Archive pour avril, 2010

25 avril 2010 – 4e dimanche de Pâques: Homélie

24 avril, 2010

du site:

http://www.homelies.fr/homelie,4e.dimanche.de.paques,2760.html

4e dimanche de Pâques

dimanche 25 avril 2010

Famille de saint Joseph

Homélie-Messe  

Nous méditons, avec la liturgie d’aujourd’hui, sur la beauté du visage de l’Église. Le livre de l’Apocalypse nous y aide en nous introduisant au cœur de la magnifique liturgie céleste où toutes les nations sont rassemblées autour du Trône et chantent les louanges de l’Agneau vainqueur.

Attardons-nous cependant sur la première lecture, tirée des Actes des Apôtres. Il pourrait y avoir un risque en effet, quand on parle de la beauté de l’Église, de concevoir une dichotomie simpliste entre l’Église d’en haut, parfaite et pure, et l’Église dans sa contingence historique, avec ses divisions et ses guerres.

Les événements qu’ont vécus Paul et Barnabé à Antioche pourraient alors être lus comme des aléas, tristes mais inévitables, de la séparation des nouveaux chrétiens d’avec leur milieu d’origine. Nous serions en somme à un virage dans la politique d’expansion du christianisme menée par saint Paul : puisque les juifs refusent d’entendre l’évangile, tant pis pour eux, on s’adressera désormais aux païens. Cette lecture n’est guère pertinente.

En effet, quand Paul et Barnabé arrivent à Antioche, l’accueil est sans réserve. Toute la synagogue est heureuse des paroles proclamées. Or la synagogue est une assemblée disparate. Elle comprend les juifs évidemment, mais aussi les prosélytes, qui sont des étrangers convertis ayant adopté les coutumes de la religion juive ; elle comprend encore les païens, qu’on appelle aussi les Craignant-Dieu, c’est-à-dire les sympathisants. Les païens ne se sont pas formellement convertis, mais ils placent ouvertement leur foi dans le Dieu d’Israël et participent à l’assemblée synagogale. C’est à cette assemblée hétéroclite et cosmopolite que s’adresse saint Paul. Il leur adresse la Bonne Nouvelle de l’accomplissement de la promesse faite à Israël dans la résurrection de Jésus. Ce message est entendu. Cette Bonne Nouvelle est accueillie avec joie et enthousiasme ; au point que la semaine suivante, la foule afflue. Il y avait presque toute la ville dans la synagogue, nous dit saint Luc.

Pourtant tout se gâte. Non pas que saint Paul ait perdu sa verve d’orateur ou son inspiration. Mais que le dessein de Dieu sur l’humanité se révèle aujourd’hui dans toute sa gratuité et toute son universalité. Il apparaît ouvertement dans le discours de saint Paul que Juifs et non-Juifs sont pareillement invités à recevoir la grâce messianique.

Une telle annonce semble à beaucoup une réelle nouveauté, et, connaissant les hommes, c’est-à-dire nous connaissant nous-mêmes, nous ne devons pas nous étonner outre mesure que certains des juifs d’Antioche refusent une nouveauté ébranlant leurs certitudes. Ils préfèrent maintenir qu’ils sont les seuls bénéficiaires possibles de l’Alliance et que les païens ne sauraient y avoir accès.

Leur refus de collaboration nous interpelle dans nos propres certitudes. En ce dimanche où le Bon Pasteur nous annonce vouloir rassembler son troupeau, nous devons nous demander quels sont ceux dont nous disons trop hâtivement qu’ils sont loin de l’Évangile ou loin de l’Église. Tellement loin que, nous en sommes convaincus, ils ne sont pas prêts de s’en approcher. Pire, quels sont ceux dont nous croyons savoir qu’ils ne sont pas intéressés par la rencontre avec Jésus, ou ne risquent pas de l’être. Il nous faudrait alors entendre la résolution de saint Paul dans toute sa vigueur : « nous nous tournons vers le païens ! ». « Nous », c’est-à-dire : « nous seuls », sans la partie des croyants qui se blottit dans ses prétendus privilèges et sa rassurante proximité avec le Seigneur. Ce « nous » désigne les apôtres qui malgré les oppositions et les rejets, persistent fermement à vouloir mener à bien la volonté de Dieu sur le monde et à inviter tout homme à croire en Jésus-Christ notre Sauveur.

Les paroles de saint Paul sont très fermes : « Voilà le commandement que le Seigneur nous a donné : j’ai fait de toi la lumière des Nations ». Parole paradoxale où le don, « j’ai fait de toi la lumière des nations » est un commandement. Cette expression « lumière des Nations » désigne, dans la Bible, Israël, le Christ, et finalement la communauté chrétienne elle-même. Ce n’est pas par hasard que le Concile Vatican II nous introduit dans le mystère de l’Église par ces mots : « lumen gentium », le Christ est la lumière des peuples. La question n’est pas de savoir qui nous paraît digne d’entrer au nombre des élus, mais de refléter fidèlement au monde la lumière du Christ. Tel est le don qui nous est fait, telle est notre responsabilité.

Cette lumière est en effet l’étoile qui guide les foules et les introduits dans la vaste liturgie que l’Église célèbre à toute heure et pour l’éternité. Le livre de l’Apocalypse nous montre l’Église dans sa situation finale, la foule innombrable participant au triomphe de l’Agneau. Agneau qui est aussi le Pasteur, les conduisant « vers les eaux de la source de vie ».

C’est pour cette vie qu’il nous faut nous décider, pour nous, et pour nos frères. Certes, Jésus nous avait promis de nous donner la vie en abondance. Mais aujourd’hui le Ressuscité nous offre la vie éternelle. Ce n’est pas seulement le Bon Berger donnant sa vie pour ses brebis, mais le Christ qui donne la vie, « tout court », dans sa plénitude. La vie qui est la nôtre désormais est la vie même de Dieu. Et cette vie fait notre unité, en nous et entre nous, parce que le Père et le Fils sont un.

Voilà le secret qui est au cœur de l’Église, et au cœur de toute mission. Il ne s’agit pas seulement de marcher ensemble, d’œuvrer ensemble, mais avant tout d’être unis, de vivre le mystère de l’union de chaque homme avec la Trinité et avec les autres hommes. Cette réalité est déjà en germe ici-bas. Elle est le don qui nous est fait et que Jésus nous dévoile quand il affirme « le Père et moi nous sommes un ».

Nous sommes ainsi invités à entrer dans cette vie ineffable, la porte nous est ouverte. Par sa résurrection, Jésus n’a pas seulement inauguré un nouveau rapport entre l’homme et Dieu, mais il a solidement établi un nouveau rapport entre les hommes. C’est cela que nous appelons être membres d’un même Corps et c’est l’Église qui nous donne les moyens permettant cette union dans sa dimension visible et sociale.

Ces questions nous conduisent à prier, aujourd’hui avec plus de ferveur qu’à l’accoutumée, pour que tout homme ait l’occasion de connaître et de prendre généreusement la place qui est la sienne dans le Corps mystique du Christ. Nous prions spécialement les vocations religieuses et sacerdotales qui sont particulièrement appelées à vivre et à témoigner de l’universalité du salut. Que chacun puisse répondre dans la confiance et dans la certitude d’être comblé, fortifiés par le spectacle que nous donnent Paul et Barnabé : on peut bien chasser les envoyés, on ne chasse jamais l’Esprit qu’ils ont reçu. Que chacun le constate : en quittant Antioche, ils débordent de joie et sont remplis de l’Esprit Saint. Que ce même Esprit embrase maintenant le monde et transforme le don que nous faisons de nous-mêmes en une offrande agréable à Dieu notre Père.
Frère Dominique

bonne nuit

24 avril, 2010

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. rock-hyrax-05a26052

Rock Hyrax
(Procavia capensis)

http://www.naturephoto-cz.com/rock-hyrax:procavia-capensis-photo-2638.html

Saint Jérôme : « Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie »

24 avril, 2010

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20100424

Le samedi de la 3e semaine de Pâques : Jn 6,60-69
Commentaire du jour
Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l’Église
Lettre 53 à Paulin

« Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie »

      Nous lisons les Saintes Écritures : pour moi, je suis d’avis que l’Evangile, c’est le corps de Jésus, que les Saintes Écritures sont sa doctrine. Sans doute le texte « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang » trouve toute son application dans le mystère eucharistique ; mais le vrai Corps du Christ et son vrai Sang, c’est aussi la parole des Écritures, la doctrine divine. Quand nous allons aux saints mystères, si une parcelle vient à tomber, nous sommes inquiets. Quand nous entendons la parole de Dieu, si nous pensons à autre chose pendant qu’elle entre dans nos oreilles, quelle responsabilité n’encourrons-nous pas ?

      La chair du Seigneur étant une vraie nourriture et son sang un vrai breuvage, notre seul bien, c’est de manger sa chair et boire son sang, non seulement dans le mystère eucharistique, mais encore dans la lecture de l’Écriture.

Notre-Dame du Guadalupe

23 avril, 2010

Notre-Dame du Guadalupe dans images sacrée

http://www.santiebeati.it/

Notre Dame de Guadalupe : Miracles relatifs au manteau de Notre Dame de Guadalupe

23 avril, 2010

du site:

http://www.salve-regina.com/Catechisme/Notre-Dame_de_Guadalupe.htm

Notre Dame de Guadalupe

par l’abbé J. Olivier

Miracles relatifs au manteau de Notre Dame de Guadalupe

Le premier miracle du manteau de la Vierge Marie a été réalisé par la Mère de Dieu le 12 décembre 1531. La Vierge Marie avait demandé à saint Juan Diego d’aller au sommet du Mont Tepeyac pour y cueillir les fleurs qui s’y trouvaient, afin de les apporter à l’évêque de Mexico qui avait demandé au Ciel un signe pour s’assurer de la véracité de la demande de Marie par l’intermédiaire de son humble messager. La Sainte Vierge demandait en effet que l’on construise une chapelle en son honneur au sommet du mont.
Ainsi, quand Juan Diego se présenta à l’évêque Zumárraga, il ouvrit son poncho et laissa tomber les fleurs qui étaient des roses de Castille. Mais ce qui étonna davantage les témoins fut de les voir disparaître au moment même où ceux-ci les prenaient des mains de Juan Diego.
En déposant son poncho devant l’évêque, on aperçut dessiné l’image de la Très Sainte et toujours Vierge la Mère du vrai Dieu, image qui se conserve toujours aujourd’hui. Le 26 décembre 1531, il y eut une procession au Mont Tepeyac où se réunirent de nombreux indiens chichimèques ; ceux-ci jouaient avec leurs arc et leurs flèches et dansaient selon leurs coutumes. Malheureusement une flèche tirée au hasard transperça la gorge d’un indien qui accompagnait le « Manteau ». Il mourut à l’instant. C’est devant l’image que l’on retira la flèche et aussitôt on vit se former une cicatrice et l’indien ressuscita. A partir de ce moment là, les indiens se convertirent au catholicisme au nombre de 9 millions.
En 1751, Michel Cabrera analysa avec Joseph Ibarra le poncho et ils constatèrent que l’image n’avait aucune marque de pinceau.
En 1791, de l’acide muriatique tombé sur le côté droit supérieur avec une proportion de 50 % d’acide nitrique et 50 % d’acide chlorhydrique, faisant un trou de 10 cm de diamètre. Trente jours après le tissu était reformé sans que personne n’intervint pour réparer l’accident. Aujourd’hui encore, il reste une marque de la tache et seulement au moyen d’un instrument de précision on peut observer des traces de brûlure.
Au XVIIIe siècle, on fit une copie très semblable de l’original avec le même tissu de maguey (fibres végétales de cactus) : malgré tout, la copie était réduite en poussière quelques quinze années après, tandis que l’original possède déjà près de 500 ans, ce qui est un phénomène inexplicable. Le manteau mesure 1.71 de haut sur 1.05 de large.
Le 14 novembre 1921, le tailleur de pierre Lucien Perez, un anarchiste, dépose un bouquet de fleurs au pied du manteau de Juan Diego, dans lequel il avait mis une charge de dynamite qui détruisit tout alentour, mais laissa intacte le poncho ainsi que la vitre qui le protégeait.
En 1929, le photographe Alfonso Marcué Gonzalez découvrit une figure humaine dans l’œil droit de la Vierge. En 1936, l’évêque de Mexico fit analyser trois fibres du manteau (ce qui donnera plus tard le prix Nobel de chimie pour l’année 1938 et 1949). Le Dr. Richard Khun d’origine juive découvrit que la peinture de l’image n’avait aucune origine végétale, minérale ni même animale, ni aucun élément des 111 pigments connus dans le monde. Khun en déduit que la peinture n’est pas d’origine humaine.
En 1956, l’ophtalmologue Torruela Bueno découvre qu’en approchant l’œil pour réaliser un fond d’œil, la pupille se ferme et en en retirant la lumière, la pupille se dilate de nouveau comme s’il s’agissait d’un œil humain. En juillet 1956, le Dr. Lavoignet après huit mois d’intense travail découvre le phénomène optique de la triple image de Purkinge-Samson qui correspond à ce que perçoit l’œil humain, c’est-à-dire les trois réfractions de l’objet vu.
En février 1979, le Dr. José Aste Tonsmann, chef du Centre Scientifique d’IBM à Mexico, découvre à son tour, grâce à de puissants ordinateurs des phénomènes inexplicables : dans les pupilles des yeux de la Vierge Marie, qui ont un diamètre de 8 mm., sous forme digitalisée, on peut voir douze personnages qui regardent l’image de la Vierge de Guadalupe. Mais là ne s’arrête pas le côte merveilleux de la surprise. En effet, en agrandissant la pupille de l’un des personnages de la scène, c’est-à-dire de l’évêque Juan de Zumárraga, donc un agrandissement de quelques milliers de fois de ceux de la Vierge, soit 2500 fois plus, on aperçoit alors l’indien Saint Juan Diego montrant le poncho avec l’image de la Vierge de Guadalupe. Ainsi, en un quart de micron qui est la p partie de millionième de millimètre, le Professeur Aste Tonsmann put voir une scène extraordinaire, découverte qui lui ôta le sommeil pendant plusieurs nuits.
Le 7 mai 1979, les scientifiques Jody Brand Smith, professeur d’esthétique et de philosophie et Philipp Serna Callahan, biophysicien de l’Université de Floride et spécialiste en peinture et membres tous deux de la NASA, n’ont pas rencontré de peinture dans l’original du poncho. Ils prouvent que ce n’est pas une photographie qui aurait imprimé le tissu.
Ils découvrirent également que le poncho conserve sans aucune explication la température du corps humain oscillant autour de 36,6°-37°.
Puis le 22 décembre 1981, le RP Mario Rojas, découvre à son tour à l’Observatoire « Laplace » de Mexico que les étoiles du manteau correspondent au solstice d’hiver du 12 décembre 1531 à 10 : 26 sur le territoire de Mexico, c’est-à-dire à l’heure où saint Juan Diego déploya son poncho devant l’évêque. Les astronomes ont certifié le fait.
Deux anges furent peints par la suite à côte de la Vierge en dehors des rayons mais trente jours après ils disparurent et aujourd’hui, grâce à des outils très spécialisés et sophistiqués, on peut en trouver la trace. On aperçoit également les traces d’une couronne peinte sur le chef de la Vierge. Ces différentes peintures dateraient du XVIIIe siècle.
Une peinture a été appliquée sur l’ange de la partie inférieure, sur l’or des rayons et l’argent du cordon et sur le serpent au-dessous des pieds de la Vierge. Cette peinture est en train de disparaître pour restituer les couleurs originales gravées le 12 décembre 1531.
Si l’on approche à moins de 10 cm. de la toile on ne voit que les fibres du manteau sans aucune couleur. Les scientifiques de la NASA découvrirent en outre qu’en passant un rayon laser sur la toile mais de façon latérale le rayon passe sans toucher la peinture ni la toile de telle sorte que l’image est suspendue en l’air à trois dixième de millimètres au-dessus du tissu.
Enfin, le gynécologue, en posant son stéthoscope sur la ceinture de la Sainte Vierge Marie qui est enceinte, entendit le bruit des battements du cœur et constata qu’ils s’élevaient à 115-120 pulsations à la minute ce qui correspond aux battements cardiaques du cœur de l’Enfant Jésus, tout comme ceux d’un foetus dans le sein de sa mère.
Le 24 avril 2007, à la fin de la messe offerte pour les enfants avortés non nés, l’assistance de la Basilique se demandait ce qu’attendait d’elle la Très Sainte Vierge de Guadalupe : le conseil municipal de Mexico venait de légaliser l’avortement à la demande jusque là interdit. Tandis que beaucoup de fidèles prenaient des photographies de l’ayate de Tepeyac, exposé et vénéré dans le Basilique et au pied duquel la foule des pèlerins défile sur un tapis roulant, l’image de la Vierge a commencé à s’effacer, pour donner place à une lumière intense qui émanait de son ventre, constituant un halo brillant ayant la forme d’un embryon. Avec un cadrage et un grossissement important il est possible d’apprécier la position de la lumière qui provient réellement du ventre de l’image de la Sainte Vierge et n’est ni un reflet, ni un artéfact. L’ingénieur Luis Girault qui a étudié l’image ainsi réalisée a confirmé l’authenticité du négatif et a pu préciser qu’il n’avait été ni modifié ni altéré, par superposition d’un autre image par exemple. Il a découvert que l’image ne provient d’aucun reflet, mais sort littéralement de l’intérieur de l’image de la Vierge. La lumière produite est très blanche, pure et intense, différente des lueurs photographiques habituelles produites par les flashes. Cette lumière est entourée d’un halo et paraît flotter à l’intérieur de l’abdomen de la Vierge. Ce halo possède la forme et les mesures d’un embryon. En effet si on examine plus précisément encore cette image en la faisant tourner dans un plan sagittal, on distingue à l’intérieur du halo certaines zones d’ombre qui ont les caractéristiques d’un embryon humain dans le sein maternel .  (NDLR : fait relaté juse après les faits : demande à être confirmé par l’autorité ecclesiatique et par des études scientifiques dans les mois à venir) 

Avec l’aimable autorisation de l’Institut Catholique Argentin pour l’investigation des Miracles.

Un regard de Saint Paul sur la Vierge Marie ; l’homme, la femme, le Christ, l’Eglise.

23 avril, 2010

du site:

http://notredamedulaus.over-blog.com/article-30536683.html

Un regard de Saint Paul sur la Vierge Marie ; l’homme, la femme, le Christ, l’Eglise.

Enseignement de la Semaine Sainte à Notre Dame du Laus  

Un regard de Saint Paul sur la Vierge Marie,

 l’homme, la femme, le Christ l’Eglise.  

Pour aborder ce sujet délicat, aujourd’hui encore, sans doute depuis toujours, je vais vous proposer de nous enrichir de la manière dont l’apôtre Paul rapproche l’Eglise de la Vierge Marie. Pour réaliser ce parcours nous entrerons dans les textes du pape Jean-Paul II sur la femme dans l’Eglise (Redemptoris Mater : RM et Mulieris Dignitatem : MD), textes dans lesquels sont cités abondamment les lettres de Saint Paul. Puis, nous lirons les tout premiers chapitres de la Genèse évoquant la place de l’homme et de la femme. En final, nous pourrons retrouver l’expérience propre de Benoîte Rencurel au Laus.  

1- Deux lettres du pape Jean-Paul II.

            Le pape Jean-Paul II a écrit de très beaux textes sur le rôle de la femme dans l’Eglise  dans la société et dans l’Eglise. Nous les retrouvons commentés dans la revue de l’Académie d’Education et d’Etudes Sociales portant sur la différence homme / femme (Annales 2006 – 2007). Une théologienne, Marie Hendrickx, cherche à montrer comment l’encyclique Redemptoris Mater de 1987 et la lettre apostolique Mulieris Dignitatem de 1988 donnent une place première à la femme dans la société et montrent sa vocation au sein de la famille.1 Depuis la famille comme cellule de base de toute société humaine, le Pape aborde alors la vocation même de la femme au sein de l’Eglise.

            Pour le Pape Jean-Paul II, à la suite de l’apôtre Paul, la figure de Marie exprime parfaitement la vocation de la femme. Dans l’épitre aux Galates, Saint Paul écrit : « Quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils né d’une femme, né sujet de la loi, afin de racheter les sujets de la loi et de nous conférer l’adoption filiale. »(Gal 4, 4) Le Pape relie la présence de la Vierge Marie au mystère même, bien sûr, de la naissance du Christ et aussi au mystère non moins important du Salut de tous les hommes. De même, il donnera à Marie un rôle de médiation maternelle puisque c’est par elle que prend naissance auprès des hommes, leur rédempteur. En somme, par la Vierge Marie, se réalise pour l’homme, pour tout homme une nouvelle naissance. Marie, nouvelle Eve, devient alors la mère des vivants, ce qui est déjà la signification du nom d’Eve? Mais ces vivants que nous sommes reçoivent par Marie, la promesse de la vie éternelle. Nous en reparlerons.

            Le Pape Jean-Paul II ira plus loin encore dans sa lettre apostolique, Mulieris dignitatem. Dans cette courte lettre qui veut vraiment éclairer les croyants sur la vocation de la femme, le Pape cherche à présenter « celle qui reçoit l’amour pour aimer à son tour ». Il ne s’agit pas de croire que la femme ne ferait que de subir la domination de l’amour du mâle en vue de transmettre cet amour à ses seuls enfants et de n’en rien garder pour elle-même. Au contraire, le pape permet de découvrir comment la femme est « celle en qui l’ordre de l’amour dans le monde créé des personnes trouve le lieu de son premier enracinement ».2 La dimension de l’amour appartient en effet, à la vie intime de Dieu lui-même, à la vie trinitaire, explique Jean-Paul II. C’est donc la perfection de cet amour qui s’ échange sans fin entre le Père, le Fils et l’Esprit-Saint qui est confié à la femme pour qu’à partir d’elle naissent enfin les fils tant désirés par Dieu.

            Cette affirmation prophétique et magnifique provient de la manière dont le pape lit chez l’apôtre Paul, cette remarque très surprenante pour un lecteur du XXIème siècle : « Les chrétiens doivent être soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ » (Eph. 5, 21). Et aussi un peu plus loin : « Les maris doivent aimer leur femme comme le Christ a aimé l’Eglise, pour laquelle il s’est livré. » (v. 25) Dans cette réciprocité des liens entre le Christ et l’Eglise, l’époux est celui qui aime, l’épouse est aimée pour aimer à son tour. Et c’est à partir du modèle que représente le lien invisible qui unit le Christ à l’Eglise que St Paul compare l’homme au Christ et la femme à l’Eglise. Les membres de l’Eglise du Christ sont ainsi appelés à témoigner de l’amour qu’ils reçoivent sans cesse du Christ. L’amour du Christ concerne en fait tous les hommes. Ce sont donc tous les hommes qui sont invités à bénéficier de l’amour que le Christ réserve à l’Eglise.  

            Cela va bien sûr très loin. Poursuivant la comparaison que fait Saint Paul entre la vie du couple et les liens entre le Christ et l’Eglise, le Pape peut avancer que pour lui, la femme peut s’attendre à recevoir de son mari un amour tel que cela doit lui permettre de le redonner à un autre puis à d’autres… De fait, dans le couple, l’amour reçu par la femme ouvre sur la venue des enfants du couple. Aussi, à partir de là, le pape va plus loin et explique alors que la perspective visée par saint Paul est plus universelle que la situation concrète d’un couple humain. En toute personne humaine, les liens avec les autres touchent une part de féminin en elle, une part de masculin en elle. A partir des affirmations de l’apôtre, Jean Paul II perçoit que la femme n’a pas la même position que l’homme dans les rencontres qui la relient aux autres, « du fait même de sa féminité », dit-il. En lisant plus largement toute la Bible, les couples bibliques que nous rencontrons dans les livres de l’Ancien testament mettent moins en scène deux êtres différents que les deux aspects de masculin et de féminin en toute personne humaine. Afin d’illustrer cela dans sa lettre, le Pape étend son étude sur le témoignage de quelques couples bibliques, notamment Adam et Eve puis l’époux et l’épouse, le Christ et l’Eglise et enfin Dieu et l’humanité.

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2- Adam et Eve

            Dans le chapitre 3 de l’encyclique Mulieris dignitatem, Jean Paul II sonde le récit du Livre de la genèse. Mais essayons de lire aussi la proposition d’une femme bibliste, Marie Balmary, pour comprendre la place de l’homme et de la femme dans le processus de la Création. Marie Balmary nous fait entrer dans le mystère de la présence de l’homme et de la femme et de leur lien avec Dieu. Le Pape, lui, nous parle de la place d’Eve auprès d’Adam, disant que la présence de la femme auprès du premier homme lui permet de découvrir non seulement qu’il existe mais qu’il existe pour autrui. L’homme et la femme se donneront l’un à l’autre et se recevront l’un de l’autre. C’est ainsi qu’ils seront à l’image de Dieu, développe Jean Paul II. Parce qu’ils sont communion de l’un à l’autre dans l’amour. Rappelons le propos du Pape  : « Conformément au dessein éternel de Dieu, la femme, avons-nous dit, est celle en qui l’ordre de l’amour dans le monde créé des personnes trouve le lieu de son premier enracinement, l’ordre de l’amour appartient à la vie de Dieu lui-même, à la vie trinitaire. »

            Or, la vie trinitaire, l’amour entre le Père et le fils et avec l’Esprit Saint ne demeure pas enfermé entre les trois personnes de la Trinité. De même pour l’amour qui est échangé entre les deux personnes du couple, l’amour au sein de la vie trinitaire est fécond : « Dieu dit : ‘que la lumière soit et la lumière fut’… » A partir de là, le pape pourra développer comment la femme de Nazareth exprime « la vérité sur la maternité et aussi sur la virginité comme deux vocations de la femme à la  lumière de la révélation divine. » (MD, 7)  

3- Quelques mots sur l’homme et la femme.

            Revenons sur la phrase de Saint Paul : Les maris doivent aimer leur femme comme le Christ a aimé l’Eglise, pour laquelle il s’est livré. » Essayons de comprendre pourquoi l’apôtre s’appuie sur la différence homme/femme pour parler du Christ et de l’Eglise. Pour cela retrouvons le récit de la genèse et notamment les passages suivants : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa. » (Gen 1, 27). Et plus loin, dans le chapitre 2, nous lisons : « Dieu dit : ‘Ce n’est pas bon que l’homme soit seul, je ferai une aide contre lui. » 4 (Gn 2, 18)  

            Pour cette étude, je m’appuie sur une communication de Marie Balmary sur ce sujet 2
 

A – Dieu et l’homme

« Yahvé ordonne à Adam pour dire : « De tout arbre du jardin, tu mangeras, tu mangeras, mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangeras pas, oui, du jour où tu en mangeras, tu mourras, tu mourras. » (Gen 2, 16-17) 5

           

            L’interdit posé par Dieu dans ce texte n’a rien d’un interdit social. Dieu demande qu’on ait confiance en la portée de l’interdit qu’il énonce. Si l’on pose comme postulat que Dieu est tout autre que tout ce qui est créé, le Grand Autre parce qu’il est à l’origine de tout mais séparé, différent de toute chose créée, nous pouvons comprendre qu’il porte en lui la Vérité sur tout être. Il énonce une loi en vue de protéger l’homme d’une menace pour lui. Mais quelle est cette menace ? Cette menace est exprimée ici à partir de la possibilité de manger de tous les arbres du jardin. Et, en mangeant de tous les arbres du jardin, l’homme pourrait manger aussi l’arbre de la connaissance du bien et du mal. C’est bien autour du fait de manger que proviendrait la chute conduisant l’homme vers sa mort. Marie Balmary éclaire ce point à partir de cette image de la nourriture que nous consommons : « Manger, c’est dé- différencier. Ce que je mange devient moi et disparaît en moi » 6 En mangeant le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, je le fais advenir moi-même. Il y a là un problème. C’est de là qu’il faut partir pour comprendre l’interdit posé par Dieu. « Car, explique Marie Balmary, ne pas se manger, entre humains, c’est se connaître bien, c’est se garder et cultiver l’écart, la séparation qui permet de s’écouter, de se parler, sans se confondre. » (Idem) Vis-à-vis de Dieu, il s’agit alors de savoir maintenir la séparation qu’il a installé pour qu’il soit Lui et l’homme un autre. En enfreignant cet interdit, l’homme prendrait le risque de s’engager sur une voie de toute puissance car il croirait connaître parfaitement Dieu en l’assimilant à lui. L’homme mourrait puisqu’il serait seul, ayant assimilé tout ce qui lui est différent. Sa vérité d’être ne s’appuierait pas sur une autre vérité, celle de Dieu, celle de tout autre que lui, mais sur sa seule imagination. Par cet interdit, Dieu offre à l’homme le moyen de se connaître lui-même par le regard que Dieu et tout autre que lui, portent sur lui et son avenir.

            La racine du péché est là. Elle est dans la place que nous accordons à l’autre. Or il est nécessaire de donner une place première à l’autre pour faire alliance avec lui et non pas le manger ou le faire disparaître en soi. C’est en reconnaissant la différence contenue en l’autre et donc une complémentarité avec l’autre qui permet de réaliser une œuvre commune. Le serpent est l’instance qui fait refuser d’accepter Dieu pour tout autre que soi. Il fait figure de celui qui empêche l’accomplissement de toute l’œuvre de Dieu et donc de toute la création.  

            Parlons alors du lien entre l’homme et la femme.  

B – L’homme et la femme.

« Dieu dit : ‘Il n’est pas bon pour le glébeux (Adam) d’être seul ! Je ferai pour lui une aide contre lui’. » 6 (Gn 2, 18) Il s’agit là d’un passage important de la Bible. Car de la condition de mâle et de femelle qui se trouvait être celle des humains parmi l’ensemble des espèces de la Création, il apparaît là, soudainement l’homme et la femme. Comment est exprimé le déplacement mâle-femelle vers la présence de l’homme et de la femme ?

            Cela a commencé juste après l’interdit dont nous venons de parler. Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul, faisons-lui une aide ». (Gn 2,7) Littéralement, il faut lire : Dieu fait une aide contre Adam. A cet homme mâle, issu de la glaise du sol, Dieu va se mettre à chercher qui pourrait se placer « contre lui », c’est-à-dire en vis-à-vis différencié et immangeable, suivant ce qui est interdit plus haut. Dans ce sens, les animaux ne conviennent pas. Alors il plonge le glébeux, Adam, dans un sommeil. Suivant les psychanalystes, c’est précisément dans le sommeil que, « tout homme  qui dort va chercher son désir dans le rêve. » 7 Aussi, explique Marie Balmary, justement, l’Adam s’est endormi à la recherche de l’autre, à la recherche d’un autre pour qu’il puisse parler avec lui – et non pas seulement « parler à », ce qu’il a fait pour les animaux juste auparavant, en les nommant.’- Ainsi, Adam se met à parler vraiment avec une autre, c’est-à-dire celle, qui restera pour toujours différente de lui, non-mangeable. Il va recevoir de Dieu un être qui ne vient pas de la terre mais qui vient de lui, de son désir le plus profond (la côte, la chair de sa chair), d’avoir auprès de lui quelqu’un avec qui il puisse parler en vérité. « L’homme et la femme adviennent donc ensemble et l’un par l’autre », dit encore Marie Balmary. Dieu ne fait que les présenter l’un à l’autre comme lors du mariage où un témoin de Dieu prend les deux mains du couple et les unit leur proposant de se déclarer leur choix l’un de l’autre.  

4 – Dieu et l’homme.

            La manière dont Dieu cherche à maintenir une séparation toute nécessaire entre lui et Adam est aussi la manière dont l’homme et la femme auront à maintenir une différenciation, une distinction nécessaire entre eux en vue de vivre ensemble une alliance. L’homme mâle et l’homme femelle deviennent mari et épouse en se parlant, en échangeant une parole. Cette alliance fragile, toujours remise en question entre l’homme et la femme n’est pas non plus une coalition en vue de dominer sur l’œuvre de Dieu, suivant ce qu’illustre le récit de la Tour de Babel. Entre l’homme et la femme le projet rejoint le désir même de Dieu de permettre à l’homme de participer pleinement à sa vie trinitaire, à son œuvre d’amour. C’est ainsi que Saint Paul comprendra le lien entre le Christ et l’Eglise.

            « Quand vint la plénitude des temps, ‘Dieu envoya son Fils, né d’une femme’ » (Gal 4, 4). Le Pape Jean-Paul II fait de cette phrase de Saint Paul le sommet de sa lettre sur « La dignité de la femme ». En effet, lorsque Saint Paul parle de la « plénitude des temps », il insiste sur ce moment où Dieu décide de réaliser son projet. Et cette réalisation ultime passe par une femme d’une part, par le Fils de Dieu d’autre part. Jean-Paul II écrit : « L’événement de Nazareth met en relief une forme d’union à Dieu qui ne peut pas appartenir qu’à la femme » (MD 4). L’union à Dieu est une initiative de Dieu et une réponse entière de la vierge de Nazareth. De cette union entre Dieu et la femme il naît le fils même de Dieu, rendant ainsi la vierge de Nazareth mère de Dieu, puisque le fils de Dieu ne peut être autre que Dieu, même s’il est aussi pleinement homme par Marie. C’est donc le Christ qui sera le lien entre Dieu et la femme, qui unira finalement tous les hommes avec Dieu. Or, le Christ est Parole de Dieu. De même qu’entre Adam et Eve, la parole échangée leur permit d’unir leur vie sans manger l’autre. De même, c’est par le Christ que les hommes et Dieu sont réunis sans que l’homme puisse aller jusqu’au projet de se substituer à Dieu. C’est ainsi, par le don de la parole, le don du Christ entre les hommes que ceux-ci peuvent s’accomplir pleinement non plus mâle et femelle mais comme homme et femme à l’image et à la ressemblance de Dieu. Dieu parle à l’homme par son fils. L’homme parle à Dieu par Jésus-Christ, fils de Dieu. C’est-à-dire que par le verbe qui devient chair, l’homme est uni à Dieu, définitivement. L’homme est Dieu mais Dieu reste Lui-même et l’homme reste lui-même. « Ceux à qui la Parole de Dieu s’adressait, la Loi les appelle des dieux ; et l’Ecriture ne peut être abolie » dit Jésus (Jn 10, 34-35)  

5- Le Christ et l’Eglise.

      Il y a donc « mariage », dit le Pape entre Dieu et Marie et, à travers Marie en tant que femme, il y a mariage entre Dieu et l’homme, c’est-à-dire avec tous les hommes. De cette union entre Dieu et Marie, il naît le Christ-Jésus. La tâche de Jésus a été, nous le savons, de réaliser l’œuvre de son Père qui est de racheter tous les hommes. (Jn 10, 37) Or, c’est aujourd’hui l’Eglise par les successeurs des apôtres et la vie des sacrements qui continue l’œuvre de Dieu en rassemblant tous les hommes en vue de les unir à Dieu. Nous sommes donc, hommes et femmes, appelés à nous rassembler, à faire Eglise, en vue de témoigner de l’union de tous en Christ. S’inspirant du livre de l’apocalypse qui montre une femme située entre le ciel et la terre dont l’enfant qui vient de lui naître est menacé par un dragon, Pierre Claverie, qui deviendra évêque d’Alger puis assassiné en 199?, écrivait ceci en 1988, à partir de l’encyclique de Jean-Paul II : « L’enfant – ainsi menacé d’être englouti par le dragon – est en même temps Jésus et l’Eglise. Nous sommes toujours à la limite entre Marie et l’Eglise : cette vision évoque en même temps Marie qui accouche de cet homme nouveau, et cet homme nouveau, l’Eglise, toujours en danger d’être à nouveau avalé par la mort, par le mal. » 8 De quel homme nouveau parle Pierre Claverie ? Il s’agit de l’homme nouveau dont nous parle Saint Paul et qui est la distinction entre l’Eglise et le monde :  » Je vous dis donc et vous adjure dans le Seigneur de ne plus vous conduire comme le font les païens, avec leur vain jugement et leurs pensées enténébrées : ils sont devenus étrangers à la vie de Dieu à cause de l’ignorance qu’a entraînée chez eux l’endurcissement du cœur, et, leur sens moral une fois émoussé, ils se sont livrés à la débauche au point de perpétrer avec frénésie toute sorte d’impureté.

Mais vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris le Christ, si du moins vous l’avez reçu dans une prédication et un enseignement conformes à la vérité qui est en Jésus, à savoir qu’il vous faut abandonner votre premier genre de vie et dépouiller le vieil homme, qui va se corrompant au fil des convoitises décevantes, pour vous renouveler par une transformation spirituelle de votre jugement et revêtir l’Homme nouveau, qui a été créé selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité. » (Ephésiens 4, 17-24) Cet homme nouveau est sans cesse menacé d’être mangé par le dragon, menacé d’être assimilé par le mal et disparaître dans le mal. Parlons-en encore.            

6- L’homme ancien et l’homme nouveau.

            La vierge Marie, en répondant parfaitement à l’ange : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole  » (Lc 2, 38) manifeste parfaitement ce que tout homme peut vivre en lui : l’union parfaite avec Dieu. Mais, de même que l’Eglise n’est pas le monde et que le monde n’est pas l’Eglise, il y a en l’homme une vie en Christ, totalement unie à Dieu et une part qui demeure attachée au monde. Cette séparation est un combat intérieur en tout homme. Et ce combat au cœur de la vie de chacun est la raison de la venue du Christ. Le Christ est venue pour permettre non pas le rejet du monde par l’Eglise, non pas le rejet de la part humaine par la dimension divine en chacun mais il est venue pour que le monde tout entier, l’homme tout entier bénéficie du salut. Pierre Claverie cite là un mystique musulman, Rûmi, qui parle ainsi de ce mystère : « De même que l’Esprit saint insufflé en Marie, lui a fait concevoir l’enfant divin, lorsque la parole de Dieu pénètre dans le cœur de quelqu’un et que l’inspiration divine emplit son cœur et son âme, sa nature est telle qu’alors est produit en lui un enfant spirituel ayant le souffle de Jésus qui ressuscite les morts. L’appel de Dieu, qu’il soit voilé ou non, octroie à l’homme ce qu’il a octroyé à Marie. Ô vous qui êtes corrompus par la mort à l’intérieur de votre corps, revenez de la non-existence à la voix de l’Ami. En vérité, cette voix vient de Dieu. » (o.c. p. 207). Là aussi, l’homme peut demeurer lui-même par la voix qui lui vient du Père.            

7- l’homme et la femme, l’époux et l’épouse.

            Nous savons maintenant par l’apôtre Paul que le Christ est l’époux et l’Eglise est l’épouse. Mais nous naissons tous homme ou femme. Nous pourrions demeurer ainsi, dans ce statut de mâle et de femelle à la recherche de notre nourriture en vue d’engendrer la génération suivante. Il n’y a en cela ni mal, ni bien. Toute la nature est organisée ainsi, suivant un ordre naturel. Mais, l’Ecriture biblique dévoile le mystère de ce qui distingue l’homme et la femme du reste de la création, une alliance avec le divin, une invitation à accéder à l’éternité : « C’est pour que nous devenions libres que le Christ nous a libérés », rappelle encore Saint Paul (Gal 5,1) qui écrivait juste avant : « Vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Christ Jésus » (4, 26). N’est-ce pas lorsque l’homme et la femme comprirent les conséquences de leur compromission avec le serpent qu’ils éprouvèrent le besoin de se vêtir : « alors qu’ils étaient nus »(Cf. Gn 3, 6-7). Ils n’avaient pas jusque là le moyen de découvrir qui ils étaient l’un en vis-à-vis de l’autre. Pour ne pas mourir, c’est-à-dire pour ne pas être mangé ou assimilé, il est indispensable de mettre entre soi et tout autre la parole de Dieu, le Christ. Le Christ est le verbe de Dieu (Jn 1, 1-8). Il est cette parole issue de Dieu qui apporte vers l’homme  la source jaillissante en vie éternelle : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c’est toi qui l’aurais prié et il t’aurait donné de l’eau vive. » (Jn 4, 10) Là femme à qui Jésus s’adresse est la samaritaine. Dans ce dialogue autour d’un puits n’avons-nous pas l’illustration de tout notre mystère du lien entre l’homme et la femme mais aussi celui du lien entre le Christ et l’Eglise ?

            Toute femme est appelée à vivre l’expérience de Marie de Nazareth. Elle représente l’humanité en temps qu’espèce humaine au milieu de toutes les autres espèces de la création. Mais c’est par une femme que naît Jésus, le fils de Dieu; c’est au sein de l’humanité que le fils de Dieu vient prendre chair. Ainsi, le récit de la Genèse place la femme en face de l’homme comme une aide pour que l’homme s’accomplisse parfaitement dans le projet que Dieu porte sur lui, celui d’être élevé comme fils de Dieu. C’est ce qui doit naître du dialogue et de la relation entre l’homme et la femme : l’enfant qui naît de ce lien, n’est donc pas destiné à prolonger l’espèce humaine mais, suivant ce que Saint Paul nous enseigne, l’enfant qui vient est appelé à advenir fils de Dieu.  

8- L’enfant qui naît de l’homme et de la femme.

Comme l’homme se donne à la femme, le Christ se donne à l’humanité. De ce qui est échangé entre l’homme et la femme, naît l’enfant. De ce qui est échangé entre le Christ et l’humanité, il naît l’Eglise. Mais ce parallèle ne suffit pas pour comprendre comment l’homme devient fils de Dieu. Saint Paul dit ceci :  » Ainsi donc, désormais nous ne connaissons personne selon la chair. Même si nous avons connu le Christ selon la chair, maintenant ce n’est plus ainsi que nous le connaissons. Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle : l’être ancien a disparu, un être nouveau est là. Et le tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec Lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation. Car c’était Dieu qui dans le Christ se réconciliait le monde, ne tenant plus compte des fautes des hommes, et mettant en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc en ambassade pour le Christ ; c’est comme si Dieu exhortait par nous. Nous vous en supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’avait pas connu le péché, Il l’a fait « péché » pour nous, afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu. » (2 Cor 5, 16-21). Mais le Livre de l’Apocalypse décrit la menace qui survient contre ce fils de Dieu par le dragon et la bête. L’invitation est là, la menace pèse encore.  

9- Benoîte Rencurel : une aide donnée aux hommes et aux femmes de son temps.

Jean-Paul II conclut ainsi son encyclique : « La femme est celle qui est aimée pour aimer à son tour ». On comprend par là que le Pape  a le souci de montrer à la suite de Saint Paul les liens entre le rapport homme-femme et ceux du Christ en tant qu’il est Dieu, avec l’Eglise.

C’est là toute l’expérience vécue par Benoîte Rencurel dans cette vallée alpine au 17ème siècle. En deux mots, Benoîte a reçue la visite d’une belle dame qui a commencé par lui sourire. Accompagnée d’un enfant de cinq ou six ans, cette belle dame resta silencieuse pendant deux mois durant lesquels la jeune paysanne âgée de 17 ans au début de ces apparitions mariales vint chaque jour recevoir la douceur du regard qu’elle rencontrait chaque jour. C’est ensuite que débuta pour cette jeune femme rustre une véritable éducation qui lui permit de découvrir en elle sa vie de fille totalement éprise de Dieu. C’est alors qu’elle s’est mise à servir les hommes et les femmes qui venaient à elle. Mais elle ne les servit pas simplement pour leur apporter la guérison physique qu’ils lui réclamaient le plus souvent. Elle vient à eux comme la femme du livre de la Genèse fut donnée à l’homme comme une aide pour que chacun et chacune advienne un enfant de Dieu. Pour réaliser cela, elle leur dévoilait les obscurités de leur cœur, leurs péchés, en somme, et elle leur recommandait d’aller voir un prêtre pour recevoir le sacrement du pardon.  Les contemporains de Benoîte en étaient reconnaissants. Car en recevant le Christ, ils quittaient quelque chose dans leur vie d’homme ou de femme pour devenir des enfants de Dieu. De fait, Benoîte remplissait dans ce ministère, sa vocation de chrétienne. Elle donnait sa part à la construction de l’Eglise du Christ. Benoîte, sa sainteté, la rigueur extraordinaire de son ascèse nous introduit dans les trois jours saints qui précèdent la grande fête de Pâques. La sainteté se vérifie sûrement dans la dépossession des choses du monde pour découvrir ce qui demeure caché aux yeux et aux oreilles.

Père Bertrand Gournay 

Conclusion:

En effet, les événements de ces trois jours saints dévoilent tout le mystère de l’homme et de son union avec Dieu. Par le jeudi Saint, nous allons entrer dans le mystère de l’Eucharistie. En donnant sa chair à manger, le Christ consent librement à se laisser assimiler par nous afin que nous allions jusqu’à Dieu et soyons divinisé. Par la souffrance de la Croix, le Christ prend sur lui, toute la charge de l’homme ancien et de l’humanité pas encore accomplie en fils de Dieu. Par le silence du samedi Saint, le Père du Ciel offre sa patience afin que l’homme ait le temps de se laisser réconcilier avec lui-même et retrouve sa vocation première. A l’approche de la victoire de la vie sur la mort, l’homme peut entendre résonner en lui ces mots d’une homélie des premiers siècles de l’Eglise : « C’est pour toi que moi, ton Dieu, je suis devenu ton fils; c’est pour toi que moi, le Maître, j’ai pris ta forme d’esclave; c’est pour toi que moi qui domine les cieux, je suis venu sur la terre et au-dessous de la terre; c’est pour toi, l’homme que je suis devenu comme un homme abandonné, libre entre les morts; c’est pour toi, qui es sorti du jardin, que j’ai été livré aux juifs dans un jardin et que j’ai été crucifié dans un jardin » 9  

Notes :

1 : Cf. p. 99-111
2 : o.c. p. 103.
3 : In Homme et femme Il les créa p 12-23
4;  5; 6 : Trad. Chouraqui
7 : Marie Balmary, idem, p. 19
8 : P. Claverie, Marie, la vivante, sept jours de retraite avec Marie, cerf, 2008, p. 205-206 9 : homélie ancienne pour le samedi saint, Livre des jours, DDB, p. 326 

bonne nuit

23 avril, 2010

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Exotic Anthuriums from Dominicana

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Saint [Padre] Pio de Pietrelcina: « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle »

23 avril, 2010

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20100423

Le vendredi de la 3e semaine de Pâques : Jn 6,52-59
Commentaire du jour
Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin
Lettere di Padre Pio, Vicenza 1969, p.55

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle »

      — Padre, je me sens tellement indigne de communier ! Vraiment, j’en suis indigne.

      Réponse : — C’est vrai, nous ne sommes pas dignes d’un tel don ; mais une chose c’est d’y prendre part indignement en état de faute grave, une autre c’est de ne pas en être dignes. Tous nous en sommes indignes ; mais c’est Jésus qui nous invite, c’est lui qui le désire. Soyons donc humbles et recevons-le d’un coeur rempli d’amour.

      — Padre, pourquoi pleurez-vous lorsque vous communiez ?

      Réponse : — Si l’Église a poussé ce cri : « Il ne dédaigna point le sein de la Vierge », en parlant de l’incarnation du Verbe dans le sein de l’Immaculée, que dire de nous, pécheurs ? Mais le Christ a dit : « Qui ne mange pas ma chair et ne boit pas mon sang, n’aura pas la vie éternelle. » Par conséquent, approchons-nous de la table de communion avec beaucoup d’amour et un grand respect. Que toute la journée serve, d’abord à nous y préparer, ensuite à rendre grâce.

Our Lady of Mount Carmel

22 avril, 2010

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http://garabandalprotectionpines.blogspot.com/

Saint Michel et le Purgatoire

22 avril, 2010

du site:

http://www.spiritualite-chretienne.com/anges/ange-gardien/hierar14.html#Dévotion

Saint Michel

Saint Michel et le Purgatoire

Combien peu d’âmes, même parmi les plus saintes, montent de la terre au ciel sans passer par les flammes du Purgatoire ? Saint Louis de Gonzague lui-même, cet ange de pureté, ce martyr de charité et de pénitence, craignit à ses derniers moments d’aller dans ce lieu d’expiation.
A ce grand nombre d’âmes que la justice divine écarte encore du seuil du Paradis, parce qu’elles n’ont pas assez éclatante de blancheur la robe de leur baptême, saint Michel est particulièrement secourable. Il redouble de sollicitude pour les consoler, les soulager et hâter leur délivrance. « Semblable à un ministre plénipotentiaire envoyé en délégation, dit le pape saint Pie V parlant du rôle admirable de saint Michel vis-à-vis des âmes du Purgatoire, ce puissant archange applique et interprète, suivant les circonstances, les volontés de son souverain ; il gracie parfois les coupables qui ont imploré sa protection, il abrège la détention de certains autres ; en un mot, il est comme le médiateur entre le chef suprême et ses sujets, et même, par sa médiation, il obtient des grâces que la dignité du souverain semble ne pouvoir accorder sans un intermédiaire. »
Avec le dogme du Purgatoire, l’Eglise nous enseigne que la peine la plus cruelle qu’on y endure est celle du dam, c’est-à-dire l’horrible état de l’âme qui, violemment arrachée de ce monde, se trouve tout à coup au milieu d’un vide affreux où, frémissante, elle roule sans cesse à travers des tourbillons de flammes livides, cherchant son appui en Dieu, qu’elle appelle de toutes les puissances de son être, mais dont elle est repoussée par une force inexorable. Ce serait l’enfer, si n’était l’espérance d’en sortir.
Saint Michel a pitié de cette infortunée qu’il a peut-être arrachée à Satan ; il l’éclaire, il la console dans ses souffrances, dans sa douloureuse attente, lui rappelant qu’après l’expiation, il la conduira, joyeuse et triomphante, dans les célestes parvis. Alors l’âme, réconfortée dans son espérance, considère amoureusement la grandeur, la sainteté de Dieu, et bénit sa miséricorde, même dans le châtiment de sa justice.
Si c’est une grande joie pour le malheureux qui gît au fond d’un obscur cachot, de recevoir sur son front quelques rayons de lumière, ou pour le matelot perdu sur l’océan, au milieu de la tempête, d’apercevoir au loin le phare du port, quelle douce vision que celle de l’archange dans le lamentable séjour du purgatoire ! Sa présence l’illumine et donne à ces saintes âmes, comme un reflet du bonheur du Paradis. Voilà pourquoi l’Eglise demande, dans ses prières liturgiques pour les défunts, que saint Michel fasse luire à leurs âmes cette douce clarté, dont l’éclat va croissant jusqu’au moment où ces chères captives peuvent aller se réjouir éternellement dans le sein de Dieu ;
A côté de la peine du dam, il y a la peine du sens ; rien de souillé n’entre au ciel, et le purgatoire n’est qu’un creuset où l’âme se dépouille de tout alliage impur. Elle y passe, dit saint Paul, comme par le feu, c’est-à-dire par une souffrance où la justice de Dieu empêche sa miséricorde d’intervenir. Par nos prières et nos bonnes œuvres, nous pouvons diminuer l’intensité des souffrances des âmes du purgatoire et même les délivrer des flammes expiatrices ; mais saint Michel et les Anges sont les premiers à en adoucir la rigueur, par leur présence et leurs encouragements.
Saint Liguori, expliquant la prière de l’offertoire de la messe des morts, déclare que la tradition est unanime à reconnaître que saint Michel descend dans le purgatoire, pour soulager par lui-même et par ses Anges les âmes captives dans ce lieu d’exil et d’expiation. Saint Anselme dit aussi : « On ne peut nous accuser de pieuse exagération, quand nous soutenons que le Prince de la milice céleste est tout-puissant dans le purgatoire, parce que Dieu l’a ainsi décidé, et qu’alors il peut soulager et abréger les peines des âmes que la justice et la sainteté du Très-Haut retiennent en ce lieu de supplices. Il y règne en roi, puisqu’il est prince et maître de toutes les âmes qui doivent entrer dans le royaume des cieux. »
Après la douce Vierge immaculée, il faut donc reconnaître à saint Michel le plus de zèle et de pouvoir pour porter secours aux âmes du Purgatoire. Mais il en est certainement de privilégiées auprès du glorieux Archange : ce sont celles qui, durant leur pèlerinage terrestre, l’ont honoré d’une manière particulière par leur confiance, ou qui, par leurs prières et leurs bonnes œuvres, ont soulagé les âmes du Purgatoire, et ont mérité d’avance ses faveurs.
« Oui, s’écrie saint Bernard, celui qui a été dévot à saint Michel ne demeure pas longtemps en purgatoire, car cet Archange, usant de son privilège, conduira bientôt son âme dans le céleste séjour. » Qui ne voudrait pas s’efforcer d’être un jour de ce nombre ?
Prions souvent, prions le plus que nous pourrons pour les âmes du Purgatoire. Ces prières, très agréables à saint Michel, nous mériteront, après notre mort, un puissant secours et de bien douces consolations.

Extrait de « L’Ange Gardien » n° 12, Avril 1896, pp.399-402.

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