Archive pour le 21 avril, 2010

Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant, Créateur du ciel et de la terre.

21 avril, 2010

Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant, Créateur du ciel et de la terre. dans image sacré et texte 01

Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant, Créateur du ciel et de la terre.
 
 Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils ne font pas de réserves dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? D’ailleurs, qui d’entre vous, à force de souci, peut prolonger tant soit peu son existence ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas , ils ne filent pas. Si Dieu habille ainsi l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? (Mt 6,26-28.30)

http://www.evangile-et-peinture.org/static/vernissage_10_2003/index.htm

S. Em. Card. Francis Arinze: La Bienheureuse Vierge Marie, un signe pour les croyants du troisième millénaire*

21 avril, 2010

du site:

http://www.sedos.org/french/arinze_2.htm

S. Em. Card. Francis Arinze – Président du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux

La Bienheureuse Vierge Marie, un signe pour les croyants du troisième millénaire*

De plus en plus, dans le monde de noire temps, des personnes de religions et de cultures différentes se rencontrent et entrent en relation. A travers ces contacts, ceux et celles qui croient en Jésus-Christ ont de nombreuses occasions de témoigner de leas foi dans de Christ, d’annoncer cette foi ou bien d’établir une forme de relations interreligieuses avec des membres de différentes confessions religieuses.
Le plan de salut de Dieu pour toute l’ humanité a son centre en Jésus-Christ, le seul et unique Sauveur de tous, selon la foi chrétienne. Dans la mise en œuvre de ce plan, un rôle spécial a été assigné à la Bienheureuse Vierge Marie, comme en témoignent les Evangiles, et même la promesse d’un Sauveur dans le livre de la Genèse. C’est pourquoi les chrétiens, et les catholiques en particulier, s’interrogent parfois sur le rôle de la Vierge de Nazareth dans les relations interreligieuses.
Je suis par conséquent heureux d’avoir été invité à proposes à votxe assemblée, en ce sanctuaire renommé de l’Immaculée Conception, ces quelques réflexions sur « La Bienheureuse Vierge Marie, un signe pour les croyants du troisième millénaire ».
Nous allons commences par un court exposé de la place de la Vierge Marie dans les principales religions: le christianisme, le judaisme, l’islam, l’hindouisme, le bouddhisme et d’autres religions.
Nous allons tout d’abord considérer le rôle providentiel de Marie dans l’approche chrétienne des personnes d’autres religions. Puis nous allons examiner comment des membres de nombreuses religions peuvent regarder Marie comme une femme modèle, comme une source d’inspiration pour la défense de la famille et de la vie humaine, et comme un modèle d’ouverture à Dieu. Nous terminerons ces réflexions en méditant sur la Sainte Vierge comme agent d’harmonie entre les croyants.

1. La Bienheureuse Vierge Marie dans la foi catholique

Ces réflexions étant faites par un catholique, il est bon de commences par une présentation de la Bienheureuse Vierge Marie selon la foi catholique.
Après la chute de nos premiers parents, Dieu nous a promis un Sauveur. Dieu a maudit le serpent : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon » (Gn 3:15). Ce lien entre « la femme » et le Sauveur promis a été rendu encore plus manifeste par le prophète Isaïe : « La jeune fine est enceinte et va enfanter un fils qu’elle appellera Emmanuel » (Is 7:14).
A la « plénitude des temps » (cf. Ga 4:4; He 1:2), Dieu a envoyé l’Archange Gabriel annoncer à la Vierge de Nazareth, par quelques mots concis, son plan divin de salut, et le rôle qui serait le sien comme Mère virginale du Sauveur. Marie a accepté. Marie a obéi. Elle est devenue la Mère du Fils de Dieu qui a pris notre nature humaine.
Dieu a doté Marie de dons exceptionnels. Conçue sans la marque du péché originel, elle a été saluée par l’Archange comme la « pleine de grâce ». Elle est la fille bien-aimée du Père, la Mère du Fils de Dieu et le temple de l’Esprit-Saint (cf. Lumen Gentium, 53). Marie a eu et la gloire de la maternité, et celle de la virginité. Elle est « le seul orgueil de notre nature corrompue ». Elle peut étre appelée le chef d’œuvre de Dieu. Saint Augustin fait l’éloge de cette merveille : « II (Dieu) a choisi la mère qu’il avait créée ; il a créé la mère qu’il avait choisie » (Sermon 69,3.4 ). Associée au Sauveur, elle a été avec le Christ à tous les moments clés de l’histoire de la Rédemption : à sa Conception, à sa Nativité à Bethléem, dans sa vie privée à Nazareth, aux noces de Cana, lors de ses miracles et de ses enseignements, et surtout au Calvaire, à l’Ascension et à la Pentecôte. Comme le dit le Concile Vatican II, « pendant la vie publique de Jésus, sa mère apparait expressément » (Lumen Gentium, 58).
La Vierge Marie est liée à l’Église de manière particulière. « Son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils dont le pèlerinage n’est pas achevé, ou qui se trouvent engagés dans les périls et les épreuves » (Lumen Gentium, 62). Elle est un modèle pour suivre le Christ, non seulement pour chaque chrétien, mais aussi pour l’Église dans son ensemble. L’Église l’honore avec affection et piété filiales comme une mère très aimée. Toutes les générations l’appellent bienheureuse (cf. Lc 1:48). Nous voyons donc pourquoi le Pape Jean-Paul II parle du « caructère unique de sa place dans le mystère du Christ » (Redemptoris Mater, 9).
Examinons maintenant si, dans les autres religions, nous pouvons trouver trace ne serait ce que d’une allusion, d’une évocation lointaine, d’une ombre, ou au moins d’un désir inexprimé de cette extraordinaire Vierge Mère.

2. Marie dans la Bible hébraïque : une vision chrétienne

Ève, la première femme, est bientót devenue celle qui, avec Adam, a entrainé toute l’humanité dans le naufrage du péché originel. Dieu a promis un Sauveur, et la mère du Rédempteur a été annoncée au même moment, dans le texte de la Genèse déjà cité : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme » (Gn 3:15).
Abraham, notre « père dans la foi », a obéi de manière totale et inconditionnelle aux promesses de Dieu, même lorsque, à cause déyénements extérieurs, il lui a été difficile de voir comment ces promesses s’accompliraient. Le Pape Jean-Paul II, dans son homélie à Nazareth le 25 mars 2000, a appelé la Vierge Marie « la plus authentique des filles d’Abraham » parce que, avec une grande foi, elle est devenue la Mère du Messie et la Mère de tous ceux qui croient (cf. l’homélie publiée dans L’Osservatore Romano, édition hebdomadaire en langue française, 4/4/2000, p.11).
Voici les symboles de la Vierge Marie que l’on peut trouver dans la Bible hébraique, l’Ancien Testament pour les chrétiens : La Vierge Mère promise dans la Genèse et dans Isaie, la Fille de Sion, le Jardin d’Eden, la bien-aimée du Cantique des Cantiques, et l’Arche d’Alliance. Ruth est un symbole de Marie et de l’Église parce qu’elle est placée de manière providentielle dans l’arbre généalogique du Christ. Esther et Judith sont aussi des symboles de Marie, en tant qu’associée au Sauveur daps le déroulement du plan divin de salut.
La Vierge Marie pourrait étre regardée, à côté du Christ, comme la plus grande gloire du peuple juif. C’est au sein de ce peuple de l’Alliance que Dieu a choisi cette figure exceptionnelle qui donnerait naissance au Sauveur de l’humanité. Nous ne pouvons que prier la Sainte Vierge de nous obtenir de Dieu la gràce de promouvoir toujours mieux les relations judéo-chrétiennes.

3. Marie dans l’islam

La foi musulmane est fondée sur le texte du Coran, augmenté des traditions orales venant de Mahomet. Le Coran fait 34 fois référence à Marie, la seule femme que le livre mentionne par son nom ; une des Sourates (chapitres) du Coran porte son nom. Le Coran fait mention de la Nativité de Marie (3,33-37), de sa Présentation au Temple (19,16-17; 3,37. 42-44), de l’Annonciation (19,17-21; 3,45-51), de sa Virginité (19,20; 21,91; 66,12), de la naissance de Jésus (19,23-26), et, peut-être (la référence est ambigué), de son Assomption au Ciel (23,50). La prééminence de Marie dans le Coran peut être résumée par le verset qui rappelle la salutation de Gabriel à Marie dans l’Évangile de Luc : « Marie, Dieu t’a choisie. II t’a rendue pure, et t’a exaltde au-dessus de toutes les femmes de l’univers » (3,42).
Marie est considérée comme un signe (aya) (23,50-51) et un modèle (mathal) (66,10-12) pour l’humanité. Le Coran mentionne que Marie a été spécialement choisie par Dieu (3,42), rendue pure (3, 42), qu’elle est une sainte femme (siddiqa) (5,75), un modèle de foi en Dieu (66,12), de confiance en la providence (3,37), de recours instinctif à Dieu (19,18), d’abandon à Sa volonté (3,37; 19,21), de dévotion (66,12), de modestie virginale (21,91), de piété et de recueillement (19,17), de silence respectueux (19,26), de prière (3,43), et de jeúne (19,26).
Certaines traditions hadith venant de Mahomet semblent faire référence à l’immaculée conception de Marie. Il y a plusieurs variantes du hadith ; l’une d’elles dit : « Tout nouveau-né, à l’exception de Jésus et de Marie, émet un cri au moment de la naissance parce que Satan le touche ». Marie et Jésus, à la différence des autres enfants d’Adam, n’ont pas commis de péché (dhunub) ». (Muslin, Sahih II; 224; Bukhari, Sahih III; Ibn Hanbal, Musnad, 233, 274, 288 ; Tha’labi, Oisas, 372 ; Tabari, Jami al-Bayan, VI : 7887-7998). Un autre hadith affirme que Marie est « la reine de toutes les femmes dans le paradis » (Ibn Hanbal, Musnad, III: 64, 80). Plusieurs variantes hadith considèrent Marie  » supérieure aux trois femmes les plus excellentes qui aient jamais existé : A’isha, Khadija, et Fatima » (Tabari, VI: 7026-7097).
Le Coran prend soin d’afiirmer l’humanité de Marie, contre certaines conceptions de l’époque qui faisaient d’elle un demi-dieu. Cela, l’orthodoxie chrétienne l’approuve, parce que l’Église enseigne que Marie, bien que grandement exaltée, reste toujours une créature.
Il y a des différences significatives entre les croyances musulmanes et chrétiennes au sujet de la Vierge Marie. Comme l’islam n’accepte pas le dogme de la Sainte Trinité, il rejette également l’enseignement selon lequel Jésus-Christ est Fils de Dieu et donc Dieu, et par conséquent Marie comme Mère de Dieu (Theotókos). Pour le christianisme, ces dogmes ont une importance fondamentale.
Le nom de Marie, Maryam, est adopté par de nombreux musulmans. Quand les musulmans la mentionnent, ils disent toujours « Notre Dame Marie » (Sittna Maryam). Comme l’orthodoxie musulmane n’approuve que les prières qui sont adressées à Dieu, la prière d’intercession n’est pas directement dirigée vers Marie (ni vers Jésus ou Mahomet). Cependant, au niveau populaire, les musulmans, spécialement les femmes, visitent les sanctuaires marials en Egypte, à Damas, au Liban, à la « maison de Marie » à Izmir (Éphèse) en Turquie, à Alger et en Indonésie, et ils la prient.

4. Marie dans l’hindouisme

Depuis les temps anciens, des déesses sont connues et grandement vénérées en Inde. Les milliers d’images féminines retrouvées au Nord-Ouest de l’Inde dans les ruines de la civilisation de la Vallée de l’Indus (vers 2500-1500 avant J.C.) indiquent que des déesses ont joué un rôle important dans la religion de cette culture, bien que des divinités masculines aient dominé la tradition textuelle.
Le culte quotidien des déesses dans l’hindouisme se remarque tout d’abord au niveau du village, où le culte de la déesse tient une place extrémement grande. Parmi ces déesses, nombreuses sont celles qui n’ont qu’une réputation régionale ou locale, bien qu’elles puissent étre associées dans l’esprit de certains villageois à des déesses de la tradition littéraire. Ces déesses du village se soucient des existences, des intéréts, du bien-étre des petites communautés. Elles sont spécialement associées à la fertilité, tant celle des récohes que la fécondité des étres humains, ainsi qu’aux maladies. Elles sont habituellement honorées par tous les membres d’un village et leur identité première est liée à un village spécifique.
Parmi les théologiens hindous, certains croient en l’existence d’une Grande Déesse qui se manifesterait sous des formes variées. Les nombreuses déesses de la tradition hindoue sont toutes des manifestations d’un principe cosmique unifiant, de caractère actif, puissamment fécond, et féminin. Bien que ce grand personnage soit connu sous de nombreux noms, on l’appelle en général simplement Devi (Déesse) ou Mahadevi (Grande Déesse). Elle est souvent appelde Sakti, ce qui signifie « puissance » et suggère ses grands et inépuisables pouvoirs créateurs. Cette Grande Déesse est fondamentalement une divinité active, attentive à la stabilité du monde et aux besoins de ses fidèles. Bien qu’elle présente un côté sombre, destructeur, assoiffé de sang, cet aspect de la Grande Deesse est vu comme fisant naturellement partie d’un sens de l’ordre se penchant sur tout, et affirmant l’interaction positive et necessaire entre la vie et la mort, entre la creation et la destruction, entre la force et le repos, dans la nature du cosmos.
La devotion des fidèles de l’hindouisme et des autres religions indiennes envers la Très Sainte Vierge Marie doit être comprise dans ce contexte des déesses hindoues qui vient d’être mentionné. Le concept populaire de la déesse hindoue ne peut s’appliquer à Notre-Dame, bien que l’on trouve en elle de nombreux attributs des déesses hindoues. Elle est respectée et vénérée par les Indiens à un niveau populaire, comme une sainte femme qui répond à leurs prières pour des besoins matériels ou spirituels. Mais si l’on venait à leur parler, de manière convaincante, de la réelle grandeur de Notre-Dame comme la Mère Immaculée du Rédempteur, ils pourraient alors atteindre au respect et à la vénération qui lui sont réellement dus.

5. Marie dans le bouddhisme

Le bouddhisme, au sens strict et originel, ne parle pas de Dieu, et donc ne pourrait faire place à une figure qui correspondrait à la Bienheureuse Vierge Marie dans l’économie du salut.
Néanmoins, le bouddhisme a inculqué, depuis le tout premier commencement, la vertu fondamentale de la bienveillance-compassion (maitrikaruna) dont l’exemple était une mère qui se sacrifiait pour son fils : « Comme une mère » chante un ancien Sutra (écrit sacré bouddhiste) « aime et defend son fils bien-aimé au prix de sa vie, ainsi vous, ô moines, devez cultiver sans limite la vertu de la bienveillance-compassion envers toutes les choses vivantes ».
Au fil des temps, à l’intérieur du bouddhisme Mahayana (forme qui prévaut au Japon, en Corée et en Chine), est apparu et s’est répandu le concept du Kannon-Bosatsu (en sanscrit, Bodhisattva Avalokitésvara), le Bouddha-mère à la compassion infinie. La devotion à Kannon-Bosatsu s’est rapidement propagée en Chine, en Corée et au Japon. Les nombreux temples dédiés à ce Kannon sont devenus les lieux préférés des pèlerinages bouddhistes.
Il est un detail intéressant de l’histoire du christianisme au Japon. Une terrible persecution fut menée contre les chrétiens, pendant trois siècles, du temps où Tokugawa était shogun (gouverneur). Les catholiques persécutés ont maintenu leur foi au moyen de petites statues de Marie-Kannon. (Kannon était une déesse de miséricorde vénérée par les bouddhistes). Il y avait des statues représentant en apparence Kannon, mais qui en réalité étaient vénérées comme la Bienheureuse Vierge Marie (avec souvent l’Enfant Jesus dans ses bras). Les catholiques ont échappé de cette manière à l’attention des autorités.
Aujourd’hui, de nombreux bouddhistes, spécialement ceux du Japon, lorsqu’ils viennent visiter l’Europe, choisissent Lourdes comme leur lieu préféré de pèlerinage. L’image de Marie, Mère et Soutien de l’humanité blessée et souffrante, attire beaucoup les cœurs des bouddhistes, qui à l’évidence n’oubhent pas Kannon.
En octobre 2000, Phra Sommai, l’Abbé bouddhiste du temple de Kaew Praew au Nord de la Thailande, ami du mouvement des Focolari dans l’Église catholique, a participé à l’audience générale du mercredi du Saint-Père, puis a visité les centres des Focolari à Rocca di Papa et à Loppiano. Connaissant la parole bouddhiste disant que « être une mère est être une presence d’amour qui accueille et qui crée un foyer », il a écrit le poème suivant devant l’image sacrée de la Madonne de Lumière de Tonadico (la traduction est la mienne) :

« Mère de l’Amour

Face sereine, to embrasses l’univers, le regard tourné vers le bas to sembles triste,
mais to es pleine de douceur, de bienveillance de miséricorde sans fin.

Mère de l’Amour

Face sereine, to embrasses l’univers, le regard tourné vers le bas
to sembles triste,
mais to es pleine de douceur, de bienveillance de miséricorde sans fin.
Les mains jointes
qui donnent la bénédiction du cœur.
Dans les moments de solitude,
me tournant vers elle, j’ai perçu la chaleur
de sa presence toute proche.
Pour qui est dans l’erreur, tu es une sûre consolation.
Dans les préoccupations, tu es un guide et une lumière.
Tu nous donnes le bonheur, le repos,
et de toi, nous obtenons tout.
Mais to n’attends rien en retour, parce que tu es détachement absolu.

(cité dans Mariapoli 11/2000, p.19).

6. Images de Marie dans d’autres religions

Il serait intéressant que des personnes compétentes puissent étudier s’il se trouve des images, des traces ou des désirs non formulés de Marie dans d’autres religions comme les religions traditionnelles, le shintoisme, la religion sikh, baha’i et le taoisme. Je pense à des qualités comme la maternité, la virginité, la miséricorde, la compassion, la construction de la famille, la réconciliation et l’harmonie entre frères et sœurs, et l’amour gratuit.
7. Le rôle providentiel de Marie dans l’approche chrétienne des personnes d’autres religions
En vertu de la nature même de la vocation et de la mission chrétiennes conférées au baptéme et renforcées par les autres sacrements, les chrétiens sont appelés à rencontrer les personnes d’autres religions, et bien sur chaque être humain. Cette mission ou cette vocation se manifeste de trois manières : le témoignage, l’annonce et le dialogue. En chacune de ces activités, la Bienheureuse Vierge Marie est pour les chrétiens un grand modèle et un grand soutien.
Le témoignage que les chrétiens rendent au Christ peut s’exprimer à travers l’amour gratuit pour les autres. Le Christ lui-même a donné l’exemple suprême en souffrant et en mourant pour le salut de l’humanité : « Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15:13). Jésus a pardonné à ses ennemis, y compris ceux qui le crucifiaient : « Père, pardonne- leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23:34). La Bienheureuse Vierge Marie a servi Dieu et est allée en hâte auprès de sa cousine Élisabeth pour lui rendre visite et pour l’aider. Elle est restée debout au pied de la Croix et nul ne rapporte qu’elle ait dit un mot contre ceux qui étaient en train de crucifier son Fils innocent et si exceptionnellement généreux. Elle est un modèle de témoignage chrétienne.
Le chrétien devrait, lorsque les circonstances le recommandent, annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ aux autres, afin de leur offrir une chance de l’accepter librement, en devenant membre de l’Église où ils recevront en plénitude et en abondance les moyens du salut. Marie qui porte Jésus dans son sein pour sanctifier Jean le Baptiste est un modèle du chrétien qui apporte le Christ au monde. Dans les diverses religions, les personnes cherchent des réponses aux grandes questions qui concernent l’existence humaine sur terre ; par exemple l’origine de l’homme, la nature du bien et du mal moral, la raison de la souffrance, l’essence du bonheur et ce qui survient après la mort. Étant donné qu’il n’est pas toujours facile de parvenir à la vérité religieuse, on peut commettre des erreurs en cherchant des réponses à ces questions. C’est ce qui explique l’essor de sectes ésotériques ou pseudo-religieuses, la recherche du bonheur par l’auto-illumination, la croyance en la réincarnation et les idées confuses sur la vie après la mort. Une pleine participation à la révélation de Dieu en Jésus-Christ par une joyeuse annonce de l’Evangile devra parcourir un long chemin pour répondre à ces questions brúlantes du cœur humain. La doctrine catholique insiste aussi sur la volonté salvifique universelle de Dieu, « qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2:4). C’est pourquoi le plan divin de salut inclut tout homme et Dieu ne va pas refuser la grâce nécessaire au salut à une personne qui est ouverte à son action divine et suit sa conscience en matière de droiture et d’erreur morale (cf. Lumen Gentium, 16). Néanmoins, la pleine adhésion à l’Évangile de Jésus-Christ offre aux personnes une plus grande chance de recevoir les moyens du salut. Marie, en tant que Mère du Rédempteur et par conséquent Mère de toute l’humanité, ne peut pas ne pas étre concernée par la participation aux bénéfices du salut gagnés par son Fils à un tel prix.
La religion se propose, elle ne s’impose pas. On ne peut imaginer la Vierge Marie usant de coercition pour amener quelqu’un à croire au Christ. Mais elle s’est révélée une sœur et une mère pour tous. Le chrétien, de même, doit apprende à rencontrer les personnes d’autres religions dans une attitude d’écoute mutuelle, d’effort pour comprendre, et de collaboration dans la promotion de la justice, de la paix, des valeurs familiales et de l’héritage culturel des différentes peuples.

8. Marie, la Femme Modèle

Dans le monde d’aujourdhui, la femme est, en bien des sen, attaquée. Son image, son identité, son souvent obscurcies quand ce n’est pas directement abimées. La femme est sous-estimée, banalisée, utilisée et même commercialisée lorsqu’on fait d’elle une image commode de publicité pour des voitures, des peintures et des bouteilles d’eau. De nombreux courants de pensée aujourd’hui suggèrent de manière subtile aux femmes qu’elles devraient faire exactement ce que font les hommes, comme si ceux-ci étaient leurs modèles. On considère ainsi que les femmes sont libérées lorsqu’elles manient une arme à feu et tuent sur le front, et lorsqu’elles pilotent des avions de chasse. On les conditionne pour regarder la maternité comme une oppression et la grossesse comme une atteinte à leur beauté, voire une maladie. La femme au foyer est présentée comme un modèle de régression culturelle. La virginité est regardée comme un tabou primitif dont les femmes devraient étre libérées.
C’est ici que la Vierge de Nazareth a un message à donner aux membres de toutes les religions en ce qui concerne la véritable identité de la femme. En elle, Dieu allie la beauté de la virginité et les gloires de la maternité. Et pourtant elle n’a pas une personnalité efféminée ou faible.
Vierge pleine de prudence et de force, elle sait que le Tout-Puissant a fait pour elle de grandes choses, qu’Il a dispersé les superbes, qu’Il a renversé les puissants de leurs trónes et élevé les humbles, comme elle le chante avec vigueur dans son Magnificat (cf. Lc 1:48-53). Vraiment, toutes les générations la diront bienheureuse.
Les bouddhistes qui ont de l’estime pour la maternité, la compassion, la générosité, le renoncement à soi-même et l’amour, trouveront en la Vierge Marie quelqu’un qui les élève, les inspire, les guide et les encourage.
Les hindous trouveront en Marie la réalisation de la féminité la plus haute, de la fécondité, de la puissance, de la force, et comme le reffet maternel de Dieu. C’est Dieu lui-même qui parle en termes maternels de son amour pour le peuple qu’il s’est choisi : « Une femme oublie-t-elle fenfant qu’elle nourrit, cesse-t-elle de chérir le fils de ses entrailles ? Même s’il s’en trouvait une pour foublier, moi, je ne t’oublierai jamais ! » (Is 49:15). Jésus lui-même a pleuré sur la ville de Jérusalem : « Que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble ses poussins sous ses ailes … et vous n’avez pas voulu ! » (Mt 23:37).
Les musulmans trouveront en la Vierge Marie une femme de foi, une vierge très pure, une mère très aimante et une constructrice de famille au meilleur sens du terme.
Les femmes et les hommes de toutes religions devraient tourner leurs regards vers Marie comme vers une femme modèle donnée par Dieu et dont toute l’humanité devrait Lui être reconnaissante. « L’homme et la femme », dit le Pape Jean-Paul II, « créés comme ‘unité des deux’ dans leur commune humanité, sont appelés à vivre une communion d’amour et à refléter ainsi dans le monde la communion d’amour qui est en Dieu » (Mulieris Dignitatem, 7). Marie aidera à la fois les hommes et les femmes à établir des relations mutuelles selon le plan divin et leur permettra ainsi de trouver, d’accepter et de vivre leur véritable identité, leur complémentarité et leur noble humanité, chacun comme image et ressemblance de Dieu (cf. Gn 1:27).
9. Marie, une inspiratrice pour les croyants dans la défease de la famille et de la vie humaine
A notre époque, un problème qui interpelle les croyants des différentes religions et les invite à unir leurs efforts est la défense de la famille et de la vie humaine.
Dans chaque pays, l’un après l’autre, nous voyons les valeurs familiales authentiques s’effriter ou même étre tournées en dérision par l’introduction de l’infidélité, de la séparation et du divorce. Certains n’hésitent pas à conférer à la cohabitation entre personnes du même sexe le statut du mariage. La polygamie obscurcit l’idéal divin originel d’une communauté d’amour entre un homme et une femme.
Les menaces contre la vie ne sont pas moins inquiétantes. Une mentalité opposée à la vie justifie la contraception, l’avortement et l’infanticide. Elle regarde l’enfant non comme un don de Dieu et la couronne du mariage, mais comme un fardeau non désiré ou au mieux comme un produit de la science et du génie biogénétique, dont on pourrait spécifier les caractères selon les indications de ceux qui donneraient l’ordre de le créer. Et quand une personne est àgée ou malade, les avocats de l’euthanasie proposent avec arrogance ce qu’ils appellent la mise à mort par pitié.
Une réflexion commune sur la Vierge Marie peut aider les membres des diff érentes religions à
atteindre une conception plus haute de la famille et de la vie humaine. La Sainte Vierge a accueilli le Verbe de Dieu qui s’est incarné en elle, elle l’a porté dans son sein pendant neuf mois, elle l’a donné au monde, l’a nourri et l’a offert en sacrifice pour le bien de tous. Comme épouse de Saint Joseph, elle fut aimante et obéissante, et elle a été une source de joie pour la Sainte Famille de Nazareth. Lorsque le Pape Jean-Paul II s’est rendu à Nazareth en mars 2000, il a prié pour que tous les croyants puissent « défendre la famille contre les nombreuses menaces qui pèsent actuellement sur sa nature, sa stabilité et sa mission ». Il a ajouté : « Je confie à la Sainte Famille les efforts des chrétiens et de toutes les personnes de bonne volonté pour défendre la vie et promouvoir le respect pour la dignité de chaque être humain » (Homélie du 25/3/2000, n° 6, dans L’Osserv. Rom., éd. hebd. en langue fr., 4/4/2000, pp. 11 et 14).

10. Marie comme modèle de sainteté ou d’ouverture à Dieu

Les relations et la collaboration interreligieuses peuvent commencer au niveau sociologique ou horizontal : par une action commune en faveur de la justice et de la paix, par l’harmonie au sein de la société, par l’élimination d’une injuste discrimination, etc. Mais il faut s’efforcer d’arriver au niveau théologique, spirituel ou vertical. Le dialogue interreligieux devrait aider ceux qui y participent à être plus ouverts à Dieu, plus prompts à faire Sa volonté et plus impliqués dans la quéte de vérité religieuse. En bref, les contacts interreligieux devraient aider à la sainteté de la vie.
C’est là que la Bienheureuse Vierge Marie se présente à nous comme un modèle. Elle a écouté le message que Dieu lui avait envoyé. Elle a cherché à connaitre Sa volonté en lisant la Sainte Ecriture. Elle a cru en Dieu qui lui parlait à travers l’Archange Gabriel. Elle a obéi. Elle s’est totalement ouverte à faction cachée mais puissante du Saint Esprit. Elle a conservé dans son cceur les paroles et les actions de Jésus et a médité sur elles. Elle a, plus que quiconque, contemplé le visage du Christ. Marie est le prototype de l’humanité placée devant le mystère ineffable de Dieu.
Dans le Message que j’ai envoyé de par le monde aux musulmans en 1988, pour la fin de leur féte du Ramadan, j’ai attiré l’attention sur la sainteté de Marie, sur sa vie toute centrée sur Dieu :
« Marie a bénéficié de la faveur spéciale de son Seigneur. Choisie par grâce entre les femmes de ce monde, elle a été purifiée par Dieu et, par suite, préservée de toute emprise de Satan. Marie a écouté la voix du Tout-Puissant, elle a cru en sa Parole et elle s’est consacrée à son service, servante humble et soumise. Ainsi peut-elle être, pour nous, un modèle de foi, de prière et de confiance en Dieu, un exemple de pureté, de service et de sainteté. Elle est un symbole de dignité spirituelle et de liberté responsable pour tout être humain, plus particuliérement pour la femme que l’histoire a trop souvent mal comprise » (dans « Cons. Pont. Pour le Dial. Interreligieux », Un lien d’amitié, 2000, p. 47).
Les membres des différentes religions qui œuvrent ensemble peuvent voir en la Sainte Vierge un modèle pour savoir comment préter attention à Dieu.

11. Marie, Mère de Bon Conseil pour les croyants

Alors que les croyants dans les diverses religions s’efforcent, au seuil du troisième millénaire, d’intensifier la collaboration interreligieuse, ils recevront l’inspiration nécessaire en tournant leurs regards vers la Vierge Marie. Marie a brillé par les grandes qualités que l’on désirerait voir chez un partenaire du dialogue : attention à Dieu, obéissance à Sa Parole, aptitude au silence, à l’écoute et à la réflexion, prière de louange et d’action de grace adressée à Dieu, préoccupation pleine d’amour pour le prochain, pratique du partage du don de Dieu avec les autres.
En tant que Mère de l’humanité nouvelle, nous lui confions les diverses initiatives des croyants pour œuvrer et cheminer ensemble. Que cette bonne Mère obtienne aux enfants de Dieu une plus grande harmonie, une plus grande disposition à s’accepter mutuellement, et une aptitude accrue à faire la volonté de Dieu et à construire un monde plus juste, plus paisible et plus accueillant.

Note

* Réflexions données lors du Colloque sur « Marie dans les relations œcuméniques et interreligieuses » Lourdes, 8 juin 2001.
Réf. : OMNIS TERRA (Édition française), n. 382, mai 2002, pp. 182-188.

Audience générale du 21 avril 2010 : Le voyage apostolique à Malte

21 avril, 2010

du site:

http://www.zenit.org/article-24147?l=french

Audience générale du 21 avril 2010  : Le voyage apostolique à Malte

Texte intégral

ROME, Mercredi 21 avril 2010 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse prononcée par le pape Benoît XVI, ce mercredi, au cours de l’audience générale, place Saint-Pierre.

Chers frères et sœurs !
Comme vous le savez, samedi et dimanche derniers, j’ai accompli un voyage apostolique à Malte, sur lequel je voudrais m’arrêter brièvement aujourd’hui. L’occasion de ma visite pastorale a été le 1950e anniversaire du naufrage de l’apôtre Paul sur les côtes de l’archipel maltais et de son séjour sur ces îles pendant environ trois mois. Il s’agit d’un événement pouvant être situé autour de l’an 60 et raconté avec une abondance de détails dans le livre des Actes des Apôtres (chapitres 27-28). Comme ce fut le cas de saint Paul, j’ai moi aussi fait l’expérience de l’accueil chaleureux des Maltais – véritablement extraordinaire – et pour cela, j’exprime à nouveau ma plus vive et cordiale reconnaissance au président de la République, au gouvernement et aux autres autorités de l’Etat, et je remercie de façon fraternelle les évêques du pays, avec tous ceux qui ont collaboré en vue de préparer cette rencontre de fête entre le successeur de Pierre et la population maltaise. L’histoire de ce peuple depuis presque deux mille ans est inséparable de la foi catholique, qui caractérise sa culture et ses traditions : on dit qu’à Malte, il y a au moins 365 églises, « une pour chaque jour de l’année », un signe visible de cette foi profonde !

Tout a commencé par ce naufrage : après être allé à la dérive pendant 14 jours, poussé par les vents, le bateau qui transportait à Rome l’apôtre Paul et de nombreuses autres personnes échoua sur un bas-fond de l’île de Malte. C’est pour cela qu’après la rencontre très cordiale avec le président de la République, dans la capitale, La Valette – qui a eu comme beau cadre le salut joyeux de nombreux jeunes garçons et filles – je me suis rendu immédiatement en pèlerinage dans celle que l’on appelle la « grotte de saint Paul », près de Rabat, pour un moment intense de prière. Là, j’ai pu saluer également un groupe nombreux de missionnaires maltais. Penser à ce petit archipel au centre de la Méditerranée, et à la façon dont la semence de l’Evangile y arriva, suscite un sentiment de grand émerveillement face aux desseins mystérieux de la Providence divine : il devient spontané de rendre grâce au Seigneur et également à saint Paul qui, au milieu de cette violente tempête, conserva la confiance et l’espérance et les transmit également à ses compagnons de voyage. De ce naufrage, ou mieux, du séjour de Paul à Malte qui suivit, est née une communauté chrétienne fervente et solide, qui après deux mille ans, est encore fidèle à l’Evangile et s’efforce de le conjuguer avec les questions complexes de l’époque contemporaine. Cela, naturellement, n’est pas toujours facile, ni évident, mais le peuple maltais sait trouver dans la vision chrétienne de la vie les réponses aux nouveaux défis. Par exemple, le fait d’avoir maintenu ferme le profond respect pour la vie à naître et pour le caractère sacré du mariage, en choisissant de ne pas introduire l’avortement et le divorce dans la constitution juridique du pays, en est un signe.

C’est pourquoi, mon voyage avait pour but de confirmer dans la foi l’Eglise qui est à Malte, une institution très vivante, bien structurée et présente sur le territoire de Malte et de Gozo. Toute cette communauté s’était donné rendez-vous à Floriana, sur la place des Greniers, devant l’église Saint-Publius, où j’ai célébré la messe à laquelle tous ont participé avec une grande ferveur. Cela a été pour moi un motif de joie, et également de réconfort de sentir la chaleur particulière de ce peuple qui donne le sentiment d’une grande famille, rassemblée par la foi et par la vision chrétienne de la vie. Après la célébration, j’ai voulu rencontrer plusieurs personnes victimes d’abus de la part de membres du clergé. J’ai partagé avec elles la souffrance et, avec émotion, j’ai prié avec elles, les assurant de l’action de l’Eglise.

Si Malte donne le sentiment d’une grande famille, il ne faut pas penser que, à cause de sa conformation géographique, elle soit une société « isolée » du monde. Il n’en est pas ainsi, et on le voit, par exemple, dans les contacts que Malte entretient avec divers pays et du fait que dans de nombreuses nations on trouve des prêtres maltais. En effet, les familles et les paroisses de Malte ont su éduquer de nombreux jeunes au sens de Dieu et de l’Eglise, si bien que beaucoup d’entre eux ont répondu avec générosité à l’appel de Jésus et sont devenus prêtres. Parmi eux, beaucoup ont embrassé l’engagement missionnaire ad gentes, dans des terres lointaines, héritant de l’esprit apostolique qui poussait saint Paul à apporter l’Evangile là où il n’était pas encore arrivé. Il s’agit d’un aspect que j’ai répété avec plaisir, à savoir que « la foi s’affermit lorsqu’on la donne » (Enc. Redemptoris missio, n. 2). Sur la racine de cette foi, Malte s’est développée et à présent elle s’ouvre aux différentes situations économiques, sociales et culturelles, auxquelles elle offre une précieuse contribution.

Il est clair que Malte a souvent dû se défendre au cours des siècles – et on le voit dans ses fortifications. La position stratégique du petit archipel attirait bien évidemment l’attention des diverses puissances politiques et militaires. Toutefois, la vocation la plus profonde de Malte est la vocation chrétienne, c’est-à-dire la vocation universelle de la paix ! La célèbre croix de Malte, que tous associent à cette nation, a tant de fois flotté dans les conflits et les affrontements ; mais, grâce à Dieu, elle n’a jamais perdu sa signification authentique et éternelle : elle est le signe de l’amour et de la réconciliation, et telle est la véritable vocation des peuples qui accueillent et embrassent le message chrétien !

Carrefour naturel, Malte est au centre de routes de migration : des hommes et des femmes, comme autrefois saint Paul, accostent sur les côtes maltaises, parfois poussés par des conditions de vie très dures, par des violences et des persécutions, et cela comporte, naturellement, des problèmes complexes sur le plan humanitaire, politique et juridique, des problèmes qui ne sont pas faciles à résoudre, mais dont il faut rechercher la solution avec persévérance et ténacité, dans une concertation des interventions au niveau international. Il est bon que l’on agisse ainsi dans toutes les nations qui ont les valeurs chrétiennes à la base de leurs Chartes constitutionnelles et de leurs cultures.

Le défi de conjuguer dans la complexité de notre temps la validité éternelle de l’Evangile est fascinant pour tous les hommes, mais en particulier pour les jeunes. Les nouvelles générations, en effet, le ressentent de manière plus forte, et c’est pour cette raison que j’ai voulu qu’à Malte également, malgré la brièveté de ma visite, ne manque pas une rencontre avec les jeunes. Ce fut un moment de dialogue intense et profond, rendu plus beau encore par l’atmosphère dans laquelle elle s’est déroulée – le port de La Valette – et par l’enthousiasme des jeunes. Je ne pouvais manquer de leur rappeler l’expérience de jeunesse de saint Paul : une expérience extraordinaire, unique, et pourtant capable de parler aux nouvelles générations de chaque époque, en raison de cette transformation radicale qui a suivi la rencontre avec le Christ Ressuscité. J’ai donc vu les jeunes de Malte comme des héritiers potentiels de l’aventure spirituelle de saint Paul, appelés comme lui à découvrir la beauté de l’amour de Dieu qui nous a été donné en Jésus Christ ; à embrasser le mystère de sa Croix ; à être vainqueurs précisément dans les épreuves et les tribulations ; à ne pas avoir peur des « tempêtes » de la vie, tout comme des naufrages, parce que le dessein d’amour de Dieu est plus grand encore que les tempêtes et les naufrages.

Chers amis, voilà, en synthèse, quel a été le message que j’ai porté à Malte. Mais comme je l’évoquais, j’ai pour ma part tant reçu de cette Eglise, de ce peuple béni de Dieu, qui a su collaborer de manière fructueuse avec sa grâce. Par l’intercession de l’apôtre Paul, de saint Georges Preca, prêtre, premier saint maltais, et de la Vierge Marie, que les fidèles de Malte et de Gozo vénèrent avec tant de dévotion, puisse celle-ci toujours progresser dans la paix et la prospérité.

A l’issue de l’audience générale, Benoît XVI a adressé les paroles suivantes aux pèlerins francophones :

Chers frères et sœurs,

A l’occasion du 1950ème anniversaire du naufrage de saint Paul, je viens d’effectuer une visite pastorale à Malte. J’ai voulu la commencer par un moment de prière silencieuse devant la «  Grotte de saint Paul  » . J’y ai remercié le Seigneur pour les desseins mystérieux de sa Providence. L’histoire de Malte est marquée par la foi catholique. En effet, ce peuple est comme une grande famille qui s’est édifiée sur la foi et sur une vision chrétienne de la vie trouvant des réponses au questionnement actuel relatif au respect de la vie et au mariage. Les familles maltaises et les paroisses ont su faire aimer Dieu et l’Eglise. En rencontrant les jeunes, je les ai invités à suivre l’exemple de saint Paul pour affronter les défis qui se présentent à eux. La noble vocation de ces îles est chrétienne, et la célèbre croix de Malte est un signe d’amour et de réconciliation. Cette vocation devrait être celle de tous les peuples qui adhèrent au message du Christ. Malte est une société ouverte au monde et elle a toujours été missionnaire. Se trouvant au cœur de la Méditerranée, ce pays peut ainsi devenir un pont entre les cultures et les religions comme l’a été jadis saint Paul.

Je suis heureux de saluer les pèlerins venus de Belgique, de France et de Suisse, en particulier les évêques de Moulins et de Nice. Que l’exemple et l’enseignement de ce saint Apôtre nous instruise et nous aide à discerner, dans nos tempêtes et naufrages humains, le dessein d’amour de Dieu.

Traduction : Zenit

bonne nuit

21 avril, 2010

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carnivouros plants

http://www.morguefile.com/archive/browse/#/?display=135624

Baudoin de Ford: « Moi, je suis le pain de vie »

21 avril, 2010

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20100421

Le mercredi de la 3e semaine de Pâques : Jn 6,35-40
Commentaire du jour
Baudoin de Ford (?-v. 1190), abbé cistercien
Le Sacrement de l’autel, II, 3 (trad. SC 93, p.255s.)

« Moi, je suis le pain de vie »

      Le Christ dit : « Qui vient à moi n’aura plus faim, qui croit en moi n’aura plus soif »… Et le psalmiste dit : « Le pain raffermit le coeur de l’homme » et « le vin réjouit le coeur de l’homme » (103,15). Pour ceux qui croient en lui, le Christ est nourriture et breuvage, pain et vin. Pain qui fortifie et raffermit…, breuvage et vin qui réjouit…  Tout ce qui en nous est fort et solide, joyeux et allègre pour accomplir les commandements de Dieu, supporter la souffrance, exécuter l’obéissance et défendre la justice, tout cela est force de ce pain et joie de ce vin. Bienheureux ceux qui agissent fortement et joyeusement ! Et comme personne ne le peut de lui-même, bienheureux ceux qui désirent avidement pratiquer ce qui est juste et honnête, et être en toutes choses fortifiés et réjouis par celui qui a dit : « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice » (Mt 5,6). Si le Christ est le pain et le breuvage qui assurent maintenant la force et la joie des justes, combien plus le sera-t-il au ciel, quand il se donnera aux justes sans mesure ?

      Remarquons-le, dans les paroles du Christ…, cette nourriture qui demeure pour la vie éternelle est appelée pain du ciel, vrai pain, pain de Dieu, pain de vie… Pain de Dieu pour le distinguer du pain qui est fait et préparé par le boulanger…; pain de vie, pour le distinguer de ce pain périssable qui n’est pas la vie et ne la donne pas, mais la conserve à peine, difficilement et pour un temps. Celui-là au contraire est la vie, donne la vie, conserve une vie qui ne doit rien à la mort.