Archive pour septembre, 2009

25e dimanche du Temps Ordinaire, Homélie

19 septembre, 2009

du site:

http://www.homelies.fr/homelie,25e.dimanche.du.temps.ordinaire,2545.html

25e dimanche du Temps Ordinaire

dimanche 20 septembre 2009

Famille de saint Joseph Septembre 2009   
Homélie – Messe 

 Jésus s’ouvre à ses disciples de ce qui l’attend à Jérusalem. Plus exactement il les « instruit » en particulier, alors qu’il ne souffle mot aux foules du drame qui se prépare. Le Seigneur était donc en droit d’attendre un surcroît d’attention de la part de ses proches, qu’il cherche à introduire progressivement dans le Mystère de sa mission rédemptrice. Mais en vain : les propos de leur Maître les effrayent ; ils préfèrent ne pas chercher à comprendre, et plutôt que de l’interroger, ils s’écartent en silence, le laissant poursuivre sa route seul. La perspective de l’abaissement de celui en qui ils ont fondé tous leurs espoirs, leur est tout simplement intolérable ; aussi n’est-ce pas un hasard si leur conversation va prendre le contrepied de la révélation qu’il vient de leur faire. Comme pour se rassurer, ils se laissent aller à imaginer ce qui adviendrait après que Jésus ait pris le pouvoir à Jérusalem. En quelque sorte, ils se distribuent déjà les portefeuilles ministériels au sein du futur gouvernement que leur Maître est supposé instaurer très bientôt…
Arrivé à l’étape de Capharnaüm, Jésus les invite délicatement à réfléchir sur leur attitude. Certes le Seigneur savait de quoi ses compagnons avaient « discuté en chemin » ; mais en les interrogeant, il leur permet de prendre conscience de leur duplicité : peut-il encore prétendre être disciple et participer à la gloire de son Maître, celui qui refuse d’entendre sa parole ? C’est bien pourquoi « ils se taisaient », car celui qui se rend sourd à la parole de Dieu, est incapable de parler en vérité. Joignant alors le geste à la parole, Notre-Seigneur s’assied. Certes la position assise correspond avant tout à l’attitude de l’enseignant ; mais elle permet aussi à Jésus de s’abaisser devant ceux qui discutaient entre eux « pour savoir qui était le plus grand ».
L’évangéliste précise que Notre-Seigneur « appelle les Douze » : l’expression surprend puisque le groupe est rassemblé au complet dans la maison, autour du Maître. Mais le caractère solennel de l’événement veut sans aucun doute souligner qu’il s’agit d’un nouvel appel ; que les disciples ont à se déterminer devant une nouvelle exigence qu’ils ont esquivée jusque-là. « Certes – leur dit en substance Jésus – il est tout à fait légitime de briguer la première place, mais sachez que dans le Royaume de mon Père, celle-ci est réservée à celui qui se fait “le serviteur de tous”, c’est-à-dire le “dernier de tous” selon les critères de ce monde ».
Devant le silence persistant et de plus en plus inquiet des disciples qui ont décidément du mal à entrer dans cette logique déconcertante, Jésus explicite son enseignement par une parabole vivante, dans la personne d’un enfant qu’il place au milieu des siens. Précisons que le terme grec (et latin) que nous traduisons par « enfant », désigne également un jeune esclave. Ce n’est donc pas l’innocence de l’enfant que Notre-Seigneur propose comme modèle, mais la précarité de sa position sociale – l’enfant tout comme l’esclave ne jouissaient d’aucun droit dans la société juive de l’époque. Non seulement Jésus met au milieu du cercle des disciples – c’est-à-dire de l’Eglise – celui qui n’a d’autre droit que celui de servir, mais il pousse le paradoxe jusqu’à s’identifier à lui et invite même ses proches à découvrir dans cet enfant, le visage du Père.
Bouleversante révélation de l’humilité inouïe de Dieu qui devrait chambouler totalement et de fond en comble notre échelle de valeurs. Du coup les paroles de saint Jacques entendues dans la seconde lecture – que nous nous étions efforcés d’oublier rapidement en raison de leur caractère direct – nous reviennent en mémoire : « D’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits entre vous ? N’est-ce pas justement tous ces instincts qui mènent leur combat en vous-même ? » La source de la violence n’est-elle pas en effet dans notre volonté de puissance, soutenue par un irascible impétueux que rien n’arrête ? Comment dans ces conditions pourrions-nous trouver la paix ? La jalousie nous fait soupçonner le juste d’hypocrisie ; nous l’attirons dans un piège car il nous contrarie, et sa douceur s’oppose à notre conduite (cf. 1ère lect.). Nous sommes même à ce point aveuglés par nos passions que nous n’hésitons pas à justifier nos comportements pervers.
Que nous sommes loin de « la sagesse qui vient de Dieu », elle qui « est d’abord droiture, et par suite paix, tolérance, compréhension ; pleine de miséricorde et féconde en bienfaits, sans partialité et sans hypocrisie » (2ème lect.) ! Plût au ciel que les Paroles de la liturgie de ce jour brisent notre cœur de pierre et nous conduisent à une sincère conversion. Il nous faut choisir entre « la voie large de l’affirmation de soi et des rêves de grandeur mondaine qui conduit à la perdition » ; et « la voie resserrée du renoncement et de l’humble service qui conduit à la vie » (Mt 7, 13-14). Notre-Seigneur nous a avertis : « Si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le Royaume des cieux » (Mt 18, 3). La « mort à soi » dont parlent les traités d’ascétique chrétienne signifie précisément le renoncement à cette volonté de puissance, qui est une des pulsions les plus fortes du psychisme humain. Sans doute ne nourrissons-nous pas tous des ambitions démesurées au niveau matériel ou professionnel ; mais la volonté de puissance se manifeste en général de manière bien plus subtile dans nos relations humaines ; par exemple dans les sentiments inavouables que nous nourrissons dans le secret, depuis l’indifférence jusqu’au mépris, en passant par le dédain, l’ironie, le dénigrement, l’esprit de critique et les mille manières de rabaisser notre prochain pour nous élever à ses dépends.
Inutile de nous faire illusion : si nous voulons ressusciter avec Jésus, il nous faut accepter de passer avec lui par la mort, en engageant une guerre impitoyable contre la part obscure de nous-mêmes qui s’oppose à Dieu, dont elle brigue la place.

« Seigneur tu nous as enseigné par toute ta vie et ta mort, que nous ne monterons l’échelle de la sainteté, qu’en descendant celle de l’humilité ; d’une humilité concrète, qui se penche avec respect sur les plus démunis parmi nos frères pour les servir avec amour, reconnaissant en eux le sacrement de ta présence au milieu de nous. Eclaire-nous sur nos compromissions avec l’esprit du monde : que nous renoncions à toutes formes de vaine gloire, pour ne chercher d’autre honneur et d’autre richesse que de te servir dans les plus pauvres de nos frères. »

Père Joseph-Marie

bonne nuit

19 septembre, 2009

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. PaperbackWriter

http://www.dailykos.com/story/2009/4/23/723252/-Thursday-Pooties,-Woozles,-and-Music-for-inspriation

Saint Jean Chrysostome: « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende »

19 septembre, 2009

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20090919 

Le samedi de la 24e semaine du temps ordinaire : Lc 8,4-15
Commentaire du jour
Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Eglise
Sermon n° 44 sur St Matthieu  ; PG 57, 467 (trad. Véricel, L’Evangile commenté, p. 140)

« Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende »

      Si la semence sèche, ce n’est pas à cause de la chaleur. Jésus n’a pas dit qu’elle a séché à cause de la chaleur, mais « faute de racine ». Si la parole est étouffée, cela ne vient pas des épines, mais de ceux qui les ont laissé pousser en liberté. Avec de la volonté, tu peux les empêcher de pousser, tu peux faire de la richesse un usage convenable. C’est pour cela que le Sauveur parle non du « monde » mais du « souci du monde », non de « la richesse » mais de la « séduction de la richesse ». N’accusons donc pas les choses elles-mêmes, mais la corruption de notre conscience…

      Ce n’est pas le cultivateur, tu le vois, ce n’est pas la semence, c’est la terre où elle est reçue qui explique tout, c’est-à-dire les dispositions de notre coeur. Là aussi la bonté de Dieu pour l’homme est immense, puisque, loin d’exiger une même mesure de vertu, il accueille les premiers, ne repousse pas les seconds et donne une place aux troisièmes…

      Il faut donc d’abord écouter la Parole avec attention, puis la garder fidèlement en mémoire, puis être plein de courage, puis mépriser la richesse et se délivrer de l’amour de tous les biens du monde. Si Jésus met l’attention pour la Parole au premier rang et avant toutes les autres conditions, c’est qu’elle est la condition nécessaire. « Comment croire sans d’abord l’entendre ? » (Rm, 10,14) Et nous aussi, si nous ne faisons pas attention à ce qui nous est dit, nous ne connaîtrons pas les devoirs à remplir. Après seulement viennent le courage et le mépris des biens du monde. Pour mettre à profit ces leçons, fortifions-nous de toute façon : soyons attentifs à la Parole, poussons profondément nos racines et débarrassons-nous de tout le souci du monde.     
 

Saint Janvier

18 septembre, 2009

Saint Janvier dans images sacrée

http://www.santiebeati.it/

La légende de Saint Janvier par Alexandre Dumas

18 septembre, 2009

du site:

http://decobed.club.fr/StjanvierDumas.html

La légende de Saint Janvier

par Alexandre Dumas

Nous allons commencer par la légende.

    Comme de raison, la famille de saint Janvier appartient à la plus haute noblesse de l’antiquité ; le peuple qui, en 1647, donnait à sa république le titre de sérénissime royale république napolitaine, et qui, en 1799, poursuivait les patriotes à coups de pierre pour avoir osé abolir le titre d’Excellence, n’aurait jamais consenti à se choisir un protecteur d’origine plébéienne : le lazzarone est essentiellement aristocrate.
    La famille de saint Janvier descend en droite ligne des Januari de Rome, dont la généalogie se perd dans la nuit des âges. Les premières années du saint sont restées ensevelies dans l’obscurité la plus profonde : il ne parait en public qu’à la dernière époque de sa vie, pour prêcher et souffrir, pour confesser sa croyance et mourir pour elle. Il fut nommé à l’évêché de Bénévent vers l’an de grâce 504, sous le pontificat de saint Marcelin. Étrange destinée de l’évêché bénéventin, qui commence à saint Janvier et qui finit à M. de Talleyrand !
    Une des plus terribles persécutions que l’Église ait endurées, est, comme chacun sait, celle des empereurs Dioclétien et Maximien ; les chrétiens furent poursuivis, en 502, avec un tel acharnement, que, dans l’espace d’un seul mois, dix-sept mille martyrs tombèrent sous le glaive de ces deux tyrans. Cependant, deux ans après la promulgation de l’édit qui frappait de mort indistinctement tous les fidèles, hommes et femmes, enfants et vieillards, l’Église naissante parut respirer un instant. Aux empereurs Dioclétien et Maximien, qui venaient d’abdiquer, avaient succédé Constance et Galère ; il était résulté de cette substitution que, par ricochet, un changement pareil s’était opéré dans les proconsuls de la Campanie, et qu’à Dragontius avait succédé Timothée.
    Au nombre des chrétiens entassés dans les prisons de Cumes par Dragontius se trouvaient Sosius, diacre de Misène, et Proculus, diacre de Pouzzoles. Pendant tout le temps qu’avait duré la persécution, saint Janvier n’avait jamais manqué, au risque de sa vie, de leur apporter des consolations et des secours ; et, quittant son diocèse de Bénévent pour accourir là où il croyait sa présence nécessaire, il avait bravé mainte et mainte fois les fatigues d’un long voyage et la colère du proconsul.
    À chaque nouveau soleil politique qui se lève, un rayon d’espoir passa à travers les barreaux des prisonniers de l’autre règne ; il en fut ainsi à l’avènement au trône de Constance et de Galère, Sosius et Proculus se crurent sauvés. Saint Janvier, qui avait partagé leur douleur, se hâta de venir partager leur joie. Après avoir récité si longtemps avec ses chers fidèles les psaumes de la captivité, il entonna le premier avec eux le cantique de la délivrance.
    Les chrétiens, relâchés provisoirement, rendaient grâces au Seigneur dans une petite église située aux environs de Pouzzoles, et le saint évêque, assisté par les deux diacres Sosius et Proculus, s’apprêtait à offrir à Dieu le sacrifice de la messe, lorsque tout à coup il se fit au dehors un grand bruit, suivi d’un long silence. Les prisonniers, rendus il y avait peu d’instants à la liberté, prêtèrent l’oreille ; les deux diacres se regardèrent l’un l’autre, et saint Janvier attendit ce qui allait se passer, immobile et debout devant la première marche de l’autel qu’il allait franchir, les mains jointes, le sourire aux lèvres, et le regard fixé sur la croix avec une indicible expression de confiance.
Le silence fut interrompu par une voix qui lisait lentement le décret de Dioclétien remis en vigueur par le nouveau proconsul Timothée ; et ces terribles paroles, que nous traduisons textuellement, retentirent à l’oreille des chrétiens prosternés dans l’église :
«      Dioclétien, trois fois grand, toujours juste, empereur éternel, à tous les préfets et proconsuls du romain empire, salut.
    «  Un bruit qui ne nous a pas médiocrement déplu étant parvenu à nos oreilles divines, c’est-à-dire que l’hérésie de ceux qui s’appellent chrétiens, hérésie de la plus grande impiété (valdè impiam), reprend de nouvelles forces ; que lesdits chrétiens honorent comme dieu ce Jésus enfanté par je ne sais quelle femme juive, insultant par des injures et des malédictions le grand Apollon et Mercure, et Hercule et Jupiter lui-même, tandis qu’ils vénèrent ce même Christ, que les Juifs ont cloué sur une croix comme un sorcier ; à cet effet nous ordonnons que tous les chrétiens, hommes ou femmes, dans toutes les villes et contrées, subissent les supplices les plus atroces s’ils refusent de sacrifier à nos dieux et d’abjurer leur erreur. Si cependant quelques-uns parmi eux se montrent obéissants, nous voulons bien leur accorder leur pardon ; au cas contraire, nous exigeons qu’ils soient frappés par le glaive et punis par la mort la plus cruelle (morte pessimâ punire). Sachez enfin que, si vous négligez nos divins décrets, nous vous punirons des mêmes peines dont nous menaçons les coupables.  »
    Lorsque le dernier mot de la loi terrible fut prononcé, saint Janvier adressa à Dieu une muette prière pour le supplier de faire descendre sur tous les fidèles qui l’entouraient la grâce nécessaire pour braver les tortures et la mort ; puis, sentant que l’heure de son martyre venait de sonner, il sortit de l’église accompagné par les deux diacres et suivi de la foule des chrétiens, qui bénissaient à haute voix le nom du Seigneur. Il traversa une double haie de soldats et de bourreaux étonnés de tant de courage, et, chantant toujours au milieu des populations ameutées qui se pressaient pour voir le saint évêque, il arriva à Nola après une marche qui parut un triomphe.
    Timothée l’attendait du haut de son tribunal, élevé, dit la chronique, comme de coutume, au milieu de la place. Saint Janvier, sans éprouver le moindre trouble à la vue de son juge, s’avança d’un pas ferme et sûr dans l’enceinte, ayant toujours à sa droite Sosius, diacre de Misène, et à sa gauche Proculus, diacre de Pouzzoles. Les autres chrétiens se rangèrent en cercle et attendirent en silence l’interrogatoire de leur chef.
    Timothée n’était pas sans savoir la grande naissance de saint Janvier. Aussi, par égard pour le civis romanus, poussa-t-il la complaisance jusqu’à l’interroger, tandis qu’il aurait parfaitement pu, dit le père Antonio Carracciolo, le condamner sans l’entendre.
    Quant à Timothée, tous les écrivains s’accordent à le peindre comme un païen fort cruel, comme un tyran exécrable, comme un préfet impie, comme un juge insensé. A ces traits, déjà passablement caractéristiques, un chroniqueur ajoute qu’il était tellement altéré de sang que Dieu, pour le punir, couvrait parfois ses yeux d’un voile sanglant qui le privait momentanément de la vue, et qui, tout le temps que durait sa cécité, lui causait les plus atroces douleurs.
    Tels étaient les deux hommes que la Providence amenait en face l’un de l’autre pour donner une nouvelle preuve du triomphe de la foi.
— Quel est ton nom ? Demanda Timothée.
— Janvier, répondit le saint.
— Ton âge ?
— Trente-trois ans.
— Ta patrie ?
— Naples.
— Ta religion ?
— Celle du Christ.
— Et tous ceux qui t’accompagnent sont aussi chrétiens ?
— Lorsque tu les interrogeras, j’espère en Dieu qu’ils répondront comme moi qu’ils sont tous chrétiens.
— Connais-tu les ordres de notre divin empereur ?
— Je ne connais que les ordres de Dieu.
— Tu es noble ?
— Je suis le plus humble des serviteurs du Christ.
— Et tu ne veux pas renier ton Dieu ?
— Je renie et je maudis vos idoles, qui ne sont que du bois fragile ou de la boue pétrie.
— Tu sais les supplices qui te sont réservés ?
— Je les attends avec calme.
— Et tu te crois assez fort pour braver ma puissance ?
— Je ne suis qu’un faible instrument que le moindre choc peut briser ; mais mon Dieu tout-puissant peut me défendre de la fureur et te réduire en cendres au même instant où tu blasphèmes son nom.
— Nous verrons, lorsque tu seras jeté dans une fournaise ardente, si ton Dieu viendra t’en tirer.
— Dieu n’a-t-il pas sauvé de la fournaise Ananias, Azarias et Mizaël ?
— Je te jetterai aux bêtes dans le cirque.
— Dieu n’a-t-il pas tiré Daniel de la fosse aux lions ?
— Je te ferai trancher la tête par l’épée du bourreau.
— Si Dieu veut que je meure, que sa volonté soit faite.
— Soit. Je verrai jaillir ton sang maudit, ce sang que tu déshonores en trahissant la religion de tes ancêtres pour un culte d’esclaves.
— O malheureux insensé ! S’écria le saint avec un inexprimable accent de compassion et de douleur, avant que tu jouisses du spectacle que tu te promets, Dieu te frappera de la cécité la plus affreuse, et la vue ne te sera rendue qu’à ma prière, afin que tu puisses être témoin du courage avec lequel savent mourir les martyrs du Christ !
— Eh bien ! Si c’est un défi, je l’accepte, répondit le proconsul ; nous verrons si, comme tu le dis, ta foi sera plus puissante que la douleur.
    Puis, se tournant vers ses licteurs, il ordonna que le saint fût lié et jeté dans une fournaise ardente.
Les deux diacres pâlirent à cet ordre, et tous les chrétiens qui l’entendirent poussèrent un long et douloureux gémissement ; car quoique chacun d’eux fût personnellement prêt à subir le martyre, cependant le cœur leur manquait à tous du moment qu’il s’agissait d’assister au supplice de leur saint évêque.
    À ce cri de pitié et de douleur qui s’éleva tout à coup dans la foule, saint Janvier se tourna d’un air grave et sévère, et étendant la main droite pour imposer silence :
    — Eh bien ! Mes frères, dit-il, que faites-vous ? Voulez-vous par vos plaintes réjouir l’âme des impies ? En vérité, je vous le dis, rassurez-vous, car l’heure de ma mort n’est pas venue, et le Seigneur ne me croit pas encore digne de recevoir la palme du martyre. Prosternez-vous et priez cependant, non pas pour moi, que la flamme du brasier ne saurait atteindre, mais pour mon persécuteur, qui est voué au feu éternel de l’enfer.
Timothée écouta les paroles du saint avec un sourire de mépris, et il fit signe aux bourreaux d’exécuter son arrêt.
    Saint Janvier fut jeté dans la fournaise, et aussitôt l’ouverture par laquelle on l’avait poussé fut murée au dehors aux yeux de la population entière qui assistait à ce spectacle.
    Quelques minutes après, des tourbillons de flammes et de fumée s’élevant vers le ciel avertirent le proconsul que ses ordres étaient exécutés ; et se croyant vengé à tout jamais de l’homme qui avait osé le braver, il rentra chez lui plein de l’orgueil du triomphe.
    Quant aux autres chrétiens, ils furent ramenés dans leur prison pour y attendre le jour de leur supplice, et la foule se dissipa sous l’impression d’une pitié profonde et d’une sombre terreur.
Les soldats, occupés jusqu’alors à écarter les curieux et à maintenir le bon ordre, n’ayant plus rien à faire dès que le peuple se fut écoulé, se rapprochèrent lentement de la fournaise et se mirent à causer entre eux des événements du jour et du calme étrange qu’avait montré le patient au moment de subir une mort si terrible, lorsque l’un d’eux, s’arrêtant tout à coup au milieu de sa phrase commencée, fit signe à son interlocuteur de se taire et d’écouter. Celui-ci écouta en effet et imposa silence à son tour à son voisin ; si bien que, le geste se répétant de proche en proche, tout le monde demeura immobile et attentif. Alors des chants célestes, partant de l’intérieur de la fournaise, frappèrent les oreilles des soldats, et la chose leur parut si extraordinaire qu’ils se crurent un instant le jouet d’un rêve.
    Cependant les chants devenaient plus distincts, et bientôt ils purent reconnaître la voix de saint Janvier au milieu d’un chœur angélique.
    Cette fois, ce ne fut plus l’étonnement, mais bien la frayeur qui les saisit ; et voyant qu’il devenait urgent de prévenir le préfet de l’événement inattendu, quoique prédit, qui se passait sur la place, ils coururent chez lui, pâles et effarés, et lui racontèrent avec l’éloquence de la peur l’incroyable miracle dont ils venaient d’être témoins.
    Timothée haussa les épaules à cet étrange récit, et menaça ses soldats de les faire battre de verges s’ils se laissaient dominer par de si puériles frayeurs. Mais alors ils jurèrent par tous les dieux, non seulement d’avoir reconnu distinctement la voix de saint Janvier et l’air qu’il chantait dans la fournaise, mais encore d’avoir retenu les paroles du cantique et les actions de grâces qu’il rendait au Seigneur.
    Le proconsul, irrité, mais non convaincu par une telle obstination, donna l’ordre immédiatement que la fournaise fût ouverte en sa présence, se réservant de punir avec la dernière rigueur, après leur avoir mis sous les yeux les restes carbonisés du martyr, ces faux rapporteurs qui venaient le déranger pour lui faire de pareils récits.
    Lorsque le préfet arriva sur la place, il la trouva de nouveau tellement encombrée par le peuple qu’il eut peine à se frayer un passage.
    Le bruit du miracle ayant rapidement circulé dans la ville, les habitants de Nola, se pressant en tumulte sur le lieu du supplice, demandaient à grands cris la démolition de la fournaise, et menaçaient le proconsul, non point encore par des paroles ou des faits, mais par ces clameurs sourdes qui précèdent l’émeute comme le roulement du tonnerre précède l’ouragan.
Timothée demanda la parole, et lorsque le calme fut suffisamment rétabli pour qu’il pût se faire entendre, il répondit que le désir du peuple allait être satisfait sur-le-champ, et qu’il venait précisément donner l’ordre d’ouvrir la fournaise, pour offrir un éclatant démenti aux bruits absurdes répandus parmi la foule.
    À ces mots, les cris cessent, la colère s’apaise et fait place à une curiosité haletante.
    Toutes les respirations sont suspendues, tous les yeux sont fixés sur un point.
    À un signe de Timothée, les soldats s’avancent vers la fournaise, armés de marteaux et de pioches ; mais aux premières briques qui tombent sous leurs coups, un tourbillon de flammes s’échappe subitement du foyer et les réduit en cendres.
    À l’instant même les murs tombent comme par enchantement, et au milieu d’une clarté éblouissante le saint évêque apparaît dans toute sa gloire, Le feu n’avait pas touché un seul cheveu de son front, la fumée n’avait pas terni la blancheur de ses vêtements. Un essaim de petits chérubins soutenait au-dessus de sa tête une auréole éclatante, et une musique invisible, dont les accords célestes étaient réglés par la harpe des séraphins, accompagnait son chant.
    Alors saint Janvier se mit à marcher de long en large sur les charbons ardents, afin de bien convaincre les incrédules que le feu de la terre ne pouvait rien sur les élus du Seigneur ; puis, comme on aurait pu douter encore de la réalité du miracle, voulant prouver que c’était bien lui, et non pas un esprit, pas un fantôme, pas une apparition surhumaine que l’on venait de voir, saint Janvier rentra lui-même dans sa prison et se remit à la disposition du préfet.
    À la vue de ce qui venait de se passer, Timothée s’était senti pris d’une telle frayeur que, craignant quelque révolte, il s’était réfugié dans le temple de Jupiter ; ce fut là qu’il apprit que le saint, qui pouvait, au milieu de l’enthousiasme général dont ce miracle l’avait fait l’objet, s’éloigner et se soustraire à son pouvoir, était au contraire rentré dans sa prison, et y attendait le nouveau supplice qu’il lui plairait de lui infliger.
    Cette nouvelle lui rendit toute son assurance, et avec son assurance toute sa colère.
Il descendit dans la prison du martyr pour acquérir la certitude qu’il avait bien affaire à l’évêque de Bénévent lui-même, et non point à quelque spectre que la magie eût fait survivre à son corps.
    En conséquence, et pour qu’il ne lui restât aucun doute à ce sujet, après avoir tâté saint Janvier, pour s’assurer qu’il était bien de chair et d’os, il le fit dépouiller de ses vêtements sacerdotaux, le fit lier à une colonne que la vénération des fidèles a conservée jusqu’à nos jours comme un nouveau témoin du martyre du saint, et le fit fouetter par ses licteurs jusqu’à ce que le sang jaillît. Alors il trempa dans ce sang le coin de sa toge, et s’assura que c’était bien du sang humain, et non quelque liqueur rouge qui en avait l’apparence ; puis, satisfait de ce premier essai, il ordonna que le patient fût appliqué à la torture.
La torture fut longue et douloureuse ; saint Janvier en sortit les chairs meurtries et les os disloqués ; mais, pendant tout le temps qu’elle dura, les bourreaux ne purent lui arracher une plainte. Lorsque les souffrances devenaient insupportables, saint Janvier louait le Seigneur.
    Timothée, voyant que la question n’avait d’autre résultat pour lui que de le faire souffrir, décida que saint Janvier serait jeté dans le cirque et exposé aux tigres et aux lions ; seulement il hésita quelque temps pour savoir si l’exécution aurait lieu dans le cirque de Pouzzoles ou de Nola ; enfin il se décida pour celui de Pouzzoles.
    Un double calcul présida à cette décision : d’abord le cirque de Pouzzoles était plus vaste que celui de Nola, et par conséquent pouvait contenir un plus grand nombre de spectateurs ; et puis, une telle fermentation s’était manifestée à la suite du premier miracle, qu’il pensait que les bourreaux de saint Janvier auraient tout à craindre si le martyr sortait triomphant d’une seconde épreuve.
    Or, tandis que le proconsul avisait au moyen le plus sûr et le plus cruel de transporter le saint d’une ville à l’autre, on vint lui dire que saint Janvier, parfaitement guéri de la torture de la veille, pouvait faire le voyage à pied.
    À cette nouvelle, une idée infernale traversa l’esprit de Timothée : il avisa que ce serait faire merveille que d’ajouter la honte à la douleur, et imagina de faire traîner son char, de Nola à Pouzzoles, par le saint évêque et par ses deux compagnons, les diacres Sosius et Proculus.
Il espérait ainsi, ou que les trois martyrs tomberaient d’épuisement ou de douleur au milieu de la route, ou qu’ils arriveraient au lieu de leur supplice tellement humiliés et flétris par les huées de la populace, que leur sort n’inspirerait plus pitié ni regrets.
    La chose fut donc exécutée comme l’avait décidé le proconsul.
    On attela saint Janvier au char consulaire, entre Sosius et Proculus ; et Timothée, s’y étant assis, intima à ses licteurs l’injonction de frapper de verges les trois patients chaque fois qu’ils s’arrêteraient ou seulement ralentiraient le pas ; puis il donna l’ordre du départ en levant sur eux le fouet dont lui-même était armé.
    Mais Dieu ne permit même pas que le fouet levé sur les martyrs retombât sur eux. Saint Janvier, s’élançant d’un bond, entraîna avec lui ses deux compagnons, renversant sur son passage soldats, licteurs et curieux.
    Beaucoup dirent alors avoir vu pousser sur les épaules des trois hommes du Seigneur de ces grandes ailes archangéliques, à l’aide desquelles les messagers du ciel traversent l’empyrée avec la rapidité de l’éclair ; mais la vérité est que le char s’éloigna, emporté par une telle rapidité, qu’il laissa bientôt derrière lui non seulement la foule des piétons, mais les cavaliers romains, qui lancèrent inutilement leurs montures à sa poursuite, et le virent bientôt disparaître au milieu d’un nuage de poussière.
    Ce n’était pas à cela que s’était attendu le proconsul ; il ne s’était occupé que des moyens de pousser son saint attelage en avant et non de le retenir ; aussi se trouvant emporté avec une rapidité dont les oiseaux de l’air pouvaient à peine donner une idée, il ne songea qu’à se cramponner aux rebords du char pour ne point être renversé ; mais bientôt un vertige le prit ; il lui sembla que le char cessait de toucher la terre, que tous les objets, emportés d’une course égale à la sienne, fuyaient en arrière, tandis que lui s’élançait en avant. La lumière manqua à ses yeux, le souffle à sa bouche, l’équilibre à son corps ; il se laissa tomber à genoux au fond du char, pâle, haletant, les mains jointes.
Mais les trois saints ne pouvaient le voir, emportés qu’ils semblaient être eux-mêmes par une puissance surhumaine. Enfin, arrivé à la colline d’Antignano, à l’endroit même où l’on trouve encore aujourd’hui une petite chapelle élevée en mémoire de ce miraculeux événement, le proconsul, rassemblant toutes les forces de son agonie, poussa un tel cri de détresse et de douleur, que saint Janvier l’entendit, malgré le bruissement des roues, et que, s’arrêtant avec ses deux compagnons et se retournant vers son juge, il lui demanda d’une voix fraîche et reposée qui ne trahissait point la moindre lassitude.
— Qu’y a-t-il, maître ?
    Mais Timothée resta quelque temps sans pouvoir articuler une seule parole, tandis que les deux diacres profitaient de cet instant de halte pour respirer à pleine poitrine.
Saint Janvier, au bout de quelques secondes, renouvela sa question.
— Il y a que je veux relayer ici, dit le proconsul.
— Relayons, répondit saint Janvier.
Timothée descendit de son char ; mais les trois saints restèrent attachés à leur chaîne, et cependant, à l’émotion du proconsul, à la sueur qui coulait de son front, au souffle précipité qui sortait de sa poitrine, on eût pu croire que c’était lui qui avait jusqu’alors été attelé à la place des chevaux, et que c’étaient les trois saints qui avaient tenu la place du maître.
Mais, dès que le proconsul sentit son pied sur la terre, et que, par conséquent, il se vit hors de danger, sa haine et sa colère le reprirent, et s’avançant vers saint Janvier, le fouet levé.
— Pourquoi, lui dit-il, m’as-tu conduit de Nola ici avec une si grande rapidité ?
— Ne m’avais-tu pas commandé d’aller le plus vite que je pourrais ?
— Oui, mais qui allait se douter que tu irais plus vite que ceux de mes cavaliers qui étaient les mieux montés et qui n’ont pu te suivre ?
— J’ignorais moi-même de quel pas j’irais, quand les anges m’ont prêté leurs ailes.
— Ainsi, tu crois que l’assistance que tu as reçue viens de ton Dieu ?
— Tout vient de lui.
— Et tu persistes dans ton hérésie ?
— La religion du Christ est la seule vraie, la seule pure, la seule digne du Seigneur.
— Tu sais quelle mort t’attend à l’autre bout de la route ? Reprit le proconsul.
— Ce n’est pas moi qui ai demandé à m’arrêter, répondit saint Janvier.
— C’est juste, répondit Timothée ; aussi allons-nous repartir.
— À tes ordres, maître.
— Ainsi, je vais remonter dans mon char.
— Remonte.
— Mais écoute-moi bien.
— J’écoute.
— C’est à la condition que tu n’iras plus du train que tu as été.
— J’irai du train que tu voudras.
— Le promets-tu ?
— Je le promets.
— Sur ta parole de noble ?
— Sur ma foi de chrétien.
— C’est bien.
— Es-tu près, maître ?
— Allons, dit le proconsul.
— Allons, mes frères, dit saint Janvier à ses compagnons, faisons ce qui nous est ordonné.

    Et le char repartit de nouveau ; mais le saint, observant scrupuleusement la promesse qu’il avait faite, ne marcha plus qu’au pas, ou tout au plus au petit trot ; encore se tournait-il de temps en temps vers Timothée pour lui demander si c’était là l’allure qui lui convenait.
Ce fut ainsi qu’ils arrivèrent sur la place de Pouzzoles, où pas une âme n’attendait le proconsul ; car ils avaient marché d’un tel train, que la nouvelle de leur arrivée n’avait pu les précéder. Aucun ordre n’était donc donné pour le supplice : aussi force fut à Timothée de le remettre à un autre moment. Il se fit donc purement et simplement conduire à son palais, et appelant ses esclaves, il ordonna que les trois saints fussent dételés et conduits dans les prisons de Pouzzoles, tandis que lui se parfumait dans un bain. Après quoi, brisé de fatigue, il se reposa trois jours et trois nuits.
Le matin du quatrième jour, la foule se pressait sur les gradins de l’amphithéâtre : elle y était accourue de tous les points de la campagne, car cet amphithéâtre était un des plus beaux de la province, et c’était pour lui qu’on réservait les tigres et les lions les plus féroces, qui, envoyés d’Afrique à Rome, abordaient et se reposaient un instant à Naples.
    C’était dans ce même amphithéâtre, dont les ruines existent encore aujourd’hui, que Néron, deux cent trente ans auparavant, avait donné une fête à Tiridate. Tout avait été préparé pour frapper d’étonnement le roi d’Arménie : les animaux les plus puissants et les gladiateurs les plus adroits s’étaient exercés devant lui ; mais lui était resté impassible et froid à ce spectacle, et lorsque Néron lui demanda ce qu’il pensait de ces hommes dont les efforts surhumains avaient forcé le cirque d’éclater en tonnerres d’applaudissements, Tiridate, sans rien répondre, s’était levé en souriant, et, lançant son javelot dans le cirque, il avait percé de part en part deux taureaux d’un seul coup.
À peine le proconsul y eut-il pris place sur son trône, au milieu de ses licteurs, que les trois saints, amenés par son ordre, furent placés en face de la porte par laquelle les animaux devaient être introduits. À un signe du proconsul, la grille s’ouvrit, et les animaux de carnage s’élancèrent dans l’arène. À leur vue, trente mille spectateurs battirent des mains avec joie ; de leur côté, les animaux étonnés répondirent par un rugissement de menace qui couvrit toutes les voix et tous les applaudissements. Puis, excités par les cris de la multitude, dévorés par la faim à laquelle, depuis trois jours, leurs gardiens les condamnaient, alléchés par l’odeur de la chair humaine dont on les nourrissait aux grands jours, les lions commencèrent à secouer leurs crinières, les tigres à bondir et les hyènes à lécher leurs lèvres. Mais l’étonnement du proconsul fut grand lorsqu’il vit les lions, les tigres et les hyènes se coucher aux pieds des trois martyrs, pleins de respect et d’obéissance, tandis que saint Janvier toujours calme, toujours souriant, levait la main droite et bénissait les spectateurs.
Au même instant, le proconsul sentit descendre sur ses yeux comme un nuage ; l’amphithéâtre se déroba à sa vue, ses paupières se collèrent, et il fut plongé tout à coup dans les ténèbres. Mais l’aveuglement n’était rien en comparaison de la souffrance, car à chaque pulsation de l’artère il semblait au malheureux qu’un fer rouge perçait ses prunelles. La prédiction de saint Janvier s’accomplissait.
    Timothée essaya d’abord de dompter sa douleur et d’étouffer ses plaintes devant la multitude ; mais, oubliant bientôt sa fierté et sa haine, il tendit les mains vers le saint, et le pria à haute voix de lui rendre la vue et de le délivrer de ses atroces souffrances.
Saint Janvier s’avança doucement vers lui au milieu de l’attention générale, et prononça cette courte prière :
— Mon Seigneur Jésus-Christ, pardonnez à cet homme tout le mal qu’il m’a fait, et rendez-lui la lumière afin que ce dernier miracle que vous daignerez opérer en sa faveur puisse dessiller les yeux de son esprit et le retenir encore sur le bord de l’abîme où le malheureux va tomber sans retour. En même temps, je vous supplie, ô mon Dieu ! de toucher le cœur de tous les hommes de bonne volonté qui se trouvent dans cette enceinte ; que votre grâce descende sur eux et les arrache aux ténèbres du paganisme.
Puis élevant la voix et touchant de l’index les paupières du proconsul, il ajouta :
— Timothée, préfet de la Campanie, ouvre les yeux et sois délivré de tes souffrances, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
— Amen, répondirent les deux diacres.
    Et Timothée ouvrit les yeux, et sa guérison s’opéra d’une manière si prompte et si complète qu’il ne se souvenait même plus d’avoir éprouvé aucune douleur.
À la vue de ce miracle, cinq mille spectateurs se levèrent, et d’une seule voix, d’un seul cri, d’un seul élan, demandèrent à recevoir le baptême.
    Quant à Timothée, il rentra au palais, et, voyant que le feu était impuissant et les animaux indociles, il ordonna que les trois saints fussent mis à mort par le glaive.
    Ce fut par une belle matinée d’automne, le 19 septembre de l’année 305, que saint Janvier, accompagné des deux diacres Proculus et Sosius, fut conduit au forum de Vulcano, près d’un cratère à moitié éteint, dans la plaine de la Solfatare, pour y souffrir le dernier supplice. Près de lui marchait le bourreau, tenant dans ses mains une large épée à deux tranchants, et deux légions romaines, armées de fortes pièces, précédaient ou suivaient le cortège, pour ôter au peuple de Pouzzoles toute velléité de résistance. Pas un cri, pas une plainte, pas un murmure parmi cette foule avilie et tremblante ; un silence de mort planait sur la ville entière, silence qui n’était interrompu que par le piétinement des chevaux et par le bruit des armures.
    Saint Janvier n’avait pas fait une cinquantaine de pas dans la direction du forum, où son exécution devait avoir lieu, lorsque, au tournant d’une rue, il fut abordé par un pauvre mendiant qui avait eu toutes les peines du monde à se frayer un passage jusqu’à lui, accablé qu’il était par le double malheur de la cécité et de la vieillesse. Le vieillard s’avançait en levant le menton et en étendant les bras devant lui, se dirigeant vers la personne qu’il cherchait avec cet instinct des aveugles qui les guide quelquefois avec plus de sûreté que le regard le plus clairvoyant. Dès qu’il se crut assez près de saint Janvier pour être entendu, le malheureux, redoublant d’efforts et de zèle, s’écria d’une voix haute et perçante :
— Mon père ! Mon père ! Où êtes-vous, que je puisse me jeter à vos genoux ?
— Par ici, mon fils, répondit saint Janvier en s’arrêtant pour écouter le vieillard.
— Mon père ! Mon père ! Pourrai-je être assez heureux pour baiser la poussière que vos pieds ont foulée ?
— Cet homme est fou, dit le bourreau en haussant les épaules.
— Laissez approcher ce vieillard, dit doucement saint Janvier, car la grâce de Dieu est avec lui.
Le bourreau s’écarta, et l’aveugle put enfin s’agenouiller devant le saint.
— Que me veux-tu, mon fils ? Demanda saint Janvier.
— Mon père, je vous prie de me donner un souvenir de vous ; je le garderai jusqu’à la fin de mes jours, et cela me portera bonheur dans cette vie et dans les autres.
— Cet homme est fou ! Dit le bourreau avec un sourire de mépris. Comment ! Lui dit-il, ne sais-tu pas qu’il n’a plus rien à lui ! Tu demandes l’aumône à un homme qui va mourir !
— Cela n’est pas bien sûr, dit le vieillard en secouant la tête, ce n’est pas la première fois qu’il vous échappe.
— Sois tranquille, répondit le bourreau, cette fois il aura affaire à moi.
— Serait-il vrai, mon père ? Vous qui avez triomphé du feu, de la torture et des animaux féroces, vous laisserez-vous tuer par cet homme ?
— Mon heure est venue, répondit le martyr avec joie ; mon exil est fini, il est temps que je retourne dans ma patrie. Écoute, mon fils, interrompit saint Janvier, il ne me reste plus que le linge avec lequel on doit me bander les yeux à mon dernier moment : je te le laisserai après ma mort.
— Et comment irai-je le chercher ? Dit le vieillard, les soldats de me laisseront pas approcher de vous.
— Eh bien ! Répondit saint Janvier, je te l’apporterai moi-même.
— Merci, mon père.
— Adieu, mon fils.
L’aveugle s’éloigna et le cortège reprit sa marche. Arrivé au forum de Vulcano, les trois saints s’agenouillèrent, et saint Janvier, d’une voix ferme et sonore, prononça ces paroles :
— Dieu de miséricorde et de justice, puisse enfin le sang que nous allons verser calmer votre colère et faire cesser les persécutions des tyrans contre votre sainte Église !
Puis il se leva, et après avoir embrassé tendrement ses deux compagnons de martyre, il fit signe au bourreau de commencer son œuvre de sang. Le bourreau trancha d’abord les têtes de Proculus et de Sosius, qui moururent courageusement en chantant les louanges du Seigneur. Mais comme il s’approchait de saint Janvier, un tremblement convulsif le saisit tout à coup, et l’épée lui tomba des mains sans qu’il eût la force de se courber pour la ramasser.
Alors saint Janvier se banda lui-même les yeux ; puis portant la main à son cou :
— Eh bien ! Dit-il au bourreau, qu’attends-tu, mon frère ?
— Je ne pourrai jamais relever cette épée, dit le bourreau, si tu ne m’en donnes pas la permission.
— Non seulement je te le permets, frère, mais je t’en prie.
    À ces mots, le bourreau sentit que les forces lui revenaient, et levant l’épée à deux mains il en frappa le saint avec tant de vigueur, que non seulement la tête, mais un doigt aussi furent emportés du même coup.
    Quant à la prière que saint Janvier avait adressée à Dieu avant de mourir, elle fut sans doute agréée par le Seigneur, car la même année, Constantin, s’échappant de Rome, alla trouver son père et fut nommé par lui son héritier et son successeur dans l’empire. Si donc tout effet doit se reporter à sa cause, c’est de la mort de saint Janvier et de ses deux diacres Proculus et Sosius que date le triomphe de l’Église.
    Après l’exécution, comme les soldats et le bourreau s’acheminaient vers la maison de Timothée pour lui rendre compte de la mort de son ennemi et de ses deux compagnons, ils rencontrèrent le mendiant à la même place où ils l’avaient laissé. Les soldats s’arrêtèrent pour s’amuser un peu aux dépens du vieillard, et le bourreau lui demanda en ricanant :
— Eh bien ! L’aveugle, as-tu reçu le souvenir qu’on t’avait promis ?
— O impies qui vous êtes ! S’écria le vieillard en ouvrant les yeux brusquement et fixant sur tous ceux qui l’entouraient un regard clair et limpide, non seulement j’ai reçu le bandeau des mains du saint lui-même, qui vient de m’apparaître tout à l’heure, mais en appliquant ce bandeau sur mes yeux j’ai recouvré la vue, moi qui était aveugle de naissance. Et maintenant, malheur à toi qui as osé porter la main sur le martyr du Christ ! Malheur à celui qui a ordonné sa mort ! Malheur à tous ceux qui s’en sont rendus complices ! Malheur à vous, malheur !
    Les soldats se hâtèrent de quitter le vieillard, et le bourreau les devançait pour avoir la gloire de faire le premier son rapport au tyran. Mais la maison du proconsul était vide et déserte, les esclaves l’avaient pillée, les femmes l’avaient abandonnée avec horreur. Tout le monde s’éloignait de ce lieu de désolation, comme si la main de Dieu l’eût marqué d’un signe maudit. Le bourreau et son escorte, ne comprenant rien à ce qui se passait, résolurent d’avancer hardiment ; mais au premier pas qu’ils firent dans l’intérieur de la maison, ils tombèrent raides morts. Timothée n’était plus qu’un cadavre informe et pourri, et les émanations pestilentielles qui s’exhalaient de son corps avaient suffi pour asphyxier d’un seul coup les misérables complices de ses iniquités.
    Cependant, dès que la nuit fut venue, le mendiant s’en alla au forum de Vulcano pour recueillir les restes sacrés du saint évêque. La lune, qui venait de se lever, répandit sa lumière argentée sur la plaine jaunâtre de la Solfatare, de telle sorte qu’on pouvait distinguer le moindre objet dans tous ses détails.
    Comme le vieillard marchait lentement et regardait autour de lui pour voir s’il n’était pas suivi par quelque espion, il aperçut à l’autre bout du forum une vieille femme à peu près de son âge qui s’avançait avec les mêmes précautions.
— Bonjour, mon frère, dit la femme.
— Bonjour, ma sœur, répondit le vieillard.
— Qui êtes-vous, mon frère ?
— Je suis un ami de saint Janvier. Et vous ma sœur ?
— Moi, je suis sa parente.
— De quel pays êtes-vous ?
— De Naples. Et vous ?
— De Pouzzoles.
— Puis-je savoir quel motif vous amène ici à cette heure ?
— Je vous le dirai quand vous m’aurez expliqué le but de votre voyage nocturne.
— Je viens pour recueillir le sang de saint Janvier.
— Et moi je viens pour enterrer son corps.
— Et qui vous a chargé de remplir ce devoir, qui n’appartient d’ordinaire qu’aux parents du défunt ?
— C’est saint Janvier lui-même, qui m’est apparu peu d’instants après sa mort.
— Quelle heure pouvait-il être lorsque le saint vous est apparu ?
— À peu près la troisième heure du jour.
— Cela m’étonne, mon frère, car à la même heure il est venu me voir, et m’a ordonné de me rendre ici à la nuit tombante.
— Il y a miracle, ma sœur, il y a miracle. Écoutez-moi, et je vous raconterai ce que le saint a fait en ma faveur.
— Je vous écoute, puis je vous raconterai à mon tour ce qu’il a fait en la mienne ; car, ainsi que vous le dites, il y a miracle, mon frère, il y a miracle.
— Sachez d’abord que j’étais aveugle.
— Et moi percluse.
— Il a commencé par me rendre la vue.
— Il m’a rendu l’usage des jambes.
— J’étais mendiant.
— J’étais mendiante.
— Il m’a assuré que je ne manquerai de rien jusqu’à la fin de mes jours.
— Il m’a promis que je ne souffrirai plus ici bas.
— J’ai osé lui demander un souvenir de son affection.
— Je l’ai prié de me donner un gage de son amitié.
— Voici le même linge qui a servi à bander ses yeux au moment de sa mort.
— Voici les deux fioles qui ont servi à célébrer sa dernière messe.
— Soyez bénie, ma sœur, car je vois bien maintenant que vous êtes sa parente.
— Soyez béni, mon frère, car je ne doute plus que vous étiez son ami.
— À propos, j’oubliais une chose.
— Laquelle, mon frère ?
— Il m’a recommandé de chercher un doigt qui a dû lui être coupé en même temps que sa tête et de le réunir à ses saintes reliques.
— Il m’a bien dit de même que je trouverai dans son sang un petit fétu de paille, et m’a ordonné de le garder avec soin dans la plus petite des deux fioles.
— Cherchons.
— Cela ne doit pas être bien loin.
— Heureusement la lune nous éclaire.
— C’est encore un bienfait du saint, car depuis un mois le ciel était couvert de nuages.
— Voici le doigt que je cherchais.
— Voici le fétu dont il m’a parlé.
    Et tandis que le vieillard de Pouzzoles plaçait dans un coffre le corps et la tête du martyr, la vieille femme napolitaine, agenouillée pieusement, recueillait avec une éponge jusqu’à la dernière goutte de son sang précieux, et en remplissait les deux fioles que le saint lui avaient données lui-même à cet effet.
    C’est ce même sang qui, depuis quinze siècles, se met en ébullition toutes les fois qu’on le rapproche de la tête du saint, et c’est dans cette ébullition prodigieuse et inexplicable que consiste le miracle de saint Janvier.
    Voilà ce que Dieu fit de saint Janvier ; maintenant voyons ce qu’en firent les hommes
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19 septembre – Saint Janvier

18 septembre, 2009

du site:

http://missel.free.fr/Sanctoral/09/19.php

19 septembre

Saint Janvier
Evêque de Bénévent et ses compagnons martyrs

Biographie

Dans la liste épiscopale de Bénévent, saint Janvier est mentionné comme martyr en 305 ; selon une lettre d’Uranius, saint Janvier serait apparu avec saint Martin de Tours pour réconforter saint Paulin de Nole agonisant (431) ; dans la catacombe de Naples, une peinture du V° siècle représente saint Janvier nimbé, entre deux cierges ; saint Janvier est incrit au calendrier de Carthage, au V° siècle ; on trouve une passion de saint Janvier dans les Acta Bononiensia qui ne sont pas antérieurs au VI° siècle, et dans les Acta Vaticana qui sont probablement du IX° siècle.

Encore que plusieurs villes italiennes s’en disputent l’honneur, saint Janvier est sans doute né à Naples vers 270. Son père, haut magistrat napolitain qui le destinait à sa succession, cédant, dit-on, aux demandes instantes de l’évêque, lui permit d’embrasser la cléricature. Le jeune homme aurait été ordonné prêtre en 302 et, la même année, élu évêque de Bénévent. Au début de la persécution de Dioclétien, le proconsul Draconce fit arrêter deux diacres, Sosius et Procule, et deux gentilshommes, Eutyche et Acuce, mais il fut rappelé à Rome avant que de les avoir livrés au bourreau ; Timothée, le nouveau proconsul, réussit à faire arrêter saint Janvier et le fit comparaître devant son tribunal, à Nole : Offre de l’encens aux idoles ou renonce à la vie. – Je ne puis immoler des victimes au démon, moi qui ai l’honneur de sacrifier tous les jours au vrai Dieu. Condamné à mort, saint Janvier sortit indemne de la fournaise où on l’avait précipité ; sa chair fut labourée avec des ongles de fer et il fut jeté en prison où le rejoignirent le diacre Festus et le lecteur Desiderus. Les sept condamnés furent conduits à Pouzzoles pour être donnés aux bêtes. Courage, mes frères,dit l’évêque à ses compagnons, combattons généreusement contre le démon et contre son ministre Timothée. Notre Seigneur m’a envoyé ici afin que le pasteur ne soit pas séparé de son troupeau, ni le troupeau de son pasteur. Que les promesses et les menaces ne fassent aucune impression sur vos coeurs. Gardons une fidélité inviolable à notre divin Maître. En plaçant toute notre confiance en Dieu, nous triompherons de la malice de nos adversaires. Finalement saint Janvier fut décapité (19 septembre 305).

Une pieuse femme d’Antignano recueillit avec une éponge du sang de l’évêque martyr et le conserva chez elle jusqu’à ce que le corps passât devant chez elle pour être déposé à Naples ; lorsqu’elle mit l’ampoule près du corps, le sang desséché se liquéfia et, depuis, le miracle se reproduit régulièrement.

Au commencement du IX° siècle, Sicon, prince de Bénévent, assiégea Naples et, victorieux, laissa la vie sauve aux habitants que parce qu’ils acceptèrent de lui donner le corps de saint Janvier. Sans quitter Bénévent, le corps de saint Janvier changea d’église en 1129 puis fut secrètement déposé sous le maître-autel de l’abbaye de Monte-Vergine où on ne le découvrit qu’en 1480. Le roi Ferdinand de Naples obtint du pape Alexandre VI la permission de ramener saint Janvier dans la cathédrale de Naples où il rentra solennellement le 13 janvier 1497.

Visite de Benoît XVI à la synagogue de Rome en octobre

18 septembre, 2009

du site:

http://www.zenit.org/article-22021?l=french

Visite de Benoît XVI à la synagogue de Rome en octobre

Message du pape pour les grandes fêtes d’automne

ROME, Jeudi 17 septembre 2009 (ZENIT.org) – Le pape Benoît XVI se rendra à la grande synagogue de Rome, dans la seconde moitié du mois d’octobre, après les grandes fêtes d’automne, a annoncé la communauté juive de Rome. Une nouvelle confirmée par la salle de presse du Vatican déjà en mars dernier, mais elle précise que la date reste à fixer.

Ce sera un événement, 23 ans après la visite historique de Jean-Paul II, le 13 avril 1986 : il avait été accueilli par le grand rabbin Elio Toaff. Il avait été le premier pape depuis les apôtres à entrer dans une synagogue, et il avait prononcé dans son discours l’expression devenue historique : « nos frères aînés », pour désigner les juifs.
Benoît XVI vient d’adresser un télégramme au grand rabbin de la Ville éternelle, Riccardo Di Segni, à l’occasion des fêtes du Nouvel An 5770, (Rosch haShana, le 20 septembre), du Grand Pardon (ou Jour des Expiations, Yom Kippour, le 28 septembre) et de la fête des Tentes (Soukkot, 3-9 octobre).

Dans ce message communiqué à la communauté juive de Rome, Benoît XVI exprime ses vœux pour que ces fêtes soient une occasion de « sainte joie commune ».

Le pape demande à Dieu pour tous les juifs « d’abondantes bénédictions » comme un « encouragement pour l’engagement » à promouvoir « la justice, la concorde et la paix ».

Le pape exprime au Grand rabbin son « amitié cordiale », dans l’attente de cette visite et se dit animé d’un « vif désir de manifester à la communauté juive de Rome sa proximité personnelle et celle de toute l’Eglise catholique ».

Le Grand rabbin Riccardo Di Segni a exprimé sa gratitude pour le message du pape, « si significatif et important ».

C’est la troisième fois que le pape se rendra dans une synagogue depuis son élection le 19 avril 2005. Election qui avait été suivie par un message de Benoît XVI au Grand rabbin Di Segni dans lequel le pape exprimait sa « volonté d’avoir confiance dans l’aide du Très-Haut pour poursuivre le dialogue et fortifier la collaboration avec les fils et les filles du peuple juif ».

Benoît XVI s’est déjà rendu tout d’abord à la synagogue de Cologne, en août 2005, puis à la synagogue de Park East, à New York, en avril 2008.

Récemment, dans sa lettre aux évêques du monde entier après l’affaire Williamson, le pape s’est dit reconnaissant pour la confiance que ses amis juifs lui ont témoignée.

Le Grand rabbin Di Segni avait souligné ce fait : « Nous sommes littéralement stupéfaits de la façon dont le pape souligne que ce sont justement ses amis juifs qui ont compris les paroles du pape ».

Il avait mentionné qu’entre juifs et chrétiens existent « des occasions de témoignage commun, des possibilités d’agir dans la société par les valeurs que nous partageons », ce qui « peut porter beaucoup de fruits et apporter un grand bien à tous ».

Il avait mis fin à la polémique en déclarant : « Les nombreux nuages qui s’étaient accumulés n’existent plus », restait « un climat de bonne volonté ».

On se souvient des paroles de Jean-Paul II à la Grande synagogue de Rome en 1986: « L’Église du Christ découvre son ‘lien’ avec le judaïsme ‘en scrutant son propre mystère’ (cf. Nostra ætate, 4). La religion juive ne nous est pas « extrinsèque » mais, d’une certaine manière, elle est « intrinsèque » à notre religion. Nous avons donc envers elle des rapports que nous n’avons avec aucune autre religion. Vous êtes nos frères préférés et, d’une certaine manière, on pourrait dire nos frères aînés ».

Sur le sens des fêtes d’automne dans le judaïsme, cf. l’article du père Michel Remaud pour Zenit (cf. Zenit du 10 septembre 2007).

Anita S. Bourdin

bonne nuit

18 septembre, 2009

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc.

http://www.immagini.it/Utenti/Albumview.asp?UserItem=1740&AlbumItem=1067

Jean-Paul II : « Les douze étaient avec lui, ainsi que quelques femmes »

18 septembre, 2009

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20090918

Le vendredi de la 24e semaine du temps ordinaire : Lc 8,1-3
Commentaire du jour
Jean-Paul II
Mulieris Dignitatem, § 16 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

« Les douze étaient avec lui, ainsi que quelques femmes »

      Depuis le commencement de la mission du Christ, la femme montre à son égard et à l’égard de tout son mystère une sensibilité particulière qui correspond à l’une des caractéristiques de sa féminité. Il convient de relever en outre que cela est confirmé particulièrement face au mystère pascal, non seulement au moment de la crucifixion, mais encore à l’aube de la résurrection. Les femmes sont les premières près du tombeau. Elles sont les premières à le trouver vide. Elles sont les premières à entendre : « Il n’est pas ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit » (Mt 28,6). Elles sont les premières à étreindre ses pieds (Mt 28,9). Elles sont aussi les premières appelées à annoncer cette vérité aux apôtres (Mt 28,1-10; Lc 24,8-11).

      L’Evangile de Jean (cf aussi Mc 16,9) met en relief le rôle particulier de Marie de Magdala. Elle est la première à rencontrer le Christ ressuscité… C’est pour cela qu’on l’a même appelée « l’apôtre des apôtres ». Marie de Magdala a été, avant les apôtres, témoin oculaire du Christ ressuscité et, pour cette raison, elle a été aussi la première à lui rendre témoignage devant les apôtres.

      Cet événement, en un sens, est comme le couronnement de tout ce qui a été dit précédemment sur la transmission par le Christ de la vérité divine aux femmes, sur un pied d’égalité avec les hommes. On peut dire que les paroles du prophète sont ainsi accomplies : « Je répandrai mon Esprit sur toute chair. Vos fils et vos filles prophétiseront » (Jl 3,1). Cinquante jours après la résurrection du Christ, ces paroles sont encore une fois confirmées au Cénacle de Jérusalem, à la descente de l’Esprit Saint, le Paraclet (Ac 2,17). Tout ce qui a été dit ici sur l’attitude du Christ à l’égard des femmes confirme et éclaire dans l’Esprit Saint la vérité sur l’égalité de l’homme et de la femme.

Paul écrit la lettre aux Romain

17 septembre, 2009

Paul écrit la lettre aux Romain dans image sacré et texte 77_small

Petrus Gilberti, illustrateur de la Bible Historiale de Guyart Des Moulins , début 15e, British Library.

A gauche Paul sous un porche d’une maison où il était assigné à Rome, écrit une lettre –il s’agit de la lettre aux Romains. Sa tête est auréolée. Son attitude est presque prostrée, sérieuse, le front plissé. Il sait qu’il sera martyrisé pour sa foi, il doit former ses disciples pour qu’ils poursuivent son œuvre d’évangélisation. Il apparaît comme un sage, imposant avec sa grande tunique rouge déployée sur ses genoux. et à côté de lui l’épée qui est le symbole de son martyr. Il eut la tête tranchée aux environs de Rome.

À droite, à l’extérieur, dans une campagne sombre, un groupe écoute et reçoit une lettre de la part d’un messager. Celui-ci est envoyé par Paul auprès des hommes hors de la ville. L’homme a une position humble, à genoux, il est simplement vêtu, mais sa longue lance signifie qu’il est prêt à se battre pour sa foi et à pourfendre le paganisme.. Les hommes qui l’écoutent sont richement vêtus, grandes tuniques colorées et chapeaux montrant leur diversité : c’est à tous les peuples que le messager de Paul doit porter son Evangile.

http://cetadnet.cef.fr/meditation_paul-a-timothee-la-mission.html

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