Archive pour mai, 2011

mercredi 18 mai 2011 – Saint Félix de Cantalice

18 mai, 2011

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http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20110518&id=4157&fd=0

mercredi 18 mai 2011

SAINT FÉLIX de CANTALICE
Capucin
(+ 1587)

        Félix vit le jour à Cantalice, bourgade située au pied de l’Apennin. Dès le bas âge, il manifesta de telles marques de prédestination que ses compagnons l’avaient surnommé  » le petit Saint « . Ses parents, qui étaient de pauvres laboureurs, l’employèrent de bonne heure à garder les troupeaux. Cette vie allait bien à l’âme méditative de l’enfant : peu enclin aux conversations oiseuses, il recherchait les lieux solitaires, et y répétait souvent le Pater et l’Ave et les quelques formules pieuses qu’on lui avait apprises. Lorsque les autres bergers se livraient au sommeil, lui s’agenouillait devant un arbre sur l’écorce duquel il avait gravé une Croix.
         À neuf ans, Félix passa au service d’un riche bourgeois qui lui confia d’abord la garde de ses troupeaux, puis le chargea du labourage de ses terres. Le jeune homme aima son nouvel emploi qui lui permettait d’assister tous les jours à la Messe avant de se rendre aux champs. Cet humble travailleur, sans instruction, qui n’avait fréquenté aucune école, avait beaucoup appris du Saint-Esprit. Comme il l’avouait plus tard, il ne connaissait que six lettres : cinq rouges et une blanche. Les cinq rouges étaient les cinq plaies du Sauveur, et la blanche était la Vierge Marie.
         Dieu lui inspira d’embrasser un genre de vie plus parfait. À un parent qui lui objectait les austérités de la vie religieuse, il répondit :  » Je veux être religieux tout de bon ou ne pas m’en mêler « . Il alla frapper à la porte des Capucins. À la vue de ce paysan du Danube, le Père Gardien, voulant l’éprouver, lui dit : « Vous venez sans doute ici pour avoir un habit neuf et y vivre sans rien faire. Ou bien vous croyez que vous allez commander aux religieux comme vous commandiez à vos bœufs. Renoncez à ce projet et n’y pensez plus « . Mais le postulant répondit à ce compliment si humblement et si sensément que le terrible Gardien l’admit sur-le-champ.
         Devenu profès, le Frère Félix fut fixé au couvent de Rome avec les attributions de quêteur. Il resta quarante ans dans cet humble emploi, allant chaque jour, la besace sur le dos, pieds nus, et récitant son chapelet, quêter la subsistance de ses frères. Les humiliations, comme les peines corporelles, étaient pour lui ses roses du Paradis ; il ne craignait pas de s’appeler lui-même l’âne du couvent des Capucins.  » Mais où est-il donc, votre âne ? Frère Félix « , lui demanda-t-on un jour. –  » C’est moi !  » répondit l’humble religieux.
         Dans sa vieillesse, le Cardinal protecteur de l’Ordre lui offrit de le faire décharger de ses fatigantes fonctions.  » Monseigneur, répondit Félix, laissez-moi mon office de quêteur : un soldat doit mourir l’épée à la main, un âne sous sa charge, et Frère Félix sous sa besace « .
         La mortification allait de pair avec son esprit de pauvreté et d’humilité : il se privait même des satisfactions les plus légitimes, telles que de s’approcher du feu l’hiver.  » Allons, Frère âne, disait-il à son corps, il faut que tu te réchauffes sans feu ; car c’est ainsi que doivent être traitées les bêtes de somme… Loin du feu, Frère âne, loin du feu ! C’est devant le feu que saint Pierre renia son Maître.  »
         Il  supporta patiemment de douloureuses infirmités et Dieu rappela à lui le Frère Félix, le 18 mai 1587.

J.M. Planchet, Nouvelle Vie des Saints, p. 199

LE GOLGOTA ET LE SAINT SÉPULCRE

18 mai, 2011

du site:

http://198.62.75.1/www1/jhs/TSspfren.html

LE GOLGOTA ET LE SAINT SÉPULCRE 

Origène (III s.) nous rapporte la tradition (d’origine juive) relative au sépulcre d’Adam à l’endroit même de la crucifixion du Christ (Golgota ou Lieu du Crâne): « de façon à ce que, comme tous meurent en Adam, tous puissent ressusciter en Christ ». Une absidiole au pied du Calvaire (Chapelle d’Adam) perpétue cet antique souvenir de nature symbolique. Eusèbe de Césarée, avant même que ne soient entrepris les travaux (327-335) par ordre de l’empereur Constantin, admet: « Le lieu du Crâne, où le Christ fut crucifié, est encore aujourd’hui visible in Èlia, au nord du mont Sion », et cela bien qu’un culte idolâtrique (de la déesse Venus /Aphrodite) se soit depuis longtemps implanté sur le lieu. Une croix précieuse, qui a été perdue suite à de nombreuses destructions, n’a pas tardé à prendre place sur le petit monticule rocheux que les chrétiens considèrent comme le nombril ou centre spirituel du monde (Cyrille de Jérusalem, IV s.).
Eusèbe de Césarée (vers 340) rapporte en détail les circonstances qui portèrent à la découverte de la tombe du Christ, enfouie sous un gigantesque terre-plein depuis le temps de l’empereur Hadrien (135 d. C.): il raconte en effet comment l’empereur Constantin (peu après 325) avait ordonné d’abattre le temple païen et de fouiller en profondeur « et alors, contre tout espoir, apparut… le vénéré et saint témoin de la résurrection qui porta le salut ». Depuis, la tombe retrouvée a toujours bénéficié de la vénération, et, jusqu’à la destruction ordonnée par le calife Hakim (1009) on pouvait l’observer complètement dégagée au milieu du rochet. Elle était revêtue de marbre seulement à l’extérieur (Arculfe, VII s.).
De la basilique constantinienne composée de trois parties, (Martyrion, Triportique et Anastasis) il ne reste aujourd’hui que la rotonde de l’Anastasis. Elle fut plusieurs fois rénovée, comme un grandiose mausolée au dessus de la tombe vide du Christ. Le reste de la construction (qui comprenait l’entrée sud, le Catholicon au centre, le déambulatoire et la chapelle souterraine de Sainte Hélène) est une oeuvre croisée (1141). Le tremblement de terre de 1927 a procuré de graves lésions au monument; les restaurations, commencées en 1960, nous ont donné l’occasion d’approfondir nos connaissances sur l’histoire et la topographie du lieu à l’époque du Christ.
Les Franciscains officient dans la basilique du XIV s. tandis que d’avec d’autres Chrétiens le font dans leur rite propre. Les sultans, du Caire, puis de Constantinople (à partir de 1517) ont disposé des droits de chacun selon leur bon vouloir, jusqu’à la reconnaissance du Statu quo (1757 et 1852), un « ordre de fer » qui règle encore aujourd’hui la façon de vivre ensemble des diverses communautés.

ÉVANGILE DE LA VEILLÉE DE PÂQUES – (Matthieu 28,1-10)
Après le sabbat, à l’heure où commençait le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent faire leur visite au tombeau de Jésus. Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre: l’Ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. Il avait l’aspect de l’éclair et son vêtement était blanc comme la neige. Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, furent bouleversés et devinrent comme morts. Or, l’Ange, s’adressant aux femmes, leur dit: « Vous, soyez sans crainte! je sais que vous cherchez Jésus 1e Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples: « Il est ressuscité d’entre les morts; il vous précède en Galilée: là, vous le verrez! » Voilà ce que j’avais à vous dire. » Vite, elles quittèrent le tombeau, tremblantes et toutes joyeuses, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit: « Je vous salue. » Elles s’approchèrent et, lui saisissant les pieds, elles se prosternèrent devant lui, alors Jésus leur dit: « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée: c’est là qu’ils me verront. »
L e crucifié qui ressuscite, c’est l’absolu bonheur. Il ne faut donc pas s’étonner d’y trouver un peu de confusion. Que s’est-il passé? Que se passe-t-il? Soyons francs: à la première question, ce texte de Matthieu ne permet guère de répondre. En effet, que s’est-il passé devant Marie Madeleine et Marie? Un grand tremblement de terre, comme le dit l’évangéliste? Comment se fait-il que les autres récits de l’Évangile n’en soufflent mot? Il est bien évident que Matthieu ne répond pas vraiment à la question: « Que s’est-il passé? » Il répond à la question, tellement plus intéressante: « Que se passe-t-il aujourd’hui? » Cette question, c’est celle des auditeurs de Matthieu, trente ou quarante ans après l’événement. Et c’est la nôtre: comment, aujourd’hui, Jésus continue-t-il de ressusciter dans nos vies? Cet homme, mort de la plus ignoble des morts, il y a bientôt deux millénaires, on nous annonce, chaque matin de Pâque et, à vrai dire, à chaque Eucharistie, qu’il est vivant. Pour nous, qu’est-ce que cela veut dire? Que se passe-t-il? D’abord, un tombeau vide! L’ouvrage, le cadavre en nous de la vieillesse, des rancunes, des regrets, des trahisons, des routines, des lâchetés, de la mort en un mot, voici que tout cela s’effondre et disparaît. Et nous entendons, si nous savons bien ouvrir l’oreille du coeur, ce murmure dont Matthieu fait le message de l’Ange, puis du Ressuscité lui-même: « Soyez sans crainte, n’ayez pas peur » La joie de Pâque, c’est vraiment le bouleversement suprême. Tous ne la vivent pas en cette grande aurore du « premier jour de la semaine », mais elle est en marche vers eux aussi, elle les rejoindra. Prions pour qu’elle nous rejoigne tous. Que nul ne soit laissé à son désespoir ou à son dégoût, dans la tristesse des choses mortes. Car « il n’est plus ici », près des tombeaux de nos illusions, figé dans notre passé et nos déceptions. « Il nous précède en Galilée », c’est-à-dire dans l’avenir.

avez-vous fait vos prières ce soir?

16 mai, 2011

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Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ?

16 mai, 2011

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« Il descendit aux enfers ». La surprise de Pâques (Sandro Magister)

16 mai, 2011

du site:

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1347627?fr=y

« Il descendit aux enfers ». La surprise de Pâques

Au cœur de la Semaine Sainte, le hors-programme de Benoît XVI à la télévision. Avec deux réponses inhabituelles à propos de Jésus ressuscité. Les passages marquants des homélies qu’il a prononcées au cours du triduum sacré

par Sandro Magister

ROME, le 24 avril 2011 – Au milieu des célébrations de la Semaine Sainte, Benoît XVI a inséré, cette année, un hors-programme. Précisément au début de l’après-midi du Vendredi, à l’heure de la mort de Jésus.
À cette heure-là, sur la première chaîne de la télévision d’état italienne, dans le cadre d’une émission intitulée « A sua immagine » [À son image], le pape Joseph Ratzinger a répondu, devant des millions de téléspectateurs, à sept questions qui lui ont été posées par des gens de différents pays, à propos de sujets qui étaient tous cruciaux.
Une fillette lui a demandé, depuis le Japon, la raison du tremblement de terre.
Une mère lui a demandé, depuis l’Italie, si l’âme avait déjà quitté le corps de son fils qui est depuis deux ans dans un état végétatif.
Trois jeunes de Bagdad ont demandé au pape ce qu’il fallait faire face aux persécutions dont les chrétiens sont victimes.
Une musulmane lui a demandé, depuis la Côte d’Ivoire, comment rétablir la paix et l’harmonie entre les chrétiens et les musulmans.
Les réponses du pape à ces quatre premières questions sont celles qui ont eu le plus d’échos dans les médias.
Mais ses réponses aux trois questions suivantes méritent également l’attention. Les deux premières – reproduites intégralement ci-dessous – abordent des thèmes que Benoît XVI prend particulièrement à cœur, notamment parce qu’ils ont été trop négligés par la prédication courante au cours des dernières décennies.
Ce sont les thèmes des réalités ultimes de la vie de tout homme – ce que l’on appelle les « fins dernières » – abordées et expliquées à la lumière de Jésus mort et ressuscité.
Des thèmes auxquels Benoît XVI a consacré une part importante de « Spe salvi », la plus géniale de ses encycliques, qui est entièrement de sa main. Mais ce n’est pas tout. Il y est revenu à de nombreuses reprises. Par exemple à l’occasion d’une audience générale, celle du mercredi 12 janvier 2011, consacrée au purgatoire.
Cette fois-ci, dans ses réponses télévisées de ce Vendredi Saint, le pape a concentré l’attention sur Jésus « descendu aux enfers » – ce qui est pour les Églises d’orient la façon de représenter sa résurrection, comme le montre l’icône russe reproduite sur cette page – et sur son corps ressuscité et « glorieux ».
Mais, en même temps, le pape a mis en évidence les effets de la résurrection de Jésus sur les hommes. Sur leurs destinées ultimes comme sur leur cheminement terrestre.
Sur cette terre – explique Benoît XVI – c’est l’eucharistie qui met les chrétiens en contact vital avec le corps glorieux de Jésus. Là le monde nouveau de la résurrection est déjà commencé.
*
Avec cette dernière interview télévisée, Benoît XVI a encore étendu la gamme des formes de communication auxquelles il a recours. Elles comprennent les déclarations magistérielles, les discours officiels, les encycliques, les exhortations, les lettres ouvertes, les essais théologiques, les leçons sur les Pères de l’Église, les vies de saints, les commentaires de la Sainte Écriture…

Ensuite un livre sur Jésus, en trois tomes, et un autre livre sous forme d’interview.
Et encore : des rencontres qui donnent lieu à des questions-réponses avec des prêtres, des jeunes ou des enfants, des conférences de presse, des interviews, des films, et maintenant, aussi, ce premier questions-réponses télévisé.
Benoît XVI est le pape de la parole. Il est donc naturel que ses propos et ses écrits prennent ces formes multiples. Y compris celles qui lui permettent d’atteindre ses auditeurs et ses lecteurs de manière directe, sans intermédiaires.
Mais s’il y a une parole qui, pour lui, est au-dessus de toutes les autres, c’est celle des homélies. Parce que dans la liturgie la parole se fait réalité et « le Verbe se fait chair ».
Il ne faut donc pas s’étonner si Benoît XVI apporte à ses homélies un soin sans égal.
Comme on a pu le remarquer au cours de cette Semaine Sainte. Dont
www.chiesa a déjà présenté en avant-première quelques éléments. Et en présente d’autres sur cette même page, ci-dessous.

(TEXTE INTEGRAL SUR EN AUTRE POST CI-DESSOUS – Gabriella)
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BENOÎT XVI ET LA SOUFFRANCE : « MOI AUSSI JE ME POSE LES MÊMES QUESTIONS »

16 mai, 2011

du site:

http://www.zenit.org/article-27699?l=french

BENOÎT XVI ET LA SOUFFRANCE : « MOI AUSSI JE ME POSE LES MÊMES QUESTIONS »

Interview exceptionnelle du pape à la télévision italienne pour le Vendredi Saint

ROME, Vendredi 22 avril 2011 (ZENIT.org) – « Moi aussi je me pose les mêmes questions. Pourquoi devez-vous tant souffrir, alors que d’autres vivent aisément ? Nous n’avons pas les réponses, mais… » c’est le début de la réponse de Benoît XVI à une Japonaise de 7 ans, Elena.
Benoît XVI a accordé une interview exceptionnelle à RAI 1, première chaîne télévisée du service public italien, dans le cadre de l’émission « A Sua immagine » (« A son image »).
Le pape a accepté de répondre à des questions envoyées à l’avance par des téléspectateurs de différents pays. L’émission, enregistrée, a été diffusée aujourd’hui, à l’occasion du Vendredi Saint, de 14h10 à 15 h 30.
Une petite fille du Japon a été la première à poser sa question, mais aussi des jeunes d’Irak, une musulmane de Côte d’Ivoire, une maman dont le fils est en état végétatif… des questions sur la douleur, la paix, la persécution.
Voici la transcription et la traduction en français de ces sept questions diffusée par la Salle de presse du Saint-Siège :
1- Question d’une petite fille du Japon – Je m’appelle Elena, je suis Japonaise et j’ai sept ans. J’ai très peur car la maison dans laquelle je me sentais en sécurité a tremblé, énormément, et beaucoup d’enfants de mon âge sont morts. Je ne peux pas aller jouer au parc. Je vous demande : pourquoi dois-je avoir si peur ? Pourquoi les enfants doivent-ils être si tristes ? Je demande au Pape qui parle avec Dieu de me l’expliquer.
Benoît XVI – Chère Elena, je te salue de tout coeur. Moi aussi je me pose les mêmes questions. Pourquoi devez-vous tant souffrir, alors que d’autres vivent aisément ? Nous n’avons pas les réponses, mais nous savons que Jésus a souffert comme vous, innocent, que le vrai Dieu qui se montre en Jésus est à vos côtés. Cela me semble très important, même si nous n’avons pas de réponse et si la tristesse demeure : Dieu est à vos côtés et vous pouvez être certains que cela vous aidera. Et un jour, nous comprendrons pourquoi il en était ainsi. Pour le moment, il me semble important que vous sachiez : « Dieu m’aime, même s’il semble ne pas me connaître. Non, il m’aime, il est à mes côtés ». Et vous devez être sûrs que dans le monde, dans l’univers, beaucoup sont avec vous, pensent à vous, font leur possible pour vous, pour vous aider. Et soyez conscients qu’un jour, vous comprendrez que cette souffrance n’était pas vide, n’était pas vaine, mais que, derrière elle, il y a un bon projet, un projet d’amour. Ce n’est pas par hasard. Sois sûre que nous sommes avec toi et avec tous les enfants japonais qui souffrent, que nous voulons vous aider par la prière et par nos actes, et soyez sûrs que Dieu vous aide. Et c’est pourquoi nous prions ensemble pour que la lumière vous éclaire au plus vite.
2 – Question d’une maman italienne, Maria Teresa – Sainteté, l’âme de mon fils Francesco qui est dans un état végétatif depuis le jour de Pâques 2009, a-t-elle abandonné son corps, vu qu’il n’est plus conscient, ou est-elle encore en lui ?
Benoît XVI – Bien sûr, son âme est encore présente dans son corps. La situation, est un peu celle d’une guitare dont les cordes sont détruites et ne peuvent plus résonner. L’instrument qu’est le corps, est lui aussi fragile, il est vulnérable, et l’âme ne peut résonner, pour ainsi dire, mais elle est bien présente. Je suis aussi certain que cette âme cachée ressent en profondeur votre amour, même si elle n’en comprend pas les détails, les paroles, etc. Mais elle sent la présence d’un amour. Et c’est pourquoi votre présence, chers parents, chère maman, près de lui, chaque jour, durant des heures, est un véritable acte d’amour de grande valeur, parce que cette présence entre dans la profondeur de cette âme cachée et votre acte est ainsi également un témoignage de foi en Dieu, de foi en l’homme, de foi, disons, d’engagement pour la vie, de respect pour la vie humaine, y compris dans les situations les plus tristes. Je vous encourage donc à continuer, sachant que vous rendez un grand service à l’humanité par ce geste de confiance, par ce signe de respect de la vie, par cet amour pour un corps déchiré, une âme souffrante.
3 – Question de jeunes d’Irak, de Bagdad, où les chrétiens sont persécutés – Bonjour au Saint-Père depuis l’Irak. Nous, les chrétiens de Bagdad, avons été persécutés comme Jésus. Saint-Père, selon vous, de quelle façon pouvons-nous aider notre communauté chrétienne à reconsidérer son souhait d’émigrer dans d’autres pays, en la convaincant que partir n’est pas la seule solution ?
Benoît XVI – Je voudrais, avant tout, saluer de tout coeur tous les chrétiens d’Irak, nos frères, et je dois dire que je prie chaque jour pour les chrétiens en Irak. Ce sont nos frères souffrants, comme dans d’autres endroits du monde aussi, et ils sont donc particulièrement chers à notre coeur. Nous devons faire notre possible pour qu’ils puissent rester, pour qu’ils puissent résister à la tentation de migrer qui est très compréhensible vu les conditions dans lesquelles ils vivent. Je dirais qu’il est important que nous soyions proches de vous, chers frères d’Irak, que nous voulons vous aider, même quand vous venez chez nous, et vous recevoir réellement comme des frères. Naturellement, les institutions, tous ceux qui ont réellement la possibilité de faire quelque chose en Irak pour vous, doivent le faire. Le Saint-Siège est en contact permanent avec les différentes communautés, pas seulement avec les communautés catholiques, mais aussi avec les autres communautés chrétiennes, et aussi avec nos frères musulmans, qu’ils soient chiites ou sunnites. Nous voulons faire un travail de réconciliation, de compréhension, également avec le gouvernement, pour l’aider dans ce chemin difficile de recomposer une société déchirée. Parce que le problème est là : la société est profondément divisée, déchirée et il n’y a plus cette conscience d’être, dans la diversité, un peuple avec une histoire commune, et où chacun à sa place. Ils doivent reconstruire cette conscience que, dans la diversité, ils ont une histoire en commun, une détermination commune. Nous voulons, par le dialogue, avec les différents groupes, aider le processus de reconstruction et vous encourager, chers frères chrétiens d’Irak, à avoir confiance, à être patients, à avoir confiance en Dieu et à collaborer dans ce processus difficile. Soyez assurés de notre prière.
4 – Question de Bintù, une femme musulmane de Côte d’Ivoire, frappée par la guerre civile, qui commence par une salutation en arabe signifiant : « Que Dieu soit au milieu de toutes les paroles que nous nous échangerons et que Dieu soit avec toi ». Elle demande ensuite en français : Cher Saint-Père, ici en Côte d’Ivoire, nous avons toujours vécu en harmonie entre chrétiens et musulmans. Les familles sont souvent formées de membres des deux religions. Il existe aussi une diversité d’ethnies, mais nous n’avons jamais eu de problèmes. Aujourd’hui, tout a changé : la crise que nous vivons, à cause de la politique, sème la division. Combien d’innocents ont perdu la vie ! Combien de réfugiés, combien de mamans et combien d’enfants traumatisés ! Les messagers ont exhorté à la paix, les prophètes ont exhorté à la paix. Jésus est un homme de paix. Vous, en tant qu’ambassadeur de Jésus, que conseilleriez-vous pour notre pays ?
Benoît XVI – Je voudrais répondre à ce salut : Dieu soit aussi avec toi, qu’il t’aide toujours. Je dois dire que j’ai reçu des lettres déchirantes de Côte d’Ivoire, qui rendent compte de toute la tristesse, de la profondeur de la souffrance, et je suis attristé que nous puissions faire si peu. Nous pouvons toujours faire une chose : être en union de prière avec vous et, dans la mesure du possible, agir dans la charité. Nous voulons surtout encourager, autant qu’il est possible, les contacts politiques et humains. J’ai chargé le Cardinal Turkson, qui est Président de notre Conseil Justice et Paix, d’aller en Côte d’Ivoire et de chercher à servir de médiateur, de parler avec les différents groupes, avec les différentes personnes pour encourager un nouveau départ. Nous voulons surtout faire entendre la voix de Jésus, auquel vous aussi vous croyez comme prophète. Il a toujours été l’homme de la paix. On pouvait s’attendre, lors de la venue de Dieu sur terre, à ce qu’il s’agisse d’un homme d’une grande force, qui détruise les puissances adverses, qu’il soit un homme de grande violence pour établir la paix. Rien de cela en fait. Il est venu faible avec la seule force de l’amour, totalement sans violence jusqu’à se laisser crucifier. Voilà le vrai visage de Dieu. La violence ne vient jamais de Dieu, elle n’aide jamais à faire de bonnes choses, elle est un moyen destructeur et ne constitue pas un chemin pour sortir des difficultés. Il est donc une forte voix contre tout type de violence. J’invite fortement toutes les parties à renoncer à la violence et à chercher les chemins de la paix. Vous ne contribuerez pas à la recomposition de votre peuple par la violence même si vous pensez avoir raison. La seule voie est de renoncer à la violence, de reprendre le dialogue et de tenter de trouver ensemble la paix avec une nouvelle attention de l’un pour l’autre, avec une nouvelle disponibilité à s’ouvrir l’un à l’autre. Et cela, chère Madame, est le vrai message de Jésus : chercher la paix par les moyens de la paix et cesser la violence. Nous prions pour vous, pour que tous les composants de votre société entendent cette voix de Jésus et que reviennent ainsi la paix et la communion.
5 – Question d’un Italien – Sainteté, que fait Jésus dans le laps de temps entre sa mort et sa résurrection ? Et puisque dans le Credo, on dit que Jésus, après la mort, est descendu aux Enfers, pouvons-nous penser que cela nous arrivera à nous aussi, après la mort, avant de monter au Ciel ?
Benoît XVI – Tout d’abord, cette descente de l’âme de Jésus ne doit pas être imaginée comme un voyage géographique, local, d’un continent à l’autre. C’est un voyage de l’âme. Nous ne devons pas oublier que l’âme de Jésus touche toujours le Père, qu’elle est toujours en contact avec le Père, mais qu’en même temps, cette âme humaine s’étend jusqu’aux dernières frontières de l’être humain. C’est pourquoi elle va en profondeur, aux égarés, vers tous ceux qui ne sont pas arrivés au but de leur vie et elle transcende ainsi les continents du passé. Ce passage de la descente de Jésus aux Enfers veut surtout dire que même le passé est rejoint par Jésus. Il embrasse le passé et tous les hommes de tous les temps. Les Pères disent, avec une image très belle, que Jésus prend Adam et Eve par la main, c’est-à-dire l’humanité, et la guide en avant, la guide vers le haut. Et il crée ainsi l’accès à Dieu, parce que l’homme, par lui même, ne peut atteindre la hauteur de Dieu. Lui même, en étant homme, en prenant l’homme par la main, ouvre l’accès. Qu’ouvre-t-il ? La réalité que nous appelons le Ciel. C’est pourquoi cette descente aux Enfers, c’est-à-dire dans les profondeurs de l’être humain, dans les profondeurs du passé de l’humanité, est une partie essentielle de la mission de Jésus, de sa mission de rédempteur et ne s’applique pas à nous. Notre vie est différente. Nous sommes déjà rachetés par le Seigneur et nous arrivons devant le visage du Juge, après notre mort, sous le regard de Jésus. Ce regard sera purifiant d’une part car je pense que tous, dans une plus ou moins grande mesure, nous aurons besoin de purification. Le regard de Jésus nous purifie et, ensuite, nous rend capable de vivre avec Dieu, de vivre avec les saints, de vivre surtout en communion avec les personnes qui nous sont chères et qui nous ont précédés.
6 – Question d’Italie – Sainteté, quand les femmes arrivent au Tombeau, le dimanche suivant la mort de Jésus, elles ne reconnaissent pas le maître et le prennent pour un autre. Et il en va de même pour les apôtres : Jésus doit montrer ses plaies, rompre le pain pour être reconnu précisément par ses gestes. Il est un vrai corps de chair mais aussi un corps glorieux. Le fait que son corps ressuscité n’ait pas les mêmes traits que celui d’avant, que cela signifie-t-il ? Que signifie exactement corps glorieux ? Et la Résurrection sera-t-elle ainsi pour nous ?
Benoît XVI – Naturellement, nous ne pouvons définir le corps glorieux parce qu’il est au-delà de nos expériences. Nous pouvons seulement enregistrer les signes que Jésus nous a donné pour comprendre au moins un peu dans quelle direction nous devons chercher cette réalité. Premier signe : le tombeau est vide. En fait, Jésus n’a pas laissé son corps se corrompre. Il nous a montré que même la matière est destinée à l’éternité, qu’il est réellement ressuscité, que rien n’est perdu. Jésus a pris aussi la matière avec lui et, ainsi, la matière a aussi la promesse de l’éternité. Mais ensuite, il a endossé cette matière dans une nouvelle condition de vie et ceci est le second point : Jésus ne meurt plus, il est en fait au-dessus des lois de la biologie, de la physique parce que l’on meurt si l’on est soumis à elles. Il existe donc une nouvelle condition, différente, que nous ne connaissons pas, mais qui se montre en Jésus. C’est la grande promesse pour nous tous d’un monde nouveau, d’une vie nouvelle vers laquelle nous sommes en marche. Et dans ces conditions, Jésus a la possibilité de se laisser toucher, de donner la main aux siens, de manger avec eux, tout en restant cependant au-dessus des conditions de la vie biologique telle que nous la vivons. Nous savons, d’une part, qu’il est un vrai homme, non un fantôme, vivant une vraie vie, mais une vie nouvelle qui n’est plus soumise à la mort et qui est notre grande promesse. Il est important de comprendre cela, dans la mesure du possible, pour l’Eucharistie. Dans l’Eucharistie, le Seigneur nous donne son corps glorieux. Il ne nous donne pas sa chair à manger au sens biologique. Il se donne lui-même, nouveauté qu’il est. Il entre dans notre « être » humains, dans notre et dans mon « être » personne, en tant que personne, et il nous touche intérieurement avec son être, de façon à ce que nous puissions nous laisser pénétrer par sa présence, transformer en sa présence. C’est un point important car nous sommes ainsi déjà en contact avec cette nouvelle vie, ce nouveau type de vie, étant lui entré en moi, et moi sorti de moi et qui m’étends vers une nouvelle dimension de vie. Je pense que cet aspect de la promesse, de cette réalité qu’il se donne à moi et me tire en dehors de moi, en hauteur, est le point le plus important. Il ne s’agit pas d’enregistrer des choses que nous ne pouvons pas comprendre, mais d’être en chemin vers la nouveauté qui commence, toujours, de nouveau, dans l’Eucharistie.
7 – Question du journaliste Rosario Carello – Sous la croix, nous assistons à un dialogue touchant entre Jésus, sa mère et Jean, dans lequel Jésus dit à Marie : « Voici ton fils », et à Jean : « Voici ta mère ». Dans votre dernier livre, « Jésus de Nazareth », vous définissez cela comme « la dernière volonté de Jésus ». Comment devons-nous comprendre ces paroles ? Quel sens avaient-elles à ce moment et quel sens ont-elles aujourd’hui ? Et à propos de confiance, avez-vous à coeur de renouveler une consécration à la Vierge au début de ce troisième millénaire ?
Benoît XVI – Ces paroles de Jésus sont surtout un acte très humain. Nous voyons Jésus comme un vrai homme qui pose un acte d’homme, un acte d’amour pour sa mère en confiant sa mère au jeune Jean pour qu’elle soit en sécurité. Une femme seule, en Orient, à cette époque, était dans une situation impossible. Il confie sa maman à ce jeune homme et lui donne sa mère. Jésus agit ainsi vraiment comme un homme avec un sentiment profondément humain. Cela me semble très beau, très important, qu’avant toute théologie, nous voyons ici la vraie humanité, le vrai humanisme de Jésus. Mais naturellement, ce geste prend différentes dimensions et ne concerne pas seulement ce moment, mais toute l’histoire. Jésus nous confie tous avec Jean, toute l’Eglise, tous ses futurs disciples, à sa mère et sa mère à nous. Et cela s’est réalisé au cours de l’histoire : l’humanité et les chrétiens ont davantage compris que la mère de Jésus est leur mère. Et ils se sont davantage confiés à sa Mère : pensons aux grands sanctuaires, pensons à cette dévotion pour Marie où les gens entendent toujours plus « Voici ta Mère ». Et certains qui ont du mal à accéder à Jésus dans sa grandeur de fils de Dieu, se confient sans difficulté à sa Mère. On peut dire : « Mais cela n’a aucun fondement biblique ! ». Je répondrai ici avec saint Grégoire le Grand : « C’est en lisant -a-t-il dit- que grandissent les paroles de l’Ecriture ». En fait, elles se développent dans la réalité, grandissent, et cette Parole se développe toujours plus dans l’histoire. Nous voyons comment nous pouvons être tous reconnaissants parce que notre Mère existe réellement, une mère qui nous a été donnée à tous. Nous pouvons aller avec une grande confiance vers cette Mère qui est, pour chaque chrétien, sa Mère. D’autre part, cette Mère représente aussi l’Eglise. Nous ne pouvons pas être chrétiens tout seuls, avec un christianisme construit à notre idée. La Mère est l’image de l’Eglise, de l’Eglise-Mère, et en nous confiant à Marie, nous devons aussi nous confier à l’Eglise, vivre l’Eglise, être l’Eglise avec Marie. Et j’en arrive ainsi au point de la consécration : les Papes -que ce soit Pie XII, Paul VI ou Jean-Paul II, ont fait un grand acte de consécration à la Vierge et, il me semble que, comme geste devant l’humanité, devant Marie elle-même, c’était un geste très important. Je pense que maintenant, il est important d’intérioriser cet acte, de nous laisser pénétrer, de le réaliser en nous-mêmes. C’est pourquoi, je me suis rendu dans quelques grands sanctuaires mariaux dans le monde : Lourdes, Fatima, Czestochowa, Altötting…, toujours avec cette idée de concrétiser, d’intérioriser cet acte de consécration pour qu’il devienne réellement notre acte. Je pense que l’acte grand, public, a été fait. Peut-être, un jour, sera-t-il nécessaire de le répéter, mais aujourd’hui, il me semble plus important de le vivre, de le réaliser, d’entrer dans cette confiance pour qu’elle soit réellement nôtre. Par exemple, à Fatima, j’ai vu combien les personnes présentes sont réellement entrées dans cette confiance, se sont confiées, ont concrétisé en elles-mêmes, pour elles-mêmes cette confiance. C’est ainsi qu’elle devient réalité dans l’Eglise vivante et c’est aussi comme cela que grandit l’Eglise. La confiance commune à Marie, le fait de nous laisser tous pénétrer par sa présence et former, entrer en communion avec Marie, nous rend Eglise, nous fait devenir, avec Marie, réellement cette épouse du Christ. Je n’ai donc pas l’intention pour le moment de faire une nouvelle consécration publique, mais je voudrais vous inviter davantage à entrer dans cette confiance déjà posée pour qu’elle soit une réalité vécue par nous, chaque jour, et que grandisse ainsi une Eglise vraiment mariale qui est Mère, Epouse et Fille de Jésus.

Traduction française distribuée par la salle de presse du Saint-Siège

bonne nuit

15 mai, 2011

bonne nuit dans images sacrée darlingtonia_californica_e39

Darlingtonia californica

http://www.floralimages.co.uk/page.php?taxon=darlingtonia_californica,1

« Je suis le Bon Pasteur »

15 mai, 2011

http://www.parrocchiasanpietro.it/2009/05/03/il-vangelo-di-domenica-3-maggio-2009/

Jean Paul II, Audience Génerale, 9 mai 1979 – (sur le Thème du Bon Pasteur, ci-dessous la deuxième audience sur le Bon Pasteur)

15 mai, 2011

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/audiences/1979/documents/hf_jp-ii_aud_19790509_fr.html

JEAN-PAUL II

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 9 mai 1979

(sur le thème du Bon Pasteur, 1)

1. Pendant les quarante jours entre la Résurrection et l’Ascension, l’Église vit le mystère pascal en le méditant dans sa liturgie qui, pourrait-on dire, le reflète comme un prisme. Dans cette contemplation pascale de la liturgie, la figure du Bon Pasteur occupe une place particulière. Le quatrième dimanche de Pâques, nous relisons l’allégorie du Bon Pasteur au chapitre 10 de l’Évangile de saint Jean.
Dès les premiers mots, nous en voyons le sens pascal. Le Christ dit : « Je suis le Bon Pasteur. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. » (Jn 10, 11.) Nous savons que ces paroles ont reçu une nouvelle confirmation pendant la passion. Le Christ a offert sa vie sur la croix. Et il l’a fait avec amour. Il a surtout voulu correspondre à l’amour de son Père qui « a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3, 16). En accomplissant « ce commandement… reçu de son Père » (Jn 10, 18) et en révélant son amour, le Christ lui-même a connu d’une façon particulière cet amour du Père. Il le dit dans ce même discours : « Le Père m’aime parce que je donne ma vie, pour la reprendre ensuite. » (Jn 10, 17.) Le sacrifice du calvaire est surtout le don de lui-même, le don de sa vie qui, restant au pouvoir du Père, est rendue au Fils sous une forme nouvelle, splendide. Ainsi donc, la résurrection est le don de la vie rendue au Fils en récompense de son sacrifice. Le Christ en est conscient et il le dit dans l’allégorie du Bon Pasteur : « [ma vie] personne n’a pu me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner et le pouvoir de la reprendre » (Jn 10, 18).
Ces paroles se réfèrent évidemment à la résurrection et elles expriment toute la profondeur du mystère pascal.
2. Jésus est le Bon Pasteur parce qu’il donne sa vie au Père de cette manière : il l’offre en sacrifice pour ses brebis.
Nous nous trouvons ici devant une splendide et fascinante similitude qui était déjà si chère aux prophètes de l’Ancien Testament. Voici ce que dit Ezéchiel : « Ainsi parle le Seigneur Dieu : je vais chercher moi-même mon troupeau pour en prendre soin. Moi-même je ferai paître mon troupeau et je le ferai reposer. » (Ez 34, 11-15 ; cf. Jr 31, 30)
En reprenant cette image, Jésus a révélé un aspect de l’amour du Bon Pasteur que l’Ancien Testament ne pressentait pas encore : offrir sa vie pour ses brebis.
Dans son enseignement, nous le savons, Jésus se servait souvent de paraboles pour faire comprendre aux hommes, généralement simples et habitués à penser en images, la vérité divine qu’il annonçait. L’image du pasteur et du troupeau était familière à son auditoire et elle l’est toujours pour l’homme d’aujourd’hui. Même si la civilisation et la technique font des progrès fulgurants, cette image est encore et toujours actuelle dans notre réalité. Les bergers conduisent leurs troupeaux aux pâturages (comme par exemple dans les montagnes polonaises d’où je viens) et ils y passent l’été avec eux. Ils les accompagnent lorsqu’ils changent de pâturage. Ils font attention à ce qu’ils ne s’égarent pas et en particulier ils les défendent contre les animaux sauvages, comme nous le lisons dans l’Evangile : « Le loup s’empare des brebis et il les disperse. » (Cf. Jn 10, 12.)
Le Bon Pasteur, dans la parabole du Christ, est précisément celui qui, « voyant venir le loup », ne s’enfuit pas mais est prêt à exposer sa vie en luttant contre le prédateur pour qu’aucune de ses brebis ne se perde. S’il n’était pas prêt à agir ainsi il ne mériterait pas d’être appelé Bon Pasteur. Il serait un mercenaire, non un pasteur.
Tel est le discours allégorique de Jésus. Son sens essentiel c’est que « le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10 11). Dans le contexte des événements de la Semaine sainte, cela veut dire que Jésus, en mourant sur la croix, a offert sa vie pour tout homme et pour tous les hommes.
« Lui seul pouvait le faire ; lui seul pouvait porter le poids du monde entier, le poids d’un monde coupable, le fardeau du péché de l’homme, la dette accumulée du passé, du présent et de l’avenir, les souffrances que nous aurions dû mais que nous ne pouvions payer, « dans son propre corps, sur le bois de la croix » (1 P 2, 24), « par l’esprit éternel, s’offrant lui-même à Dieu comme une victime sans tache… pour servir le Dieu vivant » (He 9, 14). Voilà ce qu’a fait le Christ. Il a donné sa vie pour tous et c’est pourquoi on l’appelle le Bon Pasteur (card. J. H. Newman Parochial and Plain Sermons, 16, Londres 1899, p. 235). Par le sacrifice pascal, tous sont devenus son troupeau parce qu’à chacun il a assuré la vie divine et surnaturelle qui avait été perdue depuis la chute de l’homme à cause du péché originel. Lui seul pouvait la rendre à l’homme.
3. L’allégorie du Bon Pasteur et l’image des brebis qu’elle nous donne sont fondamentales pour comprendre ce qu’est l’Église et sa mission dans l’histoire de l’homme. L’Église ne doit pas seulement être un « troupeau » mais elle doit réaliser le mystère qui s’accomplit toujours entre le Christ et l’homme : le mystère du Bon Pasteur qui offre sa vie pour ses brebis. Saint Augustin dit : « Celui qui t’a cherchée le premier alors que tu le méprisais au lieu de le chercher te méprisera-t-il, ô brebis, si tu le cherches ? Commence donc à le chercher lui qui le premier t’a cherchée et t’a ramenée sur ses épaules. Fais que se réalisent ses paroles : les brebis qui sont à moi écoutent ma voix et elles me suivent. » (Enarrationes in Psalmos, Ps. LXIX, 6.)
L’Église, qui est le Peuple de Dieu, est en même temps une réalité historique et sociale où ce mystère se renouvelle et se réalise continuellement et de diverses manières. Différentes personnes ont une part active dans cette sollicitude pour le salut du monde, pour la sanctification du prochain qui est et ne cesse d’être la sollicitude propre du Christ crucifié et ressuscité. Telle est certainement, par exemple, la sollicitude des parents à l’égard de leurs enfants. Et même la sollicitude de tout chrétien, sans aucune différence, à l’égard de son prochain, de ses frères et de ses sœurs que Dieu met sur son chemin.
Cette sollicitude pastorale est évidemment d’une façon particulière la vocation des pasteurs : prêtres et évêques. Ils doivent d’une façon particulière avoir devant les yeux l’image du Bon Pasteur, méditer toutes les paroles du discours du Christ et y conformer leur vie.
Donnons encore une fois la parole à saint Augustin : « Que les bons pasteurs ne viennent pas à manquer ! Qu’ils ne manquent pas par notre faute et que la miséricorde divine ne cesse de les susciter et de les établir. Il est certain que s’il y a de bonnes brebis il y aura aussi de bons pasteurs. Ce sont en effet les bonnes brebis qui donnent les bons pasteurs. » (Sermones ad populum, I, Sermo XLIV, XIII, 30.)
4. Avec l’évangile du Bon Pasteur, la liturgie de l’Église retrace chaque année la vie et la mort de saint Stanislas, évêque de Cracovie. Dans le calendrier liturgique de l’Église universelle, sa fête tombe le 11 avril, date de son meurtre en 1079, par le roi Boleslas le Hardi. Mais, en Pologne, c’est le 8 mai qu’est célébrée la fête de celui qui est son patron principal.
Il y a cette année neuf cents ans, neuf siècles, qu’avec la liturgie nous pouvons redire qu’il a offert sa vie pour ses brebis (cf. Jn 10, 11). Et même si elle est si loin de nous dans le temps, sa mort ne cesse d’être un témoignage particulièrement éloquent.
Tout au long de leur histoire, mes compatriotes se sont unis spirituellement autour de la figure de saint Stanislas, surtout dans les périodes difficiles.
Cette année, qui est l’année du grand jubilé, en tant que premier Pape polonais et successeur — il y a encore peu de temps — de saint Stanislas sur le siège de Cracovie, je désire participer aux solennités en l’honneur du saint patron de la Pologne.
Avec tous ceux qui célèbrent cette solennité, nous voulons nous rapprocher de nouveau du Christ Bon Pasteur qui « donne sa vie pour ses brebis » afin qu’il soit notre force pour les siècles à venir et pour les nouvelles généra
tions.

Jean Paul II, Audience Génerale, 16 mai 1979 – (sur le Thème du Bon Pasteur, 2)

15 mai, 2011

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/audiences/1979/documents/hf_jp-ii_aud_19790516_fr.html

JEAN-PAUL II

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 16 mai 1979

(sur le Thème du Bon Pasteur, 2)

1. Je voudrais aujourd’hui revenir encore une fois sur l’image du Bon Pasteur. Cette image, comme nous l’avons dit la semaine dernière, est profondément gravée dans la liturgie du temps pascal. Il en est ainsi parce qu’elle imprègne profondément la conscience de l’Église, en particulier de l’Église des premières générations chrétiennes. Nous en avons un témoignage, entre autres, dans les représentations du Bon Pasteur qui datent de cette période historique. Cette image constitue évidemment une singulière synthèse du mystère du Christ et, en même temps, de sa mission qui se poursuit toujours. « Le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis. » (Jn 10, 11.)
Pour nous qui participons constamment à l’Eucharistie, qui obtenons la rémission de nos péchés dans le sacrement de la réconciliation ; pour nous qui connaissons l’incessante sollicitude du Christ pour l’homme, pour le salut des âmes, pour la dignité de la personne humaine, pour la rectitude et la limpidité des cheminements terrestres de la vie humaine, la figure du Bon Pasteur est aussi éloquente qu’elle l’était pour les premiers chrétiens qui, dans les peintures des catacombes représentant le Christ sous forme du Bon Pasteur, exprimaient la même foi, le même amour et la même gratitude. Et ils les exprimaient en des temps de persécutions où ils étaient menacés de mort à cause de leur foi au Christ ; où ils étaient obligés de chercher des cimetières souterrains pour y prier ensemble et y participer aux saints mystères. Les catacombes de Rome et des autres villes de l’ancien Empire constituent toujours un éloquent témoignage du droit de l’homme à professer publiquement la foi au Christ. Elles sont aussi toujours le témoignage de la force spirituelle qui émane du Bon Pasteur. Il s’est avéré plus puissant que l’ancien empereur, et le secret de cette force c’est la vérité et l’amour dont l’homme a toujours la même faim et dont il n’est jamais rassasié.
2. « Je suis le Bon Pasteur, dit Jésus ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît et que je connais le Père. » (Jn 10, 14-15) Combien merveilleuse est cette connaissance ! Elle va jusqu’à l’éternelle vérité et à l’amour, dont le nom est le « Père ». C’est précisément de cette source que vient la connaissance particulière qui fait naître la pure confiance. C’est une connaissance réciproque : « Je connais… et elles connaissent. »
Ce n’est pas une connaissance abstraite, une certitude purement intellectuelle qui s’exprime en disant : « Je sais tout de toi. » Une telle connaissance suscite la peur, elle conduit plutôt à se refermer : « Ne touchez pas à mes secrets, laissez- moi tranquille. » « Malheur à la connaissance… qui ne tourne pas à aimer. » (Bossuet, De la connaissance de Dieu et de soi-même, œuvres complètes, Bar-le-Duc 1870, Guérin, p. 86.) Mais le Christ, lui, dit : « Je connais mes brebis », et il s’agit d’une connaissance libératrice qui suscite la confiance. Parce que si l’homme défend l’accès de ses secrets, s’il veut les conserver pour lui seul, il a encore un besoin plus grand : il a « faim et soif » de quelqu’un devant qui il pourrait s’ouvrir, auquel il pourrait se manifester et se révéler lui-même. L’homme est personne et il est de la nature de la personne d’avoir besoin et de garder son secret et de se dévoiler. Ces deux besoins sont étroitement unis, liés l’un à l’autre. L’un se révèle à travers l’autre, et les deux ensemble manifestent le besoin de quelqu’un devant lequel l’homme pourrait se dévoiler. Et plus encore, ils manifestent le besoin de quelqu’un qui pourrait aider l’homme à entrer dans son propre mystère. Mais ce « quelqu’un » doit se gagner la confiance absolue. En se révélant lui-même, il doit confirmer qu’il est digne de cette confiance. Il doit confirmer et révéler qu’il est à la fois Seigneur et serviteur du mystère intérieur de l’homme.
C’est précisément ainsi que le Christ s’est révélé. Lorsqu’il dit: « Je connais mes brebis et mes brebis méconnaissent », ses paroles sont définitivement confirmées par celles qui suivent: « Je donne ma vie pour mes brebis. » (Cf. Jn 10, 11-15.)
Voilà l’image intérieure du Bon Pasteur.
3. Dans l’histoire de l’Église et du christianisme n’ont jamais manqué les hommes qui ont suivi le Christ Bon Pasteur, et ils ne manquent certainement pas aujourd’hui encore. Plus d’une fois, la liturgie se réfère à cette allégorie pour nous présenter certains saints lorsque le calendrier liturgique propose leur fête. Mercredi dernier, nous avons rappelé saint Stanislas, patron de la Pologne, dont nous célébrons cette année le IXe centenaire. Le jour de la fête de cet évêque martyr, nous relisons l’Évangile du Bon Pasteur.
Je voudrais aujourd’hui évoquer un autre personnage dont on célèbre cette année le 250e anniversaire de la canonisation : saint Jean Népomucène. À cette occasion, à la demande du cardinal Tomasek, archevêque de Prague, je lui ai adressé personnellement une lettre spéciale pour l’Église qui est en Tchécoslovaquie et dont je cite quelques phrases : « La grandiose figure de saint Jean est un exemple et un don pour tous. L’histoire nous le montre d’abord comme consacré à l’étude et à la préparation au sacerdoce. Conscient que, selon l’expression de saint Paul, il doit être un autre Christ, il incarne l’idéal de celui qui connaît les mystères de Dieu et qui tend vers la perfection : la perfection des vertus du curé qui sanctifie ses fidèles par l’exemple de ses vertus et de son zèle pour les âmes, et la perfection des vertus du Vicaire général qui s’acquitte scrupuleusement de ses devoirs en esprit d’obéissance à l’Église.
« C’est dans l’exercice de cette charge qu’il trouva le martyre pour la défense des droits et de la légitime liberté de l’Église face aux volontés du roi Venceslas IV, lequel participa personnellement à sa torture, puis le fit jeter du haut d’un pont dans la Moldau.
« Quelques dizaines d’années après sa mort, on commença à dire que le roi l’avait fait tuer parce qu’il n’avait pas voulu violer le secret de la confession. C’est ainsi que, martyr pour la liberté de l’Église, il fut aussi vénéré comme témoin du sceau sacramentel. « Parce qu’il fut prêtre, il semble naturel que les prêtres doivent être les premiers à s’abreuver à sa source, imiter ses vertus et être d’excellents pasteurs. Le Bon Pasteur connaît ses brebis, leurs exigences, leurs besoins. Il les aide à se dégager du péché, à vaincre les obstacles et les difficultés qu’ils rencontrent. À la différence du mercenaire, il va à leur recherche, il les aide à porter leur fardeau et il sait toujours les encourager. Il panse leurs blessures et il les soigne avec sa grâce, surtout au moyen du sacrement de la réconciliation.
« En effet, le Pape, l’évêque et le prêtre ne vivent pas pour eux-mêmes, mais pour les fidèles, de même que les parents vivent pour leurs enfants et que le Christ se donne au service de ses apôtres: « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. » (Mt 20, 28.)
4. Dans l’allégorie du Bon Pasteur, le Christ dit aussi : « J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie : celles-là aussi il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. » (Jn 10, 16.)
On peut facilement deviner que Jésus-Christ, parlant directement aux enfants d’Israël, ait souligné la nécessité de la diffusion de l’Évangile et de l’Église, par laquelle la sollicitude du Bon Pasteur s’étendait au-delà des limites du Peuple de l’Ancienne Alliance.
Nous savons que ce processus a commencé dès les temps apostoliques, qu’il s’est poursuivi ensuite et qu’il continue à se poursuivre. Nous avons conscience de l’extension universelle du mystère de la rédemption et aussi de la mission de l’Église.
C’est pourquoi, en terminant notre méditation d’aujourd’hui sur le Bon Pasteur, nous prierons avec une force particulière pour toutes « les autres brebis » que le Christ doit encore conduire à l’unité du bercail, qu’il s’agisse de celles qui ne connaissent pas encore l’Évangile, de celles qui l’ont abandonné pour un motif ou pour un autre ou même de celles qui sont devenues ses adversaires acharnés : les persécuteurs.
Que le Christ prenne sur ses épaules et serre près de lui celles qui, d’elles-mêmes, ne sont pas capables de revenir.
Le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis, pour toutes.

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