Archive pour le 22 avril, 2010

Our Lady of Mount Carmel

22 avril, 2010

Our Lady of Mount Carmel dans images sacrée lady-of-mt-carmel

http://garabandalprotectionpines.blogspot.com/

Saint Michel et le Purgatoire

22 avril, 2010

du site:

http://www.spiritualite-chretienne.com/anges/ange-gardien/hierar14.html#Dévotion

Saint Michel

Saint Michel et le Purgatoire

Combien peu d’âmes, même parmi les plus saintes, montent de la terre au ciel sans passer par les flammes du Purgatoire ? Saint Louis de Gonzague lui-même, cet ange de pureté, ce martyr de charité et de pénitence, craignit à ses derniers moments d’aller dans ce lieu d’expiation.
A ce grand nombre d’âmes que la justice divine écarte encore du seuil du Paradis, parce qu’elles n’ont pas assez éclatante de blancheur la robe de leur baptême, saint Michel est particulièrement secourable. Il redouble de sollicitude pour les consoler, les soulager et hâter leur délivrance. « Semblable à un ministre plénipotentiaire envoyé en délégation, dit le pape saint Pie V parlant du rôle admirable de saint Michel vis-à-vis des âmes du Purgatoire, ce puissant archange applique et interprète, suivant les circonstances, les volontés de son souverain ; il gracie parfois les coupables qui ont imploré sa protection, il abrège la détention de certains autres ; en un mot, il est comme le médiateur entre le chef suprême et ses sujets, et même, par sa médiation, il obtient des grâces que la dignité du souverain semble ne pouvoir accorder sans un intermédiaire. »
Avec le dogme du Purgatoire, l’Eglise nous enseigne que la peine la plus cruelle qu’on y endure est celle du dam, c’est-à-dire l’horrible état de l’âme qui, violemment arrachée de ce monde, se trouve tout à coup au milieu d’un vide affreux où, frémissante, elle roule sans cesse à travers des tourbillons de flammes livides, cherchant son appui en Dieu, qu’elle appelle de toutes les puissances de son être, mais dont elle est repoussée par une force inexorable. Ce serait l’enfer, si n’était l’espérance d’en sortir.
Saint Michel a pitié de cette infortunée qu’il a peut-être arrachée à Satan ; il l’éclaire, il la console dans ses souffrances, dans sa douloureuse attente, lui rappelant qu’après l’expiation, il la conduira, joyeuse et triomphante, dans les célestes parvis. Alors l’âme, réconfortée dans son espérance, considère amoureusement la grandeur, la sainteté de Dieu, et bénit sa miséricorde, même dans le châtiment de sa justice.
Si c’est une grande joie pour le malheureux qui gît au fond d’un obscur cachot, de recevoir sur son front quelques rayons de lumière, ou pour le matelot perdu sur l’océan, au milieu de la tempête, d’apercevoir au loin le phare du port, quelle douce vision que celle de l’archange dans le lamentable séjour du purgatoire ! Sa présence l’illumine et donne à ces saintes âmes, comme un reflet du bonheur du Paradis. Voilà pourquoi l’Eglise demande, dans ses prières liturgiques pour les défunts, que saint Michel fasse luire à leurs âmes cette douce clarté, dont l’éclat va croissant jusqu’au moment où ces chères captives peuvent aller se réjouir éternellement dans le sein de Dieu ;
A côté de la peine du dam, il y a la peine du sens ; rien de souillé n’entre au ciel, et le purgatoire n’est qu’un creuset où l’âme se dépouille de tout alliage impur. Elle y passe, dit saint Paul, comme par le feu, c’est-à-dire par une souffrance où la justice de Dieu empêche sa miséricorde d’intervenir. Par nos prières et nos bonnes œuvres, nous pouvons diminuer l’intensité des souffrances des âmes du purgatoire et même les délivrer des flammes expiatrices ; mais saint Michel et les Anges sont les premiers à en adoucir la rigueur, par leur présence et leurs encouragements.
Saint Liguori, expliquant la prière de l’offertoire de la messe des morts, déclare que la tradition est unanime à reconnaître que saint Michel descend dans le purgatoire, pour soulager par lui-même et par ses Anges les âmes captives dans ce lieu d’exil et d’expiation. Saint Anselme dit aussi : « On ne peut nous accuser de pieuse exagération, quand nous soutenons que le Prince de la milice céleste est tout-puissant dans le purgatoire, parce que Dieu l’a ainsi décidé, et qu’alors il peut soulager et abréger les peines des âmes que la justice et la sainteté du Très-Haut retiennent en ce lieu de supplices. Il y règne en roi, puisqu’il est prince et maître de toutes les âmes qui doivent entrer dans le royaume des cieux. »
Après la douce Vierge immaculée, il faut donc reconnaître à saint Michel le plus de zèle et de pouvoir pour porter secours aux âmes du Purgatoire. Mais il en est certainement de privilégiées auprès du glorieux Archange : ce sont celles qui, durant leur pèlerinage terrestre, l’ont honoré d’une manière particulière par leur confiance, ou qui, par leurs prières et leurs bonnes œuvres, ont soulagé les âmes du Purgatoire, et ont mérité d’avance ses faveurs.
« Oui, s’écrie saint Bernard, celui qui a été dévot à saint Michel ne demeure pas longtemps en purgatoire, car cet Archange, usant de son privilège, conduira bientôt son âme dans le céleste séjour. » Qui ne voudrait pas s’efforcer d’être un jour de ce nombre ?
Prions souvent, prions le plus que nous pourrons pour les âmes du Purgatoire. Ces prières, très agréables à saint Michel, nous mériteront, après notre mort, un puissant secours et de bien douces consolations.

Extrait de « L’Ange Gardien » n° 12, Avril 1896, pp.399-402.

par Serge BOULGAKOV: L’histoire d’une conversion

22 avril, 2010

du site:

http://www.biblisem.net/meditat/boulhist.htm

L’histoire d’une conversion

par

Serge BOULGAKOV
 

J’étais dans ma 24e année, mais, pendant près de dix ans déjà, la foi avait été sapée dans mon âme et, après des crises orageuses et des doutes, un vide religieux en prit possession. Oh, combien terrible est ce sommeil de l’âme qui peut durer une vie entière ! Avec la croissance intellectuelle et l’acquisition de connaissances scientifiques, mon âme s’immergeait imperceptiblement mais irrésistiblement dans la boue visqueuse du contentement de soi, dans l’estime de soi-même et la vulgarité. La lumière de mon enfance s’effaçait de plus en plus, remplacée par un crépuscule grisâtre. Soudain ceci vint… Des appels mystérieux retentirent dans mon âme, et elle se rua à leur rencontre…

Le soir approchait… Nous roulions à travers la steppe méridionale, embaumée par l’odeur de miel des herbes et du foin, dorée par la lumière douce du soleil couchant. Dans le lointain, les plus proches montagnes du Caucase bleuissaient déjà. Je les voyais pour la première fois. Et, contemplant avidement les montagnes, respirant l’air et la lumière, j’écoutais la révélation de la nature. Mon âme avait depuis longtemps, avec une douleur sombre et silencieuse, pris l’habitude de ne voir en la nature qu’un désert mort sous un voile de beauté, comme si elle portait un masque trompeur ; contre sa propre volonté l’âme ne pouvait se résigner à accepter la nature sans Dieu. Et tout à coup, mon âme se remplit de joie et trembla d’émotion joyeuse : et s’il y avait… s’il n’y avait pas de désert, de mensonge, de masque, de mort, mais Lui, le Père doux et aimant, si c’était Son voile, Son amour… Si… si les pieux sentiments de mon enfance, quand je vivais avec Lui, quand j’étais devant Sa Face, quand je L’aimais et tremblais de ma propre impuissance à L’approcher, si mes larmes et ma jeune ardeur, la douceur de la prière, ma pureté d’enfant dont je me moquais, que j’avais souillée, si tout cela était vrai, et l’autre, le vide porteur de mort rien qu’aveuglement et mensonge ? Mais est-ce possible ? N’ai-je pas su depuis mes années de séminaire que Dieu n’existait pas ? Peut-il y avoir un doute à ce sujet ? Puis-je m’avouer ces pensées à moi-même sans me sentir honteux de ma lâcheté, sans éprouver une terreur panique de la « science » et de son synédrion ? Oh, j’étais prisonnier de cette « science », cet épouvantail érigé par la foule des pseudo-intellectuels, pour les masses à demi éduquées, pour les imbéciles. Comme je te hais, émanation démoniaque, demi-éducation, peste des temps modernes, contagieuse pour les enfants et les adolescents. Et j’étais infecté alors moi aussi, et je répandais la contagion autour de moi…

Et de nouveau vous, ô montagnes du Caucase. J’ai vu votre glace étinceler d’une mer à l’autre, vos neiges qui rougissent sous le soleil matinal, vos sommets qui percent le ciel, et mon âme fondait d’extase. Et ce qui n’avait brillé qu’une seconde et qui s’était évanoui le soir dans la steppe, faisait maintenant retentir mon âme de chants, s’élevant en un hymne magnifique et solennel. Le premier jour de la création brillait devant mes yeux. Tout était clair, tout était paix et plein de joie retentissante. Mon cœur était prêt à se rompre d’extase. Il n’y a pas de vie et pas de mort, seulement un éternel et inchangeable maintenant. Nunc dimittis sonnait dans mon cœur et dans la nature. Et un sentiment inattendu s’éleva et grandit en moi, le sentiment de victoire sur la mort. À ce moment, je voulais mourir, mon âme avait un doux désir de la mort, pour se fondre joyeusement, en extase, avec ce qui étincelait et brillait de la beauté de la première création. Mais il n’y avait pas de mots, pas de Nom, il n’y avait pas de « Christ est ressuscité » chanté au monde et aux altitudes. Et ce moment de rencontre ne mourut pas dans mon âme, cette apocalypse, ce festin de noce, la première rencontre avec Sophia. Ce dont me parlaient les montagnes dans leur solennelle lumière, je le reconnus dans le doux et timide regard d’une jeune fille, sous d’autres cieux, sous d’autres montagnes. La même lumière brillait dans les yeux confiants, naïfs, craintifs et humbles, pleins de la sainteté de la souffrance. La révélation de l’amour me fit connaître un autre monde, un monde que j’avais perdu…

Puis vint une nouvelle vague d’enchantement par le monde. Avec le bonheur personnel vint la première rencontre avec l’Occident, et les premières extases : civilisation, confort, social-démocratie… Et soudain une rencontre merveilleuse et inattendue : La Madone Sixtine à Dresde. Tu as Toi-même touché mon cœur et il palpita à Ton appel. Là, les yeux de la Reine Céleste, marchant sur les nuages avec l’Enfant prééternel, pénétrèrent mon âme. Il y avait en eux un immense pouvoir de pureté et de sacrifice de soi prophétique – la connaissance de la souffrance, et la détermination à la souffrance librement consentie, et la même détermination prophétique pour le sacrifice se voyait dans les yeux remplis d’une sagesse non enfantine de l’Enfant. Ils savent ce qui Les attend, ce à quoi Ils sont destinés, et Ils vont librement faire don de Soi, pour remplir la volonté de Celui qui Les envoie. Elle va recevoir « l’arme dans le cœur », Lui va aller au Calvaire… Je ne pouvais me contrôler, ma tête tournait, mes yeux versaient des larmes joyeuses et pourtant amères, et avec elles la glace fondait dans mon cœur, et un nœud vital se dénouait. Ce n’était pas une émotion esthétique, non, c’était une rencontre, une nouvelle connaissance, un miracle… Involontairement, j’appelai (moi, marxiste), cette contemplation, prière.

Je revins de mes voyages à l’étranger – ayant perdu pied, ma foi en mes idéaux fortement ébranlée. Dans mon âme croissait « une volonté de foi », une détermination à faire le saut vers la rive opposée, détermination stupide du point de vue de la sagesse de ce monde – un saut du marxisme et de bien d’autres « ismes » qui lui succédèrent, vers la foi orthodoxe. Pourtant les années passèrent et je continuais à languir en dehors de l’enceinte, sans avoir la force de faire le pas décisif, d’aller me confesser et recevoir la communion, que mon âme exigeait de plus en plus fort. Je me souviens comment, une fois, le Jeudi Saint, étant entré dans une église (j’étais alors député à la Douma), je vis les gens recevoir la Sainte Communion aux sons émouvants de l’hymne eucharistique de ce jour… Je me précipitai en larmes hors de l’église et je marchai à travers les rues de Moscou en pleurant, accablé par mon impuissance et par mon indignité. Il en fut ainsi jusqu’à ce qu’une main ferme m’éleva.

Septembre. Un ermitage solitaire perdu dans la forêt. Une journée ensoleillée sur un paysage nordique familier. Mon cœur était toujours en proie à la confusion et à l’impuissance. J’avais saisi l’occasion de venir là dans le secret espoir de rencontrer Dieu. Mais une fois arrivé, ma détermination s’envola tout à fait. J’assistai aux vêpres, insensible et froid, et le service terminé, quand commencèrent les prières « préparatoires à la confession », je sortis, courus presque hors de l’église, « en pleurant amèrement ». Je marchai, plein d’angoisse, sans rien voir autour de moi, en direction de l’hôtel, et je repris conscience de moi-même… dans la cellule du vieil ermite. J’avais été amené là : j’avais pris la mauvaise direction, avec mon habituelle distraction, qui était augmentée par l’état dans lequel j’étais, mais en réalité – j’en étais certain – un miracle m’avait arrêté… Le Père, voyant l’approche du fils prodigue, s’était encore une fois hâté à sa rencontre. De l’ermite j’appris que tous les péchés humains n’étaient qu’une goutte dans l’océan de la miséricorde Divine. Je le quittai pardonné et réconcilié avec moi-même, tout tremblant et en larmes, me sentant comme porté par des ailes vers l’église. Sur le seuil je rencontrai mon compagnon qui m’avait vu quelques instants auparavant quitter l’église en désarroi ; il fut surpris et heureux. Il devint un témoin involontaire de ce qui m’était arrivé. « Le Seigneur est passé », disait-il plus tard.

Le soir arriva, et de nouveau le coucher du soleil, non plus méridional, mais nordique. Les coupoles de l’église se dessinaient nettement sur le ciel transparent, et les larges rangées des fleurs d’automne blanchissaient dans le crépuscule. Les forêts bleues s’effaçaient dans le lointain. Soudain, en plein silence, d’en haut, comme si le son venait du Ciel, retentit la cloche de l’église, puis tout se tut à nouveau. Ce ne fut qu’un moment plus tard qu’elle commença à sonner régulièrement et sans s’arrêter. On sonnait pour l’office du soir. Comme pour la première fois, comme si j’étais nouvellement né, j’écoutais les cloches de l’église, je sentais que moi aussi, ces cloches m’appelaient vers l’église des fidèles. Et le soir de ce jour béni, et plus encore le lendemain à la liturgie, je regardais tout avec des yeux nouveaux, car je savais que moi aussi j’étais appelé, que moi aussi je prenais effectivement part à tout cela ; que pour moi aussi Notre-Seigneur était monté en Croix et avait versé Son Sang béni : c’était pour moi aussi que les mains du prêtre préparaient la Sainte Communion, et l’Évangile de ce jour, le souper chez Simon le Lépreux – et le pardon de la pécheresse qui avait beaucoup aimé – me concernait aussi. Et j’étais admis à recevoir le Très Saint Corps de Notre-Seigneur.

Ainsi, à la base de la religion se trouve une expérience personnelle de la Divinité, et c’est là la seule source de son autonomie. Quoi que puisse faire la sagesse de ce monde, impuissante à comprendre la religion, faute de l’expérience nécessaire, ceux qui, une fois, ont contemplé Dieu dans leur cœur, possèdent une connaissance absolument juste de la religion, ils connaissent son essence.

Serge BOULGAKOV, La lumière sans déclin,
dans Histoire de la philosophie russe,
par N.O. Looski, Payot, 1964.

Recueilli dans La Russie retrouve son âme,
numéro de juin 1967 de la revue La Table ronde.
 

Le Saint-Esprit dans la Vie Chrétienne: Le don de Sagesse (Rom., XI, 33.)

22 avril, 2010

du site:

http://www.foi-et-contemplation.net/themes/Esprit-Saint/Saint-Esprit-Vie-Chretienne-don-sagesse.php

Le Saint-Esprit dans la Vie Chrétienne

par le Père A. Gardeil, o.p.

Chapitre XIII
Le don de Sagesse

« O immensité profonde des richesses de Dieu ! »
(Rom., XI, 33.)

I. – Point de départ

Avant de pénétrer, dans la suprême région accessible sur terre à notre intelligence guidée, poussée par le Saint-Esprit avant de parler du don de Sagesse qui fait entrer définitivement dans les profondeurs de Dieu, remettons-nous dans l’état d’esprit où nous établit l’inspiration des dons de science et d’Intelligence. C’est la foi, « fides », mais non plus la simple vertu de foi, c’est la foi perfectionnée par un fruit spécial du don d’Intelligence que nous appelons aussi du nom de foi. L’exercice habituel de ce don de lumière amène la vertu de foi à sa perfection dernière et heureuse. Cette perfection est un fruit savoureux qui donne à l’âme de jouir de la divine certitude. Ce fruit est donc foi par excellence, foi ferme, bien éclairée, qui n’a plus ce mouvement de va-et-vient du début, mais qui se porte vers son objet avec un consentement rempli de lumière. L’obscurité de la foi, sous l’action de Dieu, est traversée par des éclairs et, à ce degré, la nuit est une véritable illumination, tant il y règne de délices (Ps. 138, 11.). Car, par cette foi, l’âme a senti, fixé Dieu à travers les créatures et la révélation où Il rayonne. Cette foi est une mer de délices pour la charité. Guidée par une foi qui ne cherche plus, mais dont la nuit est remplie des illuminations des dons de Science et d’Intelligence, la charité se sent à son aise. Les saints chez qui ces dons se développent sont dans l’oraison de recueillement et de quiétude. L’âme n’est plus tourmentée par les créatures; elle voit, par cette science, sa petitesse et son péché, et elle s’en détourne. A travers elle-même, elle voit Dieu et remonte jusqu’à Lui. De ce premier chef, la foi est devenue joyeuse, lucide; elle est libérée du fardeau des créatures. Par le don d’Intelligence, elle s’élance dans le monde des révélations divines, débarrassée des nuages de l’imagination gênante pour fixer Dieu qui est esprit, délivrée des erreurs de l’amour-propre; elle pénètre le sens des mystères de la religion, à fond, par un sentiment du cœur qui est une lumière, un goût divin dans lequel passe la lumière du Saint-Esprit : état heureux pour la foi qui expérimente ces choses.

Cette illumination de la nuit de la foi ne va pas, nous l’avons dit, sans des arrachements pénibles. Il faut renoncer à des habitudes chères; à la lumière de nos yeux. C’est la nuit des sens, condamnés à rester silencieux, eux si vivants ! La nuit de l’esprit, condamné à ne plus raisonner, lui si raisonneur ! Malgré ces arrachements, la lumière du Saint-Esprit se fait. Ainsi, le vent enlève les nuages et le soleil apparaît. C’est au milieu des peines de l’âme que se produit l’entrée de la divine lumière. L’âme est bienheureuse de se sentir en contact avec son vrai Dieu; heureuse dans sa charité qui, appuyée sur la grâce du Christ et illuminée par les dons de Science et d’Intelligence, est inclinée à croire fermement et dans une parfaite certitude.

II. – Nécessité du don de Sagesse

Est-ce le dernier terme de notre vie contemplative, de notre vie d’amour sur terre ? Non. Malgré ces lumières, la charité éprouve encore un besoin. Saint Paul nous en donne la raison : « La charité ne meurt pas (I Cor., XIII, 8.). » La foi et l’espérance s’évanouiront à notre entrée au ciel. Pas plus que notre âme qui est immortelle, la charité, qui a son siège en elle, ne disparaîtra. Il faut que la foi disparaisse par la vision, l’espérance par la possession; la charité est aussi réelle dans l’absence de l’objet aimé que dans la possession.

C’est la même âme avec le même amour qui aime Dieu sur la terre et qui l’aimera au ciel. Une seule chose est changée: ici-bas la charité est guidée par la lumière de la foi; dans le ciel, elle est guidée par la claire vision. Différence considérable au point de vue de la connaissance de Dieu, mais c’est la même charité : dans le ciel, charité exaltée, consommée; ici-bas, charité en mouvement, à cause de la foi qui la guide vers son terme lointain.

Pourquoi donc le cœur chrétien souffre-t-il sur terre ? La raison de cette souffrance dont nous parlions est claire. Dès maintenant, la charité est faite pour le ciel, à la mesure du ciel, à la mesure d’un Dieu vu face à face, dans toute sa beauté ravissante. Elle a des virtualités infinies qu’elle ne peut déployer ici-bas, même avec le secours des dons de Science et d’intelligence. Les idées avec lesquelles nous regardons Dieu sont du créé, du limité, du fini. Or la charité de la terre voudrait viser Dieu infini en tant qu’il est infini, et elle le connaît d’une manière si imparfaite ! « Ô grandeur, ô profondeur des richesses de Dieu ! »

Notre charité veut donc qu’on lui montre Dieu face à face. La foi, fruit du don d’Intelligence, si ferme qu’elle soit, ne peut le lui montrer ainsi. Il y a de ce fait dans la charité une amplitude d’amour qui n’est pas satisfaite.

C’est d’ailleurs pour cela que, sur terre, la charité est un amour de Dieu par-dessus tout. Examinant toutes les créatures que nous aimons, nous trouvons que Dieu les dépasse, que rien ne lui est comparable. C’est là cependant quelque chose de purement négatif, ce n’est pas l’amour d’un infini visible, perçu dans les profondeurs de ses attraits. Par suite, la charité demeure inassouvie, tant qu’elle ne fait que suivre la foi, même illuminée par les dons qui la renforcent, enlevant les obstacles et mettant son objet en pleine valeur.

Que fera donc la charité emprisonnée par la foi ? Celui qui aime Dieu, tourmenté par cette disproportion entre la lumière finie qui le guide et l’instinct infini de son amour, reviendra vers son propre cœur pour y trouver un mouvement d’amour qui échappe à cette étreinte, à cette camisole de force de la foi. S’il était possible sur terre de trouver une lumière qui nous fît sentir le Divin, non plus d’une façon négative mais positivement !

Dans sa charité même, dans sa vertu de charité, l’âme ne pourra pas trouver cette lumière; la charité est amour, elle n’est pas lumière, elle est faite pour suivre la foi. Mais au-delà de là charité, il y a son Créateur. « L’amour de Dieu a été diffusé dans notre cœur par le Saint-Esprit, lequel nous est donné avec elle (Rom., V, 5.). » Le Saint-Esprit demeure dans le fond des âmes saintes, et le terrain de son influence, c’est cette charité qui est quelque chose de Lui-même, qui Le représente au cœur de l’homme. Il veille sur elle, Il l’entoure de soins, Il la meut sans cesse, Il va trouver le moyen de fournir à cette charité de la terre une lumière qui, en un sens, dépassera celle de la foi.

Le Saint-Esprit voit Dieu face à face, profondément, Dieu n’a pas pour lui cette inaccessible hauteur, profondeur, grandeur dont s’extasiait saint Paul. Il est à hauteur. Il est Dieu. Il va, dans l’âme qu’Il habite, faire passer, dans une impulsion, une inspiration, quelque chose de cette vision face à face, qui fait son bonheur; et nous avons un don pour recevoir cette impulsion: le don de Sagesse.

III. – Objet et activité de la Sagesse

L’inspiration de la Sagesse n’est pas autre chose qu’une motion du Saint-Esprit, par laquelle Il nous communique, par la voie du cœur, comme une expérience de la vision céleste.

Nous restons dans la sphère de la foi; c’est la foi qui détermine l’objet de notre amour. Mais le Saint-Esprit infuse d’une manière cordiale, expérimentale, une connaissance de cet objet de foi, laquelle nous fait pénétrer, sentir, non pas avec les yeux du corps, ni avec ceux de l’intelligence, mais avec les « yeux illuminés du cœur », l’infini de Dieu, ce « par-dessus tout » qui est la loi même de la charité. C’est une expérience obscure de l’immensité de la Divinité. L’âme qui est sous l’impression de cette inspiration s’abîme, s’enfonce dans un sentiment intense du tout de Dieu. Elle expérimente Dieu en quelque manière. Elle est bien au-dessus de ce que la foi, même aidée du don d’Intelligence, lui révèle en termes précis. Dans ce sentiment, elle se prosterne dans une attitude d’adoration devant l’excès divin. Tout en croyant, elle renonce à se servir des expressions de la foi, à s’arrêter dans ses concepts, elle se perd dans un sentiment intense de la transcendance divine.

Nous ne voyons pas, mais ce sentiment du cœur, cette expérience, équivaut à la vision, parce que c’est une participation de la vision du Saint-Esprit, lequel témoigne, au fond de notre âme, que ce que nous sentons est la vérité.

Lorsque, dans l’oraison, nous avons fixé dans l’objet de notre foi une vérité suprême, par exemple : « Je suis celui qui suis », ou bien : « Dieu est Charité », et que le don d’Intelligence nous en ouvre le sens profond, nous pénétrons toujours davantage, répétant: Dieu est; moi, rien, un pur néant. Lui, Il est. Il est éternellement, éperdument. Il est Celui qui est… Tout à coup, dépassant cette pensée, nous éprouvons le besoin de nous abîmer dans un sentiment d’adoration devant Celui dont l’altitude nous est ainsi révélée. La pensée de l’Ecriture disparaît du premier plan de la connaissance, où elle est comme à portée de la foi explicite; les concepts qui l’expriment disparaissent aussi, et l’intelligence, comme d’un tremplin, s’élance et s’abîme devant l’Etre de Dieu; il n’y a plus qu’une adoration, un amen, un mouvement de l’âme qui se perd en Dieu. Elle renonce momentanément à toute conception définie, même à celles qui l’ont conduite à cet état. Voilà donc l’acte du don de Sagesse : l’Esprit divin nous fait faire un acte d’intelligence envers Dieu, qui est digne de l’Être de Dieu, de sa transcendance. Ce n’est pas un acte de l’intelligence qui pense positivement, mais de l’intelligence qui renonce à penser, à concevoir. Au ciel, nous penserons, nous verrons dans la lumière de gloire; ici-bas, nous sommes dans l’étreinte de la foi; nous y échappons en nous abîmant dans l’adoration. C’est la seule attitude de l’esprit adéquate à l’altitude divine. Nous ne disons rien, nous ne pensons rien, mais notre attitude intellectuelle proclame : « Ô profondeur des richesses divines ! »

Voilà jusqu’où peut nous conduire l’Esprit de Sagesse. Cela dure un instant. C’est un ravissement fugitif, un vol de l’esprit, comme un bond rapide. Nous retombons bien vite sur le terrain de la foi. Puis nous recommençons. Comme dit Saint François de Sales, nous prenons terre sur le sol de la foi, nous nous ranimons par une bonne pensée, nous prenons des forces pour remonter de nouveau.

C’est un acte qui ne peut pas durer parce qu’il tient de l’état des élus; il nous met dans l’attitude propre de ceux qui voient, et sur terre on ne peut pas longtemps souffrir des états pareils, ce sont des états angéliques. Cependant, grâce à Dieu, ils existent. Nous avons éprouvé qu’il faut dépasser toute créature, toute expression créée de Dieu, nous avons senti cette espèce de « sortie de tout ». Ce n’est pas l’extase, état extraordinaire, mais une sortie totale des créatures. On ne voit rien, l’heure du face-à-face n’a pas sonné. On saisit cependant que Dieu dépasse absolument toute créature, on se sent tout petit en face de Lui, on est pénétré par la grandeur de ses attributs, on a le sentiment intense de son Infini, et on s’abîme dans l’adoration.

C’est l’acte le plus sublime, le plus apparenté à la vision des élus. Il s’obtient en renonçant aux ressources propres de l’intelligence humaine, aux perfectionnements dont elle est enrichie, par un dépouillement total, pour devenir un être qui s’abîme dans l’adoration devant l’Être divin.

Mais de quelle douleur nous devons acheter pareille lumière du Saint-Esprit ! Il faut en effet que notre esprit se disloque intérieurement, qu’il se dilate au point de se distendre, pour avoir un contact avec l’Infini tel qu’Il est. Il y a là un moment terrible, c’est ce que les mystiques appellent la grande ténèbre.

Tout ce qui a fait la lumière de nos yeux n’est plus avec nous. Il faut renoncer aux procédés naturels de notre esprit, à l’évidence; il faut comme anéantir l’acte de l’esprit qui se complaît dans ce qu’il voit. C’est douloureux, mais cette douleur engendre une grande joie. Cette docilité totale, allant jusqu’au bout du renoncement et des forces de l’esprit, rend à Dieu le seul hommage égal à sa majesté.

IV. – Bienheureux effets du don de Sagesse

Quand l’esprit s’abîme ainsi, la charité se réjouit. Ce mouvement est comme infini : on ne sait pas jusqu’où peut s’abîmer l’âme en cette adoration : l’abîme est sans fond. Et la charité s’élève ainsi à des degrés toujours plus hauts, sans mesure: elle est à son aise, elle a trouvé la lumière adéquate à la hauteur de son instinct intime. L’esprit s’est dilaté aux dimensions de l’infini de Dieu qu’il touche, dont il témoigne, puisqu’il s’abîme; l’amour a trouvé en lui une mesure à sa hauteur : c’est l’amour à son plus haut degré sur terre, quoiqu’il ne soit pas consommé. Nous sommes alors adorateurs « en esprit et en vérité ».

La charité, dis-je, a trouvé sur Dieu un « renseignement » à la hauteur de son instinct. L’esprit du croyant, animé par la Sagesse, parle à son propre cœur du Bien-Aimé selon ce qu’Il est. La charité est heureuse ! Ce qu’elle demandait en vain à la foi explicite, elle l’a trouvé lorsque la Sagesse s’est communiquée à l’intelligence. Elle peut vivre ces minutes de jouissance que la charité des saints éprouve quand l’intelligence ravie en Dieu s’abîme devant la majesté infinie. Ce sont les plus délicieuses qu’il soit donné à l’amour d’éprouver sur terre.

Lorsque cette oraison se fait à propos de Notre-Seigneur ou de l’Eucharistie, ou de tout objet de ce genre, elle ne saurait s’abstraire du créé. Notre-Seigneur est homme; cependant, comme Il est Dieu, tout en tenant compte de la nature finie à laquelle la divinité est unie, la Sagesse nous porte à voir en lui une sublimité inouïe par une pénétration de connaissance expérimentale que nous n’avions pas auparavant. Ainsi, par les paroles du Gloria : Tu solus sanctus, Tu solus Dominus, Tu solus altissimus, un mouvement me porte vers ce qui rend le Christ si saint et tellement le Seigneur et le Très-Haut, et il m’est possible, en suivant ce mouvement, de le dépasser pour ainsi dire et de rester devant le Sauveur dans l’attitude où j’adore sa grandeur.

C’est un genre d’oraison où la Sagesse nous instruit ineffablement de la divinité de Jésus, non pas de son humanité, qui, prise à part, n’est pas l’objet direct de la Sagesse. Nul n’a pour Notre-Seigneur un amour à la hauteur de sa bonté s’il ne s’abîme devant sa divinité et ne l’adore : « Adoro Te, latens Deitas: Divinité cachée, je t’adore. »

Mais il est un terrain d’élection, un objet prédestiné de la Sagesse, c’est la Trinité. La Trinité est partout. Cependant elle est dans l’âme sainte d’une façon toute particulière. Elle y est comme plus attentive à son œuvre d’amour, plus riche de dons, donnant et la nature et la grâce. De plus, l’âme la reçoit en soi comme une amie qui a dans ce cœur son « chez soi », sa « demeure ». Tel est l’objet préféré des méditations des saints. La divine Trinité est au fond de leur âme; elle y demeure comme chez elle, reçue dans l’âme capable de la saisir et de la posséder.

V. – L’oraison d’union

Les saints considèrent Dieu ainsi, substantiellement présent en eux. Rentrons ainsi, par une pensée de foi, en nous-mêmes, éclairés par la foi et la charité surnaturelle, La Science écarte les obstacles; l’Intelligence, par une parole, nous révèle dans l’intérieur ce qu’Il est; mais c’est surtout par l’inspiration de la Sagesse que nous rejoignons Dieu, que nous arrivons, pour ainsi parler, jusqu’à le toucher. La foi ne peut pas le faire; fatalement elle est environnée par les idées dont elle use; elle se manifeste à nous par des paroles, des idées humaines, une représentation; si l’être des choses était intelligiblement au dedans de l’entendement, nous n’aurions pas besoin d’idées. Lorsque nous allons à Dieu avec la foi, nous supposons qu’il est distant. Mais qu’il se produise, par le don de Sagesse, un mouvement d’âme sans idée précise, l’obstacle est enlevé : nous nous abîmons alors devant le Dieu résidant au fond de l’âme. Quand l’âme s’abîme ainsi, entre elle et le Dieu qui est en elle comme dans un temple, il se produit un contact; il n’y a plus d’idée, de représentation qui sépare, il n’y a plus, dans l’indivisibilité de l’âme, qu’une âme en adoration et le Dieu infini, substantiellement présent, objet d’expérience immédiate et de contact. C’est le dernier mot de l’union et de l’oraison d’union. Sainte Thérèse sortait de cette oraison avec la certitude qu’elle était allée en Dieu, présent en elle. Il n’y a que la Sagesse qui puisse appliquer ainsi notre esprit à la substance de Dieu dans le fond de notre âme, mais elle nous conduit jusque-là.

Volontiers, nous croirions que ces choses sont faites pour quelques âmes plus élevées, une sainte Catherine, une sainte Thérèse. Mais, avec l’état de grâce, nous avons tous les dons, y compris la Sagesse, et la capacité d’éprouver ces choses. Elles sont faites pour nous; elles sont dans la puissance de la grâce ordinaire, et destinées à développer les virtualités de cette grâce.

Les états d’oraison ne sont pas une voie extraordinaire, mais l’extase, le ravissement, le rapt, ainsi que les grâces « gratis datae » (par exemple le don des miracles, le don de prophétie etc.). Nous-mêmes qui cherchons la perfection de l’amour de Dieu, n’aurions-nous pas été, sans le savoir, dans cet état d’oraison, d’union ? A certains moments, n’avons-nous pas éprouvé cette sorte d’anéantissement devant Dieu, présent au fond de nous-même, peut-être à l’occasion d’une communion…? Alors la proximité de Notre-Seigneur est très grande. Cette proximité a mis notre âme en mouvement; nous avons été plus avant vers la divinité présente au fond de nous-même. Dieu était là, et, ne cherchant plus à comprendre, nous nous sommes abîmés dans un sentiment intime de sa présence immédiate, et nous avons, par l’attitude de notre esprit et la puissance de notre charité, pris contact avec ce Dieu.

Ces choses arrivent, mais nous en percevons difficilement la valeur, la dignité et l’existence normale dans notre vie; nous n’y attachons pas d’importance. Nous disons bien : C’est une grâce, un événement de ma vie spirituelle. Mais pourquoi ne pas souhaiter renouveler cette expérience ? Nous ajoutons : Il faut que Dieu nous mette en cet état. Il le fera, mais il faut que nous nous disposions à si grande faveur.

Si notre vie se passe dans la pratique des vertus morales infuses, avec les dons qui les aident, elle se trouve ainsi pacifiée. Si nous sommes en présence des créatures comme n’en voulant pas, ne considérant que ce qu’elles nous disent sur Dieu, si nous sommes entrés par l’Intelligence dans la connaissance des chose divines, nous sommes à la porte de l’oraison d’union, nous n’avons plus qu’à la franchir et, puisque nous avons dans le don de Sagesse la capacité d’être impressionnés par cette merveilleuse inspiration, il n’est pas trop téméraire d’espérer qu’elle soufflera quelquefois. L’erreur serait d’y chercher une gourmandise spirituelle, de « s’attacher aux jeux de physionomie de Dieu », comme dit saint Augustin, plus qu’à Dieu Lui-même, d’en faire une délectation. Ce serait encore de prétendre à ces choses élevées alors que nous ne pratiquons pas les commandements ordinaires de Dieu et ses conseils de perfection.

Mais si le Saint-Esprit nous a Lui-même purifiés, élevés, fait monter vers ces sommets, pourquoi ne rendrions-nous pas à Dieu ce suprême hommage de nous abîmer devant son Être avec notre esprit et notre cœur, si le Saint-Esprit nous en donne le pouvoir ? Ne craignons pas d’aller au-devant de ces faveurs; ce n’est ni imagination ni ambition : la miséricorde de Dieu nous en a donné les moyens; elles font partie d’une vie chrétienne parfaite normale.

bonne nuit

22 avril, 2010

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. 7598

Lablab purpureus, Dolichos lablab

http://toptropicals.com/html/toptropicals/catalog/photo_db/L.htm

Saint Pierre Damien: « Ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas »

22 avril, 2010

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20100422

Le jeudi de la 3e semaine de Pâques : Jn 6,44-51
Commentaire du jour
Saint Pierre Damien (1007-1072), ermite puis évêque, docteur de l’Église
Sermon 45 ; PL 144,743 et 747 (trad. Orval)

« Ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas »

      La Vierge Marie a enfanté Jésus Christ, elle l’a réchauffé dans ses bras, elle l’a enveloppé de langes et l’a entouré de soins maternels. C’est bien ce même Jésus dont nous recevons maintenant le corps et dont nous buvons le sang rédempteur au sacrement de l’autel. Voilà ce que la foi catholique tient pour vrai, voilà ce qu’enseigne fidèlement l’Église.

      Aucune langue humaine ne pourra assez glorifier celle de qui a pris chair, nous le savons, « le médiateur entre Dieu et les hommes » (1 Tm 2,5). Aucun éloge humain n’est à la mesure de celle dont les entrailles très pures ont donné le fruit qui est l’aliment de nos âmes ; celui, autrement dit, qui témoigne de lui-même par ces paroles : « Je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ». Et en effet, nous qui avons été chassés du paradis de délices à cause d’une nourriture, c’est aussi par une nourriture que nous retrouvons les joies du paradis. Ève a pris une nourriture, et nous avons été condamnés à un jeûne éternel ; Marie a donné une nourriture, et l’entrée du festin du ciel nous a été ouverte.