SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LES PASTEURS

DIMANCHE13 SEPTEMBRE 2009

OFFICE DES LECTURES – II

SERMON DE SAINT AUGUSTIN SUR LES PASTEURS

La charge du pasteur.

Toute notre espérance est dans le Christ, et toute notre gloire véritable et salutaire, c’est lui-même : ce n’est pas la première fois que votre charité reçoit cet enseignement. Car vous êtes dans le troupeau de celui qui veille sur Israël comme son berger. Mais, parce qu’il y a des pasteurs qui veulent recevoir ce nom alors qu’ils ne veulent pas remplir l’office de pasteurs, rappelons ce qui leur est dit par le prophète Ézéchiel. ~ Ecoutez avec attention; quant à nous, écoutons avec crainte.

La parole du Seigneur me fut adressée: Fils d’homme, prophétise sur les pasteurs d’Israël et parle-leur. Vous avez entendu faire cette lecture tout à l’heure ; c’est pourquoi nous avons décidé d’en parler avec vous. Dieu nous aidera à dire des choses vraies, du moment que nous ne disons pas des choses tirées de nous-même. Car si ce que nous disons est tiré de nous-même, nous serons pasteur pour nous-même et non pour les brebis; au contraire, Si ce que nous disons vient de lui, c’est lui qui est notre pasteur, quel que soit l’intermédiaire.

Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Malheureux: pasteurs d’Israël, qui sont pasteurs pour eux seuls! Ne sont- ils pas les bergers des brebis? C’est-à-dire que les vrais bergers ne cherchent pas a assurer leur propre nourriture, mais celle des brebis. Le premier motif de reproche adressé a ces mauvais pasteurs, c’est qu’ils nourrissent eux-mêmes, et non pas les brebis. Qui sont-ils’? Ceux dont l’Apôtre a dit : Tous cherchent leurs propres intérêts, non ceux de Jésus Christ.

Quant à nous, nous occupons cette fonction qui oblige à une dangereuse reddition de comptes, parce que le Seigneur nous y a placé non pas selon notre mérite, mais par condescendance. Et nous devons faire une distinction nette entre deux choses: l’une, c’est que nous sommes chrétien ; l’autre, c’est que nous sommes évêque. Que nous soyons chrétien, c’est pour nous; que nous soyons évêque, c’est pour vous. En tant que chrétien, nous devons veiller à notre propre avantage; en tant qu’évêque, à votre avantage uniquement.

Beaucoup sont chrétiens sans être évêques; ils arrivent à Dieu par un chemin peut-être plus facile et ils marchent sans doute avec une allure d’autant plus dégagée qu’ils portent un moindre fardeau. Quant à nous, nous sommes chrétien, et nous devrons donc rendre compte à Dieu de notre propre vie ; mais nous sommes en outre évêque, et nous devrons donc rendre compte à Dieu de notre gestion.

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