Archive pour le 31 octobre, 2011

Résurrection de la chair

31 octobre, 2011

Résurrection de la chair dans images sacrée 20550N

http://coolchicstyleconfidential.blogspot.com/2008/10/2-novembre-commemorazione-dei-fedeli.html

LA COMMÉMORATION DES DÉFUNTS (Pages Orthodoxe.net)

31 octobre, 2011

dal sito:

http://www.pagesorthodoxes.net/

LA COMMÉMORATION DES DÉFUNTS

par Saint Jean de Cronstadt

(Pages Orthodoxe.net)

La Sainte Église Orthodoxe, en Mère attentive, élève des prières quotidiennement, lors de chaque office divin, pour tous ses enfants partis dans le pays d’éternité. Voici comment : à l’office de minuit sont lus les tropaires et les prières pour les défunts, et il est fait mémoire d’eux lors la litanie finale,. De même aux complies. Aux matines et vêpres, lors de la litanie appelée  » ardente  » :  » Aie pitié de nous, ô Dieu… » Au cours de la Divine Liturgie ils sont commémorés trois fois : à la prothèse, à la litanie après l’Évangile, et après la sanctification des Saints Dons, au moment de l’hymne :  » Il est digne en vérité …  »
Ainsi la Sainte Église prie d’elle-même sans interruption, et d’une façon générale, pour tous nos ancêtres, pères, frères et sœurs, qui nous ont précédés. Mais notre sainte obligation à nous, est de nous préoccuper nous-mêmes du salut de l’âme de nos propres défunts qui ne peuvent, dans la vie d’outre tombe, rien faire de bon pour eux-mêmes, pour les péchés qu’ils ont commis sur terre. Ils espèrent en nous et attendent notre aide, à nous qui sommes leurs proches, leurs parents, ou qui les avons connus.
Voici cette aide que nous pouvons leur apporter : notre prière offerte avec foi et amour, dans les temples de Dieu et dans les maisons privées; les œuvres bonnes que nous accomplissons en leur mémoire; mais le principal et le plus efficace pour obtenir la miséricorde divine à l’égard des défunts, c’est la liturgie pour les morts, ou l’offrande du sacrifice non sanglant pour leur salut. Là, le Seigneur lui-même est secrètement immolé sur l’autel, et par cela, amène la miséricorde divine à pardonner au défunt ses péchés, pour lequel intercède le plus Grand des Intercesseurs, et est apporté le plus Saint et le plus Puissant Sacrifice. Saint Cyrille de Jérusalem dit :  » Prions pour tous les défunts pour lesquels est offert sur l’autel le Sacrifice saint et terrible, dans la foi que ces âmes en reçoivent un immense profit.  » Les parcelles retirées des prosphores à la mémoire des âmes des défunts, au cours de la Divine Prothèse, sont plongées dans la Sang Vivifiant du Christ, cependant que le prêtre prononce :  » Lave, Seigneur, par ton Sang précieux et les prières de tes saints, les péchés de ceux dont il est fait ici mémoire.  » Voilà l’immense signification qu’a pour les défunts, au moment de la Divine Liturgie, l’offrande de prosphores et les diptyques portant leurs noms.
La Sainte Église accomplit à notre demande, un office particulier à la mémoire de chacun de nos parents ou proches défunt, aux jours de leur commémoration; mais surtout aux dates importantes après leur repos, qui sont le troisième, le neuvième, le quarantième jours, et le jour anniversaire. La commémoration en ces jours-là vient de la tradition apostolique, instituée pour les raisons suivantes:
Au troisième jour, parce que le défunt a été baptisé au nom de Père, du Fils et de l’Esprit Saint, Dieu Unique en la Trinité; ensuite parce qu’il a conservé les trois vertus théologales, qui sont la base de notre salut, c’est-à-dire, la foi, l’espérance et l’amour, troisièmement parce qu’il y avait dans son être intérieur trois forces, la raisonnable, la sensible et la volontaire, par lesquelles, tous nous péchons et, comme les actes de l’homme s’expriment de trois façons : action, parole et pensée, en commémorant le troisième jour, nous prions la Sainte Trinité de pardonner au défunt tous les péchés qu’il a commis par ces trois forces en action.
Au neuvième jour, pour que l’âme du défunt soit rendue digne de l’union au cœur des Saints par les prières et l’intercession des neuf ordres angéliques.
Au quarantième jour, en référence à la tradition des Apôtres, qui ont donné force de loi dans l’Église du Christ à la coutume ancestrale des juifs de pleurer les morts pendant quarante jours, la Sainte Église depuis les temps les plus reculés a édifié comme règle de faire mémoire des défunts pendant quarante jours et tout particulièrement le quarantième.
Ainsi que la Christ a vaincu Satan, étant resté quarante jours dans le jeûne et la prière, exactement de même la Sainte Église, offrant durant quarante jours des prières, des dons, et des sacrifices non sanglants en l’honneur du défunt, demande pour lui au Seigneur la grâce de vaincre l’ennemi, le subtil prince des ténèbres, et de recevoir en héritage le Royaume céleste.
La commémoration des défunts au bout d’un an à partir du jour de leur mort, et chaque années suivante, s’accomplit afin de renouveler notre amour pour eux par des prières et des œuvres bonnes. Le jour de leur fin est en quelque sorte leur seconde naissance, pour la vie nouvelle éternelle. La Sainte Église a institué de plus des jours particuliers, qu’on appelle « ancestraux « , pour une commémoration solennelles et universelle de tous ceux qui sont morts dans la vraie foi. Tels sont :
- Le samedi de Carnaval, c’est-à-dire le samedi précédant la Semaine des laitages  » (ce jour-là sont commémorés en priorité tous les défunt par mort non naturelle, à l’exception de ceux qui se sont suicidés).
- Trois samedis du Grand Carême : le second, le troisième et le quatrième.
- Le lundi ou le mardi de la  » semaine de Thomas  » (qui suit la  » Semaine radieuse  » de Pâque) appelés Radonitsa.
- Le samedi précédant la Pentecôte, c’est-à-dire, la veille de la fête de la Sainte Trinité.
- Le samedi précédant le 26 octobre, ou samedi de Dimitri, institué par le Grand Prince Dimitri Ioannovitch Donskoï, pour la mémoire éternelle des guerriers tués sur le champ de bataille de Koulikovo (le 8 septembre 1380).
- Le 29 août, jour de la décollation de Saint Jean le Précurseur.
 » Efforçons-nous, dit Saint Jean Chrysostome, d’aider les défunts autant que possible : au lieu de larmes, au lieu de sanglots, au lieu de tombeaux somptueux : nos prières pour eux, des œuvres bonnes et des dons, afin qu’ainsi, et eux et nous, nous recevions les bontés promises « .
Chacun de nous aspire à ce qu’après notre départ de cette vie nos proches ne nous oublient pas et prient pour nous. Pour que ceci s’accomplisse, nous devons nous-mêmes aimer nos proches défunts. De la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour (Lc 6,38), dit la Parole de Dieu. C’est pourquoi, Dieu, et aussi les hommes, se souviendront, au moment de sa mort, de celui qui aura commémoré les défunts.
Prie le Seigneur pour le repos de tes ancêtres, pères et frères défunts, quotidiennement, matin et soir, et que la mémoire de la mort vive en toi, et que l’espérance d’une autre vie après la mort ne s’éteigne pas en toi, et que ton esprit s’humilie chaque jour à la pensée de la rapidité avec laquelle passe ta vie.
L’homme mort est un être vivant : Dieu n’est pas un Dieu de morts, mais de vivants  ; tous en effet vivent pour lui (Lc 20,38). L’âme volette invisiblement auprès du corps, et des lieux où elle aimait se trouver. Si elle est morte dans le péchés, elle ne peut se défaire de leurs liens et a un grand besoin des prières des vivants et surtout de l’Église, la très sainte épouse du Christ.
Ainsi donc, prions sincèrement pour les morts, cet immense bienfait est pour eux plus grand que la bienfaisance pour les vivants.
Frères ! Quel est le but de notre vie sur terre ? C’est, suite à notre épreuve dans les afflictions et les malheurs terrestres, et après un perfectionnement progressif dans les vertus avec l’aide des dons bienheureux reçus dans les sacrements, de reposer en Dieu à notre mort : le repos de notre esprit. Voilà pourquoi nous chantons pour les morts :  » Fais reposer, Seigneur, l’âme de Ton serviteur « . Nous désirons pour le défunt le repos, terme de tout désir, et nous prions Dieu pour cela. N’est-il pas déraisonnable alors, de s’affliger énormément à propos des morts ? Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai (Mt 11,28), dit le Seigneur. Voici nos défunts, qui se sont endormis dans une fin chrétienne, ils arrivent à cet appel du Seigneur, et se reposent. Pourquoi alors, s’affliger ?
Qu’est donc notre vie ? Une bougie qui brûle. Il suffit seulement à Celui qui l’a donnée, de souffler dessus, et elle s’éteint. Qu’est-ce que notre vie ? La marche du voyageur : arrivé à une certaine limite, les portes s’ouvrent devant lui, il quitte son vêtement de pèlerin (son corps) et son bâton, et entre dans sa maison. Qu’est-ce que notre vie ? Une guerre longue, sanglante, pour la conquête de la vraie patrie et de la vraie liberté. La guerre est terminée : vous êtes vainqueur, ou vaincu, vous êtes appelé du lieu de la bataille, vers celui du salaire, et vous recevez du Trésorier, soit la récompense et la gloire éternelle, soit le châtiment et la honte éternels.
La prière , c’est le lien en or du chrétien, voyageur et étranger sur terre, avec le monde spirituel dont il fait partie, et surtout avec Dieu; l’âme est venue de Dieu, et c’est vers Dieu qu’elle retourne toujours à travers la prière. La prière apporte un grand bienfait à celui qui prie : elle apaise l’âme et le corps, elle donne le repos non seulement à l’âme de celui qui prie (Moi, je vous soulagerai – Mt 11,28), mais aussi à celles de nos ancêtres, pères, frères et sœurs, déjà arrivés.
Voyez l’importance de la prière !
Signification du « Kolivo », de l’encensoir et des bougies
Le  » kolivo  » ou  » koutia  » consiste en du blé cuit avec du miel. Le blé signifie ici que les morts ressusciteront hors de leurs tombeaux au jour de la Résurrection générale. Ainsi que le grain de blé semé en terre pourrit d’abord et semble mourir, puis renaît et apporte du fruit. Le Sauveur Lui-même a dit à Ses disciples : En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul ; s’il meurt, il porte beaucoup de fruit (Jn 12,24).
Le miel adoucissant le blé désigne les délices dont sera comblé le défunt pour l’éternité.
L’encensoir matérialise le parfum des prières élevées pour le mort, ainsi que le dit le psalmiste : Que ma prière s’élève comme l’encens devant toi (Ps 140,2).
Les bougies sont l’image de ce mystère : celui qui a vécu selon la loi de Dieu, dans la Lumière de la foi Orthodoxe, est transféré de la vie sombre d’ici-bas, vers la Lumière Céleste.

Considérations extraites de Ma Vie en Christ,
par saint Jean de Cronstadt.
Traduit du russe par N.M.Tikhomirova.

Pape Benoît: La béatitude de l’homme juste (pour la Commémoration des fidèles défunts) (2005)

31 octobre, 2011

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2005/documents/hf_ben-xvi_aud_20051102_fr.html
 
BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 2 novembre 2005

La béatitude de l’homme juste

(pour la Commémoration des fidèles défunts)

Lecture:  Ps 111, 1-6

1. Après avoir célébré hier la fête solennelle de tous les Saints du ciel, nous rappelons aujourd’hui la mémoire de tous les fidèles défunts. La liturgie nous invite à prier pour nos chers disparus, en tournant notre pensée vers le mystère de la mort, héritage commun de tous les hommes. Eclairés par la foi, nous regardons l’énigme humaine de la mort avec sérénité et espérance. Selon l’Ecriture, en effet, celle-ci est une nouvelle naissance plus qu’une fin, elle est le passage obligatoire à travers lequel ceux qui modèlent leur existence terrestre selon les indications de la Parole de Dieu peuvent atteindre la vie en plénitude. Le Psaume 111, une composition de type sapientiel, nous présente la figure de ces justes, qui craignent le Seigneur, en reconnaissent la transcendance et adhèrent avec confiance et amour à sa volonté dans l’attente de le rencontrer après la mort. Une « béatitude » est réservée à ces fidèles:  « Heureux l’homme qui craint Yahvé » (v. 1). Le Psalmiste précise immédiatement en quoi consiste cette crainte:  elle se manifeste à travers la docilité aux commandements de Dieu. Est proclamé bienheureux celui qui « se plaît fort » à observer ses commandements, trouvant en eux la joie et la paix. 2. La docilité à l’égard de Dieu est, donc, une source d’espérance et d’harmonie intérieure et extérieure. L’observance de la loi morale est source d’une profonde paix de la conscience. Plus encore, selon la vision biblique de la « rétribution », le manteau de la bénédiction divine s’étend même sur le juste, imprimant stabilité et succès à ses oeuvres et à celles de ses descendants:  « Sa lignée sera puissante sur la terre, et bénie la race des hommes droits. Opulence et bien-être en sa maison » (vv. 2-3; cf. v. 9). A cette vision optimiste s’opposent cependant les observations amères du juste Job, qui fait l’expérience du mystère de la douleur, se sent injustement puni et soumis à des épreuves apparemment insensées. Job représente de nombreuses personnes justes qui souffrent profondément dans le monde. Il faudra donc lire ce Psaume dans le contexte global de l’Ecriture Sainte, jusqu’à la Croix et à la Résurrection du Seigneur. La Révélation embrasse la réalité de la vie humaine sous tous ses aspects. La confiance que le Psalmiste veut transmettre et qu’il veut faire ressentir à celui qui a choisi de suivre la voie d’une conduite moralement irréprochable, contre toute alternative d’un succès illusoire obtenu à travers l’injustice et l’immoralité, conserve toutefois toute sa valeur. 3. Le coeur de cette fidélité à la Parole divine consiste en un choix fondamental, celui de la charité envers les pauvres et les indigents:  « Bienheureux l’homme qui prend pitié et prête… Il fait largesse, il donne aux pauvres » (vv. 5.9). Le fidèle est donc généreux; respectant la règle biblique, il accorde des prêts à ses frères dans le besoin, sans intérêt (cf. Dt 15, 7-11) et sans tomber dans l’infamie de l’usure, qui anéantit la vie des pauvres. Le juste, en tenant compte de l’avertissement constant des prophètes, se range du côté des laissés-pour-compte, et les soutient par des aides abondantes. « Il fait largesse, il donne aux pauvres », dit-on dans le verset 9, démontrant ainsi une extrême générosité, totalement désintéressée. 4. Le Psaume 111, aux côtés du portrait de l’homme fidèle et charitable, « bon, miséricordieux et juste », présente également à la fin, en un seul verset (cf. v. 10), le profil de l’homme mauvais. Cet individu assiste au succès de la personne juste en brûlant de rage et d’envie. C’est le tourment de celui qui a mauvaise conscience, à la différence de l’homme généreux dont le coeur est « ferme » et « assuré » (vv. 7-8). Nous tournons notre regard sur le visage serein de l’homme fidèle qui « fait largesse, il donne aux pauvres » et nous nous en remettons, pour notre réflexion de conclusion, aux paroles de Clément d’Alexandrie, le Père de l’Eglise du II siècle, qui a commenté une affirmation difficile du Seigneur. Dans la parabole sur l’administrateur injuste apparaît l’expression selon laquelle nous devons faire  le  bien  avec l’ »argent injuste ». De là naît la question:  l’argent, la richesse, sont-ils eux-mêmes injustes, ou que veut dire le Seigneur? Clément d’Alexandrie explique très bien ce mot dans son homélie:  « Quel riche se sauvera? » et dit:  Jésus « déclare injuste par nature toute possession que quelqu’un possède pour lui-même comme un bien propre et qu’il ne met pas en commun pour ceux qui en ont besoin; mais il déclare également que, à partir de cette injustice, il est possible d’accomplir une oeuvre juste et salutaire, en donnant le repos à l’un de ces petits qui ont une demeure éternelle auprès du Père (cf. Mt 10, 42; 18, 10) » (31, 6:  Collana di Testi Patristici, CXLVIII, Rome 1999, pp. 56-57). Et, s’adressant aux lecteurs, Clément avertit:  « Tout d’abord, sache qu’il ne t’a pas commandé de te faire prier ni d’attendre d’être supplié, mais il faut que tu cherches toi-même ceux qui sont dignes d’être écoutés, en tant que disciples du Sauveur » (31, 7:  ibid, p. 57).Puis, ayant recours à un autre texte biblique, il commente:  « Ce que dit l’Apôtre est donc beau:  « Dieu aime qui donne avec joie » (2 Co 9, 7), celui qui se réjouit de donner et qui ne sème pas chichement, pour ne pas recueillir de la même façon, mais qui partage sans regrets ni distinctions ou douleur; c’est là une authentique manière de faire le bien » (31, 8:  ibid.).
En ce jour de la commémoration des défunts, comme je l’ai dit au début de notre rencontre, nous sommes tous appelés à nous confronter à l’énigme de la mort et donc à la question de comment vivre bien, comment trouver le bonheur. A cela, le Psaume répond:  heureux l’homme qui donne; heureux l’homme qui n’utilise pas sa vie pour lui-même, mais qui la donne; heureux l’homme qui est miséricordieux, bon et juste; heureux l’homme qui vit dans l’amour de Dieu et du prochain. Ainsi nous vivons bien et ainsi nous ne devons pas avoir peur de la mort, car nous sommes dans le bonheur qui vient de Dieu et qui ne connaît pas de fin.

Homélie pour la Toussaint, 1er novembre : La sainteté, réussite de l’homme selon Dieu ?

31 octobre, 2011

du site:

http://padredelisle.blogspot.com/2009/10/homelie-pour-la-toussaint-1er-novembre.html

Homélie pour la Toussaint, 1er novembre 2009

Désir de sainteté.

Homélie de la fête de Toussaint

(1er novembre 2009)

Ap 7,2…14 – Ps 23 – 1Jn 3,1-3 – Mt 5,1-12

La sainteté, réussite de l’homme selon Dieu ?

Cette fête de la Toussaint réunit chaque année de nombreux fidèles dans leur souvenir pour leur défunt, et la prière que nous adressons au Seigneur pour qu’il leur soit fait miséricorde. Nous intercédons pour nos défunts, nous prions pour eux en espérant pour nous-mêmes qu’il se trouvera après notre mort des amis et des parents qui penseront à prier pour nous. Ce caractère si fort et si important de l’intercession et de la prière pour nos défunts ne doit pourtant pas nous faire oublier combien la fête de la Toussaint est la fête de tous les saints, la fête de l’espérance chrétienne en l’amour de Dieu, grâce puissante qui peut faire des saints avec des hommes et des femmes faillibles et fragiles. En célébrant la Toussaint, nous célébrons la puissance de l’amour de Dieu qui fait les saints, qui veut faire réussir l’être humain jusqu’à ce qu’il grandisse, par la grâce de Dieu, jusqu’à la sainteté véritable. Mais qu’est-ce que la sainteté ?

1) un don, un désir.
En premier lieu, la sainteté est la réussite de l’être humain selon le plan de Dieu. Elle est une œuvre de la grâce, c’est-à-dire un don de la puissance de Dieu. Qui mieux que notre créateur peut savoir ce qu’est notre réussite ? Avant d’être un effort de notre part, la sainteté est une grâce, un don. Un don que Dieu veut faire à chacun. La sainteté, elle est pour tous. La sainteté ne serait pas une tache bien difficile si nous daignions être ouverts et disponibles à la grâce de Dieu, si nous recevions avec désir les dons de Dieu. La sainteté, notre réussite, est avant tout une affaire de désir. Désirer Dieu plus que tout autre chose. Nous ne sommes pas saints quand nos désirs ne sont pas orientés vers Dieu.

2) La vie.
En second lieu, cette réussite n’est pas effacée par la mort. Si réussir sa vie c’est posséder de grands biens, ou dominer sur de nombreuses personnes et exercer un pouvoir sur elles, eh bien la mort éteint cette réussite et soulage tous ceux sur lesquels notre pouvoir dominait. Étrange réussite que de savoir que nombreux sont ceux qui attendent votre mort ! La sainteté à l’inverse n’est pas effacée par la mort, elle se prolonge en vie éternelle, elle est notre réussite pour toujours. Ce n’est pas étonnant, puisque c’est un don de Dieu, et que le Seigneur ne reprend pas ce qu’il donne. Mais nous ne sommes pas saint quand jour après jour, nous mettons notre espérance en des sécurités trompeuses qui nous abandonnent au jour de détresse.
3) Le bonheur à la façon de Jésus.
En troisième lieu, la sainteté est la réussite de l’être humain parce qu’elle lui permet de trouver le véritable bonheur, comme l’enseigne Jésus dans les béatitudes. Le bonheur profond d’agir et de vivre selon ce qui est juste et bon. Cela seul ne ment pas. En réalité, ces béatitudes décrivent d’abord Jésus lui-même. Notre bonheur se trouve ainsi en imitant Jésus dans notre vie. La sainteté, c’est vivre à l’imitation de Jésus. Aimer Dieu et son prochain. Les deux sont associés dans les mots si forts de l’Évangile des béatitudes : le doux et le cœur pur est en même temps celui qui entre dans la compagnie de Dieu. L’artisan de paix est fils de Dieu. L’assoiffé de justice est lui-même justifié. Le miséricordieux verra sa propre misère être pardonnée. Mais nous ne sommes pas saints quand nous ne cherchons pas le véritable bonheur. D’ailleurs, nous ne sommes pas réellement heureux quand ni la paix du cœur, ni la douceur, ni la justice ne résident en nous.

4) Puissance de l’Esprit de sainteté.
En quatrième lieu, la sainteté est une puissance qui soulève, une lumière qui rayonne, une sagesse qui guide, une tendresse qui console, une force qui entraîne, une connaissance qui ne ment pas, une intelligence qui découvre ce qui est caché. Les saints que l’Église nous donne en exemple ne diffèrent pas de nous : ce sont de pauvres gens, de pauvres hommes et femmes, de simples enfants parfois. Pourtant, ce que Dieu a réalisé en eux est une réussite éclatante, et ils témoignent pour nous de ce que l’être humain qui s’est livré au Seigneur est capable d’accomplir. La puissance de l’Esprit de sainteté éclate en eux. Nous devrions soutenir notre propre désir de sainteté par l’exemple d’un saint ou d’un autre. Mais nous ne sommes pas des saints quand l’Esprit saint ne guide pas nos vies et nos actes. Alors, nos œuvres quotidiennes manquent de sagesse, de puissance, de force et d’intelligence. Ce que nous constatons habituellement.
En cette fête de tous les saints, avec toute l’Église, nous renouvelons ensemble notre désir d’être des saints, notre désir de vie éternelle, notre soif de ressembler à Jésus dans tous les domaines de notre existence, notre quête du véritable bonheur, notre confiance en la puissance de l’Esprit saint qui vient à notre aide, pourvu que nous le demandions. En communiant tout à l’heure à la sainte Eucharistie, nous recevrons alors ce que nous sommes invités à devenir, les très nombreux saints que le Seigneur a voulu préparer pour le monde.

Amen.