Archive pour le 13 octobre, 2011

The joy of his resurrection

13 octobre, 2011

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http://gabrielsmessage.wordpress.com/2011/04/27/may-christ-fill-you-with-the-joy-of-his-resurrection/

Le Christ aux Enfers : La Résurrection – Je déborde de joie au milieu (2 Corinthiens 7, 4)

13 octobre, 2011

du site:

http://www.pagesorthodoxes.net/pages-choisies/joie/joie2.htm

Le Christ aux Enfers : La Résurrection

par le Père Alphonse Goettmann

Je déborde de joie au milieu

de toutes mes tribulations

(2 Corinthiens 7, 4)

L’humanité sans Dieu a cherché les sommets de la sagesse depuis toujours. De Socrate, le modèle même du sage, à Bouddha, cet Himalaya de l’impassibilité, de l’orient à l’occident, on savait qu’on y était parvenu lorsque la joie était devenue inébranlable et que rien, aucune circonstance extérieure, ne pouvait plus l’enlever ou lui porter atteinte. Être malade et heureux, en danger et heureux, mourant et heureux, discrédité et heureux, disait Épictète avec tous les stoïciens (Ier siècle). En joie parfaite, nous sommes sans ennemis dans ce monde de l’inimitié, phrase célèbre de Bouddha qui traduit bien son Chemin extraordinaire, poussé d’une façon si énigmatique jusqu’aux limites du mystère.
 

LA JOIE MAL HEUREUSE
Le sage est invulnérable, alors il est visité par une joie que rien ne peut plus troubler. Mais quelle est cette joie qui l’habite ? L’expérience même du mystère qu’il semble avoir atteint le taraude et le plonge dans une attente indéfinissable. La nostalgie la plus indicible hiverne au creux du sourire de Bouddha et dans les vertiges de Socrate buvant la ciguë… Hiver de l’attente, car le coeur de l’homme ne peut être dans la plénitude sans la rencontre définitive, qu’est le visage du Christ, vrai visage de toute joie. C’est pourquoi la joie des sages, comme d’ailleurs toutes nos joies à nous tous, quel que soit leur humble degré d’accomplissement, sont cette présence voilée du Christ, qu’on le sache ou non. Ainsi peut-on voir la venue du Christ à l’oeuvre, se frayant son chemin vers l’homme à travers toutes ses joies. Elles sont toutes une annonce de sa venue. Mais la plénitude n’est que dans le face à face. Si la joie est seulement un sentiment, alors à quoi bon ? Ce  » malheur  » (mal heureux), inhérent à la joie des sages, ne se résout que par la rencontre de la joie comme Personne, elle est Quelqu’un et l’homme, chacun de nous, ne peut se réaliser que dans la relation avec lui, en entrant dans sa joie à lui : Entre dans la joie de ton Maître, dit le Christ (Mt 25,21). Ici réside la nouveauté fantastique du Christianisme que ne pouvait soupçonner aucun sage de l’humanité et dont la joie pourtant était l’annonciatrice inconsciente, et dont chacune de nos joies aujourd’hui encore est porteuse…
C’est pourquoi Jésus demande à ses disciples d’être joyeux d’une grande joie dont les raisons sont au-delà de l’homme, dans le seul fait bouleversant que Dieu existe. C’est dans cette joie limpide de l’amour désintéressé, offert entièrement et sans réserve, que gît le salut du monde (Paul Evdokimov, L’amour fou de Dieu, Seuil, pp. 71-72). Dieu existe au plus intime de moi-même, parce qu’en Jésus Christ il a épousé ma chair et mon sang, et, en descendant dans mes ténèbres et ma mort, il m’a illuminé par la joie de sa résurrection. Là est mon salut, ma libération définitive. Mais maintenant, il s’agit d’en vivre pleinement à chaque instant. Dans cette seule réalité se trouve la prédication des premiers apôtres, c’est le noyau de leur message, ce que l’on appelle le  » kérygme « ; ils n’avaient rien d’autre à annoncer jusqu’aux extrémités du monde (Ac 1,8), mais c’est autour de ce noyau que bascule toute l’histoire de l’humanité et la vie de chacun d’entre nous.

LA JOIE : UN FEU QUI BRÛLE
Saint Paul est le témoin le plus fabuleux de cette gigantesque aventure. Quand, sur le chemin de Damas, il tombe de son cheval à la vue de l’éblouissante beauté du Christ ressuscité, c’est le saisissement total de tout son être. Paul comprend d’un coup, par expérience, qu’il n’y a désormais plus d’autre joie pour lui et que sa vie ne saurait avoir un autre sens maintenant que d’annoncer cette bonne nouvelle à tous. Jusqu’à la fin de ses jours, son martyr à Rome, il va parcourir tout le bassin méditerranéen pour proclamer partout cet Évangile de sa joie à lui, qui n’est autre que le Christ en personne. Toutes les communautés qu’il fonde, c’est-à-dire l’Église, sont bâties sur cette Joie. Rien ne pourra l’arrêter dans sa passion unique, ni la prison où il fait de nombreux séjours, ni les supplices de toutes sortes qu’on lui inflige, ni les dangers sans nombre sur les routes et les mers de son époque, ni les souffrances, ni la mort qu’il côtoie souvent ; lors même qu’il se croit devenu comme l’ordure du monde et l’universel rebut, sa joie ne fait que s’affermir et illuminer son existence, quelles qu’en soient parfois les terribles tribulations. Pour lui, le Christ est ressuscité, et rien ne saurait plus avoir le dernier mot ; tout mal est définitivement vaincu : Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La tribulation, l’angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive ? En tout cela nous n’avons aucune peine à triompher par celui qui nous a aimés ! Oui, j’en ai l’assurance, ni mort, ni vie, ni anges, ni principautés, ni présent, ni avenir, ni puissance, ni hauteur, ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur ! (Rm 8, 35-39).
C’est donc par cette puissante énergie qui le fait vivre lui-même que Saint Paul enfante les Églises. Elles sont le lieu où tout homme peut, à son tour, expérimenter la joie d’une libération radicale, le don gratuit que Dieu veut faire à chacun, tout comme à Paul, d’une absolue nouveauté. Pour celui qui accepte de tomber de son cheval et de lâcher tous ses faux dieux sans joie, il y a un avant et un après : toute sa vie s’organise autour de cette unique expérience. Il n’est plus pour lui de possibilité de joie en dehors de ce mystère de l’Évangile : Ainsi donc que nul ne se glorifie dans les hommes ; car tout est à vous…, mais vous êtes au Christ et le Christ est à Dieu (1 Co 3,21). Alors que l’homme, tant qu’il n’est pas converti en profondeur, est livré à une multitude de choses, dépendant et enchaîné, le vrai disciple est libre de tout, il appartient au Christ seul : il n’y a pas de joie supérieure à celle-là ; à cette gloire chacun est appelé (2 Th 2,14), elle fait de lui, ainsi que des communautés, des foyers de lumière où ils brillent pour le monde, au sein d’une génération dévoyée et pervertie (Ph 2,15).
Cette joie est un feu qui brûle au coeur de Saint Paul lorsqu’un seul tombe (2 Co 11,29) et il n’a de cesse qu’elle se répande, comme le feu lui-même, car l’amour du Christ le presse (2 Co 5,14). Paul  » revit  » lorsque ce feu de la joie prend : Comment pourrions-nous remercier Dieu suffisamment à votre sujet pour toute la joie dont vous vous réjouissez devant Dieu ?(1 Th 3,8-9). Saint Paul est enivré par la joie du Christ qui l’habite, mais quand il réussit à la communiquer à d’autres, alors elle est à son comble : Mettez le comble à ma joie par l’accord de vos sentiments : ayez le même amour, une seule âme, un seul sentiment… Ayez en vous les mêmes sentiments qui furent dans le Christ Jésus (Ph 2,2-5). Cela va si loin que, finalement, la joie des autres prime la sienne et devient, pour lui, le critère de toute joie : le pire des malheurs qui pourrait arriver à Paul serait d’être séparé loin du Christ, et bien, il préfère cela pourvu que ses frères, eux, découvrent le Christ (Rm 9,3). Folie de l’amour le plus gratuit qui exprime la qualité insondable de sa joie…

CONNAÎTRE LE CHRIST : NAÎTRE À LA JOIE
Nous sommes ici au sommet de ce à quoi peut tendre un être humain. Tout tient en ces trois mots de Saint Paul : Connaître le Christ ! Là est le bien suprême et rien ne subsiste à ses côtés… Il faut lire et relire ces phrases de l’épître aux Philippiens qui contiennent la quintessence de toute joie imaginable, il faut les garder par-devers soi, sur un petit papier dans sa poche ou accroché au mur, ou mieux encore : en lettres de feu dans son coeur, les inculquer à son souffle jusqu’à ce qu’elles pénètrent dans la mémoire revêche de nos cellules, et un jour il y a une percée qui se fait, les premiers fruits surgissent :
Tous ces avantages dont j’étais pourvu, je les ai considérés comme un désavantage, à cause du Christ. Bien plus, désormais je considère tout comme désavantage à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. À cause de lui, j’ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ et d’être trouvé en lui… Le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort, afin de parvenir si possible à ressusciter d’entre les morts… Je poursuis ma course pour tâcher de saisir, ayant été moi-même saisi par le Christ (Ph 3,7-12).
Cette connaissance du Christ fonde la vie et la mort de tout chrétien. Là se trouve d’ailleurs le sens de son baptême : la connaissance est une nouvelle naissance en Christ, inaugurée par ce sacrement et sans cesse approfondie tout au long de la vie : désormais vivre, c’est le Christ (Ph 1,21). De surcroît, il n’y a aucune limite à cette connaissance qui s’ouvre sur l’au-delà de notre existence, où nous serons avec le Seigneur pour toujours (1 Th 4,17). Or cette joie définitive et plénière, dont nul ne peut mesurer la splendeur, n’est pas qu’un avenir lointain, donc flou et encore sans consistance, mais irradie déjà maintenant notre existence et la modifie tout entière. Depuis la venue du Christ dans l’histoire, chaque instant s’ouvre sur une transcendance habitée, la vie éternelle a déjà commencé, le royaume des cieux est en nous (Lc 17,21). Dés lors tout doit être imprégné par cette formidable Réalité et le comportement d’un chrétien ne devrait pouvoir s’expliquer que par là ! Sinon il est comme les autres qui n’ont pas cette espérance (1 Th 4,11). Notre joie est faite d’une participation totale, spirituelle et corporelle, à la gloire du Christ ressuscité. Le Seigneur transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire (Th 3,21) : il n’y a donc pas même de geste qui ne puisse en rendre compte ; un geste conscient rayonne de cette Présence, c’est dans le Christ, en effet, que nous avons le mouvement, l’être et la vie (Ac 17,28).
Mais pour entrer dans cette joie parfaite, il faut évidemment en faire l’apprentissage. Ce chemin c’est le Christ lui-même, il traverse la passion et la mort. Ce qui motive le disciple c’est le Christ, non la joie, sinon toute sa vie n’est qu’une imposture ! Choisir la joie, c’est se choisir soi-même et nourrir une subtile auto-gratification… Choisir le Christ, c’est entrer avec lui dans une relation inconditionnelle où je risque toute ma vie en l’offrant à son bon vouloir. Comme ce choix est toujours ambigu à cause de la condition humaine, il va passer par le feu de l’épreuve, tout comme le métal est purifié pour devenir de l’or. Suivre le Christ et s’identifier à lui, c’est donc communier aussi au Christ crucifié, c’est accepter d’être comme lui persécuté, diffamé, condamné à mort et d’aimer malgré tout ceux qui nous haïssent ainsi, nos ennemis… La vie nous bafoue tous les jours et de mille manières, mais en l’acceptant comme elle est à cause du Christ, mieux : en communiant pleinement à elle nous communions au Christ qui s’y trouve. Communier aux souffrances du Christ à travers les nôtres, c’est faire sa suprême connaissance, joie inouïe au-delà de tout et pourtant au sein même de notre condition la plus tragique :
Nous sommes fous à cause du Christ… Nous avons faim, nous avons soif, nous sommes nus, maltraités et errants ; nous nous épuisons à travailler de nos mains. On nous insulte et nous bénissons, on nous persécute et nous l’endurons, on nous calomnie et nous consolons. Nous sommes devenus comme l’ordure du monde, jusqu’à présent l’universel rebut… Nous portons toujours et partout en notre corps les souffrances de mort de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps…Nous sommes tenus pour tristes, nous qui sommes toujours joyeux. (1 Co 4,9-13 ; 2 Co 4,10 ; 6,10).

À LA SOURCE DE TOUTE JOIE
Tout se trouve pour saint Paul dans ce petit mot à cause du Christ. À cause de lui, il n’y a plus d’épreuve ou de souffrance qui ne soit transfigurée. Le trouver, lui, au coeur de la souffrance, alors la souffrance elle-même est aimable, et jusqu’à la mort. Ô mort, où es ton aiguillon ? (1 Co 15,55). Il n’y a donc plus d’obstacle à la joie : à cause du Christ et par lui, la joie est possible en tout temps et à tout propos (Ép 5,20). Cela explique pourquoi saint Paul parle toujours de la souffrance d’une façon positive, comme d’un lieu de haute expérience : Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ (Ga 6,14), Je trouve ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous (Col 1,24). Aux Philippiens, Paul dit que c’est une grâce qui vous a été donnée que de souffrir pour le Christ (Ph 1,29).
La souffrance n’est jamais cherchée pour elle-même, mais quand elle est là, loin d’éliminer la joie, elle la renforce encore, car nulle part ailleurs le Christ ne se livre autant que dans la communion à sa croix ; là il nous fait entrer dans son intimité pour laquelle il n’y a pas de mots… La souffrance parle dans le silence et témoigne de notre secrète appartenance au Christ : Je porte dans mon corps les marques de Jésus (Ga 6,17).
L’homme qui a ce Chemin devient une créature nouvelle dans un monde transfiguré (2 Co 5,17). Il est greffé sur le Christ mort et ressuscité (Rm 6,5) et ne s’appartient plus. Sa source de sa joie est cette Pâque de son Maître d’où il se reçoit à chaque instant pour une vie radicalement autre : Si je vis, ce n’est plus moi, dit saint Paul, mais le Christ qui vit en moi (Ga 2, 20). C’est cette joie des profondeurs de son être que Paul s’arrache pour la partager avec tous les hommes, là est le point incandescent de son Évangile : Soyez mes imitateurs (1 Co 4,16).
Ainsi configuré au Christ par une communion aussi intime, le disciple entre en partage avec la joie du Christ lui-même : sa propre intimité avec le Père ! Le Christ veut nous introduire dans cette relation indicible où nous devenons avec lui des fils adoptifs (Ép 1,5). Être fils, cela veut dire pour nous être engendrés par la Joie qu’est le Père en personne et qui engendre éternellement le Christ. Là est notre Source de vie, et cette Source se trouve derrière toute vie de moment en moment dans notre quotidien. C’est pourquoi l’attitude fondamentale d’un fils qui veut se recevoir du Père est celle d’une constante écoute : il pose l’oreille de tout son être sur l’instant présent et accueille la vie telle qu’elle vient, pour communier totalement à la volonté de Dieu, tout comme le Christ nous l’a appris par sa propre vie. La qualité et la profondeur de notre joie est en proportion directe de cette obéissance qui est l’offrande absolue de notre vie à Dieu.
Cela nous est cependant impossible sans être assisté par la puissance de l’Esprit Saint. C’est l’Esprit qui nous rend le Christ présent et nous ouvre au Père, c’est donc par lui, l’Esprit, que la joie se communique aux hommes. Aussi une vie  » spirituelle « , c’est-à-dire selon l’Esprit Saint, se caractérise par la joie, elle est le grand signe de sa Présence (Ga 5,22). Signe pour soi-même et pour les autres, témoignage d’une vie authentique et qui vivifie ceux que l’on approche. En effet, l’homme ne cherche que la joie et c’est par elle que Dieu se réconcilie le monde. C’est pourquoi lorsque toute une assemblée se retrouve pour célébrer cette joie dans une fête commune, elle est signe pour toute l’humanité, levain pour une nouvelle création à laquelle tous les hommes sont appelés (Ép 1,1-15). Voilà la vocation même de l’Église. Seule l’Église est capable d’une telle célébration, elle est unique au sein de l’humanité, car seule l’Église a la  » capacité  » de la joie sans limites puisque l’Esprit ne cesse d’y déposer le secret de sa Présence. Et c’est pourquoi seule l’Église est aussi capable d’accueillir le gémissement de tous les humains (Rm 8,22), qui ne peut trouver son refuge que dans la joie. L’Église est ce laboratoire d’un devenir autre, elle est notre mère qui transforme la détresse stérile de chacun : Réjouis-toi, stérile qui n’enfantait pas, éclates en cris de joie et d’allégresse (Ga 4,26-27). Enfantement sans fin, car l’Église est sur terre l’annonce de la Jérusalem Céleste où l’exultation sera à son achèvement; celle-ci va, pour le moment de plénitude en plénitude et s’acheminera au-delà de tout ce que nous pouvons concevoir… (Ép 3, 19-21).

LE SEUL GRAND MALHEUR DE L’HOMME
Dans cette cohérence, on ne sera pas étonné que le message central de saint Paul, face à l’immense tragique de la condition humaine, sera d’une clarté absolue : il n’y a qu’un seul grand malheur, c’est de ne pas connaître Jésus Christ !
Paul nous apprend à regarder toutes les réalités humaines de ce seul point de vue et à découvrir alors comment cela transforme tous nos plans et programmes humains, comment se déplace alors radicalement le niveau de nos décisions et de tous nos questionnements. C’est seulement dans cette unique perspective, l’enracinement dans le Christ ressuscité, que l’homme peut entrevoir quelque peu le sens du malheur prodigieux d’une humanité sans Dieu. Mais avec lui et en lui tout homme est appelé au bonheur (Rm 4,9) et, dès à présent, est-ce devant la mort, est-ce sous les coups de la violence qui s’abat sur lui ou quels que soient les événements extérieurs, la vie du chrétien est toujours une vie royale, une vie de gloire et non d’horreur. Pour Paul, tout est dans la relation à Dieu. Si elle est inexistante, alors l’homme est dans le  » péché « , source de tout malheur et de la mort elle-même (Rm 5,12).
En Christ, au contraire, l’homme ne se définit plus, selon Heidegger, comme un être pour la mort, mais un être pour la vie définitive et la gloire incorruptible à jamais. Le chrétien n’échappe pas à la condition commune, il vit, comme tout un chacun, dans le péché et la mort, mais le Christ, en l’enveloppant de sa Présence libératrice, a enlevé au mal sa puissance de destin. C’est pourquoi, là où le péché abonde, la grâce surabonde (Rm 5,20), c’est-à-dire la joie.
Joie et souffrance cohabitent donc dans le même homme, comme la lumière et les ténèbres (Jn 1,4-5), mais il dépend de l’homme qu’il laisse triompher la joie qui lui est acquise par le Christ, bien plus : que la souffrance elle-même se transforme en joie ! Ici, le disciple reçoit la leçon suprême de son Maître, dont toute la vie en a été le développement, nous l’avons déjà dit : il n’y a finalement d’autre joie possible que de se laisser crucifier dans la passion et la mort du Christ : c’est l’acceptation pleine de l’inacceptable quotidien, du détail insignifiant, l’ennui ordinaire dit admirablement Véronique Nahoum, jusqu’aux situations les plus enfériques. Embrasser ce qui nous arrive, le prendre dans notre amour, nous ajuster pleinement à l’instant, comme le Christ sur sa croix, c’est faire descendre la lumière dans les pires ténèbres et la joie dans la souffrance même. Cet ajustement joyeux à ce qui est, de moment en moment, s’éprouve souvent comme absurde à nos yeux, folie et scandale, mais notre entendement lui-même, le raisonneur de ce siècle doit être crucifié pour découvrir qu’il existe une tout autre sagesse que celle des  » intelligents  » !
Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort ; ce qui est dans le monde sans naissance et ce que l’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi… (1 Co 1,27-28).
Seule cette acceptation pleine de ce qui vient à nous et que nous voulons recevoir de Dieu, nous libère de toute joie illusoire et vérifie l’authenticité de nos sentiments… Si le Christ est la Vie (Jn 14,6), on ne communie à lui qu’en étant un avec la vie tout court, telle qu’elle se présente. La profondeur de l’océan se trouve autant dans les vagues et les tempêtes que dans eaux calmes. La joie du disciple n’est pas une échappatoire à la condition tragique de l’existence humaine, mais communion à la totalité, à toute l’épaisseur de l’histoire comme lieu où se vit la Pâque du Christ, transformation incessante de la mort en vie. On est loin d’une pieuse émotion qui ne ferait que trahir l’homme et Dieu.
Par l’Incarnation du Christ, Dieu épouse la condition humaine jusque dans ses derniers recoins pour y déposer la joie de sa Résurrection au prix de sa propre mort. La communion de l’homme à cette joie s’inscrira donc dans la même logique, la christologique, qui est une victoire sur toutes les forces contraires. La joie est une conquête et donc un combat ; sans ce combat, justement, la vie n’aurait aucune saveur. Mais à aucun moment l’homme ne peut mettre la main sur elle ; la joie échappera toujours à sa prise, car elle restera un mystère d’éternité inépuisable, transcendant toute expérience humaine. Bien souvent, il n’y a de joie que dans la pure foi en la présence du Ressuscité. Là est l’exercice (l’ascèse) à son plus haut niveau qui consiste à vivre la joie en tous temps et en tous lieux… :
…C’est pourquoi je me complais dans les faiblesses, les outrages, les détresses, les persécutions et les angoisses endurés pour le Christ (2 Co 12,10).
En dehors de toute exaltation sensible, nous sommes dans la douloureuse joie, comme l’appellent les Pères du désert. Par elle nous apprenons le dépouillement du vieil homme (Col 3,9) qui risque toujours de se fixer sur la joie comme sur un bien. La joie inconditionnelle, exercée au sein même de la détresse, s’appelle amour. Et l’amour se suffit à lui-même : il est. Ainsi, devenu libre de la joie elle-même, l’homme naît à Dieu…

Cet article a été publié dans la revue
Le Chemin, numéro 30, 1996. Reproduit avec l’autorisation
du Père Alphonse Goettmann et du Chemin.

AUDIENCE GÉNÉRALE DU 12 OCTOBRE 2011: LE PSAUME 126

13 octobre, 2011

du site:

http://www.zenit.org/article-29196?l=french

AUDIENCE GÉNÉRALE DU 12 OCTOBRE 2011: LE PSAUME 126

Texte  intégral

ROME, Mercredi 12 octobre 2011 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse prononcée par le pape Benoît XVI, ce mercredi, au cours de l’audience générale, Place Saint-Pierre.
***
Chers frères et sœurs,
Dans les précédentes catéchèses, nous avons médité sur plusieurs Psaumes de lamentation et de confiance. Aujourd’hui, je voudrais réfléchir sur un Psaume aux accents festifs, une prière qui, dans la joie, chante les merveilles de Dieu. C’est le Psaume 126 – 125 selon la numérotation gréco-latine –, qui célèbre les grandes choses que le Seigneur a accompli pour son peuple et qu’il opère constamment dans chaque croyant.
Le Psalmiste, au nom de tout Israël, commence sa prière en rappelant l’expérience exaltante du salut :
« Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, / nous étions comme en rêve! / Alors notre bouche était pleine de rires, / nous poussions des cris de joie » (vv. 1-2a).
Le Psaume parle d’une libération des « captifs », qui sont donc rendus à leur état originel, à une positivité précédente. On part donc d’une situation de souffrance et de besoin à laquelle Dieu répond en offrant le salut et en ramenant l’orant à sa condition d’origine, qui est même enrichie et changée en mieux. C’est ce qu’il advient à Job, lorsque le Seigneur lui redonne ce qu’il avait perdu, en lui redoublant et en élargissant une bénédiction plus grande encore (cf. Jb 42, 10-13), et c’est ce dont fait l’expérience le peuple d’Israël en retournant dans sa patrie après l’exil babylonien. C’est justement en référence à la fin de la déportation en terre étrangère qu’est interprété ce Psaume : l’expression « ramener les captifs de Sion » est une lecture et une interprétation du texte « rétablir le sort de Sion ». En effet, le retour de l’exil est le paradigme de toute intervention divine de salut parce que la chute de Jérusalem et la déportation à Babylone ont été une expérience dévastatrice pour le peuple élu, non seulement sur le plan politique et social, mais aussi et surtout sur le plan religieux et spirituel. La perte de la terre, la fin de la monarchie davidique et la destruction du Temple apparaissent comme un démenti des promesses divines, et le peuple de l’alliance, dispersé parmi les païens, s’interroge douloureusement sur un Dieu qui semble l’avoir abandonné. C’est pourquoi la fin de la déportation et le retour dans la patrie sont vécus comme un merveilleux retour à la foi, à la confiance, à la communion avec le Seigneur ; c’est un « rétablissement du sort » qui implique aussi la conversion du cœur, le pardon, l’amitié retrouvée avec Dieu, la conscience de sa miséricorde et la possibilité renouvelée de le louer (cf. Je 29, 12-14; 30, 18-20; 33, 6-11; Ez 39, 25-29). Il s’agit d’une expérience de joie extraordinaire, de rires et de cris de joie, tellement belle qu’il semble être « comme en rêve ». Les interventions divines ont souvent des formes inattendues, qui vont au-delà de ce que l’homme peut imaginer ; voilà alors l’émerveillement et la joie qui s’expriment à travers la louange : « Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! ». C’est ce que disent les nations, c’est ce que proclame Israël :
« Alors on disait parmi les nations: / “Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur!” / Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous: / nous étions en grande fête! » (vv. 2b-3).
Dieu fait des merveilles dans l’histoire des hommes. En apportant le salut, il se révèle à tous comme le Seigneur puissant et miséricordieux, refuge contre l’oppression, qui n’oublie pas le cri des pauvres (cf. Ps 9, 10.13), qui aime la justice et le droit et dont l’amour comble la terre (cf. Ps 33, 5). C’est pourquoi, face à la libération du peuple d’Israël, toutes les nations reconnaissent les grandes choses extraordinaires que Dieu accomplit pour son peuple et elles célèbrent le Seigneur dans sa réalité de Sauveur. Et Israël fait écho à la proclamation des nations, et il la reprend en la répétant, mais à la première personne, comme le destinataire direct de l’action divine : « Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous » ; « pour nous », ou plus précisément encore, « avec nous », en hébreu ‘immanû, affirmant ainsi le rapport privilégié que le Seigneur entretient avec ses élus et qui trouvera dans le nom Emmanuel, « Dieu avec nous », par lequel est appelé Jésus, son sommet et sa pleine manifestation (cf. Mt 1, 23).
Chers frères et sœurs, dans notre prière nous devrions regarder plus souvent comment, dans les événements de notre vie, le Seigneur nous a protégés, guidés, aidés et le louer pour ce qu’il a fait et continue de faire pour nous. Nous devons être plus attentifs aux choses bonnes que le Seigneur nous donne. Nous sommes toujours attentifs aux problèmes, aux difficultés et c’est comme si nous ne voulions pas percevoir que des choses belles nous viennent du Seigneur. Cette attention, qui devient gratitude, est très importante pour nous et nous crée une mémoire du bien qui nous aide aussi dans les heures sombres. Dieu accomplit de grandes choses et qui en fait l’expérience – attentif à la bonté du Seigneur avec l’attention du cœur – est comblé de joie. C’est sur cet accent festif que se conclut la première partie du Psaume. Etre sauvés et rentrer dans sa patrie après l’exil est comme être retournés à la vie : la libération ouvre au rire, mais aussi à l’attente d’un accomplissement encore à souhaiter et à demander. C’est la seconde partie du Psaume qui dit ceci:
« Ramène, Seigneur, nos captifs, / comme les torrents au désert. / Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie: / il s’en va, il s’en va en pleurant, / il jette la semence; / il s’en vient, il s’en vient dans la joie, / il rapporte les gerbes » (vv. 4-6).
Si au début de sa prière, le Psalmiste célébrait la joie d’un sort désormais rétabli par le Seigneur, il le demande à présent en revanche comme quelque chose restant encore à réaliser. Si l’on applique ce Psaume au retour de l’exil, cette apparente contradiction s’expliquerait avec l’expérience historique, faite par Israël, d’un retour dans sa patrie difficile, seulement partiel, qui conduit l’orant à solliciter une nouvelle intervention divine pour accomplir pleinement la restauration du peuple.
Mais le Psaume va au-delà du fait purement historique pour s’ouvrir à des dimensions plus amples, de type théologique. L’expérience réconfortante de la libération de Babylone est cependant encore inachevée, « déjà » arrivée, mais « pas encore » marquée par la plénitude définitive.
Ainsi, alors que dans la joie elle célèbre le salut reçu, la prière s’ouvre à l’attente de la pleine réalisation. C’est pourquoi le Psaume utilise des images particulières, qui, avec leur complexité, renvoient à la réalité mystérieuse de la rédemption, dans laquelle se mêlent le don reçu et encore à attendre, la vie et la mort, la joie rêveuse et les larmes de peine. La première image fait référence aux torrents secs du désert du Neghev, qui lors des pluies se remplissent d’eau impétueuse qui redonne vie au terrain desséché et le fait refleurir. La requête du Psalmiste est donc que le rétablissement du sort du peuple et le retour de l’exil soient comme de l’eau, bouleversante et irréfrénable, et capable de transformer le désert en une immense étendue d’herbe verte et de fleurs.
La deuxième image se déplace des collines arides et rocheuses du Neghev aux champs que les agriculteurs cultivent pour en tirer de la nourriture. Pour parler de salut, on rappelle ici l’expérience qui se renouvelle chaque année dans le monde agricole : le moment difficile et fatigant des semailles et ensuite la joie immense de la récolte. Des semailles qui sont accompagnées de larmes, car l’on jette ce qui pourrait encore devenir du pain, en s’exposant à une attente pleine d’incertitude : l’agriculteur travaille, prépare le terrain, jette les semences, mais, comme l’illustre bien la parabole du semeur, il ne sait pas où cette semence tombera, si les oiseaux la mangeront, si elle prendra, si elle mettra racines, si elle deviendra un épi (cf. Mt 13, 3-9; Mc 4, 2-9; Lc 8, 4-8). Jeter la semence est un geste de confiance et d’espérance ; le travail de l’homme est nécessaire, mais ensuite il doit entrer dans une attente impuissante, en sachant bien que de nombreux facteurs seront déterminants pour la bonne issue de la récolte et que le risque d’un échec est toujours aux aguets. Et pourtant, année après année, l’agriculteur répète son geste et jette sa semence. Et lorsque celle-ci devient épi et que les champs se remplissent de blé, se manifeste la joie de celui qui se trouve devant un prodige extraordinaire. Jésus connaissait bien cette expérience et en parlait avec les siens : « Et il disait: « Il en est du Royaume de Dieu comme d’un homme qui aurait jeté du grain en terre, qu’il dorme et qu’il se lève, nuit et jour, la semence germe et pousse, il ne sait comment » (Mt 4, 26-27). C’est le mystère caché de la vie, ce sont les merveilleuses « grandes choses » du salut que le Seigneur opère dans l’histoire des hommes et dont les hommes ignorent le secret. L’intervention divine, quand elle se manifeste en plénitude, révèle une dimension impétueuse, comme les torrents du Neghev et comme le blé dans les champs, ce dernier évoquant également une disproportion typique des choses de Dieu : une disproportion entre la fatigue des semailles et l’immense joie de la récolte, entre l’inquiétude de l’attente et la vision rassérénante des greniers remplis, entre les petites semences jetées à terre et les grands tas des meules dorées par le soleil. Lors de la moisson, tout est transformé, les pleurs sont terminés, ils ont laissé place à l’exultation, à des cris de joie.
Le Psalmiste fait référence à tout cela pour parler du salut, de la libération, du rétablissement du destin, du retour de l’exil. La déportation à Babylone, comme toute autre situation de souffrance et de crise, avec son obscurité douloureuse faite de doutes et d’un éloignement apparent de Dieu, est en réalité, dit notre Psaume, comme des semailles. Dans le Mystère du Christ, à la lumière du Nouveau Testament, le message se fait encore plus explicite et clair : le croyant qui traverse cette obscurité est comme le grain de blé tombé en terre qui meurt, mais pour donner beaucoup de fruit (cf. Jn 12, 24) ; ou bien, en reprenant une autre image chère à Jésus, il est comme la femme qui souffre des douleurs de l’accouchement pour pouvoir parvenir à la joie d’avoir donné à la lumière une nouvelle vie (cf. Jn 16, 21).
Chers frères et sœurs, ce Psaume nous enseigne que, dans notre prière, nous devons rester toujours ouverts à l’espérance et solides dans la foi en Dieu. Notre histoire, même si elle est souvent marquée par la douleur, par des incertitudes, par des moments de crise, est une histoire de salut et de « rétablissement du sort ». En Jésus, chaque exil finit et chaque larme est séchée, dans le mystère de sa Croix, de la mort transformée en vie, comme le grain de blé qui s’ouvre dans la terre et qui devient épi. Pour nous aussi cette découverte de Jésus Christ est la grande joie du « oui » de Dieu, du rétablissement de notre sort. Mais comme ceux qui – revenus de Babylone pleins de joie – ont trouvé une terre appauvrie, dévastée, ainsi que la difficulté des semailles et qui ont souffert en pleurant, ne sachant pas si réellement la récolte aurait eu lieu à la fin, nous aussi, après la grande découverte de Jésus Christ – notre vie, la vérité, le chemin – en entrant dans le terrain de la foi, dans la « terre de la foi », nous trouvons aussi souvent une vie sombre, dure, difficile, des semailles de larmes, mais dans l’assurance que la lumière du Christ nous donne, à la fin, réellement, la grande récolte. Et nous devons apprendre cela également lors des nuits sombres ; ne pas oublier que la lumière existe, que Dieu est déjà au milieu de notre vie et que nous pouvons semer avec la grande confiance que le « oui » de Dieu est plus fort que nous tous. Il est important de ne pas perdre ce souvenir de la présence de Dieu dans notre vie, cette joie profonde que Dieu est entré dans notre vie, en nous libérant : c’est la gratitude pour la découverte de Jésus Christ, qui est venu à nous. Et cette gratitude se transforme en espérance, elle est l’étoile de l’espérance qui nous donne la confiance, elle est la lumière, car précisément les douleurs des semailles sont le début d’une nouvelle vie, de la joie de Dieu grande et définitive.
A l’issue de l’audience générale le pape a résumé sa catéchèse en différentes langues et salué les pèlerins. Voici ce qu’il a dit en français :

Chers frères et sœurs, le Psaume 126 que nous méditons est un chant de joie pour les merveilles de Dieu. Il célèbre « les grandes choses » que le Seigneur a réalisées avec son peuple et qu’il accomplit en chaque croyant. Au nom d’Israël, le psalmiste rappelle l’expérience exaltante du salut après l’exil à Babylone, quand le Seigneur ramena les captifs à Sion. Après la chute de Jérusalem et la déportation, le retour dans la patrie est un retour à la foi et à la confiance, une expérience de joie, vécue comme un rêve. Les interventions divines ont souvent une forme inattendue, qui va au-delà de ce que l’on peut imaginer. La libération produit la joie mais aussi l’attente d’un accomplissement plus grand encore. La plénitude du salut espéré est évoquée par l’image de la semence, jetée avec confiance et dans les larmes, à cause de l’incertitude de la moisson. De nuit et de jour, elle germe et croît. Elle est l’image du mystère caché de la vie. La disproportion entre la fatigue du semeur et la joie de la moisson est typique des œuvres divines. Dieu accomplit ainsi le salut dans l’histoire des hommes qui en ignorent le secret. Le croyant est comme le grain de blé tombé en terre qui meurt, mais pour donner beaucoup de fruit ou comme la femme qui enfante dans la douleur puis connaît la joie d’avoir donné le jour à une nouvelle vie.
Je salue les pèlerins francophones, particulièrement les Petites Sœurs de Jésus réunies en chapitre général, les servants de Messes de Monthey, et les groupes venus de France, spécialement de la Guadeloupe et de Guyane. Chers amis, notre existence, souvent marquée par des incertitudes, est une histoire de salut et de libération. Puissions-nous marcher avec Jésus vers la maison du Père, notre vraie patrie et chanter avec la Vierge Marie les merveilles de Dieu dans notre vie ! Je vous bénis de grand cœur.
Appel du Pape à l’issue de l’audience
Je suis profondément attristé par les épisodes de violences qui ont été commis au Caire dimanche dernier. Je m’unis à la douleur des familles et à tout le peuple égyptien, déchiré par les tentatives de porter atteinte à la coexistence pacifique entre ses communautés. J’exhorte les fidèles à prier afin que cette société jouisse d’une paix véritable, basée sur la justice, sur le respect de la liberté et de la dignité de chaque citoyen. Je soutiens en outre les efforts des autorités civiles et religieuses égyptiennes, en faveur d’une société dans laquelle soient respectés les droits humains de tous et, en particulier, des minorités, au bénéfice de l’unité nationale.

Traduction française : Zenit