Homélie pour la Toussaint, 1er novembre : La sainteté, réussite de l’homme selon Dieu ?

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Homélie pour la Toussaint, 1er novembre 2009

Désir de sainteté.

Homélie de la fête de Toussaint

(1er novembre 2009)

Ap 7,2…14 – Ps 23 – 1Jn 3,1-3 – Mt 5,1-12

La sainteté, réussite de l’homme selon Dieu ?

Cette fête de la Toussaint réunit chaque année de nombreux fidèles dans leur souvenir pour leur défunt, et la prière que nous adressons au Seigneur pour qu’il leur soit fait miséricorde. Nous intercédons pour nos défunts, nous prions pour eux en espérant pour nous-mêmes qu’il se trouvera après notre mort des amis et des parents qui penseront à prier pour nous. Ce caractère si fort et si important de l’intercession et de la prière pour nos défunts ne doit pourtant pas nous faire oublier combien la fête de la Toussaint est la fête de tous les saints, la fête de l’espérance chrétienne en l’amour de Dieu, grâce puissante qui peut faire des saints avec des hommes et des femmes faillibles et fragiles. En célébrant la Toussaint, nous célébrons la puissance de l’amour de Dieu qui fait les saints, qui veut faire réussir l’être humain jusqu’à ce qu’il grandisse, par la grâce de Dieu, jusqu’à la sainteté véritable. Mais qu’est-ce que la sainteté ?

1) un don, un désir.
En premier lieu, la sainteté est la réussite de l’être humain selon le plan de Dieu. Elle est une œuvre de la grâce, c’est-à-dire un don de la puissance de Dieu. Qui mieux que notre créateur peut savoir ce qu’est notre réussite ? Avant d’être un effort de notre part, la sainteté est une grâce, un don. Un don que Dieu veut faire à chacun. La sainteté, elle est pour tous. La sainteté ne serait pas une tache bien difficile si nous daignions être ouverts et disponibles à la grâce de Dieu, si nous recevions avec désir les dons de Dieu. La sainteté, notre réussite, est avant tout une affaire de désir. Désirer Dieu plus que tout autre chose. Nous ne sommes pas saints quand nos désirs ne sont pas orientés vers Dieu.

2) La vie.
En second lieu, cette réussite n’est pas effacée par la mort. Si réussir sa vie c’est posséder de grands biens, ou dominer sur de nombreuses personnes et exercer un pouvoir sur elles, eh bien la mort éteint cette réussite et soulage tous ceux sur lesquels notre pouvoir dominait. Étrange réussite que de savoir que nombreux sont ceux qui attendent votre mort ! La sainteté à l’inverse n’est pas effacée par la mort, elle se prolonge en vie éternelle, elle est notre réussite pour toujours. Ce n’est pas étonnant, puisque c’est un don de Dieu, et que le Seigneur ne reprend pas ce qu’il donne. Mais nous ne sommes pas saint quand jour après jour, nous mettons notre espérance en des sécurités trompeuses qui nous abandonnent au jour de détresse.
3) Le bonheur à la façon de Jésus.
En troisième lieu, la sainteté est la réussite de l’être humain parce qu’elle lui permet de trouver le véritable bonheur, comme l’enseigne Jésus dans les béatitudes. Le bonheur profond d’agir et de vivre selon ce qui est juste et bon. Cela seul ne ment pas. En réalité, ces béatitudes décrivent d’abord Jésus lui-même. Notre bonheur se trouve ainsi en imitant Jésus dans notre vie. La sainteté, c’est vivre à l’imitation de Jésus. Aimer Dieu et son prochain. Les deux sont associés dans les mots si forts de l’Évangile des béatitudes : le doux et le cœur pur est en même temps celui qui entre dans la compagnie de Dieu. L’artisan de paix est fils de Dieu. L’assoiffé de justice est lui-même justifié. Le miséricordieux verra sa propre misère être pardonnée. Mais nous ne sommes pas saints quand nous ne cherchons pas le véritable bonheur. D’ailleurs, nous ne sommes pas réellement heureux quand ni la paix du cœur, ni la douceur, ni la justice ne résident en nous.

4) Puissance de l’Esprit de sainteté.
En quatrième lieu, la sainteté est une puissance qui soulève, une lumière qui rayonne, une sagesse qui guide, une tendresse qui console, une force qui entraîne, une connaissance qui ne ment pas, une intelligence qui découvre ce qui est caché. Les saints que l’Église nous donne en exemple ne diffèrent pas de nous : ce sont de pauvres gens, de pauvres hommes et femmes, de simples enfants parfois. Pourtant, ce que Dieu a réalisé en eux est une réussite éclatante, et ils témoignent pour nous de ce que l’être humain qui s’est livré au Seigneur est capable d’accomplir. La puissance de l’Esprit de sainteté éclate en eux. Nous devrions soutenir notre propre désir de sainteté par l’exemple d’un saint ou d’un autre. Mais nous ne sommes pas des saints quand l’Esprit saint ne guide pas nos vies et nos actes. Alors, nos œuvres quotidiennes manquent de sagesse, de puissance, de force et d’intelligence. Ce que nous constatons habituellement.
En cette fête de tous les saints, avec toute l’Église, nous renouvelons ensemble notre désir d’être des saints, notre désir de vie éternelle, notre soif de ressembler à Jésus dans tous les domaines de notre existence, notre quête du véritable bonheur, notre confiance en la puissance de l’Esprit saint qui vient à notre aide, pourvu que nous le demandions. En communiant tout à l’heure à la sainte Eucharistie, nous recevrons alors ce que nous sommes invités à devenir, les très nombreux saints que le Seigneur a voulu préparer pour le monde.

Amen.

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