Introduction au Livre de l’Exode

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Introduction au Livre de l’Exode :

L’Exode est un livre fondamental à plus d’un titre. C’est par exemple dans ce livre que sont posées les fondations théologiques qui révèlent le nom de Dieu, ses attributs, son plan de rédemption, sa loi et son culte. Ce livre nous raconte également l’appel et l’oeuvre du premier médiateur (ou prophète) de l’Alliance biblique, à savoir Moïse. C’est aussi le lieu où la prêtrise telle qu’elle sera pratiquée jusqu’au temps de Jésus est définie. Il en va de même pour le rôle du prophète.
En bref, ce livre introduit tous les aspects fondamentaux qui présideront à la théologie de l’Ancien Testament, ainsi qu’à la notion d’Alliance, notion, qui, d’ailleurs, se trouve toujours au centre de la théologie chrétienne.
Du point de vue des faits historiques, l’Exode est aussi une introduction, puisqu’il relate l’événement fondateur de la libération des Hébreux, événement qui fonde et cimente l’idée de peuple hébreu.
Avec ce livre, des éléments importants nous sont fournis sur la nature (ou ‘caractère’) de Dieu. On apprend que le centre de la Révélation, c’est d’abord la présence de Dieu (cf. son nom révélé en Exode 3, 14 : YHWH = ‘Je suis celui qui est’). Ensuite, dans ce livre, Dieu se révèle comme le Seigneur de l’Histoire. Rien n’échappe à son contrôle, ni les plaies d’Egypte, ni la libération d’Israël. Par ce livre, nous pouvons sans aucun doute trouver réconfort et aide. Il est en effet rassurant de savoir que Dieu se souvient et se soucie de son peuple. Ce qu’il avait promis à Abraham, Isaac et Jacob s’accomplit, en quelque sorte, dans le livre de l’Exode.
Autre aspect central de ce livre biblique : la théologie du salut ; le terme ‘racheter’ est ainsi utilisé en Ex 6, 6 et Ex 15, 13. Mais, c’est indéniablement dans le passage de la Pâque au chapitre 12 et dans celui de la conclusion de l’Alliance au chapitre 24 que ce thème de la rédemption est le plus évident. Cette idée force du livre de l’Exode est reprise par St Paul qui verra dans la mort de l’Agneau sacrifié pour la Pâque la préfiguration du sacrifice du Christ. En fait, le sacrifice du Christ est, pour St Paul, l’accomplissement de ce sacrifice prophétique de l’Agneau pascal.
Enfin, l’Exode est le livre biblique qui pose les jalons de la morale biblique (et donc chrétienne). Il suffit pour s’en convaincre de se rappeler que c’est le livre où se trouvent les 10 commandements (repris plus tard par le livre du Deutéronome) !
En conclusion, disons que ce livre occupe une place de choix dans la Bible pour les aspects fondateurs qui l’introduit, tant sur le plan des idées que sur le plan de la liturgie de l’Ancien Testament, liturgie, faut-il le rappeler, que connut Jésus et qui influença profondément les Apôtres. L’Eglise par ses fêtes et son calendrier liturgique reste encore profondément marquée par les fêtes décrites dans ce livre (ex : la Pentecôte et Pâque sont des reprises chrétiennes – bien sûr, transformées et accomplies par la vie de Jésus et l’action de l’Esprit Saint).
Le style de ce livre le rend également très intéressant, il s’y trouve un savant mélange d’exposés théologiques, moraux, rituels et cultuels, d’une part, et, d’autre part, de sections narratives haletantes et grandioses (les 10 plaies d’Egypte, le passage de la mer rouge, etc…). Ce mélange des genres loin de nuire à l’unité du livre en renforce la cohésion. C’est ainsi que très souvent les exposés théologiques sont comme illustrés, et donc, renforcés, par des éléments narratifs destinés à marquer les esprits.

Exode 17, 8-13
-Le peuple d’Israël marchait à travers le désert. Les Amalécites survinrent et l’attaquèrent à Rephidim. Moïse dit alors à Josué : « Choisis des hommes, et va combattre les Amalécites. Moi, demain, je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu à la main. »
Josué fit ce que Moïse avait dit : il livra bataille aux Amalécites. Moïse, Aaron et Hur étaient montés au sommet de la colline. Quand Moïse tenait la main levée, Israël était le plus fort. Quand il la laissait retomber, Amalec était le plus fort. Mais les mains de Moïse s’alourdissaient ; on prit une pierre, on la plaça derrière lui, et il s’assit dessus. Aaron et Hur lui soutenaient les mains, l’un d’un côté, l’autre de l’autre. Ainsi les mains de Moïse demeurèrent levées jusqu’au coucher du soleil. Et Josué triompha des Amalécites au tranchant de l’épée.

Introduction au passage commenté :
Le passage qui va être commenté se situe en Exode 17, 8-13. Il intervient très peu de temps après le passage de la mer rouge. Ce combat avec les Amalécites est un des premiers épisodes des Hébreux au désert.
Peu après, Moïse recevra la loi au mont Sinaï.
Cet épisode est donc un passage charnière entre 2 grands moments de l’Exode : la libération d’Egypte et la réception de la Loi et des 10 commandements. Il est un exemple parfait de ce qui a été dit plus haut : une section narrative spectaculaire (une bataille) illustrant un point de théologie : l’importance de la prière. Ce point est d’autant plus important qu’il se situe juste après les premiers doutes du peuple d’Israël quant à la puissance et la sollicitude de Dieu. En effet, les Hébreux avaient commencé à se plaindre des dures conditions de la liberté (i.e. la soif) au désert par rapport au confort de l’esclavage dans la vallée bien arrosée du Nil. Ces plaintes avaient conduit Dieu à intervenir miraculeusement déjà 3 fois pour rassasier les Israélites.
Une erreur à éviter :
Pour ce passage, comme pour beaucoup d’autres dans l’Ancien Testament, il faut une lecture ‘éclairée’. Il serait absurde de lire et juger ce texte à la lumière d’une lecture littérale et fondamentaliste avec des esprits du 21èmesiècle. En effet, nous avons là le type même du récit choquant au premier degré : une guerre sainte avec une cause prétendument juste (cf. aussi Jeanne d’Arc). Cette conception peut effectivement choquer nos mentalités modernes. Peut-être serait-il bon cependant de voir comment Dieu a révélé progressivement son vrai visage, en faisant patiemment l’éducation religieuse de l’humanité qu’il a prise là où elle en était. Il nous est trop facile de juger les siècles passés avec l’acquis actuel de la Révélation, tout comme l’adulte qui jugerait puérile la foi de son enfance. En tout cas, Moïse et l’enfant que nous étions avaient probablement plus foi que nous autres en la prière.
Pour avoir plus de renseignements sur la façon de lire la Bible ‘en contexte’ : consultez dans la colonne de liens à gauche la rubrique : ‘Présentation de la Bible’ et une fois sur cette page consultez la page qui traite de ‘l’approche historique’ (lien en bas de la page de ‘Présentation de la Bible’).

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