Archive pour le 29 avril, 2010

Day 7 Shabbat, the rest of God and man

29 avril, 2010

Day 7 Shabbat, the rest of God and man  dans images sacrée 14%20MENABUOI%20CREATION%20DU%20MONDE%20FRESQUE%20PADOUE%20SAN%20G

http://www.artbible.net/1T/Gen0201_7rest_Shabbat/pages/14%20MENABUOI%20CREATION%20DU%20MONDE%20FRESQUE%20PADOUE%20SAN%20G.htm

UNE MYSTIQUE DE L’ATTENTE

29 avril, 2010

du site:

http://judaisme.sdv.fr/traditio/mystique.htm

UNE MYSTIQUE DE L’ATTENTE
(JUDAISME)

par le Professeur Freddy RAPHAËL
(avec l’aimable autorisation de l’auteur)
 
Certes, ainsi que l’écrit Georges Hertz (1) l’Alsace n’a rien d’un désert propice à la quête spirituelle. « Avila qui produisit des mystiques juifs et chrétiens, représente tout le contraire des doux pâturages vosgiens, et les houblonnières de nos plaines ne donnent soif que de bière ». Et pourtant, si le Juif campagnard de la fin du 19e siècle ne paraît guère tourmenté par des problèmes métaphysiques, s’il n’est pas tenaillé par le doute et l’angoisse, c’est que sa relative prospérité, ses certitudes de bourgeois parvenu, lui ont fait souvent oublier l’attente fervente et l’interrogation inquiète de ses pères. Seuls les enfants juifs comptent encore les points noirs sur les ailes des bêtes à bon Dieu :  » Un, deux, cinq, sept. Dans sept ans viendra le Messie », et désignent la coccinelle comme Mashiah Kaefer, l’ « insecte du messie « . Les adultes se contentent d’évoquer le savoir – et surtout le pouvoir – d’éminents kabalistes alsaciens, tel Reb Yohanan d’Obernai ; ils s’interdisent de précéder une femme enceinte, car chaque enfant à naître peut être le messie. Mais la ferveur mystique, qui avait encore cours dans la première moitié du 19e siècle, s’est progressivement enlisée dans la suffisance d’une bourgeoisie qui a réussi.

De la mystique encore bien vivante dans la campagne alsacienne au 19e siècle, Alexandre Weill nous est un précieux témoin. Il relate que dans sa jeunesse un « saint rabbi » sorti de l’école de Lauterbourg, ouvrit à Schirrhoffen une yeshiva, « école talmudique « . Rabbi Aron Lazarus était

« un savant talmudiste, sans grande sagacité, étudiant tout sans jamais rien creuser, poussant l’orthodoxie rabbinique jusqu’à la sainteté, d’un désintéressement à toute épreuve, tout à fait détaché du monde et de ses passions, ne vivant que pour Dieu et avec Dieu, ne se préoccupant jamais du lendemain, pas même de son dîner du jour, homme d’étude et de paix. n’ayant jamais connu le mal, n’y croyant pas, le pardonnant par conséquent toujours. On eût dit un agneau métamorphosé en pasteur » (2).
Ce maître l’initia à la Kabale. Une fois par semaine il pratiquait le tiqoûn hazoth, le rite mystique des endeuillés de Sion.

« Le mercredi soir. après minuit. parfois après avoir pris un bain froid (dans notre village. depuis une année il y avait un bain chaud pour les juives), il se jetait à terre. répandait une pincée de cendre sur son front et récitait les lamentations de Jérémie sur la destruction de Jérusalem; lamentations suivies de psaumes d’espoir pour le Messie » (3).
Gershom Scholem explique cette « plainte de minuit », par un passage du Talmud datant du 3e siècle : « La nuit est divisée en trois veillées et, pendant chaque veillée, le Saint Béni-Soit-ll est assis, et il rugit comme un lion : quel malheur d’avoir détruit Ma maison, brûlé Mon temple et envoyé Mes enfants en exil parmi les peuples » (Berakhoth 3a). Au 16e siècle, les kabalistes de Safed, qui avaient une conscience aiguë de l’exil de la shekhina, de la présence mystique de Dieu sur terre, scandèrent le rite de minuit en deux temps : « l’ordonnance pour Rachel »
et « l’ordonnance pour Léa ». Rachel et Léa sont donc d’après cette kabale deux aspects de la shekhina, l’un la représentant loin de Dieu et se lamentant, l’autre, dans son union toujours présente avec son maître.
« Il faut donc se lever à minuit, s’habiller, aller près de la porte, s’asseoir près des montants de la porte, puis se déchausser et se voiler la tête. Tout en pleurant, il faut alors prendre des cendres du foyer et les placer sur son front, à l’endroit où seront déposés le matin les tefilîn, « phylactères » de la prière. Puis il faut baisser la tête et nettoyer ses yeux dans la poussière du sol, tout comme la shekhina, « la belle sans yeux », repose dans la poussière. On récite ensuite une liturgie particulière, le Psaume 137 : « Près des eaux de Babylone nous sommes assis et pleurons » ; le Psaume 79 : « O Dieu, des gens se sont introduits dans Ton domaine et ont profané Ton Temple », et le dernier chapitre des Lamentations, de même que des cantiques particuliers de lamentations qui avaient été composés à Safed et à Jérusalem. Puis on accomplit « l’ordonnance de Léa « ‘, dans laquelle l’expression centrale n’est plus l’exil mais la promesse de la rédemption, qui constitue dans cette liturgie le point central. Des psaumes messianiques sont alors récités, tandis que s’instaure un grand dialogue, sous forme d’hymnes, entre Dieu et la communauté mystique d’Israël… « (4).
Une vieille femme originaire de Westhoffen que nous avons interrogée, se rappelait que dans son enfance, au début du siècle, son grand-père se levait à minuit, se couvrait la tête de cendres et récitait des psaumes 3en souvenir de la destruction du Temple « .

Rabbi Aron Lazarus qui dirige la petite yeshiva que fréquente Alexandre Weill, est un ‘hassid, un « juste » :
Il passait sa matinée à prier deux heures avec deux sortes de phylactères sacrés. Puis, après avoir pris le café (plus tard il jeûne tous les jours une demi-journée), il enseignait le Talmud et ses commentaires à ses élèves jusqu’à midi. Le repas pris, il se promenait une heure, un livre hébraïque à la main. Il n’a jamais su lire ni un mot d’allemand, ni un mot de français, bien qu’il eût fait donner une bonne éducation à ses enfants. L’étude du Talmud, alternant pour quelques-uns des élèves avec la Bible et d’autres auteurs hébraïques, recommençait à deux heures jusqu’au moment d’aller faire la prière du soir à la synagogue. Pendant la nuit, il poursuivait ses études à lui, mais ses élèves veillaient, pour répéter les devoirs de la journée et pour en rendre compte le lendemain « (5).
Cette mystique imprègne tout le comportement du ‘hassid et notamment l’amour qu’il porte à sa femme. Rabbi Aron ne s’approchait de sa femme que tous les vendredis soir, les autres nuits étant consacrées à l’étude.

« Après le dîner, pendant qu’il murmurait encore des chants hébraïques, Rachel, se déshabillant derrière les rideaux, se mit au lit, en grommelant à son tour des prières. Sur les sept becs de la lampe un seulement projetait encore un faible rayon de lumière. Alors le saint se levant et se dirigeant vers la porte, après avoir récité le chapitre de la Création, prononça plusieurs bénédictions dont voici trois que je me rappelle : « Béni sois-tu, ô Dieu, d’avoir créé l’amour ! – Béni sois-tu, ô Dieu, d’avoir créé la femme ! – Béni sois-tu, ô Dieu, de n’avoir pas créé le plaisir de l’amour sans l’enfant créé à ton image !  » A chaque bénédiction, Rachel derrière le rideau répondit : Amen. Puis ouvrant le rideau, elle dit : « Viens, mon seigneur, reconnaître en Dieu ton épouse Rachel, qui est ta chair et tes os et dont l’âme est nouée dans ton âme  » (6).
Ce kabaliste si pur, dévoré d’une passion intense pour Dieu, impressionne vivement le jeune garçon. Dès sa bar-mizva, sa majorité religieuse, Alexandre Weill, qui avait reçu à cause de ses connaissances prodigieuses le titre de ‘haver, « compagnon « , met deux paires de phylactères :
Je mettais encore tous les matin, mais tout seul en ma qualité de ‘hassid, les tefilîn de Rabenou Tam. Ce sont des nœuds bien plus gros, contenant des versets cabbalistiques écrits sur parchemin » (7).
La fascination de la modernité, le mythe du progrès, ainsi qu’une relative prospérité ont étouffé l’aspiration mystique chez les Juifs d’Alsace. Dès le début du 20esiècle, ils se vantèrent de leur solide « bon sens ». Certains rites, comme l’accueil de la princesse du Shabath, le vendredi soir, par toute la communauté, ont perdu leur dimension cosmique. Les kabalistes de Safed, développant la symbolique mystique, avaient fait du Shabath une fête nuptiale, l’union terrestre de l’homme et de la femme n’étant qu’une représentation symbolique des noces célestes ; ils avaient élaboré au milieu du 16e siècle un rite solennel : bien avant le début du Shabath, dans l’après-midi, les kabalistes de Safed et de Jérusalem se rendaient, tout de blanc vêtus, dans un champ pour accueillir la shekhina, la présence mystique de Dieu parmi les hommes. Ils chantaient des hymnes particuliers à « la fiancée »
et des psaumes de joie. A l’heure actuelle, dans toutes les synagogues d’Alsace, on chante encore le poème de Salomon Alkabez de Safed : « Va, mon bien-aimé, au-devant de la fiancée ; laissez-nous recevoir la grâce du Shabath », et, au dernier verset, l’on se tourne vers la porte de la synagogue afin de s’incliner devant la mariée qui arrive. Mais ce geste quelque peu mécanique n’est plus fécondé par le tressaillement de l’attention et l’enthousiasme de la plénitude recouvrée : alors la fiancée hésite sur le seuil.

Notes
Portrait du Juif alsacien, L’Arche 35, novembre 1959.    Retour au texte.
Ma jeunesse 1, Paris 1870, p. 73.    Retour au texte.
Ibid., p.78.    Retour au texte.
La Kabbale et sa symbolique, Paris 1966, p. 164 et 166.    Retour au texte.
A. Weill, ouvr. cité, p.74.    Retour au texte.
Ibid., p.77.    Retour au texte.
Ibid., p.95-96.    Retour au texte.

Benoît XVI: Passion de l’homme et passion de Dieu

29 avril, 2010

du site:

http://www.zenit.org/article-24197?l=french

Congrès sur les « témoins numériques » : discours de Benoît XVI

Passion de l’homme et passion de Dieu

ROME, Dimanche 25 avril 2010 (ZENIT.org) – Pour être un bon communicateur chrétien, il faut la passion de l’homme et la passion de Dieu, et… une bonne théologie, souligne Benoît XVI.

Le pape Benoît XVI a reçu samedi 24 avril, en la salle Paul VI du Vatican, les participants d’un congrès organisé par la conférence épiscopale italienne (CEI) sur le thème : « Témoins numériques. Visages et langages à l’ère cross-media » (22-24 avril, « Testimoni digitali. Volti e linguaggi nell’era crossmediale »).

Nous publions ci-dessous le discours de Benoît XVI

Eminence,

Vénérés confrères dans l’épiscopat,

Chers amis,

Je suis heureux de cette occasion de vous rencontrer et de conclure votre congrès, au titre tellement évocateur : « Témoins numériques. Visages et langages à l’ère cross-media ». Je remercie le président de la Conférence épiscopale italienne, le cardinal Angelo Bagnasco, pour ses paroles cordiales de bienvenue, par lesquelles une fois encore il a voulu exprimer l’affection et la proximité de l’Eglise qui est en Italie à mon service apostolique. Dans vos paroles, M. Le cardinal, se reflète la fidèle adhésion à Pierre de tous les catholiques de cette bien-aimée nation, et l’estime de tant d’hommes et de femmes animées du désir de chercher la vérité.

Le temps que nous vivons connaît un énorme élargissement des frontières de la communication, réalise une convergence inédite entre les différents media et rend possible l’interactivité. Le réseau manifeste donc une vocation ouverte, à tendance égalitaire et pluraliste, mais en même temps elle souligne un nouveau fossé : on parle en effet du « fossé numérique ». Il sépare les « inclus » des « exclus », et vient s’ajouter aux autres fossés qui éloigne déjà les nations entre elles et aussi à l’intérieur d’elles-mêmes. Les dangers d’homologation et de contrôle aussi augmentent, de relativisme intellectuel et moral, déjà bien reconnaissables dans le fléchissement de l’esprit critique, dans la vérité réduite à un jeu d’opinions, dans les multiples formes de dégradation et d’humiliation de l’intimité de la personne. On assiste alors à une « pollution de l’esprit qui rend nos visages moins souriants, plus sombres, qui nous conduit à ne pas nous saluer entre nous, à ne pas nous regarder en face… » (Discours Place d’Espagne, 8 décembre 2009). Ce congrès vise, au contraire, à reconnaître des visages, donc à surmonter ces dynamiques collectives qui peuvent nous faire perdre la perception de la profondeur des personnes et rester à leur superficie : lorsque cela se produit, elles restent des corps sans âmes, des objets d’échange et de consommation.

Comment est-il possible aujourd’hui de revenir aux visages ? J’ai cherché d’indiquer la voie dans ma troisième encyclique. Elle passe par cette « caritas in veritate » qui brille sur le visage du Christ. L’amour dans la vérité constitue « un grand défi pour l’Eglise dans un monde sur la voie d’une mondialisation progressive et généralisée » (n. 9). Les media peuvent devenir des facteurs d’humanisation « non seulement quand, grâce au développement technologique, ils offrent de plus grandes possibilités de communication et d’information, mais surtout quand ils sont structurés et orientés à la lumière d’une image de la personne et du bien commun qui en respecte les valeurs universelles » (n. 73). Cela exige qu’ils « aient pour objectif principal la promotion de la dignité des personnes et des peuples, qu’ils soient expressément animés par la charité et mis au service de la vérité, du bien et d’une fraternité naturelle et surnaturelle » (ibid.). C’est seulement à ces conditions que la transition historique que nous sommes en train de traverser peut se révéler riche et féconde en nouvelles opportunités. Nous voulons sans peur avancer au large sur la mer numérique, en affrontant la navigation ouverte avec la même passion qui depuis deux mille ans gouverne la barque de l’Eglise. Plus que pour les ressources techniques, bien qu’elles soient nécessaires, nous voulons nous caractériser par l’habitation de ce continent aussi avec un cœur croyant, qui contribue à donner une âme au flux ininterrompu de communication de la toile.

Voici quelle est notre mission, la mission à laquelle l’Eglise ne saurait renoncer : la tâche de tout croyant qui agit dans les media est celle « d’ouvrir la route à de nouvelles rencontres, en assurant toujours la qualité du contact humain et l’attention aux personnes ainsi qu’à leurs vrais besoins spirituels, en donnant aux hommes qui vivent notre temps « numérique » les signes nécessaires pour reconnaître le Seigneur » (Message pour la 44e Journée mondiale des communications sociales, 16 mai 2010). Chers amis sur la toile, vous êtes vous aussi appelés à vous situer en tant qu’ « animateurs de communautés », attentifs à « préparer les chemins qui mènent à la Parole de Dieu » et à exprimer une sensibilité particulière pour ceux qui « sont découragés et ont dans le cœur des désirs d’absolu et de vérités non éphémères » (ibid.). La toile pourra ainsi devenir une sorte de « parvis des gentils » où « ouvrir un espace à ceux pour qui Dieu est encore inconnu » (ibid.).

En tant qu’animateurs de la culture et de la communication, vous êtes un signe vivant de ce que les « moyens modernes de communication font désormais partie des instruments ordinaires par lesquels les communautés ecclésiales s’expriment, en entrant en contact avec leur territoire et en instaurant très souvent des formes de dialogue à plus large échelle » (ibid.).

En Italie, les voix ne manquent pas dans ce domaine : il suffit de mentionner le quotidien Avvenire, la chaîne de télévision TV2000, le réseau radiophonique inBlu et l’agence de presse SIR, aux côtés des périodiques catholiques, du réseau des hebdomadaires diocésains et des nombreux sites Internet d’inspiration catholique. J’exhorte tous les professionnels de la communication à ne pas se lasser de nourrir dans leur cœur une saine passion pour l’homme qui devient une tension pour se rapprocher toujours davantage de ses langages et de son vrai visage. Vous serez aidés en cela par une solide préparation théologique et surtout une profonde et joyeuse passion pour Dieu, nourrie par un dialogue incessant avec le Seigneur.

Pour leur part, que les Eglises particulières et les instituts religieux n’hésitent pas à mettre en valeur les parcours de formation proposés par les Universités pontificales, l’Université catholique du Sacré-Cœur, et d’autres universités catholiques et ecclésiastiques, en y destinant avec prévoyance des personnes et des ressources. Que le monde de la communication sociale entre pleinement dans la programmation pastorale.

Je vous remercie du service que vous rendez à l’Eglise et donc à la cause de l’homme, et je vous exhorte à aller sur les routes du continent numérique animés du courage de l’Esprit Saint ; notre confiance ne repose pas de façon a-critique sur quelque instrument technique. Notre force réside dans le fait d’être Eglise, communion croyante, capable de témoigner auprès de tous de l’éternelle nouveauté du Ressuscité, par une vie qui fleurit en plénitude dans la mesure où elle s’ouvre, entre en relation, se donne gratuitement.

Je vous confie à la Très sainte Vierge Marie et aux grands saints de la communication et je vous bénis de tout cœur.

Traduction : Zenit

bonne nuit

29 avril, 2010

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. anthyllis_vulneraria_bfa

Anthyllis vulneraria subsp. polyphylla

http://www.floralimages.co.uk/index2.htm

Sainte Catherine de Sienne: « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits »

29 avril, 2010

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20100429

Fête de sainte Catherine de Sienne, vierge, tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe : Mt 11,25-30
Commentaire du jour
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe
Les Dialogues 167 (trad. bréviaire)

« Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits »

        Toi, éternelle Trinité, tu es comme un océan profond : plus j’y cherche et plus je te trouve ; plus je trouve et plus je te cherche. Tu rassasies insatiablement notre âme car, dans ton abîme, tu rassasies l’âme de telle sorte qu’elle demeure indigente et affamée, parce qu’elle continue à souhaiter et à désirer te voir dans ta lumière (Ps 35,10), ô lumière, éternelle Trinité…

        J’ai goûté et j’ai vu avec la lumière de mon intelligence et dans ta lumière, éternelle Trinité, à la fois l’immensité de ton abîme et la beauté de ta créature. Alors, j’ai vu qu’en me revêtant de toi, je deviendrais ton image (Gn 1,27), parce que tu me donnes, Père éternel, quelque chose de ta puissance et de ta sagesse. Cette sagesse est l’attribut de ton Fils unique. Quant au Saint Esprit, qui procède de toi, Père, et de ton Fils, il m’a donné la volonté qui me rend capable d’aimer. Car toi, éternelle Trinité, tu es le Créateur, et moi la créature ; aussi ai-je connu, éclairée par toi, dans la nouvelle création que tu as faite de moi par le sang de ton Fils unique, que tu as été saisie d’amour pour la beauté de ta créature.