Jésus et une femme seule, en l’absence des apotres. […] Cette catéchèse est admirable en ses circonstances, en ses paroles, en ses effets, car elle contient en peu de paroles les plus hauts mystères du salut, annoncés par le salut lui-meme à une simple femme, qui ne pense qu’à la terre et ne cherche que l’eau qui est au fond de ce puits de Jacob, cette eau qui la peut abreuver en sa soif corporelle.

En un moment il la tire de l’erreur à la vérité, du péché à la grace, de la perte au salut, de son ignorance de Dieu à la connaissance et adoration du Fils de Dieu en la terre, c’est-à-dire à la connaissance la plus haute et la plus nécessaire qui fut alors au monde: le mystère de l’Incamation […].

Mais, parmi toutes les paroles, l’une d’elles mérite d’étre considérée, d’étre adorée, d’étre pénétrée par nos esprits: celle où Jésus dit à la femme: “Si tu savais le don de Dieu”. Car cette parole exprime un soupir et une langueur du Fils de Dieu, ravi par l’excellence de cette vérité et souffrant que le monde l’ignore, tant elle est haute et importante pour le salut de la terre! Et c’est à nous à adorer la pensée, la douleur, la langueur et les sentiments du Fils de Dieu, et à pénétrer cette vérité qui nous est dite en la personne de cette pauvre Samaritaine.

Que de choses médiocres et petites nous savons en la terre, que de vanités et de curiosités nous y recherchons, alors qu’il n’y a aucune vérité plus haute et plus utile que celle qui est ici proposée: Si tu savais le don de Dieu; aucune parole pour laquelle le Fils de Dieu ait plus d’ardeur et de désir pour le salut du monde.”

(Pierre de Bérulle, Les mystères de la vie du Christ, Cerf, Paris 1988, pp.87-89)

Prière:

Jésus, je t’aime et je t’adore. Je te remercie d’etre venu sur la terre pour etre mon salut et ma joie. Je te prie, mon Dieu, de ne jamais oublier ou me distraire de ton amour et de pouvoir, chaque jour, mieux répondre au don de la grace que tu m’accordes. Ainsi soit-il.

Préparé par la Pontificale Université du Latran

 
Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: Donne-moi à boire! (Jn 4, 10)

« L’une des excellentes catéchèses du Fils de Dieu est celle faite en la campagne de Samarie, en plein midi, sous un ardent soleil, qui du ciel recevait sa lumière de ce soleil qui était en la terre. Cette catéchèse se passe entre Jésus et une femme seule, en l’absence des apotres. […] Cette catéchèse est admirable en ses circonstances, en ses paroles, en ses effets, car elle contient en peu de paroles les plus hauts mystères du salut, annoncés par le salut lui-meme à une simple femme, qui ne pense qu’à la terre et ne cherche que l’eau qui est au fond de ce puits de Jacob, cette eau qui la peut abreuver en sa soif corporelle.
En un moment il la tire de l’erreur à la vérité, du péché à la grace, de la perte au salut, de son ignorance de Dieu à la connaissance et adoration du Fils de Dieu en la terre, c’est-à-dire à la connaissance la plus haute et la plus nécessaire qui fut alors au monde: le mystère de l’Incamation […].
Mais, parmi toutes les paroles, l’une d’elles mérite d’étre considérée, d’étre adorée, d’étre pénétrée par nos esprits: celle où Jésus dit à la femme: “Si tu savais le don de Dieu”. Car cette parole exprime un soupir et une langueur du Fils de Dieu, ravi par l’excellence de cette vérité et souffrant que le monde l’ignore, tant elle est haute et importante pour le salut de la terre! Et c’est à nous à adorer la pensée, la douleur, la langueur et les sentiments du Fils de Dieu, et à pénétrer cette vérité qui nous est dite en la personne de cette pauvre Samaritaine.
Que de choses médiocres et petites nous savons en la terre, que de vanités et de curiosités nous y recherchons, alors qu’il n’y a aucune vérité plus haute et plus utile que celle qui est ici proposée: Si tu savais le don de Dieu; aucune parole pour laquelle le Fils de Dieu ait plus d’ardeur et de désir pour le salut du monde.”

(Pierre de Bérulle, Les mystères de la vie du Christ, Cerf, Paris 1988, pp.87-89) 

Prière:

Jésus, je t’aime et je t’adore. Je te remercie d’etre venu sur la terre pour etre mon salut et ma joie. Je te prie, mon Dieu, de ne jamais oublier ou me distraire de ton amour et de pouvoir, chaque jour, mieux répondre au don de la grace que tu m’accordes. Ainsi soit-il.

Préparé par la Pontificale Université du Latran

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