Archive pour juillet, 2011

The Jewish calendar

8 juillet, 2011

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http://bringonthegoodnews.blogspot.com/2009_09_01_archive.html

Ougarit, patrie de l’alphabet

8 juillet, 2011

du site:

http://v.i.v.free.fr/pvkto/nv-kto-27-10-2004.html

Ougarit, patrie de l’alphabet

Source : La Croix

27-10-2004

Le Musée des beaux-arts de Lyon organise la première grande exposition sur le royaume cananéen d’Ougarit, inventeur du premier alphabet

Bien sûr, il y a «Pharaon», que présente actuellement l’Institut du monde arabe à Paris. «Pharaon» ou la puissance évocatrice d’une civilisation devenue une intarissable machine à rêves. Moins spectaculaire, sans doute, l’exposition de Lyon ne mérite pas moins d’attention. Davantage, peut-être, puisque, pour la première fois au monde, le royaume d’Ougarit, peu connu du grand public et cependant contemporain de l’Égypte pharaonique (1 300 av. J.-C.), révèle, en une exceptionnelle monographie, ses mystères et ses richesses. Et parmi elles, une invention de taille : le premier alphabet de l’humanité. Un abécédaire d’une trentaine de lettres, très proche de l’arabe classique, d’où dérivent, par l’intermédiaire du phénicien, les alphabets grec puis latin.
L’histoire contemporaine d’Ougarit commence en 1929 par le coup de pioche d’un paysan qui met au jour une tombe datant de la fin de l’âge de bronze ; nous sommes dans la baie de Minet El-Beida, non loin de la ville de Lataqié, capitale du pays alaouite, située en bord de mer, au nord du pays. Au pied d’une chaîne de montagnes, la plaine côtière qui s’étire jusqu’à la frontière avec la Turquie, est l’unique et courte bande d’accès à la mer de la Syrie.
Elle est aussi l’un des endroits les plus fertiles du pays ; et si la riche forêt antique aux essences rares a pratiquement disparu, les champs d’oliviers, les orangeraies et les cultures maraîchères témoignent aujourd’hui d’une luxuriance propre aux régions méditerranéennes lorsqu’elles sont irriguées. Le site, somptueux, stratégiquement sensible depuis des millénaires (il est au carrefour des influences égyptiennes, mésopotamiennes et hittites) est aussi propice à l’homme qui s’y est installé voici plus de 8 000 ans et ne l’a jamais quitté.
Lors de la découverte de la tombe, la Syrie est sous protectorat français. Le gouverneur y dépêche un archéologue, Claude Schaeffer, qui prend la responsabilité du chantier jusqu’en 1949. Celui-ci décide de fouiller un tell (une colline artificielle) de 28 mètres de haut et de 27 hectares, situé à un kilomètre à l’intérieur des terres. Ce tell de Ras Shamra (la colline au fenouil) se révèle d’une prodigalité inouïe : dans ce qui fut la capitale du royaume, les archéologues découvrent un immense palais royal, des temples, des quartiers d’habitations dans un état de conservation souvent excellent ainsi que des tombes – généralement sous les maisons –, qui livrent leurs trésors de vaisselles, de bijoux, d’outils… et des plaquettes d’argile sur lesquelles fut gravé le premier alphabet. Une de ces découvertes essentielles qui mettent aussitôt en émoi la communauté des scientifiques.
Ces tablettes ont éclairé d’un jour nouveau les textes bibliques
Déchiffrée à l’orée du XIXe siècle, l’écriture cunéiforme des Sumériens (l’akkadien) est connue pour être la langue internationale du Levant antique ; support essentiel des échanges et de la communication, elle subit des transformations locales. Mais c’est à Ougarit qu’elle bénéficia de l’invention la plus originale : les scribes ougaritains mirent au point un nouveau système d’écriture, lequel, sur la base d’un alphabet de 30 lettres, permet de rédiger toutes sortes de textes, des récits mythologiques à la simple comptabilité marchande, en passant par la rédaction de contrats de location de navires…
Mais surtout, la découverte des tablettes d’argile d’Ougarit éclaira d’un jour nouveau les premiers textes bibliques. Pour décrypter ces tablettes cunéiformes rédigées en ougaritique, les épigraphes eurent recours à l’hébreu de la Bible. Et ce qu’ils traduisirent résonna d’un formidable écho… La proximité mythologique – les divinités d’Ougarit, en particulier Baal et El sont très présents dans la Bible – mais aussi, les affinités linguistiques et phraséologiques incontestables offrirent aux exégètes de nouvelles et passionnantes pistes d’étude.
C’est l’ensemble de ce patrimoine, remarquablement exploité depuis soixante-quinze ans par une mission devenue franco-syrienne en 1998, que le Musée des beaux-arts présente à travers 350 œuvres (dont 190 en provenance des musées de Damas, Alep, Lataquié et Tartous, les autres venant essentiellement du Louvre). La scénographie, sobre, suit une démarche thématique : le roi et son royaume, l’artisanat et le commerce, le culte et les croyances, la cité… Deux maquettes réalisées pour l’exposition, celle du temple de Baal et de la Maison aux tablettes littéraires, rendent plus sensible le niveau de sophistication de cette civilisation du Levant où la notion d’urbanisme et de bien commun apparaît déjà, en particulier à travers les systèmes élaborés de circulation d’eau.
L’essentiel, bien évidemment, réside dans la beauté des œuvres rassemblées et façonnées voici près de 4 000 ans. Ce bol en or repoussé, finement décoré de scènes de chasse et d’animaux chimériques ; cet étonnant joueur de cymbales sculpté dans un ivoire d’hippopotame ; ces délicates figurines en bronze ; cette stèle du dieu Baal doté de ses attributs protecteurs (Baal est le dieu des marins, des éleveurs et des paysans). La finesse d’exécution illustre le réel raffinement d’une culture fascinante par la variété des influences qui s’expriment : figurines égyptiennes, poteries mycéniennes, sculptures mésopotamiennes…
Peut-être les connaisseurs regretteront-ils l’absence de quelques pièces majeures de la civilisation d’Ougarit, en particulier cette inoubliable tête de prince en ivoire, restée à Damas en raison de sa trop grande fragilité. Mais la diversité est là, témoignant d’une société marchande polyglotte et cultivée. Le royaume d’Ougarit, qui disparaît mystérieusement au XIIe siècle av. J.-C. sous les coups des «peuples de la mer», sut intégrer les influences des puissants voisins en ayant la force d’être lui-même porteur d’une culture nouvelle. À l’heure d’une mondialisation rapide et redoutée, ce n’est pas le moindre des intérêts de cette exposition.

Geneviève WELCOMME, à Lataqié (Syrie) et Lyon

Aux origines de l’alphabet, le royaume d’Ougarit. Musée des beaux-arts de Lyon, jusqu’au 17 janvier 2005.
Rens. : 04.72.10.17.40.

Les époux Priscille et Aquilas, 8 juin mf (Pape Benoît, Audience 2 février 2007)

8 juillet, 2011

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20070207_fr.html

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 7 février 2007

Les époux Priscille et Aquilas

Chers frères et soeurs,

En faisant un nouveau pas dans cette sorte de galerie de portraits des premiers témoins de la foi chrétienne, que nous avons commencée il y a quelques semaines, nous prenons aujourd’hui en considération un couple d’époux. Il s’agit des conjoints Priscille et Aquilas, qui se trouvent dans le groupe des nombreux collaborateurs qui ont entouré l’apôtre Paul, que j’avais déjà brièvement mentionnés mercredi dernier. Sur la base des informations en notre  possession,  ce  couple d’époux joua un rôle très actif au temps des origines post-pascales de l’Eglise.
Les noms d’Aquilas et de Priscille sont latins, mais l’homme et la femme qui les portent étaient d’origine juive. Cependant, au moins Aquilas provenait géographiquement de la diaspora de l’Anatolie septentrionale, qui s’ouvre sur la Mer Noire – dans la Turquie actuelle -, alors que Priscille, dont le nom se trouve parfois abrégé en Prisca, était probablement une juive provenant de Rome (cf. Ac 18, 2). C’est en tout cas de Rome qu’ils étaient parvenus à Corinthe, où Paul les rencontra au début des années 50; c’est là qu’il s’associa à eux car, comme nous le raconte Luc, ils exerçaient le même métier de fabricants de toiles ou de tentes pour un usage  domestique,  et  il  fut   même accueilli dans leur maison (cf. Ac 18, 3). Le motif de leur venue à Corinthe avait été la décision de l’empereur Claude de chasser de Rome les Juifs résidant dans l’Urbs. L’historien Romain Suétone nous dit, à propos de cet événement, qu’il avait expulsé les Juifs car « ils provoquaient des tumultes en raison d’un certain Crestus » (cf. « Les vies des douze Césars, Claude », 25). On voit qu’il ne connaissait pas bien le nom – au lieu du Christ, il écrit « Crestus » – et qu’il n’avait qu’une idée très confuse de ce qui s’était passé. Quoi qu’il en soit, des discordes régnaient à l’intérieur de la communauté juive autour de la question de savoir si Jésus était ou non le Christ. Et ces problèmes constituaient pour l’empereur un motif pour expulser simplement tous les juifs de Rome. On en déduit que les deux époux avait déjà embrassé la foi chrétienne à Rome dans les années 40, et qu’ils avaient à présent trouvé en Paul quelqu’un non seulement qui partageait cette foi avec eux – que Jésus est le Christ – mais qui était également un apôtre, appelé personnellement par le Seigneur Ressuscité. La première rencontre a donc lieu à Corinthe, où ils l’accueillent dans leur maison et travaillent ensemble à la fabrication de tentes.
Dans un deuxième temps, ils se rendirent en Asie mineure, à Ephèse. Ils jouèrent là un rôle déterminant pour compléter la formation chrétienne du juif alexandrin Apollos, dont nous avons parlé mercredi dernier. Comme il ne connaissait que de façon sommaire la foi chrétienne, « Priscille et Aquilas l’entendirent, ils le prirent à part et lui exposèrent avec plus d’exactitude la Voie de Dieu » (Ac 18, 26). Quand, à Ephèse, l’Apôtre Paul écrit sa Première Lettre aux Corinthiens, il envoie aussi explicitement avec ses propres salutations celles d’ »Aquilas et Prisca [qui] vous saluent bien dans le Seigneur, avec l’Eglise qui se rassemble chez eux » (16, 19). Nous apprenons ainsi le rôle très important que ce couple joua dans le milieu de l’Eglise primitive:  accueillir dans leur maison le groupe des chrétiens locaux, lorsque ceux-ci se rassemblaient pour écouter la Parole de Dieu et pour célébrer l’Eucharistie. C’est précisément ce type de rassemblement qui est appelé en grec « ekklesìa » – le mot latin est « ecclesia », le mot français « église » – qui signifie convocation, assemblée, regroupement. Dans la maison d’Aquilas et de Priscille, se réunit donc l’Eglise, la convocation du Christ, qui célèbre là les saints Mystères. Et ainsi, nous pouvons précisément voir la naissance de la réalité de l’Eglise dans les maisons des croyants. Les chrétiens, en effet, jusque vers le III siècle, ne possédaient pas leurs propres lieux de culte:  dans un premier temps, ce furent les synagogues juives, jusqu’à ce que la symbiose originelle entre l’Ancien et le Nouveau Testament ne se défasse et que l’Eglise des Gentils ne soit obligée de trouver sa propre identité, toujours profondément enracinée dans l’Ancien Testament. Ensuite, après cette « rupture », les chrétiens se réunissent dans les maisons, qui deviennent ainsi « Eglise ». Et enfin, au III siècle, naissent de véritables édifices de culte chrétien. Mais ici, dans la première moitié du I et du II siècle, les maisons des chrétiens deviennent véritablement et à proprement parler des « églises ». Comme je l’ai dit, on y lit ensemble les Saintes Ecritures et l’on célèbre l’Eucharistie. C’est ce qui se passait, par exemple, à Corinthe, où Paul mentionne un certain « Gaïus vous salue, lui qui m’a ouvert sa maison, à moi et à toute l’Eglise » (Rm 16, 23), ou à Laodicée, où la communauté se rassemblait dans la maison d’une certaine Nympha (cf. Col 4, 15), ou à Colosse, où le rassemblement avait lieu dans la maison d’un certain Archippe (cf. Phm 1, 2).
De retour à Rome, Aquilas et Priscille continuèrent à accomplir cette très précieuse fonction également dans la capitale de l’Empire. En effet, Paul, écrivant aux Romains, envoie précisément ce salut:  « Saluez Prisca et Aquilas, mes coopérateurs dans le Christ Jésus; pour me sauver la vie ils ont risqué leur tête, et je ne suis pas seul à leur devoir de la gratitude:  c’est le cas de toutes les Eglises de la gentilité; saluez aussi l’Eglise qui se réunit chez eux » (Rm 16, 3-5). Quel extraordinaire éloge des deux conjoints dans ces paroles! Et c’est l’apôtre Paul lui-même qui le fait. Il reconnaît explicitement en eux deux véritables et importants collaborateurs de son apostolat. La référence au fait d’avoir risqué la vie pour lui est probablement liée à des interventions en sa faveur au cours d’un de ses emprisonnements, peut-être à Ephèse même (cf. Ac 19, 23; 1 Co 15, 32; 2 Co 1, 8-9). Et le fait qu’à sa gratitude, Paul associe même celle de toutes les Eglises des gentils, tout en considérant peut-être l’expression quelque peu excessive, laisse entrevoir combien leur rayon d’action a été vaste, ainsi, en tous cas que leur influence en faveur de l’Evangile.
La tradition hagiographique postérieure a conféré une importance particulière à Priscille, même s’il reste le problème de son identification avec une autre Priscille martyre. Dans tous les cas, ici, à Rome, nous avons aussi bien une église consacrée à Sainte Prisca sur l’Aventin que les catacombes de Priscille sur la Via Salaria. De cette façon se perpétue la mémoire d’une femme, qui a été certainement une personne active et d’une grande valeur dans l’histoire du christianisme romain. Une chose est certaine:  à la gratitude de ces premières Eglises, dont parle saint Paul, doit s’unir la nôtre, car c’est grâce à la foi et à l’engagement apostolique de fidèles laïcs, de familles, d’époux comme Priscille et Aquilas, que le christianisme est parvenu à notre génération. Il ne pouvait pas croître uniquement grâce aux Apôtres qui l’annonçaient. Pour s’enraciner dans la terre du peuple, pour se développer de façon vivante, était nécessaire l’engagement de ces familles, de ces époux, de ces communautés chrétiennes, et de fidèles laïcs qui ont offert l’ »humus » à la croissance de la foi. Et c’est toujours et seulement ainsi que croît l’Eglise. En particulier, ce couple démontre combien l’action des époux chrétiens est importante. Lors-qu’ils sont soutenus par la foi et par une forte spiritualité, leur engagement courageux pour l’Eglise et dans l’Eglise devient naturel. Leur vie commune quotidienne se prolonge et en quelque sorte s’élève en assumant une responsabilité commune en faveur du Corps mystique du Christ, ne fût-ce qu’une petite partie de celui-ci. Il en était ainsi dans la première génération et il en sera souvent ainsi.
Nous pouvons tirer une autre leçon importante de leur exemple:  chaque maison peut se transformer en une petite Eglise. Non seulement dans le sens où dans celle-ci doit régner le typique amour chrétien fait d’altruisme et d’attention réciproque, mais plus encore dans le sens où toute la vie familiale sur la base de la foi, est appelée à tourner autour de l’unique domination de Jésus Christ. Ce n’est pas par hasard que dans la Lettre aux Ephésiens, Paul compare la relation matrimoniale à la communion sponsale qui existe entre le Christ et l’Eglise (cf. Eph 5, 25-33). Nous pourrions même considérer que l’Apôtre façonne indirectement la vie de l’Eglise tout entière sur celle de la famille. Et en réalité, l’Eglise est la famille de Dieu. Nous honorons donc Aquilas et Priscille comme modèles d’une vie conjugale engagée de façon responsable au service de toute la communauté chrétienne. Et nous trouvons en eux le modèle de l’Eglise, famille de Dieu pour tous les temps.

The Mandylion: Face Not Painted by Human Hands

7 juillet, 2011

The Mandylion: Face Not Painted by Human Hands dans images sacrée holy_napkin

http://puffin.creighton.edu/jesuit/andre/mandylion.html

Prière de l’artisan

7 juillet, 2011

du site:

http://veroniquearnaud.pagesperso-orange.fr/poesprie/prieres2.html#jesus

Prière de l’artisan
 
 Apprends-moi, Seigneur, à bien user du temps que tu me donnes pour travailler,
à bien l’employer sans rien en perdre.
Apprends-moi à tirer profit des erreurs passées sans tomber dans le scrupule qui ronge.
Apprends-moi à prévoir le plan sans me tourmenter,
à imaginer l’oeuvre sans me désoler si elle jaillit autrement.
Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur, la sérénité et la ferveur, le zèle et la paix.
Aide-moi au départ de l’ouvrage, là où je suis le plus faible.
Aide-moi au coeur du labeur à tenir serré le fil de l’attention.
Et surtout comble Toi-même les vides de mon oeuvre, Seigneur!
Dans tout le labeur de mes mains laisse une grâce de Toi
pour parler aux autres et un défaut de moi pour me parler à moi-même.
Garde en moi l’espérance de la perfection, sans quoi je perdrais coeur.
Garde-moi dans l’impuissance de la perfection, sans quoi je me perdrais d’orgueil.
Purifie mon regard: quand je fais mal, il n’est pas sûr que ce soit mal,
et quand je fais bien, il n’est pas sur que ce soit bien.
Seigneur, ne me laisse jamais oublier que tout savoir est vain sauf là où il y a du travail,
et que tout travail est vide sauf là où il y a amour,
et que tout amour est creux qui ne me lie à moi-même et aux autres et à Toi, Seigneur!
Enseigne-moi à prier avec mes mains, mes bras et toutes mes forces.
Rappelle-moi que l’ouvrage de mes mains t’appartient
et qu’il m’appartient de te le rendre en le donnant ;
que si je le fais par goût du profit, comme un fruit oublié je pourrirai à l’automne ;
que si je le fais pour plaire aux autres comme la fleur de l’herbe je fanerai au soir ;
mais si je le fais pour l’amour du bien, je demeurerai dans le bien ;
et le temps de faire bien et à ta gloire, c’est tout de suite, Amen!
 
Prière des copistes et enlumineurs du haut moyen âge, sans doute d’origine anglaise.
in « Naissance et splendeurs du manuscrit monastique du VII’ au XII’ siècle », Gilberte Garrigou
 

Lettre sur la prière (Mons. Bruno Forte)

7 juillet, 2011

du site:

http://www.serviam.net/dossierprotect/anthologie/anthocadre.html

Lettre sur la prière

BRUNO FORTE

Serviam remercie vivement la Congrégation pour le Clergé ( www.clerus.org) pour son aimable accord de reproduction de cette remarquable étude du professeur Forte
_______________________________

Tu me demandes : pourquoi prier ? Je te réponds : pour vivre.
Oui : pour vivre vraiment, il faut prier. Pourquoi ? Parce que vivre, c’est aimer : une vie sans amour n’est pas une vie. C’est solitude vide, c’est prison et tristesse. Seul vit vraiment qui aime : et seul aime qui se sent aimé, rejoint et transformé par l’amour. Comme la plante ne peut épanouir son fruit si elle n’est rejointe des rayons du soleil, ainsi le cur humain ne peut s’ouvrir à la vie vraie et pleine que s’il est touché par l’amour. Et l’amour naît de la rencontre et vit de la rencontre avec l’amour de Dieu, le plus grand et vrai de tous les amours possibles, davantage, l’amour au-delà de toutes nos définitions, toutes nos possibilités. Pour cela, qui prie vit, dans le temps et pour l’éternité. Mais celui qui ne prie pas ?
Qui ne prie pas risque de mourir à l’intérieur, parce qu’il lui manquera un jour ou l’autre l’air pour respirer, la chaleur pour vivre, la lumière pour voir, la nourriture pour croître et la joie pour donner sens à la vie.
Tu me dis : mais moi, je ne sais pas prier ! Et tu me demandes : comment prier ? Je te réponds : commence par donner un peu de ton temps à Dieu. Au début, l’important ne sera pas que ce temps soit long, mais que tu le lui donnes fidèlement. Fixe toi-même un temps à donner chaque jour au Seigneur, et donne-le lui fidèlement chaque jour, quand tu as envie de le faire et quand tu n’en as pas envie. Cherche un lieu tranquille, où si possible il y ait quelque signe rappelant la présence du Seigneur (une croix, une icône, la Bible, le tabernacle avec la Présence eucharistique). Recueille-toi en silence : invoque l’Esprit Saint, pour que ce soit Lui qui vienne crier en toi « Abba, Père ! ». Offre ton cur à Dieu, même s’il est en tempête : n’aie pas peur de tout Lui dire, non seulement tes difficultés et ta douleur, ton péché et ton incrédulité, mais même ta rébellion et tes protestations, si tu les sens en toi.
Tout cela, mets-le entre les mains de Dieu : souviens-toi que Dieu est Père ­ Mère dans l’amour, qui tout accueille, tout pardonne, tout illumine, tout sauve. Écoute Son Silence : ne prétends pas avoir de suite la réponse. Persévère. Comme le prophète Élie, marche dans le désert vers la montagne de Dieu : et quand tu te seras approché de Lui, ne le cherche ni dans le vent, le tremblement de terre ou le feu, dans les signes de force ou de grandeur, mais dans la voix du silence subtil (cf. 1 R 19,12). Ne prétends pas t’emparer de Dieu, mais laisse Le passer dans ta vie et ton cur, te toucher l’âme, se faire contempler par toi, même seulement de dos.
Écoute la voix de Son Silence. Écoute Sa Parole de vie : ouvre la Bible, médite-la avec amour, laisse la parole de Jésus te parler cur à cur ; lis les Psaumes, où tu trouveras l’expression de tout ce que tu voudrais dire à Dieu ; écoute les apôtres et les prophètes ; tombe amoureux de l’histoire des Patriarches, du peuple élu et de l’Église naissante, où tu rencontreras l’expérience de la vie vécue dans l’horizon de l’Alliance avec Dieu. Et quand tu auras écouté la Parole de Dieu, marche encore longtemps dans les sentiers du silence, laissant l’Esprit t’unir au Christ, Parole éternelle du Père. Laisse Dieu Père te modeler de Ses deux mains : le Verbe et l’Esprit Saint.
Au début, le temps passé à tout cela pourra te sembler trop long, ne jamais finir : persévère avec humilité, donnant à Dieu tout le temps que tu réussis à Lui donner, mais jamais moins que celui que tu as établi de pouvoir Lui donner chaque jour. Tu verras que de rendez-vous en rendez-vous ta fidélité sera récompensée, et tu te rendras compte que petit à petit le goût de la prière croîtra en toi, et ce qui au début te semblait inatteignable, deviendra toujours plus facile et beau. Tu comprendras alors que ce qui compte, ce n’est pas avoir des réponses, mais se mettre à la disposition de Dieu : et tu verras que ce que tu porteras dans la prière sera peu à peu transfiguré.
Ainsi, quand tu viendras prier avec le cur en tempête, si tu persévères, tu t’apercevras qu’après avoir longtemps prié tu n’auras pas trouvé de réponses à tes demandes, mais ces mêmes demandes se seront dissoutes comme neige au soleil et dans ton cur se fera une grande paix : la paix d’être dans les mains de Dieu et de te laisser docilement conduire par Lui, aux lieux que Lui a préparé pour toi. Alors, ton cur refait à neuf pourra chanter le cantique nouveau, et le ‘Magnificat’ de Marie sortira spontanément de tes lèvres et sera chanté par l’éloquence de tes uvres.
Sache, toutefois, que ne te manqueront pas en tout cela les difficultés : parfois, tu ne réussiras pas à faire taire le bruit qui est autour de toi et en toi ; parfois tu sentiras la fatigue ou même le dégoût de te mettre à prier ; ta sensibilité éclatera, et n’importe quel acte te semblera préférable à rester en prière devant Dieu, « perdant » ton temps. Tu sentiras, enfin, les tentations du Malin, qui cherchera par tous les moyens à te séparer du Seigneur, t’éloignant de la prière. Ne crains pas : les mêmes épreuves que tu vis, les saints les ont vécus avant toi, et souvent beaucoup plus pesantes que les tiennes. Toi, continue seulement à avoir foi. Persévère, résiste et souviens-toi que l’unique chose que nous pouvons vraiment donner à Dieu est la preuve de notre fidélité. Avec la persévérance tu sauveras ta prière, et ta vie.
Viendra l’heure de la « nuit obscure », où tout te sembleras aride et même absurde dans les choses de Dieu : ne crains pas. C’est l’heure où qui lutte avec toi est Dieu même : enlève de toi tout péché, par la confession humble et sincère de tes fautes et le pardon sacramentel ; donne à Dieu encore plus de temps, et laisse que l’heure de la nuit des sens et de l’esprit devienne pour toi l’heure de la participation à la Passion du Seigneur. À ce point, ce sera Jésus lui-même qui portera ta croix et te conduira avec lui vers la joie de Pâque. Tu ne t’étonneras pas, alors, d’aller jusqu’à considérer aimable cette nuit, parce que tu la verras transformée pour toi en nuit d’amour, inondée de la présence de l’Aimé, pleine du parfum du Christ, lumineuse de la lumière de Pâque.
N’aie donc pas peur, des épreuves et des difficultés dans la prière : souviens-toi seulement que Dieu est fidèle et qu’Il ne t’enverras jamais une épreuve sans te donner le moyen d’en sortir, et ne t’exposeras jamais à une tentation sans te donner la force de la supporter et la vaincre. Laisse-toi aimer par Dieu : telle une goutte d’eau qui s’évapore sous les rayons du soleil, et monte en haut, et retourne à la terre comme pluie féconde ou rosée consolatrice, ainsi laisse que tout ton être soit travaillé par Dieu, modelé par l’amour des Trois, absorbé en Eux et restitué à l’histoire comme un don fécond. Laisse que la prière fasse croître entre toi la liberté de toute peur, le courage et l’audace de l’amour, la fidélité aux personnes que Dieu t’a confié et aux situations dans lesquelles Il t’a mis, sans chercher des évasions ou des consolations bon marché. Apprend, en priant, à vivre la patience d’attendre les temps de Dieu, qui ne sont pas nos temps, et à suivre les voies de Dieu, qui si souvent ne sont pas nos voies.
Un don particulier que la fidélité à la prière t’offrira est l’amour des autres et le sens de l’Église : plus tu prieras, plus tu sentiras de miséricorde pour tous, plus tu voudras aider qui souffres, plus tu auras faim et soif de justice pour tous, spécialement les plus pauvres et faibles, plus tu accepteras de te charger des péchés des autres pour compléter en toi ce qui manque à la Passion du Christ pour tout Son Corps qui est l’Église. En priant, tu sentiras comme il est beau d’être dans la barque dans Pierre, solidaire avec tous, docile à la conduite des pasteurs, soutenu par la prière de tous, prêt à servir les autres avec gratuité, sans rien demander en échange. En priant, tu sentiras croître en toi la passion pour l’unité du Corps du Christ et de toute la famille humaine. La prière est l’école de l’amour, parce que c’est en elle que tu peux te reconnaître infiniment aimé et naître toujours de nouveau à la générosité qui prend l’initiative du pardon et du don sans calcul, au-delà de toute mesure de fatigue.
En priant, on apprend à prier, et on goûte les fruits de l’Esprit qui font vraie et belle la vie : « amour, joie, paix, patience, bienveillance, bonté, fidélité, douceur, maîtrise de soi » (Ga 5,22). En priant, on devient amour, et la vie acquiert le sens et la beauté pour laquelle elle a été voulue par Dieu. En priant, on reconnaît toujours plus l’urgence de porter l’Évangile à tous, jusqu’aux extrêmes confins de la terre. En priant, on découvre les infinis dons de l’Aimé et on apprend toujours plus à Lui rendre grâce en toutes choses. En priant, on vit. En priant, on aime. En priant, on loue. Et la louange est la joie et la paix plus grande que notre cur inquiet, dans le temps et l’éternité.
Si je devais, alors, te souhaiter le don le plus beau, si je voulais le demander pour toi à Dieu, je n’hésiterai pas à Lui demander le don de la prière. Je le Lui demande : et toi, n’hésite pas à le demander à Dieu pour moi. Et pour toi. La paix de notre Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec toi. Et toi en eux : parce que en priant tu entreras dans le cur de Dieu, caché avec le Christ en Lui, entouré de Leur amour éternel, fidèle et toujours nouveau. Désormais tu le sais : qui prie avec Jésus et en Lui, qui prie Jésus ou le Père de Jésus ou invoque Son Esprit, ne prie pas un Dieu générique et lointain, mais prie en Dieu, dans l’Esprit, par le Fils, le Père. Et du Père, par Jésus, dans le souffle divin de l’Esprit, tu recevras tout don parfait, adapté à lui, et depuis toujours par lui préparé et désiré. Le don qui nous attend. Qui t’attend.

Bruno Forte

Day 6 Animals with man and woman

5 juillet, 2011

Day 6 Animals with man and woman  dans images sacrée 15%20CHRONIQUE%20UNIVERSELLE%20CREATION%20DES%20ANIMAUX

http://www.artbible.net/1T/Gen0126_Animals_Manwoman/index_4.htm

Le suicide de la pensée : extraits de G.K. Chesterton de l’ouvrage « Orthodoxie »

5 juillet, 2011

du site:

http://v.i.v.free.fr/pvkto/suicide-pensee.html

Le suicide de la pensée : extraits de G.K. Chesterton de l’ouvrage « Orthodoxie »

Traduction par Jean-Baptiste

Source : G.K.Chesterton’s Works on the Web

        Le monde moderne n’est pas méchant ; sous certains aspects, le monde moderne est beaucoup trop bon. Il est plein de vertus désordonnées et décrépites. Quand un certain ordre religieux est ébranlé (comme le fut le christianisme à la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices que l’ont met en liberté. Les vices, une fois lâchés, errent à l’aventure et ravagent le monde. Mais les vertus, elles aussi, brisent leur chaînes, et le vagabondage des vertus n’est pas moins forcené et les ruines qu’elles causent sont plus terribles. Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles. Elles sont devenues folles, parce qu’isolées l’une de l’autre et parce qu’elles vagabondent toutes seules. C’est ainsi que nous voyons des savants épris de vérité, mais dont la vérité est impitoyable ; des humanitaires éperdus de pitié mais dont la pitié (je regrette de le dire) est souvent un mensonge. Mr Blatchford attaque le christianisme parce que Mr Blatchford a la monomanie d’une seule vertu chrétienne, d’une charité purement mystique et presque irrationnelle. Il a une idée étrange : c’est qu’il rendra plus facile le pardon des péchés en disant qu’il n’y a pas de péchés. (…)
Or il est un cas beaucoup plus remarquable que cet antagonisme de la vérité et de la pitié, c’est celui de la déformation de l’humilité. (…)
Ce dont nous souffrons aujourd’hui, c’est d’un déplacement vicieux de l’humilité. La modestie a cessé tout rapport avec l’ambition pour entrer en contact intime avec la conviction, ce qui n’aurait jamais du se produire. Un homme peut douter de lui-même, mais non de la vérité, et c’est exactement le contraire qui s’est produit. Aujourd’hui, ce qu’un homme affirme, c’est exactement ce qu’il ne doit pas affirmer, c’est-à-dire lui-même ! Ce dont il doute est précisément ce dont il ne doit pas douter : la Raison Divine. (…)
Le nouveau septique est si humble qu’il doute de pouvoir apprendre. Ainsi nous aurions tort de nous presser de dire qu’il n’y a pas d’humilité propre à notre époque. Le vérité est qu’il en existe une, très réelle, mais pratiquement plus morbide que les farouches humiliations de l’ascète. L’ancienne humilité était un aiguillon qui empêchait l’homme de s’arrêter et non pas un clou dans la chaussure qui l’empêche d’avancer, car l’ancienne humilité faisait qu’un homme doutait de son effort et cela le poussait à travailler avec encore plus d’ardeur. Mais la nouvelle humilité fait que l’homme doute de son but, ce qui l’arrête tout à fait.
A tous les coins de rue nous sommes exposés à rencontrer un homme qui profère cette assertion frénétique et blasphématoire : « Je puis me tromper ». Chaque jour vous croisez quelqu’un qui vous dit : « Bien entendu, mon opinion n’est peut-être pas la bonne ». Or son opinion doit être la bonne, sinon, elle n’est pas son opinion. Nous sommes en train de créer une race d’homme d’une tournure d’esprit trop modeste pour croire à la table de multiplication ! Le danger est de voir des philosophes qui doutent de la pesanteur comme d’une simple fantaisie de leur cerveau. Les railleurs d’autrefois étaient trop orgueilleux pour être convaincus, mais ceux-ci sont trop humbles pour l’être. Les doux posséderont la terre mais les sceptiques modernes ont tant de douceur qu’ils ne veulent même plus réclamer leur héritage. (…)
Le péril, c’est que l’intelligence humaine est libre de se détruire elle-même. De même qu’une génération pourrait empêcher l’existence même de la génération suivante, si tous ceux qui la composent entraient au couvent ou se jetaient dans la mer, ainsi, un petit nombre de penseur peut, jusqu’à un certain point, faire obstacle à la pensée dans l’avenir en enseignant à la génération suivante qu’il n’y a rien de valide dans aucune pensée humaine.
Il est vain de parler de l’antagonisme de la raison et de la foi. La raison est elle même un sujet de foi. C’est un acte de foi de prétendre que nos pensées ont une relation quelconque avec une réalité quelle qu’elle soit. Si vous êtes vraiment un sceptique, vous devrez tôt ou tard vous poser la question : « Pourquoi y aurait-il quelque chose d’exact, même l’observation et la déduction ? Pourquoi la bonne logique ne serait-elle pas aussi trompeuse que la mauvaise ? L’une et l’autre ne sont que des mouvements dans le cerveau d’un singe halluciné ? ». le jeune sceptique dit : « J’ai le droit de penser par moi-même ». Mais le vieux sceptique, le sceptique complet dit : « Je n’ai pas le droit de penser par moi-même. Je n’ai pas le droit de penser du tout. »
Il y a une pensée qui arrête la pensée, et c’est à celle là qu’il faut faire obstacle. C’est le mal suprême contre lequel toute autorité religieuse a lutté. Ce mal n’apparaît qu’à la fin d’époques décadentes comme la notre…
Car nous pouvons entendre le scepticisme brisant le vieil anneau des autorités et voir au même moment la raison chanceler sur son trône. Si la religion s’en va, la raison s’en va en même temps. Car elles sont toutes les deux de la même espèce primitive et pleine d’autorité. Elles sont toutes les deux des méthodes de preuves qui ne peuvent elles-mêmes être prouvées. Et en détruisant l’idée de l’autorité divine, nous avons presque entièrement détruit l’idée de cette autorité humaine par laquelle nous pouvons résoudre un problème de mathématiques. Avec une corde longue et résistante, nous avons essayé  d’enlever sa mitre (la religion) à l’homme pontife et la tête (la raison) a suivi la mitre. (…)

Le mystère de la Rédemption

5 juillet, 2011

du site:

http://v.i.v.free.fr/pvkto/redemption.html

Le mystère de la Rédemption

Extrait du père Th. Rey-Mermet, du livre « Croire, pour une
redécouverte de la foi », aux éditions Droguet-Ardent.

« Tu as été égorgé, et tu as racheté, pour Dieu, dans ton sang, les hommes de toute tribu, langue, peuple et nation »
     Ainsi chante le « cantique nouveau » de l’Apocalypse  (5,9) en l’honneur de « l’Agneau de Dieu », Jésus immolé dans sa Passion. « Rachetés », « rachat », « rédemption », ces mots traditionnels, repris d’ailleurs de l’Ecriture1, sont souvent compris en contresens. Ils nous entraînent à penser  que l’humanité était esclave d’un maître, mettons Satan ; pour l’acquérir à Dieu, ou pour l’affranchir, Jésus a payé le juste prix ; il a versé comme rançon rien de moins que son propre sang… Ou bien, si l’on trouve absurde de payer une rançon au diable, on la paye à Dieu, selon le schéma que voici :  d’un côté la justice réclame son dû pour compenser le péché de l’homme, de l’autre la miséricorde fournit le prix auquel aucun homme ne pourrait « satisfaire » , Jésus. Ainsi justice et miséricorde sont apaisées. L’ordre est sauf. Nous sommes libérés de la justice et de la colère de Dieu. « Tout se passe ici entre Dieu et Dieu par le moyen de son substitut :  Jésus » (Duquoc). Mais c’est toujours le même « commerce ».
Ces schémas sont faux, contredits par l’Écriture. Il faut en retenir l’idée d’affranchissement, de libération, mais en rejeter toute l’allégorie commerciale. Ils présentent Dieu comme un justicier sanguinaire, un maquignon rapace, pour qui la rançon n’a d’ailleurs pas d’odeur, puisqu’il sacrifie l’innocent pour le coupable. A moins qu’on y voit une transaction fictive de Dieu à Dieu, un capital changeant de tiroir dans la même caisse. Mais alors, pourquoi cette comédie ? et dans ce « jeu », pourquoi la souffrance et la mort d’homme ?… de toute façon, dans un cas comme dans l’autre, la Résurrection devient sans importance puisque tout est payé, « racheté » par la mort.
Le vice de ces interprétations, c’est qu’elles partent des mots – rédemption, rachat, prix, rançon- et non de l’Écriture d’où on les extrait. On les coupe de leur contexte et on affabule en fantaisie. Au lieu de les lire dans l’Écriture. Autant prétendre faire un jardin avec des fleurs coupées ! …
Allons donc regarder ces mots sur leur terre et leur racine.
La Rédemption dans les Écritures : 
     Ce n’est pas dans un dictionnaire, c’est dans la première grande aventure de son histoire – la sortie d’Égypte- que le peuple d’Israël apprend ce que « Rédemption » veut dire pour Dieu.  L’évènement de l’Exode va imposer à toute la Bible le sens fondamental du mot : la Rédemption, c’est essentiellement la délivrance d’Israël quand Dieu le « rachète » de la servitude pour en faire « son peuple ». Sans versement de prix ni de rançon.
A partir de là, la « Rédemption » a donc, à travers la Bible, deux sens complémentaires et indissociables : « libération » et « alliance » : Dieu arrache son peuple à l’esclavage pour se l’attacher dans l’amour.
« Je suis Yahvé, dit Dieu, je vous affranchirai de la servitude, et je vous « rachèterai » en frappant fort… Je vous adopterai pour mon peuple et je serai votre Dieu » (Exode6,6ss).
Donc, libération de la Bien-Aimée en vue de l’épouser dans une alliance d’amour2. Aucune trace de marchandage, de rançon versée, de prix payé ; aucun personnage pour réclamer une indemnité.
De plus, la Rédemption est essentiellement positive : elle n’est pas d’abord libération, elle est d’abord amour. Gratuit. Inconditionnel. Comme le coup de foudre d’un prince pour une esclave, et qui la délivre pour l’épouser. Il n’y a pas d’abord libération d’Égypte, et après seulement, l’Alliance.
« L’Alliance, je l’ai conclue avec vos pères au jour où je les ai pris par la main pour les faire sortir du pays d’Egypte » (Jérémie31,32).
Alliance conclue dans le sang de l’agneau pascal (pascal=passage), figure et annonce du sang de Jésus Rédempteur.
Il faut insister sur ce fait, sur cette Révélation, que la Rédemption, le salut s’inscrivent dans l’acte historique de la libération temporelle – sociale, économique et politique- d’un peuple de pauvres, opprimé.
A travers tout l’Ancien Testament, dans la traduction grecque des Septante, l’hébreu est rendu 90 fois par « racheter » : 44 fois avec le sens de « mettre en liberté », 41 fois avec celui de « délivrer, sauver », 5 fois avec celui d’arracher ; jamais avec celui de « délivrer contre rançon » (F. Prat)
Dans le Nouveau Testament, le vocabulaire inspiré ne contredit pas l’Ancien, évidement ; il le prolonge : la Rédemption, ce n’est pas que le sacrifice de Jésus ; la Rédemption englobe toute l’oeuvre du Rédempteur : Création, Incarnation, Calvaire, Retour du Christ, Résurrection générale, Règne de Dieu sur tout l’univers… Toute l’Alliance.
Comme l’ancienne Alliance, la nouvelle est scellée dans le sang de la victime du sacrifice, mais cette fois, c’est le sang de celui que l’Apocalypse appelle l’Agneau de Dieu : son propre Fils. La Rédemption, c’est le salut de « l’Église de Dieu qu’il s’est acquise par son propre sang »(Act20,28)
Rédemption « coûteuse » donc, ô combien !…Saint Paul parle à son sujet de « prix »… Mais c’est dans l’absolu : ce prix n’est pas une dette, Dieu n’intervient pas pour le demander ou le recevoir, il n’est versé à personne : c’est un sacrifice spontané, aimé, c’est tout.
C’est comme nos alpinistes du Pic Lénine. La victoire sur un 7000 « se paie à grand prix » -efforts, gelures, dangers, épuisements- mais ce prix n’a rien à voir avec un marchandage. De même la Passion du Christ, c’est le « travail » de sa victoire sur l’Adversaire des hommes, sur le péché des hommes, sur la souffrance et sur la mort des hommes. C’est son « travail » d’amour pour son Père et pour son Épouse l’Humanité. Il n’est qu’amour.
Rédemption d’amour :
     Puisque « Dieu est amour », il faut éliminer du mystère chrétien tout ce qui n’est pas amour . Alors, d’où nous viennent les idées tenaces de divinité lésée , d’expiation, de dette, de vengeance ?… Ce sont des idées instinctives à l’homme, donc des idées païennes que la Révélation n’arrive pas à déraciner.
« Presque toutes les religions gravitent autour du problème de l’expiation ; elles surgissent de la conscience que l’homme a de sa culpabilité devant Dieu ; elles constituent une tentative pour mettre fin à ce sentiment de culpabilité, pour surmonter la faute (et la peur) par des oeuvres d’expiation que l’on offre à Dieu.
« Dans le Nouveau Testament, les choses se présentent de façon plutôt inverse. Ce n’est pas l’homme qui s’approche de Dieu pour lui apporter son offrande compensatrice, c’est Dieu qui vient à l’homme pour lui donner. Par l’initiative de la puissance de son amour, Dieu rétablit le droit lésé, en justifiant l’homme injuste par sa miséricorde créatrice, en revivifiant celui qui était mort. Sa justice est grâce… Telle est la révolution que le christianisme a apporté dans l’histoire des religions. Le Nouveau Testament ne dit pas que les hommes se réconcilient avec Dieu, comme nous devrions en fait nous y attendre, puisque ceux sont eux qui ont commis la faute et non pas Dieu. Le Nouveau Testament affirme au contraire que c’est « Dieu qui, dans le Christ, se réconciliait le monde » 3 (2Co:5,19) (Joseph Ratzinger)
Le chapitre 15 de Luc nous dit que ce n’est pas l’homme qui cherche Dieu, c’est Dieu qui cherche l’homme et le ramène sur ses épaules ; c’est Dieu qui fait les frais de la réintégration magnifique du Prodigue et de la pitié onéreuse du Samaritain… »Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils » (Jean:3,16). En plein accord d’amour avec son Père, « le Christ s’est livré pour nous » (Gal:1,4). Et quels « nous » ? « Des impies…. encore pécheurs » (Romains:5,6ss ;cf. Eph:2)… Pour nous tous.
Pour moi personnellement : il faut lire ici et méditer l’extraordinaire texte de Romains 8,31-39 :
« Que dire de plus ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous tous, comment, avec son Fils, ne nous donnerait-il pas tout ? Qui accusera ceux que Dieu a élus alors que Dieu les justifie ? Qui condamnera alors que Jésus Christ est mort, bien plus : ressuscité, et qu’il est à la droite de Dieu à intercéder pour nous ? Qui nous séparera de l’amour du Christ ?… Oui, j’en ai l’assurance : ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni les forces des hauteurs ni celles des profondeurs, ni aucune créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur »
Rédemption « dans la chair » :
« Il n’y a donc plus de condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus » (Rom8,1), mais le don gratuit, le pardon gratuit.
Cependant un amour vrai ne peut être indulgence bénisseuse indifférente à la qualité de l’être aimé ?…. L’Humanité, Dieu « entendait se la présenter comme une épouse toute glorieuse et sans tâche ni ride, mais sainte et immaculée » (Eph.5,27)
Comment ? « la chair » -c’est-à-dire cette humanité- « était impuissante » à se faire belle et propre… Eh bien,
« c’est l’Esprit de vie qui t’a affranchi, dans le Christ, de la loi du péché et de la mort : Dieu l’a fait en envoyant, en vue du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché ; il a ainsi condamné le péché dans la chair afin que la justice s’accomplit en nous » (Rom8,2-4)
En d’autres termes, Dieu va exiger que l’Humanité soit sanctifiée, transformée à l’intérieur d’elle-même. Il lui doit cette exigence, puisqu’il l’aime. Mais c’est lui qui en fait les frais : il se fait homme , il devient ainsi membre à part entière de cette Humanité, il en est même le Chef, la Tête. Il est des nôtres. En lui, c’est l’Humanité donc qui offre à Dieu sur la croix, le sacrifice d’amour de son « obéissance jusqu’à en mourir. »
Ainsi sont dépassés tous les efforts dont le monde est rempli pour se réconcilier Dieu par des cultes et des rites expiatoires. Dieu n’a que faire des boucs et des taureaux 4(cf. Ps50). La seule adoration, c’est le « oui » inconditionnel des hommes. Or Jésus, en notre nom à tous, publiquement, à la face du monde, a offert son Père, non des choses, mais sa propre personne, son propre sang (Héb9,14)
La Rédemption est ainsi offerte dans la chair, dans l’Humanité. Et par elle. Il n’y a plus d’autre culte valable que ce sacrifice rédempteur. Plus d’autre prêtre que Jésus Christ.
Annexes :
Quelques versets à méditer suivant la lecture de ce texte :
1 : « Voilà pourquoi il est le médiateur d’une alliance nouvelle, afin que par la mort qu’il a soufferte pour racheter les transgressions commises sous la première alliance, ceux qui sont appelés reçoivent l’héritage éternel promis » (Héb9,15)
Ou encore : « Dieu, notre Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Car il n’y a qu’un Dieu, il n’y a qu’un médiateur entre Dieu et les hommes, un homme, le Christ Jésus, qui s’est donné en rançon  pour nous. Tel est le témoignage rendu aux moments marqués. » (1Tim2,4-6)
2 : « J’ai moi-même entendu les soupirs des fils d’Israël que les Égyptiens asservissent, et je me suis souvenu de mon alliance. C’est pourquoi je dis aux fils d’Israël : Je suis Yahvé ! Je vous ferai sortir de dessous les corvées d’Égypte, je vous délivrerai de sa servitude, et je vous rachèterai par un bras étendu et par de grands châtiments. Je vous prendrai pour mon peuple et je serai votre Dieu : et vous saurez que je suis Yahvé, votre Dieu, qui vous fais sortir de dessous les corvées d’Égypte. Je vous ferai entrer dans le pays que j’ai juré, ma main levée, de donner à Abraham, à Isaac et à Jacob, et je vous le donnerai en possession : je suis Yahvé ! » (Ex6,5-8)
3 : « Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une nouvelle créature : l’être ancien a disparu, un être nouveau est là. Et le tout vient de dieu, qui nous a réconcilié avec lui par le Christ et nous a donné le ministère de la réconciliation. Car c’était bien Dieu qui, dans le Christ se réconciliait avec le monde, ne tenant plus compte des fautes des hommes et mettant sur nos lèvres la parole de la réconciliation » (2Cor5,17-19)
4 : « Écoute mon peuple, que je parle. Ce n’est pas pour tes sacrifices que je te blâme, tes holocaustes sont devant moi constamment. Je ne prendrai pas de ta maison un taureau, ni des boucs de tes parcs ; car ils sont à moi, tous les animaux des forêts, les bêtes des monts par milliers. Si j’avais faim, je ne te le dirais pas ; car le monde est à moi et ce qui le remplit. Offre à dieu un sacrifice de louange, acquitte tes vœux au Très-Haut. » (Ps50,7-17)

Jesus teaching

4 juillet, 2011

Jesus teaching dans images sacrée iconJesusTeaching

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