Ascension du Seigneur (13 mai 2010) (commentaire biblique)

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Ascension du Seigneur (13 mai 2010)

Dans le temps qui sépare le jour de Pâques de celui de la Pentecôte, l’Ascension marque la fin de la période de l’enseignement des Apôtres par le Ressuscité (Première lecture). Cette séparation, Luc en rend compte d’un autre point de vue, axé sur le rôle de Jérusalem (Évangile). Un chemin a été ouvert de façon définitive par le Christ qui, entrant dans le sanctuaire divin, a offert le sacrifice parfait qui est notre espérance (Deuxième lecture).

• Actes 1,1-11

Le tout début du livre des Actes des Apôtres fait écho à la toute fin de l’Évangile de Luc. Insistons sur le dernier enseignement de Jésus, merveilleusement trinitaire.

Il y a le Père, maître de l’histoire, qui est seul à connaître les délais et les dates fixés dans sa liberté souveraine. C’est lui qui a relevé Jésus d’entre les morts et c’est lui qui l’enlève du milieu des Apôtres, fixant la fin de la prédication du royaume de Dieu. À ce propos, relevons que la méprise concernant la royauté attire notre attention sur l’identité de l’Église, témoin et acteur du même royaume que celui annoncé par Jésus de Nazareth.

Il y a Jésus qui est l’auteur d’instructions sur le royaume de Dieu et qui a transmis la promesse venue du Père. En disparaissant, il ouvre une nouvelle ère de la prédication dont il trace par avance la progression géographique. Théophile, destinataire de l’œuvre de Luc ainsi que tous les lecteurs après lui, se situent dans la dernière étape, celle qui concerne les extrémités de la terre.

Il y a enfin l’Esprit Saint, objet de la promesse et force qui va constituer les Apôtres en témoins du Ressuscité. Sous son impulsion, ceux-ci annonceront sur les routes des hommes  Jésus le Christ, Fils de Dieu, Sauveur. De la même manière qu’il est venu sur Jésus après le baptême par Jean, ainsi l’Esprit descendra le jour de la Pentecôte sur les Apôtres – et, dans les deux cas, au cœur d’une prière.

La fin de l’histoire est annoncée. Comme au matin de Pâques, deux hommes en vêtements blancs apparaissent pour inviter les Apôtres à agir, prier, partir, parler. Le message pascal ne s’adresse pas aux nuages.

• Psaume 46

Dieu s’élève parmi les ovations. On a peut-être là l’écho d’une fête de l’intronisation de l’arche d’alliance à Jérusalem (voir David en 2 Samuel 6). Le Dieu d’Israël, quoique roi sur toute la terre, est d’abord présent au milieu des siens. Le psaume se prête bien à une relecture chrétienne. En la fête de l’Ascension, le Seigneur Jésus est intronisé dans la Jérusalem céleste. Mais, Seigneur universel, il reste présent par son Esprit.

• Hébreux 9,24-28 ; 10,19-23

L’Évangile nous montre le geste sacerdotal inhabituel de Jésus bénissant, avant d’être enlevé au ciel. Il y a un pont à faire avec la deuxième lecture de ce jour qui rappelle que seul le grand prêtre était habilité à rentrer dans le Temple de Jérusalem, chaque année au jour de l’Expiation, pour demander le pardon des péchés du peuple. « Au temps de l’accomplissement », avec l’Ascension, Jésus est entré dans le sanctuaire du ciel, définitivement, en attendant qu’un jour nous-mêmes puissions le rejoindre : « En entrant le premier dans le royaume, il donne aux membres de son corps l’espérance de le rejoindre un jour. » (Préface)

• Luc 24,46-53

La toute dernière fin de l’Évangile fait écho au début du livre des Actes des Apôtres. Mais les derniers mots de Jésus ressuscité ne sont pas les mêmes.

Rappelons d’abord, que, selon le récit évangélique, nous sommes encore dans la journée de Pâques qui, on le pressent, n’entre pas dans le calcul ordinaire du temps. Elle a commencé par la venue des femmes au tombeau, a continué sur le chemin d’Emmaüs et se prolonge par la présence du Ressuscité au milieu des Onze et leurs compagnons (v. 33). Celui-ci ouvre leur esprit à l’intelligence des Écritures. Lire les Écritures permet de comprendre que la mort de Jésus n’est pas un fait-divers tragique mais qu’elle s’inscrit dans l’histoire de l’Alliance, mystérieux plan divin qui parcourt la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes (v. 44, voir aussi v. 27).

L’histoire de l’Alliance n’est pas achevée. Jésus ressuscité en dévoile la prochaine étape : la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés, à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. Le salut a pris corps à Jérusalem, dans la tension instaurée entre la croix et le tombeau vide, et il ne peut être saisi que par les Écritures (juives). Jérusalem reste donc un pivot – et, comme un signe, c’est là, dans le Temple, que les disciples bénissent Dieu après avoir été bénis par Jésus. Mais le salut doit être diffusé. Il fait éclater les frontières géographiques. La force venue d’en-haut – l’Esprit Saint – constituera les disciples en témoins de cette histoire déjà écrite et néanmoins à écrire, ailleurs, plus loin

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