Archive pour septembre, 2009

Audience générale : Syméon le Nouveau Théologien

17 septembre, 2009

du site:

http://www.zenit.org/article-22009?l=french

Audience générale : Syméon le Nouveau Théologien

Texte intégral de la catéchèse de Benoît XVI

ROME, Mercredi 16 septembre 2009 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse prononcée mercredi 16 septembre par le pape Benoît XVI au cours de l’audience générale, dans la salle Paul VI au Vatican.

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui nous examinerons la figure d’un moine oriental, Syméon le Nouveau Théologien, dont les écrits ont exercé une remarquable influence sur la théologie et sur la spiritualité de l’Orient, en particulier en ce qui concerne l’expérience de l’union mystique avec Dieu. Syméon le Nouveau Théologien naquit en 949 à Galatai, en Paphlagonie (Asie mineure), dans une famille noble de province. Encore jeune, il partit pour Constantinople pour y entreprendre des études et entrer au service de l’empereur. Mais il se sentit peu attiré par la carrière civile qui l’attendait et sous l’influence des illuminations intérieures dont il faisait l’expérience, il se mit à la recherche d’une personne qui l’orientât dans le moment de grands doutes et de perplexité qu’il était en train de vivre, et qui l’aidât à progresser sur le chemin de l’union avec Dieu. Il trouva ce guide spirituel en Syméon le Pieux (Eulabes), un simple moine du monastère de Studios, à Constantinople, qui lui donna à lire le traité La loi spirituelle de Marc le Moine. Dans ce texte, Syméon le Nouveau Théologien trouva un enseignement qui l’impressionna beaucoup : « Si tu cherches la guérison spirituelle – y lit-il- sois attentif à ta conscience. Tout ce qu’elle te dit, fais-le et tu trouveras ce dont tu as besoin ». A partir de ce moment-là – raconte-t-il lui-même – il ne se coucha plus sans se demander si sa conscience n’avait pas quelque chose à lui reprocher.

Syméon entra dans le monastère des Studites, où, toutefois, ses expériences mystiques et son extraordinaire dévotion envers le Père spirituel lui causèrent des difficultés. Il partit pour le petit couvent de Saint Mamas, toujours à Constantinople, dont, après trois ans, il devint le chef, l’higoumène. Il y conduisit une intense recherche d’union spirituelle avec le Christ, qui lui conféra une grande autorité. Il est intéressant de noter qu’il lui fut donné le qualificatif de « Nouveau Théologien », bien que la tradition ne réserve le titre de « Théologien » qu’à deux personnalités : à l’évangéliste Jean et à Grégoire de Nazianze. Il endura des incompréhensions et souffrit l’exil, mais fut réhabilité par le patriarche de Constantinople, Serge II.

Syméon le Nouveau Théologien passa la dernière période de son existence dans le monastère de Sainte Marine, où il écrivit une grande partie de ses œuvres, en devenant de plus en plus célèbre en raison de ses enseignements et de ses miracles. Il mourut le 12 mars 1022.

Le plus connu de ses disciples, Niceta Stetatos, qui a recueilli et recopié les écrits de Syméon, en fit une édition posthume, en rédigeant à la suite une biographie. L’œuvre de Syméon comprend neuf volumes, qui se divisent en Chapitres théologiques, gnostiques et pratiques, trois volumes de Catéchèses adressées aux moines, deux volumes de Traités théologiques et éthiques et un volume d’Hymnes. Il ne faut pas non plus oublier les nombreuses Lettres. Toutes ces œuvres ont trouvé une place importante dans la tradition monastique orientale jusqu’à nos jours.

Syméon concentre sa réflexion sur la présence de l’Esprit Saint chez les baptisés et sur la conscience qu’ils doivent avoir de cette réalité spirituelle. La vie chrétienne – souligne-t-il – est une communion intime et personnelle avec Dieu, la grâce divine illumine le cœur du croyant et le conduit à la vision mystique du Seigneur. Dans ce sillage, Syméon le Nouveau Théologien insiste sur le fait que la véritable connaissance de Dieu ne vient pas des livres, mais de l’expérience spirituelle, de la vie spirituelle. La connaissance de Dieu naît d’un chemin de purification intérieure, qui commence avec la conversion du cœur, grâce à la force de la foi et de l’amour ; elle passe à travers un profond repentir et une douleur sincère pour ses péchés, pour arriver à l’union avec le Christ, source de joie et de paix, imprégnés de la lumière de sa présence en nous. Pour Syméon, cette expérience de la grâce divine ne constitue pas un don exceptionnel pour quelques mystiques, mais est le fruit du Baptême dans l’existence de tout fidèle sérieusement engagé.

Un point sur lequel réfléchir, chers frères et sœurs ! Ce saint moine oriental nous rappelle tous à une attention à la vie spirituelle, à la présence cachée de Dieu en nous, à la sincérité de la conscience et à la purification, à la conversion du cœur, afin que l’Esprit Saint devienne réellement présent en nous et nous guide. Si, en effet, on se préoccupe à juste titre de prendre soin de notre croissance physique, humaine et intellectuelle, il est encore plus important de ne pas négliger la croissance intérieure, qui consiste dans la connaissance de Dieu, dans la véritable connaissance, non seulement apprise dans les livres, mais intérieure, et dans la communion avec Dieu, pour faire l’expérience de son aide à tout moment et en toute circonstance. Au fond, c’est ce que Syméon décrit lorsqu’il rapporte son expérience mystique. Déjà, lorsqu’il était jeune, avant d’entrer au monastère, tandis qu’une nuit, chez lui, il prolongeait ses prières, en invoquant l’aide de Dieu pour lutter contre les tentations, il avait vu la pièce emplie de lumière. Puis, lorsqu’il entra au monastère, on lui offrit des livres spirituels pour s’instruire, mais leur lecture ne lui procurait pas la paix qu’il recherchait. Il se sentait – raconte-t-il – comme un pauvre petit oiseau sans aile. Il accepta cette situation avec humilité, sans se rebeller, et alors les visions de lumière commencèrent à nouveau à se multiplier. Voulant s’assurer de leur authenticité, Syméon demanda directement au Christ : « Seigneur, est-ce toi qui es vraiment ici ? ». Il sentit retentir dans son cœur la réponse affirmative et en fut réconforté au plus au point. « Ce fut, Seigneur, – écrira-t-il par la suite – la première fois que tu me jugeas, moi, fils prodigue, digne d’écouter ta voix ». Toutefois, pas même cette révélation ne réussit à lui apporter la tranquillité. Il se demandait plutôt si cette expérience ne devait pas elle aussi être considérée comme une illusion. Un jour, enfin, un événement fondamental pour son expérience mystique eut lieu. Il commença à se sentir comme « un pauvre qui aime ses frères » (ptochós philádelphos). Il voyait autour de lui de nombreux ennemis qui voulaient lui tendre des pièges et lui faire du mal, mais, en dépit de cela il ressentit en lui un intense élan d’amour pour eux. Comment l’expliquer ? Bien sûr, un tel amour ne pouvait venir de lui-même, mais devait jaillir d’une autre source. Syméon comprit qu’il provenait du Christ présent en lui et tout lui apparut clair : il eut la preuve certaine que la source de l’amour en lui était la présence du Christ et qu’avoir en soi un amour qui va au-delà de mes intentions personnelles indique que la source de l’amour se trouve en moi. Ainsi, d’un côté, nous pouvons dire que sans une certaine ouverture à l’amour, le Christ n’entre pas en nous, mais de l’autre, le Christ devient source d’amour et nous transforme. Chers amis, cette expérience reste véritablement importante pour nous aujourd’hui, pour trouver les critères qui nous indiquent si nous sommes réellement proches de Dieu, si Dieu est présent et vit en nous. L’amour de Dieu croît en nous si nous demeurons unis à Lui à travers la prière et l’écoute de sa parole, à travers l’ouverture du cœur. Seul l’amour divin nous fait ouvrir notre cœur aux autres et nous rend sensibles à leurs besoins nous faisant considérer chacun comme nos frères et sœurs, et nous invitant à répondre à la haine par l’amour et à l’offense par le pardon.

En réfléchissant sur cette figure de Syméon le Nouveau Théologien, nous pouvons observer encore un élément supplémentaire de sa spiritualité. Sur le chemin de vie ascétique qu’il a proposé et parcouru, la profonde attention et concentration du moine sur l’expérience intérieure confère au Père spirituel du monastère une importance essentielle. Le jeune Syméon lui-même, comme on l’a dit, avait trouvé un directeur spirituel, qui l’aida beaucoup et dont il conserva une très grande estime, au point de lui réserver, après sa mort, une vénération également publique. Et je voudrais dire que l’invitation à avoir recours aux conseils d’un bon père spirituel, capable d’accompagner chacun dans la connaissance profonde de soi, et de le conduire à l’union avec le Seigneur, afin que son existence se conforme toujours plus à l’Evangile, demeure valable pour tous – prêtres, personnes consacrées et laïcs, et en particulier les jeunes. Pour aller vers le Seigneur, nous avons toujours besoin d’un guide, d’un dialogue. Nous ne pouvons pas le faire seulement avec nos réflexions. Et trouver ce guide est également le sens du caractère ecclésial de notre foi.

En conclusion, nous pouvons résumer ainsi l’enseignement et l’expérience mystique de Syméon le Nouveau Théologien : dans sa recherche incessante de Dieu, même dans les difficultés qu’il rencontra et les critiques dont il fut l’objet, en fin de compte, il se laissa toujours guider par l’amour. Il sut vivre lui-même et enseigner à ses moines que l’essentiel pour tout disciple de Jésus est croître dans l’amour et ainsi, nous mûrissons dans la connaissance du Christ lui-même, pour pouvoir affirmer avec saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).

A l’issue de l’audience générale, le pape a résumé sa catéchèse en plusieurs langues et salué les pèlerins. Voici ce qu’il a dit en français :

Chers frères et sœurs,

Syméon le Nouveau Théologien est né en Asie mineure, en 949. Après quelque temps au service de l’Empereur, à Constantinople, il s’orienta vers la vie monastique qu’il mena dans plusieurs monastères de cette ville. Ses écrits ont exercé une grande influence sur la théologie et la spiritualité de l’Orient, en particulier pour ce qui concerne l’expérience de l’union mystique avec Dieu. Syméon a concentré sa réflexion sur la présence de l’Esprit Saint dans les baptisés et sur la conscience qu’ils doivent en avoir. La vraie connaissance de Dieu vient de l’expérience spirituelle. Elle est le fruit du Baptême dans l’existence de tout fidèle sérieusement engagé.

Ce moine oriental nous appelle à porter une grande attention à notre vie spirituelle. L’amour de Dieu grandit en nous si nous demeurons unis à lui par la prière et par l’écoute de sa parole. Il nous fait ouvrir notre cœur aux autres et nous rend sensibles à leurs besoins, nous les faisant considérer comme des frères et nous invitant à répondre à la haine par l’amour et à l’offense par le pardon.

Je suis heureux d’accueillir les pèlerins de langue française. Je salue en particulier les membres de la délégation parlementaire «  France-Saint-Siège  » et les séminaristes du séminaire Saint-Joseph, de Bordeaux. Que Syméon le Nouveau Théologien vous aide à toujours mieux comprendre que pour le disciple de Jésus l’essentiel est de grandir dans l’amour et dans la connaissance de Dieu. Avec ma Bénédiction apostolique  !

Traduction française : Zenit

bonne nuit

17 septembre, 2009

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. 259-1212725600qf0e

http://www.publicdomainpictures.net/browse-category.php?c=natura&s=1

Saint Bernard : « C’est à cause de son grand amour »

17 septembre, 2009

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20090917

Le jeudi de la 24e semaine du temps ordinaire : Lc 7,36-50
Commentaire du jour
Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
Sermon 7 sur le Cantique des cantiques

« C’est à cause de son grand amour »

      « Qu’il me donne un baiser de sa bouche. » (Ct 1,2) Qui parle ainsi ? L’épouse [du Cantique des cantiques]. Et qui est cette épouse? L’âme assoiffée de Dieu. Et à qui parle-t-elle? A son Dieu… On ne saurait trouver de noms plus tendres, pour exprimer la tendresse réciproque de Dieu et de l’âme, que ceux d’Époux et d’épouse. Tout leur est commun, ils ne possèdent rien en propre ni à part. Unique est leur héritage, unique leur table, unique leur maison, unique même la chair qu’ensemble ils constituent (Gn 2,24)…

      Si donc le mot aimer convient spécialement et en premier lieu aux époux, ce n’est pas sans de bonnes raisons qu’on donne le nom d’épouse à l’âme qui aime Dieu. La preuve qu’elle aime, c’est qu’elle demande à Dieu un baiser. Elle ne souhaite ni la liberté, ni une récompense, ni un héritage, ni même un enseignement, mais un baiser, à la manière d’une chaste épouse, soulevée par un saint amour et incapable de cacher la flamme dont elle brûle…

      Oui, son amour est chaste puisqu’elle désire seulement celui qu’elle aime, et non quelque chose qui serait à lui. Son amour est saint, puisqu’elle aime non pas dans un désir lourd de la chair mais dans la pureté de l’esprit. Son amour est ardent, puisqu’enivrée de cet amour même, elle en oublie la grandeur de Celui qu’elle aime. N’est-ce pas lui, en effet, qui d’un regard fait trembler la terre ? (Ps 103,32) Et c’est à lui qu’elle demande un baiser ? N’est-elle pas ivre ? Oui, elle est ivre d’amour pour son Dieu… Quelle force dans l’amour! Quelle confiance et quelle liberté dans l’Esprit! Comment manifester plus clairement que « l’amour parfait bannit la crainte » ? (1Jn 4,18)

Stigmate de Saint François

16 septembre, 2009

Stigmate de Saint François dans images sacrée

http://www.santiebeati.it/

Prières et louanges de Saint François: Salutation a la vierge Marie

16 septembre, 2009

du site:

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Fdassise/prieres.html#1

Prières et louanges de Saint François

Salutation a la vierge Marie

1 Salut, Marie, Dame sainte,
reine, sainte mère de Dieu,
vous êtes la Vierge devenue Eglise;

2 choisie par le très saint Père du ciel,
consacrée par lui comme un temple
avec son Fils bien-aimé et l’Esprit Paraclet;

3 vous en qui fut et demeure
toute plénitude de grâce
et Celui qui est tout bien.

4 Salut, Palais de Dieu!
Salut, Tabernacle de Dieu!
Salut, Maison de Dieu!

5 Salut, Vêtement de Dieu!
Salut, Servante de Dieu!
Salut, Mère de Dieu!

6 Et salut à vous toutes, saintes Vertus,
qui, par la grâce et l’illumination de l’Esprit-Saint,
êtes versées dans le coeur des fidèles,
vous qui, d’infidèles que nous sommes,
nous rendez fidèles à Dieu!

Saint François d’Assisi – 17 septembre Impression des stigmates

16 septembre, 2009

sur le site il y a une Introduction e 5 considération, je mets seulement la troisième, mais est une belle chose lire tout les écrit, du site:

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Fdassise/Les_Stigmates.html

Saint François d’Assisi – 17 septembre Impression des stigmates

Troisième considération

De l’apparition du Séraphin et de l’impression des stigmates à Saint François.

Quant à la troisième considération, c’est-à-dire celle de l’apparition du Séraphin et de l’impression des Stigmates, il faut considérer que, la fête de la Croix de septembre (2) approchant, frère Léon alla une nuit, à I ‘heure accoutumée, pour dire les Matines avec saint François; comme il avait coutume, il dit, de la tête du pont: « Domine, labia mea aperies » (3), et saint François ne répondit pas; alors frère Léon ne s’en retourna pas, comme saint François le lui avait ordonné, mais, dans une bonne et sainte intention, il passa le pont et entra doucement dans sa cellule; ne l’y trouvant pas, il pensa qu’il était quelque part dans le bois, en prière. Aussi en sort-il et, à la lumière de la lune, s’en va-t-il doucement le chercher par le bois: finalement, il entend la voix de saint François, il s’approche et il le voit à genoux, la face et les mains levées vers le ciel, qui parlait ainsi, en ferveur d’esprit: « Qui es-tu, ô mon très doux Dieu ? et moi, que suis-je, ver très méprisable, et ton inutile serviteur ? » Et ces mêmes paroles, il les répétait toujours et ne disait rien d’autre.

Ce pourquoi frère Léon, fortement surpris de tout cela, leva les yeux et regarda vers le ciel; et, en regardant, il vit venir du ciel une flamme de feu, très belle et très brillante, qui descendit se poser sur la tête de saint François; et de ladite flamme il entendait sortir une voix qui parlait avec saint François; mais frère Léon ne comprenait pas les paroles. Entendant cela et se jugeant indigne de rester si près de ce saint lieu, où était cette admirable apparition, craignant encore d’offenser saint François ou de le troubler dans sa consolation, s’il était aperçu, il se retira doucement en arrière, et, se tenant à l’écart, il attendait pour voir la fin. Et, regardant attentivement, il voit saint François tendre trois fois la main vers la flamme; et finalement, après un long temps, il voit la flamme s’en retourner au ciel. Ce pourquoi il s’en va, tranquille et rempli de joie par cette vision, et s’en retourne à sa cellule.
Comme il s’en allait tranquillement, saint François l’entendit, au froissement des pieds sur les feuilles, et lui ordonna de l’atten dre et ne pas bouger. Alors frère Léon, obéissant, s’arrêta et l’attendit avec une telle peur que, d’après ce qu’il raconta ensuite à ses compagnons, il aurait mieux aimé que la terre l’engloutît, que d’attendre saint François, qu’il pensait être irrité contre lui; car il se gardait avec soin d’offenser sa paternité, de peur que, par sa faute, saint François ne le privât de sa compagnie. Saint François arriva donc à lui et lui demanda: « Qui es-tu ? » Frère Léon, tout tremblant, répondit: « Je suis frère Léon, mon père. » Saint François lui dit: « Pourquoi es-tu venu ici, frère petite brebis ? Ne t’ai-je pas dit de ne pas venir m’observer ? Au nom de la sainte obéissance, dis-moi si tu as vu ou entendu quelque chose. » Frère Léon répondit : « Père, je t’ai entendu parler et répéter plusieurs fois : « Qui es-tu, ô mon très doux Dieu ? et moi, que suis-je, ver très méprisable et ton inutile serviteur ? »

Alors frère Léon s’agenouilla devant saint François, se déclara coupable de la désobéissance qu’il avait commise contre son ordre, et lui demanda pardon avec beaucoup de larmes. Ensuite, il le pria dévotement de lui expliquer ces paroles qu’il avait entendues et de lui dire celles qu’il n’avait pas comprises. Alors saint François, voyant que Dieu avait révélé ou concédé de voir certaines choses à l’humble frère Léon, à cause de sa simplicité et de sa pureté, consentit à lui révéler et à lui expliquer ce qu’il demandait et il parla ainsi : « Sache, frère petite brebis de Jésus-Christ, que, pendant que je disais ces paroles que tu as entendues, il était à ce moment montré à mon âme deux lumières, l’une qui était celle de la révélation et de la connaissance du Créateur, l’autre celle de la connaissance de moi-même. Quand je disais: « Qui es-tu, ô mon très doux Dieu ? », j’étais alors dans une lumière de contemplation, dans laquelle je voyais l’abîme de l’infinie bonté, sagesse et puissance de Dieu; et quand je disais: « Qui suis-je ? etc. », j’étais dans une lumière de contemplation, dans laquelle je voyais la profondeur lamentable de mon abjection et misère, et c’est pour cela que je disais: « Qui es-tu, Seigneur d’infinie bonté, sagesse et puissance, qui daignes me visiter, moi qui ne suis qu’un méprisable et abominable ver ? » Et dans cette flamme que tu as vue était Dieu, qui me parlait sous cette forme comme il avait anciennement parlé à Moïse (4). Et parmi les autres choses qu’il me dit, il me demanda de lui faire trois dons, et je lui répondais: « Mon Seigneur, je suis tout à toi, tu sais bien que je n’ai rien d’autre que la tunique et la corde et les braies, et ces trois choses aussi sont à toi: que puis-je donc offrir ou donner à ta majesté ? »

Alors Dieu me dit: « Cherche dans ton sein et offre-moi ce que tu y trouveras, » Je cherchai et j’y trouvai une boule d’or, et je l’offris à Dieu; et je fis ainsi trois fois, selon que trois fois Dieu me le commanda; puis je m’agenouillai trois fois, et bénis et remerciai Dieu, qui m’avait donné quelque chose à lui offrir. Et aussitôt il me fut donné de comprendre que ces trois offrandes signifiaient la sainte obéissance, la très haute pauvreté et la très splendide chasteté, que Dieu, par sa grâce, m’a concédé d’observer si parfaitement que ma conscience ne me fait aucun reproche. Et de même que tu m’as vu mettre la main dans mon sein et offrir à Dieu ces trois vertus, représentées par ces trois boules d’or que Dieu avait déposées dans mon sein, ainsi Dieu a donné à mon âme cette vertu que je loue et le magnifie toujours, et de coeur et de bouche, pour tous les biens et pour toutes les grâces qu’il m’a concédées par sa très sainte bonté. Voilà les paroles que tu as entendues, et voilà pourquoi j’ai levé trois fois les mains comme tu l’as vu. Mais garde-toi bien, frère petite brebis, de recommencer à m’observer, et retourne à ta cellule avec la bénédiction de Dieu, et prends de moi un soin diligent, car d’ici peu de jours Dieu fera sur cette montagne des choses si grandes et si merveilleuses que le monde entier s’en émerveillera; car il fera certains choses nouvelles qu’il ne fit jamais à aucune créature en ce monde. » Cela dit, il se fit apporter le livre des Evangiles, parce que Dieu avait révélé à son âme qu’en ouvrant trois fois le livre des Evangiles, il lui serait montré ce qu’il plaisait à Dieu de faire de lui.

Dès qu’on eut apporté le livre, saint François se jeta en prière; sa prière terminée, il se fit trois fois ouvrir le livre, de la main de frère Léon, au nom de la sainte Trinité; et comme il plut à la divine volonté, les trois fois il se présenta toujours devant lui la Passion du Christ (5). Par quoi il lui fut donné à entendre que, comme il avait suivi le Christ dans les actes de sa vie, ainsi il devait le suivre et se conformer à lui, dans les afflictions et douleurs de la Passion, avant de quitter cette vie. Et à partir de ce moment saint François commença à goûter et à sentir plus abondamment la douceur de la divine contemplation et des divines visites. Parmi celles-ci il en eut une qui préparait immédiatement l’impression des Stigmates, sous cette forme. Le jour qui précède la fête de la Croix de septembre, comme saint François était en prière dans le secret de sa cellule, l’Ange de Dieu lui apparut et lui dit de la part de Dieu: « Je t’exhorte et t’avertis afin que tu prépares et disposes, humblement et en toute patience, à recevoir ce que Dieu voudra faire en toi. » Saint François répondit: « Je suis prêt à supporter patiemment tout ce que mon Seigneur me veut faire. » Et cela dit, l’Ange s’en alla. Arrive le jour suivant, c’est-à-dire le jour de la Croix (6), et saint François, le matin, de bonne heure avant le jour, se jette en prière devant la porte de sa cellule, la face tournée vers l’Orient, et il priait en ces termes: « Mon Seigneur Jésus-Christ, je te prie de m’accorder deux grâces avant que je meure: la première est que, durant ma vie, je sente dans mon âme et dans mon corps, autant qu’il est possible, cette douleur que toi, ô doux Jésus, tu as endurée à l’heure de ta très cruelle Passion; la seconde est que je sente dans mon coeur, autant qu’il est possible, cet amour sans mesure dont toi, Fils de Dieu, tu étais embrasé et qui te conduisait à endurer volontiers une telle Passion pour nous pécheurs, »

Il resta longtemps en cette prière et il comprit alors que Dieu l’exaucerait et que, autant qu’il serait possible à une simple créature, il lui serait concédé de sentir en une faible mesure les choses susdites, Ayant reçu cette promesse, saint François commença à contempler avec une très grande dévotion la Passion du Christ et son infinie charité, Et la ferveur de la dévotion croissait tellement en lui qu’il se transformait tout entier en Jésus, par amour et par compassion, Comme il était en cet état et qu’il s’enflammait dans cette contemplation, il vit, en cette même matinée, venir du ciel un Séraphin avec six ailes de feu resplendissantes; comme ce Séraphin, dans son vol rapide, s’approchait tellement de saint François qu’il pouvait le bien voir, il reconnut clairement qu’il avait en lui l’image d’un homme crucifié et que les ailes étaient disposées de telle sorte que deux se déployaient sur sa tête, deux se déployaient pour voler, et les deux autres couvraient tout son corps (7). En voyant cela, saint François fut fortement effrayé et, en même temps, rempli d’allégresse et de douleur mêlée d’étonnement, Il éprouvait une très grande allégresse de ce gracieux aspect du Christ, qui lui apparaissait avec tant de familiarité et qui le regardait si gracieusement: mais, d’autre part, en le voyant cloué sur la croix, il éprouvait une douleur, sans mesure, de compassion. Ensuite, il s’étonnait beaucoup d’une vision si surprenante et si insolite, car il savait bien que les douleurs de la Passion ne conviennent pas à l’immortalité d’un esprit séraphique.

Comme il restait dans cet étonnement, il lui fut révélé par celui qui apparaissait, que, par la divine providence, cette vision lui était montrée sous cette forme pour qu’il comprît que ce n’était pas par un martyre corporel, mais par un embrasement spirituel, qu’il devait être tout transformé à la ressemblance formelle du Christ crucifié. Pendant cette merveilleuse apparition, tout le mont Alverne semblait brûler d’une flamme très éclatante, qui resplendissait et qui illuminait toutes les montagnes et vallées des environs, comme si le soleil avait brillé sur la terre. Aussi des bergers qui veillaient par là, voyant le mont embrasé et enveloppé d’une telle lumière, eurent une très grande peur, comme ils le racontèrent ensuite aux frères, en affirmant que cette flamme avait duré sur le Mont Alverne l’espace d’une heure et plus( 8). De même, à la splendeur de cette lumière, qui resplendissait à travers les fenêtres dans les auberges des environs, certains muletiers, qui se rendaient en Romagne (9), se levèrent, croyant que le soleil était levé, sellèrent et chargèrent leurs bêtes, puis, quand ils furent en chemin, ils virent disparaître ladite lumière et se lever le soleil matériel. Dans ladite apparition séraphique, le Christ, qui apparaissait, parla à saint François de certaines choses secrètes et sublimes, que saint François ne voulut jamais, pendant sa vie, révéler à personne, mais qu’il révéla après sa mort, comme on le montrera plus loin (10).

Ces paroles furent les suivantes: « Sais-tu, dit le Christ, ce que j’ai fait ? Je t’ai donné les stigmates qui sont les marques de ma Passion, pour que tu sois mon gonfalonier. Et comme au jour de ma mort je suis descendu dans les Limbes et que j’en ai tiré toutes les âmes que j’y ai trouvées, par la vertu de mes Stigmates, de même je t’accorde que chaque année, au jour de ta mort, tu ailles au purgatoire, et que toutes les âmes de tes trois Ordres, c’est-à-dire des Mineurs, des Soeurs et des Continents( Il), et aussi des autres qui t’auront été très dévots, que tu y trouveras, tu les en tires, par la vertu de tes Stigmates, et les conduises à la gloire du paradis, pour que tu me sois conforme dans la mort, comme tu l’es dans la vie. » , Cette vision admirable disparaissant donc après un long espace de temps et ces paroles secrètes, laissa au coeur de saint François une ardeur sans mesure et une flamme d’amour divin, et laissa dans sa chair une merveilleuse I’image et empreinte de la Passion du Christ (12) : car aussitôt dans les mains et dans les pieds de saint François commencèrent à apparaître les marques des clous, de la manière  » qu’il venait de voir sur le corps de Jésus crucifié, qui lui était apparu sous la forme d’un Séraphin; et ainsi ses mains et ses pieds paraissaient cloués en leur milieu par des clous, dont les têtes, hors de la chair, se trouvaient dans les paumes des mains et sur la partie supérieure des pieds, et dont les pointes ressortaient sur le dos des mains et dans les plantes des pieds: ils paraissaient recourbés et rivés en sorte que, sous cette courbure, dans ce repli, qui tout entier faisait saillie sur la chair, on aurait pu facilement passer le doigt comme dans un anneau; et les têtes des clous étaient noires et rondes. De même, dans son côté droit il apparut la plaie d’un coup de lance, non cicatrisée, rouge et ensanglantée, qui dans la suite jetait souvent du sang de la sainte poitrine de saint François, et lui ensanglantait sa tunique et ses braies.

Aussi ses compagnons s’étant aperçus, avant de le savoir par lui, qu’il ne se découvrait ni les mains ni les pieds et qu’il ne pouvait poser à terre la plante des pieds, trouvant ensuite sa tunique et ses braies ensanglantées quand ils les lui lavaient, eurent la certitude qu’il avait manifestement empreinte, aux mains et aux pieds, et de même au côté, l’image et la ressemblance du Christ crucifié. Et bien qu’il s’ingéniât beaucoup à cacher et à dissimuler ces Stigmates glorieux, si clairement empreints dans sa chair, comme il voyait d’autre part qu’il pouvait mal les dissimuler à ses compagnons familiers, et comme il craignait néanmoins de dévoiler les secrets de Dieu, il tomba dans un grand doute: devait-il ou non révéler la vision séraphique et l’impression des Stigmates ? Finalement, par scrupule de conscience, il appela à lui quelques-uns de ses frères les plus familiers, et il leur demanda conseil, mais en leur soumettant son doute sous des formules générales et sans révéler le fait. Parmi ces frères, il y en avait un de grande sainteté, qui avait nom frère Illuminé (13) : celui-là, vraiment illuminé par Dieu, comprit que saint François devait avoir vu des choses merveilleuses, et lui répondit donc ainsi: « Frère François, sache que ce n’est pas seulement pour toi, mais aussi pour les autres, que Dieu te montre parfois ses secrets sacrés; c’est pourquoi tu as raison de craindre que, si tu tiens caché ce que Dieu t’a montré pour l’utilité d’autrui, tu ne mérites d’être blâmé. » Alors saint François, touché par ces paroles, leur rapporta toute la manière et la forme de la susdite vision, en ajoutant que le Christ, qui lui était apparu, lui avait dit certaines choses qu’il ne redirait jamais pendant sa vie (14).

Bien que ces plaies très saintes lui fissent venir au coeur une très grande allégresse, en tant qu’elles lui avaient été imprimées par le Christ, néanmoins elles lui donnaient, dans sa chair, dans les sensations de son corps, une souffrance intolérable. Ce pourquoi contraint par la nécessité, il choisit frère Léon, parmi les autres le plus simple et le plus pur, à qui il révéla tout: il lui laissait voir et toucher ses saintes plaies et les bander avec des linges pour calmer la douleur et recevoir le sang qui sortait et coulait desdites plaies. Ces bandages, lorsqu’il était malade, il laissait les changer souvent, tous les jours même, sauf du jeudi soir au samedi matin, parce qu’il ne voulait pas que, durant ce temps, la douleur de la Passion du Christ, qu’il supportait dans son corps, fût adoucie en quoi que ce soit par quelque médecine ou remède humain: car pendant ce temps Notre Sauveur Jésus-Christ avait été saisi, crucifié, mis à mort et enseveli pour nous. Il arriva parfois que, pendant que frère Léon lui changeait le bandage de la plaie du côté, saint François, sous le coup de la douleur qu’il éprouvait par l’enlèvement de cette bande ensanglantée, mit la main sur la poitrine de frère Léon; au toucher de ces mains sacrées, frère Léon sentait une telle douceur de dévotion en son coeur, qu’il s’en fallait de peu qu’il ne tombât à terre évanoui (15). Finalement, quant à cette troisième considération, saint François, ayant terminé le carême de saint Michel Archange, se disposa, par une divine révélation, à retourner à Sainte-Marie des Anges. Aussi appela-t-il à lui frère Massée et frère Ange, et après beaucoup de paroles et de saints enseignements, il leur recommanda, avec autant de force qu’il le put, cette sainte montagne, en leur disant qu’il lui fallait retourner avec frère Léon à Sainte-Marie des Anges. Et cela dit, il prit congé d’eux, les bénit au nom de Jésus crucifié, et leur tendit, pour condescendre à leurs prières, ses très saintes mains, ornées de ces glorieux Stigmates, à voir, à toucher et à baiser. Et, les laissant ainsi consolés, il les quitta et descendit de la montagne sainte.

A la louange du Christ. Amen.

NOTES

1- L’auteur développe, en y ajoutant des détails nouveaux, les chapitres 9, 37-70, et 3 8-10, des Actus; il fait aussi de nombreux emprunts à saint Bonaventure.

2. La fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, 14 septembre.

3. Voir plus haut, p. 1343, n. 14.

4. Cf. Ex 3 1-4 17,

5. L’origine de ce récit se trouve dans Thomas de Celano (I C 92-93). mais le nom de l’ermitage où le fait se passe n’y est pas donné et il n’y est pas question de frère Léon. c’est saint François lui-même qui ouvre le livre. L’auteur des Considérations s’inspire directement de saint Bonaventure (LM 13 2).

6. L’auteur des Considérations fixe avec précision au 14 septembre la stigmatisation de saint François; une révélation de 1282, que les Bollandistes considèrent comme fort suspecte, avait déjà indiqué cette date; cf. Acta Sanctorum, octobre, t. Il, p. 859 et s. Saint Bonaventure, I. c. 13 3, dit seulement : « … quodam mane circa festum ExaJtationis Sanctae Crucis…  » L’auteur des Actus 968, emploie la même expression. La prudence de saint Bonaventure nous oblige à n’accueillir qu’avec réserve l’indication donnée par l’auteur des Considérations. Voir plus loin, n. 12.

7. Le description est conforme à celle d’Isaïe, 6 2, en ce qui concerne le nombre et la disposition des ailes. – L’auteur des Considérations traduit presque littéralement saint Bonaventure (LM 13 3) ; cf. I C 94, et J C 4. L’allusion des Ac/us 9 68, à la stigmatisation est extraordinairement brève, et l’auteur renvoie à  » la Légende de saint François ».

8. Cf. Ac/us, 9 69. Mais l’épisode des muletiers, qui va suivre immédiatement, ne se rencontre pas dans les Ac/us. Par contre, on y lit. 9 70, cette réflexion:  » Pourquoi ces Stigmates sacrés furent-ils imprimés sur saint François, c’est ce qui n’est pas encore entièrement connu. Mais, comme il le disait lui-même à ses compagnons, la révélation de ce grand mystère est réservée à l’avenir. ), Ainsi que le fait remarquer le P. Bughetti, éd. citée, p. 216, n. 2, ce qui était  » l’avenir » pour l’auteur des Actus est le passé pour l’auteur des Considérations.

9. La route de Bibbiena à Bagno di Romagna par les Mandrioli passe à l’ouest de l’ Alverne, qui se trouve donc à l’est pour les voyageurs qui la suivent.

10. Voir p. 1259 et s.

11. Les Mineurs. !es Pauvres Dames ou Clarisses, le Tiers-Ordre.

12. La description qui va suivre est traduite presque littéralement de saint Bonaventure (LM 13 3).
Autres descriptions des Stigmates: dans la Lettre de frère Elie annonçant aux frères la mort de saint François, lettre écrite au mois d’octobre !226, P.S. Mencherini, Codice diplomatico »., p. 7 et s., avec une abondante bibliographie; – dans Thomas de Celano (I C 94-95 ; 3 C 4) dans la Légende dite des Trois Compagnons, 70, La meilleure étude critique sur les nombreux problèmes que soulèvent ces textes est, à mon avis, celle du P. M. Bi hl, O.F.M., publie dans AFH 3, 1910, p. 393 et s.

13. Frère Illuminé de Rieti avait été le compagnon de saint François pendant son voyage en Egypte; sur frère Illuminé, Biblioteca O,F.M., Biblioteca biobibliografica della Terra Santa et de l’Oriente francescano, t. 1, Quaracchi, 1906, p. 33, n. 3, 36 et s. Il est cité par Dante dans la Divine Comédie, Paradis, XII, 30.

14. L’auteur des Actus. 971. termine le chapitre consacré à l’Alverne et à la Stigmatisation, par cette note: ,( Frère Jacques de Massa a connu CCJ faits de la bouche de frère Léon, et frère Hugolin de Monte Santa Mariâ de la bouche dudit frère Jacques, et moi qui écris, de la bouche de frère Hugolin, homme entièrement digne de foi « .

15. Cf. Actus, 39 8-10.

buonanotte

15 septembre, 2009

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Saint Bernard : L’ignorance de ceux qui ne se convertissent pas

15 septembre, 2009

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Le mercredi de la 24e semaine du temps ordinaire : Lc 7,31-35
Commentaire du jour
Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
Sermon 38 sur le Cantique des Cantiques (trad. Béguin, Seuil 1953, p. 442 rev.)

L’ignorance de ceux qui ne se convertissent pas

      L’apôtre Paul dit : « Quelques uns sont dans l’ignorance de Dieu » (1Co 15,34). Je dis, moi, que sont dans cette ignorance tous ceux qui ne veulent pas se convertir à Dieu. Car ils refusent cette conversion pour l’unique raison qu’ils imaginent solennel et sévère ce Dieu qui est toute douceur ; ils imaginent dur et implacable celui qui n’est que miséricorde ; ils pensent violent et terrible celui qui ne désire que notre adoration. Ainsi l’impie se ment à lui-même en se fabriquant une idole au lieu de connaître Dieu tel qu’il est.

      Que craignent ces gens de peu de foi ? Que Dieu ne veuille pas pardonner leurs péchés ? Mais de ses propres mains, il les a cloués à la croix. Que craignent-ils donc encore ? D’être eux-mêmes faibles et vulnérables ? Mais il connaît bien l’argile dont il nous a faits. De quoi ont-ils donc peur ? D’être trop accoutumés au mal pour délier les chaînes de l’habitude ? Mais le Seigneur a libéré ceux qui étaient dans les fers (Ps 145,7). Craignent-ils donc que Dieu, irrité par l’immensité de leurs fautes, hésite à leur tendre une main secourable ? Mais là où abonde le péché, la grâce surabonde (Rm 5,20). Ou encore, l’inquiétude pour leurs vêtements, la nourriture ou les autres besoins de leur vie, les empêche-t-elle de quitter leurs biens ? Mais Dieu sait que nous avons besoin de tout cela (Mt 6,32). Que veulent-ils de plus? Qu’est-ce qui fait obstacle à leur salut ? C’est qu’ils ignorent Dieu, qu’ils ne croient pas à nos paroles. Qu’ils se fient donc à l’expérience d’autrui.

Mont Saint Michel

15 septembre, 2009

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Saint Michel et la France – Saint Michel, gloire de la France

15 septembre, 2009

du site:

http://spiritualite-chretienne.com/anges/ange-gardien/hierar12.html#France

Saint Michel et la France -   Saint Michel, gloire de la France

A chaque nation, comme à chaque individu, Dieu a donné un Ange tutélaire, un Ange pour la guider, l’éclairer dans sa marche à travers les siècles ; la soutenir, la protéger dans ses luttes avec les autres peuples, tant qu’elle reste fidèle à sa mission providentielle. Tel est l’enseignement des Pères de l’Eglise et de la sainte Ecriture.
Quel est donc l’Ange gardien de la France ? C’est saint Michel, prince des phalanges célestes et glorieux vainqueur de Lucifer.
Comme Dieu avait autrefois choisi les Hébreux parmi les nations païennes, pour conserver et défendre, sous l’égide de saint Michel, la gloire de son nom ; ainsi a-t-il élu le peuple Franc pour être, parmi les nations chrétiennes et sous les auspices du grand Archange, le bouclier et l’épée de son Eglise.
Cet honneur, ce privilège divin semble tout d’abord réservé à Constantin, qui tire l’épouse du Christ des catacombes ; mais ses successeurs ne comprennent pas leur mission ; ils ne répondent pas à l’appel divin, et ils disparaissent devant les invasions barbares. Alors saint Michel, apparaissant au mont Gargan, cherche un nouveau peuple pour défendre l’Eglise de Dieu que l’arianisme essayait d’étouffer de toutes parts.
Ce nouveau peuple de Dieu est trouvé ; c’est le peuple Franc violemment implanté sur le sol gaulois, peuple ignorant de la foi chrétienne, mais de pur de toute hérésie. Son chef, tout païen qu’il est, a même pleuré au récit de la passion du Sauveur.
Pour mieux signaler et cimenter son alliance avec le peuple Franc, Dieu lui envoi son Archange, l’Ange des combats et des triomphes. Après la bataille de Tolbiac, où Clovis entrevit saint Michel, disent certains auteurs, combattant avec lui et lui procurant merveilleusement la victoire, le roi Franc se fait baptiser à Reims, et son baptême devient celui de son peuple.
A dater de ce jour, la France marche à la tête des nations. Toujours sûre de son angélique allié, elle porte partout la lumière avec les libertés sacrées de la foi chrétienne. Partout où elle passe, les chaînes tombent, la tyrannie disparaît, la barbarie recule épouvantée. Ainsi se réalisent, avec une étonnante célérité, les paroles du pape Anastase à Clovis et à sainte Clotilde qui avaient mis la France sous la protection spéciale du glorieux Prince de la milice céleste. « Daigne le Seigneur, leur écrivait le pontife, accorder à vous et à votre royaume sa divine protection ; qu’il ordonne à saint Michel, qui est votre prince et est établi pour les enfants de votre peuple, de vous garder dans toutes vos voies, et de vous donner la victoire sur tous vos ennemis. »
Avec le secours de l’Archange saint Michel, la France grandit et prospère ; elle mérite le nom glorieux de Fille aînée de l’Eglise.
Une des marques éclatantes de la suzeraineté de saint Michel sur la France, c’est sa prise de possession du sol de notre pays. Qui ne connaît, au moins de nom, le mont Saint-Michel ? Qui n’a maintes fois entendu parler de ce rocher de granit qui se dresse entre la Normandie et la Bretagne, sur le littoral de la Manche ? C’est sur ce rocher que saint Michel veut un sanctuaire. En 708, il apparaît trois fois à saint Aubert, évêque d’Avranches, et lui demande une chapelle sur la cime de ce mont, auquel de fréquents naufrages avaient valu le nom sinistre de Tombe au péril de la mer. Aujourd’hui, ce sanctuaire de saint Michel, transformé par le génie des siècles, par la foi et la renaissance de nos pères, est ce qu’on nomme la merveille de l’Occident et l’un des plus célèbres pèlerinages.
Ainsi le mont Tombe, jadis abri du démon et collège de druidesses, est devenu le siège d’honneur et le trône de saint Michel qui, une fois de plus, triomphait de Satan à la place même où celui-ci avait dominé avant le règne de la croix.
C’est du rocher du mont Saint-Michel qu’a jailli, comme un torrent, cette foi chevaleresque qui a converti et civilisé l’Europe entière. C’est là que Charlemagne et saint Louis vinrent tour à tour s’agenouiller ; que les Normands, avec Rollon, leur chef, furent adoucis et christianisés, et que Charles VII, remonté sur le trône, se rendit en action de grâces. Plus tard, les sectes hérétiques ont beau inonder la France d’erreurs et de sang, le mont Saint-Michel demeure toujours une forteresse inaccessible à leurs atteintes. Emblème et rempart de la foi, il reste debout au milieu des tempêtes de l’océan, sans en être ébranlé, parce que l’Archange n’a jamais cessé de le couvrir de ses ailes et avec lui toute la France.
Voilà pourquoi le peuple Franc, malgré tant d’égarements, reste dans le monde ce qu’il a toujours été, l’ouvrier des grandes choses de Dieu. Même dans notre siècle, où l’on dirait parfois qu’elle a échangé l’étendard de l’Archange contre celui de Satan, n’est-ce pas la France qui, de son sein généreux, a fait sortir et épanouir sur le globe les œuvres de la Propagation de la Foi et de la Sainte-Enfance, œuvres magnifiques qui ont donné tant d’accroissement à l’Eglise, tant d’âmes à Dieu, surtout dans les pays où Satan règne encore par les ténèbres du paganisme ?
O saint Michel, pitié pour notre chère France ! Daignez l’abriter encore sous vos ailes, malgré son ingratitude et ses fautes ; daignez la couvrir de votre bouclier, surtout en ce moment où l’Enfer la dispute au Ciel avec un acharnement effroyable ! Par votre puissant concours, ô divin Protecteur, puisse notre patrie échapper aux étreintes de l’impiété et de la démoralisation qui l’avilissent ; puisse-t-elle redevenir le foyer de la vraie civilisation, la digne fille aînée de l’Eglise, le héraut et le champion de Dieu parmi les nations modernes !

Extrait de « L’Ange Gardien » n°5, Septembre 1895, pp.147-150

  Saint Michel, gloire de la France

Saint Michel n’est pas seulement le protecteur, le gardien de la foi de la France, il est encore le promoteur de sa gloire, ainsi que l’attestent les grandes pages de notre histoire nationale.
Que l’orgueil apostat de notre temps rejette cette vérité, qu’il refuse effrontément de voir le doigt de Dieu, le surnaturel, dans la marche du peuple franc à travers les siècles, il n’effacera point de notre histoire le souvenir du rôle glorieux de saint Michel. Il faudrait effacer aussi les fastes de la grandeur de la France, fastes qui prouvent que l’illustre Prince du ciel, accomplissant sa mission divine, est venu, d’une manière souvent visible, au secours de notre chère patrie.
Dès la formation du peuple franc, à la fin du V° siècle, Clovis prie le Dieu de Clotilde sur le champ de bataille de Tolbiac, et aussitôt les Allemands, éblouis par une vision semblable à celle dont saint Michel avait déjà épouvanté les ennemis de Constantin, prennent la fuite en désordre.
Charles-Martel, Charlemagne, ont senti si merveilleusement l’assistance de l’invincible Archange, que le premier envoie son épée au mont Saint-Michel, et le second, au retour de son expédition contre les Saxons, fait peindre l’image de saint Michel sur les drapeaux, avec cette devise : Voici Michel qui m’a secouru.
Deux fois, au moins, les croisés voient ce glorieux Archange marcher à l’avant-garde comme leur guide en de lointains pays, et guerroyer à leur tête pour décider la victoire.
Plus tard, quand la France agonisait sous l’invasion des armées anglaises et sous les coups des défaillances suprêmes, n’est-ce pas encore saint Michel qui suscite et dirige Jeanne d’Arc, gloire de la France et libératrice de notre patrie ? dans des visions merveilleuses, l’Archange conte à l’humble bergère des montagnes des Vosges la grande pitié qui était au royaume de France ; il lui donne à profusion lumière te force pour remplir se glorieuse mission ; il fait d’une enfant de seize ans une sainte héroïne qu’il mène constamment triomphante à travers les dangers et la mort. A la bataille d’Orléans, que Jeanne d’Arc gagna le 8 mai, une des fêtes de l’Archange, saint Michel apparut lui-même visiblement sur le pont, racontent les chroniqueurs de l’époque, au moment de l’assaut, et en repoussa les Anglais.
La protection de saint Michel fut si manifeste dans la noble mission de la vierge de Domremy que, pour perpétuer le souvenir des victoires qui rendirent à notre beau pays sa gloire, son indépendance et sa nationalité, on fit frapper la monnaie à l’effigie de l’Archange, et louis XI institua l’ordre si célèbre des chevaliers de saint Michel. Sur les étendards, au-dessous de l’image de saint Michel, on lisait les deux devises tirées du prophète Daniel : Voilà que Michel, un des premiers princes, vient à mon secours. – Personne ne vient à mon aide en tout ceci, si ce n’est Michel, votre prince. Le royaume de France s’appela plus que jamais le royaume de saint Michel : Regnum Michaelis, et on s’empressa de rétablir partout les inscriptions que les Anglais avaient fait disparaître : Saint Michel, prince et patron de la France, priez pour nous !
Si l’on parcourait ainsi, siècle par siècle, les annales de nos délivrances et de nos plus glorieux combats, nous verrions toujours saint Michel au poste qu’il a bien voulu prendre avec nous et pour nous. Nous constaterions avec Louis XIV lui-même, qui ne manquait pas de placer ses glorieuses entreprises sous la sauvegarde de celui qui est à la fois l’Ange des combats et l’Ange de la paix, que toute gloire acquise en dehors de son inspiration et de son aide n’est qu’une gloire éphémère et fatale à la patrie. La France, hélas ! en a fait la triste expérience au commencement de ce siècle.
Plus récemment encore, il y a vingt-cinq ans à peine, notre patrie n’a-t-elle pas éprouvé combien il est téméraire de ne compter que sur le nombre des soldats et le courage humain pour arrêter les invasions et éviter les malheurs ? Aujourd’hui même, veut-elle comprendre qu’il y a des invasions plus redoutables que celles des armées ennemies ? que le joug de l’erreur et de l’irréligion est plus pesant que celui de l’étranger ? Ce joug est cependant plus dangereux, car on ne tue pas facilement une nation, mais elle se suicide, lorsque l’impiété y devient à l’ordre du jour. N’est-ce pas l’état de la France ?
Puisse-t-elle, après toutes ses infortunes, remonter aux véritables sources de sa grandeur, et revenant s’agenouiller aux pieds de l’Archange tutélaire dont elle a top oublié le culte et les bienfaits, retrouver dans les plis du même drapeau et les élans de sa foi, et le secret de son antique gloire ! Puisse l’Archange, de son côté, oublier nos ingratitudes et montrer bientôt que ce n’est pas en vain que les peuples l’honorent !

Extrait de « L’Ange Gardien » n°6, Octobre 1895, pp.183-185

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