Archive pour le 16 avril, 2010

Saint Paul à Malte

16 avril, 2010

Saint Paul à Malte dans images sacrée 194297_1

http://www.annopaolino.org/interno.asp?id_dettaglio=194297&id=29

MALTE

16 avril, 2010

du site:

http://456-bible.123-bible.com/calmet/M/malte.htm

MALTE

Melita , île célèbre dans la mer d’Afrique. On croit que son nom de Melita lui vient de la grande quantité de miel qui s’y trouvait autrefois. Sa longueur est d’orient en occident , et sa largeur du septentrion au midi. Son circuit est de soixante milles, ou de vingt lieues. Cette île est attribuée à l’Afrique par les géographes , parce que, tirant une ligne de l’orient à l’occident, elle se trouve enfermée dans la mer d’Afrique. Son terrain est pierreux et ingrat. Elle porte toutefois d’excellents fruits , des melons et du coton.

Saint-Paul, ayant fait naufrage sur les côtes de Malte , fut très-bien reçu avec ses compagnons par ceux de cette île, qui leur donnèrent le couvert , et leur allumèrent du feu pour les sécher. Mais saint Paul ayant pris un fagot de sarments pour le jeter au feu (Ac 28 :1-3), une vipère qui y était cachée, ayant senti la chaleur, se jeta à la main de Paul, qui, sans s’effrayer, la secoua dans le feu. Les assistants se disaient l’un à l’autre : Il faut quecet homme soit un homicide , puisqu’après avoir échappé du naufrage , la vengeance divine le poursuit encore. Ils s’attendaient à tout moment de le voir tomber mort; mais, considérant qu’il ne lui en était rien arrivé, ils commencèrent à le regarder comme une divinité.

Publius , gouverneur de l’île , les reçut fort humainement , et les traita fort bien pendant trois jours. Comme son père était malade de fièvre et de dyssenterie, saint Paul l’alla voir, lui imposa les mains et le guérit. Alors tous ceux de l’île qui avaient des malades les lui amenèrent, et il leur rendit la santé; et lorsque saint Paul et sa compagnie se rembarquèrent , ils les pourvurent abondamment de tout ce qui leur était nécessaire pour le voyage. On assure que depuis l’arrivée de saint Paul à Malte , il n’y a plus ni vipère, ni aucun autre animal venimeux, et que ceux même qu’on y porte d’ailleurs n’y peuvent vivre, surtout en l’endroit où saint Paul fut mordu , qui est une caverne d’où l’on emporte tous les jours de la terre et des pierres , pour chasser les animaux venimeux , et pour servir de préservatif et de remède contre les morsures des scorpions et des serpents. On ne peut pas dire que ce soit une propriété naturelle du pays, puisque, quand saint Paul y aborda, les habitants l’ayant vu mordu d’une vipère, jugèrent qu’il allait tomber mort. Cela ne peut donc venir que de la bénédiction particulière de saint Paul, qui s’étendit sur toute l’île. Un voyageur assure qu’on y voit de petits enfants manier les scorpions sans danger. Plusieurs Maltais se convertirent à la prédication de saint Paul, et la maison de Publius, qui en fut le premier évêque, fut changée en église. Saint Paul y demeura trois mois entiers.

Un religieux de la Charité, natif de cette île, m’a écrit que Malte était une ancienne colonie des Carthaginois , qu’elle avait toujours parlé le langage d’Afrique, comme elle fait encore aujourd’hui ; que c’est pour cela que ceux qui étaient avec saint Paul, qui tous étaient Grecs ou Latins, appellent les Maltais barbares ; que les Romains n’y ont jamais introduit leur langue parmi le peuple; qu’on y parle aujourd’hui arabe parmi le peuple ; qu’à la Valette on parle italien, à cause des chevaliers qui y ont leur demeure ; mais que les peuples de la campagne n’entendent point cette langue ; qu’à la vérité il y a deux paroisses de Grecs à la Valette : mais elles sont pour les Grecs qui sont sortis de Rhodes avec les .chevaliers et ont suivi leur fortune à Malte ; que, malgré toutes les révolutions qui sont arrivées à cette île, elle a toujours conservé la religion catholique dans sa pureté depuis saint Paul jusqu’aujourd’hui.

Il m’écrit de plus que le lieu où saint Paul échoua est une langue de terre baignée par la mer de deux côtés, située au nord de l’île, et à l’ouest de son étendue, qu’on a appelé toujours depuis le cale de saint Paul; que ta tradition de cette île est que saint Paul fut véritablement mordu d’une vipère, et qu’en la secouant dans le feu il maudit toutes les vipères de l’île, et que toutes celles qu’on y a vues depuis sont sans venin ; car il y en a encore aujourd’hui, mais elles ne sont pas dangereuses. On en a quelquefois porté en Sicile par curiosité, et aussitôt qu’elles sont arrivées en cette île, elles sont devenues venimeuses comme les autres; et dès qu’on les a rapportées à Malte, elles ont perdu leur qualité venimeuse.

Il ajoute qu’on trouve tous les jours quantité de vipères et d’autres serpents pétrifiés dans l’île de Malte, comme aussi des langues, des yeux, des viscères de serpents, qui ont tous la vertu de garantir de la morsure des animaux venimeux ceux qui en portent sur eux quelques morceaux ; et pour ceux qui n’en portent point ou qui n’en ont point, s’il leur arrive d’avoir été mordus par un serpent, ils se guérissent sûrement en prenant dans de. l’eau de la râclure de ces serpents pétrifiés, ou de leurs langues, de leurs yeux ou de leurs viscères aussi pétrifiés, ou même de la râclure des pierres de la grotte où saint Paul a logé ; et cela n’est point un effet du climat du pays ; puisqu’avant son arrivée à Malte les vipères et les autres animaux venimeux y étaient aussi dangereux qu’ailleurs.

Il existe, dit Barbié du Bocage, deux opinions relativement à l’île de Malte, sur laquelle la tempête jeta saint Paul : l’une, toute vivante dans Ille de Malte, située entre la Sicile et l’Afrique, veut que ce soit sur cette île que le saint Apôtre ait trouvé son salut ; l’autre, qui offre aussi quelque vraisemblance, le fait aborder dans l’île de Méléda, au nord-ouest de Raguse, sur la côte de Dalmatie. Il faut, dans cette dernière opinion, supposer que, lorsque la tempête surprit saint Paul dans son vogage à Rome, Brindes était le port vers lequel on se dirigeait pour aborder en Italie ; et en effet, Brindes était alors le port le plus fréquenté pour le passage de l’Italie. en Grèce, et réciproquement. La tempête aurait, dans ce cas, porté le navire plus au nord que la position de Brindes, l’aurait fait échouer sur le rivage de Méléda. 

L’autre opinion est pourtant plus communément partagée.

M. Michaud a vu l’île de Malte en revenant de l’Orient. La ville se compose de deux cités : l’ancienne, c’est Malte ; la nouvelle, c’est la Valette. Ou appelle la cité de Malte, la cité vieille ou la cité notable. a J’ai voulu la visiter, dit M. Michaud (Corresp. d’Orient, lettr. CLXXXVIII, tom. VII, pag. 469, 470); on en fait remonter l’origine aux Carthaginois ; elle est aussi bien bâtie que la Valette; mais ses rues sont désertes ; on nous a montré hors de la ville la grotte miraculeuse de saint Paul, et les souterrains qu’on appelle Catacombes : la grotte est taillée dans une pierre molle qui se reproduit, dit-on, à mesure qu’on en détache des fragments; à côté de cette merveille de la nature est une belle statue en marbre de saint Paul. Tout le monde sait que saint Paul fut jeté dans l’île par un naufrage, et qu’il y apporta la parole de l’Evangile. C’est à un miracle du saint Apôtre que les Maltais attribuent la faveur de n’avoir point dans leur pays des reptiles venimeux. 

Un temps pour regarder les Autres autrement

16 avril, 2010

du site:

http://aupuitsdejacob.free.fr/articles.php?lng=fr&pg=2225

Un temps pour regarder les Autres autrement

 Cardinal Decourtray

Jésus n’a pas dit : cette femme est volage, légère, sotte, elle est marquée par l’atavisme moral et religieux de son milieu, ce n’est qu’une femme !
Il lui demande un verre d’eau et il engage la conversation. Jean 4, 1-42.

Jésus n’a pas dit : Voilà une pécheresse publique, une prostituée à tout jamais enlisée dans le vice.
Il dit : Elle a plus de chances pour le Royaume de Dieu que ceux qui tiennent à leur richesse ou se drapent dans leur vertu ou leur savoir. Luc 7, 36-49.

Jésus n’a pas dit : Celle-ci est une adultère.
Il dit : Je ne te condamne pas, va et ne pèche plus. Jean 8, 9-10.

Jésus n’a pas dit : Celle-là qui cherche à toucher mon manteau n’est qu’une hystérique.
Il l’écoute, lui parle et la guérit. Luc 8, 43-48.

Jésus n’a pas dit : Cette vielle qui met son obole dans le tronc pour les œuvres du Temple est une superstitieuse.
Il dit qu’elle est extraordinaire et qu’on ferait bien d’imiter son désintéressement. Marc 12, 41-44.

Jésus n’a pas dit : Ces enfants ne sont que des gosses.
Il dit : Laissez-les venir à moi et tâchez de leur ressembler. Matthieu 19, 13-15.

Jésus n’a pas dit : Cet homme n’est qu’un fonctionnaire véreux qui s’enrichit en flattant le pouvoir et en saignant les pauvres.
Il s’invite à sa table et assure que sa maison a reçu le salut. Luc 19, 1-10.

Jésus n’a pas dit comme son entourage : cet aveugle paie sûrement ses fautes ou celles de ses ancêtres.

Il dit que l’on se trompe complètement à son sujet, et il stupéfie tout le monde, ses apôtres, les scribes et les pharisiens en montrant avec éclat combien cet homme jouit de la faveur de Dieu ; « il faut que l’action de Dieu soit manifestée en lui ». Jean 9, 1-5.

Jésus n’a pas dit : cet homme n’est qu’un occupant.
Il dit : Je n’ai jamais vu pareille foi en Israël. Luc 7, 1-10.

Jésus n’a pas dit : ce savant est un intellectuel.
Il lui ouvre les voies par une renaissance spirituelle. Jean 3, 1-21.

Jésus n’a pas dit : Cet individu n’est qu’un hors-la-loi.
Il dit : aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. Luc 23, 39-43.

Jésus n’a pas dit : Ce Judas n’est qu’un traître.
Il l’embrasse et lui dit : Mon ami. Matthieu 26, 50.

Jésus n’a pas dit : Ce fanfaron n’est qu’un renégat.
Il lui dit : Pierre, m’aimes-tu ? Jean 21, 15-17.

Jésus n’a pas dit : Ces grands prêtres ne sont que des juges iniques, ce roi n’est qu’un pantin, ce procurateur romain n’est qu’un pleutre, cette foule qui me conspue n’est qu’une plèbe, ces soldats qui me maltraitent ne sont que des fonctionnaires.
Il dit : Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. Luc 23, 34.

Jésus n’a jamais dit : Il n’y a rien de bon dans celui-ci, dans celui-là, dans ce milieu-ci et dans ce milieu- là.
De nos jours, il n’aurait jamais dit : Ce n’est qu’un intégriste, qu’un moderniste, qu’un gauchistes, qu’un fasciste, qu’un mécréant, qu’un bigot…
Pour lui, les autres, quels qu’ils soient, quels que soient leurs actes, leur statut, leur réputation, sont toujours aimés de Dieu.

Jamais homme n’a respecté les autres comme cet homme. Il est unique. Il est le Fils unique de Celui qui fait briller son soleil sur les bons et les méchants. Matthieu 5, 48.

En celui qu’il rencontre il voit toujours un extraordinaire possible ! un avenir tout neuf ! malgré le passé.

Le chant de l’Exsultet

16 avril, 2010

du site:

http://jerusalem.cef.fr/index.php/fraternites/vivre-la-liturgie/temps-liturgique/la-semaine-sainte/paques

Pâques

«Ô nuit bienheureuse !»…
«Le Christ est ressuscité !
Le Christ est ressuscité !
Le Christ est ressuscité !» 

Vigiles pascales


Avec le chant de l’Exsultet, dans la pleine lumière du feu nouveau, s’ouvre la plus sainte des nuits, la nuit au centre du temps et de toutes choses : Pâques. Là, tout aboutit et tout commence : la semaine sainte et l’octave, le Carême et les cinquante jours qui mènent à la fête de Pentecôte. Là, en cette heure, en cette nuit, celle du grand passage du Christ de la mort à la vie, tout reçoit son sens ultime. La joie nous est donnée — en plénitude — pour que nous puissions la recevoir et la célébrer : Pâques ! Et monte à nos lèvres, enfin, le chant béni : Alleluia !

L’essence de la veillée pascale, est, par excellence, d’être un office nocturne, la «mère de toutes les saintes veillées» (S. Augustin). C’est la célébration du passage — et c’est ce que signifie le mot Pessah, Pâque en hébreu — de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière. C’est pourquoi cette double symbolique y est si présente. Sans la lumen Christi, qui brille au sommet du cierge pascal pendant les cinquante jours du temps pascal, nous sommes des habitants de la ténèbre. Avec le Christ qui a traversé l’ombre de la mort, nous marchons vers le jour sans déclin, ce que figure la procession d’entrée dans l’église au début de la liturgie. C’est dans la nuit qu’il s’est levé du tombeau et c’est notre nuit qu’il vient illuminer de la joie de sa résurrection. Voilà pourquoi nous le célébrons «au milieu de la nuit» car «un cri se fait entendre : ‘Voici l’époux qui vient, venez à sa rencontre !’» (Mt 25,6).

La vigile pascale est aussi mémoire de l’histoire du salut. La résurrection que nous célébrons n’est pas un événement isolé, mais l’accomplissement du dessein éternel et bienveillant de Dieu : accueillir l’homme dans le partage de la plénitude de la gloire divine. La liturgie se poursuit donc par une longue succession de textes bibliques qui, de la Genèse (1,1-2,2 et 22,1-13.15-18) à la lettre aux Romains (6,3-11), sans omettre le passage de la mer Rouge au livre de l’Exode (14,15-15,1), Isaïe prophétisant la délivrance définitive du peuple de Dieu (54,5-14 et 55,1-11), Baruch (3,9-15.32-4,4), et Ézéchiel (36,16-28), retracent, à la manière du poème judaïque des Quatre nuits, l’histoire des hommes que Dieu vient sauver. Une histoire qui est la nôtre et qui, déjà, nous fait exulter de joie : «Ô nuit qui nous rend la grâce et nous ouvre à la communion des saints, nuit où le Christ brisant les liens de la mort, s’est relevé victorieux des enfers. (…) Ô nuit bienheureuse où se rejoignent le ciel et la terre, où s’unissent l’homme et Dieu» (Exsultet de la nuit de Pâques).

Cette union, célébrée et accomplie dans l’eucharistie, sommet de la nuit pascale, est aussi placée sous le signe de la naissance. Illuminés par la résurrection du Christ, intégrés déjà à son corps qui est l’Église, les catéchumènes peuvent s’avancer vers le bain de la régénérescence. Dans l’eau bénie par le célébrant et où le cierge pascal a été le premier plongé, ils renaissent à leur nouvelle identité d’enfant de Dieu. Renés par la grâce du baptême, ils reçoivent un vêtement blanc et un cierge allumé à la flamme pascale. L’assemblée entière s’associe à leur démarche en proclamant sa foi à leur suite et en recevant, par aspersion, l’eau du baptême. «Baptisés dans le Christ Jésus, c’est dans sa mort que tous nous avons été baptisés» (Rm 6,3). Mystère du Christ mort et ressuscité, mystère de l’Église-mère qui donne vie à de nouveaux enfants par la puissance vivifiante de la résurrection du Christ. Tous peuvent alors communier d’une seule âme à sa présence offerte sous la forme du pain et du vin, corps et sang vivants du Christ ressuscité.

Jour de Pâques
La nuit s’achève. Une nuit sans nuit, une nuit sans ténèbres, Une nuit qui illumine comme le jour (Ps 138,12). Car le Christ, notre flambeau, s’est levé des ténèbres du tombeau. Et la flamme du cierge pascal, qui a brûlé toute la nuit, est le signe visible de cette lumière de la Résurrection en ce matin de Pâques. Réjouissons-nous car ce jour est «le jour que fit le Seigneur, jour d’allégresse et de joie» (Ps 117,24). C’est le jour de Pâques, jour de la Résurrection, «la fête des fêtes, la solennité des solennités».

Au petit matin, nos cœurs sont donc prêts pour chanter et louer le Seigneur. Et tout d’abord avec les saintes femmes, porteuses de parfums, qui accourent au tombeau embaumer le corps du Bien-aimé. À peine le message de l’Ange est-il proclamé — «Pourquoi chercher le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité» (Lc 24,5-6) — que les alleluia jaillissent comme en écho. Plus besoin de la myrrhe réservée aux défunts, mais que l’encens brûle en signe de notre action de grâces ; plus de larmes mais des chants de joie ; plus de deuil mais l’or des ornements liturgiques et la lumière qui remplit le chœur. Oui, Christ est ressuscité ! «Jour de la Résurrection, peuples, rayonnons de joie : c’est la Pâque, la Pâque du Seigneur ! De la mort à la vie, de la terre jusqu’au ciel, le Christ notre Dieu nous conduit : chantons la victoire du Seigneur» (tropaire byzantin).

La joie est bien le maître-mot de cet Office de la Résurrection, chanté au matin. La joie de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. Des anges aux myrrophores, de Marie Madeleine aux apôtres, du jardinier à la pécheresse pardonnée, la Bonne Nouvelle se répand comme un feu qui embrase toute la terre. Toute la création se laisse entraîner dans cette louange, comme le chantent les psaumes de ce jour : le ciel et la terre, l’oiseau qui vole et les monstres marins, les vieillards et les enfants, tous «louent le nom de Dieu» (Ps 148). Oui, «par tout ce qui vit et respire, louange au Seigneur» (Ps 150,6), car par sa Résurrection, le Christ recrée tout. «Si quelqu’un est dans le Christ, il est une création nouvelle : l’être ancien a disparu, un être nouveau est là» (2 Co 5,17).

La louange pour ce jour nouveau que nous sommes, avec et par le Christ glorifié, ne peut que s’élever en action de grâces, c’est-à-dire en eucharistie. En ce dimanche de Pâques, la messe solennelle nous ramène aux sources de notre foi. Chaque geste, chaque signe, chaque parole retrouve son sens plénier. Alors que dans la nuit pascale a été célébré, par la liturgie baptismale, le passage de la mort à la vie, la liturgie du jour commence par le rappel et le renouvellement de la grâce de notre baptême. «Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ» (Ga 3,27). Tandis que l’eau bénie durant la nuit ruisselle sur les visages comme mémorial de notre baptême, la lumière du Christ ressuscité, symbolisé par le cierge pascal, se répand dans toute l’assemblée. «Vous avez été autrefois ténèbres, vous êtes maintenant lumière dans le Seigneur» (Ep 5,8). Quoi de plus manifeste, dans le regard rempli de joie des néophytes qui, revêtus de leur robe baptismale, peuvent désormais communier à la Pâque du Christ, que cette vie nouvelle dont la source a été ouverte pour nous par la résurrection du Christ ?

Si la liturgie de la Parole de ce jour met en lumière les fondements de notre foi, en nous rappelant que nous sommes morts et ressuscités avec le Christ, elle ne fait que préparer le «paschale mysterium». «Car voici que s’avance le roi de gloire…, approchons avec foi afin de participer à la vie éternelle» (Grande Entrée). La tradition chrétienne a toujours fait le lien entre l’eucharistie et la Pâque du Seigneur, qui est mystère à la fois de mort, de résurrection et de présence au monde. Ignace d’Antioche, au IIe siècle, reconnaît dans ce sacrement «la chair de notre sauveur Jésus Christ, chair qui a souffert pour nos péchés et que, dans sa bonté, le Père a ressuscité». Qu’il est grand le mystère de la foi ! Le Christ ressuscité est là, présent au milieu de nous, en nous.

Un tel mystère ne peut se célébrer en un seul jour, aussi l’Église prolonge-t-elle durant toute une octave la fête de Pâques. Un jour qui dure une semaine ! Un avant-goût de l’éternité ! «Oh ! que nous serons heureux de chanter l’alleluia dans le ciel !», nous dit saint Augustin. Mais nos chants, au rythme des alleluia, anticipent cette liturgie céleste. Aujourd’hui le Royaume de Dieu est advenu au milieu de nous. Voici le jour qu’a fait le Seigneur, jour d’allégresse et jour de joie, alleluia !

Audience générale : Le prêtre est chargé d´enseigner

16 avril, 2010

du site:

http://www.zenit.org/article-24068?l=french

Audience générale : Le prêtre est chargé d´enseigner

Texte intégral

ROME, Mercredi 14 avril 2010 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse prononcée par le pape Benoît XVI, ce mercredi, au cours de l’audience générale, place Saint-Pierre.

Chers amis,
En cette période pascale qui nous conduit à la Pentecôte et qui nous amène également aux célébrations de clôture de l’Année sacerdotale, en programme les 9, 10 et 11 juin prochains, j’ai à cœur de consacrer encore certaines réflexions au thème du ministère ordonné, en m’arrêtant sur la réalité féconde de la configuration du prêtre au Christ Tête, dans l’exercice des tria munera qu’il reçoit, c’est-à-dire des trois charges d’enseigner, de sanctifier et de gouverner.

Pour comprendre ce que signifie agir in persona Christi Capitis – dans la personne du Christ Tête – de la part du prêtre, et pour comprendre également quelles conséquences dérivent du devoir de représenter le Seigneur, en particulier dans l’exercice de ces trois fonctions, il faut expliciter avant tout ce que l’on entend par « représentation ». Le prêtre représente le Christ. Qu’est-ce que cela veut dire, que signifie « représenter » quelqu’un ? Dans le langage commun, cela veut dire – généralement – recevoir une délégation de la part d’une personne pour être présente à sa place, parler et agir à sa place, car celui qui est représenté est absent de l’action concrète. Nous nous demandons : le prêtre représente-t-il le Seigneur de la même façon ? La réponse est non, car dans l’Eglise, le Christ n’est jamais absent, l’Eglise est son corps vivant et le Chef de l’Eglise c’est lui, présent et œuvrant en elle. Le Christ n’est jamais absent, il est même présent d’une façon totalement libérée des limites de l’espace et du temps, grâce à l’événement de la Résurrection, que nous contemplons de façon spéciale en ce temps de Pâques.

C’est pourquoi, le prêtre qui agit in persona Christi Capitis et en représentation du Seigneur, n’agit jamais au nom d’un absent, mais dans la Personne même du Christ ressuscité, qui se rend présent à travers son action réellement concrète. Il agit réellement et réalise ce que le prêtre ne pourrait pas faire : la consécration du vin et du pain, afin qu’ils soient réellement présence du Seigneur, l’absolution des péchés. Le Seigneur rend présente son action dans la personne qui accomplit ces gestes. Ces trois devoirs du prêtre – que la Tradition a identifiés dans les diverses paroles de mission du Seigneur : enseigner, sanctifier, et gouverner – dans leur distinction et dans leur profonde unité, sont une spécification de cette représentation concrète. Ils sont en réalité les trois actions du Christ ressuscité, le même qui aujourd’hui, dans l’Eglise et dans le monde, enseigne et ainsi crée la foi, rassemble son peuple, crée une présence de la vérité et construit réellement la communion de l’Eglise universelle ; et sanctifie et guide.

Le premier devoir dont je voudrais parler aujourd’hui est le munus docendi, c’est-à-dire celui d’enseigner. Aujourd’hui, en pleine urgence éducative, le munus docendi de l’Eglise, exercé de façon concrète à travers le ministère de chaque prêtre, apparaît particulièrement important. Nous vivons dans une grande confusion en ce qui concerne les choix fondamentaux de notre vie et les interrogations sur ce qu’est le monde, d’où il vient, où nous allons, ce que nous devons faire pour accomplir le bien, la façon dont nous devons vivre, quelles sont les valeurs réellement pertinentes. En relation à tout cela, il existe de nombreuses philosophies opposées, qui naissent et qui disparaissent, créant une confusion en ce qui concerne les décisions fondamentales, comme vivre, car nous ne savons plus, communément, par quoi et pour quoi nous avons été faits et où nous allons.

Dans cette situation se réalise la parole du Seigneur, qui eut compassion de la foule parce qu’elle était comme des brebis sans pasteur (cf. Mc 6, 34). Le Seigneur avait fait cette constatation lorsqu’il avait vu les milliers de personnes qui le suivaient dans le désert car, face à la diversité des courants de cette époque, elles ne savaient plus quel était le véritable sens de l’Ecriture, ce que disait Dieu. Le Seigneur, animé par la compassion, a interprété la parole de Dieu, il est lui-même la parole de Dieu, et il a ainsi donné une orientation. Telle est la fonction in persona Christi du prêtre : rendre présente, dans la confusion et la désorientation de notre époque, la lumière de la parole de Dieu, la lumière qui est le Christ lui-même dans notre monde. Le prêtre n’enseigne donc pas ses propres idées, une philosophie qu’il a lui-même inventée, qu’il a trouvée ou qui lui plaît ; le prêtre ne parle pas de lui, il ne parle pas pour lui, pour se créer éventuellement des admirateurs ou son propre parti ; il ne dit pas des choses qui viennent de lui, ses inventions, mais, dans la confusion de toutes les philosophies, le prêtre enseigne au nom du Christ présent, il propose la vérité qui est le Christ lui-même, sa parole, sa façon de vivre et d’aller de l’avant. Pour le prêtre vaut ce que le Christ a dit de lui-même : « Mon enseignement n’est pas le mien » (Jn 7, 16) ; c’est-à-dire que le Christ ne se propose pas lui-même, mais, en tant que Fils, il est la voix, la parole du Père. Le prêtre doit lui aussi toujours parler et agir ainsi : « Ma doctrine n’est pas la mienne, je ne diffuse pas mes idées ou ce qui me plaît, mais je suis la bouche et le cœur du Christ et je rends présente cette doctrine unique et commune, qui a créé l’Eglise universelle et qui crée la vie éternelle ».

Ce fait, c’est-à-dire que le prêtre ne crée pas et ne proclame pas ses propres idées dans la mesure où la doctrine qu’il annonce n’est pas la sienne, mais du Christ, ne signifie pas, d’autre part, qu’il soit neutre, une sorte de porte-parole qui lit un texte dont il ne prend peut-être pas possession. Dans ce cas aussi vaut le modèle du Christ, qui a dit : Je ne m’appartiens pas et je ne vis pas pour moi, mais je viens du Père et je vis pour le Père. C’est pourquoi, dans cette profonde identification, la doctrine du Christ est celle du Père et il est lui-même un avec le Père. Le prêtre qui annonce la parole du Christ, la foi de l’Eglise et non ses propres idées, doit aussi dire : Je ne m’appartiens pas et je ne vis pas pour moi, mais je vis avec le Christ et du Christ et ce qu’a dit le Christ devient donc ma parole, même si elle n’est pas la mienne. La vie du prêtre doit s’identifier au Christ et, de cette manière, la parole qui n’est pas sienne, devient toutefois une parole profondément personnelle. Saint Augustin, sur ce thème, a dit en parlant des prêtres : « Et nous, que sommes nous ? Des ministres (du Christ), ses serviteurs ; car ce que nous vous distribuons n’est pas à nous, mais nous le tirons de Lui. Et nous aussi nous vivons de cela, car nous sommes des serviteurs, comme vous » (Discours 229/E, 4).

L’enseignement que le prêtre est appelé à offrir, les vérités de la foi, doivent être intériorisées et vécues dans un intense chemin spirituel personnel, de manière à ce que le prêtre entre réellement en profonde communion intérieure avec le Christ lui-même. Le prêtre croit, accueille et cherche à vivre, avant tout comme sien, ce que le Seigneur a enseigné et que l’Eglise a transmis, dans ce parcours d’identification avec le propre ministère dont saint Jean-Marie Vianney est le témoin exemplaire (cf. Lettre pour l’indiction de l’Année sacerdotale). « Unis dans la même charité – affirme encore saint Augustin – nous sommes tous des auditeurs de celui qui est pour nous dans le ciel l’unique Maître » (Enarr. in Ps. 131, 1. 7).

La voix du prêtre, par conséquent, pourrait souvent sembler la « voix de celui qui crie dans le désert » (Mc 1, 3) ; mais c’est précisément en cela que consiste sa force prophétique : dans le fait de ne jamais être homologué, ni homologable, à aucune culture ou mentalité dominante, mais de montrer l’unique nouveauté capable d’opérer un profond et authentique renouveau de l’homme, c’est-à-dire que le Christ est le Vivant, il est le Dieu proche, le Dieu qui œuvre dans la vie et pour la vie du monde et nous donne la vérité, la manière de vivre.

Dans la préparation attentive de la prédication festive, sans exclure celle des autres jours, dans l’effort de formation catéchétique, dans les écoles, dans les institutions académiques et, de manière particulière, à travers ce livre non écrit qu’est sa vie même, le prêtre est toujours « professeur », il enseigne. Mais pas avec la présomption de qui impose ses propres vérités, avec l’humble et joyeuse certitude de celui qui a rencontré la Vérité, en a été saisi et transformé, et ne peut donc pas manquer de l’annoncer. Le sacerdoce en effet, personne ne peut le choisir seul, ce n’est pas une manière de parvenir à une sécurité dans la vie, de conquérir une position sociale : personne ne peut se le donner, ni le rechercher seul. Le sacerdoce est la réponse à l’appel du Seigneur, à sa volonté, pour devenir des annonciateurs non d’une vérité personnelle, mais de sa vérité.

Chers confrères prêtres, le Peuple chrétien nous demande d’entendre dans nos enseignements la doctrine ecclésiale authentique, à travers laquelle pouvoir renouveler la rencontre avec le Christ qui donne la joie, la paix, le salut. Les Saintes Ecritures, les écrits des Pères et des Docteurs de l’Eglise, le catéchisme de l’Eglise catholique constituent à cet égard, des points de référence indispensables dans l’exercice du munus docendi, si essentiel pour la conversion, le chemin de foi et le salut des hommes. « Ordination sacerdotale, veut dire : être immergés [...] dans la Vérité » (Homélie lors de la Messe chrismale, 9 avril 2009), cette Vérité qui n’est pas simplement un concept ou un ensemble d’idées à transmettre et à assimiler, mais qui est la Personne du Christ, avec laquelle, pour laquelle et dans laquelle vivre et c’est ainsi, nécessairement, que naît aussi l’actualité et le caractère compréhensible de l’annonce. Seule cette conscience d’une Vérité faite Personne dans l’Incarnation du Fils justifie le mandat missionnaire : « Allez dans le monde entier, proclamez l’Evangile à toute la création » (Mc 16, 15). C’est uniquement s’il est la Vérité qu’il est destiné à toute créature, et il n’est pas l’imposition de quelque chose, mais l’ouverture du cœur à ce pour lequel il est créé.

Chers frères et sœurs, le Seigneur a confié aux prêtres une grande tâche : être des annonciateurs de Sa Parole, de la Vérité qui sauve ; être sa voix dans le monde pour porter ce qui sert au vrai bien des âmes et à l’authentique chemin de foi (cf. 1 Co 6, 12). Que saint Jean-Marie Vianney soit un exemple pour tous les prêtres. Il était un homme d’une grande sagesse et d’une force héroïque pour résister aux pressions culturelles et sociales de son époque afin de pouvoir conduire les hommes à Dieu : simplicité, fidélité et immédiateté étaient les caractéristiques essentielles de sa prédication, transparence de sa foi et de sa sainteté. Le peuple chrétien en était édifié et, comme c’est le cas pour les maîtres authentiques de notre temps, il y reconnaissait la lumière de la Vérité. Il y reconnaissait, en définitive, ce que l’on devrait toujours reconnaître chez un prêtre : la voix du Bon Pasteur.

A l’issue de l’Audience générale, le Saint-Père a adressé les paroles suivantes aux pèlerins francophones :

Chers frères et sœurs,

A l’approche de la conclusion de l’Année sacerdotale, je voudrais consacrer quelques réflexions au ministère ordonné, particulièrement à la configuration du prêtre au Christ-Tête. Le prêtre qui agit en représentant du Seigneur n’agit pas au nom d’un absent mais en la Personne même du Christ Ressuscité. Les trois charges du prêtre d’enseigner, de sanctifier et de gouverner sont en réalité les trois actions du Christ Ressuscité dans son Eglise. La charge d’enseigner est particulièrement importante. Le prêtre qui ‘enseigne’ ne propose jamais sa propre pensée, il indique aux hommes la réalité et la présence de Dieu, vivant et agissant dans le monde. Il annonce tout ce que Dieu a révélé de lui-même, que la Tradition a consigné et que le Magistère authentique a interprété depuis deux mille ans. Le prêtre doit intérioriser et vivre cet enseignement et ces vérités de la foi dans un intense cheminement spirituel. Il croit, accueille et cherche à vivre avant tout ce que le Seigneur a enseigné et que l’Eglise a transmis. Il est toujours un ‘enseignant’, avec l’humble et joyeuse certitude de celui qui a rencontré la Vérité, qui en a été saisi et transformé, et qui ne peut rien faire d’autre que de l’annoncer. Chers frères et sœurs, le Seigneur a confié aux prêtres la tâche d’être des annonciateurs de Sa Parole, de la Vérité qui sauve. Que la simplicité et la fidélité de saint Jean Marie Vianney dans cette annonce soient des exemples pour tous les prêtres !

* * *

C’est avec joie que j’accueille ce matin les pèlerins francophones, en particulier les groupes de jeunes et les paroisses. En ce temps pascal, je vous invite à prier pour vos prêtres et à collaborer avec eux à l’annonce de l’Evangile. Avec ma Bénédiction apostolique !

Traduction : Zenit

16 avril – Joyeux anniversaire Benoît XVI « L’Eglise est avec vous douce Christ douce sur la terre » (Cardinal Sodano à Pâques)

16 avril, 2010

16 avril - Joyeux anniversaire Benoît XVI

http://www.salesianiperlosport.org/joomla/images/stories/papa-benedetto-xvi.jpg

Jean-Paul II : « Jésus prit les pains, rendit grâce, et les leur donna »

16 avril, 2010

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20100416

Le vendredi de la 2e semaine de Pâques : Jn 6,1-15
Commentaire du jour
Jean-Paul II
Lettre apostolique  « Mane nobiscum domine », § 15-16 (trad. DC 2323 7/11/04 © copyright Libreria Editrice Vaticana)

« Jésus prit les pains, rendit grâce, et les leur donna »

      La dimension la plus évidente de l’Eucharistie est sans aucun doute celle du repas. L’Eucharistie est née au soir du Jeudi saint, dans le contexte du repas pascal. Elle porte donc, inscrit dans sa structure même, le sens de la convivialité : « Prenez, mangez… Puis, prenant la coupe…, il la leur donna, en disant : buvez-en tous » (Mt 26,26.27). Cet aspect exprime bien la relation de communion que Dieu veut établir avec nous et que nous devons nous-mêmes développer les uns avec les autres.

      On ne peut toutefois oublier que le repas eucharistique a aussi, et c’est primordial, un sens profondément et avant tout sacrificiel. Le Christ nous y présente à nouveau le sacrifice accompli une fois pour toutes sur le Golgotha. Tout en y étant présent comme Ressuscité, il porte les signes de sa Passion, dont chaque messe est le « mémorial », ainsi que nous le rappelle la liturgie dans l’acclamation après la consécration : « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection… ». En même temps, tandis qu’elle rend présent le passé, l’Eucharistie nous tourne vers l’avenir de l’ultime retour du Christ, à la fin des temps. Cet aspect « eschatologique » donne au Sacrement eucharistique une dynamique qui met en marche et qui donne au cheminement chrétien le souffle de l’espérance.

      Toutes ces dimensions de l’Eucharistie se rejoignent dans un aspect qui, plus que tous les autres, met notre foi à l’épreuve, à savoir celui du mystère de la présence « réelle ». Avec toute la tradition de l’Église, nous croyons que, sous les espèces eucharistiques, Jésus est réellement présent… C’est sa présence même qui donne à toutes les autres dimensions — repas, mémorial de la Pâque, anticipation eschatologique — une signification qui va bien au-delà d’un pur symbolisme. L’Eucharistie est mystère de présence, par lequel se réalise de manière éminente la promesse de Jésus de rester avec nous jusqu’à la fin du monde (Mt 28,20).