Archive pour avril, 2011

Le vendredi saint – Sainte Gertrude d’Helfta : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15,13)

21 avril, 2011

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Le vendredi saint : Célébration de la Passion du Seigneur

Commentaire du jour
Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301), moniale bénédictine
Les Exercices, VII none (trad. SC 127, p. 281s rev.)
« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15,13)

      Ô Amour, tu retiens mon Jésus, mon doux salut, si fortement attaché à la croix, qu’expirant sous ta main, il meurt d’amour. Amour, que fais-tu ? Tu ne t’épargnes pas et tu ne te donnes pas de repos, que tu n’aies secouru les malheureux. Tu n’assignes aucune mesure à l’amour… Amour, ton savoir-faire a touché le cœur de mon Jésus avec tant de force que, brisé par l’amour, ce cœur s’est flétri. Amour, te voilà content, te voilà désormais satisfait, puisque mon Jésus est suspendu, mort devant tes yeux : mort, vraiment mort, afin que j’aie, moi, la vie en abondance ; mort, afin que le Père m’adopte pour enfant avec plus de tendresse ; mort afin que moi je vive plus heureusement…

      Ô mort qui porte tant de fruits, de grâce, que sous ta protection, ma mort soit tranquille et sans crainte. Mort du Christ qui apportes la vie, de grâce, puissé-je me fondre sous tes ailes (Ps 35,8). Mort d’où découle la vie, fais qu’une très douce étincelle de ton action vivifiante brûle en moi à jamais. Mort glorieuse, mort fructueuse, mort somme de tout mon salut, aimable contrat de mon rachat, pacte très ferme de ma réconciliation, mort triomphale, douce et pleine de vie, en toi brille pour moi une charité telle qu’au ciel et sur terre on n’en a pas trouvé de comparable.

     Ô mort du Christ que j’aime de tout mon cœur, tu es la confiance spirituelle de mon cœur. Mort très aimante, en toi sont contenus pour moi tous les biens. Prends-moi, je t’en prie, sous ta bienveillante protection, afin qu’à ma mort, doucement je repose sous ton ombre (Ct 2,3). Mort très miséricordieuse, toi tu es ma vie très heureuse. Toi, tu es mon meilleur partage (Ps 15,5). Toi, tu es ma rédemption surabondante. Tu es mon très précieux héritage.

Vendredi Saint – 22 avril 2011 _ Homélie

21 avril, 2011

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Vendredi Saint – 22 avril 2011

Famille de Saint Joseph

Homélie-Messe  

« Venez et vous verrez » (Jn 1, 39). Cette invitation adressée par Jésus à ses premiers disciples, prend ici tout son sens. Il nous faut oser venir à sa suite et contempler la Passion de « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29).
Comment aurions-nous reconnu que Dieu est amour, don sans mesure, si nous ne l’avions vu dans la chair se donner comme il le fit ? Jésus n’a pas que donné son temps, son enseignement, sa compassion active ; il s’est donné non seulement comme des parents se donnent à leurs enfants : tout cela ne suffisait pas pour exprimer son amour. Il a voulu aller plus loin encore et nous aimer « jusqu’au bout » il nous a livré sa vie. Et ce don ultime, il ne l’a pas fait seulement à ceux qui le chérissaient – ses disciples, ses proches, qui eussent été reconnaissants – mais il s’est offert aussi et surtout à ceux qui le haïssaient, car il n’est pas venu pour sauver les justes, mais les pécheurs.
« En ceci Dieu prouve son amour envers nous : Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs » (Rm 5, 8).
Comment aurions-nous pu imaginer que Dieu est don de soi inconditionnel, offert même aux mécréants que nous sommes et à qui il propose gratuitement sa vie immortelle, si nous ne l’avions contemplé dans la Passion du Fils unique ? Jésus crucifié nous révèle l’horrible état de notre humanité livrée au malin plaisir de l’Ennemi auquel elle fut asservie par le péché. Mais il nous dit en même temps que désormais Dieu n’est plus absent de ce monde hostile : « Jésus s’est livré » afin d’être solidaire de l’homme jusque dans sa déchéance.
“Je crois au Dieu livré” : y a-t-il pauvreté plus radicale que celle de la Crèche, déréliction plus grande que celle de la Croix, abandon plus total que celui de l’Eucharistie ? “S’il fallait ajouter mille mort en Croix pour ton salut, je le ferai avec joie, et pour toi seul”, nous dit Jésus. Comment avoir peur d’un tel Dieu ? Où est-il le dieu vengeur, castrateur, ennemi de l’homme, jaloux de son bonheur ? Que la contemplation du vrai visage de Dieu – celui qu’il nous révèle sur la Croix – purifie nos conscience de ses idoles lancinantes, chasse toute peur, pour que nous puissions accueillir le don du Père en son Fils Jésus-Christ. Que le flot de tendresse jaillissant du Cœur du Christ chasse toute culpabilité et toute angoisse devant sa souffrance et sa mort. Elles sont nôtres les blessures de l’Agneau : comment nous les reprocherait-il, puisqu’ils nous les offre pour que nous y trouvions la guérison.
« Ils virent où il demeurait et ils demeurèrent auprès de lui, ce jour-là ; c’était environ la dixième heure » (Jn 1, 39), c’est-à-dire quatre heures de l’après-midi, l’heure de la mort de Jésus. C’est là qu’il nous faut demeurer avec lui, afin d’apprendre de Dieu lui-même qui nous sommes à ses yeux, le prix que nous avons pour lui. Pas un instant de repli sur lui-même : jusqu’au cœur de sa Passion, Jésus est tout donné : « Ne pleurez pas sur moi, pleurez plutôt sur vous-mêmes et vos enfants » ; « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34) ; « Aujourd’hui tu seras avec moi en Paradis » (Lc 23, 43) ; et enfin : « Femme, voici ton fils ; voici ta mère (Jn 19, 26-27) ». A tous ceux qui persévère dans la contemplation de l’Agneau immolé offert pour le salut du monde, Jésus donne sa Mère. C’est auprès d’elle que le disciple est désormais invité à demeurer pour découvrir à la lumière de l’Esprit dont elle est comblée, le vrai visage du Dieu qui se fait proche ; c’est à son école qu’il peut apprendre à aimer en « esprit et vérité ».
« Je répandrai sur la maison de David et sur l’habitant de Jérusalem un esprit de bonne volonté et de supplication. Alors ils regarderont vers moi, celui qu’ils ont transpercé. Ils célèbreront le deuil sur lui, comme pour le fils unique. Ils le pleureront amèrement comme on pleure un premier-né. Ce jour-là une Source jaillira pour la maison de David et les habitants de Jérusalem en remède au péché et à la souillure » (Za 12, 10. 13, 1).
Demeurons au pied de cette Source, afin de pouvoir confesser, non par ouï dire mais parce que nous en aurons fait l’expérience personnelle : « Nous avons trouvé le Messie » (Jn 1, 41).

« Venez, faisons de notre amour
comme un encensoir immense et universel,
prodiguons cantiques et prières
à celui qui a fait de sa Croix
un encensoir à la divinité,
et nous a tous comblé de richesses par son Sang. » (Saint Ephrem)

Giovedì Santo

20 avril, 2011

Giovedì Santo dans images sacrée borras-last-supper

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Jeudi Saint avril 2011 – Homélie

20 avril, 2011

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Jeudi Saint -  avril 2011

Famille de Saint Joseph

Homélie -Messe  

Le mystère que nous célébrons en trois jours, résume toute la mission de l’Incarnation et le porte à son accomplissement. Il tient en quelques mots : Jésus est celui qui nous a aimés. On ne peut rien dire d’autre de lui que cela : il a aimé. Aimé parfaitement, aimé jusqu’au bout. Saint Jean l’annonçait dès les premiers versets que nous avons entendus : « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout ». Tout est dit. Tout va être accompli. Jésus entre souverainement dans sa Passion et va être consacré Grand Prêtre.
Fidèle à son habitude, saint Jean nous place dès l’introduction dans une perspective très ample : « avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout ».
L’évangéliste nous livre dans ce verset le sens et le but de l’Incarnation et du mystère pascal : sorti de Dieu qui l’a envoyé, Jésus, par la Croix, retourne vers lui avec le monde, pour le monde. Jésus a choisi de vivre ces heures par amour pour nous, pour nous faire vivre en Dieu. Voilà simplement ce que raconte le lavement des pieds.
La scène est très solennelle. Jésus quitte d’abord la table qu’il présidait. Nous voyons le Verbe de Dieu qui ne retient pas sa dignité et accepte volontairement l’abaissement. Jésus dépose ensuite son vêtement. Il nous l’a enseigné : le Bon Berger dépose sa vie, il s’en dessaisit. Puis Jésus lave les pieds de ses disciples. Nous y voyons ou le geste humiliant de l’esclave ou le geste déférent du disciple envers son maître ; nous voyons en tous cas que Jésus a choisi la dernière place. C’est en plongeant en cet abîme d’humilité que Jésus mène à son terme la mission du salut que le Père lui a confiée. En cette heure où il entre souverainement dans sa Passion, en cette heure où le Père a tout remis entre ses mains, notre Seigneur manifeste une autorité qui se traduit dans l’humilité du Serviteur.
Ce que nous contemplons ce soir est le mystère de Jésus Serviteur du Père.
L’attitude de saint Pierre nous introduit dans cette contemplation. Elle est d’abord superficielle : « Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds ! ». Pierre refuse le chemin d’humilité où Jésus s’engage et où il l’appellera. Mais Pierre ne refuse pas l’enseignement de Jésus en bloc. Son « Toi, Seigneur » montre qu’il refuse que ce soit Jésus, le Seigneur, qui prenne cette place. S’il est aussi vif, c’est parce qu’il est personnellement impliqué, parce qu’il est personnellement ébranlé. L’image qu’il avait de Jésus comme Seigneur ne lui permet pas de supporter ce spectacle.
Ce constat vaut pour nous. Découvrir que le Christ n’est pas vraiment tel que nous l’imaginons ou tel que nous voudrions qu’il soit, ébranle les fondements de notre relation avec lui, et, par conséquence, met en cause l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes. C’est aussi en cela que la Passion est une épreuve décapante. Nous y découvrons notre Dieu sous un visage déconcertant, et souvent, avant de susciter la compassion, cela remet en cause ce que nous croyons être ou ce que pensions devoir devenir.
Jésus rassure Pierre. Il lui révèle alors que ce chemin d’humilité est la condition d’accès à la vie éternelle. Avoir part avec Jésus, c’est partager sa vie au ciel avec le Père.
Pierre réagit de nouveau très vivement. Devant la perspective d’une union parfaite et totale à Dieu, son enthousiasme se réveille, et il passe du tout ou rien. « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! ». Nous entendons ici que cet enthousiasme n’est pas le signe d’une conversion. Pierre n’a pas quitté ses vieux schémas puisqu’il banalise le lavement des pieds. Il le met au même plan qu’une pratique hygiénique ou qu’un bain. Jésus est obligé de le reprendre : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver : on est pur tout entier. ». La logique de Pierre n’est pas celle de l’évangile. Jésus lave uniquement les pieds parce nous avons à recevoir petit à petit le don de Dieu. Il nous est livré tout entier, mais notre condition ne nous permet pas d’y accéder intégralement et instantanément. Jésus disait : « plus tard, tu comprendras ». Cela fait partie de notre chemin d’humilité, cela explique qu’il nous faut trois jours entiers pour méditer chaque année le mystère de Pâque et que sans cesse nous avons à recevoir de Dieu.
« Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. » Nous achevons le grand mouvement de l’Incarnation et de la Rédemption que raconte le lavement des pieds. Jésus, après avoir accompli le service de son Père, reprend la vie dont il s’était dessaisi, et retrouve le trône de gloire que le Père lui réserve.
« Comprenez-vous ce que je viens de faire ? », demande-t-il. Sans doute, nous le comprenons à présent. Suivre Jésus est marcher sur le chemin d’humilité qu’il a lui-même emprunté pour un jour partager avec lui sa gloire.
Mais Jésus nous pousse plus loin. « Vous m’appelez ‘Maître’ et ‘Seigneur’, et vous avez raison, car vraiment je le suis ». Il insiste par trois fois pour dire qu’il est le Seigneur. Autrement dit, le geste du lavement des pieds est fait par Jésus qui est et n’a jamais cessé d’être ‘Seigneur’. Le lavement des pieds est un service qui ne peut être accompli que par le Seigneur.
Quand il poursuit « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » il ne fait donc pas un raisonnement à fortiori. Jésus ne veut pas seulement dire : « puisque le seigneur s’est montré humble, vous qui n’êtes que des disciples, ne vous prenez pas pour plus que vous êtes, et restez humbles ». Car le lavement des pieds n’est pas pratiqué par les disciples mais par le maître.
Ce soir est donc particulièrement émouvant. Jésus va nous quitter, et avant de partir, il nous demande de prendre sa suite. Il nous dit : vous qui êtes mes disciples, maintenant conduisez-vous en maîtres ; vous qui m’avez suivi et écouté, maintenant montrez le chemin. C’est ce que rapporte saint Jean : « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous ».
Le mystère que nous célébrons est donc celui d’une royauté tellement humble qu’elle nous associe à son œuvre de salut. En s’abaissant à nos pieds, Jésus nous transmet quelque chose de sa seigneurie, et la déposition du vêtement montre que ce geste du lavement des pieds tire son efficacité du don de la vie.
Que le prêtre, dans quelques instants, dépose à son tour son vêtement liturgique pour s’abaisser aux pieds de certains d’entre nous, montre que notre présence ici ce soir nous engage personnellement dans ce mouvement spirituel. C’est cela célébrer l’eucharistie. Non seulement accueillir le don ineffable qui nous est fait, mais choisir de nous offrir nous-mêmes en Christ pour qu’il nous ramène enfin, dans la communion et la joie, dans la maison du Père.
Frère Dominique

Le jeudi saint : Messe du soir du Jeudi-saint en mémoire de la Cène du Seigneur – Jean-Paul II – Homélie

20 avril, 2011

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Le jeudi saint : Messe du soir du Jeudi-saint en mémoire de la Cène du Seigneur

Commentaire du jour
Jean-Paul II  -Homélie (trad. L’Osservatore romano rev.)


« Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne »

      « Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, ayant aimé les siens…, les aima jusqu’à la fin. » Et voilà que, pendant le repas pascal, la dernière avant son départ vers le Père, se révèle un signe nouveau : le signe de la Nouvelle Alliance. « Jusqu’à la fin » veut dire : jusqu’à se donner lui-même pour eux. Pour nous. Pour tous. « Jusqu’à la fin » veut dire : jusqu’à la fin des temps. Jusqu’à ce que lui-même revienne une autre fois.

      Depuis cette soirée de la dernière Cène, nous tous, fils et filles de la Nouvelle Alliance dans le sang du Christ, nous rappelons sa Pâque, son départ grâce à la mort sur la croix. Mais nous ne nous la rappelons pas seulement. Le sacrement du Corps et du Sang rend présent son sacrifice. Il nous y fait participer toujours de nouveau. Dans ce sacrement, le Christ crucifié et ressuscité est constamment avec nous, constamment il revient à nous sous la forme du pain et du vin, jusqu’à ce qu’il vienne de nouveau, afin que le signe fasse place à la réalité ultime et définitive. Que rendrai-je pour l’amour « jusqu’à la fin » ?

And He walked through their midst

19 avril, 2011

And He walked through their midst dans images sacrée image017
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LE « PARVIS DES GENTILS », PAR MGR FRANCESCO FOLLO

19 avril, 2011

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LE « PARVIS DES GENTILS », PAR MGR FRANCESCO FOLLO

Lumières, religions et raison commune: quel espace de dialogue ?

ROME, Vendredi 15 avril 2011 (ZENIT.org) – Il ne faudrait pas « traiter les Lumières en ennemies du christianisme », mais « recevoir ce qu’elles peuvent nous donner », affirme Mgr Francesco Follo, observateur permanent du Saint-Siège à l’UNESCO, qui encourage à découvrir les exigences du « dialogue », à l’école du pape Benoît XVI. Il souligne l’importance de l’éducation et de la recherche du « bien commun ».
ZENIT – Pour l’Eglise catholique, quel est le sens à donner à un espace de « dialogue », c’est-à-dire, selon votre définition, une « parole-qui-va-vers-l’autre-qui ne croit pas » ?
 
Mgr Follo – Pour le dire aussi simplement que possible, l’Eglise a « quelque chose » à dire. Ce « quelque chose » est censé vrai. L’Eglise, d’autre part, considère qu’il est possible de tenir un discours universellement vrai (sur Dieu, l’homme et le réel). Son leitmotiv est exprimé par saint Paul : « Je crois, et c’est pourquoi j’ai parlé ». Les conditions dans lesquelles l’Eglise parle ne sont pas celles d’un monologue. D’abord, bien sûr, parce que le monologue est toujours impossible ou légèrement pathologique. Ensuite, de facto, parce que les chrétiens ont toujours parlé, non seulement « à », mais aussi « avec », des non-chrétiens (voir Origène, plus tard Abélard, Thomas d’Aquin, Nicolas de Cues, etc). Dire en écoutant – mais dire aussi en souhaitant être écouté – est une situation chrétienne fondamentale. A quoi l’on ajoutera que c’est une situation humaine fondamentale, qui est à accepter sous peine de suicide intellectuel et spirituel. La Bible, après tout, est un immense dialogue.
Est-ce que la relation entre qui croit et qui est athée ou agnostique ou indifférent est condamnée à susciter seulement des monologues ?
Ici encore, il convient de tenir le langage de la vérité. Celui qui « croit » et celui qui ne croit pas – il convient de dire que le partenaire de dialogue est généralement un « croyant autrement » qu’un incroyant total et un athée – ont quelque chose à dire et à faire entendre dans la mesure où d’une part, ils ont du vrai à dire, et d’autre part, ils pensent – « croient » – que le vrai peut être communiqué, sans violence, par sa seule force pacifique. L’histoire est notre institutrice. Les chrétiens et les « gentils » ne se sont pas toujours parlé pacifiquement, mais il leur est arrivé de le faire. Et pour le dire brutalement, aucune philosophie consistante ne pose l’impossibilité du dialogue. Sur sa logique, je renvoie à Francis Jacques, Dialogiques. L’exemple est d’autant plus remarquable que ce livre a été écrit par un non-chrétien devenu ultérieurement catholique sans jamais se détourner de sa logique du dialogue. Le dialogue peut être concrètement impossible. Se refuser au dialogue, toutefois, pourrait être une faute morale. Et puis, soyons clairs et européens : le christianisme se réclame du logos, les plus grands courants philosophiques s’en réclament. Un front commun de tous ceux qui pensent que l’on peut « parler vrai » est nécessaire. Ce front commun n’est pas un front commun religieux. Une tradition religieuse peut ne ménager aucune place au règne du logos. Mais ici, le christianisme est innocent. Tout un chacun peut débattre en paix du vrai avec le chrétien. Cela réclame certainement une ascèse. Le difficile, en tout cas, n’a rien à voir avec l’impossible…
Quel sens donner à cet espace de parole entre « qui croit et qui ne croit pas », dans le cadre de ce « nouvel humanisme », un concept évoqué par Mme Irina Bokova, de Bulgarie, lors de sa campagne électorale pour devenir directeur général de l’UNESCO ?
Le « Nouvel humanisme » est un concept et un programme très important qu’il faudra préciser de plus en plus. Je suis sûr que Mme Bokova le fera dans le cours de son mandat. Dans cette perspective, le croyant et le non-croyant se retrouvent sans problème et ont des raisons suffisantes de soutenir la tension de leurs divergences. Mais je voudrais rappeler que le premier concept utile est celui de « nihilisme », qui nous dit mieux que tous quels sont les « problèmes » de l’homme contemporain, et peut donc nous donner une indication sur les solutions à espérer. La vraie antithèse se trouve être avec le « nihiliste cohérent », celui qui élimine la question du sens comme n’existant pas, parce qu’il coïncide avec le « produit » du savoir et du faire. Nous sommes peut-être justement aujourd’hui au temps du nihilisme accompli, parce que l’époque est marquée par l’organisation technique du monde, qui veut imposer une « forme » à l’homme lui même. C’est une époque de « techno-nihilisme », temps de domination technocratique du monde, de la mesure technologique de la vie et des relations. Ce qui est en discussion, ce n’est pas la technique, mais la prétention technocratique de la production du sens au-delà duquel il n’y a rien, d’un sens qui prétend annuler toute autre source de sens : l’art, la morale, la religion.
Comment se manifeste concrètement ce nihilisme ?
Le nihilisme refuse la vérité, entendue elle aussi comme « valeur ». Nietzsche posait que « la vérité est laide ». Le nihilisme voit entre autres le règne des points de vue, des perspectives, etc. Il y a des points de vue et des perspectives, évidemment. Cette évidence, toutefois, ne devrait pas nous masquer ce que nous avons en commun. L’humanité de l’homme peut-être survivre au temps du nihilisme ? Si nous trouvons la vérité laide, et si nous trouvons la raison déraisonnable, c’est peu probable. Si nous persistons à nous définir comme « animaux possesseurs du logos, et tous possesseurs du logos, entendu à la fois comme raison et comme parole, ce sera possible. Difficile, mais possible.
Peut-on éviter la prise de conscience de nos différences ?
Il faut revenir à l’usage « paisible » du concept de logos. Le mot grec signifie bien sûr une réalité et une expérience grecques. Nous pourrions en utiliser un autre à titre de complément et parler de tao. En s’appuyant sur le tao, la philosophie chinoise ne nie pas que nous soyons des animaux rationnels. Elle nous force, toutefois, à approfondir ce que nous avions un peu oublié, le lien de la philosophie comme discipline et de la philosophie comme art de vivre. Les grecs ont su cela. L’occident l’a graduellement relégué dans l’ombre, jusqu’à nourrir l’idée d’une philosophie qui se veuille « science », au sens moderne du terme. Une tâche donc serait à assigner au philosophe, au théologien, et plus largement à quiconque veut « bien vivre », vivre la vie qui mérite d’être vécue : réapprendre la sagesse, que nous pourrions définir comme lien de la sophia grecque et du tao. Une sagesse commune à tous plus que l’affrontement des sagesses. Mais une sagesse commune dont l’acquisition passe par une confrontation paisible des traditions. Le christianisme n’est pas seul à avoir ici de quoi dire. Mais il ne manque pas d’expérience en la matière : dès le XVIe siècle, pour nous en tenir à notre exemple, il connaissait le tao et le respectait.
On peut affirmer une « nature humaine commune » ?
Le terme de « nature » apparaît aujourd’hui démodé, ce qui est une bonne raison d’en user. Pas d’humanisme sans hommes. Pas d’hommes, au pluriel, sans l’homme, au singulier. Réaffirmer que nous avons une nature en partage, le cas échéant nous battre pour la défense de cette nature (c’est là l’enjeu principal des débats tournant autour de la « bioéthique »), est certainement un préalable à tout débat culturel. Le nihilisme vit de l’équation de l’être et du rien, et ce que nous sommes ne peut lui importer : nous ne sommes qu’une transition vers un avenir qui peut tout au plus être rêvé. Le nihilisme, d’autre part, s’incarne aujourd’hui en des conduites culturelles. Il faut peut-être accepter de mettre nos intérêts culturels entre parenthèses et nous rendre simplement capables d’affirmer l’existence de l’homme. Pas de nouvel humanisme qui ne se fonde sur un retour à l’homme.
Comment comprendre votre affirmation qu’il ne faut pas penser ou agir « régionnalement » ?
Nous appartenons tous à une « région » : pays, langue, culture. Mais en disant que nous appartenons, nous posons l’existence d’un « nous ». Dire « nous », et le dire en englobant tout homme dans ce « nous », n’est pas une tâche facile. C’est néanmoins une tâche nécessaire. Pour les grecs, ceux qui ne possédaient pas le logos étaient des « barbares » : le non-grec se signalait par son caractère « illogique ». Les grecs avouaient là une limite de leur expérience ou, plutôt, une carence dans leur recours au logos. Toutes les nations ont fait l’expérience de la guerre et, corrélativement, celle d’un désir de paix. Dire « nous » est dire ce désir de paix. Un idéal apparut dans l’empire romain, celui du cosmopolitisme. Cosmopolite veut dire « citoyen du monde ». L’idéal est celui d’une citoyenneté. Le monde est conçu comme une unique cité. L’idéal, bien sûr, est à la mesure de l’empire romain. Il méritera toujours, toutefois, d’être revivifié. Certes pas pour nier la pluralité des cultures ou les différences ethniques. Mais certainement pour aider au règne d’une paix de tous avec tous pour laquelle le christianisme a son mot, « communion ». La « guerre de tous contre tous », qui constitue pour Hobbes la condition « naturelle » de l’homme, est un fait contre-nature et un concept irrationnel. La guerre, à tous ses niveaux, politiques, culturels, etc, et en tout cas un phénomène omniprésent. Si nous apprenons à dire « nous » pacifiquement, donc à former un « nous » englobant, nous saurons faire la guerre à la guerre.
Est-ce possible de faire évoluer les idées, les pensées et, à partir de l’identité chrétienne, contribuer au « bien commun » de l’humanité ?
Le dialogue du théologien Joseph Ratzinger et du philosophe et sociologue allemand Jürgen Habermas est significatif. Il ne l’est pas parce que Ratzinger aurait dit quoi que ce soit de neuf : il répète avec de nouvelles harmoniques ce que disait sa conférence de la Sorbonne en 1999. Il est important, en revanche, parce qu’un climat d’amitié a permis à Habermas d’aller plus loin dans l’élaboration de sa philosophie tardive. Habermas aurait-il formulé sa théorie de la société post-séculière qu’il n’avait pas parlé paisiblement à un collègue ? Peut-être. Mais ce qui a eu lieu a eu lieu : le dialogue des deux hommes, l’un campant sur ses positions avec une grande courtoisie et l’autre témoignant de son évolution, nous en dit beaucoup sur les vertus du dialogue – entre gens cultivés, entre gens bien élevés et respectueux du partenaire de dialogue.
La question des Lumières est autre. Historiquement, les Lumières se sont éteintes, si j’ose dire, après la Révolution française : il ne peut donc y avoir que de néo-Lumières, un néo-antiobscurantisme, un néo-anticléricalisme, etc. Cela étant, les Lumières furent un phénomène complexe. Il  y eut des Lumières anti-chrétiennes et des Lumières chrétiennes. La Suisse des XVIIe-XVIIIe a connu une « orthodoxie chrétienne éclairée ». En Allemagne, les Lumières ne furent pas tout court anti-chrétiennes ; c’est encore plus vrai pour les Etats-Unis. Il faut, donc, relire et interpréter. Aristote était un auteur, les Lumières un mouvement, toute comparaison est donc boiteuse. Reste une tâche : ne pas traiter les Lumières en ennemies du christianisme et recevoir ce qu’elles peuvent nous donner. Ce qu’elles nous donneront sera d’abord une vision critique – ce qui ne veut pas dire une démolition – de concepts clefs : tradition au premier chef. Mais elle nous donnerons aussi de quoi penser plus loin – par exemple, de toujours mieux penser la « religion » comme « affaire humaine ». Mais sous une réserve : que nous prêtions une égale attention au mouvement des « anti-Lumières » – notamment de J.G. Hamann, A. Rosmini, J. Newman, le romantisme catholique français – , qui a abordé cette question avant nous, et dont les propositions méritent encore d’être entendues. A qui penserait de « christianiser » les Lumières, faut faire observer que les Lumières ont « éclaté », et ce que l’on entend souvent par là est une « mentalité ». Et christianiser une mentalité est une œuvre de longue haleine, que nul chercheur individuel ne peut s’assigner pour tâche. Enfin, les Lumières n’appartiennent pas à notre passé mais à notre présent. Et nous ne sommes pas fâchés d’avoir hérité d’elles leur moment de vérité éternelle ; comme nous savons aussi que le chrétien ne peut assimiler les Lumières purement et simplement.
Quel est le sens théologique et ecclésial, mais aussi philosophique et politique d’un dialogue entre croyants et non-croyants dans une institution internationale comme l’UNESCO, gérée par des Etats ?
Le mot clef est « personne ». Mon expérience est que le dialogue entre croyants et non croyants a lieu dans la vie quotidienne, dans les Universités, ou au coin du feu et dans des organisations internationales gérées par des Etats. Il faut toutefois tirer parti de la situation. Si l’Unesco existe, c’est pour être aussi un espace public de rencontre. Le travail fondamental se fera là et ailleurs, à la base et au sommet. Un lieu qui peut porter le nom latin de forum. Sur le forum romain ou l’agora grecque, les citoyens se rencontrent pour parler – parler, plus que bavarder – des affaires de la cité. Ils en parlent informellement et officiellement. Pour parler d’une façon paradoxale : nous pouvons alors nous demander si le principal travail de l’Unesco n’est pas le travail informel accompli inter-personnellement, au cours de multiples échanges, plutôt que le travail solennel, officiel des commissions et assemblées plénières. Philosophiquement, la situation ainsi esquissée est celle du socratisme, autrement dit du règne du dialogue. Théologiquement, une telle situation est, par exemple, celle des Eglises d’Afrique noire, toujours mêlées à des communautés musulmanes, toujours en situation de parole vis-à-vis d’elles, et pratiquant une évangélisation sans contrainte, souvent en paix. Ecclésialement, une telle situation correspond partiellement à celle d’un christianisme souvent en diaspora, souvent minoritaire, et dont le principal devoir est la transmission amicale de paroles vraies. Politiquement enfin, nous avons tout dit : si nous voulons la paix de tous avec tous, nous devons vouloir le dialogue exigeant, parfois fécond (souvent aporétique aussi – ne croyons pas disposer de recette magiques face à nos problèmes) des religions et des cultures qui leur sont liées. Aux Etats de prendre la mesure de telles exigences, en un contexte fort nouveau.
Est-ce que « croire ou ne pas croire » peut influencer les relations diplomatiques, voire le travail entre diplomates ?
La diplomatie ne passe pas seulement par les diplomates. L’Unesco, ou l’ONU, sont des lieux où les diplomates se rencontrent et parlent. L’Unesco, de plus, est une structure où le travail diplomatique ne comporte pas de négociations sans ménager une place à l’invention. Le lieu de l’invention, à l’évidence, c’est la rencontre. Et si le terme de culture n’est pas expressément religieux, il l’est assez pour que les rencontres soient inévitablement interculturelles et interreligieuse. Qu’un diplomate s’enrichisse de son travail à l’Unesco et transmette cet enrichissement à son gouvernement est une affaire compliquée. Qu’un diplomate croyant sache confier ce qu’il dit vrai à ses collègues, qu’un diplomate « autrement-croyant » fasse de même, et un des buts de l’Unesco sera atteint. Et surtout : ne jamais oublier que lorsque nous parlons de croyance religieuse, et de foi chrétienne en particulier, ce sont toujours des individus qui veulent ou ne veulent pas croire. Des individus, pas des corps sociaux.
A quel niveau se situe cet espace de dialogue entre croyants et athées ? L’Unesco, est-ce suffisant ?
Soyons clairs, l’Unesco n’est que l’Unesco, qui joue un rôle important et de plus en plus. Mais le dialogue entre croyants et « autrement-croyants » ou non-croyants a et devra toujours avoir d’autres lieux, à commencer par les universités. Un rôle pourrait en fait être attribué à l’Unesco, celui de mécène et de catalyseur et de coordinnateur. Pour que les spécialistes parlent entre eux, pour que le monde ne soit pas livré au bavardage des media, il faut de l’argent et des lieux de rencontre libres et, donc, des universités vivantes et des Organisation gouvernementales qui répondent aux besoins des Etats et de la société civile. Le dialogue le plus profond est celui des hommes jeunes : « The child is father to the man ». Si l’Unesco était capable d’aider les Etats dans l’élaboration de politiques de l’éducation destinées à l’accueil de la vérité, l’Unesco pourrait être fier de soi. Et l’Eglise catholique ne pourrait que ce féliciter d’une telle politique. Elle ne serait donc pas consacrée au bien commun des Italiens ou des Camerounais : elle le serait au bien commun de ce qu’on appelle l’ « humanité ».
Propos recueillis par Anita S. Bourdin

« ALLER AU PARADIS ? RIEN D’AUTOMATIQUE ! », EXPLIQUE L’ABBÉ KRUIJEN

19 avril, 2011

du site:

http://www.zenit.org/article-27648?l=french

« ALLER AU PARADIS ? RIEN D’AUTOMATIQUE ! », EXPLIQUE L’ABBÉ KRUIJEN

Remise du Prix de Lubac à l’ambassade de France

ROME, Lundi 18 avril 2011 (ZENIT.org) – Aller au paradis ? Rien d’automatique ! En cette Semaine sainte, la thèse de l’abbé Christophe Kruijen, lauréat 2011 du Prix de Lubac, invite à prendre au sérieux la liberté humaine et de l’enjeu pastoral de cette thèse en théologie dogmatique sur le salut.
« Un automatisme du salut » constitue à la fois « une dangereuse mutilation de la catéchèse » catholique mais aussi « une véritable falsification de l’Évangile », a déclaré l’abbé Christophe Kruijen, prêtre du diocèse de Metz, official de la Congrégation pour la doctrine de la foi, lors de la remise du Prix Henri de Lubac, vendredi dernier 15 avril à l’ambassade de France près le Saint-Siège.
Né en 1970, de nationalité néerlandaise, le père Kruijen a étudié à l’université pontificale grégorienne, puis à l’université pontificale Saint-Thomas d’Aquin. Ordonné prêtre en juin 2000 pour le diocèse de Metz, il est depuis 2009 official de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
Le Prix de Lubac a été créé à Rome par l’ambassade de France près le Saint-Siège et c’est à son siège, à la Villa Bonaparte, qu’il est traditionnellement remis au lauréat, en présence de l’ambassadeur.
Cette thèse a été préparée à « l’Angelicum », ou l’université Saint-Thomas d’Aquin, l’université pontificale des Dominicains, sous la direction du P. Charles Morerod, op, recteur de l’université, et secrétaire de la Commission théologique internationale.
Dans son allocution (cf. ci-dessous, « Documents », pour le texte intégral), l’auteur a notamment cité l’enseignement de Jean-Paul II : « La doctrine catholique maintient ouvert le devenir de l’homme après la mort dans une double direction : ‘derrière les mystérieuses portes de la mort se profile une éternité de joie dans la communion avec Dieu ou de peine dans l’éloignement de Dieu’ (Exhortation apostolique Reconciliatio et paenitentiae, 26) ».
Il a également cité le Catéchisme de l’Église catholique qui « met en garde contre le risque d’être damné » dans ce passage : « Suivant l’exemple du Christ, l’Église avertit les fidèles de la ‘triste et lamentable réalité de la mort éternelle’ appelée aussi ‘enfer’ » (n° 1056 ; on notera au passage qu’il est question dans ce texte de « réalité » et non de « possibilité réelle ») ».
« Force est de reconnaître, cependant, que ce devoir d’avertissement est aujourd’hui largement négligé, au profit d’un automatisme du salut qui représente non seulement une dangereuse mutilation de la catéchèse ecclésiastique, mais aussi une véritable falsification de l’Évangile », fait observer le lauréat, d’où l’enjeu pastoral.
La thèse devrait être éditée, vraisemblablement aux éditions du Cerf, partie prenante dans le Prix de Lubac, mais rien n’est encore décidé, a confié aujourd’hui l’auteur à Zenit. Il a aussi dit sa joie à la nouvelle que ce prix lui était attribué par un jury prestigieux.
Le Jury du Prix de Lubac s’est en effet réuni le 9 mars 2011 sous la présidence du cardinal Paul Poupard, président émérite des Conseils pontificaux de la culture et pour le dialogue interreligieux.
Le jury était composé du cardinal Georges-Marie Cottier, op, théologien émérite de la Maison pontificale, du cardinal Albert Vanhoye, sj, de Mgr Jean-Louis Brugues, op, secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique, et du R.P. Gilles-Hervé Masson, op, responsable de la collection de théologie des éditions du Cerf, qui publient les œuvres du cardinal de Lubac, et en présence de M. Stanislas de Laboulaye, ambassadeur de France près le Saint-Siège.
Les candidats au Prix de Lubac doivent déposer le texte de leur thèse en trois exemplaires et présenter un résumé. Le P. Kruijen a rédigé une synthèse de six pages de cette thèse de doctorat intitulée : « Salut universel ou double issue du jugement : espérer pour tous ? Contribution à l’étude critique d’une opinion théologique contemporaine concernant la réalisation de la damnation ». Elle a été soutenue à l’Angelicum en janvier 2009.
Fondé en 2004 par l’ambassade de France près le Saint-Siège, le Prix Henri de Lubac entend « encourager la publication et la diffusion des travaux écrits en français dans les institutions universitaires pontificales romaines ». Un montant de 3.000 euros est versé à la maison d’édition qui se propose de publier la thèse et d’en assurer la diffusion.
Le Jury a examiné cinq thèses présentées pour la 7ème édition du Prix Henri de Lubac et a décidé à l’unanimité l’attribution du Prix au R.P. Christophe Kruijen.
« Le jury, indique un communiqué de l’ambassade de France, a unanimement salué la grande qualité de cette thèse consacrée à un problème quelque peu négligé aujourd’hui. Ce travail examine de manière approfondie les approches d’auteurs majeurs comme Hans-Urs von Balthazar et Karl Rahner, ainsi que les données scripturaires, patristiques et magistérielles. Le jury a estimé que la publication de cette thèse était souhaitable et propre à susciter un ample débat ».
Anita S. Bourdin

bonne nuit

18 avril, 2011

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Tramonto in Serengeti di Richard Spencer

http://www.publicdomainpictures.net/browse-category.php?c=paesaggio&s=12

Saint Jean Chrysostome : « Judas sortit aussitôt, il faisait nuit »

18 avril, 2011

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20110419

Le mardi saint

Commentaire du jour
Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
Homélies sur la conversion prononcées à son retour de la campagne, n°1 (trad. DDB 1978, p. 32)
« Judas sortit aussitôt, il faisait nuit »

      Judas avait exprimé son repentir : « J’ai péché en livrant un sang innocent » (Mt 27,4). Mais le démon, qui avait entendu ces paroles, a compris que Judas était sur la bonne voie et cette transformation l’a effrayé. Puis il a médité : « Son maître est bienveillant, pensait-il ; au moment où il allait être trahi par lui, il a pleuré sur son sort et l’a adjuré de mille façons ; il serait étonnant qu’il ne le reçoive pas au moment où il se repent de toute son âme, qu’il renonce à l’attirer à lui s’il se relève et reconnaît ainsi sa faute. N’est-ce pas pour cela qu’il a été crucifié ? » Après ces réflexions, il a jeté un trouble profond dans l’esprit de Judas ; il a fait monter en lui un immense désespoir, propre à le déconcerter, l’a harcelé jusqu’à ce qu’il parvienne à le pousser au suicide, à lui ravir la vie après l’avoir dépouillé de ses sentiments de repentir.

      Il ne fait aucun doute que s’il avait encore vécu, il aurait été sauvé : il n’y a qu’à prendre l’exemple des bourreaux. En effet, si le Christ a sauvé ceux qui l’ont crucifié, si, même sur la croix, il priait encore le Père et intercédait auprès de lui pour le pardon de leur faute (Lc 23,34), comment n’aurait-il pas accueilli le traître avec une bienveillance totale, pourvu qu’il ait prouvé la sincérité de sa conversion ?… Pierre s’est rétracté trois fois après avoir participé à la communion des mystères saints ; ses larmes l’ont absous (Mt 26,75; Jn 21,15s). Paul, le persécuteur, le blasphémateur, le présomptueux, Paul qui a persécuté non seulement le Crucifié mais aussi tous ses disciples, est devenu apôtre après s’être converti. Dieu ne nous demande qu’une pénitence légère pour nous consentir la remise de nos péchés.

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