Archive pour avril, 2010

par Serge BOULGAKOV: L’histoire d’une conversion

22 avril, 2010

du site:

http://www.biblisem.net/meditat/boulhist.htm

L’histoire d’une conversion

par

Serge BOULGAKOV
 

J’étais dans ma 24e année, mais, pendant près de dix ans déjà, la foi avait été sapée dans mon âme et, après des crises orageuses et des doutes, un vide religieux en prit possession. Oh, combien terrible est ce sommeil de l’âme qui peut durer une vie entière ! Avec la croissance intellectuelle et l’acquisition de connaissances scientifiques, mon âme s’immergeait imperceptiblement mais irrésistiblement dans la boue visqueuse du contentement de soi, dans l’estime de soi-même et la vulgarité. La lumière de mon enfance s’effaçait de plus en plus, remplacée par un crépuscule grisâtre. Soudain ceci vint… Des appels mystérieux retentirent dans mon âme, et elle se rua à leur rencontre…

Le soir approchait… Nous roulions à travers la steppe méridionale, embaumée par l’odeur de miel des herbes et du foin, dorée par la lumière douce du soleil couchant. Dans le lointain, les plus proches montagnes du Caucase bleuissaient déjà. Je les voyais pour la première fois. Et, contemplant avidement les montagnes, respirant l’air et la lumière, j’écoutais la révélation de la nature. Mon âme avait depuis longtemps, avec une douleur sombre et silencieuse, pris l’habitude de ne voir en la nature qu’un désert mort sous un voile de beauté, comme si elle portait un masque trompeur ; contre sa propre volonté l’âme ne pouvait se résigner à accepter la nature sans Dieu. Et tout à coup, mon âme se remplit de joie et trembla d’émotion joyeuse : et s’il y avait… s’il n’y avait pas de désert, de mensonge, de masque, de mort, mais Lui, le Père doux et aimant, si c’était Son voile, Son amour… Si… si les pieux sentiments de mon enfance, quand je vivais avec Lui, quand j’étais devant Sa Face, quand je L’aimais et tremblais de ma propre impuissance à L’approcher, si mes larmes et ma jeune ardeur, la douceur de la prière, ma pureté d’enfant dont je me moquais, que j’avais souillée, si tout cela était vrai, et l’autre, le vide porteur de mort rien qu’aveuglement et mensonge ? Mais est-ce possible ? N’ai-je pas su depuis mes années de séminaire que Dieu n’existait pas ? Peut-il y avoir un doute à ce sujet ? Puis-je m’avouer ces pensées à moi-même sans me sentir honteux de ma lâcheté, sans éprouver une terreur panique de la « science » et de son synédrion ? Oh, j’étais prisonnier de cette « science », cet épouvantail érigé par la foule des pseudo-intellectuels, pour les masses à demi éduquées, pour les imbéciles. Comme je te hais, émanation démoniaque, demi-éducation, peste des temps modernes, contagieuse pour les enfants et les adolescents. Et j’étais infecté alors moi aussi, et je répandais la contagion autour de moi…

Et de nouveau vous, ô montagnes du Caucase. J’ai vu votre glace étinceler d’une mer à l’autre, vos neiges qui rougissent sous le soleil matinal, vos sommets qui percent le ciel, et mon âme fondait d’extase. Et ce qui n’avait brillé qu’une seconde et qui s’était évanoui le soir dans la steppe, faisait maintenant retentir mon âme de chants, s’élevant en un hymne magnifique et solennel. Le premier jour de la création brillait devant mes yeux. Tout était clair, tout était paix et plein de joie retentissante. Mon cœur était prêt à se rompre d’extase. Il n’y a pas de vie et pas de mort, seulement un éternel et inchangeable maintenant. Nunc dimittis sonnait dans mon cœur et dans la nature. Et un sentiment inattendu s’éleva et grandit en moi, le sentiment de victoire sur la mort. À ce moment, je voulais mourir, mon âme avait un doux désir de la mort, pour se fondre joyeusement, en extase, avec ce qui étincelait et brillait de la beauté de la première création. Mais il n’y avait pas de mots, pas de Nom, il n’y avait pas de « Christ est ressuscité » chanté au monde et aux altitudes. Et ce moment de rencontre ne mourut pas dans mon âme, cette apocalypse, ce festin de noce, la première rencontre avec Sophia. Ce dont me parlaient les montagnes dans leur solennelle lumière, je le reconnus dans le doux et timide regard d’une jeune fille, sous d’autres cieux, sous d’autres montagnes. La même lumière brillait dans les yeux confiants, naïfs, craintifs et humbles, pleins de la sainteté de la souffrance. La révélation de l’amour me fit connaître un autre monde, un monde que j’avais perdu…

Puis vint une nouvelle vague d’enchantement par le monde. Avec le bonheur personnel vint la première rencontre avec l’Occident, et les premières extases : civilisation, confort, social-démocratie… Et soudain une rencontre merveilleuse et inattendue : La Madone Sixtine à Dresde. Tu as Toi-même touché mon cœur et il palpita à Ton appel. Là, les yeux de la Reine Céleste, marchant sur les nuages avec l’Enfant prééternel, pénétrèrent mon âme. Il y avait en eux un immense pouvoir de pureté et de sacrifice de soi prophétique – la connaissance de la souffrance, et la détermination à la souffrance librement consentie, et la même détermination prophétique pour le sacrifice se voyait dans les yeux remplis d’une sagesse non enfantine de l’Enfant. Ils savent ce qui Les attend, ce à quoi Ils sont destinés, et Ils vont librement faire don de Soi, pour remplir la volonté de Celui qui Les envoie. Elle va recevoir « l’arme dans le cœur », Lui va aller au Calvaire… Je ne pouvais me contrôler, ma tête tournait, mes yeux versaient des larmes joyeuses et pourtant amères, et avec elles la glace fondait dans mon cœur, et un nœud vital se dénouait. Ce n’était pas une émotion esthétique, non, c’était une rencontre, une nouvelle connaissance, un miracle… Involontairement, j’appelai (moi, marxiste), cette contemplation, prière.

Je revins de mes voyages à l’étranger – ayant perdu pied, ma foi en mes idéaux fortement ébranlée. Dans mon âme croissait « une volonté de foi », une détermination à faire le saut vers la rive opposée, détermination stupide du point de vue de la sagesse de ce monde – un saut du marxisme et de bien d’autres « ismes » qui lui succédèrent, vers la foi orthodoxe. Pourtant les années passèrent et je continuais à languir en dehors de l’enceinte, sans avoir la force de faire le pas décisif, d’aller me confesser et recevoir la communion, que mon âme exigeait de plus en plus fort. Je me souviens comment, une fois, le Jeudi Saint, étant entré dans une église (j’étais alors député à la Douma), je vis les gens recevoir la Sainte Communion aux sons émouvants de l’hymne eucharistique de ce jour… Je me précipitai en larmes hors de l’église et je marchai à travers les rues de Moscou en pleurant, accablé par mon impuissance et par mon indignité. Il en fut ainsi jusqu’à ce qu’une main ferme m’éleva.

Septembre. Un ermitage solitaire perdu dans la forêt. Une journée ensoleillée sur un paysage nordique familier. Mon cœur était toujours en proie à la confusion et à l’impuissance. J’avais saisi l’occasion de venir là dans le secret espoir de rencontrer Dieu. Mais une fois arrivé, ma détermination s’envola tout à fait. J’assistai aux vêpres, insensible et froid, et le service terminé, quand commencèrent les prières « préparatoires à la confession », je sortis, courus presque hors de l’église, « en pleurant amèrement ». Je marchai, plein d’angoisse, sans rien voir autour de moi, en direction de l’hôtel, et je repris conscience de moi-même… dans la cellule du vieil ermite. J’avais été amené là : j’avais pris la mauvaise direction, avec mon habituelle distraction, qui était augmentée par l’état dans lequel j’étais, mais en réalité – j’en étais certain – un miracle m’avait arrêté… Le Père, voyant l’approche du fils prodigue, s’était encore une fois hâté à sa rencontre. De l’ermite j’appris que tous les péchés humains n’étaient qu’une goutte dans l’océan de la miséricorde Divine. Je le quittai pardonné et réconcilié avec moi-même, tout tremblant et en larmes, me sentant comme porté par des ailes vers l’église. Sur le seuil je rencontrai mon compagnon qui m’avait vu quelques instants auparavant quitter l’église en désarroi ; il fut surpris et heureux. Il devint un témoin involontaire de ce qui m’était arrivé. « Le Seigneur est passé », disait-il plus tard.

Le soir arriva, et de nouveau le coucher du soleil, non plus méridional, mais nordique. Les coupoles de l’église se dessinaient nettement sur le ciel transparent, et les larges rangées des fleurs d’automne blanchissaient dans le crépuscule. Les forêts bleues s’effaçaient dans le lointain. Soudain, en plein silence, d’en haut, comme si le son venait du Ciel, retentit la cloche de l’église, puis tout se tut à nouveau. Ce ne fut qu’un moment plus tard qu’elle commença à sonner régulièrement et sans s’arrêter. On sonnait pour l’office du soir. Comme pour la première fois, comme si j’étais nouvellement né, j’écoutais les cloches de l’église, je sentais que moi aussi, ces cloches m’appelaient vers l’église des fidèles. Et le soir de ce jour béni, et plus encore le lendemain à la liturgie, je regardais tout avec des yeux nouveaux, car je savais que moi aussi j’étais appelé, que moi aussi je prenais effectivement part à tout cela ; que pour moi aussi Notre-Seigneur était monté en Croix et avait versé Son Sang béni : c’était pour moi aussi que les mains du prêtre préparaient la Sainte Communion, et l’Évangile de ce jour, le souper chez Simon le Lépreux – et le pardon de la pécheresse qui avait beaucoup aimé – me concernait aussi. Et j’étais admis à recevoir le Très Saint Corps de Notre-Seigneur.

Ainsi, à la base de la religion se trouve une expérience personnelle de la Divinité, et c’est là la seule source de son autonomie. Quoi que puisse faire la sagesse de ce monde, impuissante à comprendre la religion, faute de l’expérience nécessaire, ceux qui, une fois, ont contemplé Dieu dans leur cœur, possèdent une connaissance absolument juste de la religion, ils connaissent son essence.

Serge BOULGAKOV, La lumière sans déclin,
dans Histoire de la philosophie russe,
par N.O. Looski, Payot, 1964.

Recueilli dans La Russie retrouve son âme,
numéro de juin 1967 de la revue La Table ronde.
 

Le Saint-Esprit dans la Vie Chrétienne: Le don de Sagesse (Rom., XI, 33.)

22 avril, 2010

du site:

http://www.foi-et-contemplation.net/themes/Esprit-Saint/Saint-Esprit-Vie-Chretienne-don-sagesse.php

Le Saint-Esprit dans la Vie Chrétienne

par le Père A. Gardeil, o.p.

Chapitre XIII
Le don de Sagesse

« O immensité profonde des richesses de Dieu ! »
(Rom., XI, 33.)

I. – Point de départ

Avant de pénétrer, dans la suprême région accessible sur terre à notre intelligence guidée, poussée par le Saint-Esprit avant de parler du don de Sagesse qui fait entrer définitivement dans les profondeurs de Dieu, remettons-nous dans l’état d’esprit où nous établit l’inspiration des dons de science et d’Intelligence. C’est la foi, « fides », mais non plus la simple vertu de foi, c’est la foi perfectionnée par un fruit spécial du don d’Intelligence que nous appelons aussi du nom de foi. L’exercice habituel de ce don de lumière amène la vertu de foi à sa perfection dernière et heureuse. Cette perfection est un fruit savoureux qui donne à l’âme de jouir de la divine certitude. Ce fruit est donc foi par excellence, foi ferme, bien éclairée, qui n’a plus ce mouvement de va-et-vient du début, mais qui se porte vers son objet avec un consentement rempli de lumière. L’obscurité de la foi, sous l’action de Dieu, est traversée par des éclairs et, à ce degré, la nuit est une véritable illumination, tant il y règne de délices (Ps. 138, 11.). Car, par cette foi, l’âme a senti, fixé Dieu à travers les créatures et la révélation où Il rayonne. Cette foi est une mer de délices pour la charité. Guidée par une foi qui ne cherche plus, mais dont la nuit est remplie des illuminations des dons de Science et d’Intelligence, la charité se sent à son aise. Les saints chez qui ces dons se développent sont dans l’oraison de recueillement et de quiétude. L’âme n’est plus tourmentée par les créatures; elle voit, par cette science, sa petitesse et son péché, et elle s’en détourne. A travers elle-même, elle voit Dieu et remonte jusqu’à Lui. De ce premier chef, la foi est devenue joyeuse, lucide; elle est libérée du fardeau des créatures. Par le don d’Intelligence, elle s’élance dans le monde des révélations divines, débarrassée des nuages de l’imagination gênante pour fixer Dieu qui est esprit, délivrée des erreurs de l’amour-propre; elle pénètre le sens des mystères de la religion, à fond, par un sentiment du cœur qui est une lumière, un goût divin dans lequel passe la lumière du Saint-Esprit : état heureux pour la foi qui expérimente ces choses.

Cette illumination de la nuit de la foi ne va pas, nous l’avons dit, sans des arrachements pénibles. Il faut renoncer à des habitudes chères; à la lumière de nos yeux. C’est la nuit des sens, condamnés à rester silencieux, eux si vivants ! La nuit de l’esprit, condamné à ne plus raisonner, lui si raisonneur ! Malgré ces arrachements, la lumière du Saint-Esprit se fait. Ainsi, le vent enlève les nuages et le soleil apparaît. C’est au milieu des peines de l’âme que se produit l’entrée de la divine lumière. L’âme est bienheureuse de se sentir en contact avec son vrai Dieu; heureuse dans sa charité qui, appuyée sur la grâce du Christ et illuminée par les dons de Science et d’Intelligence, est inclinée à croire fermement et dans une parfaite certitude.

II. – Nécessité du don de Sagesse

Est-ce le dernier terme de notre vie contemplative, de notre vie d’amour sur terre ? Non. Malgré ces lumières, la charité éprouve encore un besoin. Saint Paul nous en donne la raison : « La charité ne meurt pas (I Cor., XIII, 8.). » La foi et l’espérance s’évanouiront à notre entrée au ciel. Pas plus que notre âme qui est immortelle, la charité, qui a son siège en elle, ne disparaîtra. Il faut que la foi disparaisse par la vision, l’espérance par la possession; la charité est aussi réelle dans l’absence de l’objet aimé que dans la possession.

C’est la même âme avec le même amour qui aime Dieu sur la terre et qui l’aimera au ciel. Une seule chose est changée: ici-bas la charité est guidée par la lumière de la foi; dans le ciel, elle est guidée par la claire vision. Différence considérable au point de vue de la connaissance de Dieu, mais c’est la même charité : dans le ciel, charité exaltée, consommée; ici-bas, charité en mouvement, à cause de la foi qui la guide vers son terme lointain.

Pourquoi donc le cœur chrétien souffre-t-il sur terre ? La raison de cette souffrance dont nous parlions est claire. Dès maintenant, la charité est faite pour le ciel, à la mesure du ciel, à la mesure d’un Dieu vu face à face, dans toute sa beauté ravissante. Elle a des virtualités infinies qu’elle ne peut déployer ici-bas, même avec le secours des dons de Science et d’intelligence. Les idées avec lesquelles nous regardons Dieu sont du créé, du limité, du fini. Or la charité de la terre voudrait viser Dieu infini en tant qu’il est infini, et elle le connaît d’une manière si imparfaite ! « Ô grandeur, ô profondeur des richesses de Dieu ! »

Notre charité veut donc qu’on lui montre Dieu face à face. La foi, fruit du don d’Intelligence, si ferme qu’elle soit, ne peut le lui montrer ainsi. Il y a de ce fait dans la charité une amplitude d’amour qui n’est pas satisfaite.

C’est d’ailleurs pour cela que, sur terre, la charité est un amour de Dieu par-dessus tout. Examinant toutes les créatures que nous aimons, nous trouvons que Dieu les dépasse, que rien ne lui est comparable. C’est là cependant quelque chose de purement négatif, ce n’est pas l’amour d’un infini visible, perçu dans les profondeurs de ses attraits. Par suite, la charité demeure inassouvie, tant qu’elle ne fait que suivre la foi, même illuminée par les dons qui la renforcent, enlevant les obstacles et mettant son objet en pleine valeur.

Que fera donc la charité emprisonnée par la foi ? Celui qui aime Dieu, tourmenté par cette disproportion entre la lumière finie qui le guide et l’instinct infini de son amour, reviendra vers son propre cœur pour y trouver un mouvement d’amour qui échappe à cette étreinte, à cette camisole de force de la foi. S’il était possible sur terre de trouver une lumière qui nous fît sentir le Divin, non plus d’une façon négative mais positivement !

Dans sa charité même, dans sa vertu de charité, l’âme ne pourra pas trouver cette lumière; la charité est amour, elle n’est pas lumière, elle est faite pour suivre la foi. Mais au-delà de là charité, il y a son Créateur. « L’amour de Dieu a été diffusé dans notre cœur par le Saint-Esprit, lequel nous est donné avec elle (Rom., V, 5.). » Le Saint-Esprit demeure dans le fond des âmes saintes, et le terrain de son influence, c’est cette charité qui est quelque chose de Lui-même, qui Le représente au cœur de l’homme. Il veille sur elle, Il l’entoure de soins, Il la meut sans cesse, Il va trouver le moyen de fournir à cette charité de la terre une lumière qui, en un sens, dépassera celle de la foi.

Le Saint-Esprit voit Dieu face à face, profondément, Dieu n’a pas pour lui cette inaccessible hauteur, profondeur, grandeur dont s’extasiait saint Paul. Il est à hauteur. Il est Dieu. Il va, dans l’âme qu’Il habite, faire passer, dans une impulsion, une inspiration, quelque chose de cette vision face à face, qui fait son bonheur; et nous avons un don pour recevoir cette impulsion: le don de Sagesse.

III. – Objet et activité de la Sagesse

L’inspiration de la Sagesse n’est pas autre chose qu’une motion du Saint-Esprit, par laquelle Il nous communique, par la voie du cœur, comme une expérience de la vision céleste.

Nous restons dans la sphère de la foi; c’est la foi qui détermine l’objet de notre amour. Mais le Saint-Esprit infuse d’une manière cordiale, expérimentale, une connaissance de cet objet de foi, laquelle nous fait pénétrer, sentir, non pas avec les yeux du corps, ni avec ceux de l’intelligence, mais avec les « yeux illuminés du cœur », l’infini de Dieu, ce « par-dessus tout » qui est la loi même de la charité. C’est une expérience obscure de l’immensité de la Divinité. L’âme qui est sous l’impression de cette inspiration s’abîme, s’enfonce dans un sentiment intense du tout de Dieu. Elle expérimente Dieu en quelque manière. Elle est bien au-dessus de ce que la foi, même aidée du don d’Intelligence, lui révèle en termes précis. Dans ce sentiment, elle se prosterne dans une attitude d’adoration devant l’excès divin. Tout en croyant, elle renonce à se servir des expressions de la foi, à s’arrêter dans ses concepts, elle se perd dans un sentiment intense de la transcendance divine.

Nous ne voyons pas, mais ce sentiment du cœur, cette expérience, équivaut à la vision, parce que c’est une participation de la vision du Saint-Esprit, lequel témoigne, au fond de notre âme, que ce que nous sentons est la vérité.

Lorsque, dans l’oraison, nous avons fixé dans l’objet de notre foi une vérité suprême, par exemple : « Je suis celui qui suis », ou bien : « Dieu est Charité », et que le don d’Intelligence nous en ouvre le sens profond, nous pénétrons toujours davantage, répétant: Dieu est; moi, rien, un pur néant. Lui, Il est. Il est éternellement, éperdument. Il est Celui qui est… Tout à coup, dépassant cette pensée, nous éprouvons le besoin de nous abîmer dans un sentiment d’adoration devant Celui dont l’altitude nous est ainsi révélée. La pensée de l’Ecriture disparaît du premier plan de la connaissance, où elle est comme à portée de la foi explicite; les concepts qui l’expriment disparaissent aussi, et l’intelligence, comme d’un tremplin, s’élance et s’abîme devant l’Etre de Dieu; il n’y a plus qu’une adoration, un amen, un mouvement de l’âme qui se perd en Dieu. Elle renonce momentanément à toute conception définie, même à celles qui l’ont conduite à cet état. Voilà donc l’acte du don de Sagesse : l’Esprit divin nous fait faire un acte d’intelligence envers Dieu, qui est digne de l’Être de Dieu, de sa transcendance. Ce n’est pas un acte de l’intelligence qui pense positivement, mais de l’intelligence qui renonce à penser, à concevoir. Au ciel, nous penserons, nous verrons dans la lumière de gloire; ici-bas, nous sommes dans l’étreinte de la foi; nous y échappons en nous abîmant dans l’adoration. C’est la seule attitude de l’esprit adéquate à l’altitude divine. Nous ne disons rien, nous ne pensons rien, mais notre attitude intellectuelle proclame : « Ô profondeur des richesses divines ! »

Voilà jusqu’où peut nous conduire l’Esprit de Sagesse. Cela dure un instant. C’est un ravissement fugitif, un vol de l’esprit, comme un bond rapide. Nous retombons bien vite sur le terrain de la foi. Puis nous recommençons. Comme dit Saint François de Sales, nous prenons terre sur le sol de la foi, nous nous ranimons par une bonne pensée, nous prenons des forces pour remonter de nouveau.

C’est un acte qui ne peut pas durer parce qu’il tient de l’état des élus; il nous met dans l’attitude propre de ceux qui voient, et sur terre on ne peut pas longtemps souffrir des états pareils, ce sont des états angéliques. Cependant, grâce à Dieu, ils existent. Nous avons éprouvé qu’il faut dépasser toute créature, toute expression créée de Dieu, nous avons senti cette espèce de « sortie de tout ». Ce n’est pas l’extase, état extraordinaire, mais une sortie totale des créatures. On ne voit rien, l’heure du face-à-face n’a pas sonné. On saisit cependant que Dieu dépasse absolument toute créature, on se sent tout petit en face de Lui, on est pénétré par la grandeur de ses attributs, on a le sentiment intense de son Infini, et on s’abîme dans l’adoration.

C’est l’acte le plus sublime, le plus apparenté à la vision des élus. Il s’obtient en renonçant aux ressources propres de l’intelligence humaine, aux perfectionnements dont elle est enrichie, par un dépouillement total, pour devenir un être qui s’abîme dans l’adoration devant l’Être divin.

Mais de quelle douleur nous devons acheter pareille lumière du Saint-Esprit ! Il faut en effet que notre esprit se disloque intérieurement, qu’il se dilate au point de se distendre, pour avoir un contact avec l’Infini tel qu’Il est. Il y a là un moment terrible, c’est ce que les mystiques appellent la grande ténèbre.

Tout ce qui a fait la lumière de nos yeux n’est plus avec nous. Il faut renoncer aux procédés naturels de notre esprit, à l’évidence; il faut comme anéantir l’acte de l’esprit qui se complaît dans ce qu’il voit. C’est douloureux, mais cette douleur engendre une grande joie. Cette docilité totale, allant jusqu’au bout du renoncement et des forces de l’esprit, rend à Dieu le seul hommage égal à sa majesté.

IV. – Bienheureux effets du don de Sagesse

Quand l’esprit s’abîme ainsi, la charité se réjouit. Ce mouvement est comme infini : on ne sait pas jusqu’où peut s’abîmer l’âme en cette adoration : l’abîme est sans fond. Et la charité s’élève ainsi à des degrés toujours plus hauts, sans mesure: elle est à son aise, elle a trouvé la lumière adéquate à la hauteur de son instinct intime. L’esprit s’est dilaté aux dimensions de l’infini de Dieu qu’il touche, dont il témoigne, puisqu’il s’abîme; l’amour a trouvé en lui une mesure à sa hauteur : c’est l’amour à son plus haut degré sur terre, quoiqu’il ne soit pas consommé. Nous sommes alors adorateurs « en esprit et en vérité ».

La charité, dis-je, a trouvé sur Dieu un « renseignement » à la hauteur de son instinct. L’esprit du croyant, animé par la Sagesse, parle à son propre cœur du Bien-Aimé selon ce qu’Il est. La charité est heureuse ! Ce qu’elle demandait en vain à la foi explicite, elle l’a trouvé lorsque la Sagesse s’est communiquée à l’intelligence. Elle peut vivre ces minutes de jouissance que la charité des saints éprouve quand l’intelligence ravie en Dieu s’abîme devant la majesté infinie. Ce sont les plus délicieuses qu’il soit donné à l’amour d’éprouver sur terre.

Lorsque cette oraison se fait à propos de Notre-Seigneur ou de l’Eucharistie, ou de tout objet de ce genre, elle ne saurait s’abstraire du créé. Notre-Seigneur est homme; cependant, comme Il est Dieu, tout en tenant compte de la nature finie à laquelle la divinité est unie, la Sagesse nous porte à voir en lui une sublimité inouïe par une pénétration de connaissance expérimentale que nous n’avions pas auparavant. Ainsi, par les paroles du Gloria : Tu solus sanctus, Tu solus Dominus, Tu solus altissimus, un mouvement me porte vers ce qui rend le Christ si saint et tellement le Seigneur et le Très-Haut, et il m’est possible, en suivant ce mouvement, de le dépasser pour ainsi dire et de rester devant le Sauveur dans l’attitude où j’adore sa grandeur.

C’est un genre d’oraison où la Sagesse nous instruit ineffablement de la divinité de Jésus, non pas de son humanité, qui, prise à part, n’est pas l’objet direct de la Sagesse. Nul n’a pour Notre-Seigneur un amour à la hauteur de sa bonté s’il ne s’abîme devant sa divinité et ne l’adore : « Adoro Te, latens Deitas: Divinité cachée, je t’adore. »

Mais il est un terrain d’élection, un objet prédestiné de la Sagesse, c’est la Trinité. La Trinité est partout. Cependant elle est dans l’âme sainte d’une façon toute particulière. Elle y est comme plus attentive à son œuvre d’amour, plus riche de dons, donnant et la nature et la grâce. De plus, l’âme la reçoit en soi comme une amie qui a dans ce cœur son « chez soi », sa « demeure ». Tel est l’objet préféré des méditations des saints. La divine Trinité est au fond de leur âme; elle y demeure comme chez elle, reçue dans l’âme capable de la saisir et de la posséder.

V. – L’oraison d’union

Les saints considèrent Dieu ainsi, substantiellement présent en eux. Rentrons ainsi, par une pensée de foi, en nous-mêmes, éclairés par la foi et la charité surnaturelle, La Science écarte les obstacles; l’Intelligence, par une parole, nous révèle dans l’intérieur ce qu’Il est; mais c’est surtout par l’inspiration de la Sagesse que nous rejoignons Dieu, que nous arrivons, pour ainsi parler, jusqu’à le toucher. La foi ne peut pas le faire; fatalement elle est environnée par les idées dont elle use; elle se manifeste à nous par des paroles, des idées humaines, une représentation; si l’être des choses était intelligiblement au dedans de l’entendement, nous n’aurions pas besoin d’idées. Lorsque nous allons à Dieu avec la foi, nous supposons qu’il est distant. Mais qu’il se produise, par le don de Sagesse, un mouvement d’âme sans idée précise, l’obstacle est enlevé : nous nous abîmons alors devant le Dieu résidant au fond de l’âme. Quand l’âme s’abîme ainsi, entre elle et le Dieu qui est en elle comme dans un temple, il se produit un contact; il n’y a plus d’idée, de représentation qui sépare, il n’y a plus, dans l’indivisibilité de l’âme, qu’une âme en adoration et le Dieu infini, substantiellement présent, objet d’expérience immédiate et de contact. C’est le dernier mot de l’union et de l’oraison d’union. Sainte Thérèse sortait de cette oraison avec la certitude qu’elle était allée en Dieu, présent en elle. Il n’y a que la Sagesse qui puisse appliquer ainsi notre esprit à la substance de Dieu dans le fond de notre âme, mais elle nous conduit jusque-là.

Volontiers, nous croirions que ces choses sont faites pour quelques âmes plus élevées, une sainte Catherine, une sainte Thérèse. Mais, avec l’état de grâce, nous avons tous les dons, y compris la Sagesse, et la capacité d’éprouver ces choses. Elles sont faites pour nous; elles sont dans la puissance de la grâce ordinaire, et destinées à développer les virtualités de cette grâce.

Les états d’oraison ne sont pas une voie extraordinaire, mais l’extase, le ravissement, le rapt, ainsi que les grâces « gratis datae » (par exemple le don des miracles, le don de prophétie etc.). Nous-mêmes qui cherchons la perfection de l’amour de Dieu, n’aurions-nous pas été, sans le savoir, dans cet état d’oraison, d’union ? A certains moments, n’avons-nous pas éprouvé cette sorte d’anéantissement devant Dieu, présent au fond de nous-même, peut-être à l’occasion d’une communion…? Alors la proximité de Notre-Seigneur est très grande. Cette proximité a mis notre âme en mouvement; nous avons été plus avant vers la divinité présente au fond de nous-même. Dieu était là, et, ne cherchant plus à comprendre, nous nous sommes abîmés dans un sentiment intime de sa présence immédiate, et nous avons, par l’attitude de notre esprit et la puissance de notre charité, pris contact avec ce Dieu.

Ces choses arrivent, mais nous en percevons difficilement la valeur, la dignité et l’existence normale dans notre vie; nous n’y attachons pas d’importance. Nous disons bien : C’est une grâce, un événement de ma vie spirituelle. Mais pourquoi ne pas souhaiter renouveler cette expérience ? Nous ajoutons : Il faut que Dieu nous mette en cet état. Il le fera, mais il faut que nous nous disposions à si grande faveur.

Si notre vie se passe dans la pratique des vertus morales infuses, avec les dons qui les aident, elle se trouve ainsi pacifiée. Si nous sommes en présence des créatures comme n’en voulant pas, ne considérant que ce qu’elles nous disent sur Dieu, si nous sommes entrés par l’Intelligence dans la connaissance des chose divines, nous sommes à la porte de l’oraison d’union, nous n’avons plus qu’à la franchir et, puisque nous avons dans le don de Sagesse la capacité d’être impressionnés par cette merveilleuse inspiration, il n’est pas trop téméraire d’espérer qu’elle soufflera quelquefois. L’erreur serait d’y chercher une gourmandise spirituelle, de « s’attacher aux jeux de physionomie de Dieu », comme dit saint Augustin, plus qu’à Dieu Lui-même, d’en faire une délectation. Ce serait encore de prétendre à ces choses élevées alors que nous ne pratiquons pas les commandements ordinaires de Dieu et ses conseils de perfection.

Mais si le Saint-Esprit nous a Lui-même purifiés, élevés, fait monter vers ces sommets, pourquoi ne rendrions-nous pas à Dieu ce suprême hommage de nous abîmer devant son Être avec notre esprit et notre cœur, si le Saint-Esprit nous en donne le pouvoir ? Ne craignons pas d’aller au-devant de ces faveurs; ce n’est ni imagination ni ambition : la miséricorde de Dieu nous en a donné les moyens; elles font partie d’une vie chrétienne parfaite normale.

bonne nuit

22 avril, 2010

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. 7598

Lablab purpureus, Dolichos lablab

http://toptropicals.com/html/toptropicals/catalog/photo_db/L.htm

Saint Pierre Damien: « Ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas »

22 avril, 2010

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20100422

Le jeudi de la 3e semaine de Pâques : Jn 6,44-51
Commentaire du jour
Saint Pierre Damien (1007-1072), ermite puis évêque, docteur de l’Église
Sermon 45 ; PL 144,743 et 747 (trad. Orval)

« Ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas »

      La Vierge Marie a enfanté Jésus Christ, elle l’a réchauffé dans ses bras, elle l’a enveloppé de langes et l’a entouré de soins maternels. C’est bien ce même Jésus dont nous recevons maintenant le corps et dont nous buvons le sang rédempteur au sacrement de l’autel. Voilà ce que la foi catholique tient pour vrai, voilà ce qu’enseigne fidèlement l’Église.

      Aucune langue humaine ne pourra assez glorifier celle de qui a pris chair, nous le savons, « le médiateur entre Dieu et les hommes » (1 Tm 2,5). Aucun éloge humain n’est à la mesure de celle dont les entrailles très pures ont donné le fruit qui est l’aliment de nos âmes ; celui, autrement dit, qui témoigne de lui-même par ces paroles : « Je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ». Et en effet, nous qui avons été chassés du paradis de délices à cause d’une nourriture, c’est aussi par une nourriture que nous retrouvons les joies du paradis. Ève a pris une nourriture, et nous avons été condamnés à un jeûne éternel ; Marie a donné une nourriture, et l’entrée du festin du ciel nous a été ouverte.

Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant, Créateur du ciel et de la terre.

21 avril, 2010

Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant, Créateur du ciel et de la terre. dans image sacré et texte 01

Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant, Créateur du ciel et de la terre.
 
 Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils ne font pas de réserves dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? D’ailleurs, qui d’entre vous, à force de souci, peut prolonger tant soit peu son existence ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas , ils ne filent pas. Si Dieu habille ainsi l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? (Mt 6,26-28.30)

http://www.evangile-et-peinture.org/static/vernissage_10_2003/index.htm

S. Em. Card. Francis Arinze: La Bienheureuse Vierge Marie, un signe pour les croyants du troisième millénaire*

21 avril, 2010

du site:

http://www.sedos.org/french/arinze_2.htm

S. Em. Card. Francis Arinze – Président du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux

La Bienheureuse Vierge Marie, un signe pour les croyants du troisième millénaire*

De plus en plus, dans le monde de noire temps, des personnes de religions et de cultures différentes se rencontrent et entrent en relation. A travers ces contacts, ceux et celles qui croient en Jésus-Christ ont de nombreuses occasions de témoigner de leas foi dans de Christ, d’annoncer cette foi ou bien d’établir une forme de relations interreligieuses avec des membres de différentes confessions religieuses.
Le plan de salut de Dieu pour toute l’ humanité a son centre en Jésus-Christ, le seul et unique Sauveur de tous, selon la foi chrétienne. Dans la mise en œuvre de ce plan, un rôle spécial a été assigné à la Bienheureuse Vierge Marie, comme en témoignent les Evangiles, et même la promesse d’un Sauveur dans le livre de la Genèse. C’est pourquoi les chrétiens, et les catholiques en particulier, s’interrogent parfois sur le rôle de la Vierge de Nazareth dans les relations interreligieuses.
Je suis par conséquent heureux d’avoir été invité à proposes à votxe assemblée, en ce sanctuaire renommé de l’Immaculée Conception, ces quelques réflexions sur « La Bienheureuse Vierge Marie, un signe pour les croyants du troisième millénaire ».
Nous allons commences par un court exposé de la place de la Vierge Marie dans les principales religions: le christianisme, le judaisme, l’islam, l’hindouisme, le bouddhisme et d’autres religions.
Nous allons tout d’abord considérer le rôle providentiel de Marie dans l’approche chrétienne des personnes d’autres religions. Puis nous allons examiner comment des membres de nombreuses religions peuvent regarder Marie comme une femme modèle, comme une source d’inspiration pour la défense de la famille et de la vie humaine, et comme un modèle d’ouverture à Dieu. Nous terminerons ces réflexions en méditant sur la Sainte Vierge comme agent d’harmonie entre les croyants.

1. La Bienheureuse Vierge Marie dans la foi catholique

Ces réflexions étant faites par un catholique, il est bon de commences par une présentation de la Bienheureuse Vierge Marie selon la foi catholique.
Après la chute de nos premiers parents, Dieu nous a promis un Sauveur. Dieu a maudit le serpent : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon » (Gn 3:15). Ce lien entre « la femme » et le Sauveur promis a été rendu encore plus manifeste par le prophète Isaïe : « La jeune fine est enceinte et va enfanter un fils qu’elle appellera Emmanuel » (Is 7:14).
A la « plénitude des temps » (cf. Ga 4:4; He 1:2), Dieu a envoyé l’Archange Gabriel annoncer à la Vierge de Nazareth, par quelques mots concis, son plan divin de salut, et le rôle qui serait le sien comme Mère virginale du Sauveur. Marie a accepté. Marie a obéi. Elle est devenue la Mère du Fils de Dieu qui a pris notre nature humaine.
Dieu a doté Marie de dons exceptionnels. Conçue sans la marque du péché originel, elle a été saluée par l’Archange comme la « pleine de grâce ». Elle est la fille bien-aimée du Père, la Mère du Fils de Dieu et le temple de l’Esprit-Saint (cf. Lumen Gentium, 53). Marie a eu et la gloire de la maternité, et celle de la virginité. Elle est « le seul orgueil de notre nature corrompue ». Elle peut étre appelée le chef d’œuvre de Dieu. Saint Augustin fait l’éloge de cette merveille : « II (Dieu) a choisi la mère qu’il avait créée ; il a créé la mère qu’il avait choisie » (Sermon 69,3.4 ). Associée au Sauveur, elle a été avec le Christ à tous les moments clés de l’histoire de la Rédemption : à sa Conception, à sa Nativité à Bethléem, dans sa vie privée à Nazareth, aux noces de Cana, lors de ses miracles et de ses enseignements, et surtout au Calvaire, à l’Ascension et à la Pentecôte. Comme le dit le Concile Vatican II, « pendant la vie publique de Jésus, sa mère apparait expressément » (Lumen Gentium, 58).
La Vierge Marie est liée à l’Église de manière particulière. « Son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils dont le pèlerinage n’est pas achevé, ou qui se trouvent engagés dans les périls et les épreuves » (Lumen Gentium, 62). Elle est un modèle pour suivre le Christ, non seulement pour chaque chrétien, mais aussi pour l’Église dans son ensemble. L’Église l’honore avec affection et piété filiales comme une mère très aimée. Toutes les générations l’appellent bienheureuse (cf. Lc 1:48). Nous voyons donc pourquoi le Pape Jean-Paul II parle du « caructère unique de sa place dans le mystère du Christ » (Redemptoris Mater, 9).
Examinons maintenant si, dans les autres religions, nous pouvons trouver trace ne serait ce que d’une allusion, d’une évocation lointaine, d’une ombre, ou au moins d’un désir inexprimé de cette extraordinaire Vierge Mère.

2. Marie dans la Bible hébraïque : une vision chrétienne

Ève, la première femme, est bientót devenue celle qui, avec Adam, a entrainé toute l’humanité dans le naufrage du péché originel. Dieu a promis un Sauveur, et la mère du Rédempteur a été annoncée au même moment, dans le texte de la Genèse déjà cité : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme » (Gn 3:15).
Abraham, notre « père dans la foi », a obéi de manière totale et inconditionnelle aux promesses de Dieu, même lorsque, à cause déyénements extérieurs, il lui a été difficile de voir comment ces promesses s’accompliraient. Le Pape Jean-Paul II, dans son homélie à Nazareth le 25 mars 2000, a appelé la Vierge Marie « la plus authentique des filles d’Abraham » parce que, avec une grande foi, elle est devenue la Mère du Messie et la Mère de tous ceux qui croient (cf. l’homélie publiée dans L’Osservatore Romano, édition hebdomadaire en langue française, 4/4/2000, p.11).
Voici les symboles de la Vierge Marie que l’on peut trouver dans la Bible hébraique, l’Ancien Testament pour les chrétiens : La Vierge Mère promise dans la Genèse et dans Isaie, la Fille de Sion, le Jardin d’Eden, la bien-aimée du Cantique des Cantiques, et l’Arche d’Alliance. Ruth est un symbole de Marie et de l’Église parce qu’elle est placée de manière providentielle dans l’arbre généalogique du Christ. Esther et Judith sont aussi des symboles de Marie, en tant qu’associée au Sauveur daps le déroulement du plan divin de salut.
La Vierge Marie pourrait étre regardée, à côté du Christ, comme la plus grande gloire du peuple juif. C’est au sein de ce peuple de l’Alliance que Dieu a choisi cette figure exceptionnelle qui donnerait naissance au Sauveur de l’humanité. Nous ne pouvons que prier la Sainte Vierge de nous obtenir de Dieu la gràce de promouvoir toujours mieux les relations judéo-chrétiennes.

3. Marie dans l’islam

La foi musulmane est fondée sur le texte du Coran, augmenté des traditions orales venant de Mahomet. Le Coran fait 34 fois référence à Marie, la seule femme que le livre mentionne par son nom ; une des Sourates (chapitres) du Coran porte son nom. Le Coran fait mention de la Nativité de Marie (3,33-37), de sa Présentation au Temple (19,16-17; 3,37. 42-44), de l’Annonciation (19,17-21; 3,45-51), de sa Virginité (19,20; 21,91; 66,12), de la naissance de Jésus (19,23-26), et, peut-être (la référence est ambigué), de son Assomption au Ciel (23,50). La prééminence de Marie dans le Coran peut être résumée par le verset qui rappelle la salutation de Gabriel à Marie dans l’Évangile de Luc : « Marie, Dieu t’a choisie. II t’a rendue pure, et t’a exaltde au-dessus de toutes les femmes de l’univers » (3,42).
Marie est considérée comme un signe (aya) (23,50-51) et un modèle (mathal) (66,10-12) pour l’humanité. Le Coran mentionne que Marie a été spécialement choisie par Dieu (3,42), rendue pure (3, 42), qu’elle est une sainte femme (siddiqa) (5,75), un modèle de foi en Dieu (66,12), de confiance en la providence (3,37), de recours instinctif à Dieu (19,18), d’abandon à Sa volonté (3,37; 19,21), de dévotion (66,12), de modestie virginale (21,91), de piété et de recueillement (19,17), de silence respectueux (19,26), de prière (3,43), et de jeúne (19,26).
Certaines traditions hadith venant de Mahomet semblent faire référence à l’immaculée conception de Marie. Il y a plusieurs variantes du hadith ; l’une d’elles dit : « Tout nouveau-né, à l’exception de Jésus et de Marie, émet un cri au moment de la naissance parce que Satan le touche ». Marie et Jésus, à la différence des autres enfants d’Adam, n’ont pas commis de péché (dhunub) ». (Muslin, Sahih II; 224; Bukhari, Sahih III; Ibn Hanbal, Musnad, 233, 274, 288 ; Tha’labi, Oisas, 372 ; Tabari, Jami al-Bayan, VI : 7887-7998). Un autre hadith affirme que Marie est « la reine de toutes les femmes dans le paradis » (Ibn Hanbal, Musnad, III: 64, 80). Plusieurs variantes hadith considèrent Marie  » supérieure aux trois femmes les plus excellentes qui aient jamais existé : A’isha, Khadija, et Fatima » (Tabari, VI: 7026-7097).
Le Coran prend soin d’afiirmer l’humanité de Marie, contre certaines conceptions de l’époque qui faisaient d’elle un demi-dieu. Cela, l’orthodoxie chrétienne l’approuve, parce que l’Église enseigne que Marie, bien que grandement exaltée, reste toujours une créature.
Il y a des différences significatives entre les croyances musulmanes et chrétiennes au sujet de la Vierge Marie. Comme l’islam n’accepte pas le dogme de la Sainte Trinité, il rejette également l’enseignement selon lequel Jésus-Christ est Fils de Dieu et donc Dieu, et par conséquent Marie comme Mère de Dieu (Theotókos). Pour le christianisme, ces dogmes ont une importance fondamentale.
Le nom de Marie, Maryam, est adopté par de nombreux musulmans. Quand les musulmans la mentionnent, ils disent toujours « Notre Dame Marie » (Sittna Maryam). Comme l’orthodoxie musulmane n’approuve que les prières qui sont adressées à Dieu, la prière d’intercession n’est pas directement dirigée vers Marie (ni vers Jésus ou Mahomet). Cependant, au niveau populaire, les musulmans, spécialement les femmes, visitent les sanctuaires marials en Egypte, à Damas, au Liban, à la « maison de Marie » à Izmir (Éphèse) en Turquie, à Alger et en Indonésie, et ils la prient.

4. Marie dans l’hindouisme

Depuis les temps anciens, des déesses sont connues et grandement vénérées en Inde. Les milliers d’images féminines retrouvées au Nord-Ouest de l’Inde dans les ruines de la civilisation de la Vallée de l’Indus (vers 2500-1500 avant J.C.) indiquent que des déesses ont joué un rôle important dans la religion de cette culture, bien que des divinités masculines aient dominé la tradition textuelle.
Le culte quotidien des déesses dans l’hindouisme se remarque tout d’abord au niveau du village, où le culte de la déesse tient une place extrémement grande. Parmi ces déesses, nombreuses sont celles qui n’ont qu’une réputation régionale ou locale, bien qu’elles puissent étre associées dans l’esprit de certains villageois à des déesses de la tradition littéraire. Ces déesses du village se soucient des existences, des intéréts, du bien-étre des petites communautés. Elles sont spécialement associées à la fertilité, tant celle des récohes que la fécondité des étres humains, ainsi qu’aux maladies. Elles sont habituellement honorées par tous les membres d’un village et leur identité première est liée à un village spécifique.
Parmi les théologiens hindous, certains croient en l’existence d’une Grande Déesse qui se manifesterait sous des formes variées. Les nombreuses déesses de la tradition hindoue sont toutes des manifestations d’un principe cosmique unifiant, de caractère actif, puissamment fécond, et féminin. Bien que ce grand personnage soit connu sous de nombreux noms, on l’appelle en général simplement Devi (Déesse) ou Mahadevi (Grande Déesse). Elle est souvent appelde Sakti, ce qui signifie « puissance » et suggère ses grands et inépuisables pouvoirs créateurs. Cette Grande Déesse est fondamentalement une divinité active, attentive à la stabilité du monde et aux besoins de ses fidèles. Bien qu’elle présente un côté sombre, destructeur, assoiffé de sang, cet aspect de la Grande Deesse est vu comme fisant naturellement partie d’un sens de l’ordre se penchant sur tout, et affirmant l’interaction positive et necessaire entre la vie et la mort, entre la creation et la destruction, entre la force et le repos, dans la nature du cosmos.
La devotion des fidèles de l’hindouisme et des autres religions indiennes envers la Très Sainte Vierge Marie doit être comprise dans ce contexte des déesses hindoues qui vient d’être mentionné. Le concept populaire de la déesse hindoue ne peut s’appliquer à Notre-Dame, bien que l’on trouve en elle de nombreux attributs des déesses hindoues. Elle est respectée et vénérée par les Indiens à un niveau populaire, comme une sainte femme qui répond à leurs prières pour des besoins matériels ou spirituels. Mais si l’on venait à leur parler, de manière convaincante, de la réelle grandeur de Notre-Dame comme la Mère Immaculée du Rédempteur, ils pourraient alors atteindre au respect et à la vénération qui lui sont réellement dus.

5. Marie dans le bouddhisme

Le bouddhisme, au sens strict et originel, ne parle pas de Dieu, et donc ne pourrait faire place à une figure qui correspondrait à la Bienheureuse Vierge Marie dans l’économie du salut.
Néanmoins, le bouddhisme a inculqué, depuis le tout premier commencement, la vertu fondamentale de la bienveillance-compassion (maitrikaruna) dont l’exemple était une mère qui se sacrifiait pour son fils : « Comme une mère » chante un ancien Sutra (écrit sacré bouddhiste) « aime et defend son fils bien-aimé au prix de sa vie, ainsi vous, ô moines, devez cultiver sans limite la vertu de la bienveillance-compassion envers toutes les choses vivantes ».
Au fil des temps, à l’intérieur du bouddhisme Mahayana (forme qui prévaut au Japon, en Corée et en Chine), est apparu et s’est répandu le concept du Kannon-Bosatsu (en sanscrit, Bodhisattva Avalokitésvara), le Bouddha-mère à la compassion infinie. La devotion à Kannon-Bosatsu s’est rapidement propagée en Chine, en Corée et au Japon. Les nombreux temples dédiés à ce Kannon sont devenus les lieux préférés des pèlerinages bouddhistes.
Il est un detail intéressant de l’histoire du christianisme au Japon. Une terrible persecution fut menée contre les chrétiens, pendant trois siècles, du temps où Tokugawa était shogun (gouverneur). Les catholiques persécutés ont maintenu leur foi au moyen de petites statues de Marie-Kannon. (Kannon était une déesse de miséricorde vénérée par les bouddhistes). Il y avait des statues représentant en apparence Kannon, mais qui en réalité étaient vénérées comme la Bienheureuse Vierge Marie (avec souvent l’Enfant Jesus dans ses bras). Les catholiques ont échappé de cette manière à l’attention des autorités.
Aujourd’hui, de nombreux bouddhistes, spécialement ceux du Japon, lorsqu’ils viennent visiter l’Europe, choisissent Lourdes comme leur lieu préféré de pèlerinage. L’image de Marie, Mère et Soutien de l’humanité blessée et souffrante, attire beaucoup les cœurs des bouddhistes, qui à l’évidence n’oubhent pas Kannon.
En octobre 2000, Phra Sommai, l’Abbé bouddhiste du temple de Kaew Praew au Nord de la Thailande, ami du mouvement des Focolari dans l’Église catholique, a participé à l’audience générale du mercredi du Saint-Père, puis a visité les centres des Focolari à Rocca di Papa et à Loppiano. Connaissant la parole bouddhiste disant que « être une mère est être une presence d’amour qui accueille et qui crée un foyer », il a écrit le poème suivant devant l’image sacrée de la Madonne de Lumière de Tonadico (la traduction est la mienne) :

« Mère de l’Amour

Face sereine, to embrasses l’univers, le regard tourné vers le bas to sembles triste,
mais to es pleine de douceur, de bienveillance de miséricorde sans fin.

Mère de l’Amour

Face sereine, to embrasses l’univers, le regard tourné vers le bas
to sembles triste,
mais to es pleine de douceur, de bienveillance de miséricorde sans fin.
Les mains jointes
qui donnent la bénédiction du cœur.
Dans les moments de solitude,
me tournant vers elle, j’ai perçu la chaleur
de sa presence toute proche.
Pour qui est dans l’erreur, tu es une sûre consolation.
Dans les préoccupations, tu es un guide et une lumière.
Tu nous donnes le bonheur, le repos,
et de toi, nous obtenons tout.
Mais to n’attends rien en retour, parce que tu es détachement absolu.

(cité dans Mariapoli 11/2000, p.19).

6. Images de Marie dans d’autres religions

Il serait intéressant que des personnes compétentes puissent étudier s’il se trouve des images, des traces ou des désirs non formulés de Marie dans d’autres religions comme les religions traditionnelles, le shintoisme, la religion sikh, baha’i et le taoisme. Je pense à des qualités comme la maternité, la virginité, la miséricorde, la compassion, la construction de la famille, la réconciliation et l’harmonie entre frères et sœurs, et l’amour gratuit.
7. Le rôle providentiel de Marie dans l’approche chrétienne des personnes d’autres religions
En vertu de la nature même de la vocation et de la mission chrétiennes conférées au baptéme et renforcées par les autres sacrements, les chrétiens sont appelés à rencontrer les personnes d’autres religions, et bien sur chaque être humain. Cette mission ou cette vocation se manifeste de trois manières : le témoignage, l’annonce et le dialogue. En chacune de ces activités, la Bienheureuse Vierge Marie est pour les chrétiens un grand modèle et un grand soutien.
Le témoignage que les chrétiens rendent au Christ peut s’exprimer à travers l’amour gratuit pour les autres. Le Christ lui-même a donné l’exemple suprême en souffrant et en mourant pour le salut de l’humanité : « Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15:13). Jésus a pardonné à ses ennemis, y compris ceux qui le crucifiaient : « Père, pardonne- leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23:34). La Bienheureuse Vierge Marie a servi Dieu et est allée en hâte auprès de sa cousine Élisabeth pour lui rendre visite et pour l’aider. Elle est restée debout au pied de la Croix et nul ne rapporte qu’elle ait dit un mot contre ceux qui étaient en train de crucifier son Fils innocent et si exceptionnellement généreux. Elle est un modèle de témoignage chrétienne.
Le chrétien devrait, lorsque les circonstances le recommandent, annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ aux autres, afin de leur offrir une chance de l’accepter librement, en devenant membre de l’Église où ils recevront en plénitude et en abondance les moyens du salut. Marie qui porte Jésus dans son sein pour sanctifier Jean le Baptiste est un modèle du chrétien qui apporte le Christ au monde. Dans les diverses religions, les personnes cherchent des réponses aux grandes questions qui concernent l’existence humaine sur terre ; par exemple l’origine de l’homme, la nature du bien et du mal moral, la raison de la souffrance, l’essence du bonheur et ce qui survient après la mort. Étant donné qu’il n’est pas toujours facile de parvenir à la vérité religieuse, on peut commettre des erreurs en cherchant des réponses à ces questions. C’est ce qui explique l’essor de sectes ésotériques ou pseudo-religieuses, la recherche du bonheur par l’auto-illumination, la croyance en la réincarnation et les idées confuses sur la vie après la mort. Une pleine participation à la révélation de Dieu en Jésus-Christ par une joyeuse annonce de l’Evangile devra parcourir un long chemin pour répondre à ces questions brúlantes du cœur humain. La doctrine catholique insiste aussi sur la volonté salvifique universelle de Dieu, « qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2:4). C’est pourquoi le plan divin de salut inclut tout homme et Dieu ne va pas refuser la grâce nécessaire au salut à une personne qui est ouverte à son action divine et suit sa conscience en matière de droiture et d’erreur morale (cf. Lumen Gentium, 16). Néanmoins, la pleine adhésion à l’Évangile de Jésus-Christ offre aux personnes une plus grande chance de recevoir les moyens du salut. Marie, en tant que Mère du Rédempteur et par conséquent Mère de toute l’humanité, ne peut pas ne pas étre concernée par la participation aux bénéfices du salut gagnés par son Fils à un tel prix.
La religion se propose, elle ne s’impose pas. On ne peut imaginer la Vierge Marie usant de coercition pour amener quelqu’un à croire au Christ. Mais elle s’est révélée une sœur et une mère pour tous. Le chrétien, de même, doit apprende à rencontrer les personnes d’autres religions dans une attitude d’écoute mutuelle, d’effort pour comprendre, et de collaboration dans la promotion de la justice, de la paix, des valeurs familiales et de l’héritage culturel des différentes peuples.

8. Marie, la Femme Modèle

Dans le monde d’aujourdhui, la femme est, en bien des sen, attaquée. Son image, son identité, son souvent obscurcies quand ce n’est pas directement abimées. La femme est sous-estimée, banalisée, utilisée et même commercialisée lorsqu’on fait d’elle une image commode de publicité pour des voitures, des peintures et des bouteilles d’eau. De nombreux courants de pensée aujourd’hui suggèrent de manière subtile aux femmes qu’elles devraient faire exactement ce que font les hommes, comme si ceux-ci étaient leurs modèles. On considère ainsi que les femmes sont libérées lorsqu’elles manient une arme à feu et tuent sur le front, et lorsqu’elles pilotent des avions de chasse. On les conditionne pour regarder la maternité comme une oppression et la grossesse comme une atteinte à leur beauté, voire une maladie. La femme au foyer est présentée comme un modèle de régression culturelle. La virginité est regardée comme un tabou primitif dont les femmes devraient étre libérées.
C’est ici que la Vierge de Nazareth a un message à donner aux membres de toutes les religions en ce qui concerne la véritable identité de la femme. En elle, Dieu allie la beauté de la virginité et les gloires de la maternité. Et pourtant elle n’a pas une personnalité efféminée ou faible.
Vierge pleine de prudence et de force, elle sait que le Tout-Puissant a fait pour elle de grandes choses, qu’Il a dispersé les superbes, qu’Il a renversé les puissants de leurs trónes et élevé les humbles, comme elle le chante avec vigueur dans son Magnificat (cf. Lc 1:48-53). Vraiment, toutes les générations la diront bienheureuse.
Les bouddhistes qui ont de l’estime pour la maternité, la compassion, la générosité, le renoncement à soi-même et l’amour, trouveront en la Vierge Marie quelqu’un qui les élève, les inspire, les guide et les encourage.
Les hindous trouveront en Marie la réalisation de la féminité la plus haute, de la fécondité, de la puissance, de la force, et comme le reffet maternel de Dieu. C’est Dieu lui-même qui parle en termes maternels de son amour pour le peuple qu’il s’est choisi : « Une femme oublie-t-elle fenfant qu’elle nourrit, cesse-t-elle de chérir le fils de ses entrailles ? Même s’il s’en trouvait une pour foublier, moi, je ne t’oublierai jamais ! » (Is 49:15). Jésus lui-même a pleuré sur la ville de Jérusalem : « Que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble ses poussins sous ses ailes … et vous n’avez pas voulu ! » (Mt 23:37).
Les musulmans trouveront en la Vierge Marie une femme de foi, une vierge très pure, une mère très aimante et une constructrice de famille au meilleur sens du terme.
Les femmes et les hommes de toutes religions devraient tourner leurs regards vers Marie comme vers une femme modèle donnée par Dieu et dont toute l’humanité devrait Lui être reconnaissante. « L’homme et la femme », dit le Pape Jean-Paul II, « créés comme ‘unité des deux’ dans leur commune humanité, sont appelés à vivre une communion d’amour et à refléter ainsi dans le monde la communion d’amour qui est en Dieu » (Mulieris Dignitatem, 7). Marie aidera à la fois les hommes et les femmes à établir des relations mutuelles selon le plan divin et leur permettra ainsi de trouver, d’accepter et de vivre leur véritable identité, leur complémentarité et leur noble humanité, chacun comme image et ressemblance de Dieu (cf. Gn 1:27).
9. Marie, une inspiratrice pour les croyants dans la défease de la famille et de la vie humaine
A notre époque, un problème qui interpelle les croyants des différentes religions et les invite à unir leurs efforts est la défense de la famille et de la vie humaine.
Dans chaque pays, l’un après l’autre, nous voyons les valeurs familiales authentiques s’effriter ou même étre tournées en dérision par l’introduction de l’infidélité, de la séparation et du divorce. Certains n’hésitent pas à conférer à la cohabitation entre personnes du même sexe le statut du mariage. La polygamie obscurcit l’idéal divin originel d’une communauté d’amour entre un homme et une femme.
Les menaces contre la vie ne sont pas moins inquiétantes. Une mentalité opposée à la vie justifie la contraception, l’avortement et l’infanticide. Elle regarde l’enfant non comme un don de Dieu et la couronne du mariage, mais comme un fardeau non désiré ou au mieux comme un produit de la science et du génie biogénétique, dont on pourrait spécifier les caractères selon les indications de ceux qui donneraient l’ordre de le créer. Et quand une personne est àgée ou malade, les avocats de l’euthanasie proposent avec arrogance ce qu’ils appellent la mise à mort par pitié.
Une réflexion commune sur la Vierge Marie peut aider les membres des diff érentes religions à
atteindre une conception plus haute de la famille et de la vie humaine. La Sainte Vierge a accueilli le Verbe de Dieu qui s’est incarné en elle, elle l’a porté dans son sein pendant neuf mois, elle l’a donné au monde, l’a nourri et l’a offert en sacrifice pour le bien de tous. Comme épouse de Saint Joseph, elle fut aimante et obéissante, et elle a été une source de joie pour la Sainte Famille de Nazareth. Lorsque le Pape Jean-Paul II s’est rendu à Nazareth en mars 2000, il a prié pour que tous les croyants puissent « défendre la famille contre les nombreuses menaces qui pèsent actuellement sur sa nature, sa stabilité et sa mission ». Il a ajouté : « Je confie à la Sainte Famille les efforts des chrétiens et de toutes les personnes de bonne volonté pour défendre la vie et promouvoir le respect pour la dignité de chaque être humain » (Homélie du 25/3/2000, n° 6, dans L’Osserv. Rom., éd. hebd. en langue fr., 4/4/2000, pp. 11 et 14).

10. Marie comme modèle de sainteté ou d’ouverture à Dieu

Les relations et la collaboration interreligieuses peuvent commencer au niveau sociologique ou horizontal : par une action commune en faveur de la justice et de la paix, par l’harmonie au sein de la société, par l’élimination d’une injuste discrimination, etc. Mais il faut s’efforcer d’arriver au niveau théologique, spirituel ou vertical. Le dialogue interreligieux devrait aider ceux qui y participent à être plus ouverts à Dieu, plus prompts à faire Sa volonté et plus impliqués dans la quéte de vérité religieuse. En bref, les contacts interreligieux devraient aider à la sainteté de la vie.
C’est là que la Bienheureuse Vierge Marie se présente à nous comme un modèle. Elle a écouté le message que Dieu lui avait envoyé. Elle a cherché à connaitre Sa volonté en lisant la Sainte Ecriture. Elle a cru en Dieu qui lui parlait à travers l’Archange Gabriel. Elle a obéi. Elle s’est totalement ouverte à faction cachée mais puissante du Saint Esprit. Elle a conservé dans son cceur les paroles et les actions de Jésus et a médité sur elles. Elle a, plus que quiconque, contemplé le visage du Christ. Marie est le prototype de l’humanité placée devant le mystère ineffable de Dieu.
Dans le Message que j’ai envoyé de par le monde aux musulmans en 1988, pour la fin de leur féte du Ramadan, j’ai attiré l’attention sur la sainteté de Marie, sur sa vie toute centrée sur Dieu :
« Marie a bénéficié de la faveur spéciale de son Seigneur. Choisie par grâce entre les femmes de ce monde, elle a été purifiée par Dieu et, par suite, préservée de toute emprise de Satan. Marie a écouté la voix du Tout-Puissant, elle a cru en sa Parole et elle s’est consacrée à son service, servante humble et soumise. Ainsi peut-elle être, pour nous, un modèle de foi, de prière et de confiance en Dieu, un exemple de pureté, de service et de sainteté. Elle est un symbole de dignité spirituelle et de liberté responsable pour tout être humain, plus particuliérement pour la femme que l’histoire a trop souvent mal comprise » (dans « Cons. Pont. Pour le Dial. Interreligieux », Un lien d’amitié, 2000, p. 47).
Les membres des différentes religions qui œuvrent ensemble peuvent voir en la Sainte Vierge un modèle pour savoir comment préter attention à Dieu.

11. Marie, Mère de Bon Conseil pour les croyants

Alors que les croyants dans les diverses religions s’efforcent, au seuil du troisième millénaire, d’intensifier la collaboration interreligieuse, ils recevront l’inspiration nécessaire en tournant leurs regards vers la Vierge Marie. Marie a brillé par les grandes qualités que l’on désirerait voir chez un partenaire du dialogue : attention à Dieu, obéissance à Sa Parole, aptitude au silence, à l’écoute et à la réflexion, prière de louange et d’action de grace adressée à Dieu, préoccupation pleine d’amour pour le prochain, pratique du partage du don de Dieu avec les autres.
En tant que Mère de l’humanité nouvelle, nous lui confions les diverses initiatives des croyants pour œuvrer et cheminer ensemble. Que cette bonne Mère obtienne aux enfants de Dieu une plus grande harmonie, une plus grande disposition à s’accepter mutuellement, et une aptitude accrue à faire la volonté de Dieu et à construire un monde plus juste, plus paisible et plus accueillant.

Note

* Réflexions données lors du Colloque sur « Marie dans les relations œcuméniques et interreligieuses » Lourdes, 8 juin 2001.
Réf. : OMNIS TERRA (Édition française), n. 382, mai 2002, pp. 182-188.

Audience générale du 21 avril 2010 : Le voyage apostolique à Malte

21 avril, 2010

du site:

http://www.zenit.org/article-24147?l=french

Audience générale du 21 avril 2010  : Le voyage apostolique à Malte

Texte intégral

ROME, Mercredi 21 avril 2010 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse prononcée par le pape Benoît XVI, ce mercredi, au cours de l’audience générale, place Saint-Pierre.

Chers frères et sœurs !
Comme vous le savez, samedi et dimanche derniers, j’ai accompli un voyage apostolique à Malte, sur lequel je voudrais m’arrêter brièvement aujourd’hui. L’occasion de ma visite pastorale a été le 1950e anniversaire du naufrage de l’apôtre Paul sur les côtes de l’archipel maltais et de son séjour sur ces îles pendant environ trois mois. Il s’agit d’un événement pouvant être situé autour de l’an 60 et raconté avec une abondance de détails dans le livre des Actes des Apôtres (chapitres 27-28). Comme ce fut le cas de saint Paul, j’ai moi aussi fait l’expérience de l’accueil chaleureux des Maltais – véritablement extraordinaire – et pour cela, j’exprime à nouveau ma plus vive et cordiale reconnaissance au président de la République, au gouvernement et aux autres autorités de l’Etat, et je remercie de façon fraternelle les évêques du pays, avec tous ceux qui ont collaboré en vue de préparer cette rencontre de fête entre le successeur de Pierre et la population maltaise. L’histoire de ce peuple depuis presque deux mille ans est inséparable de la foi catholique, qui caractérise sa culture et ses traditions : on dit qu’à Malte, il y a au moins 365 églises, « une pour chaque jour de l’année », un signe visible de cette foi profonde !

Tout a commencé par ce naufrage : après être allé à la dérive pendant 14 jours, poussé par les vents, le bateau qui transportait à Rome l’apôtre Paul et de nombreuses autres personnes échoua sur un bas-fond de l’île de Malte. C’est pour cela qu’après la rencontre très cordiale avec le président de la République, dans la capitale, La Valette – qui a eu comme beau cadre le salut joyeux de nombreux jeunes garçons et filles – je me suis rendu immédiatement en pèlerinage dans celle que l’on appelle la « grotte de saint Paul », près de Rabat, pour un moment intense de prière. Là, j’ai pu saluer également un groupe nombreux de missionnaires maltais. Penser à ce petit archipel au centre de la Méditerranée, et à la façon dont la semence de l’Evangile y arriva, suscite un sentiment de grand émerveillement face aux desseins mystérieux de la Providence divine : il devient spontané de rendre grâce au Seigneur et également à saint Paul qui, au milieu de cette violente tempête, conserva la confiance et l’espérance et les transmit également à ses compagnons de voyage. De ce naufrage, ou mieux, du séjour de Paul à Malte qui suivit, est née une communauté chrétienne fervente et solide, qui après deux mille ans, est encore fidèle à l’Evangile et s’efforce de le conjuguer avec les questions complexes de l’époque contemporaine. Cela, naturellement, n’est pas toujours facile, ni évident, mais le peuple maltais sait trouver dans la vision chrétienne de la vie les réponses aux nouveaux défis. Par exemple, le fait d’avoir maintenu ferme le profond respect pour la vie à naître et pour le caractère sacré du mariage, en choisissant de ne pas introduire l’avortement et le divorce dans la constitution juridique du pays, en est un signe.

C’est pourquoi, mon voyage avait pour but de confirmer dans la foi l’Eglise qui est à Malte, une institution très vivante, bien structurée et présente sur le territoire de Malte et de Gozo. Toute cette communauté s’était donné rendez-vous à Floriana, sur la place des Greniers, devant l’église Saint-Publius, où j’ai célébré la messe à laquelle tous ont participé avec une grande ferveur. Cela a été pour moi un motif de joie, et également de réconfort de sentir la chaleur particulière de ce peuple qui donne le sentiment d’une grande famille, rassemblée par la foi et par la vision chrétienne de la vie. Après la célébration, j’ai voulu rencontrer plusieurs personnes victimes d’abus de la part de membres du clergé. J’ai partagé avec elles la souffrance et, avec émotion, j’ai prié avec elles, les assurant de l’action de l’Eglise.

Si Malte donne le sentiment d’une grande famille, il ne faut pas penser que, à cause de sa conformation géographique, elle soit une société « isolée » du monde. Il n’en est pas ainsi, et on le voit, par exemple, dans les contacts que Malte entretient avec divers pays et du fait que dans de nombreuses nations on trouve des prêtres maltais. En effet, les familles et les paroisses de Malte ont su éduquer de nombreux jeunes au sens de Dieu et de l’Eglise, si bien que beaucoup d’entre eux ont répondu avec générosité à l’appel de Jésus et sont devenus prêtres. Parmi eux, beaucoup ont embrassé l’engagement missionnaire ad gentes, dans des terres lointaines, héritant de l’esprit apostolique qui poussait saint Paul à apporter l’Evangile là où il n’était pas encore arrivé. Il s’agit d’un aspect que j’ai répété avec plaisir, à savoir que « la foi s’affermit lorsqu’on la donne » (Enc. Redemptoris missio, n. 2). Sur la racine de cette foi, Malte s’est développée et à présent elle s’ouvre aux différentes situations économiques, sociales et culturelles, auxquelles elle offre une précieuse contribution.

Il est clair que Malte a souvent dû se défendre au cours des siècles – et on le voit dans ses fortifications. La position stratégique du petit archipel attirait bien évidemment l’attention des diverses puissances politiques et militaires. Toutefois, la vocation la plus profonde de Malte est la vocation chrétienne, c’est-à-dire la vocation universelle de la paix ! La célèbre croix de Malte, que tous associent à cette nation, a tant de fois flotté dans les conflits et les affrontements ; mais, grâce à Dieu, elle n’a jamais perdu sa signification authentique et éternelle : elle est le signe de l’amour et de la réconciliation, et telle est la véritable vocation des peuples qui accueillent et embrassent le message chrétien !

Carrefour naturel, Malte est au centre de routes de migration : des hommes et des femmes, comme autrefois saint Paul, accostent sur les côtes maltaises, parfois poussés par des conditions de vie très dures, par des violences et des persécutions, et cela comporte, naturellement, des problèmes complexes sur le plan humanitaire, politique et juridique, des problèmes qui ne sont pas faciles à résoudre, mais dont il faut rechercher la solution avec persévérance et ténacité, dans une concertation des interventions au niveau international. Il est bon que l’on agisse ainsi dans toutes les nations qui ont les valeurs chrétiennes à la base de leurs Chartes constitutionnelles et de leurs cultures.

Le défi de conjuguer dans la complexité de notre temps la validité éternelle de l’Evangile est fascinant pour tous les hommes, mais en particulier pour les jeunes. Les nouvelles générations, en effet, le ressentent de manière plus forte, et c’est pour cette raison que j’ai voulu qu’à Malte également, malgré la brièveté de ma visite, ne manque pas une rencontre avec les jeunes. Ce fut un moment de dialogue intense et profond, rendu plus beau encore par l’atmosphère dans laquelle elle s’est déroulée – le port de La Valette – et par l’enthousiasme des jeunes. Je ne pouvais manquer de leur rappeler l’expérience de jeunesse de saint Paul : une expérience extraordinaire, unique, et pourtant capable de parler aux nouvelles générations de chaque époque, en raison de cette transformation radicale qui a suivi la rencontre avec le Christ Ressuscité. J’ai donc vu les jeunes de Malte comme des héritiers potentiels de l’aventure spirituelle de saint Paul, appelés comme lui à découvrir la beauté de l’amour de Dieu qui nous a été donné en Jésus Christ ; à embrasser le mystère de sa Croix ; à être vainqueurs précisément dans les épreuves et les tribulations ; à ne pas avoir peur des « tempêtes » de la vie, tout comme des naufrages, parce que le dessein d’amour de Dieu est plus grand encore que les tempêtes et les naufrages.

Chers amis, voilà, en synthèse, quel a été le message que j’ai porté à Malte. Mais comme je l’évoquais, j’ai pour ma part tant reçu de cette Eglise, de ce peuple béni de Dieu, qui a su collaborer de manière fructueuse avec sa grâce. Par l’intercession de l’apôtre Paul, de saint Georges Preca, prêtre, premier saint maltais, et de la Vierge Marie, que les fidèles de Malte et de Gozo vénèrent avec tant de dévotion, puisse celle-ci toujours progresser dans la paix et la prospérité.

A l’issue de l’audience générale, Benoît XVI a adressé les paroles suivantes aux pèlerins francophones :

Chers frères et sœurs,

A l’occasion du 1950ème anniversaire du naufrage de saint Paul, je viens d’effectuer une visite pastorale à Malte. J’ai voulu la commencer par un moment de prière silencieuse devant la «  Grotte de saint Paul  » . J’y ai remercié le Seigneur pour les desseins mystérieux de sa Providence. L’histoire de Malte est marquée par la foi catholique. En effet, ce peuple est comme une grande famille qui s’est édifiée sur la foi et sur une vision chrétienne de la vie trouvant des réponses au questionnement actuel relatif au respect de la vie et au mariage. Les familles maltaises et les paroisses ont su faire aimer Dieu et l’Eglise. En rencontrant les jeunes, je les ai invités à suivre l’exemple de saint Paul pour affronter les défis qui se présentent à eux. La noble vocation de ces îles est chrétienne, et la célèbre croix de Malte est un signe d’amour et de réconciliation. Cette vocation devrait être celle de tous les peuples qui adhèrent au message du Christ. Malte est une société ouverte au monde et elle a toujours été missionnaire. Se trouvant au cœur de la Méditerranée, ce pays peut ainsi devenir un pont entre les cultures et les religions comme l’a été jadis saint Paul.

Je suis heureux de saluer les pèlerins venus de Belgique, de France et de Suisse, en particulier les évêques de Moulins et de Nice. Que l’exemple et l’enseignement de ce saint Apôtre nous instruise et nous aide à discerner, dans nos tempêtes et naufrages humains, le dessein d’amour de Dieu.

Traduction : Zenit

bonne nuit

21 avril, 2010

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carnivouros plants

http://www.morguefile.com/archive/browse/#/?display=135624

Baudoin de Ford: « Moi, je suis le pain de vie »

21 avril, 2010

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20100421

Le mercredi de la 3e semaine de Pâques : Jn 6,35-40
Commentaire du jour
Baudoin de Ford (?-v. 1190), abbé cistercien
Le Sacrement de l’autel, II, 3 (trad. SC 93, p.255s.)

« Moi, je suis le pain de vie »

      Le Christ dit : « Qui vient à moi n’aura plus faim, qui croit en moi n’aura plus soif »… Et le psalmiste dit : « Le pain raffermit le coeur de l’homme » et « le vin réjouit le coeur de l’homme » (103,15). Pour ceux qui croient en lui, le Christ est nourriture et breuvage, pain et vin. Pain qui fortifie et raffermit…, breuvage et vin qui réjouit…  Tout ce qui en nous est fort et solide, joyeux et allègre pour accomplir les commandements de Dieu, supporter la souffrance, exécuter l’obéissance et défendre la justice, tout cela est force de ce pain et joie de ce vin. Bienheureux ceux qui agissent fortement et joyeusement ! Et comme personne ne le peut de lui-même, bienheureux ceux qui désirent avidement pratiquer ce qui est juste et honnête, et être en toutes choses fortifiés et réjouis par celui qui a dit : « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice » (Mt 5,6). Si le Christ est le pain et le breuvage qui assurent maintenant la force et la joie des justes, combien plus le sera-t-il au ciel, quand il se donnera aux justes sans mesure ?

      Remarquons-le, dans les paroles du Christ…, cette nourriture qui demeure pour la vie éternelle est appelée pain du ciel, vrai pain, pain de Dieu, pain de vie… Pain de Dieu pour le distinguer du pain qui est fait et préparé par le boulanger…; pain de vie, pour le distinguer de ce pain périssable qui n’est pas la vie et ne la donne pas, mais la conserve à peine, difficilement et pour un temps. Celui-là au contraire est la vie, donne la vie, conserve une vie qui ne doit rien à la mort.

Saint Anselme

20 avril, 2010

Saint Anselme dans images sacrée

http://www.santiebeati.it/

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