Archive pour septembre, 2009

VIERGE DU CHÊNE (Viterbo)

25 septembre, 2009

VIERGE DU CHÊNE (Viterbo) dans images sacrée 491_big

http://www.ibolli.it/php/em-smom-13104.php

Pape Benoît, Viterbo: Prière à la Vierge du Chêne

25 septembre, 2009

du site:

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/prayers/documents/hf_ben-xvi_20090906_prayer-madonna-quercia_fr.html   
 
VISITE PASTORALE À VITERBE ET BAGNOREGIO (ITALIE)

PRIÈRE À LA VIERGE DU CHÊNE

Chères sœurs!

C’est pour moi une véritable joie de pouvoir vous rencontrer en ce lieu cher à la piété populaire. Vous, moniales de vie contemplative, avez pour mission dans l’Eglise d’être des flammes qui, dans le silence des monastères, brûlent de prière et d’amour pour Dieu. Je vous confie mes intentions, les intentions du pasteur de ce diocèse et les besoins de ceux qui vivent sur cette terre. En cette Année sacerdotale, je vous confie en particulier les prêtres, les séminaristes et les vocations. Par votre silence et votre prière, soyez leur soutien « à distance » et exercez à leur égard votre maternité spirituelle, en offrant au Seigneur le sacrifice de votre vie pour leur sanctification et pour le bien des âmes. Je vous remercie de votre présence et je vous bénis de tout cœur; apportez également à vos consœurs, qui n’ont pas pu venir, le salut et la bénédiction du Pape. Je vous demande à présent de vous unir à moi pour invoquer la protection maternelle de Marie sur cette communauté diocésaine et sur les habitants de cette terre riche de traditions religieuses et culturelles.

Vierge Sainte, Vierge du Chêne,
Patronne du diocèse de Viterbe,
recueillis dans ce sanctuaire qui t’est consacré,
Nous t’adressons une prière suppliante et pleine de confiance: 
veille sur le Successeur de Pierre et sur l’Eglise confiée à ses soins;
veille sur cette communauté diocésaine et sur ses pasteurs,
sur l’Italie, sur l’Europe et sur les autres continents.
Reine de la paix, obtiens le don de la concorde et de la paix
pour les peuples et pour l’humanité tout entière.

Vierge obéissante, Mère du Christ,
qui, avec ton « oui » docile à l’annonce de l’Ange,
es devenue la Mère du Tout-Puissant,
aide tous tes fils à seconder
les desseins que le Père céleste a pour chacun,
pour coopérer au projet universel de rédemption,
que le Christ a accompli en mourant sur la croix.

Vierge de Nazareth, Reine de la famille,
fais de nos familles chrétiennes des foyers de vie évangélique,
enrichies par le don de nombreuses vocations
au sacerdoce et à la vie consacrée.
Maintiens ferme l’unité de nos familles,
aujourd’hui si menacée de toute part,
et fais-en des foyers de sérénité et de concorde,
où le dialogue patient dissipe les difficultés et les oppositions.
Veille en particulier sur celles qui sont divisées et en crise,
Mère de pardon et de réconciliation.

Vierge Immaculée, Mère de l’Eglise,
nourris l’enthousiasme de tous les membres de notre diocèse: 
des paroisses et des groupes ecclésiaux,
des associations et des nouvelles formes d’engagement apostolique
que le Seigneur suscite à travers son Saint Esprit;
affermis la volonté de ceux que
le Patron de la moisson continue à appeler
comme ouvriers dans sa vigne, pour que,
résistant à toutes les tentations et les pièges du monde,
ils persévèrent avec générosité sur le chemin entrepris,
et que, avec ton assistance maternelle, ils deviennent des témoins du Christ
attirés par la splendeur de son Amour, source de joie.

Vierge clémente, Mère de l’humanité
tourne ton regard vers les hommes et les femmes de notre temps,
sur les peuples et leurs gouvernants, sur les nations et les continents;
réconforte ceux qui pleurent, qui souffrent, qui peinent
à cause de l’injustice humaine,
soutiens ceux qui vacillent sous le poids de la fatigue
et regardent vers l’avenir sans espérance;
encourage ceux qui travaillent pour construire un monde meilleur
où triomphe la justice et règne la fraternité,
où cessent l’égoïsme, la haine, et la violence.
Que toute forme et manifestation de violence
soit vaincue par la force pacificatrice du Christ!

Vierge de l’écoute, Etoile de l’espérance,
Mère de la Miséricorde,
source à travers laquelle Jésus est venu au monde,
notre vie et notre joie,
nous te remercions et nous te renouvelons l’offrande de notre vie,
certains que tu ne nous abandonnes jamais,
en particulier dans les moments sombres et difficiles de l’existence.
Accompagne-nous toujours:  maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen! 

Viterbe, 6 septembre 2009  

Audience générale du 23 septembre 2009 : Saint Anselme

25 septembre, 2009

du site:

http://www.zenit.org/article-22071?l=french

Audience générale du 23 septembre 2009 : Saint Anselme

Texte intégral de la catéchèse de Benoît XVI

ROME, Mercredi 23 septembre 2009 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de la catéchèse prononcée mercredi 23 septembre par le pape Benoît XVI au cours de l’audience générale, dans la salle Paul VI au Vatican.

Chers frères et sœurs,

A Rome, sur la colline de l’Aventin se trouve l’abbaye bénédictine de Saint-Anselme. En tant que siège d’un institut d’études supérieures et de l’Abbé primat des Bénédictins confédérés, c’est un lieu qui unit la prière, l’étude et le gouvernement, qui sont précisément les trois activités qui caractérisent la vie du saint auquel elle est dédiée : Anselme d’Aoste, dont nous célébrons cette année le ixe centenaire de la mort. Les multiples initiatives, promues spécialement par le diocèse d’Aoste pour cette heureuse occasion, ont souligné l’intérêt que continue de susciter ce penseur médiéval. Il est connu également comme Anselme de Bec et Anselme de Canterbury en raison des villes auxquelles il est lié. Qui est ce personnage auquel trois localités, éloignées entre elles et situées dans trois nations différentes – Italie, France, Angleterre – se sentent particulièrement liées ? Moine à la vie spirituelle intense, excellent éducateur de jeunes, théologien possédant une extraordinaire capacité spéculative, sage homme de gouvernement et défenseur intransigeant de la libertas Ecclesiae, de la liberté de l’Eglise, Anselme est l’une des éminentes personnalités du moyen âge, qui sut harmoniser toutes ces qualités grâce à une profonde expérience mystique, qui en guida toujours la pensée et l’action.

Saint Anselme naquit en 1033 (ou au début de 1034), à Aoste, premier né d’une famille noble. Son père était un homme rude, dédié aux plaisirs de la vie et dépensant tous ses biens ; sa mère, en revanche, était une femme d’une conduite exemplaire et d’une profonde religiosité (cf. Eadmero, Vita s. Anselmi, PL 159, col. 49). Ce fut elle qui prit soin de la formation humaine et religieuse initiale de son fils, qu’elle confia, ensuite aux bénédictins d’un prieuré d’Aoste. Anselme qui, enfant, – comme l’écrit son biographe – imaginait la demeure du bon Dieu entre les cimes élevées et enneigées des Alpes, rêva une nuit d’être invité dans cette demeure splendide par Dieu lui-même, qui s’entretint longuement et aimablement avec lui, et à la fin, lui offrit à manger «un morceau de pain très blanc» (ibid., n. 51). Ce rêve suscita en lui la conviction d’être appelé à accomplir une haute mission. A l’âge de quinze ans, il demanda à être admis dans l’ordre bénédictin, mais son père s’opposa de toute son autorité et ne céda pas même lorsque son fils gravement malade, se sentant proche de la mort, implora l’habit religieux comme suprême réconfort. Après la guérison et la disparition prématurée de sa mère, Anselme traversa une période de débauche morale : il négligea ses études et, emporté par les passions terrestres, devint sourd à l’appel de Dieu. Il quitta le foyer familial et commença à errer à travers la France à la recherche de nouvelles expériences. Après trois ans, arrivé en Normandie, il se rendit à l’Abbaye bénédictine du Bec, attiré par la renommée de Lanfranc de Pavie, prieur du monastère. Ce fut pour lui une rencontre providentielle et décisive pour le reste de sa vie. Sous la direction de Lanfranc, Anselme reprit en effet avec vigueur ses études, et, en peu de temps, devint non seulement l’élève préféré, mais également le confident du maître. Sa vocation monastique se raviva et, après un examen attentif, à l’âge de 27 ans, il entra dans l’Ordre monastique et fut ordonné prêtre. L’ascèse et l’étude lui ouvrirent de nouveaux horizons, lui faisant retrouver, à un degré bien plus élevé, la proximité avec Dieu qu’il avait eue enfant.

Lorsqu’en 1063, Lanfranc devint abbé de Caen, Anselme, après seulement trois ans de vie monastique, fut nommé prieur du monastère du Bec et maître de l’école claustrale, révélant des dons de brillant éducateur. Il n’aimait pas les méthodes autoritaires ; il comparait les jeunes à de petites plantes qui se développent mieux si elles ne sont pas enfermées dans des serres et il leur accordait une «saine» liberté. Il était très exigeant avec lui-même et avec les autres dans l’observance monastique, mais plutôt que d’imposer la discipline il s’efforçait de la faire suivre par la persuasion. A la mort de l’abbé Herluin, fondateur de l’abbaye du Bec, Anselme fut élu à l’unanimité à sa succession : c’était en février 1079. Entre-temps de nombreux moines avaient été appelés à Canterbury pour apporter aux frères d’outre-Manche le renouveau en cours sur le continent. Leur œuvre fut bien acceptée, au point que Lanfranc de Pavie, abbé de Caen, devint le nouvel archevêque de Canterbury et il demanda à Anselme de passer un certain temps avec lui pour instruire les moines et l’aider dans la situation difficile où se trouvait sa communauté ecclésiale après l’invasion des Normands. Le séjour d’Anselme se révéla très fructueux : ; il gagna la sympathie et l’estime générale, si bien qu’à la mort de Lanfranc il fut choisi pour lui succéder sur le siège archiépiscopal de Canterbury. Il reçut la consécration épiscopale solennelle en décembre 1093.

Anselme s’engagea immédiatement dans une lutte énergique pour la liberté de l’Eglise, soutenant avec courage l’indépendance du pouvoir spirituel par rapport au pouvoir temporel. Il défendit l’Eglise des ingérences indues des autorités politiques, en particulier des rois Guillaume le Rouge et Henri Ier, trouvant encouragement et appui chez le Pontife Romain, auquel Anselme démontra toujours une adhésion courageuse et cordiale. Cette fidélité lui coûta également, en 1103, l’amertume de l’exil de son siège de Canterbury. Et c’est seulement en 1106, lorsque le roi Henri Ier renonça à la prétention de conférer les investitures ecclésiastiques, ainsi qu’au prélèvement des taxes et à la confiscation des biens de l’Eglise, qu’Anselme put revenir en Angleterre, accueilli dans la joie par le clergé et par le peuple. Ainsi s’était heureusement conclue la longue lutte qu’il avait menée avec les armes de la persévérance, de l’orgueil et de la bonté. Ce saint archevêque qui suscitait une telle admiration autour de lui, où qu’il se rende, consacra les dernières années de sa vie surtout à la formation morale du clergé et à la recherche intellectuelle sur des sujets théologiques. Il mourut le 21 avril 1109, accompagné par les paroles de l’Evangile proclamé lors de la Messe de ce jour : «Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves ; et moi je dispose pour vous du Royaume comme mon Père en a disposé pour moi : vous mangerez à ma table en mon Royaume» (Lc 22, 28-30). Le songe de ce mystérieux banquet, qu’il avait fait enfant tout au début de son chemin spirituel, trouvait ainsi sa réalisation. Jésus, qui l’avait invité à s’asseoir à sa table, accueillit saint Anselme, à sa mort, dans le royaume éternel du Père.

«Dieu, je t’en prie, je veux te connaître, je veux t’aimer et pouvoir profiter de toi. Et si, en cette vie, je ne suis pas pleinement capable de cela, que je puisse au moins progresser chaque jour jusqu’à parvenir à la plénitude» (Proslogion, chap. 14). Cette prière laisse comprendre l’âme mystique de ce grand saint de l’époque médiévale, fondateur de la théologie scolastique, à qui la tradition chrétienne a donné le titre de «Docteur Magnifique», car il cultiva un intense désir d’approfondir les Mystères divins, tout en étant cependant pleinement conscient que le chemin de recherche de Dieu n’est jamais terminé, tout au moins sur cette terre. La clarté et la rigueur logique de sa pensée ont toujours eu comme fin d’«élever l’esprit à la contemplation de Dieu» (ibid. Proemium). Il affirme clairement que celui qui entend faire de la théologie ne peut pas compter seulement sur son intelligence, mais qu’il doit cultiver dans le même temps une profonde expérience de foi. L’activité du théologien, selon saint Anselme, se développe ainsi en trois stades : la foi, don gratuit de Dieu à accueillir avec humilité ; l’expérience, qui consiste à incarner la parole de Dieu dans sa propre existence quotidienne ; et ensuite la véritable connaissance, qui n’est jamais le fruit de raisonnements aseptisés, mais bien d’une intuition contemplative. A ce propos, restent plus que jamais utiles également aujourd’hui, pour une saine recherche théologique et pour quiconque désire approfondir la vérité de la foi, ses paroles célèbres : « Je ne tente pas, Seigneur, de pénétrer ta profondeur, car je ne peux pas, même de loin, comparer avec elle mon intellect ; mais je désire comprendre, au moins jusqu’à un certain point, ta vérité, que mon cœur croit et aime. Je ne cherche pas, en effet, à comprendre pour croire, mais je crois pour comprendre» (ibid., 1).

Chers frères et sœurs, que l’amour pour la vérité et la soif constante de Dieu, qui ont marqué l’existence entière de saint Anselme, soient un encouragement pour chaque chrétien à rechercher sans jamais se lasser une union toujours plus intime avec le Christ, Chemin, Vérité et Vie. En outre, que le zèle plein de courage qui a caractérisé son action pastorale, et qui a parfois suscité en lui des incompréhensions, de l’amertume et même l’exil, soit un encouragement pour les pasteurs, pour les personnes consacrées et pour tous les fidèles à aimer l’Eglise du Christ, à prier, à travailler et à souffrir pour elle, sans jamais l’abandonner ou la trahir. Que la Vierge Mère de Dieu, envers laquelle saint Anselme nourrissait une dévotion tendre et filiale, obtienne cela pour nous. «Marie, c’est toi que mon cœur veut aimer – écrit saint Anselme -, c’est toi que ma langue désire ardemment louer».

A l’issue de l’audience générale, le pape a résumé sa catéchèse en plusieurs langues et salué les pèlerins. Voici ce qu’il a dit en français :

Chers frères et sœurs,

Saint Anselme, dont nous célébrons cette année le neuvième centenaire de la mort, est né à Aoste en 1033. Il fut un moine à la vie spirituelle intense, un théologien aux grandes capacités et un défenseur de la liberté de l’Eglise. Entré à l’abbaye bénédictine du Bec, en Normandie, il y fut nommé prieur et maître de l’école claustrale, où il se révéla être un excellent éducateur de jeunes. Quelques années après son élection comme Abbé du Bec, il fut appelé à Canterbury pour instruire les moines et aider la communauté ecclésiale. En 1093, il fut choisi pour devenir archevêque de Canterbury. La clarté et la rigueur logique de sa pensée ont toujours eu comme but «d’élever l’esprit à la contemplation de Dieu». Il affirma clairement que celui qui veut faire de la théologie ne peut compter seulement sur son intelligence, mais qu’il doit aussi cultiver une profonde expérience de foi. Que l’amour pour la vérité et la constante soif de Dieu qui ont marqué l’existence de saint Anselme soient pour tous les chrétiens un stimulant pour rechercher sans cesse une union toujours plus intime avec le Christ !

J’accueille avec joie ce matin les pèlerins francophones. Je salue en particulier les séminaristes d’Aix-en-Provence, accompagnés de l’archevêque, Mgr Feidt, les paroisses de Baie Saint-Paul, au Canada, de Saint-Jacques à Paris, et de Rodez. A l’exemple de saint Anselme, aimez, vous aussi, l’Eglise du Christ, priez et travaillez pour elle, sans jamais l’abandonner ou la trahir ! Avec ma Bénédiction apostolique !

Traduction française : Zenit

bonne nuit

25 septembre, 2009

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. chestnut-heath-xxximg_1329mw

http://www.naturephoto-cz.com/new-photos.html

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. ‘ Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir » (Jn 12 ,32-33)

25 septembre, 2009

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20090925

Le vendredi de la 25e semaine du temps ordinaire (de la férie) : Lc 9,18-22
Commentaire du jour
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église
Poésie 52 « L’Abandon est le fruit délicieux de l’amour »

«  Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. ‘ Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir » (Jn 12 ,32-33)

Il est sur cette terre
Un Arbre merveilleux
Sa racine, ô mystère !
Se trouve dans les cieux.

Jamais sous son ombrage
Rien ne saurait blesser ;
Là, sans craindre l’orage
On peut se reposer.

De cet Arbre ineffable
L’Amour voilà le nom,
Et son fruit délectable
S’appelle l’abandon.

Ce fruit dès cette vie
Me donne le bonheur ;
Mon âme est réjouie
Par sa divine odeur.

Ce fruit, quand je le touche,
Me paraît un trésor ;
Le portant à ma bouche,
Il m’est plus doux encor.

Il me donne en ce monde
Un océan de paix ;
En cette paix profonde
Je repose à jamais.

Seul l’abandon me livre
En tes bras, ô Jésus.
C’est lui qui me fait vivre
De la vie des élus.

Marie Vierge

24 septembre, 2009

Marie Vierge dans images sacrée

http://www.santiebeati.it/

Jésus, une prière de Saint Colomban

24 septembre, 2009

 du site:

http://www.combatspirituel.net/forumcsb/index.php?topic=806.0
 
Jésus, une prière de Saint Colomban
 
 Fais-nous la grâce, je t’en prie,
Puisque nous frappons
à ta porte,
De te manifester à nous,
Sauveur plein d’amour.
Te comprenant mieux,
Puissions-nous n’avoir
D’amour que pour toi,
Toi seul.
Sois, nuit et jour,
Notre seul désir,
Notre seule méditation,
Notre continuelle pensée.
Daigne répandre en nous
Assez de ton amour
Pour que nous t’aimions
Comme il convient.
Que ta charité pénètre
Toutes nos facultés,
Pour que nous ne sachions
Plus rien aimer,
Sinon toi, qui es éternel.

Amen.

Père Cantalamessa: Tous ceux qu’anime l’esprit de dieu sont fils de Dieu (Rm 8, 14)

24 septembre, 2009

du site:

http://www.cantalamessa.org/fr/predicheView.php?id=291

Tous ceux qu’anime l’esprit de dieu sont fils de Dieu (Rm 8, 14) 
 
2009-03-27- Troisième prédication de Carême

1. Une ère de l’Esprit Saint ?

« Il n’y a donc plus maintenant de condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus. La loi de l’Esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus t’a affranchi de la loi du péché et de la mort… Qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas, mais si le Christ est en vous, bien que le corps soit mort déjà en raison du péché, l’Esprit est vie en raison de la justice. Et si l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité le Christ Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous ».

Ce sont quatre versets du chapitre huit de la Lettre aux Romains sur l’Esprit Saint dans lesquels le nom du Christ résonne six fois. Cette fréquence se maintient dans le reste du chapitre, si nous considérons aussi les fois où l’on se réfère à lui par son pronom ou par le terme Fils. Ce fait est d’importance fondamentale ; il nous dit que pour Paul, l’œuvre de l’Esprit Saint ne se substitue pas à celle du Christ, mais la poursuit, l’accomplit et l’actualise.

Le fait que le nouveau président des Etats-Unis, durant sa campagne électorale, se soit référé par trois fois à Joachim de Flore, a relancé l’intérêt pour la doctrine de ce moine du Moyen-Age. Peu de ceux qui dissertent sur lui, spécialement sur Internet, savent, ou se préoccupent de savoir ce que cet auteur a dit exactement. Toute idée de renouvellement ecclésial ou mondial est mise de manière désinvolte sous son nom, jusqu’à l’idée d’une nouvelle Pentecôte pour l’Eglise, invoquée par Jean XXIII.

Une chose est certaine. Qu’on l’attribue ou non à Joachim de Flore l’idée d’une troisième ère de l’Esprit qui succèderait à celle du Père dans l’Ancien Testament et du Christ dans le Nouveau est fausse et hérétique parce qu’elle attaque le cœur même du dogme trinitaire. L’affirmation de saint Grégoire de Nazianze est bien différente de cela. Celui-ci distingue trois phases dans la révélation de la Trinité : dans l’Ancien Testament, le Père s’est pleinement révélé et le Fils a été promis et annoncé ; dans le Nouveau Testament, le Fils s’est pleinement révélé et a été annoncé et promis par l’Esprit-Saint ; dans le temps de l’Eglise, on connaît finalement pleinement l’Esprit Saint et on jouit de sa présence[1].
Rien que pour avoir cité dans un de mes livres ce texte de saint Grégoire, j’ai fini aussi dans la liste des disciples de Joachim de Flore, mais saint Grégoire parle de l’ordre de la manifestation de l’Esprit, non pas de son être ou de son agir, et dans ce sens, son affirmation exprime une vérité incontestable, accueillie pacifiquement par toute la tradition.

La thèse dite joachimiste est exclue à la racine par Paul et tout le Nouveau Testament. Pour eux, l’Esprit Saint n’est autre que l’Esprit du Christ : objectivement parce qu’il est le fruit de sa Pâque, subjectivement parce que c’est lui qui le répand sur l’Eglise, comme le dira Pierre à la foule le jour de la Pentecôte : « Et maintenant, exalté par la droite de Dieu, il a reçu du Père l’Esprit Saint, objet de la promesse, et l’a répandu. C’est là ce que vous voyez et entendez » (Actes 2, 33). Le temps de l’Esprit est pour cela co-extensif au temps du Christ.

L’Esprit Saint est l’Esprit qui procède premièrement du Père, qui est descendu et s’est « reposé » en plénitude sur Jésus, se situant dans un contexte historique et s’accoutumant en lui, dit saint Irénée, à vivre parmi les hommes, et qui est répandu par lui sur l’humanité dans la Pâque-Pentecôte. La nouvelle preuve de tout cela est justement le cri « Abba » que l’Esprit répète en la personne du croyant (Ga 4, 6) ou enseigne à répéter au croyant (Rm 8, 15). Comment l’Esprit peut-il crier Abba au Père ? Celui-ci n’est pas engendré par le Père, n’est pas son Fils… Il peut le faire, note Augustin, parce qu’il est l’Esprit du Fils et prolonge le cri de Jésus.

2. L’Esprit comme guide dans l’Ecriture

Après cette introduction, j’en viens au verset du chapitre huit de la Lettre aux Romains sur lequel je voudrais aujourd’hui m’arrêter. « Tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu » (Rm 8,14).
Le thème de l’Esprit Saint-guide n’est pas nouveau dans l’Ecriture. Dans Isaïe, tout le chemin du peuple dans le désert est attribué à la conduite de l’Esprit. « L’Esprit du Seigneur les menait au repos » (Is 63, 14). Jésus lui-même fut « emmené (ductus) au désert par l’Esprit » (Mt 4, 1). Les Actes des Apôtres nous montrent une Eglise qui est, pas à pas, « conduite par l’Esprit ». Ce dessein de saint Luc de faire suivre à l’Evangile les Actes des Apôtres a pour but de montrer comment l’Esprit qui avait guidé Jésus dans sa vie terrestre, guide aujourd’hui l’Eglise, comme Esprit « du Christ ». Pierre va vers Corneille et les païens ? C’est l’Esprit qui le lui ordonne (cf. Ac 10,19 ;11,12) ; à Jérusalem, les apôtres prennent des décisions importantes ? C’est l’Esprit qui les leur a suggéré (15, 28).

La conduite de l’Esprit s’exerce non seulement dans les grandes décisions, mais aussi dans les petites choses. Paul et Timothée veulent prêcher l’Evangile dans la province d’Asie, mais « le Saint Esprit les en empêche » ; ils cherchent à aller vers la Bithynie, mais « l’Esprit de Jésus ne le leur permit pas » (Ac 16, 6 s.). On comprend ensuite le pourquoi de cette conduite si pressante : l’Esprit Saint poussait de cette manière l’Eglise naissante à sortir d’Asie et à se lancer sur un nouveau continent, l’Europe (cf. Ac 16,9).

Pour Jean, la conduite du Paraclet s’exerce surtout dans le domaine de la connaissance. Il est celui qui « introduira » les disciples dans la vérité tout entière (Jn 16, 13) ; son onction « instruit de tout », au point que celui qui la possède n’a pas besoin d’autres maîtres (cf. 1 Jn 2, 27). Paul introduit une nouveauté importante. Pour lui, l’Esprit Saint n’est pas seulement « le maître intérieur » ; il est un principe de vie nouvelle (« tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu ») ; il ne se limite pas à indiquer ce qu’il faut faire, mais il donne aussi la capacité de faire ce qu’il commande.

En cela, la conduite de l’Esprit se différencie essentiellement de celle de la Loi qui permet de voir le bien à accomplir, mais laisse la personne aux prises avec le mal qu’elle ne veut pas (cf. Rm 7, 15 ss.). « Mais si l’Esprit vous anime, vous n’êtes pas sous la loi », avait précédemment dit l’Apôtre dans la Lettre aux Galates (Ga 5, 18).

Cette vision paulinienne de la conduite de l’Esprit, plus profonde et ontologique (puisqu’elle touche l’être même du croyant) n’exclut pas celle plus commune de maître intérieur, de guide vers la connaissance de la vérité et de la volonté de Dieu, et c’est justement de cela que je voudrais parler ici.
Il s’agit d’un thème qui a été largement développé dans la tradition de l’Eglise. Si Jésus Christ est « le chemin » (odòs) qui conduit au Père (Jn 14, 6), l’Esprit Saint, disaient les Pères, est « le guide sur le chemin » (odegòs)[2]. « Il est l’Esprit, écrit saint Ambroise, notre chef et notre guide (ductor et princeps), qui dirige l’esprit, confirme le sentiment, nous attire là où il veut et tourne nos pas vers le haut »[3]. L’hymne Veni creator recueille cette tradition dans les versets : « Ductore sic te praevio vitemus omne noxium » : sous ta conduite nous éviterons tout mal. Le concile Vatican II s’insère dans cette lignée quand il parle de celle-ci comme du « Peuple de Dieu qui se sait conduit par l’Esprit du Seigneur » [4].

3. L’Esprit guide à travers la conscience

Où s’exerce cette fonction de guide du Paraclet ? Le premier lieu, ou organe, est la conscience. Il existe une relation extrêmement étroite entre conscience et Esprit Saint. Qu’est-ce que cette fameuse « voix de la conscience », sinon une sorte de « répétiteur à distance », à travers lequel l’Esprit Saint parle à chaque homme ? « Ma conscience m’en rend témoignage dans l’Esprit Saint », s’exclame saint Paul, à propos de son amour pour ses compatriotes juifs (Rm 9, 1).

A travers cet « organe », l’Esprit Saint guide également en dehors de l’Eglise, il guide tous les hommes. Les païens « montrent la réalité de cette loi inscrite en leur coeur, à preuve le témoignage de leur conscience » (Rm 2, 14 ss.). C’est justement parce que l’Esprit Saint parle en tout être raisonnable par la voix de la conscience, disait saint Maxime le Confesseur, que « nous voyons un grand nombre d’hommes, y compris les barbares et les nomades, se tourner vers une vie honorable et bonne, et dédaigner les lois sauvages qui, depuis les origines, avaient prévalu entre eux »[5].

La conscience est aussi une sorte de loi intérieure, non écrite, différente, et inférieure à celle inscrite dans le cœur du croyant par la grâce, sans toutefois être en désaccord avec elle, puisqu’elle provient de l’Esprit lui-même. Celui qui ne possède que cette loi « inférieure », mais lui obéit, est plus proche de l’Esprit que celui qui possède la loi supérieure qui vient du baptême, mais ne vit pas en accord avec elle.
Chez les croyants, ce guide intérieur de la conscience est comme renforcé et sublimé par l’onction qui « instruit de tout, est véridique, non mensongère » (1 Jn 2, 27), c’est-à-dire qu’elle guide infailliblement, si on l’écoute. C’est en commentant ce texte que saint Augustin a formulé la doctrine de l’Esprit Saint « maître intérieur ». Que veut dire, s’interroge-t-il, « vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne » ?

Serait-ce que chaque chrétien sait déjà tout par lui-même et qu’il n’a pas besoin de lire, de s’instruire, qu’il n’a besoin d’écouter personne ? Mais s’il en était ainsi, dans quel but l’apôtre aurait-il écrit son épître ? La vérité, c’est qu’on a besoin d’entendre des maîtres extérieurs, des prédicateurs extérieurs ; mais aussi, que seul celui auquel l’Esprit Saint parle dans l’intimité de son cœur comprendra ce qu’ils disent et en tirera profit. Voici pourquoi beaucoup entendent la même prédication et le même enseignement, mais tous ne comprennent pas de la même manière[6].

Quelle consolante sécurité que tout cela ! La parole qui a résonné un jour dans l’évangile : « Le Maître est là et il t’appelle » (Jn 11, 28), vaut pour tout chrétien. Ce même maître d’alors, le Christ, qui parle à présent à travers son Esprit, est au-dedans de nous et nous appelle. Saint Cyrille de Jérusalem avait raison de définir l’Esprit Saint « le grand Didascale, c’est-à-dire maître, de l’Eglise »[7].

Dans ce lieu secret et personnel de la conscience, l’Esprit Saint nous instruit par de « bonnes inspirations », ou des « illuminations intérieures » dont tout un chacun a fait l’expérience un jour ou l’autre dans sa vie. Ce sont des incitations à accomplir le bien et éviter le mal, des attractions et inclinations du coeur qui ne s’expliquent pas naturellement, parce qu’elles vont souvent dans la direction opposée à celle que voudrait la nature.

C’est en se fondant sur cette composante éthique de la personne que quelques éminents scientifiques et biologistes contemporains sont parvenus à dépasser la théorie selon laquelle l’être humain serait le résultat accidentel de la sélection des espèces. Si la loi qui régit l’évolution se réduit à la lutte pour la survie du plus fort, comment expliquer certains actes de pur altruisme, voire de sacrifice de soi pour la cause de la vérité et de la justice ?[8]

4. L’Esprit guide à travers le magistère de l’Eglise

Jusqu’ici, nous avons vu que le premier endroit où l’Esprit guide est la conscience. Il en existe un deuxième : l’Eglise. Le témoignage intérieur de l’Esprit Saint doit se conjuguer avec celui extérieur, visible et objectif, qui est le magistère apostolique. Dans l’Apocalypse, à la fin de chacune des sept lettres, nous entendons l’avertissement : « Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises » (Ap 2, 7 ss.).

L’Esprit parle aussi aux Eglises et aux communautés, pas seulement aux individus. Saint Pierre dans les Actes réunit les deux témoignages – intérieur et extérieur, personnel et public -de l’Esprit Saint. Il a à peine fini de parler aux foules du Christ mis à mort et ressuscité que celles-ci, d’entendre cela, ont le « cœur transpercé » (Ac 2, 37) ; il a prononcé le même discours devant les chefs du Sanhédrin, et ceux-ci ont été furieux ( Ac 4, 8 ss). Même discours, même prédicateur, mais tout autre effet. Pourquoi ? L’explication se trouve dans les paroles que l’Apôtre prononce à cette occasion : « Nous sommes témoins de ces choses, nous et l’Esprit Saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent » (Ac 5, 32).
Il faut la conjugaison de deux témoignages pour que la foi puisse naître : celui des Apôtres qui proclament la parole et celui de l’Esprit qui permet de l’accueillir. La même idée est exprimée dans l’évangile de Jean lorsque, parlant de la venue du Paraclet, Jésus dit : « il me rendra témoignage. Mais vous aussi, vous témoignerez » (Jn 15, 26).

Il est également désastreux de prétendre faire abstraction de l’un ou l’autre des deux aspects de l’Esprit Guide. Quand on néglige le témoignage intérieur, on tombe facilement dans le juridisme et l’autoritarisme ; quand on fait abstraction du témoignage extérieur, apostolique, on tombe dans le subjectivisme et dans le fanatisme. Dans l’Antiquité, les gnostiques refusaient le témoignage apostolique, officiel. Contre eux, saint Irénée écrivait ces paroles célèbres :

« C’est à l’Église en effet qu’a été confié le ‘Don de Dieu’ (Jn 4, 10), comme l’avait été le souffle à l’ouvrage modelé …De cet Esprit s’excluent ceux qui refusent d’accourir à l’Eglise….. Devenus étrangers à la vérité, il est fatal qu’ils roulent dans l’erreur et soient ballottés par elle, qu’ils…n’aient jamais de doctrine fermement établie »[9].

Lorsqu’on réduit tout à la seule écoute personnelle, privée, de l’Esprit, on ouvre la voie à un processus inexorable de divisions et subdivisions, parce que chacun croit être dans le vrai, or la division même et la multiplication des dénominations et des sectes, souvent en contradiction sur des points essentiels, sont la preuve que ce ne peut être le même Esprit de vérité qui parle dans toutes, sinon il serait en contradiction avec lui-même.

C’est, on le sait, le danger auquel est surtout exposé le monde protestant, qui a érigé en effet le « témoignage intérieur » de l’Esprit Saint en critère de vérité unique, contre tout témoignage extérieur, ecclésial, qui ne soit pas celui de la seule Parole écrite[10]. Certaines franges extrêmes vont jusqu’à détacher également de la Parole de l’Ecriture l’aspect de guide intérieur de l’Esprit ; on aura alors les divers mouvements d’« enthousiastes » et d’ « illuminés » qui ont ponctué l’histoire de l’Eglise, catholique aussi bien qu’orthodoxe et protestante. Le résultat le plus fréquent de cette tendance, entièrement axée sur le témoignage intérieur de l’Esprit, est qu’insensiblement l’Esprit… perde son E majuscule et se confonde avec le simple esprit humain. C’est ce qui s’est produit avec le rationalisme.
Mais nous devons aussi reconnaître qu’il existe le risque opposé : celui d’absolutiser le témoignage extérieur et public de l’Esprit, en ignorant le témoignage individuel qui s’exerce à travers la conscience éclairée par la grâce. Autrement dit, de réduire la fonction de guide du Paraclet au seul magistère officiel de l’Eglise, en appauvrissant ainsi l’action diversifiée de l’Esprit Saint.

Dans ce cas, c’est l’élément humain, d’organisation et institutionnel qui prévaut facilement ; on favorise la passivité du corps et on ouvre la porte à la marginalisation du laïcat et à la cléricalisation excessive de l’Eglise. Sans compter qu’on peut alors tomber dans le subjectivisme et le sectarisme, en ne retenant de la tradition et du magistère que la partie qui correspond à son propre choix idéologique ou politique.

Comme toujours, dans ce cas aussi, il nous faut retrouver le tout, la synthèse, qui est le critère véritablement « catholique ». L’idéal est une saine harmonie entre l’écoute de ce que me dit l’Esprit, à moi personnellement, et ce qu’il dit à l’Eglise dans son ensemble et, à travers l’Eglise, à chacun d’entre nous.

5. Le discernement dans la vie personnelle

Venons-en maintenant à la conduite de l’Esprit sur le chemin spirituel de chaque croyant. C’est ce que l’on appelle le discernement des esprits. Le premier discernement fondamental des esprits est celui qui permet de distinguer « l’Esprit de Dieu » de « l’esprit du monde » (cf. 1 Co 2, 12). Saint Paul donne un critère de discernement objectif, celui même que Jésus avait donné : le critère des fruits. Les « œuvres de la chair » révèlent qu’un certain désir vient du vieil homme pécheur, « les fruits de l’Esprit » révèlent qu’il vient de l’Esprit (cf. Ga 5, 19-22). « Car la chair convoite contre l’esprit et l’esprit contre la chair » (Ga 5, 17).

Mais parfois ce critère objectif ne suffit pas, car il ne s’agit pas d’un choix entre le bien et le mal mais entre un bien et un autre bien, et il faut voir ce que Dieu veut, dans une circonstance précise. C’est surtout pour répondre à cette exigence que saint Ignace de Loyola a développé sa doctrine sur le discernement. Il invite à regarder avant tout une chose : les dispositions intérieures, les intentions (les « esprits ») qui se trouvent derrière un choix.

Saint Ignace a suggéré des moyens pratiques pour appliquer ces critères[11]. En voici un. Lorsqu’on se trouve en face de deux choix possibles, il est utile de s’arrêter d’abord sur l’un d’eux, comme si c’était le choix que l’on devait faire absolument, et d’y rester pendant un jour, ou plus ; puis de faire le point sur les réactions du cœur face à ce choix : voir s’il procure la paix, s’il est en harmonie avec les autres choix que l’on a faits ; voir si quelque chose au-dedans de nous nous encourage dans cette direction, ou au contraire si cela laisse un voile d’inquiétude… Puis il faut répéter le processus avec la deuxième hypothèse. Le tout dans un climat de prière, d’abandon à la volonté de Dieu, d’ouverture à l’Esprit Saint.
La condition la plus favorable pour un bon discernement est une disposition de fond habituelle à faire de toute façon la volonté de Dieu. Jésus disait : « Mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jn 5, 30).

Le danger, dans certaines méthodes modernes de conception et de pratique du discernement est d’accentuer les aspects psychologiques au point d’oublier l’agent premier de tout discernement qui est l’Esprit Saint. Il y a une profonde raison théologique à cela. L’Esprit Saint est lui-même la volonté substantielle de Dieu et quand il entre dans une âme « il se manifeste comme la volonté même de Dieu pour celui en qui il se trouve »[12].

Le fruit concret de cette méditation pourrait être une décision renouvelée de s’abandonner en tout et pour tout à la conduite intérieure de l’Esprit Saint, comme pour une sorte de « direction spirituelle ». Il est écrit que « lorsque la nuée s’élevait au-dessus de la Demeure, les Israélites se mettaient en marche. Si la nuée ne s’élevait pas, ils ne se mettaient pas en marche » (Ex 40, 36-37). Nous non plus, nous ne devons rien entreprendre si ce n’est pas l’Esprit Saint, dont la nuée était la représentation, selon la tradition, qui nous a poussés, et si nous ne l’avons pas consulté avant toute action.

Nous en avons un exemple particulièrement clair dans la vie de Jésus lui-même. Il n’a jamais rien entrepris sans l’Esprit Saint. C’est avec l’Esprit Saint qu’il est allé au désert ; c’est par la puissance de l’Esprit Saint qu’il est revenu et a entamé sa prédication ; c’est « sous l’action de l’Esprit Saint » qu’il a choisi ses apôtres (cf. Ac 1, 2) ; c’est dans l’Esprit qu’il a prié et qu’il s’est offert lui-même au Père (cf. He 9, 14).

Saint Thomas parle de cette conduite intérieure de l’Esprit comme d’une espèce d’ « instinct propre des justes » : « De même que dans la vie corporelle le corps n’est mû que par l’âme qui le vivifie, dans la vie spirituelle, chacun de nos mouvements devrait provenir de l’Esprit Saint »[13]. C’est ainsi qu’agit la « loi de l’Esprit » ; c’est ce que l’Apôtre appelle « se laisser animer par l’Esprit » (cf. Ga 5, 18).

Nous devons nous abandonner à l’Esprit Saint comme les cordes de la harpe s’abandonnent aux doigts de celui qui les bougent. Comme de bons acteurs, nous devons tendre l’oreille à la voix du souffleur caché, pour réciter fidèlement notre rôle sur la scène de la vie. C’est plus facile qu’on ne le pense, car notre souffleur nous parle au-dedans de nous-mêmes, nous enseigne toute chose, nous instruit sur tout. Il suffit parfois d’un simple coup d’œil intérieur, d’un mouvement du cœur, d’une prière. On a écrit ce bel éloge d’un saint évêque du IIe siècle, que je voudrais que l’on puisse attribuer à chacun de nous après la mort : « Au cours de sa vie il a fait toute chose, mû par l’Esprit Saint »[14].

[Traduit de l'italien par ZENIT]

[1] Cf. S. Gregorio Nazianzeno, Discorsi, XXXI, 26 (PG 36, 161 s.).
[2] S. Gregorio Nisseno, Sulla fede (PG 45, 1241C): cf. Ps.-Atanasio, Dialogo contro i Macedoniani, 1, 12 (PG 28, 1308C).
[3] S. Ambrogio, Apologia di David, 15, 73 (CSEL 32,2, p. 348).
[4] Gaudium et spes, 11.
[5] S. Maxime le Confesseur , Chapitres divers, I, 72 (PG 90, 1208D).
[6] Cf. S. Augustin, Sur la première Epître de Jean, 3,13 ; 4,1 (PL 35, 2004 s.).
[7] S. Cyrille de Jérusalem, Catéchèse, XVI, 19.
[8] Cf. F. Collins, The Language of God
[9] S. Ireneo, Contro le eresie, III, 24, 1-2.
[10] Cf. J.-L. Witte, Esprit-Saint et Eglises séparées, in Dict. Spir. 4, 1318-1325.
[11] Cf. S. Ignazio di Loyola, Esercizi spirituali, quarta settimana (ed. BAC, Madrid 1963, pp. 262 ss).
[12] Cf. Guglielmo di St. Thierry, Lo specchio della fede, 61 (SCh 301, p. 128).
[13] S. Tommaso, Sulla lettera ai Galati, c.V, lez.5, n.318; lez. 7, n. 340.
[14] Eusebio di Cesarea, Storia ecclesiastica, V, 24, 5. 

bonne nuit

24 septembre, 2009

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Saint Clément de Rome: Lettre aux Corinthiens ; prière universelle

24 septembre, 2009

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20090924

Commentaire du jour

Saint Clément de Rome, pape de 90 à 100 environ
Lettre aux Corinthiens ; prière universelle (trad. coll. Icthus, vol. 2, p. 68)

Dieu se donne à voir en Jésus, son Fils bien-aimé

Que l’Artisan de l’univers
conserve intact sur la terre
le nombre de ses élus,
par son enfant bien-aimé, Jésus Christ.

Par lui il nous a appelés des ténèbres à la lumière,
de l’ignorance à la connaissance de la gloire de son nom.
Nous mettons notre espérance en toi,
Principe de toute la création.

Tu as ouvert les yeux de nos coeurs,
afin qu’ils te connaissent,
Toi le seul Très-Haut, dans les cieux,
le Saint qui repose au milieu des saints.

Tu abaisses l’insolence des superbes,
tu déjoues les calculs des nations,
tu élèves les humbles et renverses les puissants,
tu enrichis et appauvris,
tu prends et tu donnes la vie.

Unique bienfaiteur des esprits,
et Dieu de toute chair,
tu scrutes les profondeurs,
tu surveilles les oeuvres des hommes,
Secours dans les dangers,
Sauveur des désespérés,
Créateur et Gardien de tout esprit vivant…

Nous t’en prions, ô Tout-Puissant,
sois notre secours et notre défenseur.
Sauve les opprimés,
prends en pitié les petits,
relève ceux qui sont tombés.
Montre-toi à ceux qui sont dans le besoin,
guéris les malades,
ramène ceux qui de ton peuple se sont égarés,
donne la nourriture à ceux qui ont faim,
la liberté à nos prisonniers ;
redresse les faibles,
console les pusillanimes ;
et que tous les peuples reconnaissent,
que seul tu es Dieu,
que Jésus Christ est ton enfant,
que nous sommes ton peuple et les brebis de ton bercail.

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