Les Anges et la Création
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Les Anges et la Création
Au sein du vide chaos, de l’immobile éternité, Dieu a jeté son Verbe : et soudain la création a jailli.
Dans l’espace immense, la lumière a bondi en reflets étincelants ; les sphères, les mondes, les univers ont paru. Les eaux se sont séparées, s’élevant vers les cieux ou se condensant vers la terre, qui prend sa forme, une forme vague d’abord, bientôt plus distincte.
A la face de cette terre, les eaux se rapprochent, se resserrent. L’élément liquide se sépare de l’élément aride. Peu à peu, se révèlent, se montrent, s’accusent davantage les reliefs du sol, ses lignes harmonieuses, montagnes et collines, fleuves et rivières.
Le Seigneur dessine pour l’avenir – éternel présent pour lui – les limites des empires et des royaumes.
Créés d’abord, les Anges sans doute ont assisté à cette œuvre divine, à ces grandioses transformations. Alors, ce semble, a commencé leur rôle dans cette création. Ils ont été préposés à la garde des parties diverses de ces mondes sortis du chaos, à la parole de Dieu.
Ce que nous disons là n’est pas imagination ou rêve de poète. Les docteurs de l’Eglise soutiennent cette interprétation, et l’Eglise ne la désapprouve pas.
Tous les êtres corporels sont gouvernés par les Anges, a pu dire saint Thomas, l’Ange de l’école. Toute chose visible en ce monde est soumise à un pouvoir angélique, avait dit déjà saint Augustin. Et l’Apocalypse, avant eux, nous avait parlé de l’Ange qui domine sur le feu, de l’Ange encore qui a pouvoir sur les eaux.
Est-il téméraire après cela de croire que cette terre mobile sous nos pas, que ces mondes voyageurs sur nos têtes, que ces astres soudain allumés dans la nuit, obéissent à la poussée mystérieuse de l’Ange à qui Dieu les confia dès leur origine ?
Cette opinion ne supprime pas les lois de la nature ; mais ces lois aveugles dirigées par une intelligence angélique, sous le vaste regard de Dieu qui à la fois embrasse tout, nous paraissent avoir un tout autre intérêt et revêtir une autre grandeur.
D’instinct, l’homme est porté à voir là autre chose qu’une force inconsciente. Il y voit une intelligence générale, il y voit aussi des intelligences particulières.
Ça a été peut-être l’origine de la mythologie antique.
L’idolâtrie, oubliant l’intelligence suprême, gardait sous des appellations diverses, les intelligences particulières. Le soleil devenait le brillant Apollon, la lune, la blonde Phœbé. Je fais grâce des autres.
Toute erreur n’est qu’une déviation de la vérité, et l’erreur s’agrandit avec le temps comme s’écarte davantage, à mesure qu’elle se poursuit, toute déviation faite à la ligne directe.
A qui nous reprocherait encore – le reproche vieillit – de manquer de merveilleux chrétien, d’ôter sa poésie à cette nature que les anciens animaient de leurs dieux et de leurs déesses, nous pourrions répondre que nous l’avons gardée, cette nature, dans toute sa vérité, sans rien lui enlever de son originale et poétique beauté.
Il n’est pas téméraire de croire que les Anges sont préposés à la garde, à la direction des mondes. C’est le sentiment commun des Pères. « Royaumes et nations sont sous la domination des Anges », dit saint Epiphane. Peuples et cités sont partagés comme des gouvernements entre les Anges, dit Clément d’Alexandrie. Daniel nous cite l’Ange des Perses et des Grecs.
Au moment où Dieu par ses montagnes, ses fleuves, ses océans, dessinait les futures limites des empires, a-t-il donné à ses Anges attentifs, étonnés, la tâche qui incombait à chacun d’eux sur ces empires et royaumes ? nous ne saurions l’affirmer. Toutefois, rien ne nous défend de pencher pour cette affirmative.
Pour ce qui concerne notre bien-aimée patrie, il nous est doux de penser qu’à l’heure où émergeaient les Alpes, les Pyrénées, les Cévennes ; à l’heure où l’Océan se retirait lentement des campagnes normandes, des landes bretonnes, l’Archange Michaël, debout sur le mont tombe, marquait la place où s’élèverait le sanctuaire de saint Michel au péril de la mer, vrai palladium français. En outre, là-bas vers l’Est, aux premiers soleils irisant les plateaux de Lorraine, ce même Archange devait contempler le lieu où il dirait un jour à une aimable enfant, à Jeanne d’Arc, la parole qui sauve la patrie expirante : Fille de Dieu, va, va faire cesser la grande pitié qui est au royaume de France.
Et cette pensée, encore une fois, nous est, en nos tristesses, joie et réconfort, car ce qui fut jadis nous fait espérer ce qui sera peut-être dans un avenir prochain, l’intervention visible de l’Ange de la France.
L’Ange Gardien – Juillet 1897 – pp.75-77
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