SBF Dialogue : Visite du Saint Père à l’Anastasis
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SBF Dialogue : Visite du Saint Père à l’Anastasis
Mis en ligne le dimanche 10 mai 2009 à 20h13
Une tradition juive veut qu’aux figures terrestres correspondent des réalités célestes. C’est ainsi que la Jérusalem terrestre est reliée à la Jérusalem céleste. L’archange Michel est le grand prêtre dans le Temple céleste et c’est lui qui est chargé de présenter devant Dieu les prières des humains.
Les Evangélistes répètent que ce qui est lié sur terre le sera également dans les cieux. St Jean emploie des verbes différents lorsqu’il s’agit de voir avec les yeux de la chair et lorsque le croyant s’ouvre par la foi aux réalités spirituelles.
Fort de cette conviction, j’ai suivi la visite du Saint Père à la basilique de l’Anastasis. Je n’ai pas été étonné de voir son visage tantôt sérieux, tantôt souriant.
Pour les cameramen le pape se présentait avec sa suite à la porte de la basilique constantinienne. Tous se serraient autour de lui pour que la Télévision les filme. Les supérieurs des trois communautés grecques, arméniennes et latines lui souhaitaient la bienvenue. Se tenant auprès de la pierre de l’onction, les franciscains entonnèrent le Te Deum qui monta droit au ciel. Le pape essayait de se recueillir au milieu de cette foule qui le bousculait de tous côtés. Il fermait les yeux en signe de recueillement. Ce n’est plus l’Eglise locale qui le recevait. L’Eglise universelle lui souhaitait maintenant la bienvenue. Tandis qu’il méditait, le pape entendit un bruit étrange. Il semblait que c’était l’ange du Seigneur qui descendait des cieux et roulait la pierre devant le tombeau. Le Ressuscité était là qui lui répétait : « Va, confirme mes frères dans la foi ».
Marie et l’apôtre Jean se présentèrent soudain. La mère des douleurs souriait au pape en lui disant : « Le disciple n’est pas plus grand que son maître. Si le bois vert a été traité de la sorte, que ne fera-t-on avec le bois sec ? » Le pape la salua en disant : « Réjouis toi, Reine du ciel. Ton fils est vivant comme il l’avait annoncé ». Jean intervint : « Saint Père, quand j’avais ton âge, je répétais tous les jours : Le Seigneur nous a laissé un seul commandement : Aimez-vous. Et mes auditeurs disaient que je radotais. Courage, n’aie pas peur des critiques ».
Un parfum suave montait de la pierre de l’onction. Marie de Magdala et les myrrophores étaient là aux côtés du Saint Père : « Rappelle aux femmes qui sont déçues dans l’Eglise que leur vocation consiste à porter le parfum au monde, le parfum des vertus et celui du Christ. Leur mission est d’être les apôtres des apôtres », dit Marie de Magdala. Derrière les femmes, Joseph d’Arimathie et Nicodème saluaient discrètement le pape.
Soudain, un personnage barbu se présenta : « N’aie pas peur. Je suis le bon larron. Le Christ en croix m’a pardonné mes péchés. Aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis. Rappelle à tous les hommes que la miséricorde de Dieu est infinie. Il aime pardonner. Il redonne espoir à tous ». Derrière le larron, un autre barbu tenait en main un parchemin. C’était le prophète Isaïe. Sur son rouleau on lisait : « Par ses plaies nous sommes guéris ».
Le chant du Te Deum se poursuivait. Le pape ouvrit les yeux et il vit Constantin et Hélène qui s’appuyaient sur la croix. « Je voulais que mon empire soit unifié autour de ce signe de victoire. Mais le péché a divisé la chrétienté. La division éclate ici plus qu’ailleurs. Cherche à dire un mot de réconciliation au monde chrétien. Cet endroit doit être le centre du monde, l’omphalos, le nombril du monde, comme l’appelaient les anciens ».
Le visage du pape devenait sérieux. Oui, que de problèmes à Jérusalem qui devrait être la mère de tous les croyants ! Ayant repris son souffle, le pape se tourna et vit Cyrille de Jé rusalem. Il le reconnut, car il tenait en main une copie de ses Catéchèses. « Saint Père, puisque tu as entrepris de parler des Pères de l’Eglise aux fidèles romains, relis mes catéchèses. Après l’annonce du Kérygme, il faut que tous les chrétiens approfondissent le sens de leur baptême. C’est une tache urgente dans l’Eglise sécularisée ».
« In te Domine speravi, non confundar in aeternum », chantait la chorale. Le Te Deum se terminait sur ces paroles. Oui, reprit le saint Père qui avait ouvert ses yeux de chair : « Bénissons le Père, le Fils et l’Esprit. Car ici le Bon Pasteur a donné sa vie pour ses brebis ».
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