Archive pour novembre, 2009

Entrer en avent (2007)

24 novembre, 2009

du site:

http://www.esprit-et-vie.com/breve.php3?id_breve=286

Entrer en avent (2007)

Les échéances et les dates importantes ne manquent pas dans notre calendrier mondial : élection présidentielle aux USA, début d’une nouvelle année civile, élections incertaines en Irak. Au milieu de tant d’événements, le commencement d’une nouvelle année liturgique risque de ne guère retenir l’attention.

Pourtant l’Église nous invite à vivre quatre semaines d’avent. Il est bon pour nous de voir ce que signifie ce temps de l’avent, comment il est structuré, et comment il est célébré par la liturgie. Temps de l’avènement ou de la venue du Seigneur, l’avent appelle de notre part attente et vigilance : une vigilance tournée vers Noël mais aussi vers Pâques, une vigilance qui trouvera son accomplissement dans la vigile pascale.

Le dimanche 28 novembre, nous allons entrer en avent : un avent qui cette année comptera quatre semaines complètes, et aura donc sa durée maximale. Il est moins facile de caractériser l’avent que de caractériser le carême, et donc il n’en est que plus nécessaire de mieux connaître ce temps, pour mieux le vivre et mieux le célébrer, individuellement et en communauté, que celle-ci soit paroissiale ou religieuse.

Au début d’un nouveau temps liturgique et d’une nouvelle année liturgique, il convient de réfléchir brièvement sur notre manière d’habiter le temps. Après quoi, nous proposerons deux approches de l’avent : une approche humaine et psychologique, puis une approche fondée sur les textes de la liturgie.

Habiter le temps

Nous allons donc entrer en avent. Nous quittons le temps « ordinaire » pour aborder le temps de l’avent et commencer une nouvelle année liturgique. Puis, dans quelques semaines, nous serons au 1er janvier 2005 et entrerons dans une nouvelle année civile.

Nous vivons dans le temps. Que faut-il entendre par là ? En fait, chacun de nous habite plusieurs temps, plusieurs espaces temporels. Nous habitons d’abord des temps linéaires, qui ont un commencement et une fin. Nous nous situons dans l’histoire de l’humanité, dont les origines demeurent imprécises, et qui aura son terme à la fin du monde. Par ailleurs, en disant que nous sommes en 2004 ou 2005 (après J.-C.), nous nous situons dans une histoire « chrétienne », qui a commencé avec la venue du Christ et s’achèvera avec son deuxième avènement. Tout homme se situe également à un moment donné de l’histoire de son pays, avec des repères qui varient d’un pays à l’autre : avant ou après la guerre, avant ou après l’indépendance, avant ou après l’avènement ou la chute d’un régime, etc. Enfin, chacun de nous habite son temps personnel, qui a commencé à sa naissance et se terminera à sa mort : chacun a son présent, son passé et son avenir. Toutes ces histoires sont linéaires, les jours s’ajoutant aux jours et les années aux années.

Mais nous habitons aussi un temps cyclique, qui se renouvelle et se répète. Trois cycles structurent le déroulement de notre vie. D’abord le cycle quotidien, du jour et de la nuit, fondamental pour la vie de l’homme, avec l’alternance mystérieuse de l’activité et du sommeil. Notre vie suit également le cycle hebdomadaire, ce cycle de sept jours, scandé pour les chrétiens par la célébration dominicale et pour tous par le loisir de fin de semaine. Enfin, nous parcourons le cycle annuel, vécu très différemment selon la condition de chacun : très important pour le cultivateur, moins important pour le citadin qui attend seulement la période d’été pour les vacances, vécu de façon originale et arbitraire par tout le monde scolaire et universitaire, qui découpe l’année en semestres ou en trimestres.

Ainsi, nous habitons à la fois des temps linéaires et des temps cycliques ou circulaires. Une remarque, dont devra tenir compte la liturgie, s’impose immédiatement : une ligne a un commencement, mais un cercle ou un cycle n’a pas de point initial ; on ne peut dire où commence une roue. Cela se vérifie pour les trois cycles – quotidien, hebdomadaire, annuel – que nous avons indiqués. Le jour commence officiellement à 0 heure mais, en fait, il commence au lever du soleil ou au lever de l’homme, et, pour la Bible, il commence la veille, lorsque tombe la nuit : « Il y eut un soir et il y eut un matin : premier jour » (Gn 1, 5). Au moins pour les dimanches et les solennités, la liturgie a conservé ce système : l’avent commencera donc dès le 27 novembre au soir, avec les premières vêpres du dimanche.

Une divergence semblable existe pour le début de la semaine : le dimanche en est-il le premier jour, selon la conception de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament ainsi que de la liturgie, ou bien est-il le septième jour, où l’homme se repose après tout le travail de la semaine ? Les agendas et calendriers font du dimanche le dernier jour de la semaine, celle-ci commençant le lundi matin.

Il n’est pas moins difficile de fixer le début de l’année. Officiellement, depuis quelques siècles, l’année civile commence au 1er janvier, après avoir commencé au 1er mars, au 25 mars ou à Noël. Mais l’année scolaire, universitaire, professionnelle, commence en septembre ou en octobre. Seuls les chrétiens, et même les plus attentifs d’entre eux, remarquent le début de l’année liturgique au premier dimanche de l’avent, donc à une date variable, proche du 1er décembre.

Ainsi, nous habitons à la fois un temps linéaire, ou plusieurs temps linéaires, et trois temps cycliques, que nous parcourons chaque jour, chaque semaine, chaque année (à quoi s’ajoute encore la très subtile division en mois). La ligne traverse les cercles, la trajectoire historique traverse la triple périodicité cosmique et humaine. Nous vivons une étrange combinaison de l’irréversible et du répétitif. De toute façon, le temps se déroule, le temps enroulé est déroulé comme un fil, et nous vivons « au fil du temps ».

Approche humaine de l’avent

Les années succèdent aux années, mais elles ne sont pas identiques. Notre année 2004 a eu ses caractéristiques personnelles, familiales, professionnelles, politiques, internationales, et l’année 2005 sera différente. De même, les années liturgiques se suivent, mais ne sont pas identiques. Si la liturgie célèbre la relation entre Dieu et les hommes, Dieu ne change pas, mais les hommes changent, dans leur situation personnelle et plus encore dans leur situation ecclésiale, nationale et mondiale. En cet avent 2004, un Sauveur vient dans le monde, mais le monde de 2004-2005, avec ses problèmes et ses conflits, n’est pas identique à celui de l’année dernière ou à celui de l’année prochaine. Du point de vue humain, chaque avent est unique et irréversible.

Le mot « avent » traduit le latin adventus qui signifie « avènement, venue ». En ce temps de l’avent, le Seigneur vient vers nous, et nous célébrons et attendons sa venue. Divers sentiments qui appartiennent à notre expérience humaine parcourent ce temps de l’avent, se retrouveront dans la liturgie, et caractérisent notre attitude chrétienne pendant ces quatre semaines.

L’attente. Nous avons tous l’expérience de l’attente : attendre un bus qui n’arrive pas, une lettre qui pour nous est importante, une personne qui est en retard. L’attente n’est pas seulement passive. Dans le verbe « attendre », il y a le mot « tendre », avec son élan, son mouvement, son dynamisme. Le temps de l’avent ne consiste pas à attendre de façon passive le jour de Noël, mais à nous mobiliser pour aller à la rencontre de celui qui vient. À notre attente de Dieu, répond l’attente de Dieu sur nous : Dieu nous attend, le Sauveur nous attend. Dans la Règle de saint Benoît, il est écrit : « Le Seigneur nous attend chaque jour ». Il y a donc une attente réciproque pendant ces quatre semaines.

La vigilance.. Beaucoup de textes de l’avent nous invitent à la vigilance, et nous savons que l’attente s’accompagne d’attention et de vigilance : il ne faut pas laisser passer, sans nous en apercevoir, celui que nous attendons. Dans notre monde et notre langage, deux groupes de personnes semblent spécialistes de la vigilance : les vigiles qui de diverses manières assurent la sécurité, et les moines trappistes qui se lèvent la nuit pour célébrer l’office des vigiles. Les vigiles chargés de la sécurité ou de la protection regardent, observent, pour maintenir le bon ordre : sans eux, c’est le désordre et l’insécurité. La vigilance ou la veille des trappistes est différente : ils veillent tandis que les autres dorment. Ils veillent sur le monde, sur l’ordre entre le ciel et la terre. Leur regard est tourné à la fois vers Dieu et vers les hommes : contemplation et compassion.

Le désir. L’attente s’accompagne bien souvent du désir, de l’impatience du désir, et la liturgie de l’avent mentionne souvent le désir. Il vaut la peine de relever l’étymologie de ce mot, qui vient du latin desiderium, composé du préfixe de, qui marque l’absence, et de sidus, qui signifie « étoile » et que nous retrouvons dans « sidéral ». Le désir est donc, au sens premier, la recherche de l’étoile qui nous manque. Au temps de l’Épiphanie, les mages seront heureux de retrouver l’étoile qui les conduira à la crèche. Et durant l’avent nous sommes habités par le désir de contempler l’Étoile, l’Étoile de David, le Christ lumière.

La patience. Certains d’entre nous sont patients par nature, et d’autres sont impatients, comme l’enfant qui veut que son « désir » soit réalisé dans l’instant. Dans la vie humaine, la patience a une double signification et une double fonction. D’une part, elle représente la force de l’homme adulte qui accepte la durée, qui comprend le sens du temps, qui reconnaît la nécessité d’une élaboration et d’une maturation. La patience est donc signe de maturité et de maîtrise de soi. Mais elle peut aussi être signe de faiblesse : se résigner à attendre, sans avoir le courage de prendre une décision : « il est urgent d’attendre ».

Le temps de l’Avent

24 novembre, 2009

du site:

http://bousculade.free.fr/religion/temps_avent.php

Le temps de l’Avent
 
Notes historiques

Le terme « Avent » vient du mot latin : »Adventus » que l’on traduit habituellement par « Avènement ». En fait, il y a plus dans ce terme liturgique puisqu’il est, à l’origine, un terme grec employé dans l’Eglise chrétienne des premiers temps : « parousia ».

Dans le vocabulaire de nos contemporains, nous pouvons parler aussi du temps de l’avenir, » l’à venir ».
Parousie – Parousia.

Ce mot chrétien est d’origine profane. Les premiers chrétiens utilisaient le langage courant pour caractériser les évènements religieux. « Parousia », « adventus », signifiait la venue annuelle d’une divinité pour visiter ses fidèles. Le dieu, dont la statue était alors proposée au culte d’une manière toute particulière, était censé demeurer au milieu des siens tant que durait la solennité.

Il en était de même pour la cour impériale. « Parousia », « adventus » désignait la première visite officielle d’un personnage important lors de son avènement ou lors de son entrée solennelle dans sa charge. L’on possède ainsi des monnaies romaines de Corinthe qui perpétuent « l’Adventus Néroni », la venue de Néron. Le « Chronographe de 354″ désigne le jour de l’avènement de Constantin comme « l’Adventus divi », l’avènement du divin empereur.

La Parousie chrétienne

Les premiers écrits chrétiens emploient ce mot, en grec comme en latin, pour désigner la venue du Christ parmi les hommes. L’avènement dans la chair, inaugurant les temps messianiques. L’avènement glorieux, à la fin des temps, qui couronnera l’œuvre rédemptrice à la fin du monde. Peu à peu, ce mot caractérisa le temps liturgique qui précède Noël.

Mais, dans les textes liturgiques, le double avènement du Christ est mentionné, tout particulièrement au premier dimanche de ce temps. Il l’est d’ailleurs dans bien d’autres écrits proches de la liturgie.

La spiritualité de ce temps

Nous voyons s’instaurer une préparation ascétique aux fêtes de Noël, d’abord en Gaule et en Espagne, dès la fin du 4ème siècle et au début du 5ème. Elle est sans doute liée à la préparation des baptêmes administrés alors à l’Epiphanie. Le concile de Saragosse en 380 la rappelle et l’historien Grégoire de Tours parle d’un jeûne allant de la Saint Martin à la Nativité.

Dans la liturgie de Rome, l’Avent apparaît, plus tard, dans la seconde moitié du 6ème siècle. C’est un temps de préparation sans doute, mais il est sans considérations ascétiques. C’est davantage l’attente joyeuse de la fête de la Nativité qui se prolonge jusqu’au retour glorieux du Seigneur à la fin du monde. Les textes d’Isaïe et les paroles de saint Jean-Baptiste seront les grandes voix liturgique de l’Avent.

Les liturgies orientales, byzantine, syrienne, chaldéenne, connaissent une préparation à la fête de la Nativité ou de l’Epiphanie. Dans la liturgie byzantine, le dimanche qui précède, est celui de la commémoration de tous ceux qui, depuis Adam et Eve, les « Premiers créés » jusqu’à Joseph, le fiancé de la Mère de Dieu, ont annoncé la venue dans la chair du Fils de Dieu que ce soit par leurs oeuvres ou par leurs paroles.

La liturgie unit ainsi tous les ancêtres selon la chair, en même temps que les Justes et les Prophètes, car selon les paroles du Seigneur lui-même : »Quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère et une sœur et une mère. » (Matthieu 12. 49)

Dans le rite chaldéen, les semaines qui précèdent Noël sont « les semaines des annonciations », l’Avent s’appelle « Saboura » ou l’annonce de la bonne nouvelle à Zacharie, à Marie, la nativité de Jean-Baptiste et l’annonciation à Joseph.

Dans la liturgie latine

Alors qu’au temps de Noël, nous contemplons le mystère du Verbe Incarné, du Fils de Dieu fait homme (Nativité) et de l’homme Jésus manifesté comme Dieu (Epiphanie), les quatre semaines de l’Avent ont pour but de nous faire lever les yeux vers l’avenir, en communiant dans l’attente du retour glorieux du Seigneur Jésus, en communiant à l’espérance des temps messianiques qui remplit les cœurs lorsque s’élève la voix de Jean Baptiste.

Nous nous préparons à commémorer dans une foi plus vive et renouvelée la venue du Christ parmi les hommes.

Toute la liturgie de l’Avent trouve sa synthèse dans les deux préfaces de ce temps. La première rend grâce de ce que le Seigneur soit « déjà venu en prenant la condition des hommes » et elle annonce « qu’il reviendra de nouveau revêtu de sa gloire ». La seconde qui est dite du 17 au 24 décembre, évoque la longue attente des prophètes, de la Vierge Marie, de Jean Baptiste, pour nous préparer, grâce à l’exemple qu’ils nous donnent, à « entrer déjà dans le mystère de Noël. »

bonne nuit

24 novembre, 2009

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Saint Cyrille d’Alexandrie : « Quand ces évènements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche » (Lc 21,28)

24 novembre, 2009

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php

Le mardi de la 34e semaine du temps ordinaire : Lc 21,5-11
Commentaire du jour
Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l’Église
Sur Isaïe, III, 1 (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, t. 6, p. 76)

« Quand ces évènements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche » (Lc 21,28)

      « Tu as fait de la ville un tas de pierres, la cité fortifiée est une ruine, la citadelle des étrangers n’est plus une ville, jamais elle ne sera reconstruite. C’est pourquoi un peuple fort te glorifie. » (Is 25,2-3) Il appartient au « dessein fidèle » (v.1) du Dieu tout-puissant et à ses conseils irréprochables, que les « villes fortifiées » soient renversées et « réduites en tas de pierres », qu’elles soient comme ébranlées « depuis leurs fondements » et sans espoir de pouvoir se relever un jour : « Elle ne sera plus jamais rebâtie » dit le texte. Ces villes renversées, selon nous, ne sont pas celles que l’on peut percevoir par les sens, ce ne sont pas les hommes qui y vivent. Mais, à notre avis, il s’agit plutôt de chacune des puissances mauvaises et hostiles, et avant tout de Satan, qui est appelé ici une ville, et une « ville forte »…

      Lorsque l’Emmanuel est apparu et a brillé sur le monde, la troupe impie des puissances adverses a été ruinée, Satan a été renversé « depuis ses fondements » ; il est tombé, il est affaibli à jamais et ne peut plus espérer se redresser un jour, ni relever la tête.

      C’est pour cela que « le peuple pauvre et la ville des hommes opprimés te bénira » (LXX). Israël a été appelé à la connaissance de Dieu par la pédagogie de la Loi, il a été comblé de tout bien par Dieu. Oui, il a été sauvé et il a obtenu en héritage la terre de la promesse. Mais la multitude des autres nations qui sont sous le ciel était privée de ces biens spirituels… Lorsque le Christ en personne est apparu et que, chassant la tyrannie du diable, il les a conduites à son Dieu et Père, alors elles ont été enrichies par la lumière de la vérité, par la participation à la gloire divine, par la grandeur de la vie de l’Evangile. C’est pourquoi elles ont fait jaillir des hymnes d’action de grâce au Dieu et Père : « Oui, Seigneur, tu as accompli ton dessein ancien et vrai » (v.1) en récapitulant tout dans le Christ. Tu as « illuminé ceux qui étaient assis dans les ténèbres » (Lc 1,79) en renversant les puissances qui dominent le monde (Ep 6,12), comme on renverse des villes fortifiées. « C’est pourquoi le peuple pauvre te bénira, toutes les villes te glorifieront. »

Bienheureux Charles de Foucauld : « Ceux-là ont pris sur leur superflu…, mais elle, elle a pris sur son indigence »

23 novembre, 2009

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20091123

Le lundi de la 34e semaine du temps ordinaire (de la férie) : Lc 21,1-4
Commentaire du jour
Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara
Méditations sur l’Evangile, 263 (in Oeuvres spirituelles, Seuil 1958, p. 174)

« Ceux-là ont pris sur leur superflu…, mais elle, elle a pris sur son indigence »

      Ne méprisons pas les pauvres, les petits…; non seulement ce sont nos frères en Dieu, mais ce sont ceux qui imitent le plus parfaitement Jésus dans sa vie extérieure. Ils nous représentent parfaitement Jésus, l’ouvrier de Nazareth. Ils sont les aînés parmi les élus, les premiers appelés au berceau du Sauveur. Ils furent la compagnie habituelle de Jésus, de sa naissance à sa mort ; à eux appartenaient et Marie et Joseph et les apôtres… Bien loin de les mépriser, honorons-les, honorons en eux les images de Jésus et de ses saints parents ; au lieu de les dédaigner, admirons-les… Imitons-les, et puisque nous voyons que leur condition est la meilleure, celle qu’a choisie Jésus pour lui-même, pour les siens, celle qu’il a appelée la première autour de son berceau, celle qu’il a montrée par ses actes et ses paroles…, embrassons-la… Soyons de pauvres ouvriers comme lui, comme Marie, Joseph, les apôtres, les bergers, et si jamais il nous appelle à l’apostolat, restons dans cette vie aussi pauvres que lui-même y est resté, aussi pauvres qu’y est resté un saint Paul « son fidèle imitateur» (cf 1Co 11,1).

      Ne cessons jamais d’être en tout des pauvres, des frères des pauvres, des compagnons des pauvres, soyons les plus pauvres des pauvres comme Jésus, et comme lui, aimons les pauvres et entourons-nous d’eux.

bonne nuit

23 novembre, 2009

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Saint Clément

22 novembre, 2009

Saint Clément dans images sacrée

http://www.santiebeati.it/

Cantique spirituel (Jean-Joseph Surin)

22 novembre, 2009

du site:

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Textes/index.html

Cantique spirituel

Je veux aller courir parmi le monde,
Où je vivrai comme un enfant perdu,
J’ai pris l’humeur d’une âme vagabonde
Après avoir tout mon bien dépendu.
Ce m’est tout un que je vive ou je meure,
Il me suffit que l’Amour me demeure.

Déchu d’honneur, d’amis et de finance,
Amour je suis réduit à ta merci,
Je ne puis plus mettre mon espérance,
Qu’au seul plaisir d’être à toi sans souci.
Ce m’est tout un…

Allons, Amour, allons à l’aventure
Avecques toi je n’appréhende rien,
Quelque travail que souffre la nature,
Te possédant, je serai toujours bien.
Ce m’est tout un…

Si mes amis les plus chers m’abandonnent,
Si mes parents m’appellent insensé,
Je chanterai pour les biens qu’ils me donnent,
Pourvu qu’Amour ne m’ait point délaissé.
Ce m’est tout un…

O doux Amour, en qui je me repose,
Que tu m’as bien de soucis déchargé !
Perdre ou gagner m’est une même chose,
Depuis qu’Amour mon esprit a changé.
Ce m’est tout un…

Allons, Amour, au plus fort de l’orage,
Que l’océan renverse tout sur moi.
J’aime bien mieux me perdre avec courage
En te suivant, que me perdre sans toi.
Ce m’est tout un…

Je ne veux plus qu’imiter la folie
De ce Jésus, qui sur la Croix un jour,
Pour son plaisir, perdit honneur et vie,
Délaissant tout pour sauver son Amour.
Ce m’est tout un que je vive ou je meure,
Il me suffit que l’Amour me demeure.

Jean-Joseph Surin, sj
   (1600 – 1665)

Pape Benoît: Saint Clément, Evêque de Rome (7 mars 2007 )

22 novembre, 2009

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20070307_fr.html

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 7 mars 2007 

Saint Clément, Evêque de Rome

Chers frères et soeurs,

Nous avons médité au cours des derniers mois sur les figures de chaque Apôtre et sur les premiers témoins de la foi chrétienne, que les écrits du Nouveau Testament mentionnent. A présent, nous consacrons notre attention aux Pères apostoliques, c’est-à-dire à la première et à la deuxième génération dans l’Eglise après les Apôtres. Et nous pouvons ainsi voir comment débute le chemin de l’Eglise dans l’histoire.

Saint Clément, Evêque de Rome au cours des dernières années du premier siècle, est le troisième Successeur de Pierre, après Lin et Anaclet. Sur sa vie, le témoignage le plus important est celui de saint Irénée, Evêque de Lyon jusqu’en 202. Il atteste que Clément « avait vu les Apôtres », « les avait rencontrés », et avait « encore dans les oreilles leur prédication, et devant les yeux leur tradition » (Adv. haer. 3, 3, 3). Des témoignages tardifs, entre le quatrième et le sixième siècle, attribuent à Clément le titre de martyr.

L’autorité et le prestige de cet Evêque de Rome étaient tels que divers écrits lui furent attribués, mais son unique œuvre certaine est la Lettre aux Corinthiens. Eusèbe de Césarée, le grand « archiviste » des origines chrétiennes, la présente en ces termes:  « Une lettre de Clément reconnue comme authentique, grande et admirable nous a été transmise. Elle fut écrite par lui, de la part de l’Eglise de Rome, à l’Eglise de Corinthe… Nous savons que depuis longtemps, et encore de nos jours, celle-ci est lue publiquement au cours de la réunion des fidèles » (Hist. Eccl. 3, 16). On attribuait à cette lettre un caractère presque canonique. Au début de ce texte – écrit en grec – Clément regrette que « les adversités imprévues, qui ont eu lieu l’une après l’autre » (1, 1), ne lui aient pas permis une intervention plus prompte. Ces « adversités » doivent être comprises comme la persécution de Domitien:  c’est pourquoi la date de la rédaction de la lettre doit remonter à l’époque qui suivit immédiatement la mort de l’empereur et la fin de la persécution, c’est-à-dire tout de suite après 96.
L’intervention de Clément – nous sommes encore au I siècle – était rendue nécessaire par les graves problèmes que traversait l’Eglise de Corinthe:  en effet, les prêtres des communautés avaient été déposés par plusieurs jeunes contestataires. Cet événement douloureux est rappelé, encore une fois, par saint Irénée, qui écrit:  « Sous Clément, un conflit important étant apparu parmi les frères de Corinthe, l’Eglise de Rome envoya aux Corinthiens une lettre très importante pour qu’ils se réconcilient dans la paix, qu’ils renouvellent leur foi et annoncent la tradition, qu’ils avaient reçue des Apôtres depuis peu de temps » (Adv. haer. 3, 3, 3). Nous pourrions donc dire que cette lettre constitue un premier exercice du Primat romain après la mort de saint Pierre. La lettre de Clément reprend des thèmes chers à saint Paul, qui avait écrit deux longues lettres aux Corinthiens, en particulier la dialectique théologique, éternellement actuelle, entre l’indicatif du salut et l’impératif de l’engagement moral. Il y a avant tout l’heureuse annonce de la grâce qui sauve. Le Seigneur nous prévient et nous donne le pardon, il nous donne son amour, la grâce d’être chrétiens, ses frères et soeurs. C’est une annonce qui remplit notre vie de joie et qui donne de l’assurance à notre action:  le Seigneur nous prévient toujours avec sa bonté et la bonté du Seigneur est toujours plus grande que tous nos péchés. Il faut cependant que nous nous engagions de manière cohérente avec le don reçu et que nous répondions à l’annonce de salut par un chemin généreux et courageux de conversion. Par rapport au modèle paulinien, la nouveauté est que Clément fait suivre la partie doctrinale et la partie  pratique, qui étaient constitutives de toutes les lettres pauliniennes, par une « grande prière » qui conclut pratiquement la lettre.

L’occasion immédiate de la lettre donne à l’Evêque de Rome la possibilité d’une ample intervention sur l’identité de l’Eglise et sur sa mission. S’il y eut des abus à Corinthe, observe Clément, le motif doit être recherché dans l’affaiblissement de la charité et d’autres vertus chrétiennes indispensables. C’est pourquoi il rappelle les fidèles à l’humilité et à l’amour fraternel, deux vertus véritablement constitutives de l’existence dans l’Eglise:  « Nous sommes une portion sainte », avertit-il, « nous accomplissons donc tout ce que la sainteté exige » (30, 1). En particulier, l’Evêque de Rome rappelle que le Seigneur lui-même « a établi où et par qui il désire que les services liturgiques soient accomplis, afin que chaque chose, faite de façon sainte et avec son accord, soit conforme à sa volonté… En effet, au prêtre suprême ont été confiées des fonctions liturgiques qui lui sont propres, pour les prêtres a été établie la place qui leur est propre, et aux lévites reviennent des services spécifiques. L’homme laïc est lié à l’organisation laïque » (40, 1-5:  notons qu’ici, dans cette lettre de la fin du I siècle, apparaît pour la première fois dans la littérature  chrétienne  le terme grec « laikós » qui signifie « membre du laos », c’est-à-dire « du peuple de Dieu »).

De cette façon, en se référant à la liturgie de l’antique Israël, Clément dévoile son idéal d’Eglise. Celle-ci est rassemblée par l’ »unique Esprit de grâce répandu sur nous » qui souffle dans les divers membres du Corps du Christ, dans lequel tous, unis sans aucune séparation, sont « membres les uns des autres » (46, 6-7). La nette distinction entre le « laïc » et la hiérarchie ne signifie en aucune manière une opposition, mais uniquement ce lien organique d’un corps, d’un organisme, avec ses diverses fonctions. En effet, l’Eglise n’est pas un lieu de confusion, ni d’anarchie, où chacun peut faire ce qu’il veut à tout instant:  dans cet organisme, à la structure articulée, chacun exerce son ministère selon la vocation reçue. En ce qui concerne les chefs de la communauté, Clément explique clairement la doctrine de la succession apostolique. Les normes qui la régissent découlent en ultime analyse de Dieu lui-même. Le Père a envoyé Jésus Christ, qui à son tour a envoyé les Apôtres. Puis, ceux-ci ont envoyé les premiers chefs des communautés et ils ont établi que d’autres hommes dignes leur succèdent. Tout procède donc « de façon ordonnée de la volonté de Dieu » (42). A travers ces paroles, avec ces phrases, saint Clément souligne que l’Eglise possède une structure sacramentelle et non une structure politique. L’action de Dieu qui vient à notre rencontre dans la liturgie précède nos décisions et nos idées. L’Eglise est surtout un don de Dieu et non pas notre créature, et c’est pourquoi cette structure sacramentelle ne garantit pas seulement l’organisation commune, mais également la pré-éminence du don de Dieu, dont nous avons tous besoin.

Finalement, la « grande prière » confère un souffle universel aux argumentations précédentes. Clément loue et rend grâce à Dieu pour sa merveilleuse providence d’amour, qui a créé le monde et continue à le sauver et à le sanctifier. L’invocation adressée aux gouvernants revêt une importance particulière. Après les textes du Nouveau Testament, celle-ci représente la prière la plus antique pour les institutions politiques. Ainsi, au lendemain de la persécution, les chrétiens, bien conscients que les persécutions allaient se poursuivre, ne cessent de prier pour les autorités mêmes qui les avaient condamnés injustement. Le motif est avant tout d’ordre christologique:  il faut prier pour les persécuteurs, comme le fit Jésus sur la Croix. Mais cette prière contient également un enseignement qui guide, au fil des siècles, l’attitude des chrétiens à l’égard de la politique et de l’Etat. En priant pour les autorités, Clément reconnaît la légitimité des Institutions politiques dans l’ordre établi par Dieu; dans le même temps, il manifeste la préoccupation que les autorités soient dociles à Dieu et « exercent le pouvoir que Dieu leur a donné dans la paix et la mansuétude avec piété » (61, 2). César n’est pas tout. Une autre souveraineté apparaît, dont l’origine et l’essence ne sont pas de ce monde, mais « d’en haut »:  c’est celle de la Vérité, à laquelle revient également le droit d’être écoutée par l’Etat.

Ainsi, la lettre de Clément affronte de nombreux thèmes d’une actualité permanente. Celle-ci est d’autant plus significative, qu’elle représente, depuis le premier siècle, la sollicitude de l’Eglise de Rome qui préside à toutes les autres Eglise dans la charité. Avec le même Esprit, nous faisons nôtres les invocations de la « grande prière », là où l’Evêque de Rome se fait la voix du monde entier:  « Oui, ô Seigneur, fais resplendir sur nous ton visage dans le bien de la paix; protège-nous de ta main puissante… Nous te rendons grâces, à travers le Prêtre suprême et guide de nos âmes,  Jésus  Christ, au moyen duquel nous te rendons gloire et louange, à présent et de génération en génération, pour les siècles des siècles. Amen » (60-61).

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Je salue cordialement les pèlerins francophones présents ce matin, en particulier les pèlerins de Montréal, avec Monsieur le Cardinal Jean-Claude Turcotte, leur archevêque, ainsi que le groupe de pèlerins de Sens, guidé par Monseigneur Yves Patenôtre, Archevêque de Sens-Auxerre. Que le Christ, qui marche vers sa Pâque, vous entraîne à sa suite sur le chemin du don total, pour que vous soyez chaque jour des témoins de l’amour plus fort que la mort !

Saint Clément, pape et martyr

22 novembre, 2009

du site:

http://missel.free.fr/Sanctoral/11/23.php

23 novembre

Saint Clément, pape et martyr

La plus ancienne liste des évêques de Rome que nous tenons de saint Irénée de Lyon, donne saint Clément de Rome comme le troisième successeur de saint Pierre : Ayant donc fondé et édifié l’Eglise, les bienheureux apôtres remirent à Lin la charge de l’épiscopat ; c’est de lui que Paul parle dans ses lettres à Timothée ; il eut Anaclet pour successeur. Après Anaclet, le troisième après les apôtres, Clément obtint l’épiscopat. Telle est aussi l’opinion de l’historien Eusèbe de Césarée, Clément fut le troisième évêque des Romains, qui date son pontificat de 92 à 101. Le canon romain garde le même ordre : Lin, Clet, Clément.

A la fin du deuxième siècle, saint Irénée de Lyon, dans son Adversus haereses, dit que Clément a connu les bienheureux apôtres et conversa avec eux ; il avait encore dans l’oreille la prédication apostolique et leur souvenir devant les yeux.

Dans la première moitié du troisième siècle, Origène, le réputé disciple des apôtres et l’identifie avec ce collaborateur que saint Paul cite dans la lettre aux Philippiens (IV 2-3) :  Clément et mes autres collaborateurs dont les noms se trouvent au Livre de vie. Dans le sillage d’Origène, Eusèbe de Césarée note : la douzième année du règne de Domitien, Anaclet, ayant été évêque des Romains douze ans, a pour successeur Clément que l’apôtre, dans sa lettre aux Philippiens, désigne comme le compagnon de ses labeurs par ces mots :  » avec Clément et mes autres collaborateurs dont les noms sont au livre de vie.  » Il existe de celui-ci, acceptée comme authentique, une épître longue et admirable. Elle a été écrite au nom de l’église de Rome à celle de Corinthe à propos d’une dissension qui s’était alors élevée à Corinthe. En beaucoup d’Eglises, depuis longtemps et encore de nos jours, on la lit publiquement dans les réunions communes.

Encore que saint Irénée de Lyon n’en dit rien, il existait à Rome une tradition du martyre de saint Clément telle qu’elle affirmée par Rufin, les papes Télesphore (+ 136) Zosime (+ 418) et le sixième concile de Vaison (442), cependant, il n’est jamais fait mention de son tombeau.

Les actes de son martyre sont une oeuvre poétique grecque du V° siècle qui, une fois le merveilleux enlevé, peuvent néanmoins fournir des indications que la Tradition a retenues : sous le règne de Trajan (98-117), le pape Clément, trop influent sur l’aristocratie romaine, aurait été déporté au delà du Pont-Euxin, en Chéronèse Taurique (Crimée) dans les mines du désert proche de Cherson (Sébastopol) et, pour le punir de continuer son apostolat auprès des prisonniers, on lui aurait attaché une ancre au cou avant de le précipiter dans la mer.

Ce que l’on a donc de plus sûr sur saint Clément de Rome reste la lettre qu’il adresse aux Corinthiens divisés, alors, écrit Eusèbe de Césarée que demeurait encore en vie celui que Jésus aimait : Jean, à la fois apôtre et évangéliste, qui gouvernait les Eglises d’Asie, après être revenu, à la mort de Domitien, de l’île où il avait été exilé, ce que confirme saint Clément d’Alexandrie. On notera que Corinthe, si proche de l’apôtre Jean qui, aux dires de saint Clément d’Alexandrie, allait sur invitation dans les pays voisins, s’adresse au successeur de Pierre, l’évêque de Rome, ou, du moins, si celui-ci, de son propre chef, intervient dans ses affaires, c’est qu’il représente plus que l’évêque d’une église locale. Il suffit d’ailleurs de considérer la lettre clémentine pour voir que le pape est d’autant plus sûr de son autorité que le ton y est tranquille et serein et que, loin d’expliquer pourquoi il intervient, il se contente de s’excuser de n’avoir pu faire plus tôt son devoir. On se souvient aussi que les Corinthiens reçurent bien cette épître romaine et que les communautés antiques la mettront presque au rang des écritures comme le souligne Eusèbe de Césarée : en beaucoup d’Eglises, depuis longtemps et encore de nos jours, on la lit publiquement dans les réunions communes.

Le pape Clément, en bon disciple des apôtres, s’appuie solidement sur les Ecritures qu’il connaît et manie parfaitement dans de longues citations ; ceci étant, en bon lettré helléniste autant que latin, il ajoute des exemples et des maximes qui relèvent de l’univers antique où affleurent Platon, Sophocle et Cicéron ; enfin, en bon romain, il admire la bonne administration romaine et l’ordre des légions qui la fonde. Clément de Rome est en admiration devant l’harmonie et la beauté de la création, sa prière est lyrique et son verbe délicat et sensible. Certes, il commande sans hésitations mais aussi sans brusquerie, modérant son énergie par une douceur soutenue et, graduellement, par de longs développements il enveloppe ses lecteurs pour les mener patiemment jusqu’à l’acceptation de la correction dont personne ne doit s’irriter.

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