Archive pour novembre, 2010

Parlez-moi d’amour

8 novembre, 2010

du site:

http://www.spiritualite2000.com/page-2282.php

NOUS DEUX

Janvier 2010  

Parlez-moi d’amour

Caroline Pinet

« Miroir, miroir, dis-moi qui est la plus belle? » N’est-ce pas notre tendre moitié en qui nous aimerions retrouver le reflet de notre propre image? Et le miroir a intérêt à bien répondre! L’autre réfléchit en effet notre image. Il nous connaît bien et peut par ce fait nous aider à mieux saisir l’image que nous projetons aux autres. Les jeunes amoureux recherchent dans l’être aimé tout ce qui leur ressemble. Les goûts en commun sont ce qui rassemble d’abord. Mais il est surtout un être distinct et s’il peut nous renvoyer le reflet de notre propre image, il est, derrière la glace, un individu qui ne nous ressemble pas du tout, ou si peu.

Commencer une vie à deux, c’est partir en voyage vers une contrée où l’on ne connaît ni la langue, ni les manières de vivre. C’est grisant, enchantant de voyager, on découvre tout, on se dépayse. Mais quand le visa devient permanent, il nous faut nous ajuster si nous voulons continuer à vivre avec une nouvelle façon de faire, de penser et de ressentir. Le premier pas naturel est d’apprendre la langue du pays.

Comme il est curieux de penser qu’en nous mariant nous ne réalisons pas que nous ne possédons pas le même langage. Nous découvrons un époux bien différent de nous-mêmes, mais pourtant, nous entêtons à lui parler dans notre propre langue, avec notre schéma de penser.

Gary Chapman, dans Les langages de l’amour démontre qu’il y a cinq expressions de l’amour et que chacun des époux a généralement un langage différent de l’autre. Nous pouvons donc exprimer de cinq façons différentes notre amour : avec des paroles affectueuses, qui peuvent être des mots valorisants, encourageants, gentils; avec des cadeaux bien choisis qui sont des symboles visuels de l’amour; par des marques d’affection physiques, comme prendre la main, serrer l’autre dans ses bras, passer son bras autour des épaules; en passant du temps consacré ensemble exclusivement; ou encore en se rendant service afin d’alléger la vie de l’autre.

Chaque personne a son langage d’amour qui lui fait sentir qu’elle est aimée. Il est urgent d’apprendre celui de notre compagnon de route dans le mariage. Combien de personne ne sente pas l’amour de leur époux alors que celui tente bien de leur communiquer. C’est que nous parlons à l’autre avec le langage que nous privilégions pour nous-mêmes, ignorant qu’il peut en exister un autre.

Pour bien démarrer l’année, essayons de découvrir ce qui parle vraiment d’amour à l’autre qui n’est pas notre miroir. Prenons le temps de nous asseoir à deux afin d’établir lequel de ces cinq langages nous rejoint le mieux. Et ensuite, entraînons-nous au quotidien à parler ce langage d’amour nouveau pour nous. Soyons prolifique en ce langage.

NOVEMBRE : La dédicace des Basiliques romaines

8 novembre, 2010

extrait, du site:

http://www.ebior.org/afale/dossiers_liturgiques/dedicace.htm

NOVEMBRE : La dédicace des Basiliques romaines

Le mois de novembre a offert une particularité, celle d’offrir aux fidèles les fêtes de la Dédicace des Basiliques romaines, du Latran dédiée aux deux Saints Jean, Saint Jean Baptiste et Saint Jean l’Apôtre, le 9 novembre, de Saint Pierre du Vatican et de Saint-Paul-hors-les-Murs, conjointement le 18 novembre. La quatrième Basilique romaine est Sainte Marie Majeure dont on fête la Dédicace le 5 août !
Qu’est-ce que la Dédicace d’une église ? Et pourquoi la Dédicace des Basiliques romaines est-elle fêtée si solennellement par l’Eglise tout entière ? Pourquoi chaque église locale est-elle concernée par ces Dédicaces ?
La Dédicace est la consécration d’un lieu destiné au culte, ou d’une église. Mais, c’est aussi la fête annuelle qui fait mémoire de la consécration de cette église.
Toutes les cathédrales, toutes les basiliques et toutes les églises sont consacrées au Dieu Tout-Puissant sous l’invocation de tel ou tel saint. C’est pourquoi vous pouvez lire sur leur fronton DOMINO (au Seigneur), ad (par l’intercession) San Pietro, par exemple.
Le Pape, ou l’évêque, consacre à Dieu les cathédrales, les basiliques ou les églises au cours d’un rituel très ancien et très élaboré, qui comporte principalement les onctions faites avec l’huile sainte apposée sur leurs 12 piliers, en 1 ‘honneur des 12 apôtres, puis sur l’autel, le lieu sacré de l’ édifice par excellence, puisque lieu de la rencontre du ciel et de la terre.
Lorsque l’église a été consacrée, les offices peuvent se dérouler normalement.
La dédicace est l’événement majeur de son histoire, célébré chaque année solennellement.

La Basilique du Latran

La Basilique du Latran est la cathédrale du Pape en tant qu’évêque de Rome. Elle a été érigée par Constantin vers 320, 7 ans après l’édit de Milan par lequel, en 313, il arrêta les persécutions et garantit la liberté religieuse. Ce furent des années d’euphorie que connut l’Eglise au sortir de la grande persécution, avant d’être secouée par la crise de l’arianisme.
C’est alors que l’on vit surgir des églises vers lesquelles convergeaient les foules joyeuses pour célébrer la dédicace. La Famille Laterani a donné à l’Eglise le domaine qui porte son nom.
La Basilique a vu se dérouler bien des événements, telles ces nuits pascales des 4ème et Sème siècles oÙ les Romains venaient par milliers se faire baptiser et confirmer pour s’agréger au Corps du Christ dans le Baptistère St Jean (que l’on visite encore), et célébrer dans la Basilique l’eucharistie pascale.
La Basilique du Latran est la plus ancienne église de Rome (Saint Pierre sera construit 10 ans après). Elle est la mère de toutes les églises.
Rappelons que je successeur de Pierre est à la fois l’évêque de Rome et le chef de l’Eglise catholique. Les deux Magistères sont inséparables. C’est pourquoi toutes les églises de rite romain répandues à travers le monde ont à coeur de célébrer le 9 novembre l’Eglise du Christ, en la fête de la Dédicace de la cathédrale de St Jean de Latran à Rome.

Auteur : Françoise Lucrot

9 novembre – Fête de la dédicace de la Basilique Saint-Jean du Latran

8 novembre, 2010

extrait, du site:

http://missel.free.fr/Sanctoral/11/09.php

9 novembre – Fête de la dédicace de la Basilique Saint-Jean du Latran
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Rappel historique

A. Corsini, Monument en l’honneur de Louis XV, chapelle Sainte Anne, sacristie, Saint-Jean-de-Latran, Rome, (stuc, marbre et lapis-lazuli). En 1729, Louis XV offrit au chapitre de Saint-Jean-de-Latran les revenus de deux prieurés dépendant de l’abbaye de Clairac. En remerciement, les chanoines décidèrent de lui élever un monument: l’œuvre en stuc, marbre, lapis-lazuli et bronze doré est toujours conservée dans la sacristie au-dessus d’une porte de la chapelle Sainte Anne.
Des documents retrouvés aux archives du chapitre du Latran permettent de retracer l’élaboration de ce monument resté jusqu’à présent totalement méconnu des historiens d’art. Le grand relief, qui s’inscrit dans la tradition des imposants monuments de la Rome baroque, fut sculpté par l’artiste bolonais Agostino Corsini de 1730 à 1733.
Si le monument fut connu à Versailles par l’envoi d’estampes gravées par Miguel Sorello, son érection semble avoir été ignorée à Rome. La correspondance de l’ambassadeur de France en Italie évoque à cette période divers problèmes diplomatiques soulevés à l’occasion de la construction de la façade orientale du Latran, et montre combien ce contexte historique très particulier était peu favorable à la célébration du monument en l’honneur de Louis XV.
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Servant des servants de Dieu:
le Pape Innocent XIII officie au Latran
Extrait des Souvenirs de la Marquise de Créquy de 1710 à 1803,
(Paris, Garnier Frères, s.d. – vers 1839),

Tome II, pp133-135:

Au moment où le pape Innocent XIII faisait son entrée dans la Basilique de Saint-Jean de Latran qui est l’église cathédrale de Rome, car celle de Saint-Pierre n’est, à proprement parler, qu’un grand oratoire et que la chapelle palatine du Vatican, ceci dans la hiérarchie sacerdotale, au moins, et suivant les traditions presbytérales de la ville sainte, je vous dirais que je m’y trouvais placée dans une tribune, à côté de la Duchesse d’Anticoli, belle-soeur du Pape, et qu’on y vit s’exécuter subitement, au milieu de la nef et du cortège, un temps d’arrêt, précédé par une sorte de mouvement tumultueux dont il était impossible de s’expliquer la cause. Nous vîmes ensuite que toute cette foule empourprée, solennelle et surdorée des Princes de l’Eglise et des Princes du Soglio, s’éloigna du Saint-Père en laissant un grand cercle vide autour de lui. Les douze caudataires du Pape avaient laissé tomber son immense robe de moire blanche qui couvrait, derrière lui, peut-être bien soixante palmes de ce beau pavé de Saint-Jean de Latran. (Je me rappelle que ces caudataires étaient revêtus de vastes simarres en étoffe d’or avec des bordures en velours cramoisi.) Cependant, le Pape était resté debout, tout seul au milieu de la nef, la tiare en tête et la crosse d’or à la main. — Chi sa? Chi non sa? Che sarà dunque? — C’était un transtevère, un villanelle, un soldat peut-être, et c’était dans tous les cas un homme du peuple avec un air sauvage et la figure d’un bandit, qui avait demandé à se confesser au Souverain Pontife, afin d’en obtenir l’absolution d’un caso particolar e pericoloso. Le Saint-Père n’avait pas voulu se refuser à cette demande, qu’il aurait pu trouver téméraire, en bonne conscience, et sans manquer à la charité pontificale ; il se fit spontanément, comme on a dit pour la première fois à l’assemblée nationale, un profond silence, et pendant cette confession, qui dura huit ou dix minutes, notre Saint Père eut constamment son oreille inclinée jusqu’à la bouche de ce villageois qui était agenouillé à ses pieds. Je remarquai que tout de suite après avoir entendu les premiers mots de cet aveu, la figure du Pape était devenue d’une pâleur extrême: il avait eu l’air d’éprouver un saisissement douloureux, un sentiment d’effroi compatissant et de consternation. Après avoir proféré quelques paroles à voix très basse, il imposa une de ses mains sur la tête du pénitent auquel il fit baiser l’anneau du Pêcheur, et Sa Sainteté (c’est un mot qui n’est pas ici de simple formule) éleva pour lors sa tête et ses yeux vers le ciel, avec un air de simplicité, de miséricorde et de majesté surhumaine! — Les Cardinaux chefs d’ordres, les Princes romains, les Patriarches latins et grecs, avec les autres Assistants du Soglio, reprirent leurs places auprès du Souverain Pontife: la magnifique procession se remit en marche, et cet homme alla se perdre dans la foule.
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Sermon sur la dédicace de l’Eglise

La dédicace que nous commémorons aujourd’hui concerne, en réalité, trois maisons. La première, à savoir le sanctuaire matériel, est établie soit dans une maison réservée jadis à des usages profanes et convertie en église soit dans une construction neuve destinée au culte divin et à la dispensation des biens nécessaires à notre salut (…) Il faut certes prier en tout lieu et il n’y a vraiment aucun lieu où l’on ne puisse prier. C’est une chose pourtant très convenable que d’avoir consacré à Dieu un lieu particulier où nous tous, chrétiens qui formons cette communauté puissions nous réunir, louer et prier Dieu ensemble, et obtenir ainsi plus facilement ce que nous demandons, grâce à cette prière commune, selon la parole : « Si deux ou trois d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quelque chose, ils l’obtiendront de mon Père.1 »
(…) La deuxième maison de Dieu, c’est le peuple, la sainte communauté qui trouve son unité dans cette église, c’est-à-dire vous qui êtes guidés, instruits et nourris par un seul pasteur ou évêque. C’est la demeure sprituelle de Dieu dont notre église, cette maison de Dieu matérielle, est le signe. Le Christ s’est construit ce temple spirituel pour lui-même, il l’a unifié et l’a consacré en adoptant toute les âmes qu’il fallait sauver et en les sanctifiant. Cette demeure est formée des élus de Dieu passés, présents et futurs, rassemblés par l’unité de la foi et de la charité, en cette Eglise une, fille de l’Eglise universelle, et qui ne fait d’ailleurs qu’un avec l’Eglise universelle. Considérée à part des autres Eglises particulières, elle n’est qu’une partie de l’Eglise, comme le sont toutes les autres Eglises. Ces Églises forment cependant toutes ensemble l’unique Eglise universelle, mère de toutes les Eglises. Si donc on la compare avec l’Eglise tout entière, cette Eglise-ci, notre communauté, est une partie ou une fille de toute l’Église et, en tant que sa fille, elle lui est soumise, puisqu’elle est sanctifiée et conduite par le même Esprit.
En célébrant la dédicace de notre église, nous ne faisons rien d’autre que de nous souvenir, au milieu des actions de grâce, des hymnes et des louanges, de la bonté que Dieu a manifestée en appelant ce petit peuple à le connaître. Nous nous rappelons qu’il nous a aussi accordé la grâce non seulement de croire en lui, mais encore de l’aimer, lui, Dieu, de devenir son peuple, de garder ses commandements, de travailler et de souffrir par amour pour lui.
(…) La troisième maison de Dieu est toute âme sainte vouée à Dieu, consacrée à lui par le baptême, devenue le temple de l’Esprit Saint et la demeure de Dieu. (…) Lorsque tu célèbres la dédicace de cette troisième maison, tu te souviens simplement de la faveur que tu as reçue de Dieu quand il t’a choisi pour venir habiter en toi par sa grâce.

Lanspergius le Chartreux2
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Sermon CCCXXXVI 

Saint Augustin

La solennité qui nous réunit est la dédicace d’une maison de prière. La maison de nos prières, nous y sommes ; la maison de Dieu, c’est nous-mêmes. Si la maison de Dieu, c’est nous-mêmes, nous sommes construits en ce monde, pour être consacrés à la fin du monde. L’édifice, ou plutôt sa construction, se fait dans la peine ; la dédicace se fait dans la joie.
Ce qui se passait, quand s’élevait cet édifice, c’est ce qui se passe maintenant quand se réunissent ceux qui croient au Christ. Lorsque l’on croit, c’est comme lorsque l’on coupe du bois dans la forêt et que l’on taille des pierres dans la montagne ; lorsque les croyants sont catéchisés, baptisés, formés, c’est comme s’ils étaient sciés, ajustés, rabotés par le travail des charpentiers et des bâtisseurs.
Cependant, on ne fait la maison de Dieu que lorsque la charité vient tout assembler. Si ce bois et cette pierre n’étaient pas réunis selon un certain plan, s’ils ne s’entrelaçaient pas de façon pacifique, s’ils ne s’aimaient pas, en quelque sorte, par cet assemblage, personne ne pourrait entrer ici. Enfin, quand tu vois dans un édifice les pierres et le bois bien assemblés, tu entres sans crainte, tu ne redoutes pas qu’il s’écroule.
Le Christ Seigneur, parce qu’il voulait entrer et habiter en nous, disait, comme pour former son édifice : « Je vous donne un commandement nouveau, c’est que vous vous aimiez les uns les autres.3 C’est un commandement, dit-il, que je vous donne. » Vous étiez vieux, vous n’étiez pas une maison pour moi, vous étiez gisants, écroulés. Donc, pour sortir de votre ancien état, de votre ruine, aimez-vous les uns les autres.
Que votre charité considère encore ceci : cette maison est édifiée, comme il a été prédit et promis, dans le monde entier. En effet, quand on construisait la maison de Dieu après la captivité, on disait dans un psaume : « Chantez au Seigneur un chant nouveau ; chantez au Seigneur terre entière.4 » On disait alors : « un chant nouveau » ; le Seigneur a dit : « un commandement nouveau. » Qu’est-ce qui caractérise un chant nouveau, sinon un amour nouveau ? Chanter est le fait de celui qui aime. Ce qui permet de chanter c’est la ferveur d’un saint amour.
Ce que nous voyons réalisé ici physiquement avec les murs doit se réaliser spirituellement avec les âmes ; ce que nous regardons ici accompli avec des pierres et du bois, doit s’accomplir dans vos corps, avec la grâce de Dieu.
Rendons grâce avant tout au Seigneur notre Dieu : les dons les meilleurs, les présents merveilleux viennent de lui. Célébrons sa bonté de tout l’élan de notre coeur. Pour que soit construite cette maison de prière, il a éclairé les âmes de ses fidèles, il a éveillé leur ardeur, il leur a procuré de l’aide ; à ceux qui n’étaient pas encore décidés, il a inspiré la décision ; il a secondé les efforts de bonne volonté pour les faire aboutir. Et ainsi Dieu, « qui produit, chez les siens, la volonté et l’achèvement parce qu’il veut notre bien », c’est lui qui a commencé tout cela, et c’est lui qui l’a achevé.

Saint Augustin
(sermon pour une dédicace)
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La liturgie

La liturgie de la dédicace vise essentiellement à préparer un lieu pour la célébration eucharistique, une demeure de Dieu parmi les hommes. « C’est, a écrit le R.P Louis Bouyer, la sacralisation du lieu où s’accomplit l’Eucharistie dans l’Eglise, mais on pourrait aussi bien dire du lieu où l’Eglise s’accomplit dans l’Eucharistie. »
La dédicace utilise largement le quadruple symbolisme de l’eau de l’huile, du feu et de la lumière. Certains de ses rites, de caractère apotropaïque remontent à la nuit des temps : toutes les religions, en effet, ont délimité des espaces sacrés en commen­çant par en détourner (c’est le sens du mot apotropaïque) les puissances maléfiques.
Il y a donc, dans la liturgie de la dédicace, une bénédiction de l’eau suivie d’une aspersion des fidèles et de l’autel : « O Dieu, cette eau, sanctifiez-la donc par votre bénédiction ; répandue sur nous, qu’elle devienne le signe de ce bain salutaire où, purifiés dans le Christ, nous sommes devenus le temple de votre Esprit. Nous vous en supplions, faites qu’elle soit délivrée de la maligne in­fluence des esprits impurs et que tous les maux s’en éloignent par la vertu de votre bienveillante protection. Quant à nous qui, avec tous nos frères, allons célébrer les divins mystères, accordez-nous de parvenir à la Jérusalem céleste. »
Déjà apparaît dans cette oraison de bénédiction ce qui est sous-jacent à toute la liturgie de la dédicace son aspect escha­tologique ; l’église de pierres est l’image et la préfiguration de l’Eglise du Ciel. Cette Eglise du Ciel, on n’y arrive que par le passage obligé de la Croix du Christ. Le mystère chrétien est mystère de mort et de résurrection ; cela est éclatant dans la liturgie baptismale. Le monde entier doit être reconquis par la Croix, cette Croix sur laquelle le Christ s’est offert à son Père dans le sacrifice par lequel il a racheté le monde. C’est pourquoi, dans le rite de la dédicace, douze croix sont tracées sur les murs de l’église et chacune d’elle est ointe de saint chrême par l’évêque après qu’il en ait largement répandu sur l’autel. En cette consécration de l’autel culmine d’ailleurs toute la liturgie de la dédicace.
Dans l’autel du sacrifice eucharistique on place solennellement des reliques de martyrs et de saints apportées en procession. Elles associent en quelque sorte, à l’unique sacrifice du Christ offert une fois pour toutes, les martyrs qui ont donné leur vie pour Lui et les autres saints qui ont vécu pour Lui, complétant, comme le dit saint Paul, ce qui manque à la Passion du Christ.
Après ce rite qui se déroule au chant de psaumes et d’antiennes, l’évêque embrase l’encens qu’il a répandu sur l’autel : au rite et au symbole de l’eau, puis de l’huile, s’ajoute celui du feu qui se complétera par l’illumination des cierges lorsque l’autel aura été recouvert de nappes neuves et blanches, tout comme les nouveaux baptisés sont revêtus de vêtements blancs. Des psaumes, des répons et des antiennes accompagnent ces rites significatifs par eux-mêmes mais dont les textes bibliques chantés accentuent encore le sens profond.
La prière consécratoire chantée par l’évêque, et la Préface qui introduit le canon de la messe qui suit, font percevoir « comment dans l’Eglise de la terre nous participons déjà à l’Eucharistie perpétuelle, à l’action de grâce perpétuelle des chœurs angéliques, et au culte éternel du Père par son Fils incarné. » L’une et l’autre formulent de la manière la plus expressive l’assomption et la rénovation, dans l’unique consécration du sacrifice chrétien, de toutes les formes de consécration antérieures, soit naturelles, soit de l’Ancien Testament.
« Nous vous supplions instamment, Seigneur, de daigner répandre votre grâce sanctificatrice sur cette église et sur cet autel, afin que ce.lieu soit toujours saint et cette table toujours prête pour le sacrifice du Christ. Qu’en ce lieu, l’onde de la grâce divine engloutisse les péchés des hommes afin que, morts au péché, vos fils renaissent à la vie céleste. »
« Qu’en ce lieu retentisse un sacrifice de louange qui vous soit agréable ; que monte sans cesse vers vous la voix des hommes unie aux chœurs des anges et la supplication pour le salut du monde. »
« Père Saint, vous qui avez fait du monde entier le temple de votre Gloire, afin que votre nom fût glorifié en tous lieux, vous ne refusez pas cependant que vous soient dédiés des lieux propres à la célébration des divins mystères : dans l’allégresse nous consacrons donc à votre majesté cette maison de prière que nous avons construite. »
« En ce lieu est abrité le mystère du vrai Temple et l’image de la Jérusalem céleste y est figurée d’avance : en effet, du Corps de votre Fils, né de la Vierge Marie, vous avez fait un temple qui vous est consacré et en qui habite la plénitude de la divinité. Vous avez établi l’Eglise comme la cité sainte, fondée sur les Apôtres. Elle a pour pierre d’angle le Christ Jésus et doit être construite de pierres choisies, vivifiées par l’Esprit et cimentées par la charité; Cité où vous serez tout en tous, à travers les siècles et où brillera éternellement la lumière du Christ. »

bonne nuit

8 novembre, 2010

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Api su un fiore Pinchushion di Andrew Schmidt

http://www.publicdomainpictures.net/browse-category.php?c=flowers&s=2&jazyk=IT

image sacrée pour l’Evangile du dimanche 7 novembre

6 novembre, 2010

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http://liturgiaincarnata.blogspot.com/2010/11/xxxii-domenica-del-tempo-ordinario.html

En quoi consiste le bonheur de l’homme (Saint Ambroise)

6 novembre, 2010

du site:

http://www.vatican.va/spirit/documents/spirit_20010605_ambrogio_fr.html

En quoi consiste le bonheur de l’homme

Saint AMBROISE, Les Devoirs, II, I [1-3] – II [4-5].

1. »Au livre précédent nous avons traité des devoirs que nous estimions se rapporter à la beauté morale; en celle-ci nul n’a douté que se trouvait la vie heureuse que l’Écriture appelle la vie éternelle. Si grand est en effet le lustre de la beauté morale que c’est la tranquillité de la conscience et l’assurance de l’innocence qui font la vie heureuse. Et pour cette raison, de même que le soleil une fois levé dérobe à la vue le disque de la lune et toutes les autres lumières des étoiles, de même l’éclat de la beauté morale, lorsqu’elle resplendit dans la vérité et l’authenticité de son harmonie, fait disparaître toutes les autres réalités que l’on juge bonnes d’après le plaisir du corps, ou bien remarquables et brillantes d’après le monde.

2. Heureuse assurément la beauté morale qui ne s’apprécie pas d’après les jugements d’autrui, mais qui se connaît d’après ses propres sentiments, en tant que juge de soimême. En effet, elle ne recherche pas les opinions de la foule comme une sorte de récompense, et ne les redoute pas comme un châtiment. C’est pourquoi moins elle poursuit la gloire, plus elle s’élève au-dessus d’elle. De fait, pour ceux qui recherchent la gloire, cette récompense pour les réalités présentes est une ombre pour les réalités à venir: elle est un obstacle à la vie éternelle; ce qui est écrit dans l’Evangile : «En vérité je vous le dis, ils ont reçu leur récompense», l’est évidemment de ceux qui brûlent de divulguer, comme avec une trompette retentissante, la générosité qu’ils pratiquent à l’égard des pauvres. Il en va de même du jeûne qu’ils pratiquent par ostentation: «Ils ont, dit l’Évangile, leur récompense».

3. Il appartient donc à la beauté morale, soit de pratiquer la miséricorde, soit d’offrir le jeûne dans le secret, afin qu’il soit évident que tu n’attends ta récompense que de ton seul Dieu, et non pas aussi des hommes. Car celui qui l’attend des hommes, a sa récompense; tandis que celui qui l’attend de Dieu, a la vie éternelle que seul peut donner le maître de l’éternité, selon qu’il est écrit: «En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis». C’est pourquoi l’Ecriture a appelé ce qui est la vie heureuse, de façon plus significative, vie éternelle, afin de ne pas la laisser comme chose à apprécier d’après les opinions des hommes, mais pour la remettre au jugement divin.

4. C’est ainsi que les philosophes ont placé la vie heureuse, les uns dans le fait de ne pas souffrir comme Hiéronyme, d’autres dans la science de la nature comme Hérillus: Apprenant que la science avait été vantée de façon merveilleuse par Aristote et Théophraste, il l’établit, elle seule, comme souverain bien, quoique ceux-ci l’aient vantée comme un bien, mais non comme le seul bien. D’autres ont dit que la vie heureuse était le plaisir, comme Epicure; d’autres – comme Calliphon et Diodore après lui – l’ont ainsi entendue que l’un adjoignit au plaisir, l’autre à l’absence de douleur, la compagnie de la beauté morale, dans l’idée que sans elle il ne peut y avoir de vie heureuse. Zénon le stoïcien définit soul et souverain bien ce qui est beau moralement, tandis qu’Aristote ou Théophraste et tous les autres péripatéticiens affirmèrent que la vie heureuse réside certes dans la vertu, c’est-à-dire dans la beauté morale, mais que son bonheur est comblé en outre par les biens du corps et les biens extérieurs.

5. Or la divine Ecriture a placé la vie éternelle dans la connaissance de la Divinité et dans le profit de la bonne action. Car le témoignage de l’Evangile pour l’une et l’autre affirmation est surabondant. En effet, au sujet de la science, le Seigneur Jésus a ainsi parlé : «Or ceci est la vie éternelle qu’ils to connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé Jésus-Christ». Et au sujet des oeuvres il a ainsi répondu: «Tout homme qui aura abandonné sa maison ou ses frères ou ses soeurs ou sa mère ou ses fils ou ses champs à cause de mon nom, recevra le centuple et possédera la vie éternelle». »

Saint AMBROISE, Les Devoirs, II, I [1-3] – II [4-5]. 

Préparé par l’Université Pontificale Théologique « Marianum »             
 

dimanche 7 novembre 2010 – 32e dimanche du Temps Ordinaire – Homélie

6 novembre, 2010

du site:

http://www.homelies.fr/homelie,32e.dimanche.du.temps.ordinaire,2952.html

dimanche 7 novembre 2010 – 32e dimanche du Temps Ordinaire

Famille de saint Joseph Novembre 2010   

Homélie-Messe   

« Il est le Dieu des vivants : tous vivent en effet pour lui » ou encore « par lui ».
Dieu nous crée à chaque instant « vers lui », comme le précise très justement saint Augustin. Comprenons que Dieu se propose lui-même comme finalité de notre vie ; il s’offre à nous comme notre Bien suprême, vers lequel nous tendons – consciemment ou non – à travers tous nos choix.
Il est clair dès lors que la mort ne faisait pas partie du projet initial de Dieu : « Dieu n’a pas fait la mort et il ne prend pas plaisir à la perte des vivants. Car il a créé tous les êtres pour qu’ils subsistent » (Sg 1, 13-14). C’est par le péché que la mort s’est introduite dans la création : « L’aiguillon de la mort, c’est le péché » (1 Co 15, 56), nous dit saint Paul ; et le péché engendre la mort précisément parce qu’il est rupture de relation avec le Vivant qui fait vivre.
Mais « grâces soient à Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ ! » (1 Co 15, 57). Oui, gloire à Jésus-Christ notre Sauveur, qui a vaincu l’ennemie sur son propre terrain ! La Parole de Vie a épousé notre condition humaine marquée par la mort, pour triompher de celle-ci au matin de Pâques. Au jour de Pentecôte – et pour chacun de nous au baptême – l’Esprit vivificateur a déjà été déversé dans nos cœurs afin que la victoire du Ressuscité soit actualisée dès à présent dans nos vies, et donc bien avant l’instant du grand passage.
Au fil des années, la mort semble faire son œuvre – et elle la fait effectivement – mais la vie divine ne reste pas inactive : par l’Esprit qu’il nous a donné, le Christ ressuscité vit désormais bien réellement en nous, lui sur qui la mort n’a plus aucun pouvoir. Dès lors, « si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur » (Rm 14, 8). Comment ne pas nous écrier, émerveillés, avec saint Paul : « La mort a été engloutie dans la victoire. Où est-elle, ô mort, ta victoire ? Où est-il, ô mort, ton aiguillon ? » (1 Co 15, 55). Voilà pourquoi « ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts – c’est-à-dire les baptisés – ne peuvent plus mourir : ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection ».
Bien sûr, nous ne pouvons pas nous imaginer ce que sera cette vie en plénitude ; l’allusion aux Anges auxquels nous serons semblables suggère une vie totalement consacrée à la louange de Dieu, dans une parfaite communion, et une éternelle action de grâce. En tout cas, puisque la mort ne fera plus son œuvre, il ne sera plus nécessaire d’assurer la survie de l’espèce : le mariage, en tant qu’institution pour perpétuer la vie n’aura plus de raison d’être. Nous vivrons dans une relation d’amour parfait avec Dieu et entre nous, c’est-à-dire dans la communion de l’Esprit, qui nous rendra participants de sa propre fécondité.
Que les époux ne s’inquiètent pas : tout ce qu’il y aura eu d’amour authentique durant notre vie mortelle sera non seulement conservé mais transfiguré : l’époux et l’épouse connaîtront Dieu dans l’incandescence de l’amour qui les unira pleinement l’un à l’autre dans une étreinte éternelle. Le mariage ne se termine pas avec la mort, mais il est transfiguré, spiritualisé. Notre Seigneur lui enlève toutes les limites qui caractérisent la vie sur la terre. De la même manière, les liens entre parents et enfants ou entre amis ne sauraient tomber dans l’oubli.
Mais que dire à ceux pour qui le mariage terrestre a été une expérience négative, d’incompréhension et de souffrance ? L’idée que le lien ne soit pas rompu même avec la mort n’est-elle pas pour eux davantage un motif d’appréhension que de réconfort ? Non, car avec le passage du temps à l’éternité le bien demeure, le mal disparaît. L’amour qui les a unis, même s’il n’a duré que peu de temps, trouve son plein épanouissement, tandis que les défauts, les incompréhensions, les souffrances qu’ils se sont infligées mutuellement, s’évanouissent.
De très nombreux conjoints n’expérimenteront le véritable amour entre eux – et avec cet amour, la joie et la plénitude de l’union qu’ils n’ont pas connues sur la terre – que lorsqu’ils seront réunis « en Dieu », car en Lui on comprendra tout, on excusera tout, on pardonnera tout.
Et que dire de ceux qui ont été mariés, de manière légitime avec plusieurs personnes comme les veufs et les veuves remariés ? (C’était précisément le cas présenté à Jésus : sept frères qui avaient eu successivement la même femme pour épouse). Pour eux également, il convient de répéter la même chose : ce qu’il y a eu d’amour et de don authentiques avec chacun des maris et des épouses, tout ce qui a été objectivement bon et venait dès lors de Dieu, tout cela ne sera pas effacé mais trouvera au ciel son accomplissement. En Dieu il n’y aura plus de rivalité ou de jalousie : ces choses n’appartiennent pas à l’amour vrai, mais aux limites intrinsèques d’une humanité encore sous le joug des conséquences du péché, limites qui disparaîtront au ciel.
Somme toutes, la seule chose pertinente que nous puissions dire sur cette « autre vie » qui nous attend et qui est déjà mystérieusement commencée, c’est qu’elle sera filiale : « Ils sont fils de Dieu » nous dit Jésus. Pour Jésus il est certain que ces quelques mots disent tout, car pour lui il n’y a pas de plus grand bonheur que celui-là : être fils du Père éternel, partageant sa propre vie en plénitude.
Vivre, aimer, louer, exulter… tous ces verbes renverront vers l’unique réalité d’une existence pleinement unifiée en Dieu, qui sera enfin « tout en tous » pour la joie de son Cœur de Père et notre bonheur éternel : « Dieu nous a prédestinés à être pour lui des fils adoptifs, par Jésus-Christ, sous son regard, dans l’amour » (Ep 1, 5).
Cette destinée de gloire n’est cependant promise qu’à ceux qui auront été « jugés dignes » ; cette expression, récurrente chez saint Paul, sous-entend une mise à l’épreuve dont nous avons à sortir victorieux. Il s’agit de persévérer dans l’espérance de notre participation à la Résurrection du Christ, au cœur de la grisaille d’un quotidien qui semble s’être arrêté au vendredi saint.
Si nous n’avons pas à résister à des bourreaux comme ont dû le faire les martyrs dont il était question dans la première lecture, nous avons cependant à combattre généreusement la tentation morbide du découragement, du doute, de la lassitude d’âme.
Mais en tout cela, Dieu ne nous a-t-il pas « toujours donné réconfort et joyeuse espérance » (2nd lect.) ? Ne serait-ce pas blasphématoire d’imaginer, ne fût-ce qu’un instant, que l’amour de Dieu serait éphémère, et qu’il nous abandonnerait à la mort, lui le Dieu de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui a vaincu la mort pour nous donner part à sa vie ?
Nous en avons la certitude : « le Seigneur est fidèle, il nous affermira et nous protègera du mal » (Ibid.) ; ceux qui mettent en lui leur confiance, qui s’appuient sur sa Parole de vérité et accueillent la consolation de son Esprit, ne seront pas déçus. Ensevelis par le baptême dans la mort du Christ, nous sommes dès à présent ressuscités en lui ; notre vie « est désormais cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3, 3) : telle est la foi qui suscite notre charité, et nous donne la force de « poursuivre notre course » (2nd lect.), dans l’espérance de la vie éternelle.

« Seigneur, « tu ne peux m’abandonner à la mort, ni laisser ton ami voir la corruption ; tu m’apprendras le chemin de la vie ; avec toi plénitude de joie, à ta droite, éternité de délices » (Ps 16). Oui, j’en ai la certitude : « par ta justice je verrai ta face, au réveil, je me rassasierai de ton visage » (Ps 16). En attendant ma nouvelle naissance à la vie véritable, ne permets pas que « mon pied trébuche, mais tiens mes pas sur tes traces ; garde moi comme la prunelle de l’œil, à l’ombre de tes ailes cache-moi » (Ibid.) ; « conduis-moi à l’amour de Dieu et donne-moi la persévérance finale ». »

Père Joseph-Marie
 

bonne nuit

6 novembre, 2010

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. tulip-pink
http://www.flowers.vg/garden/plants.htm

San Juan Diego e la Madonna di Guadalupe

5 novembre, 2010

San Juan Diego e la Madonna di Guadalupe dans images sacrée

http://www.santiebeati.it/

Marie et la bénédiction, cœur de la prière hébraïque

5 novembre, 2010

du site:

http://www.mariedenazareth.com/13323.0.html

Marie et la bénédiction, cœur de la prière hébraïque

Rabbi Me’ir disait:

« Chaque homme a l’obligation de dire cent bénédictions par jour. »
(Menahot 43b)
Au-delà du cadre officiel du culte à la synagogue, la bénédiction (berakah) est usuelle chez les Juifs dans les différentes actions de la journée: dans l’acte de se réveiller au matin et de se coucher le soir, dans les repas, dans le travail, dans les voyages, dans les événements ou rencontres significatives, dans les maladies et dans la mort elle-même.
« Grâce à la berakah l’univers devient un sanctuaire immense à pénétrer et à traverser avec vénération et contemplation. » [1]

La « berakah » (prière de bénédiction) opère un quadruple passage:
1. Du « moi » à Dieu, reconnu Seigneur de toutes les choses;
2. De la possession à l’accueil, parce que Dieu dans sa bonté fait bénéficier l’homme et il lui permet l’usage des réalités créées ;
3. De l’objet au cadeau, car le croyant considère la création comme effet de l’amour gratuit de Dieu;
4. De la manipulation à l’écoute obéissante, c’est-à-dire de l’utilisation des choses à des fins égoïstes au respect de leur intentionnalité voulue par Dieu. [2]
Marie entre dans la logique de la bénédiction, parce qu’elle se montre décentrée d’elle-même et projetée vers le Seigneur: se proclame sa « servante » (Lc 1,38 et 48), après en avoir écouté le message, elle loue Dieu de tout son être (Lc 1,46-47).
La « berakah » (prière de bénédiction) offre une double joie :
« la joie de se savoir objet de la bienveillance divine et la perception du monde comme parabole d’unité et d’harmonie » [3].
Marie l’a expérimenté, en effet le Magnificat est un hymne joyeux, motivé par l’expérience du regard bienveillant de Dieu sur son humble servante (Lc 1,48) et c’est un chant qui assume le « nous » communautaire (« comme il l’avait dit à nos pères »: Lc l,55)
En harmonie avec la pitié hébraïque, l’ancien apocryphe « Transitus » met sur les lèvres de la Mère de Jésus, au seuil de la mort, une double série de bénédictions adressées à son Fils ou au Père:

« Je te bénis, signe du ciel apparu sur la terre pour m’élire et demeurer en moi. [...]
Je te bénis toi et tes trois ministres que tu as envoyés pour le ministère des trois voies.
Je te bénis toi et la lumière éternelle dans laquelle tu habites. Je bénis la plantation de tes mains, qui dure à jamais. [...]
Je te bénis, Seigneur de chaque bénédiction, je bénis les domiciles de ta gloire;
je bénis le grand Chérubin de la lumière, devenu ton habitacle en mon sein. [...]
Je te bénis avec toute la force qui m’est promise. »
 
Stefano de Fiores,
Faculté théologique pontificale « Marianum » à Rome.

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[1] C. DI SANTE, La preghiera di Israele, Casale Monferrato 1985, p.44.
[2] Ibid., p.45-46
[3] F. MANNS, La preghiera d’Israele al tempo di Gesù, Bologna 1996,61.

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