Archive pour avril, 2009

belle photo de Benoît, hier, lors d’une audience mercredi

16 avril, 2009

belle photo de Benoît, hier, lors d'une audience mercredi dans images
http://news.yahoo.com/nphotos/slideshow/ss/events/wl/033002pope#photoViewer=/090415/ids_photos_wl/r161336607.jpg

pour l’anniversaire du Pape Benoît, je pensais à un post sur un de ses catéchèses, une très intéressant à mon avis, cela sur le péché originel, l’étude est de Sandro Magister: Et ce fut la nuit. La véritable histoire du péché originel

16 avril, 2009

pour l’anniversaire du Pape Benoît, je pensais à un post sur un de ses catéchèses, une très intéressant à mon avis, cela sur le péché originel, l’étude est de Sandro Magister:

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/212913?fr=y

Et ce fut la nuit. La véritable histoire du péché originel

Ce dogme, l’un des plus négligés et niés, est « d’une évidence écrasante » pour Benoît XVI. Il en a parlé trois fois en huit jours. Sans lui, a-t-il dit, la rédemption chrétienne « perdrait sa base »

par Sandro Magister

ROMA, le 11 décembre 2008 – Trois fois en huit jours, Benoît XVI a insisté sur un dogme qui a presque disparu de la prédication ordinaire et que nient les théologiens néo-modernistes: le dogme du péché originel.

C’était le lundi 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception, lors de l’Angélus; le mercredi 3 décembre, lors de l’audience hebdomadaire, en présence de milliers de fidèles et de pèlerins; et de nouveau lors de l’audience générale du mercredi 10 décembre.

Voici ce qu’a dit le pape lors de l’Angélus de la fête de l’Immaculée Conception:

« Le mystère de l’Immaculée Conception de Marie que nous célébrons aujourd’hui solennellement, nous rappelle deux vérités fondamentales de notre foi: d’abord le péché originel, puis la victoire qu’a remportée sur lui la grâce du Christ, victoire qui resplendit de façon sublime en Marie la très sainte.

« L’existence de ce que l’Eglise appelle le péché originel est, hélas, d’une évidence écrasante. Il suffit de regarder autour de nous et surtout en nous. L’expérience du mal est si concrète qu’elle s’impose d’elle-même et nous amène à nous demander: d’où vient le mal? Pour un croyant, en particulier, la question va encore plus loin: si Dieu, qui est la Bonté absolue, a tout créé, d’où vient le mal? A cette question fondamentale, qui interpelle chaque génération humaine, les premières pages de la Bible (Genèse 1-3) répondent justement par le récit de la création et de la chute de nos premiers parents. Dieu a tout créé pour l’existence, il a notamment créé l’homme à son image. Il n’a pas créé la mort, elle est entrée dans le monde à cause de la jalousie du diable qui, révolté contre Dieu, a aussi entraîné les hommes dans le piège en les incitant à la révolte (cf. Sagesse 1, 13-14; 2, 23-24). C’est le drame de la liberté, que Dieu accepte jusqu’au bout par amour, mais en promettant que le fils d’une femme écrasera la tête à l’antique serpent (Genèse 3, 15).

« Dès le début, donc, ‘l’éternel conseil’ – comme dirait Dante (Paradis, XXXIII, 3) – a un ‘terme fixe’: la Femme prédestinée à devenir mère du Rédempteur, mère de Celui qui s’est humilié jusqu’à l’extrême pour nous rendre notre dignité originelle. Aux yeux de Dieu, cette Femme a depuis toujours un visage et un nom: ‘pleine de grâce’ (Luc 1, 28), comme l’a appelée l’Ange qui lui a rendu visite à Nazareth. C’est la nouvelle Eve, épouse du nouvel Adam, destinée à être la mère de tous les hommes rachetés. Saint André de Crète écrivait: ‘Marie, la Théotokos, refuge commun de tous les chrétiens, a été la première à être libérée de la chute primitive de nos ancêtres’ (Homélie IV sur la Nativité, PG 97, 880 A). Et la liturgie d’aujourd’hui affirme que Dieu a ‘préparé pour son Fils une demeure digne de Lui et, en prévision de Sa mort, l’a préservée de toute tache de péché’ (collecte).

« Très chers frères, nous contemplons en Marie Immaculée le reflet de la beauté qui sauve le monde: la beauté de Dieu qui resplendit sur le visage du Christ ».

* * *

Mais le pape est allé encore plus loin, sur le péché originel, lors de l’audience générale du mercredi 3 décembre.

Depuis le début de l’Année Paulinienne, Benoît XVI présente, chaque mercredi dans ses catéchèses hebdomadaires, la vie, les écrits, la doctrine de l’apôtre Paul. Cette catéchèse était la quinzième de la série. Dans les deux précédentes, le pape avait expliqué la doctrine de la justification et le lien entre la foi et les œuvres. Cette fois, il est parti de l’analogie entre Adam et le Christ, développée par Paul dans la première lettre aux Corinthiens et encore plus dans la lettre aux Romains. Par cette analogie, Paul évoque le péché d’Adam pour donner le plus de relief possible à la grâce salvatrice donnée par le Christ.

Comme d’habitude pour les catéchèses du mercredi, Benoît XVI a utilisé un texte écrit par des collaborateurs experts. Mais, comme à d’autres occasions, il s’en est éloigné, et plus que de coutume. A partir du troisième paragraphe, il s’est adressé directement à l’auditoire, en improvisant.

Il a fait de même lors de l’audience du mercredi suivant, le 10 décembre: bien qu’ayant en main un texte écrit, il a parlé presque tout le temps en improvisant. Et voici comment, au début, il est revenu sur la question du péché originel:

« Chers frères et sœurs, en suivant saint Paul, lors de la catéchèse de mercredi dernier, nous avons constaté deux choses. La première, c’est que notre histoire humaine est polluée, depuis l’origine, par l’abus de la liberté créée, qui veut se libérer de la volonté divine. De ce fait, elle ne trouve pas la vraie liberté mais s’oppose à la vérité et dénature, en conséquence, nos réalités humaines. Elle dénature surtout les relations fondamentales: avec Dieu, entre l’homme et la femme, entre l’homme et la terre. Nous avons dit que cette pollution imprègne tout le tissu de notre histoire, que ce défaut hérité s’est développé et est maintenant visible partout. Voilà la première chose. La seconde, c’est que nous avons appris de saint Paul qu’il y a un nouveau début dans l’histoire et de l’histoire en Jésus-Christ, Celui qui est homme et Dieu. Avec Jésus, qui vient de Dieu, commence une nouvelle histoire formée par son oui au Père et donc fondée non sur l’orgueil d’une fausse émancipation mais sur l’amour et la vérité.

« Mais maintenant une question se pose: comment pouvons-nous entrer, nous, dans ce nouveau début, dans cette nouvelle histoire? Comment cette nouvelle histoire arrive-t-elle jusqu’à moi? Nous sommes inévitablement liés à la première histoire, polluée, par notre ascendance biologique, puisque nous faisons tous partie du corps unique de l’humanité. Mais la communion avec Jésus, la nouvelle naissance qui permet de faire partie de la nouvelle humanité, comment se réalise-t-elle? Comment Jésus arrive-t-il dans ma vie, dans mon être? La réponse fondamentale de saint Paul et de tout le Nouveau Testament est: il arrive par l’opération du Saint-Esprit. Si la première histoire commence, pour ainsi dire, avec la biologie, la seconde commence dans l’Esprit-Saint, l’Esprit du Christ ressuscité. A la Pentecôte, cet Esprit a créé le début de la nouvelle humanité, de la nouvelle communauté, l’Eglise, le Corps du Christ ».

* * *

Ces improvisations sont une indication importante pour comprendre la pensée de Benoît XVI. Elles soulignent ce qui lui tient le plus à cœur, ce qu’il veut le plus graver dans l’esprit de ses auditeurs.

Le péché originel, ce dogme si négligé aujourd’hui, est une des vérités que le pape veut remettre en évidence.

Il a expliqué pourquoi aux fidèles lors de sa catéchèse du 3 décembre, celle qui traite le plus largement cette question. Elle est reproduite intégralement ci-dessous:

Adam et le Christ: du péché originel à la liberté

par Benoît XVI

Chers frères et sœurs, dans la catéchèse d’aujourd’hui, nous nous arrêterons sur le rapport entre Adam et le Christ, défini par saint Paul dans cette page connue de la Lettre aux Romains (5, 12-21) où il donne à l’Eglise les lignes essentielles de la doctrine sur le péché originel. En fait, Paul avait déjà introduit la comparaison entre notre ancêtre et le Christ dans la première Lettre aux Corinthiens, là où il parle de la foi dans la résurrection: « De même en effet que tous meurent en Adam, tous aussi revivront dans le Christ… Le premier homme, Adam, a été fait âme vivante; le dernier Adam – le Christ – est un esprit qui donne la vie » (1 Co 15, 22.45). Avec Rm 5, 12-21 la comparaison entre le Christ et Adam est plus élaborée et plus éclairante: Paul retrace l’histoire du salut, d’Adam à la Loi et de celle-ci au Christ. Ce qui est au centre de la scène, c’est moins Adam et les conséquences du péché sur l’humanité que Jésus-Christ et la grâce qui, à travers Lui, a été abondamment répandue sur l’humanité. La répétition du « beaucoup plus » à propos du Christ souligne que le don reçu en Lui dépasse largement le péché d’Adam et ses conséquences sur l’humanité, de sorte que Paul peut arriver à la conclusion: « Mais où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé » (Rm 5, 20). La comparaison que fait Paul entre Adam et le Christ met donc en lumière l’infériorité du premier homme par rapport à la prééminence du second.

D’autre part, c’est bien pour mettre en évidence l’incommensurable don de la grâce, dans le Christ, que Paul évoque le péché d’Adam. On dirait que, s’il n’avait pas voulu démontrer la place centrale de la grâce, il ne se serait pas attardé à parler du péché qui « par un seul homme… est entré dans le monde, et par le péché est venue la mort » (Rm 5, 12). Donc, si la conscience du dogme du péché originel a mûri dans la foi de l’Eglise, c’est qu’il est indissociable de l’autre dogme, celui du salut et de la liberté dans le Christ. On ne devrait donc jamais parler du péché d’Adam et de l’humanité hors du contexte du salut, c’est-à-dire sans les inclure dans le cadre de la justification dans le Christ.

Mais nous, aujourd’hui, nous devons nous demander ce qu’est ce péché originel. Qu’enseigne saint Paul, qu’enseigne l’Eglise? Peut-on soutenir cette doctrine aujourd’hui encore? Beaucoup de gens pensent que, à la lumière de l’histoire de l’évolution, il n’y a plus de place pour la doctrine d’un premier péché qui se serait ensuite répandu dans toute l’histoire de l’humanité. Dès lors, la question de la Rédemption et du Rédempteur perdrait aussi son fondement.

Le péché originel existe-il donc, oui ou non? Pour pouvoir répondre, il faut distinguer deux aspects de la doctrine sur le péché originel: un aspect empirique, c’est-à-dire une réalité concrète, visible, je dirais tangible pour tous, et un aspect mystérieux, relatif au fondement ontologique de ce fait. La donnée empirique est qu’il y a en nous une contradiction. D’une part, chaque homme sait qu’il doit faire le bien et, en lui-même, il veut aussi le faire. Mais, en même temps, il a aussi envie de faire le contraire, de suivre la voie de l’égoïsme, de la violence, de ne faire que ce qui lui plaît tout en sachant qu’il agit ainsi contre le bien, contre Dieu et contre son prochain. Voici comment, dans sa Lettre aux Romains, saint Paul a exprimé cette contradiction qui est en nous: « En effet, vouloir le bien est à ma portée, mais non pas l’accomplir, puisque je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas » (7, 18-19). Cette contradiction en nous n’est pas théorique, chacun de nous l’éprouve chaque jour. Et surtout nous voyons autour de nous la prédominance de cette seconde volonté. Il suffit de penser aux informations quotidiennes sur les injustices, la violence, le mensonge, la luxure. Nous le voyons chaque jour: c’est un fait.

Résultat de ce pouvoir du mal dans nos âmes, un fleuve de boue s’est développé dans l’histoire et empoisonne la géographie de l’histoire humaine. Le grand penseur français Blaise Pascal a parlé d’une « seconde nature », qui s’ajoute à notre nature originelle, bonne. Cette « seconde nature » fait apparaître le mal comme normal pour l’homme. Ainsi, l’expression habituelle: « c’est humain » a un double sens. « C’est humain » peut signifier: cet homme est bon, il agit vraiment comme un homme doit le faire. Mais « c’est humain » peut aussi signifier quelque chose de faux: le mal est normal, est humain. Le mal semble être devenu une seconde nature. Cette contradiction de l’être humain, de notre histoire, doit susciter – et elle le fait aujourd’hui aussi – le désir de rédemption. Et, en réalité, on trouve partout le désir que le monde change et la promesse d’un monde de justice, de paix et de bien: en politique, par exemple, tout le monde parle de cette nécessité de changer le monde, de créer un monde plus juste. Et cela exprime précisément le désir d’être libérés de cette contradiction que nous sentons en nous.

On ne peut donc pas nier le pouvoir du mal dans le cœur humain et dans l’histoire humaine. La question est: comment ce mal s’explique-t-il? Il y a dans l’histoire de la pensée, en dehors de la foi chrétienne, un modèle principal d’explication avec différentes variations. Selon ce modèle, l’être lui-même est contradictoire, il porte en lui le bien comme le mal. Dans l’antiquité, cette idée impliquait l’existence de deux principes également originels: un principe bon et un principe mauvais. Ce dualisme serait insurmontable; les deux principes étant au même niveau, il y aura toujours cette contradiction, dès l’origine de l’être. La contradiction de notre être ne refléterait donc, pour ainsi dire, que l’antagonisme des deux principes divins. Cette même vision revient dans la version évolutionniste, athée, du monde. Même si, dans cette conception, la vision de l’être est moniste, on suppose que l’être comme tel porte en lui, dès le début, le mal et le bien. L’être lui-même n’est pas simplement bon, il est ouvert au bien et au mal. Le mal est originel, comme le bien et l’histoire humaine ne développerait que le modèle déjà présent dans toute l’évolution précédente. Ce que les chrétiens appellent le péché originel ne serait en fait que le caractère mixte de l’être, un mélange de bien et de mal qui, selon cette théorie, appartiendrait à l’étoffe même de l’être. Au fond, c’est une vision désespérée: s’il en est ainsi, le mal est invincible. A la fin, seul l’intérêt propre compte. Chaque progrès se paierait nécessairement d’un fleuve de mal et celui qui voudrait servir le progrès devrait accepter de payer ce prix. Au fond, la politique est fondée précisément sur ces prémisses et nous en voyons les effets. Cette pensée moderne ne peut créer, en fin de compte, que la tristesse et le cynisme.

Alors nous nous demandons à nouveau: que dit la foi, témoignée par saint Paul? Tout d’abord, elle confirme le fait de la compétition entre les deux natures, le fait de ce mal dont l’ombre pèse sur toute la création. Nous avons entendu le chapitre 7 de la Lettre aux Romains, nous pourrions ajouter le chapitre 8. Le mal existe, simplement. Comme explication, la foi nous dit – en opposition avec les dualismes et les monismes que nous avons examinés rapidement et trouvés désolants – qu’il y a deux mystères de lumière et un mystère de nuit, celui-ci étant toutefois enveloppé par les mystères de lumière. Le premier mystère de lumière est celui-ci: la foi nous dit qu’il n’y a pas deux principes, un bon et un mauvais, mais un seul principe, le Dieu créateur, et ce principe est bon, seulement bon, sans ombre de mal. L’être n’est donc pas non plus un mélange de bien et de mal; l’être comme tel est bon et c’est pourquoi il est bon d’être, il est bon de vivre. Voilà la joyeuse annonce de la foi: il n’y a qu’une source bonne, le Créateur. Vivre est donc un bien, il est bon d’être un homme, une femme, la vie est bonne. Vient ensuite un mystère d’obscurité, de nuit. Le mal ne vient pas de la source de l’être lui-même, il n’est pas également originel. Le mal vient d’une liberté créée, d’une liberté dont on a abusé.

Comment cela a-t-il été possible, comment est-ce arrivé? Ce point reste obscur. Le mal n’est pas logique. Seul Dieu et le bien sont logiques, sont lumière. Le mal reste mystérieux. On l’a représenté en grandes images, comme au chapitre 3 de la Genèse, avec cette vision des deux arbres, du serpent, de l’homme pécheur. Une grande image qui nous fait deviner, mais ne peut expliquer ce qui est en soi illogique. Nous pouvons deviner, pas expliquer; nous ne pouvons pas même le raconter comme un fait à côté de l’autre, parce que c’est une réalité plus profonde. Cela reste un mystère d’obscurité, de nuit. Mais tout de suite un mystère de lumière vient s’y ajouter. Le mal vient d’une source subordonnée. Dieu avec sa lumière est plus fort. Le mal peut donc être surmonté. C’est pourquoi la créature, l’homme, peut être guéri. Les visions dualistes et même le monisme de l’évolutionnisme ne peuvent pas dire que l’homme peut être guéri; mais si le mal ne vient que d’une source subordonnée, il reste vrai que l’homme peut être guéri. Et le Livre de la Sagesse dit: « Les créatures du monde sont salutaires » (1, 14 volg). Dernier point: non seulement l’homme peut être guéri, mais il est guéri de fait. Dieu a introduit la guérison. Il est entré en personne dans l’histoire. A la source constante du mal il a opposé une source de bien pur. Le Christ crucifié et ressuscité, nouvel Adam, oppose au fleuve sale du mal un fleuve de lumière. Et ce fleuve est présent dans l’histoire: nous voyons les saints, les grands saints mais aussi les saints humbles, les simples fidèles. Nous voyons que le fleuve de lumière qui vient du Christ est présent, qu’il est fort.

Frères et sœurs, c’est le temps de l’Avent. Dans le langage de l’Eglise, le mot Avent a deux significations: présence et attente. Présence: la lumière est présente, le Christ est le nouvel Adam, il est avec nous et au milieu de nous. La lumière brille déjà et nous devons ouvrir les yeux du cœur pour voir la lumière et nous introduire dans le fleuve de la lumière. Et surtout être reconnaissants de ce que Dieu lui-même est entré dans l’histoire comme nouvelle source de bien. Mais Avent veut aussi dire attente. La nuit obscure du mal est encore forte. C’est pourquoi, pendant l’Avent, nous prions avec l’antique peuple de Dieu: « Rorate caeli desuper ». Et nous prions avec insistance: viens Jésus; viens, donne force à la lumière et au bien; viens là où règnent le mensonge, l’ignorance de Dieu, la violence, l’injustice; viens, Seigneur Jésus, donne force au bien dans le monde et aide-nous à être porteurs de ta lumière, artisans de paix, témoins de la vérité. Viens Seigneur Jésus!

__________

Toutes les catéchèses de Benoît XVI sur saint Paul lors des audiences générales du mercredi, sur le site du Vatican:

 Audiences

bonne nuit

16 avril, 2009

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc.

http://openphoto.net/gallery/image.html?image_id=6627&hints=autumn_belmont_plateau_philadelphia_fall_orange_green_yellow

Prière pour une journée

16 avril, 2009

du site:

http://www.bonheurpourtous.com/botext/priere-journee.html

Prière pour une journée

Seigneur, accorde-moi cette Grâce :
que rien ne puisse troubler ma paix en profondeur,
mais que j’arrive à parler santé, joie, prospérité
à chaque personne que je vais rencontrer,
pour l’aider à découvrir les richesses qui sont en elle.
Aide-moi surtout, Seigneur,
à savoir regarder la face ensoleillée
de chacun de ceux avec qui je vis.
Il m’est parfois si difficile, Seigneur,
de dépasser les défauts qui m’irritent en eux,
plutôt que de m’arrêter à leurs qualités vivantes,
dont je jouis sans y prendre garde.

Aide-moi aussi, Seigneur,
à regarder ta Face ensoleillée,
même en face des pires événements :
il n’en est pas un qui ne puisse être source
d’un bien qui m’est encore caché,
surtout si je m’appuie sur Marie.

Accorde-moi, Seigneur,
la Grâce de ne travailler que pour le bien,
le beau et le vrai, de chercher sans me lasser,
dans chaque homme, l’étincelle
que Tu y as déposée en le créant à ton image.

Accorde-moi encore d’avoir autant d’enthousiasme
pour le succès des autres que pour le mien,
et de faire un tel effort pour me réformer moi-même
que je n’aie pas le temps de critiquer les autres.

Je voudrais aussi, Seigneur,
que tu me donnes la Sagesse de ne me rappeler les erreurs du passé
que pour me hâter vers un avenir meilleur.

Donne-moi, à toute heure de ce jour,
d’offrir un visage joyeux et un sourire d’ami
à chaque homme, ton fils et mon frère.

Donne-moi un coeur
trop large pour ruminer mes peines,
trop noble pour garder rancune,
trop fort pour trembler,
trop ouvert pour le refermer sur qui que ce soit.

Seigneur, mon Dieu,
je Te demande ces Grâces pour tous les hommes
qui luttent aujourd’hui comme moi,
afin que diminue la haine et que croisse l’amour,
car depuis ta Résurrection,
la haine et la mort ont été vaincues par l’Amour et la Vie.

Ouvre mes yeux à l’invisible
pour que rien n’arrive à ébranler l’optimisme
de ceux qui croient en Toi
et qui espèrent en l’Homme. Amen.

Soeur Emmanuelle

Saint Augustin : « C’est vous qui en êtes les témoins »

16 avril, 2009

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20090416

Le jeudi de Pâques : Lc 24,35-48
Commentaire du jour
Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Sermon 116 ; PL 38, 657 (trad. Solesmes, Lectionnaire, vol. 3, , p. 85 rev.)

« C’est vous qui en êtes les témoins »

      Après sa résurrection, le Seigneur est apparu à ses disciples et les a salués en disant : « La paix soit avec vous ! » C’est vraiment la paix, cette salutation qui sauve, car le mot « salutation » vient de « salut ». Que pourrait-on espérer de meilleur ? L’homme reçoit la salutation du salut en personne, car notre salut c’est le Christ. Oui, il est notre salut, lui qui a été blessé pour nous et cloué au bois, puis descendu du bois et mis au tombeau. Mais du tombeau il est ressuscité ; ses blessures sont guéries, mais gardent pourtant leurs cicatrices. Il est utile à ses disciples que ses cicatrices demeurent afin que les blessures de leur coeur soient guéries. Quelles blessures ? Les blessures de leur incrédulité. Il est apparu à leurs yeux avec un corps véritable et « ils croyaient voir un esprit ». Ce n’est pas là une blessure légère dans leur coeur…

      Mais que dit le Seigneur Jésus ? « Pourquoi ce trouble, et pourquoi ces doutes qui s’élèvent dans votre coeur ? » Il est bon pour l’homme non que sa pensée s’élève dans son coeur, mais que ce soit son coeur qui s’élève — là où l’apôtre Paul voulait établir le coeur des fidèles, à qui il disait : « Du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu. Tendez vers les réalités d’en haut, non celles de la terre. Car vous êtes morts et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ sera manifesté, lui qui est votre vie, alors vous aussi serez manifestés avec lui pleins de gloire » (Col 3,1s). Et quelle est cette gloire ? La gloire de la résurrection…

      Nous, nous croyons à la parole de ces disciples, sans qu’ils nous aient montré le corps ressuscité du Sauveur… Mais à ce moment-là, l’événement paraissait incroyable. Le Sauveur les a donc amenés à croire non seulement par la vue, mais aussi par le toucher, pour que par le moyen des sens la foi descende dans le coeur et puisse être prêchée dans le monde entier à ceux qui n’avaient pas vu ni touché, mais qui pourtant croiraient sans hésitation (cf Jn 20,29).

Luk-24,13_Emmaus_on_the_way_en_route

15 avril, 2009

Luk-24,13_Emmaus_on_the_way_en_route dans images sacrée 19%20ROUSSELIN%20LES%20PELERINS%20D%20EMMAUS%20MACON%20MUR

Luk-24,13_Emmaus_on_the_way_en_route

http://www.artbible.net/3JC/-Luk-24,13_Emmaus_on_the_way_en_route/index5.html

par Sandro Magister: Le manifeste du pape Benoît: « De cette façon la transformation du monde trouve son commencement »

15 avril, 2009

du site:

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1337965?fr=y

Le manifeste du pape Benoît: « De cette façon la transformation du monde trouve son commencement »

Pour Benoît XVI, la révolution chrétienne naît dans la liturgie et son « canon », sa règle constitutive, est la grande prière eucharistique. Il l’a expliqué dans son homélie du Jeudi Saint et, antérieurement, lors d’une catéchèse tout aussi surprenante

par Sandro Magister

ROME, le 14 avril 2009 – Pendant la récente semaine sainte, Benoît XVI a prononcé à chaque célébration une homélie, de celles qui sont vraiment siennes du premier au dernier mot. Les homélies sont désormais un signe distinctif de ce pontificat. Peut-être encore le moins connu et le moins compris. Mais sûrement le plus révélateur.

Benoît XVI n’est pas que théologien, il est encore davantage liturge et prédicateur. Ce caractère distinctif, www.chiesa l’a mis plusieurs fois en évidence, par exemple l’an dernier tout de suite après Pâques, en mettant en ligne les six homélies de la semaine sainte en bloc, et à l’automne, en rassemblant dans un livre – édité par Scheiwiller (Gruppo 24 Ore) – les homélies de Benoît XVI au cours de toute l’année liturgique qui venait de s’achever.

Mais à l’issue de la semaine sainte de cette année, le lecteur ne trouvera pas ci-dessous toutes les homélies prononcées par le pape à cette occasion. Il pourra les lire aisément sur le site du Vatican, en cliquant sur le lien à la fin de la page.

Une seule des homélies pontificales pendant le triduum pascal est reproduite ci-dessous, celle du soir du Jeudi Saint.

Tout de suite après, le lecteur trouvera un texte de Benoît XVI datant d’il y a quelques mois: sa catéchèse lors de l’audience générale du mercredi 7 janvier 2009.

Les deux textes sont étroitement liés. Dans l’un et l’autre, le pape explique les mots et le sens profond du Canon Romain, la prière centrale et constitutive de la messe, la plus ancienne de celles qui sont utilisées dans le monde entier à travers l’actuel missel de l’Eglise de Rome.

A la messe « In cena Domini » du Jeudi Saint, le Canon Romain comporte des variantes propres à ce jour. Et Benoît XVI en met le caractère particulier en lumière dès les premiers mots de son homélie.

Mais c’est au sens global de cette prière liturgique capitale que le pape consacre toute la suite de son homélie.

Il fait de même dans un passage de la catéchèse du 7 janvier, qui pour le reste vise à présenter le culte chrétien dans son ensemble. Ce culte que le Canon Romain, à la suite de saint Paul, définit comme « rationabile ».

Dans les langues modernes, la traduction courante de « rationabile » est « spirituel ». Mais Benoît XVI met en garde contre l’idée que le culte chrétien serait quelque chose de métaphorique, de moral, de purement intérieur. Non, explique-t-il, le vrai culte chrétien prend les hommes et le monde dans leur intégralité, il est aussi corporel et matériel, c’est une « liturgie cosmique » où « les peuples unis dans le Christ, le monde, deviennent gloire de Dieu ».

Dans la production théologique et liturgique moderne, il est très rare de rencontrer une explication du sens du culte chrétien qui soit aussi pénétrante que ces deux textes de prédication du pape.

Voici donc ci-après, dans l’ordre:

– l’homélie de Benoît XVI à la messe « In Cena Domini » de Jeudi Saint dernier;

– la catéchèse du 7 janvier 2009 sur le culte « spirituel »;

– les liens vers les textes intégraux du Canon Romain en latin et en langue moderne;

– d’autres renvois à l’ensemble des homélies pontificales.

__________

1. Homélie du Jeudi Saint, 9 avril 2009, sur le Canon Romain

par Benoît XVI

Chers frères et sœurs, « Qui, pridie quam pro nostra omniumque salute pateretur, hoc est hodie, accepit panem »: ainsi dirons-nous aujourd’hui dans le Canon de la Messe. « Hoc est hodie » – la Liturgie du Jeudi Saint insère dans le texte de la prière la parole « aujourd’hui », soulignant ainsi la dignité particulière de cette journée. C’est aujourd’hui qu’Il l’a fait: pour toujours, il s’est donné lui-même à nous dans le Sacrement de son Corps et de son Sang. Cet « aujourd’hui » est avant toute chose le mémorial de la Pâques d’alors. Mais il est davantage encore. Avec le Canon, nous entrons dans cet « aujourd’hui ». Notre aujourd’hui rejoint son aujourd’hui. Il fait cela maintenant. Par la parole « aujourd’hui », la Liturgie de l’Église veut nous amener à porter une grande attention intérieure au mystère de ce jour, aux mots dans lesquels il est exprimé. Cherchons donc à écouter de façon neuve le récit de l’institution comme l’Église l’a formulé sur la base de l’Écriture, tout en contemplant le Seigneur.

En premier lieu, il est frappant que le récit de l’institution ne soit pas une phrase autonome, mais qu’il débute par un pronom relatif: qui pridie. Ce « qui » rattache le récit entier aux paroles précédentes de la prière, « … qu’elle devienne pour nous le corps et le sang de ton Fils bien-aimé, Jésus Christ, notre Seigneur ». De cette façon, le récit est lié à la prière précédente, à l’ensemble du Canon, et il devient lui-même une prière. Ce n’est pas simplement un récit qui est ici inséré, et il ne s’agit pas davantage de paroles d’autorité indépendantes, qui viendraient interrompre la prière. C’est une prière. C’est seulement dans la prière que s’accomplit l’acte sacerdotal de la consécration qui devient transformation, transsubstantiation de nos dons du pain et du vin dans le Corps et le Sang du Christ. En priant, en cet instant capital, l’Église est en accord total avec l’événement du Cénacle, puisque l’agir de Jésus est décrit par ces mots: « gratias agens benedixit » – il rendit grâce par la prière de bénédiction. Par cette expression, la Liturgie romaine a énoncé en deux mots ce qui dans l’hébreu « berakha » n’est qu’un seul mot et qui dans le grec apparaît en revanche à travers les deux termes « eucharistie » et « eulogie ». Le Seigneur rend grâce. En rendant grâce, nous reconnaissons que telle chose est un don que nous recevons d’un autre. Le Seigneur rend grâce et par là il rend à Dieu le pain, « fruit de la terre et du travail des hommes », pour le recevoir à nouveau de Lui. Rendre grâce devient bénir. Ce qui a été remis entre les mains de Dieu, nous est retourné par Lui béni et transformé. La Liturgie romaine a raison, donc, en interprétant notre prière en ce moment sacré par les paroles: « offrons », « supplions », « prions d’accepter », « de bénir ces offrandes ». Tout cela est contenu dans le terme « eucharistie ».

Il y a une autre particularité dans le récit de l’institution rapporté dans le Canon romain, que nous voulons méditer en ce moment. L’Église priante regarde les mains et les yeux du Seigneur. Elle veut comme l’observer, elle veut percevoir le geste de sa prière et de son agir en cette heure singulière, rencontrer la figure de Jésus, pour ainsi dire, même à travers ses sens. « Il prit le pain dans ses mains très saintes… ». Regardons ces mains avec lesquelles il a guéri les hommes; les mains avec lesquelles il a béni les enfants; les mains, qu’il a imposées aux hommes; les mains qui ont été clouées à la Croix et qui pour toujours porteront les stigmates comme signes de son amour prêt à mourir. Maintenant nous sommes chargés de faire ce qu’Il a fait: prendre entre les mains le pain pour que, par la prière eucharistique, il soit transformé. Dans l’Ordination sacerdotale, nos mains ont reçu l’onction, afin qu’elles deviennent des mains de bénédiction. En cette heure, prions le Seigneur pour que nos mains servent toujours plus à porter le salut, à porter la bénédiction, à rendre présente sa bonté!

De l’introduction à la prière sacerdotale de Jésus (cf. Jn 17, 1), le Canon prend ensuite les paroles suivantes: « Les yeux levés au ciel, vers toi, Dieu, son Père tout-puissant… » Le Seigneur nous enseigne à lever les yeux et surtout le cœur. À élever le regard, le détachant des choses du monde, à nous orienter vers Dieu dans la prière et ainsi à nous relever. Dans une hymne de la prière des heures nous demandons au Seigneur de garder nos yeux, afin qu’ils n’accueillent pas et ne laissent pas entrer en nous les « vanitates » – les vanités, les futilités, ce qui est seulement apparence. Nous prions pour qu’à travers nos yeux n’entre pas en nous le mal, falsifiant et salissant ainsi notre être. Mais nous voulons surtout prier pour avoir des yeux qui voient tout ce qui est vrai, lumineux et bon; afin que nous devenions capables de voir la présence de Dieu dans le monde. Nous prions afin que nous regardions le monde avec des yeux d’amour, avec les yeux de Jésus, reconnaissant ainsi les frères et les sœurs, qui ont besoin de nous, qui attendent notre parole et notre action.

En bénissant, le Seigneur rompit ensuite le pain et le distribua à ses disciples. Rompre le pain est le geste du père de famille qui se préoccupe des siens et leur donne ce dont ils ont besoin pour la vie. Mais c’est aussi le geste de l’hospitalité par lequel l’étranger, l’hôte est accueilli dans la famille et il lui est consenti de prendre part à sa vie. Partager – partager avec, c’est unir. Par le fait de partager une communion se crée. Dans le pain rompu, le Seigneur se distribue lui-même. Le geste de rompre fait aussi mystérieusement allusion à sa mort, à son amour jusqu’à la mort. Il se distribue lui-même, le vrai « pain pour la vie du monde » (cf. Jn 6, 51). La nourriture dont l’homme a besoin au plus profond de lui-même est la communion avec Dieu lui-même. Rendant grâce et bénissant, Jésus transforme le pain, il ne donne plus du pain terrestre, mais la communion avec lui-même. Cette transformation, cependant, veut être le commencement de la transformation du monde. Afin qu’il devienne un monde de résurrection, un monde de Dieu. Oui, il s’agit d’une transformation. De l’homme nouveau et du monde nouveau qui prennent leur commencement dans le pain consacré, transformé, transsubstantié.

Nous avons dit que le fait de rompre le pain est un geste de communion, d’union par le fait de partager. Ainsi, dans le geste même est déjà indiquée la nature profonde de l’Eucharistie: elle est « agape », elle est amour rendu corporel. Dans le mot « agape » les significations d’Eucharistie et d’amour s’interpénètrent. Dans le geste de Jésus qui rompt le pain, l’amour auquel nous participons a atteint sa radicalité extrême: Jésus se laisse rompre comme pain vivant. Dans le pain distribué nous reconnaissons le mystère du grain de blé, qui meurt et qui ainsi porte du fruit. Nous reconnaissons la nouvelle multiplication des pains, qui vient de la mort du grain de blé et qui continuera jusqu’à la fin du monde. En même temps nous voyons que l’Eucharistie ne peut jamais être seulement une action liturgique. Elle est complète seulement si l’ »agape » liturgique devient amour dans le quotidien. Dans le culte chrétien les deux choses deviennent une – le fait d’être comblés par le Seigneur dans l’acte cultuel et le culte de l’amour à l’égard du prochain. Demandons en ce moment au Seigneur la grâce d’apprendre à vivre toujours mieux le mystère de l’Eucharistie si bien que de cette façon la transformation du monde trouve son commencement.

Après le pain, Jésus prend la coupe remplie de vin. Le Canon romain qualifie la coupe que le Seigneur donne à ses disciples, de « praeclarus calix » (de coupe glorieuse), faisant allusion ainsi au Psaume 22 [23], ce Psaume qui parle de Dieu comme du Pasteur puissant et bon. On y lit: « Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis… ma coupe est débordante » – calix praeclarus. Le Canon romain interprète ces paroles du Psaume comme une prophétie qui se réalise dans l’Eucharistie: Oui, le Seigneur nous prépare la table au milieu des menaces de ce monde, et il nous donne la coupe glorieuse – la coupe de la grande joie, de la vraie fête, à laquelle tous nous aspirons ardemment – la coupe remplie du vin de son amour. La coupe signifie les noces: maintenant est arrivée l’ « heure », à laquelle les noces de Cana avaient fait allusion de façon mystérieuse. Oui, l’Eucharistie est plus qu’un banquet, c’est un festin de noces. Et ces noces se fondent dans l’auto-donation de Dieu jusqu’à la mort. Dans les paroles de la dernière Cène de Jésus et dans le Canon de l’Église, le mystère solennel des noces se cache sous l’expression « novum Testamentum ». Cette coupe est le nouveau Testament – « la nouvelle Alliance en mon sang », tel que Paul rapporte les paroles de Jésus sur la coupe dans la deuxième lecture d’aujourd’hui (1 Co 11, 25). Le Canon romain ajoute: « de l’alliance nouvelle et éternelle » pour exprimer l’indissolubilité du lien nuptial de Dieu avec l’humanité. Le motif pour lequel les anciennes traductions de la Bible ne parlent pas d’Alliance mais de Testament, se trouve dans le fait que ce ne sont pas deux contractants à égalité qui ici se rencontrent, mais entre en jeu l’infinie distance entre Dieu et l’homme. Ce que nous appelons nouvelle et ancienne Alliance n’est pas un acte d’entente entre deux parties égales, mais le simple don de Dieu qui nous laisse en héritage son amour – lui-même. Il est certain, par ce don de son amour, abolissant toute distance, qu’il nous rend finalement vraiment « partenaire » et le mystère nuptial de l’amour se réalise.

Pour pouvoir comprendre ce qui arrive là en profondeur, nous devons écouter encore plus attentivement les paroles de la Bible et leur signification originaire. Les savants nous disent que, dans les temps lointains dont nous parlent les histoires des Pères d’Israël, « ratifier une alliance » signifie « entrer avec d’autres dans un lien fondé sur le sang, ou plutôt accueillir l’autre dans sa propre fédération et entrer ainsi dans une communion de droits l’un avec l’autre. De cette façon se crée une consanguinité réelle bien que non matérielle. Les partenaires deviennent en quelque sorte « frères de la même chair et des mêmes os ». L’alliance réalise un ensemble qui signifie paix (cf. ThWNT II, 105-137). Pouvons-nous maintenant nous faire au moins une idée de ce qui arrive à l’heure de la dernière Cène et qui, depuis lors, se renouvelle chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie? Dieu, le Dieu vivant établit avec nous une communion de paix, ou mieux, il crée une « consanguinité » entre lui et nous. Par l’incarnation de Jésus, par son sang versé, nous avons été introduits dans une consanguinité bien réelle avec Jésus et donc avec Dieu lui-même. Le sang de Jésus est son amour, dans lequel la vie divine et la vie humaine sont devenues une seule chose. Prions le Seigneur afin que nous comprenions toujours plus la grandeur de ce mystère! Afin qu’il développe sa force transformante dans notre vie intime, de façon que nous devenions vraiment consanguins de Jésus, pénétrés de sa paix et également en communion les uns avec les autres.

Maintenant, cependant, une autre question se pose encore. Au Cénacle, le Christ a donné aux disciples son Corps et son Sang, c’est-à-dire lui-même dans la totalité de sa personne. Mais a-t-il pu le faire? Il est encore physiquement présent au milieu d’eux, il se trouve devant eux! La réponse est: en cette heure Jésus réalise ce qu’il avait annoncé précédemment dans le discours sur le Bon Pasteur: « Personne ne m’enlève ma vie: je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre… » (Jn 10, 18). Personne ne peut lui enlever la vie: il la donne par sa libre décision. En cette heure il anticipe la crucifixion et la résurrection. Ce qui se réalisera là, pour ainsi dire, physiquement en lui, il l’accomplit déjà par avance dans la liberté de son amour. Il donne sa vie et la reprend dans la résurrection pour pouvoir la partager pour toujours.

Seigneur, aujourd’hui tu nous donnes ta vie, tu te donne toi-même à nous. Pénètre-nous de ton amour. Fais-nous vivre dans ton « aujourd’hui ». Fais de nous des instruments de ta paix! Amen.

__________

2. Catéchèse du 7 janvier 2009, sur le culte « spirituel »

par Benoît XVI

Chers frères et sœurs, en cette première audience générale de 2009, je désire adresser à tous mes vœux fervents pour la nouvelle année qui vient de commencer. Ravivons en nous l’engagement à ouvrir au Christ notre esprit et notre cœur, pour être et vivre comme ses véritables amis. Sa compagnie aura pour effet que cette année, malgré ses inévitables difficultés, soit un chemin plein de joie et de paix. En effet, ce n’est que si nous restons unis à Jésus, que l’année nouvelle sera bonne et heureuse.

L’engagement d’union avec le Christ est l’exemple que nous offre également saint Paul. En poursuivant les catéchèses qui lui sont consacrées, nous nous arrêtons aujourd’hui pour réfléchir sur l’un des aspects importants de sa pensée, celui qui concerne le culte que les chrétiens sont appelés à exercer. Par le passé, on aimait parler d’une tendance plutôt anti-cultuelle de l’apôtre, d’une « spiritualisation » de l’idée du culte. Aujourd’hui, on comprend mieux que Paul voit dans la Croix du Christ un tournant historique, qui transforme et renouvelle radicalement la réalité du culte. C’est en particulier dans trois textes de la Lettre aux Romains qu’apparaît cette nouvelle vision du culte.

1. Dans Rm 3, 25, après avoir parlé de la « rédemption accomplie dans le Christ Jésus », Paul continue par une formule mystérieuse pour nous et dit ceci:  Dieu « l’a exposé, instrument de propitiation par son propre sang moyennant la foi ». Avec cette expression pour nous plutôt étrange – « instrument de propitiation » – saint Paul fait allusion à ce qu’on appelle la « propitiation » du temple antique, c’est-à-dire le couvercle de l’arche de l’alliance, que l’on pensait être un point de contact entre Dieu et l’homme, un point de sa présence mystérieuse dans le monde des hommes. Le grand jour de la réconciliation – « yom kippur » –, cette « propitiation » était aspergée avec le sang d’animaux sacrifiés – un sang qui portait symboliquement les péchés de l’année écoulée au contact de Dieu, et ainsi les péchés jetés dans l’abîme de la bonté divine étaient presque absorbés par la force de Dieu, dépassés, pardonnés. La vie commençait à nouveau.

Saint Paul évoque ce rite et dit:  ce rite était l’expression du désir que l’on puisse réellement mettre toutes nos fautes dans l’abîme de la miséricorde divine et les faire ainsi disparaître. Mais avec le sang des animaux, ce processus ne se réalise pas. Un contact plus réel entre faute humaine et amour divin était nécessaire. Ce contact a eu lieu dans la croix du Christ. Le Christ, vrai Fils de Dieu, qui s’est fait vrai homme, a assumé en lui toute notre faute. Il est lui-même le lieu de contact entre la misère humaine et la miséricorde divine; dans son cœur se dilue la masse triste du mal accompli par l’humanité et la vie se renouvelle.

En révélant ce changement, saint Paul nous dit:  Avec la croix du Christ – l’acte suprême de l’amour divin devenu amour humain – le vieux culte comprenant des sacrifices d’animaux dans le temple de Jérusalem est terminé. Ce culte symbolique, culte de désir, est à présent remplacé par le culte réel:  l’amour de Dieu incarné en Christ et porté à sa plénitude dans la mort sur la croix. Ce n’est donc pas la spiritualisation d’un culte réel, mais au contraire le culte réel, le vrai amour divin-humain remplace le culte symbolique et provisoire. La croix du Christ, son amour à travers la chair et le sang est le culte réel, qui correspond à la réalité de Dieu et de l’homme. Déjà avant la destruction extérieure du temple, selon Paul, l’ère du temple et de son culte est terminée:  Paul se trouve ici en parfaite harmonie avec les paroles de Jésus, qui avait annoncé la fin du temple et annoncé un autre temple « pas fait de mains d’homme » – le temple de son corps ressuscité (cf. Mc 14, 58; Jn 2, 19sq). Cela est le premier texte.

2. Le deuxième texte dont je voudrais aujourd’hui parler se trouve dans le premier verset du chapitre 12 de la Lettre aux Romains. Nous l’avons écouté et je le répète encore:  « Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu:  c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre ». Dans ces paroles a lieu un paradoxe apparent:  alors que le sacrifice exige généralement la mort de la victime, Paul en parle en revanche en relation avec la vie du chrétien. L’expression « offrir vos personnes », étant donné le concept qui suit de sacrifice, prend la nuance cultuelle de « donner en oblation, offrir ». L’exhortation à « offrir les corps » se réfère alors à la personne tout entière; en effet, dans Rm 6, 13, il invite à « s’offrir soi-même ». Du reste, la référence explicite à la dimension physique du chrétien coïncide avec l’invitation à « glorifier Dieu dans votre corps » (cf. 1 Co 6, 20):  il s’agit d’honorer Dieu dans l’existence quotidienne la plus concrète, faite de visibilité relationnelle et perceptible.

Un comportement de ce genre est qualifié par Paul de « sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu ». C’est précisément ici que nous rencontrons le terme « sacrifice ». Dans l’usage courant, ce terme fait partie d’un contexte sacré et sert à désigner l’égorgement d’un animal, dont une partie peut être brûlée en l’honneur des dieux et une autre partie peut être consommée par ceux qui font l’offrande au cours d’un banquet. Paul l’applique en revanche à la vie du chrétien. En effet, il qualifie un tel sacrifice en se servant de trois adjectifs. Le premier – « vivant » – exprime la vitalité. Le deuxième – « saint » – rappelle l’idée paulinienne d’une sainteté liée non pas à des lieux ou à des objets, mais à la personne même des chrétiens. Le troisième – « agréable à Dieu » – rappelle peut-être la fréquente expression biblique du sacrifice « en parfum d’apaisement » (cf. Lv 1, 13.17; 23, 18; 26, 31; etc.).

Immédiatement après, Paul définit ainsi cette nouvelle façon de vivre:  tel est « votre culte spirituel ». Les commentateurs du texte savent bien que l’expression grecque (ten logiken latreían) n’est pas facile à traduire. La Bible latine traduit:  « rationabile obsequium ». Le même mot « rationabile » apparaît dans la première prière eucharistique, le Canon romain:  dans celui-ci, on prie pour que Dieu accepte cette offrande comme « rationabile ». La traduction française habituelle « culte spirituel » ne reflète pas toutes les nuances du texte grec (ni du texte latin). Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas d’un culte moins réel, ou même uniquement métaphorique, mais d’un culte plus concret et réaliste – un culte dans lequel l’homme lui-même, dans sa totalité d’être doté de raison, devient adoration, glorification du Dieu vivant.

Cette formule paulinienne, qui revient ensuite dans la Prière eucharistique romaine, est le fruit d’un long développement de l’expérience religieuse au cours des siècles précédant le Christ. Dans cette expérience, on rencontre des développements théologiques de l’Ancien Testament et des courants de la pensée grecque. Je voudrais au moins montrer quelques éléments de ce développement. Les Prophètes et de nombreux Psaumes critiquent avec force les sacrifices sanglants du temple. Le Psaume 50 (49), dans lequel c’est Dieu qui parle, dit par exemple:  « Si j’ai faim, je n’irai pas te le dire, car le monde est à moi et son contenu. Vais-je manger la chair des taureaux, le sang des boucs, vais-je le boire? Offre à Dieu un sacrifice d’action de grâces… » (vv. 12-14). Dans le même sens, le Psaume suivant, 51 (50) dit:  « … Car tu ne prends aucun plaisir au sacrifice:  un holocauste tu n’en veux pas. Le sacrifice à Dieu c’est un esprit brisé; d’un cœur brisé, broyé, Dieu n’a point de mépris » (vv. 18sq). Dans le Livre de Daniel, à l’époque de la nouvelle destruction du temple par le régime hellénistique (ii siècle av. j.c.), nous trouvons un nouveau pas dans la même direction. Au milieu du feu, – c’est-à-dire de la persécution, de la souffrance – Azarias prie ainsi:  « Il n’est plus, en ce temps, chef, prophète ni prince, holocauste, sacrifice, oblation ni encens, lieu où te faire des offrandes et trouver grâce auprès de toi. Mais qu’une âme brisée et un esprit humilié soient agréés de toi, comme des holocaustes de béliers et de taureaux… que tel soit notre sacrifice aujourd’hui devant toi et qu’il te plaise » (Dn 3, 38sq). Dans la destruction du sanctuaire et du culte, dans cette situation de manque de tout signe de la présence de Dieu, le croyant offre comme véritable holocauste, le cœur plein de contrition – son désir de Dieu.

Nous voyons un développement important, beau, mais avec un danger. Il y a une spiritualisation, une moralisation du culte:  le culte devient uniquement une chose du cœur, de l’esprit. Mais il manque le corps, il manque la communauté. On comprend par exemple que le Psaume 51 et également le Livre de Daniel, malgré la critique du culte, souhaitent le retour au temps des sacrifices. Mais il s’agit d’un temps renouvelé, d’un sacrifice renouvelé, dans une synthèse qui n’était pas encore prévisible, ou ne pouvait pas encore être pensée.

Revenons à saint Paul. Il est l’héritier de ces développements, du désir du vrai culte, dans lequel l’homme lui-même devient gloire de Dieu, adoration vivante avec tout son être. Dans ce sens, il dit aux Romains:  « Offrez vos personnes en hosties vivantes… c’est là le culte spirituel » (Rm 12, 1). Paul répète ainsi ce qu’il avait déjà indiqué dans le chapitre 3:  le temps des sacrifices d’animaux, des sacrifices de remplacement, est terminé. Le temps est venu du culte véritable. Mais il y a là aussi le risque d’un malentendu:  on peut facilement interpréter ce nouveau culte dans un sens moralisant:  en offrant notre vie, c’est nous qui faisons le vrai culte. De cette manière, le culte avec les animaux serait remplacé par le moralisme:  l’homme lui-même accomplirait tout à lui seul, avec son effort moral. Et cela n’était certainement pas l’intention de saint Paul. Mais la question demeure:  Comment devons-nous donc interpréter ce « culte spirituel, raisonnable »? Paul suppose toujours que nous sommes devenus « un dans le Christ Jésus » (Ga 3, 28), que nous sommes morts dans le baptême (cf. Rm 1) et que nous vivons à présent avec le Christ, pour le Christ, en Christ. Dans cette union – et seulement ainsi – nous pouvons devenir en Lui et avec Lui « hostie vivante », offrir le « culte vrai ». Les animaux sacrifiés auraient dû remplacer l’homme, le don de soi de l’homme, et ils ne pouvaient pas le faire. Jésus Christ, dans son don au Père et à nous, n’est pas un remplacement, mais il porte réellement en lui l’être humain, nos fautes et notre désir; il nous représente réellement, il nous assume en lui. Dans la communion avec le Christ, réalisée dans la foi et dans les sacrements, nous devenons, malgré tous nos manquements, un sacrifice vivant:  le « culte vrai » s’accomplit.

Cette synthèse se trouve à la fin du Canon romain, dans lequel on prie afin que cette offrande devienne « rationabile » – que se réalise le culte spirituel. L’Eglise sait que, dans la Très Sainte Eucharistie, le don de soi du Christ, son sacrifice véritable devient présent. Mais l’Eglise prie pour que la communauté célébrante soit vraiment unie au Christ, soit transformée; elle prie, afin que nous-mêmes devenions ce que nous ne pouvons pas être avec nos forces:  une offrande « rationabile » qui plaît à Dieu. Ainsi, la prière eucharistique interprète les paroles de saint Paul de manière juste. Saint Augustin a éclairci tout cela de façon merveilleuse dans le 10 livre de sa « Cité de Dieu ». Je ne cite que deux phrases:  « Tel est le sacrifice des chrétiens:  Bien qu’étant nombreux, nous ne sommes qu’un seul corps dans le Christ »… « Toute la communauté (civitas) rachetée, c’est-à-dire la congrégation et la société des saints, est offerte à Dieu à travers le Prêtre suprême qui s’est donné lui-même » (10, 6:  ccl 47, 27sq).

3. Pour finir, encore une très brève parole sur le troisième texte de la Lettre aux Romains concernant le nouveau culte. Saint Paul s’exprime ainsi dans le chapitre 15:  « En vertu de la grâce que Dieu m’a faite d’être un officiant (hierourgein) du Christ Jésus auprès des païens, ministre de l’Evangile de Dieu, afin que les païens deviennent une offrande agréable, sanctifiée dans l’Esprit Saint » (15, 15sq). Je ne voudrais souligner que deux aspects de ce texte merveilleux à propos de la terminologie unique dans les lettres pauliniennes. Tout d’abord, saint Paul interprète son action missionnaire parmi les peuples du monde pour construire l’Eglise universelle comme action sacerdotale. Annoncer l’Evangile pour unir les peuples dans la communion du Christ ressuscité est une action « sacerdotale ». L’apôtre de l’Evangile est un véritable prêtre, il accomplit ce qui est le centre du sacerdoce:  il prépare le vrai sacrifice. Et le deuxième aspect:  l’objectif de l’action missionnaire est – ainsi pouvons-nous dire – la liturgie cosmique:  que les peuples unis dans le Christ, le monde, devienne comme tel gloire de Dieu, « offrande agréable, sanctifiée dans l’Esprit Saint ». Ici apparaît l’aspect dynamique, l’aspect de l’espérance dans le concept paulinien du culte:  le don de soi du Christ implique la tendance à attirer chacun à la communion de son corps, d’unir le monde. Ce n’est qu’en communion avec le Christ, l’Homme-modèle, un avec Dieu, que le monde devient tel que nous le désirons tous:  miroir de l’amour divin. Ce dynamisme est toujours présent dans l’Eucharistie – ce dynamisme doit inspirer et former notre vie. Et avec ce dynamisme, nous commençons la nouvelle année.

__________

3. Le Canon Romain en latin et en langue moderne. Les textes intégraux:

> En latin: « Te igitur, clementissime Pater… »

> En français: « Vraiment, Père très saint… »

__________

Toutes les homélies de Joseph Ratzinger pape, année par année, sur le site du Vatican:

> Homélies

L’introduction de Sandro Magister au recueil d’homélies de Benoît XVI pour l’année liturgique allant de l’Avent 2007 à celui de 2008, édité par Scheiwiller:

> Homélies. L’année liturgique racontée par Joseph Ratzinger, pape

bonne nuit

15 avril, 2009

bonne  nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. coconut--kokos-1

Coconut
(Cocos nucifera)

http://www.naturephoto-cz.com/coconut:cocos-nucifera-photo-7375.html

Saint Grégoire le Grand : « Leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas »

15 avril, 2009

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20090415

Le mercredi de Pâques : Lc 24,13-35
Commentaire du jour
Saint Grégoire le Grand (vers 540-604), pape, docteur de l’Église
Homélie 23 sur l’Évangile (trad. Barroux rev.)

« Leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas »

      Vous venez de l’entendre, frères très chers : deux disciples de Jésus marchaient sur la route et, tout en ne croyant pas en lui, parlaient pourtant de lui. Le Seigneur est apparu, sans toutefois se montrer à eux sous une forme qu’ils puissent reconnaître. Le Seigneur a donc réalisé à l’extérieur, aux yeux du corps, ce qui en eux s’accomplissait à l’intérieur, aux yeux du coeur. À l’intérieur d’eux-mêmes, les disciples aimaient et doutaient tout à la fois ; à l’extérieur, le Seigneur leur était présent sans cependant manifester qui il était. À ceux qui parlaient de lui, il offrait sa présence ; mais à ceux qui doutaient de lui, il cachait son aspect familier, qui leur aurait permis de le reconnaître. Il a échangé quelques paroles avec eux, leur a reproché leur lenteur à comprendre, leur a expliqué les mystères de l’Écriture Sainte qui le concernaient. Et pourtant, dans leur coeur il demeurait un étranger, par manque de foi ; il a donc fait semblant d’aller plus loin… La Vérité, qui est simple, n’a rien fait avec duplicité, mais elle s’est simplement manifestée aux disciples dans son corps telle qu’elle était dans leur esprit.

      Par cette épreuve, le Seigneur voulait voir si ceux qui ne l’aimaient pas encore comme Dieu étaient du moins capables de l’aimer comme voyageur. La Vérité cheminait avec eux ; ils ne pouvaient donc pas demeurer étrangers à l’amour : ils lui ont proposé l’hospitalité, comme on le fait pour un voyageur. Pourquoi d’ailleurs disons-nous qu’ils lui ont proposé, alors qu’il est écrit : « Ils le pressèrent. » Cet exemple nous montre bien que nous ne devons pas seulement offrir l’hospitalité aux voyageurs, mais le faire de façon pressante.

      Les disciples mettent donc la table, offrent de quoi manger ; et Dieu, qu’ils n’avaient pas reconnu à l’explication de l’Ecriture Sainte, ils le reconnaissent à la fraction du pain. Ce n’est donc pas en entendant les commandements de Dieu qu’ils ont été éclairés, mais en les mettant en pratique.

bonne nuit

14 avril, 2009

bonne nuit dans image bon nuit, jour, dimanche etc. common-tree-frog-9247

Common Tree Frog

http://www.naturephoto-cz.com/common-tree-frog:hyla-arborea-photo-999.html

1...56789...13