3° dimanche de l’Avent (12 décembre 2010)
du site:
http://www.bible-service.net/site/432.html
3° dimanche de l’Avent (12 décembre 2010)
Le troisième dimanche de l’Avent invite à la joie, celle de croire que Dieu lui-même vient nous sauver, celle aussi de découvrir que ce salut s’offre aux pauvres, aux petits, aux opprimés. Ce salut est une libération qui dépasse celle qui ferme les conflits armés. Elle libère les corps meurtris, elle libère de la mort, elle conduit à respirer à pleins poumons la vie de Dieu. Joie des joies. Viens Seigneur Jésus !
Isaïe 35,1….10
Si le prophète insiste tant sur la réjouissance, l’exultation, la joie, c’est qu’au moment où il parle, on est loin du compte ! Il y a un demi-siècle déjà, les Babyloniens ont balayé Jérusalem et ont arraché personnalités et artisans du pays pour les exiler chez eux. À Jérusalem, ceux qui espèrent depuis d’aussi longues années le retour des leurs n’en peuvent plus ou s’efforcent d’oublier ! Pourquoi le Seigneur Dieu est-il à ce point absent ou impuissant !
Le prophète Isaïe, au vu des chamboulements politiques qui se préparent dans la région, fait une autre lecture. Non, le Seigneur Dieu n’oublie pas ses amis : “ Il vient lui-même et va vous sauver ”. Larmes et cris seront de joie, comme pour un aveugle qui se met à voir, un boiteux qui peut enfin marcher, un muet qui découvre la parole, un sourd qui reconnaît les sons. Dieu ne peut tolérer l’écrasement des faibles. Parler de sa vengeance et de sa revanche n’est qu’une façon de proclamer qu’il aime, qu’il est juste et qu’il sauve.
Psaume 145
Le psaume 145 a les mêmes accents de foi que le prophète Isaïe. L’action du Seigneur Dieu est en priorité au bénéfice de ceux qui sont démunis et dans un état de dépendance : opprimés, aveugles, affamés, enchaînés, aveugles, malades, orphelins, veuves. Celui qui a fait les cieux, la terre et la mer soutient ceux qui n’ont d’autres secours que lui. Les allusions au Dieu créateur de l’univers viennent renforcer cette foi au Dieu sauveur. Le Seigneur Dieu est reconnu d’abord comme Sauveur. C’est ce qui motive la joie des croyants.
Jacques 5,7-10
Le mot « patience » revient quatre fois dans ce court extrait de la lettre de Jacques ; une comparaison avec le cultivateur sert de point d’appui à l’exhortation.
On pense à la parabole de Marc 4,26-29 : que l’homme qui jette la semence dorme ou se lève, le grain pousse tout seul. C’est la sagesse héritée de l’Ecclésiaste : il y a un temps pour tout. On n’essaiera pas de manger son blé en herbe. On saura attendre car l’impatience est improductive.
Les prophètes avaient le sens de la durée. Ils ne se sont pas irrités devant les lenteurs de Dieu, devant le retard de l’accomplissement de ce qu’ils annonçaient. Pourquoi la nouvelle génération de prophètes serait-elle plus pressée ?
Jacques « le Mineur », sous l’autorité duquel est placée l’épître, est proche du milieu juif, mais il s’adresse cependant aux douze tribus vivant dans la dispersion. Il ne parle pas de l’avènement du Christ qu’il ne nomme que deux fois dans l’ensemble de l’épître, mais de la Parousie de Dieu.
Matthieu 11,2-11
Le Baptiste doute. Il semble attendre un messie qui ne ferait que restaurer le royaume ancien de David. Or Pâques a totalement changé la façon de comprendre le Messie ou Christ. Jésus, le Ressuscité, ne vient pas restaurer la splendeur des temps anciens. Beaucoup ont été scandalisés, par l’attitude de Jésus, au lieu d’utiliser la force, annonce sans armes la bonne nouvelle aux pauvres. Le “ scandale ” évoque la petite pierre sur le chemin que l’on ne voit pas et qui fait “ tomber ” : “ Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! ”.
Matthieu entend rappeler à ceux qui étaient tentés de suivre les enseignements du Baptiste, que ce personnage, si grand soit-il, ne s’est pas relevé d’entre les morts et qu’il est donc incapable de faire entrer dans le Royaume de Dieu ! Le Baptiste n’était qu’un messager qui préparait la venue d’un autre. Jésus et lui seul est le Christ qui doit venir.
L’évangéliste est soucieux de tous les “ petits ” qui forment les communautés. Ils sont infiniment plus grands que Jean Baptiste parce qu’ils ont donné leur pleine confiance au Christ ressuscité. Malgré son importance, Le Baptiste, lui “ le plus grand ” parmi les hommes, est dépassé par “ le plus petit ” dans le Royaume des cieux !
À deux reprises, Jésus cite les Écritures. Il évoque d’abord plusieurs passages d’Isaïe (26,19 ; 29,18-19 ; 35,5-6 ; 61,1). L’évangéliste souligne ainsi la parfaite cohérence de Jésus avec les Écritures. La mission subalterne du Baptiste est aussi éclairée par la combinaison de deux citations bibliques (Exode 23,20 et Malachie 3,1)
Le texte de Matthieu est l’écho de l’activité de Jésus auprès des pauvres et de ceux qui souffrent. Jésus s’est dépensé pour guérir et pour apporter le salut de Dieu. Une distance s’est établie entre lui et les disciples du Baptiste.
Laisser un commentaire
Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.