Archive pour avril, 2011

image prise de la fête du Christ-Roi

27 avril, 2011

image prise de la fête du Christ-Roi dans images sacrée

http://www.santiebeati.it/

La résurrection, le fondement de l’espérance chrétienne

27 avril, 2011

du site:

http://bouquetphilosophique.pagesperso-orange.fr/newpage11.html

La résurrection, le fondement de l’espérance chrétienne
 
«La résurrection est une idée toute naturelle ; il n’est pas plus étonnant de naître deux fois qu’une.»
(Voltaire)
«La certitude de la résurrection fonde l’Eglise. Sans le fait de la résurrection, il n’y aurait jamais eu d’Eglise chrétienne.»
(Suzanne de Diétrich)
«Loué soit Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ. Dans son amour sans limites, il a eu compassion de nous et nous a fait naître de nouveau, en nous associant à la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, pour nous donner une espérance vivante.»
(1 Pierre 1.3, Parole vivante).
 
«Jésus est ressuscité !». Cette conviction proclamée par les chrétiens de tous les temps constitue la seule base de leur espérance. En effet, sans la résurrection du Christ, il n’y aurait aucune espérance pour les croyants. Que ceux-ci soient catholiques, protestants ou orthodoxes, tous sont unis par la foi au Christ ressuscité. Sans la résurrection du Christ, il n’y aurait aucune victoire possible sur le mal, sur la mort. C’est le fait le plus important de l’histoire. Le pasteur suisse Henri Gambini n’hésite pas à écrire que «cet événement est la clé de voûte de tout l’édifice chrétien ; c’est lui qui confirme l’œuvre de Jésus dans son entier, et qui seul permet d’expliquer la formation durable de son Eglise. Enlevez ce fait, et nos croyances sont ébranlées jusque dans leur base, et leur ruine ne peut tarder, ruine d’autant plus désastreuse que l’édifice a été imposant et colossal.» (1). Emile Eldin, un autre auteur protestant, ne s’exprime pas autrement : «La résurrection de Christ est la pierre angulaire de tout l’édifice chrétien, tout croule ou tout subsiste avec elle ; sans elle, Jésus ne serait plus le Sauveur, car il aurait besoin lui-même d’un libérateur, il n’aurait pas vaincu le péché et la mort et nous n’aurions pas de garantie de sa victoire.» (2).
Quant à l’authenticité de la résurrection du Sauveur, elle est prouvée par de nombreux témoignages qu’aucune critique ne saurait anéantir. A ce sujet, le théologien protestant Charles-Edouard Babut affirme que «la principale preuve de la résurrection de Jésus-Christ est fournie par le témoignage des apôtres, des évangélistes et, en général, des premiers disciples de Jésus. Ces témoins ne peuvent pas s’être fait illusion. Encore moins les témoins de la résurrection de Jésus peuvent-ils être soupçonnés de mensonge. Le caractère moral des apôtres, leur accent de conviction, les railleries et les persécutions que leur attirait la prédication d’un Messie mort et ressuscité, écartent absolument toute supposition de ce genre. Autant les témoins sont dignes de foi, autant les témoignages qu’ils ont rendus à la résurrection de Jésus, objet principal de leur foi et de leur prédication, sont clairs, explicites, unanimes sur les points essentiels.» (3).
La résurrection du Christ est aussi la preuve de sa divinité et à ce propos, on trouve dans la Bible, plus précisément dans les premières lignes de la Lettre aux Romains, une citation suffisamment convaincante : «Cette Bonne Nouvelle que j’annonce, Dieu l’a promise il y a déjà bien longtemps par ses prophètes, dans les Saintes Ecritures. Elle parle de son Fils : par sa nature humaine, il descend de David, mais sa résurrection d’entre les morts a manifesté avec éclat en lui le Fils tout-puissant de Dieu, doté de la nature et de la sainteté divines.» (Romains 1.2-4, Parole vivante, la Bible transcrite pour notre temps par A. Kuen). De par sa filiation divine, Jésus a pu dire : «Je suis la Résurrection et la Vie.» (Jean 11.25, TOB).
Enfin, la résurrection du Christ est le gage de notre résurrection future. «Puisque nous croyons que Jésus est mort et ressuscité, nous pouvons croire aussi que Dieu ramènera à la vie, par Jésus, ceux qui se sont déjà endormis dans la communion avec Jésus, pour être unis à lui.» (1 Thessaloniciens 4.14, Parole vivante). «Il est bien certain que le Christ est ressuscité des morts, il est réellement revenu à la vie. Il s’est relevé le premier d’entre les morts, précurseur de ceux qui se réveilleront un jour de leur dernier sommeil.» (1 Corinthiens 15.20, Parole vivante). A cet égard, toujours dans ce même chapitre de la Bible, l’apôtre Paul répond catégoriquement à ceux qui doutent de l’authenticité de la résurrection : «Si la résurrection du Christ constitue l’essence même de notre prédication, comment quelques-uns parmi vous peuvent-ils prétendre qu’il n’existe pas de résurrection des morts ? S’il n’y a pas de résurrection des morts, alors le Christ lui-même n’est pas ressuscité. Mais si le Christ n’est pas ressuscité, toute notre prédication devient sans objet, l’Evangile n’est plus alors que le produit d’une imagination qui tourne à vide et ne rime à rien. Dans ce cas, nous n’avons plus rien à proclamer, et vous, plus rien à croire : votre foi s’écroule, parce qu’elle n’a plus aucun fondement sur lequel s’appuyer. Si les morts ne ressuscitaient pas, nous serions même de faux témoins démentis par Dieu, puisqu’en attestant qu’il a ressuscité Christ d’entre les morts, nous nous mettrions en contradiction avec ce qu’il aurait fait en réalité. Car enfin, si les morts ne peuvent jamais revivre, Christ n’est pas non plus revenu à la vie. Et si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est une illusion creuse et vaine.» (1 Corinthiens 15.12-17, Parole vivante). Une logique implacable !
A propos de la résurrection des morts, remarquons que le Christ lui-même a déclaré solennellement : «Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra.» (Jean 11.25, TOB), «En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient – et maintenant elle est là – où les morts entendront la voix du Fils de Dieu et ceux qui l’auront entendue vivront.» (Jean 5.25, TOB), «Que tout ceci ne vous étonne plus ! L’heure vient où tous ceux qui gisent dans les tombeaux entendront sa voix, et ceux qui auront fait le bien en sortiront pour la résurrection qui mène à la vie ; ceux qui auront pratiqué le mal, pour la résurrection qui mène au jugement.» (Jean 5.28-29, TOB).
La résurrection de Jésus est vraiment le plus grand miracle du christianisme. Puisqu’elle implique la nôtre et l’avénement du Royaume de Dieu sur la terre, elle est donc (devrait être) le seul fondement de l’espérance chrétienne. A la résurrection des morts, l’espérance deviendra donc réalité. Cet événement extraordinaire marquera le début de l’éternité en présence de Dieu pour les fidèles de tous les temps. Notons en passant que le texte de l’Ecriture associe la résurrection des morts au retour de Jésus, une attente qui commandait la vie des premiers chrétiens. Qu’en est-il au début de ce troisième millénaire ? Chaque dimanche (4) à la messe, des millions de fidèles affirment invariablement leur croyance en la résurrection des morts en récitant le Credo qui «culmine en la proclamation de la résurrection des morts à la fin des temps et en la vie éternelle.» (5). Pourtant, selon un sondage exclusif effectué par l’institut CSA en collaboration avec Le Monde des Religions (6), seulement 58 % des catholiques croient en la résurrection du Christ et, résultat encore beaucoup plus étonnant, seuls 10 % croient à la résurrection des morts ! Pourquoi donc cette flagrante contradiction dans le témoignage des chrétiens d’aujourd’hui ? Est-ce vraiment encore l’espérance en la résurrection qui les fait courir ? Ou, ayant perdu après des siècles de christianisme formaliste le sens de cette dernière, leur “espérance” reposerait-elle désormais sur une autre base ?
Des interrogations auxquelles il n’est pas facile de répondre sans dépasser les limites de notre sujet mais en guise de conclusion à cette brève réflexion sur la résurrection, laissons le dernier mot à des théologiens catholiques, un emprunt avec lequel nous sommes en plein accord : «La foi chrétienne est plus que jamais mise au défi de rendre compte devant tous les hommes de l’espérance qu’elle implique (cf. 1 Pierre 3.15). A cet effet, nous devons d’abord nous assurer du fondement de l’espérance chrétienne. Le point de départ et le fondement de l’espérance chrétienne, ce n’est pas un rêve, la projection de nos désirs ou de vaines spéculations, ce n’est pas un optimisme à bon marché, ce n’est pas une position de principe ni une confiance à priori dans le progrès, dans l’évolution ou la révolution. Dans la foi, nous pouvons dire quelque chose sur notre avenir parce que cet avenir a déjà commencé en Jésus-Christ. La conviction fondamentale et le cœur de la foi chrétienne, c’est que Jésus est le premier homme ressuscité d’entre les morts.» (7).

Claude Bouchot


___________________
(1) Gambini Henri, Essai sur la résurrection de Jésus-Christ, Lausanne, 1865, p. 3, cité par Vaucher Alfred, L’Histoire du salut, Vie et Santé, 1987, p. 215-216.
(2) Eldin Emile, Jésus et le prophète Esaïe, au point de vue messianique, thèse, Paris, 1891, p. 73, cité par Vaucher Alfred, ibid., p. 223.
(3) Babut Charles-Edouard, La vérité chrétienne, Paris, 1942, p. 110, cité par Vaucher Alfred, ibid., p. 225.
(4) Bien que «les récits évangéliques de la résurrection ne donnent aucune instruction pour que le grand événement soit commémoré le jour de la semaine où il s’est produit» (Riesenfeld Harold, The Sabbath and the Lord’s day, The Gospel Tradition : Essays, 1970, p. 124) et bien qu’il ne soit jamais appelé dans le Nouveau Testament «jour de la résurrection», on sait que ce jour de la semaine a été désigné par l’Eglise des premiers siècles comme le jour de commémoration hebdomadaire de la résurrection du Seigneur.
(5) Catéchisme de l’Eglise catholique, Ed. Mame/Plon, 1992, p. 212.
(6) CSA/Le Monde des Religions, Portrait des catholiques, sondage exclusif réalisé par téléphone du 18 au 25 octobre 2006, Interrogation de 1021 personnes se déclarant catholiques issues d’un échantillon national représentatif de 2012 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d’après la méthode des quotas.
(7) Conférence épiscopale allemande, La Foi de l’Eglise, catéchisme pour adultes, Ed. Brepols/Cerf/Le Centurion, 1987.
 

Saint Irénée. Contre les Hérésies…

27 avril, 2011

du site:

http://chemins.eklesia.fr/cdh/irenee.php

Saint Irénée. Contre les Hérésies…

Notes de lecture…

Il est difficile de réduire un texte aussi dense à quelques lignes, tout au plus peut-on noter quelques idées qui parlent plusieurs siècles après la rédaction de cet écrit majeur de l’un de ceux que l’on nomme les Pères de l’Eglise.
L’un des points les plus marquants chez Irénée, c’est peut-être cette insistance sur l’incarnation du Christ. Le Verbe s’est fait chair, mais sans perdre son unicité (p.355). Une unicité qui est peut être un héritage du Christ à travers l’Esprit. L’Esprit vient en nous comme une toison (Is 5,6) et travaille à faire en nous cette unité intérieure.
Et cet unicité, que nous avions perdu en Adam, nous l’avons retrouvé en Jésus Christ. « Quel est celui qui nous fait entrer ainsi en communion de nourriture ? (…) N’est_ce pas plutôt l’Emmanuel qui est né de la Vierge, qui a mangé du beurre et du miel et dont le prophète a dit  » Il est homme et pourtant qui le connaîtra ? » (Jer 17,9). (p. 361).
« Comme la farine sèche ne peut devenir pain, nous qui étions multitude ne pouvons devenir unique que par l’Eau venue du Ciel, c’est-à-dire L’Esprit Saint. » Il poursuit cette approche par une étonnante analyse du combat intérieur du Christ, qui à travers sa souffrance et sa mort vient réconcilier cette unité perdue. « Il a lutté et vaincu, combattant la désobéissance par son obéissance. » Suit alors une belle interprétation de ce que les théologiens appellent la kénose (Se vider, cf. Phil 2).
« Celui qui devait tuer le péché et racheter l’homme digne de mort se fit cela même qu’était celui-ci, c’est-à-dire cet homme réduit en esclavage par le péché, sous le pouvoir de la mort, afin que le péché fut tué par un homme et que l’homme sortit ainsi de la mort (366).
Selon Irénée, « le Verbe se tenait alors en repos lorsque le Seigneur était éprouvé ». Il manifestait ainsi le retrait de la toute puissance de Dieu, au service d’un amour qui va jusqu’au don. Et ce retrait permet d’incarner l’homme au plus profond de sa souffrance, de sorte que cette victoire sur la souffrance et la mort puisse devenir un chemin…
C’est pourquoi Dieu l’a exalté ajoute Saint Paul dans Phil. 2.
La méditation de cette unité d’un Dieu fait homme est transcendante de notre propre unité intérieure.
Peut-on en déduire que notre humanité est dans la souffrance, mais que nos oeuvres sont le travail de l’Esprit en nous, nous dépassant… Non pas nous mais Dieu en nous ? C’est quand nous sommes hommes dans le réel que Dieu peut agir en nous par l’Esprit.
Cette descente de Dieu sur terre pour y chercher la brebis perdue est le coeur de notre salut. Son propre ouvrage, par lui modelé, va ressusciter en Dieu, par l’incarnation du Verbe.
Non seulement le Christ nous montre le chemin de la descente de notre tour d’orgueil mais parfois, il nous laisse tomber de notre tour pour mieux nous aider à le trouver et le retrouver dans la joie (cf. fils prodigue). Laissant ainsi notre liberté entière, tout en nous tendant la main…
L’homme après avoir désobéi demeure pour Irénée dans l’amour de Dieu. Il ajoute que le bien n’habite pas dans notre chair (citant Rm 7,18). Ce n’est pas de nous mais de Dieu que vient ce bien qui est notre salut. Et ce salut remonte jusqu’à Adam, ce qui étend pour lui la miséricorde de Dieu à l’ensemble de l’humanité.
Pour Irénée (p. 397) il y a identité entre Dieu bon et Dieu justice qui ne forme qu’un seul Dieu. Et cette justice n’apparaît pas cruelle, précédée et prévenue qu’elle est par la bonté.

Il ajoute (p.446) que ce n’est pas parce qu’il avait besoin de l’homme que Dieu modela Adam, mais pour avoir quelqu’un en qui déposer ses bienfaits.
Cette présence de Dieu à l’origine, ce Dieu créateur qui nous comble de bienfait avant de poser la loi, qui est bon avant d’être juste, constitue l’essence de la vision du christianisme (cf. aussi sur ce thème, la Loi de Dieu de P. Beauchamp). Elle transparaît dans la lecture du fils prodigue, où le partage des biens, intervient en préalable à la liberté de l’homme et à son pardon….
Alors ajoute Irénée (p. 446), lorsque des hommes sont dans la lumière, ce ne sont pas eux qui illuminent la lumière et la font resplendir, mais ils sont illuminés et rendus resplendissants par elle : loin de lui apporter quoique ce soit, ils bénéficient de la lumière et en sont illuminés (…) Dieu n’a pas besoin du service des hommes mais à ceux qui le servent et qui le suivent, Dieu procure la vie.
Irénée cite alors Deut. 8,3 : « Il t’a nourri de la manne,… afin que tu saches que l’homme ne vivra pas de pain seulement mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ».
Irénée se fait ensuite l’apôtre du Christ et de l’Ecriture, la manne du chrétien. A propos de la Parabole des ouvriers…. (p. 543) il note ainsi que ceux de la dernière heure ont eu un dernier cadeau, c’est la vision du Christ. Il insiste alors à nouveau sur l’incarnation (passion à travers la chair) du Christ, chemin d’unité en nous.
L’homme incarné approche de la perfection (p.582) lorsqu’il est « mélange et union de l’âme qui a reçu l’Esprit du Père et qui a été mélangée à la chair, modelée selon l’image de Dieu. » pour devenir temple de Dieu.
C’est alors que nous avons vaincu la mort, lorsque que cette chair, qui était sa proie échappera à son pouvoir.
La guérison de l’aveugle né rappelle au grand jour le modelage originel de la création à travers Dieu. Quand le Verbe se fit chair, il confirma l’une et l’autre : L’image dans sa vérité et la ressemblance de façon stable. L’homme est pleinement semblable au Père invisible à travers le Verbe désormais visible.

bonne nuit

27 avril, 2011

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. euphorbia_longifolia_477

Was known as Euphorbia donii

http://www.floralimages.co.uk/index_1.htm

Paul prêchant en Crète

26 avril, 2011

Paul prêchant en Crète dans images sacrée

http://www.imga.gr/apostolos_pavlos.htm

Le « Dies irae » du pape. Et le mystère du mal (Sandro Magister)

26 avril, 2011

du site:

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1347584?fr=y

Le « Dies irae » du pape. Et le mystère du mal

Benoît XVI arrache chacun de son sommeil. De cette « insensibilité à la présence de Dieu qui nous rend aussi insensibles au mal ». Et il cite le chant du Jugement dernier, lorsque le dernier voile sera levé, révélant pourquoi Dieu « s’est fatigué » dans sa recherche de l’homme égaré

par Sandro Magister

ROME, le 21 avril 2011 – La Semaine Sainte de cette année est spéciale pour le pape. Avec une nouveauté sans précédent.

Le Vendredi Saint, avant la liturgie dans la basilique Saint-Pierre et le chemin de croix au Colisée, Benoît XVI répondra à la télévision à sept questions qui lui sont adressées depuis autant de pays du monde. Sept questions parmi des milliers d’autres. Celles qui vont droit au coeur du drame de l’existence de l’homme.

La première question, celle d’une fillette japonaise, portera sur le scandale du mal. Du mal incompréhensible, comme celui d’un séisme. Du mal qui a comme fond le mystère de la douleur innocente.

On écoutera la réponse du pape à cette question et aux autres.

Mais Joseph Ratzinger est déjà entré dans le vif du sujet. Il l’a fait durant l’audience générale du Mercredi Saint et dans l’homélie de la messe chrismale, le matin du Jeudi Saint. La première fois en improvisant, ayant quitté son texte des yeux. La deuxième fois dans un texte écrit entièrement de sa main, qui vient aussi du coeur.

Grâce à cette double introduction aux rites de Pâques, on comprend plus que jamais à quel point le rapprochement de l’homme avec Dieu est la « priorité » du pontificat de Benoît XVI. Ce Dieu qui semble lointain, mais qui, en réalité, est sans cesse en marche pour retrouver l’homme égaré.

Benoît XVI a cité le « Dies irae », ce chant qui a été subitement effacé de la liturgie parce qu’il était considéré comme imprégné de terreur, alors qu’il porte les traits d’une tendresse touchante, comme lorsqu’il dit :

Quaerens me, sedisti lassus,
redemisti Crucem passus:
tantus labor non sit cassus.

Ce que le pape a traduit par : « En me cherchant tu t’es assis fatigué… Que tous ces efforts ne soient pas vains! ». Et il y a lu l’aventure de Dieu « qui s’est acheminé
vers nous » par pur amour, et qui pour cela « s’est fait homme et est descendu jusqu’aux abîmes de l’existence humaine, jusqu’à la nuit de la mort ».

Le sommeil des disciples sur le Mont des Oliviers, pendant que Jésus accepte de boire le calice de la passion – a dit Benoît XVI lors de l’audience du Mercredi Saint – c’est notre insensibilité à Dieu, d’où vient aussi notre insensibilité envers la force que le mal a dans le monde.

« Recherchez toujours son visage », a insisté le pape, citant le psaume 105. Ce qui est aussi une constante de sa prédication : comme dans le mémorable discours de Paris, en 2008, à propos du « quaerere Deum », de la recherche de Dieu comme base de la civilisation occidentale.

On trouvera ci-dessous les passages-clés de l’audience du Mercredi Saint et de l’homélie du matin du Jeudi Saint. Suivis du texte intégral du « Dies irae ».

Les textes intégraux, ainsi que les autres textes de la Semaine Sainte de Benoît XVI, se trouvent sur le site du Vatican :

> Homélies

> Audiences

_________

EXTRAIT DE L’AUDIENCE GÉNÉRALE DU MERCREDI SAINT

Place Saint-Pierre, le 20 avril 2011

Chers frères et sœurs, [...] ayant quitté le Cénacle, Jésus se retira pour prier, seul, devant le Père. Dans ce moment de communion profonde, les Evangiles rapportent que Jésus ressentit une profonde angoisse, une souffrance telle qu’il verse une sueur de sang (cf. Mt 26, 38). Conscient de sa mort imminente sur la croix, Il ressent une profonde angoisse et l’approche de la mort.

Dans cette situation, apparaît également un élément de grande importance pour toute l’Eglise. Jésus dit aux siens : demeurez ici et veillez ; et cet appel à la vigilance concerne précisément ce moment d’angoisse, de menace, au cours duquel arrivera le traître, mais il concerne toute l’histoire de l’Eglise. C’est un message permanent pour tous les temps, car la somnolence des disciples était le problème non seulement de ce moment, mais est le problème de toute l’histoire.

La question est de savoir en quoi consiste cette somnolence, et en quoi consisterait la vigilance à laquelle le Seigneur nous invite. Je dirais que la somnolence des disciples tout au long de l’histoire est un certain manque de sensibilité de l’âme pour le pouvoir du mal, un manque de sensibilité pour tout le mal du monde. Nous ne voulons pas nous laisser trop troubler par ces choses, nous voulons les oublier : nous pensons que peut »être ce ne sera pas si grave, et nous oublions.

Et il ne s’agit pas seulement de manque de sensibilité pour le mal, alors que nous devrions veiller pour faire le bien, pour lutter pour la force du bien. C’est un manque de sensibilité pour Dieu : telle est notre véritable somnolence ; ce manque de sensibilité pour la présence de Dieu qui nous rend insensibles également au mal. Nous ne sentons pas Dieu  » cela nous dérangerait  » et ainsi, nous ne sentons pas non plus naturellement la force du mal et nous restons sur le chemin de notre confort.

L’adoration nocturne du Jeudi saint, la vigilance avec le Seigneur, devrait être précisément le moment pour nous faire réfléchir sur la somnolence des disciples, des défenseurs de Jésus, des apôtres, de nous, qui ne voyons pas, qui ne voulons pas voir toute la force du mal, et qui ne voulons pas entrer dans sa passion pour le bien, pour la présence de Dieu dans le monde, pour l’amour du prochain et de Dieu.

Puis le Seigneur commence à prier. Les trois apôtres  » Pierre, Jacques et Jean  » dorment, mais quelques fois se réveillent, et entendent le refrain de cette prière du Seigneur : « Que soit faite non pas ma volonté, mais ta volonté ». Qu’est »ce que ma volonté, qu’est »ce que ta volonté dont parle le Seigneur ? Ma volonté est « qu’il ne devrait pas mourir », que lui soit épargnée la coupe de la souffrance : c’est la volonté humaine, de la nature humaine, et le Christ ressent, avec toute la conscience de son être, la vie, l’abîme de la mort, la terreur du néant, cette menace de la souffrance. Et Lui plus que nous, qui avons cette aversion naturelle pour la mort, cette peur naturelle de la mort, encore plus que nous, il ressent l’abîme du mal.

Il ressent, avec la mort, également toute la souffrance de l’humanité. Il sent que tout cela est la coupe qu’il doit boire, qu’il doit s’obliger à boire, il doit accepter le mal du monde, tout ce qui est terrible, l’aversion pour Dieu, tout le péché. Et nous pouvons comprendre que Jésus, avec son âme humaine, est terrorisé face à cette réalité, qu’il perçoit dans toute sa cruauté : ma volonté serait de ne pas boire cette coupe, mais ma volonté est soumise à ta volonté, à la volonté de Dieu, à la volonté du Père, qui est également la véritable volonté du Fils.

Et ainsi, Jésus transforme, dans cette prière, l’aversion naturelle, l’aversion pour la coupe, pour sa mission de mourir pour nous ; il transforme sa volonté naturelle en volonté de Dieu, dans un « oui » à la volonté de Dieu. L’homme en soi est tenté de s’opposer à la volonté de Dieu, d’avoir l’intention de suivre sa propre volonté, de se sentir libre uniquement s’il est autonome ; il oppose sa propre autonomie à l’hétéronomie de suivre la volonté de Dieu. Cela est tout le drame de l’humanité. Mais en vérité, cette autonomie est fausse et cette obéissance à la volonté de Dieu n’est pas une opposition à soi »même, n’est pas un esclavage qui viole ma volonté, mais cela signifie entrer dans la vérité et dans l’amour, dans le bien. Et Jésus tire notre volonté, qui s’oppose à la volonté de Dieu, qui cherche l’autonomie, il tire notre volonté vers le haut, vers la volonté de Dieu.

Tel est le drame de notre rédemption, que Jésus tire vers le haut notre volonté, toute notre aversion pour la volonté de Dieu et notre aversion pour la mort et le péché, et l’unit à la volonté du Père : « Non pas ma volonté mais la tienne ». Dans cette transformation du « non » en « oui », dans cette insertion de la volonté de la créature dans la volonté du Père, il transforme l’humanité et nous rachète. Et il nous invite à entrer dans son mouvement : sortir de notre « non » et entrer dans le « oui » du Fils. Ma volonté existe, mais la volonté du Père est décisive, car elle est la vérité et l’amour.

Un ultérieur élément de cette prière me semble important. Les trois témoins ont conservé  » comme on le voit dans les Saintes Ecritures  » la parole juive ou araméenne avec laquelle le Seigneur a parlé au Père, il l’a appelé « Abbà », père. Mais cette formule, « Abbà », est une forme familière du terme père, une forme qui s’utilise uniquement en famille, qui n’a jamais été utilisée à l’égard de Dieu. Ici, nous voyons dans l’intimité de Jésus comment il parle en famille, il parle vraiment comme un Fils à son Père. Nous voyons le mystère trinitaire : le Fils qui parle avec le Père et rachète l’humanité.

Encore une remarque. La Lettre aux Hébreux nous a donné une profonde interprétation de cette prière du Seigneur, de ce drame de Gethsémani. Elle dit : ces larmes de Jésus, cette prière, ce cri de Jésus, cette angoisse, tout cela n’est pas simplement une concession à la faiblesse de la chair, comme on pourrait le dire. C’est précisément ainsi qu’il réalise la charge de Souverain Prêtre, parce que le Souverain Prêtre doit porter l’être humain, avec tous ses problèmes et ses souffrances, à la hauteur de Dieu. Et la Lettre aux Hébreux dit : avec tous ces cris, ces larmes, ces souffrances, ces prières, le Seigneur a porté notre réalité à Dieu (cf. Hb 5, 7sqq). Et il utilise ce mot grec « prosferein », qui est le terme technique de ce que doit faire le Souverain Prêtre pour offrir, pour élever les mains. C’est précisément dans ce drame de Gethsémani, où il semble que la force de Dieu ne soit plus présente, que Jésus réalise la fonction du Souverain Prêtre. Et il dit en outre que dans cet acte d’obéissance, c’est »à »dire de conformation de la volonté naturelle humaine à la volonté de Dieu, il est perfectionné comme prêtre. Et il utilise de nouveau le mot technique pour ordonner prêtre. C’est précisément ainsi qu’il devient réellement le Souverain Prêtre de l’humanité et ouvre ainsi le ciel et la porte à la résurrection.

Si nous réfléchissons sur ce drame de Gethsémani, nous pouvons voir aussi le fort contraste entre Jésus avec son angoisse, sa souffrance, et le grand philosophe Socrate, qui reste pacifique et ne se laisse pas perturber face à la mort. Cela semble l’idéal.

Nous pouvons admirer ce philosophe, mais la mission de Jésus était une autre. Sa mission n’était pas cette totale indifférence et liberté ; sa mission était de porter en soi toute notre souffrance, tout le drame humain. Et c’est pourquoi précisément cette humiliation de Gethsémani est essentielle pour la mission de l’Homme »Dieu. Il porte en lui »même notre souffrance, notre pauvreté, et il la transforme selon la volonté de Dieu. Et il ouvre ainsi les portes du ciel, il ouvre le ciel : ce rideau du Très Saint, que jusqu’alors l’homme a fermé contre Dieu, est ouvert à cause de cette souffrance et de cette obéissance.

(Traduction par > Zenit).

__________

EXTRAIT DE L’HOMÉLIE DE LA MESSE CHRISMALE DU JEUDI SAINT

Basilique de Saint-Pierre, le 21 avril 2011

Chers frères et sœurs, au centre de la liturgie de ce matin, se trouve la bénédiction des huiles saintes. [...] Il y a tout d’abord l’huile des catéchumènes. Cette huile indique en quelque sorte une première manière d’être touchés par le Christ et par son Esprit – un toucher intérieur par lequel le Seigneur attire les personnes à lui. Par cette première onction, qui est faite encore avant le Baptême, notre regard se tourne donc vers les personnes qui se mettent en chemin vers le Christ – vers celles qui sont à la recherche de la foi, à la recherche de Dieu. L’huile des catéchumènes nous dit: ce ne sont pas seulement les hommes qui cherchent Dieu. Dieu Lui »même s’est mis à notre recherche. Le fait que lui »même se soit fait homme et soit descendu dans les abîmes de l’existence humaine, jusque dans la nuit de la mort, nous montre combien Dieu aime l’homme, sa créature. Poussé par l’amour, Dieu s’est mis en marche vers nous. «Me cherchant, Tu t’es assis, fatigué… qu’un tel effort ne soit pas vain!» prions »nous dans le « Dies Irae ». Dieu est à ma recherche. Est »ce que je veux le reconnaître? Est »ce que je veux qu’il me connaisse, qu’il me trouve? Dieu aime les hommes. Il va au devant de l’inquiétude de notre cœur, de l’inquiétude de nos questions et de nos recherches, avec l’inquiétude de son propre cœur, qui le pousse à accomplir l’acte extrême pour nous. L’inquiétude envers Dieu, – le fait d’être en chemin vers lui pour mieux le connaître, pour mieux l’aimer –, ne doit pas s’éteindre en nous.

En ce sens, nous devrions toujours rester des catéchumènes. «Recherchez sans relâche sa face», dit un psaume (105, 4). Augustin a commenté à ce propos: Dieu est tellement grand qu’il dépasse infiniment toute notre connaissance et tout notre être. La connaissance de Dieu ne s’épuise jamais. Toute l’éternité, nous pouvons, avec une joie grandissante, continuer sans cesse à le chercher, pour le connaître toujours plus et l’aimer toujours plus. «Notre cœur est inquiet, tant qu’il ne repose en toi», a dit Augustin au début de ses Confessions. Oui, l’homme est inquiet, car tout ce qui est temporel est trop peu. Mais sommes »nous vraiment inquiets à son égard? Ne nous sommes »nous pas résignés à son absence et ne cherchons »nous pas à nous suffire à nous »mêmes? Ne permettons pas de telles réductions de notre être humain! Restons continuellement en marche vers lui, ayant la nostalgie de lui, accueillant de manière toujours nouvelle connaissance et amour! [...]

En troisième lieu, il y a enfin la plus noble des huiles ecclésiales, le chrême, une mixture d’huile d’olive et de parfums végétaux. C’est l’huile de l’onction sacerdotale et de l’onction royale, onctions qui se rattachent aux grandes traditions d’onction dans l’Ancienne Alliance. Dans l’Eglise, cette huile sert surtout pour l’onction lors de la Confirmation et lors des Ordinations sacrées. La liturgie d’aujourd’hui associe à cette huile les paroles de promesse du prophète Isaïe: « Vous serez appelés ‘prêtres du Seigneur’, on vous nommera ‘ministres de notre Dieu’» (61, 6). Le prophète reprend par là la grande parole de charge et de promesse, que Dieu avait adressée à Israël au Sinaï: «Je vous tiendrai pour un royaume de prêtres, une nation sainte» (Ex 19, 6). Dans le vaste monde et pour le vaste monde qui, en grande partie, ne connaissait pas Dieu, Israël devait être comme un sanctuaire de Dieu pour la totalité, il devait exercer une fonction sacerdotale pour le monde. Il devait conduire le monde vers Dieu, l’ouvrir à lui.

Saint Pierre, dans sa grande catéchèse baptismale, a appliqué ce privilège et cette tâche d’Israël à l’entière communauté des baptisés, proclamant: «Mais vous, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis pour proclamer les louanges de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, vous qui, jadis, n’étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu» (1 P 2, 9 s.).

Le Baptême et la Confirmation constituent l’entrée dans ce peuple de Dieu, qui embrasse le monde entier; l’onction du Baptême et de la Confirmation est une onction qui introduit dans ce ministère sacerdotal en faveur de l’humanité. Les chrétiens sont un peuple sacerdotal pour le monde. Les chrétiens devraient rendre visible au monde le Dieu vivant, en témoigner et conduire à Lui. Quand nous parlons de notre charge commune, en tant que baptisés, nous ne devons pas pour autant en tirer orgueil. C’est une question qui, à la fois, nous réjouit et nous préoccupe: sommes »nous vraiment le sanctuaire de Dieu dans le monde et pour le monde? Ouvrons »nous aux hommes l’accès à Dieu ou plutôt ne le cachons »nous pas ? Ne sommes »nous pas, nous – peuple de Dieu –, devenus en grande partie un peuple de l’incrédulité et de l’éloignement de Dieu? N’est »il pas vrai que l’Occident, les Pays centraux du christianisme sont fatigués de leur foi et, ennuyés de leur propre histoire et culture, ne veulent plus connaître la foi en Jésus Christ? Nous avons raison de crier vers Dieu en cette heure : Ne permets »pas que nous devenions un non »peuple! Fais que nous te reconnaissions de nouveau! En effet, tu nous as oints de ton amour, tu as posé ton Esprit Saint sur nous. Fais que la force de ton Esprit devienne à nouveau efficace en nous, pour que nous témoignions avec joie de ton message!

Malgré toute la honte que nous éprouvons pour nos erreurs, nous ne devons pas oublier cependant qu’il existe aussi aujourd’hui des exemples lumineux de foi; qu’il y a aussi aujourd’hui des personnes qui, par leur foi et leur amour, donnent espérance au monde. Quand le 1 mai prochain sera béatifié le Pape Jean Paul II, nous penserons à lui, pleins de gratitude, comme à un grand témoin de Dieu et de Jésus Christ à notre époque, comme à un homme rempli d’Esprit Saint. [...]

__________

DIES IRAE

Dies Irae, dies illa
solvet saeclum in favilla:
teste David cum Sybilla.

Quantus tremor est futurus,
Quando judex est venturus,
Cuncta stricte discussurus.

Tuba, mirum spargens sonum
per sepulcra regionum
coget omnes ante thronum.

Mors stupebit et natura,
cum resurget creatura,
judicanti responsura.

Liber scriptus proferetur,
in quo totum continetur,
unde mundus judicetur.

Judex ergo cum sedebit,
quidquid latet, apparebit:
nil inultum remanebit.

Quid sum miser tunc dicturus
quem patronum rogaturus,
cum vix justus sit securus

Rex tremendae majestatis,
qui salvandos salvas gratis,
salva me, fons pietatis.

Recordare, Jesu pie,
quod sum causa tuae viae
ne me perdas illa die.

Quaerens me, sedisti lassus,
redemisti Crucem passus:
tantus labor non sit cassus.

Juste judex ultionis,
donum fac remissionis
ante diem rationis.

Ingemisco, tamquam reus,
culpa rubet vultus meus
supplicanti parce, Deus.

Qui Mariam absolvisti,
et latronem exaudisti,
mihi quoque spem dedisti.

Preces meae non sunt dignae,
sed tu bonus fac benigne,
ne perenni cremer igne.

Inter oves locum praesta,
et ab haedis me sequestra,
statuens in parte dextra.

Confutatis maledictis,
flammis acribus addictis,
voca me cum benedictis.

Oro supplex et acclinis,
cor contritum quasi cinis:
gere curam mei finis.

Lacrimosa dies illa,
qua resurget ex favilla
judicandus homo reus.
Huic ergo parce, Deus.

Pie Jesu Domine,
dona eis requiem. Amen.

*

Jour de colère, ce jour là
réduira le monde en poussière,
David l’atteste, et la Sibylle.

Quelle terreur à venir,
quand le juge apparaîtra
pour tout strictement examiner !

La trompette répand étonnamment ses sons,
parmi les sépulcres de tous pays,
rassemblant tous les hommes devant le trône.

La Mort sera stupéfaite, comme la Nature,
quand ressuscitera la créature,
pour être jugée d’après ses réponses.

Un livre écrit sera produit,
dans lequel tout sera contenu ;
d’après quoi le Monde sera jugé.

Quand le Juge donc tiendra séance,
tout ce qui est caché apparaîtra,
et rien d’impuni ne restera.

Que, pauvre de moi, alors dirai-je ?
Quel protecteur demanderai-je,
quand à peine le juste sera en sûreté ?

Roi de terrible majesté,
qui sauvez, ceux à sauver, par votre grâce,
sauvez-moi, source de piété.

Souvenez-vous, Jésus si doux,
que je suis la cause de votre route ;
ne me perdez pas en ce jour.

En me cherchant vous vous êtes assis fatigué,
me rachetant par la Croix, la Passion,
que tant de travaux ne soient pas vains.

Juste Juge de votre vengeance,
faites-moi don de la rémission
avant le jour du jugement.

Je gémis comme un coupable,
la faute rougit mon visage,
au suppliant, pardonnez Seigneur.

Vous qui avez absout Marie(-Madeleine),
et, au bon larron, exaucé les vœux,
à moi aussi vous rendez l’espoir.

Mes prières ne sont pas dignes (d’être exaucées,)
mais vous, si bon, faites par votre bonté
que jamais je ne brûle dans le feu.

Entre les brebis placez-moi,
que des boucs je sois séparé,
en me plaçant à votre droite.

Confondus, les maudits,
aux flammes âcres assignés,
appelez-moi avec les bénis.

Je prie suppliant et incliné,
le cœur contrit comme de la cendre,
prenez soin de ma fin.

Jour de larmes que ce jour là,
où ressuscitera, de la poussière,
pour le jugement, l’homme coupable.
À celui-là donc, pardonnez, ô Dieu.

Doux Jésus Seigneur,
donnez-leur le repos. Amen.

bonne nuit

25 avril, 2011

bonne nuit dans Pape Benoit himantoglossum_hircinum_233e

Himantoglossum hircinum -Orchidaceae

http://www.floralimages.co.uk/index_1.htm

Saint Marc l’évangéliste

25 avril, 2011

Saint Marc l'évangéliste dans images sacrée st_marc_joelle

http://www.enluminure.fr/joelle_marc.html

25 avril -Saint Marc l’évangéliste

25 avril, 2011

du site:

http://missel.free.fr/Sanctoral/04/25.php

25 avril -Saint Marc l’évangéliste

Historique

L’auteur du deuxième évangile ne se nomme pas, mais certains ont cru pouvoir l’identifier au jeune homme qui s’enfuit lors de l’arrestation du Seigneur : Et un jeune homme le suivait, un drap jeté sur son corps nu. Et on l’arrête, mais lui, lâchant le drap s’enfuit tout nu (évangile selon saint Marc XIV 51-52).
D’après Jean le Presbytre dont le témoignage rapporté par Papias (évêque d’Hiérapolis en Phrygie vers le premier quart du II° siècle) est cité par Eusèbe de Césarée dans un passage de son Histoire ecclésiastique (Livre III, chapitre XXXIX, 15) :
Voici ce que le presbytre disait : Marc, qui avait été l’interprète de Pierre, écrivit exactement tout ce dont il se souvint, mais non dans l’ordre de ce que le Seigneur avait dit ou fait, car il n’avait pas entendu le Seigneur et n’avait pas été son disciple, mais bien plus tard, comme je disais, celui de Pierre. Celui-ci donnait son enseignement selon les besoins, sans se proposer de mettre en ordre les discours du Seigneur. De sorte que Marc ne fut pas en faute, ayant écrit certaines choses selon qu’il se les rappelait. Il ne se souciait que d’une chose : ne rien omettre de ce qu’il avait entendu, et ne rien rapporter que de véritable.
Saint Justin (vers 150) cite comme appartenant aux Mémoires de Pierre un trait qui ne se trouve que dans l’évangile selon saint Marc (Dialogue avec Tryphon, n°106) : surnom de Boarnergès (fils du tonnerre) donné à Jacques et Jean, fils de Zébédée (Saint Marc III 16-17).
Saint Irénée (vers 180) dit qu’après la mort de Pierre et de Paul, Marc, disciple et interprète de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce qui avait été prêché par Pierre(Contra haereses, Livre III, chapitre I, 1).
Tertullien attribue à Pierre ce que Marc a écrit (Adversus Marcionem, Livre IV, chapitre V).
La tradition le désigne donc comme un disciple de Pierre et son interprète authentique (Saint Clément d’Alexandrie, Origène – selon ce que Pierre lui avait enseigné- et saint Jérôme – Marc, interprète de l’apôtre Pierre et premier évêque d’Alexandrie).
Les anciens l’ont identifié avec le Marc ou le Jean-Marc des Actes des Apôtres et des épîtres pauliniennes : son nom hébreux aurait été Jean et son surnom romain aurait été Marc (Marcus qui a donné le grec Marcos), usage que l’on rencontre pour Joseph, surnommé Justus (Actes des Apôtres I 23), ou pour Simon, surnommé Niger (Actes des Apôtres XIII 1) ; il serait le fils d’une Marie, probablement veuve, chez qui se réunissait la première communauté chrétienne de Jérusalem et chez qui saint Pierre se réfugia après sa délivrance de la prison (Actes des Apôtres XII 12) ; celui-ci accompagna Paul et Barnabé, son propre cousin (Colossiens IV 10) dans un premier voyage (Actes des Apôtres XII 25), puis se sépara deux à Pergé en Pamphylie (Actes des Apôtres XIII 13) avant de repartir pour Chypre avec Barnabé (Actes des Apôtres XV 39) ; on le retrouve à Rome près de saint Paul prisonnier (Billet à Philémon 24) qui le charge d’une mission en Asie Mineure (Colossiens IV 10) et finalement l’appelle auprès de lui (II Timothée IV 11) ; la mention à Rome de Marc comme le fils très cher de l’apôtre Pierre (I Pierre V 13) fait penser que Marc a été baptisé par Pierre et qu’il se mit à son service après la mort de Paul.
Eusèbe de Césarée rapporte que Marc aurait été le fondateur de l’Eglise d’Alexandrie : Pierre établit aussi les églises d’Egypte, avec celle d’Alexandrie, non pas en personne, mais par Marc, son disciple. Car lui-même pendant ce temps s’occupait de l’Italie et des nations environnantes ; il envoya don Marc, son disciple, destiné à devenir le docteur et le conquérant de l’Egypte (Histoire ecclésiastique Livre II, chapitre XVI), ce qu’un texte arménien fixe à la première année du règne de Claude (41) et saint Jérôme la troisième (43) ; Eusèbe dit qu’il établit son successeur, Anien, la huitième année du règne de Néron (62).
L’attribut de saint Marc est le lion parce que son évangile commence par la prédication de saint Jean-Baptiste dans le désert et que le lion est l’animal du désert (Evangile selon saint Marc I 12-13).

Jean Paul II: Dieu Sauveur – Lecture: Ep 1, 3

25 avril, 2011

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/audiences/2004/documents/hf_jp-ii_aud_20040218_fr.html

JEAN-PAUL II

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 18 février 2004

Dieu Sauveur – Lecture:  Ep 1, 3-6

1. Le splendide hymne de « bénédiction », qui ouvre la Lettre aux Ephésiens, et qui est proclamée chaque lundi dans la liturgie des Vêpres, fera l’objet d’une série de méditations au cours de notre itinéraire. Pour l’instant, nous nous contentons d’un regard d’ensemble sur ce texte solennel et bien structuré, une sorte de construction majestueuse, destinée à exalter l’oeuvre merveilleuse de Dieu, réalisée pour nous dans le Christ.
On part d’un « début » qui anticipe le temps et la création:  c’est l’éternité divine dans laquelle prend déjà vie un projet qui nous dépasse, une « prédestination », c’est-à-dire le dessein aimant et gratuit d’un destin de salut et de gloire.
2. Dans ce projet transcendant, qui englobe la création et la rédemption, le cosmos et l’histoire humaine, Dieu avait établi « dans sa bienveillance », de « ramener dans le Christ », c’est-à-dire de reporter à un ordre et à un sens profond toutes les réalités, qu’elles soient célestes ou terrestres (cf. 1, 10). Certes, Il est « tête pour l’Eglise, laquelle est son Corps » (1, 22-23), mais il est également le principe vital de référence de l’univers.
La suprématie du Christ s’étend donc aussi bien au cosmos qu’à l’horizon plus spécifique qu’est l’Eglise. Le Christ accomplit une fonction de « plénitude », de sorte que se révèle en Lui le « mystère » (1, 9) caché dans les siècles et que toute la réalité réalise – dans son ordre spécifique et dans sa mesure – le dessein conçu par le Père de toute éternité.
3. Comme nous aurons l’occasion de le voir par la suite, cette sorte de Psaume néotestamentaire fixe l’attention en particulier sur l’histoire du salut qui est l’expression et le signe vivant de la « bienveillance » (1, 9), du « bon plaisir » (1, 6) et de l’amour divin.
Voici alors l’exaltation de la « rédemption à travers le sang » de la croix, la « rémission des péchés », l’effusion abondante « de la richesse de la grâce » (1, 7). Voici la filiation divine du chrétien (cf. 1, 5) et la « connaissance du mystère de la volonté » de Dieu (1, 9), à travers laquelle on entre dans la profondeur de la vie trinitaire elle-même.
4. Après ce regard d’ensemble sur l’hymne qui ouvre la Lettre aux Ephésiens, nous écoutons à présent saint Jean Chrysostome, extraordinaire maître et orateur, interprète attentif de l’Ecriture Sainte, qui vécut au IV siècle et qui devint également Evêque de Constantinople, parmi des difficultés de tout genre et soumis même à l’expérience d’un double exil.
Dans sa Première homélie sur la Lettre aux Ephésiens, en commentant ce Cantique, il réfléchit avec reconnaissance sur la « bénédiction » avec laquelle nous avons été bénis « dans le Christ »:  « Que vous manque-t-il encore? Vous êtes désormais immortel, libre, fils, juste, frère, cohéritier; vous avez pris part à la royauté et aux hommages; tout vous a été octroyé. « Comment, avec lui », est-il écrit, « ne nous donnerait-il pas toute chose? » (Rm 8, 32). Vos prémices (cf. 1 Co 15, 20.23) sont adorées des anges, des chérubins, des séraphins:  que vous manque-t-il encore? » (PG 62, 11).
Dieu a fait tout cela pour nous, poursuit saint Jean Chrysostome « selon le dessein de sa volonté ». Qu’est-ce que cela signifie? Cela signifie que Dieu désire passionnément et aspire ardemment à notre salut. « Pourquoi donc nous aime-t-il à ce point? Quelle est la raison de cette tendresse? C’est sa bonté seule, car la « grâce » procède de la bonté » (ibid., 13).
Précisément pour cela, conclut l’antique Père de l’Eglise, saint Paul affirme que tout fut réalisé « pour la louange de la gloire de sa grâce dont il nous a gratifiés par son bien-aimé ». En effet, Dieu « non seulement nous a déchargés de nos péchés, mais nous a rendus aimables… Dieu a embelli notre âme et l’a rendue charmante, séduisante, aimable ». Et lorsque Paul déclare que Dieu l’a fait à travers le sang de son Fils, saint Jean Chrysostome s’exclame:  « Il n’est rien d’aussi grand que l’effusion du sang de Dieu pour nous; l’adoption et les autres bienfaits n’égalent pas ce sacrifice de son propre fils (cf. Rm 8, 32); c’est une grande chose que d’être déchargés de ses péchés; mais que cela s’opère par le sang du Seigneur, voilà ce qui est grand surtout » (ibid. n. 14).

12345...9