Archive pour février, 2011

Eveille Toi, ô toi qui dors (Homelie ancienne pour le grand et saint Samedi)

24 février, 2011

du site:

http://viacrucis.free.fr/prieres/index2.html

Eveille Toi, ô toi qui dors

Homelie ancienne pour le grand et saint Samedi
(attribuée à Epiphane de Salamine)

Que se passe-t-il? Aujourd’hui, grand silence sur la terre; grand silence et ensuite solitude parce que le roi sommeille.La terre a tremblé et elle s’est apaisée , parce que Dieu s’est endormi dans la chair et il a évéillé ceux qui dorment depuis les origines. Dieu est mort dans la chair et le séjour des morts s’est mis à trembler.
C’est le premier homme qu’il va chercher, comme la brebis perdue. Il veut aussi visiter ceux qui demeurent dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort . Oui c’est vers Adam captif, en même temps que vers Eve, captive elle aussi, que Dieu se dirige, et son Fils avec lui, pour les délivrer de leurs douleurs.
Le Seigneur s’est avancé vers eux, muni de la croix, l’arme de sa victoire. Lorsqu’il le vit, Adam, le premier homme, se frappant la poitrine dans sa stupeur, s’écria vers tous les autres : « Mon Seigneur avec nous tous! » Et le Christ répondit à Adam « Et avec ton esprit. » Il le prend par la main et le relève en disant : Eveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera.
« C’est moi ton Dieu, qui pour toi, suis devenu ton fils; c’est moi qui, pour toi et pour tes descendants, te parle maintenant et qui, par ma puissance, ordonne à ceux qui sont dans tes chaînes : Sortez. A ceux qui sont endormis : Relevez-vous
« Je te l’ordonne: Eveille-toi, ô toi qui dors, je ne t’ai pas crée pour que tu demeures captif du séjour des morts. Relève-toi d’entre les morts: moi, je suis la vie des morts. Lève-toi, oeuvre de mes mains; lève-toi, mon semblable, qui as été créé à mon image. Eveille-toi, sortons d’ici. Car tu es en moi, et moi en toi, nous sommes une seule personne indivisible.
« C’est pour toi que moi, ton Dieu, je suis devenu ton fils; c’est pour toi que moi, le Maitre, j’ai pris ta forme d’esclavage; c’est pour toi que moi, qui domine les cieux, je suis venu sur la terre, et au-dessous de la terre; c’est pour toi, l’homme, que je suis devenu comme un homme abandonné, libre entre les morts ; c’est pour toi, qui es sorti du jardin, que j’ai été livré aux juifs dans un jardin et que j’ai été crucifié dans un jardin.
« Vois les crachats sur mon visage; c’est pour toi que je les ai subis afin de te ramener à ton premier souffle de vie. Vois les soufflets sur mes joues: je les ai subis pour rétablir ta forme défigurée afin de la restaurer à mon image.
« Vois la flagellation sur mon dos, que j’ai subie pour éloigner le fardeau de tes péchés qui pesait sur ton dos. Vois mes mains solidement clouées au bois, à cause de toi qui as péché en tendant la main vers le bois.
« Je me suis endormi sur la croix, et la lance a pénétré dans mon côté, à cause de toi qui t’es endormi dans le paradis et, de ton côté, tu as donné naissance à Eve. Mon côté a guéri la douleur de ton côté; mon sommeil va te tirer du sommeil des enfers. Ma lance a arrêté la lance qui se tournait vers toi.
« Lève-toi, partons d’ici . L’ennemi t’a fait sortir de la terre du paradis; moi je ne t’installerai plus dans le paradis, mais sur un trône célèste. Je t’ai écarté de l’arbre symbolique de la vie; mais voici que moi, qui suis la vie, je ne fais qu’un avec toi. J’ai posté les cherubins pour qu’ils te gardent comme un serviteur; je fais maintenant que les chérubins t’adorent comme un Dieu.
« Le trône des chérubins est préparé, les porteurs sont alertés, le lit nuptial est dressé, les aliments sont apprêtés, les tentes et les demeures éternelles le sont aussi. Les trésors du bonheur sont ouverts et le royaume des cieux est prêt de toute éternité. » 

Qui est l’Esprit-Saint ?

24 février, 2011

du site:

http://qe.catholique.org/qui-est-dieu/9639-qui-est-l-esprit-saint

Qui est l’Esprit-Saint ?

L’Esprit Saint un grand inconnu ? Un fantôme ? Le Saint-Esprit quelque chose de nébuleux sans grande importance ou inaccessible ? Découverte de quelqu’un qui nous est très proche !
« Nous tous, qui le visage dévoilé, reflétons comme un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit. » (2 Cor. 3:18). Mais qui est-il cet Esprit ?
Nombreux sont ceux qui se sentent mal à l’aise lorsqu’on parle de l’Esprit Saint (ou du Saint-Esprit): Pour certains, l’Esprit Saint est une force, une force divine, englobant tout et déterminant le cours des événements humains.
  D’autres conçoivent l’Esprit Saint non comme une force impersonnelle mais comme une personne, un agent envoyé par Dieu pour accomplir sa volonté, en quelque sorte un des anges principaux.
  Pour d’autres encore, l’Esprit est simplement un autre nom du seul vrai Dieu, un nom qui souligne sa nature invisible.
En réalité, ces différentes façons de parler de l’Esprit Saint sont inexactes et enferme l’Esprit Saint dans nos propres pensées alors que le Saint-Esprit souffle où il veut.

Un peu d’exégèse
Le mot hébreu qui désigne l’Esprit Saint dans la Bible est rouâch, en grec p?e?µa / pneuma, qui signifie très concrètement le souffle, ce qui est insufflé dans les poumons. Il ne s’agit donc pas, comme la traduction française (Saint-Esprit) ou anglaise (Holy Ghost) pourraient le laisser entendre, d’un fantôme ou d’un esprit immatériel.
Dans le livre de la Genèse, c’est l’esprit de Dieu qui plane comme un vent sur les eaux au commencement de la création (1:2), Dieu donne la vie à Adam en lui insufflant son haleine (2:7). L’esprit de Dieu inspire aux hommes la sagesse (p. ex. Genèse 41:38 ; Exode 31:3), la prophétie (p. ex. Nombres 11:25s ; Isaïe 61:1), des prouesses (p. ex. Juges 14:6), etc. L’expression ‘Esprit Saint’, rare dans l’Ancien Testament, fréquente dans le Nouveau, est utilisée dans le même sens. C’est par la puissance créatrice de l’Esprit Saint que Marie se trouve enceinte (Matthieu 1:18), que Jésus libère les hommes des démons (Matthieu 12:22 – 32) ; c’est l’Esprit qui donne aux chrétiens de dire ‘Jésus est Seigneur’ (1 Corinthiens 12:3).
En réalité, c’est surtout là où Dieu touche le monde, et en particulier la vie humaine, que la Bible et l’Église parlent de l’esprit de Dieu ou de l’Esprit Saint. C’est pourquoi l’Esprit Saint est parfois appelé ‘le doigt de Dieu’. L’Esprit Saint transforme la vie humaine. La Bible en parle souvent. St Paul dit par exemple : ‘le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi’ (Galates 5:22 – 23). Quand nous voyons la charité, la paix, la bonté, etc. dans la vie de quelqu’un, nous voyons Dieu, l’Esprit Saint, qui le touche.

Jésus promet l’Esprit Saint
Avant sa mort, Jésus a promis que lui et le Père enverraient à ses disciples « une autre aide » (Jean 14:16 ;15 : 26). Le mot grec traduit par « aide » est PARAKLETOS. Ce mot peut vouloir dire un avocat ou un assistant pour des questions légales. Dans un contexte plus large, il signifie une personne qui donne encouragement, conseil et force. L’oeuvre d’un aide est celle d’une personne.

L’Esprit Saint est Dieu
L’Esprit Saint n’est pas une simple aide, il est Dieu. L’Esprit Saint est Dieu de la même manière et au même niveau que le Père et le Fils. Différentes références à l’Esprit Saint sont interchangeables avec celles faites à Dieu (Actes 5:3-4). L’Esprit Saint est associé au Père et au Fils sur la base d’une égalité (Matthieu 28:19). Il partage la même divinité et possède les mêmes attributs que les autres membres de la Trinité tout en gardant des aspects spécifiques de sa propre personne. Il est le garant de l’unité au sein de la trinité, le lien d’amour et de communion étroite entre le Père et le Fils. Il est le Dieu qui agit, la personne qui atteste que la Parole vient du Père par le Fils.

L’Esprit Saint est une personne
Comme vous pouvez le constater, l’Esprit Saint est une personne. Il est Dieu. Cependant, il est distinct du Père et du Fils. Une division de responsabilité existe entre le Père, le Fils et l’Esprit. En quelque sorte, le rôle de l’Esprit Saint est celui d’un exécutif, de quelqu’un désigné pour exécuter les desseins de Dieu.

L’Esprit Saint le grand oublié ?
Il existe une certaine tension concernant le Saint-Esprit. Puisque Jésus-Christ est le centre de notre foi, nous pouvons facilement ignorer l’Esprit et le traiter comme s’il n’existait pas. Nous pouvons aussi aller à l’autre extrême et centraliser notre attention tellement sur lui que nous oublions que l’Esprit a été donné pour glorifier le Fils. Il est même possible d’essayer d’utiliser l’Esprit en attendant de lui ce qu’il n’a jamais dit qu’il ferait.
En réalité tout est question d’équilibre. En effet, L’Esprit Saint ne va pas sans le Christ et le Père et vis versa.

L’oeuvre du Saint-Esprit
Lorsque Dieu veut agir dans notre vie, il le fait par le Saint-Esprit. Son oeuvre principale consiste à transformer les croyants en l’image de Christ. Il enseigne, instruit et conduit dans la vérité (Jn 16:13-15). Il produit le fruit de l’Esprit dans notre vie (Gal. 5:22-23) et il accorde les dons et capacités spirituels pour le service du Royaume (1 Cor. 12:4, 7,11). Dans toute l’histoire du salut, l’Esprit Saint guide les hommes :
  A la création, il participe à la création du monde, en donnant la vie à ce que le Père et le Fils ont créé (Gn 1 et 2).
  Dans l’Ancien Testament, il choisit et équipe des hommes et des femmes pour le service de Dieu, en leur accordant différents dons. De plus, il inspire les paroles des prophètes et les Ecritures.
  Dans la vie de Jésus-Christ : l’Esprit Saint conçoit Jésus en Marie. Il l’oint en vue de l’accomplissement de son ministère en harmonie avec la volonté du Père.
  Dans la vie du croyant : c’est par l’oeuvre intérieure de l’Esprit Saint que le croyant est sauvé et régénéré. Il sanctifie le croyant progressivement pour que sa vie devienne de plus en plus un reflet de l’amour de Dieu.
  Dans l’Eglise : à la Pentecôte l’Esprit est donné en abondance et d’une manière permanente à l’Eglise afin d’être fidèle à l’enseignement de Christ.
  Dans le monde : aujourd’hui, l’Esprit Saint suscite des hommes de paix et de bien partout dans le monde sans distinction de religion.

Vivons de l’Esprit
En somme, par son souffle, l’Esprit Saint nous fait entrer, vivre, communier à l’Amour même de Dieu. Toute la puissance d’aimer que les hommes ont pu déployer depuis le commencement des siècles (des parents pour leurs enfants, des mamans pour leur bébé, des fiancés et des gens mariés, …), tout cela ne donne qu’une petite idée de l’Amour de l’Esprit Saint.
Cet amour est en nous et pour nous. Est-ce que nous lui permettons d’agir ? N’ayons pas peur ! Personne, mieux que l’Esprit Saint ne respecte notre liberté, sinon l’amour ne serait pas vrai, pas total. Dieu ne peut rien contre notre liberté. Il ne peut rien sans nous … ni nous sans lui. Si je n’accepte pas de me laisser conduire là où il veut, rien ne se passera. Il faut donc lui dire : « Seigneur, viens brûler mon coeur au feu de ton amour ! ». C’est à nous de décider…

bonne nuit

24 février, 2011

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http://www.publicdomainpictures.net/browse-category.php?page=270&c=fiori&s=2

Paul VI : Le sel de la pénitence

24 février, 2011

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20110224

Le jeudi de la 7e semaine du Temps Ordinaire : Mc 9,41-50

Commentaire du jour
Paul VI, pape de 1963-1978
Constitution apostolique « Paenitemini » (trad. DC, n° 1466 6/3/1966, p.387 © Libreria Editrice Vaticana)

Le sel de la pénitence

      Tout chrétien doit suivre le Maître en renonçant à lui-même, en portant sa croix et en participant aux souffrances du Christ (Mt 16,24). Ainsi, transfiguré en image de sa mort, il devient capable de méditer la gloire de la résurrection. Il suivra également le Maître en vivant non plus pour lui, mais pour celui qui l’a aimé et s’est donné lui-même pour lui, et aussi pour ses frères, en complétant « dans sa chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son corps qui est l’Église » (Ga 2,20; Col 1,24).

      En outre, l’Église étant intimement liée au Christ, la pénitence de chaque chrétien a également une relation propre et intime avec toute la communauté ecclésiale. En effet, ce n’est pas seulement au sein de l’Église que, par le baptême, il reçoit le don fondamental de la metanoia, c’est-à-dire le changement et le renouvellement de l’homme tout entier, mais ce don est restauré et raffermi par le sacrement de pénitence chez les membres du Corps du Christ qui sont tombés dans le péché. « Ceux qui s’approchent du sacrement de pénitence y reçoivent de la miséricorde de Dieu le pardon de l’offense qu’ils lui ont faite, et du même coup ils sont réconciliés avec l’Église que leur péché a blessée et qui, par la charité, l’exemple, les prières, travaille à leur conversion » (Vatican II : LG 11). C’est dans l’Église enfin que la petite œuvre de pénitence imposée à chaque pénitent dans le sacrement participe d’une façon spéciale à l’expiation infinie du Christ.

San Silvano del Monte Athos, Ieromonaco, Sciovsk, Russia, 1866 – San Panteleimon, Monte Athos, Grecia, 24 settembre 1938 (24 settembre)

23 février, 2011

San Silvano del Monte Athos, Ieromonaco, Sciovsk, Russia, 1866 – San Panteleimon, Monte Athos, Grecia, 24 settembre 1938 (24 settembre) dans images sacrée
http://forum.politicainrete.net/cattolici-romani/75783-la-voce-dei-padri-e-dei-dottori-ii-16.html

LA NOUVELLE ÉVANGÉLISATION, PAR LE CARD. CLAUDIO HUMMES

23 février, 2011

du site:

http://www.zenit.org/article-27050?l=french

LA NOUVELLE ÉVANGÉLISATION, PAR LE CARD. CLAUDIO HUMMES

« Face au nouveau paganisme »

ROME, Lundi 21 février 2011 (ZENIT.org) – « Face au nouveau paganisme », est le titre de la réflexion sur la nouvelle évangélisation, du cardinal Claudio Hummes, préfet émérite de la Congrégation pour le clergé, publiée par L’Osservatore Romano en langue française du 17 février 2011.
« Face au nouveau paganisme »
Avec le motu proprio Ubicumque et semper, Benoît XVI a institué le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, motivé par l’urgence missionnaire incontestable et complexe face à laquelle se trouve aujourd’hui l’Eglise, et par les circonstances actuelles particulières à affronter. Ainsi, encore une fois, notre bien-aimé Pape nous envoie, avec la force de l’Esprit Saint, pour accomplir joyeusement le mandat du Seigneur Ressuscité : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19).
Depuis le début de son pontificat, Benoît XVI parle de l’urgence missionnaire. En 2005, s’adressant aux évêques allemands, il disait déjà : « Vous-mêmes, chers confrères, vous avez affirmé (…) ‘Nous sommes devenus une terre de mission’. Cela vaut pour de grandes parties de l’Allemagne. C’est pourquoi je considère que dans toute l’Europe (…) nous devrions réfléchir sérieusement sur la façon dont aujourd’hui nous pouvons réaliser une véritable évangélisation, pas seulement une nouvelle évangélisation, mais souvent une véritable et réelle première évangélisation. Les personnes ne connaissent pas Dieu, ne connaissent pas le Christ. Il existe un nouveau paganisme et il n’est pas suffisant que nous cherchions à conserver le troupeau existant, même si cela est très important ». En de nombreuses autres occasions, Benoît XVI est revenu sur le thème de l’urgence missionnaire.
Au Brésil, en inaugurant la cinquième Conférence générale de l’épiscopat de l’Amérique latine et des Caraïbes, en 2007, le Pape affirma : « La foi en Dieu a animé la vie et la culture de ces pays durant plus de cinq siècles. (…) Actuellement, cette même foi doit affronter de sérieux défis, car le développement harmonieux de la société et l’identité catholique de ses peuples sont en jeu ». A la fin, la Conférence décida de lancer une mission continentale permanente.
En effet, en Amérique latine, et en particulier au Brésil, la croissance irréfrénable des sectes pentecôtistes et la déchristianisation, conséquence de l’avènement de la culture post-moderne sécularisée, relativiste et laïciste, sont la cause d’une forte diminution du nombre de personnes qui se déclarent catholiques. Aujourd’hui, sur le continent latino-américain, les catholiques courent le risque réel d’être réduits à moins de la moitié de la population.
Dans son motu proprio, Benoît XVI indique là où la nouvelle évangélisation est la plus urgente, c’est-à-dire « en particulier dans les régions d’antique christianisation », comme l’Europe, et dans d’autres où « sont conservées de manière très vivante des traditions de piété et de religiosité chrétienne, mais ce patrimoine moral et spirituel risque aujourd’hui d’être perdu sous l’impact de multiples processus, dont la sécularisation et la diffusion des sectes ».
« Seule une nouvelle évangélisation peut assurer la croissance d’une foi transparente et profonde », affirme le Pape. Il s’agit tout d’abord de nous lever et d’aller à la rencontre des catholiques qui se sont éloignés: ceux que nous, l’Église, nous avons baptisés et que nous avions alors promis d’évangéliser, mais nous n’avons malheureusement pas fait avec succès, en raison de nombreuses circonstances contraires ou par omission, à accomplir ou à renouveler continuellement.
Le défi est de leur apporter ou de leur porter à nouveau la première annonce du Seigneur ressuscité et de son Royaume, pour les conduire à une rencontre forte, personnelle et communautaire avec Jésus Christ vivant et offrir ainsi l’opportunité d’adhérer profondément et personnellement au Seigneur. Même l’homme et la femme de la post-modernité peuvent être à nouveau touchés par une rencontre personnelle avec le Christ, mort et ressuscité. Les premiers destinataires de la nouvelle évangélisation sont cependant tous les pauvres des villes et des campagnes

L’Osservatore Romano – 17 février 2011

1. LA CONCEPTION DU DESERT CHEZ LES MOINES D’EGYPTE

23 février, 2011

du site:

http://eocf.free.fr/text_cours_monachisme_egypte_7.htm

INITIATION AU MONACHISME DES PREMIERS SIÈCLES CHRÉTIENS

Égypte et Palestine

par Soeur Véronique DUPONT, osb, Venière

CHAPITRE VII

BREVE SYNTHESE

DE LASPIRITUALITE DES PERES DU DESERT

1. LA CONCEPTION DU DESERT CHEZ LES MOINES D’EGYPTE

Pour bien comprendre la théologie spirituelle des Pères du désert d’Egypte, il convient d’entrer dans la signification du désert pour les égyptiens.
Dans la philosophie et la spiritualité grecques, le thème du désert est considéré comme étant par excellence l’endroit où l’homme jouit du calme; en effet, on joue sur les mots grecs eremios, eremia qui veut dire : désert, et eremia qui signifie : calme, tranquillité. Nous allons retrouver cela, après Philon et sous son influence, dans toute une lignée d’auteurs chrétiens, entre autres lorsqu’ils parlent de la solitude de Jean-Baptiste, ce prototype des anachorètes. Par exemple, chez Clément d’Alexandrie : « Dans le désert, Jean-Baptiste jouissait de la vie calme et de la solitude », ou chez Origène : « Jean-Baptiste fuyant le tumulte des villes, s’en alla au désert où l’air est plus pur, le ciel plus ouvert et Dieu plus familier », ou chez Méthode d’Olympe qui, dans Le Banquet, évoque le désert comme « un endroit où aucun mal ne peut pousser, où tout genre de corruption est stérilisé, zone d’accès difficile pour la foule ». Ainsi, le désert va apparaître comme l’endroit par excellence où se retirera le sage pour méditer loin de la foule, de la corruption et du bruit des villes. Saint Jérôme va aussi idéaliser – et lui de manière très exagérée – le désert où il n’arrivera d’ailleurs pas à vivre. Mais ce n’est pas ainsi qu’il convient de se représenter, dans sa réalité, le désert des moines d’Egypte.
Les égyptiens, hommes du terroir, paysans de la vallée du Nil ou du delta de ce même fleuve, ont en effet une toute autre conception du désert. Le contraste, en Egypte, est très violent entre la terre cultivée sur une très étroite bande de terrain, de la vallée du Nil et les immenses zones désertiques. La vallée fertile est le domaine du dieu de la vie, Osiris, tandis que le désert, terre hostile, est le lieu du dieu malfaisant. Pour un égyptien, le désert est aussi le lieu des tombeaux et donc le domaine de la mort, dans lequel on va rencontrer des bandes de brigands, des nomades et des animaux dangereux (vipères à cornes, hyènes, chacals…) qui sont, pour les égyptiens chrétiens, de vrais démons. Mais je vous ai déjà parlé de cela lorsque nous avons étudié la vie de saint Antoine.. Le désert va être « fertilisé » par les moines; ils vont l’habiter par milliers et le désert devient une cité, avec des jardins.. Il n’est plus le désert, il sera dépeuplé de ses moines…

2. LE COMBAT DE L’ASCETE AU DESERT
Le combat de l’ascète au désert, contre le démon, évoque le récit de la tentation de Jésus (qui fut conduit au désert pour y être tenté par le diable) parce que c’est au désert que l’on peut rencontrer le diable et se mesurer avec lui.
Jésus remporte la victoire sur Satan et inaugure « publiquement » l’oeuvre rédemptrice. Dans cette perspective, le moine allant au désert lutter contre le démon et triompher de lui, reproduit, continue, d’une certaine manière, l’action rédemptrice. L’assimilation entre le Christ et lui est poussée très loin : le moine est un athlète qui va au désert pour affronter les démons, lutter avec eux « les yeux dans les yeux, à front découvert » comme l’écrit Cassien.
Les embûches du démon vont se présenter sous la forme de huit vices, écrivent Evagre puis Cassien. Ces huit vices se classent ainsi :

- Trois concernent le corps (ou les biens extérieurs) :
. La gourmandise (plutôt d’ailleurs la gloutonnerie : l’excès de boire et de manger)
. la luxure,
. l’avarice.
- Trois résident dans l’âme sensible :
. la colère,
. la tristesse,
. la paresse (ou le dégoût de la vie spirituelle, ou l’acédie).
- Deux sont très gros et difficilement déracinables :
. La vaine gloire,
. l’orgueil
l’orgueil de la chair attaque les commençants
. désobéissance
. jalousie
. critique
l’orgueil de l’esprit attaque les moines avancés
. présumer de ses forces
. mépriser la grâce.

Bien sûr, il ne faut pas attribuer aux démons toutes les difficultés! Il y a eu des exagérations. Cependant, les démons s’attaquaient effectivement aux moines de la manière suivante :

- par des tentations (action sur les sens intérieurs)
- par des obsessions (action sur les sens extérieurs)
- par des illusions (présentation subtile du mal sous l’apparence du bien).

Les armes du combat vont être :
- La prière, premier devoir du moine. La pensée de Dieu doit accompagner le moine partout. Bien sûr, il s’agit en tout premier lieu de la prière des psaumes. Jean Cassien montre les moines se relayant pour chanter les psaumes la nuit afin de ne pas être vaincus par les démons aux premiers temps du monachisme.
- Le travail, qui n’est pas séparé de la prière et remplit les heures de la journée car le moine vit du travail de ses mains.
. Le jeûne, excellent moyen d’asservir la chair à l’esprit, mais attention à la vaine gloire et à l’orgueil!

Les victoires :
Car le moine ainsi affermi remporte des victoires, il acquiert peu à peu la maîtrise de soi, la paix du coeur et entre dans la paix de Dieu. Au cours de ses luttes comme de ses victoires, il découvre et vit la contemplation de Dieu.
Le moine ne part pas au désert pour lutter contre le démon mais pour trouver Dieu et c’est bien parce qu’il cherche Dieu que les démons l’attaquent.

3. CHERCHER DIEU
Les moines d’Egypte restent très discrets sur leur vie intérieure. Le moine, comme son nom l’indique, recherche l’unité, l’unification, c’est-à-dire qu’il renonce à tout ce qui est source de division, de partage dans ses activités extérieures certes, mais surtout dans sa vie psychique. Cette exigence essentielle correspond à la fuite au désert. Autrement dit, dans le désert, le moine cherche l’hesychia. Ce mot, difficile à traduire, intraduisible… désigne la tranquillité, la solitude, l’état intérieur dans lequel on peut pratiquer sans distraction le souvenir de Dieu (vivre en présence de Dieu). L’invocation constante « Dieu, viens à mon aide… »tellement mise à l’honneur par Cassien, fait revenir le moine au souvenir constant de Dieu. C’est, pour nous occidentaux, l’inhabitation divine et pour les orientaux la déification. Cette vie avec Dieu peut conduire jusqu’à la transfiguration du corps et de l’âme, ce qui est arrivé à Arsène, au sujet duquel je vous rapporterai l’apophtegme suivant :
Un jour un frère se rendit à la cellule d’Arsène. Mais avant d’entrer, il se tint un moment devant la porte et il aperçut le Vieillard comme entièrement revêtu de feu. Quand celui-ci vint l’accueillir, il le vit fortement ému et lui demanda aussitôt s’il avait vu quelque chose, à quoi le frère répondit qu’il n’avait rien vu, voulant respecter, au prix d’un pieux mensonge, le secret du Veillard.
Certains ont des extases, mais ne consentent pas volontiers à dire ce qu’ils ont vu : c’est leur vie intime, personnelle, avec le Seigneur. Ils ont une grande pudeur à la laisser entrevoir; ils le feront toutefois, s’ils jugent que cela peut être utile à leurs frères. Mais relatons présentement un épisode de la vie de Sylvanos qui dira cela mieux que des explications.
Un jour le disciple de Sylvanos, Zaccharias, entrant dans la cellule, trouva Sylvanos en extase, les mains tendues vers le ciel. Il referma la porte et sortit. Il revint à la sixième heure, puis à la neuvième heure (l’heure du repas!…) et le trouva de même. A la dixième heure, il revint et cette fois-ci, il le trouva assis. Il lui dit :’Qu’as-tu aujourd’hui, Père?’ lL vieillard lui répondit : ‘J’ai été malade mon fils’. Mais le frère lui saisit les pieds et lui dit : ‘je ne te lâcherai pas que tu ne m’aies dit ce que tu as vu’. Alors le Vieillard dit : ‘J’ai été ravi au ciel et j’ai vu la gloire de Dieu; je me suis tenu là jusqu’à présent, et me voici maintenant congédié’.
Mais ce que voient les moines dans leurs visions ce sont… des attributs de Dieu, car « nul ne peut voir Dieu sans mourir ».
Ces visions nous laissent entrevoir la pureté du coeur des Anciens. Libérés de leurs passions, ils « parviennent » à la prière pure dont la vision est la pure lumière. Vous retrouvez là notre ami Evagre. Quelle est cette lumière? C’est la lumière sans forme, la lumière de la Trinité, la lumière « du lieu de Dieu », et ce lieu de Dieu c’est l’intime du coeur (le coeur au sens de centre de l’être, pas à celui de tout l’affectif), c’est l’intellect lui-même revêtu de la lumière qui est celle même de Dieu, qui est Dieu même car « Dieu est lumière ». En son essence, Dieu est lumière et c’est cette lumière qui imprègne le lieu de Dieu. Ce que le moine voit, dans l’état de la prière pure, c’est le reflet lumineux de Dieu sur lui.
Nous sommes là au point le plus élevé de la vision mystique chez les moines d’Orient. Et souvenons-nous que dans leur quête de Dieu, les moines ont toujours dans le coeur le grand désir de la sixième béatitude : « Bienheureux les coeurs purs car ils verront Dieu », et que la vision de Dieu leur sera donnée à l’heure de leur mort, à l’heure de leur Pâque.
Nous atteignons là un sommet spirituel. Sa présentation n’est pas faite pour nous décourager, loin de là. Ce don de Dieu est très marquant d’une période fondatrice unique dans laquelle la suite de la spiritualité monastique a sa racine. Ce sommet est un don tout gratuit de Dieu.

Etudes sur l’Orthodoxie Copte en France 

Saint Polycarpe de Smirne

22 février, 2011

Saint Polycarpe de Smirne dans images sacrée polycarp

http://www.tradizione.oodegr.com/tradizione_index/vitesanti/spolicarposmirne.htm

Le saint du mois (23 Février) St POLYCARPE

22 février, 2011

du site:

http://catholiquedu.free.fr/revelation/paroissiales/SAINTS/23Fevrier.htm

Le saint du mois (23 Février)   St POLYCARPE

Saint POLYCARPE, disciple de St, jean, fut établi par l’Apôtre qui a écrit notre 4ème Évangile et le Livre de l’Apocalypse à la tête de l’Eglise de Smyrne. Il mourut Martyr un Samedi 23 Février de l’an 155 ou 157. Voici quelques extraits du récit de son Témoignage apporté par des témoins oculaires

Nuit et jour, il ne faisait que prier pour- tous les hommes et pour toutes les Eglises du monde : c’était sa coutume. Au cours d’une vision, il vit son dessous de tête consumé par les flammes. Alors, il se tourna vers ses compagnons et leur dit : « Je serai brûlé vif « .
Le Vendredi, vers l’heure du souper, gardes et cavaliers sortirent, comme à I’accoutumée, et. . firent irruption… Au bruit que faisaient les policiers, il descendit et leur fit servir aussitôt à boire et à manger… leur demanda de lui laisser seulement une heure pour prier à sa guise… Rempli de la grâce de Dieu, deux heures durant, il ne put cesser de (Lui) parler. Ceux qui l’entendaient étaient bouleversés, et beaucoup se repentaient d’être venus arrêter un vieillard aussi saint. -.
Le chef’ de la police nommé Hérode et son père le firent monter dans leur voiture
Ils essayaient de l’ébranler… Il déclara : « Je ne ferai rien de ce que vous me demandez « … Alors, ils se mirent à l’insulter et le poussèrent si brutalement hors de la voiture. . qu’il se blessa une jambe.
Au moment où l’Evêque pénétrait dans l’amphithéâtre, une voix retentit du Ciel : « COURAGE POLYCARPE, ET SOIS FORT »… : ceux d’entre les nôtres qui étaient présents avaient entendu cette voix.
Le Proconsul, à son tour, s’efforce de lui arracher son reniement : « Rétracte-toi, dis seulement : « À bas les athées » (qui n’adorent pas les dieux). Alors, Polycarpe jeta un regard de sévérité sur cette populace de païens, et, agitant la main dans leur direction, il soupira, leva les yeux au Ciel et dit :  » A bas les athées » ( ceux qui n’adorent pas Dieu). « Maudis le Christ ». « Voilà 86 ans que je le sers et Il ne m’a fait aucun mal. Comment pourrais-je outrager mon Roi et mon Sauveur ? … . Puisque tu feins d’ignorer qui je suis, entends-le de moi franchement : Je suis Chrétien. Et si tu veux apprendre la Sagesse de ma religion, accorde-moi un jour et écoute-moi… « 

« J’ai des fauves reprit le proconsul, je te jetterai sous leurs dents si tu n’abjures pas ». « . Appelle-les… Nous n’acceptons pas de conversion qui nous fasse passer du bien au mal. S’il s’agit de s’acheminer du péché à la Justice, alors, nous changeons volontiers ». L’autre insistait : « Je te livrerai aux flammes ». Polycarpe dit : « Tu me menaces d’un feu qui brûle une heure et s’éteint parce-que tu ne connais pas le Feu du Jugement futur et du châtiment éternel qui attend les impies…  »
( La foule cependant trépigne de rage et hurle qu’il soit brûlé vif )
Lorsque le bûcher fut dressé, Polycarpe se dépouilla lui-même… On voulut le clouer au poteau ; mais sachant que l’Amour l’y tiendrait attaché, il dit : « Laissez-moi libre. Celui qui me fait consentir au feu m’aidera aussi sans la précaution de vos clous à ne pas faiblir sur le bûcher ». Alors on alluma le feu. Celui-ci s’arrondit en forme de voûte (comme une coupole) comme la voile d’un vaisseau gonflée par le vent qui entourait comme d’un rempart le corps du Martyr… Lui était au milieu non comme une chair qui brûle, mais comme un pain qui cuit… Et nous respirions des effluves aussi douces que l’encens ou d’autres aromates précieux… Voyant que le feu ne pouvait consumer son corps, les impies ordonnèrent au bourreau de le percer de son poignard… L’homme s’exécuta. Un flot de sang jaillit qui éteignit le feu
Étonnante figure que celle de ce vieillard de 86 ans que rien ne fléchit quand il s’agit du Christ… la persécution de Marc-Aurèle du reste cessa aussitôt, et les chrétiens comprirent que c’est par sa mort que cet Evêque de Smyrne y avait mis le sceau !

St Polycarpe, priez pour nous ! ! !

Saint Paul et la liberté chrétienne

22 février, 2011

du site:

http://www.catechese.viateurs.ca/bible/liberte-suite-jesus/page-2.cfm

La liberté à la suite de Jésus

Don de Dieu, œuvre à réaliser

Saint Paul et la liberté chrétienne

Le Ressuscité ouvre la route de la liberté véritable
À vrai dire, c’est le Ressuscité qui va ouvrir pour ses disciples la route de la liberté. Saint Paul l’a bien compris et annoncé dans ses lettres aux communautés chrétiennes qu’il a fondées et visitées. Oui, Paul a été le grand héraut de la liberté conférée par le Christ aux siens dans le mystère de sa mort-résurrection.
Aux Galates il proclame avec force : « Quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la Loi, afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l’adoption filiale » Ga 4,4-5). Selon ce passage, le fondement de la liberté du disciple, c’est la venue, la mort et la résurrection du Christ.
Le but de sa venue dans notre condition humaine : faire éclater l’esclavage de l’être humain et sauver ainsi l’humanité par le mystère de sa mort-résurrection. Jésus a été marqué par le tragique de la condition humaine (assujetti à la Loi); il ne nous a pas sauvés de l’extérieur, sans se compromettre; il est descendu au plus profond de notre esclavage pour le briser de l’intérieur. Voilà pourquoi la mort-résurrection du Christ est le mystère qui fonde la liberté chrétienne et la possibilité de libération pour l’humanité.
L’Esprit, source de liberté
Par ailleurs, la source immédiate de la liberté du chrétien reste l’Esprit du Christ en lui. En effet, Paul ajoute : « Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie Abba, Père! Aussi n’es-tu plus esclave mais fils; fils, et donc héritier de par Dieu » (Ga 4,6-7).
Par la mort-résurrection du Christ et par le don de l’Esprit, les croyants sont passés de l’état d’esclave à l’état de fils de Dieu; et comme fils, ils sont devenus héritiers des biens du salut et dotés de la liberté des enfants face à un Père aimant. Le chrétien véritable est donc libre puisqu’il agit sous l’impulsion d’un dynamisme intérieur qui n’est nul autre que l’Esprit même du Christ en lui.
La loi, les prescriptions, les codes, en tant que principes extérieurs à l’homme, ne peuvent lui conférer cette liberté profonde dans son agir.
L’Esprit libère de la peur de Dieu
L’Esprit libère aussi le croyant de toute crainte en face de Dieu à qui on peut maintenant donner en toute confiance le titre de Père.
Avant Jésus, aucun Juif n’avait osé dans ses prières interpeller Dieu sous le titre familier d’Abba, i.e. papa. Jésus fut le premier à se permettre une telle audace. Les chrétiens, sous l’impulsion de l’Esprit, continuèrent l’exemple du Maître (cf. Ga 4,6; Rm 8,15). Pour eux, Dieu est essentiellement un Père. Cette conviction est des plus libératrice, du moins sur le plan religieux.
Vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes plus soumis à la loi
Ainsi, dans son développement sur la liberté, Paul donne une place importante à l’Esprit comme source de liberté. Car, dit-il, si vous êtes conduits par l’Esprit vous n’êtes plus soumis à la loi (5,18).
L’homme ne peut se libérer seul, à cause de la faiblesse de son être charnel. Il a besoin du dynamisme de l’Esprit du Christ en lui pour atteindre à la vraie liberté.
L’Esprit, dynamisme interne
Dans sa deuxième épître aux Corinthiens, Paul exprime encore la même conviction : Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté (2 Cor 3,17). Et selon lui, posséder l’Esprit du Seigneur en soi, ce n’est pas seulement avoir sa mentalité, mais bien posséder en soi un dynamisme de vie et une force d’action.
Alors que tout commandement est un principe externe, l’Esprit est au contraire un dynamisme interne qui pousse le chrétien à agir selon sa vocation profonde. En cela se trouve la vraie liberté.
C’est pour la liberté que le Christ nous a libérés
Paul va préciser davantage sa pensée au chapitre 5 de l’épître aux Galates : « C’est pour que nous soyons vraiment libres que le Christ nous a libérés. Tenez donc ferme et ne vous laissez pas remettre sous le joug de l’esclavage » (Ga 5,1).
Si on traduisait littéralement le début du 1er verset, il faudrait rendre l’expression grecque par la périphrase suivante : « C’est pour la liberté que le Christ nous a libérés ». L’expression « libérés pour la liberté » exprime une finalité, un but.
Par sa mort-résurrection, le Christ nous a libérés dans l’intention que nous demeurions vraiment libres, que nous jouissions à plein de cette nouvelle libération acquise par la Croix, et que nous ne retombions pas sous le joug des différents esclavages : le péché, l’égoïsme, la haine… La liberté entre donc dans l’intention même de la Rédemption.
Le chrétien doit exploiter à fond sa condition d’être pleinement libéré. Tout ce qui viole la liberté chrétienne va contre l’intention de la Rédemption.
Une liberté dans l’amour – Une vocation à la liberté
Un peu plus loin, Paul va affirmer qu’il s’agit d’une liberté dans l’amour : « Vous, en effet, mes frères, c’est à la liberté que vous avez été appelés. Seulement que cette liberté ne donne aucune prise à la chair! Mais, par l’amour, mettez-vous au service les uns des autres » (Ga 5,13). L’équivalent grec du verbe « appeler », c’est le mot kaleô qui sert de terme technique pour désigner la vocation chrétienne. On pourrait donc traduire ainsi : « vous avez reçu une vocation à la liberté ».
Par leur baptême dans le Christ Jésus, les chrétiens ont reçu une vocation à la liberté; ils sont devenus libres par vocation. La liberté est le nouveau statut de l’homme en tant que chrétien, et la condition normale de son existence.
Le chrétien est libre pour aimer et il se libère toujours davantage en aimant
Cette liberté reçue par vocation baptismale n’a rien de commun avec le repli égoïste sur soi; au contraire, elle ne peut s’exprimer valablement que dans l’amour. Paul l’affirme explicitement au verset 13, tout en précisant au verset 14 que l’amour fraternel est l’accomplissement plénier de tous les commandements.
La charité fraternelle devient ainsi, en christianisme, une composante de la liberté.
Plus loin Paul va énumérer les fruits de l’Esprit qui sont en même temps des manifestations de l’amour et des signes de la vraie liberté. Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi : contre de telles choses, il n’y a pas de loi (5,22-23).
Tous ces fruits de l’Esprit amènent le croyant à sortir de lui-même pour aller vers les autres. Et c’est dans cette ouverture sur les autres que s’épanouit le don de la liberté chrétienne. L’amour possède tous les signes de la vraie liberté. Le chrétien est libre pour aimer et il se libère toujours davantage en aimant.

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