Archive pour le 18 avril, 2009

Joh-20,19_Vision_Doubt_Apparition_Doute

18 avril, 2009

Joh-20,19_Vision_Doubt_Apparition_Doute  dans images sacrée 15%20RUSSIAN%20ICON.%20DOUBTING%20THOMAS

Joh-20,19_Vision_Doubt_Apparition_Doute

http://www.artbible.net/3JC/-Joh-20,19_Vision_Doubt_Apparition_Doute/index.html

Homélie pour la deuxième dimanche de Pâque, par la Famille de saint Joseph

18 avril, 2009

dimanche 19 avril 2009 – Famille de saint Joseph

Homélie

 En ce premier dimanche après Pâque, l’Église nous invite à tourner notre attention vers le mystère de la Divine Miséricorde, selon la demande de Jésus lui-même à Sainte Faustyna Kowalska : « Je désire qu’il y ait une fête de la Miséricorde. Je veux que cette image que tu peindras, soit solennellement bénie le premier dimanche après Pâques. Ce dimanche doit être la fête de la Miséricorde ».

Pourtant, les textes de ce dimanche ne nous parlent pas directement de la Miséricorde. Comment faire le lien entre celle-ci et la figure de Thomas doutant de la résurrection du Seigneur et demandant des preuves bien concrètes de celle-ci ? C’est ce que nous voudrions essayer d’approfondir maintenant.

« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je n’y croirai pas » : Somme toute, une telle requête n’est-elle pas normale ? En effet, serait-il bien raisonnable d’engager toute sa vie à la suite de ce Jésus dont on prétend qu’il est ressuscité sans un minimum de garanties ?

Ce qui est touchant ici, c’est que Jésus va consentir à cette demande de Thomas. En invitant son Apôtre à avancer la main et à la mettre dans son côté, Jésus va bien lui donner une « preuve » tangible de sa résurrection. Mais en même temps, il lui intime de cesser d’être incrédule et de devenir croyant.
Cette injonction n’aurait pas de sens s’il s’agissait seulement de « croire » en la résurrection, puisque celle-ci est maintenant pour Thomas de l’ordre de l’évidence sensible. C’est ici que nous devons être bien attentifs. En fait, Jésus invite Thomas à dépasser une incrédulité qui ne concerne pas le fait de la résurrection mais son interprétation. C’est au niveau du sens à donner à l’événement de la résurrection du Seigneur que Thomas doit passer de l’incrédulité à la foi.

Les disciples lui avaient annoncé pleins de joie : « Nous avons vu le Seigneur ! ». Certes ils avaient bénéficié d’une apparition du Ressuscité ; mais nous savons que chez saint Jean, le verbe « voir » ne désigne pas une vision sensible, mais la perception nouvelle qui s’ouvre au regard du croyant grâce à l’action de l’Esprit, comme le récit nous le suggère par le geste du Seigneur qui souffle sur eux en disant : « Recevez l’Esprit Saint ».
Ainsi, ce que les Apôtres ont « vu » de part l’œuvre de l’Esprit en eux c’est le véritable sens de l’événement de la résurrection à savoir le triomphe de la miséricorde divine. Cela nous le percevons à travers les paroles de Jésus qui leur donne le pouvoir de pardonner, pouvoir qui révèle le sens rédempteur de sa Passion glorieuse. Ils sont invités à partager la grâce dont ils sont les premiers bénéficiaires. Et c’est bien ici qu’ils doivent entrer dans la foi car cette grâce demeure invisible : rien dans l’ordre sensible ne permet de vérifier le pardon des péchés.

Nous comprenons alors que l’acte de foi que Thomas est invité à poser est celui de croire que la miséricorde du Seigneur a triomphé de son péché qui a contribué à clouer Jésus sur la croix. Le Ressuscité l’appelle à sortir d’une culpabilité mortifère pour accueillir la vie nouvelle de son Esprit : « La paix soit avec vous ». Comment ne pas réentendre ici ces paroles de Jésus à sainte Faustine : « L’humanité n’aura de paix que lorsqu’elle s’adressera avec confiance à la Divine Miséricorde » (Journal, p. 132), autrement dit lorsqu’elle croira que ma Miséricorde a triomphé de tout péché, de toute mort.

Thomas n’était donc pas en quête d’une preuve de la résurrection. D’ailleurs, il n’est pas dit qu’il met sa main dans les plaies glorieuses de son Maître. En réalité, Thomas demandait un « signe » pour oser croire en la miséricorde. Et le Seigneur le lui donne en lui présentant ses plaies, tout particulièrement son côté ouvert : « Cesse d’être incrédule, sois croyant ! »
Thomas peut alors accueillir la grâce et prononcer dans l’Esprit la plus belle confession de foi des Evangiles : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ». L’Esprit Saint lui a donné de reconnaître en Jésus, le Fils de Dieu, vainqueur du monde par l’effusion de sa miséricorde dans l’eau et le sang jaillis de son côté transpercé (Cf. 2ème lecture), ces deux faisceaux lumineux que Sainte Faustine a vu sortir du cœur ouvert de Jésus pour illuminer le monde.
Maintenant, Thomas aussi a « vu le Seigneur » et a confessé son Dieu. Il sait qu’il est réconcilié avec le Père et peut à son tour devenir héraut de ce pardon dont il est bénéficiaire. Désormais, la puissance de la grâce repose sur lui et, avec les autres Apôtres, il va pouvoir porter témoignage du véritable sens salvifique de la résurrection du Seigneur que l’Esprit Saint lui a permis de reconnaître (Cf. 1ère lecture). Car comme le rappelait Jean-Paul II, « le Christ nous a enseigné que l’homme non seulement reçoit et expérimente la miséricorde de Dieu, mais aussi qu’il est appelé à « faire miséricorde » aux autres : « Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5, 7) » (Dives in misericordia, n. 14).

En ce jour, où Jésus a promis à Sainte Faustine que ceux qui imploreraient sa Divine Miséricorde recevraient beaucoup de grâces, nous pouvons nous interroger : N’avons-nous pas besoin nous aussi du signe offert à Thomas à savoir le Cœur ouvert du Ressuscité ? En effet, quel sens donnons-nous à l’événement de la Pâque de notre Seigneur, à sa mort et à sa résurrection ? Osons-nous croire qu’ « ensevelis dans la mort avec Jésus par le baptême, nous vivons nous aussi dans une vie nouvelle, celle du Christ ressuscité par la gloire du Père » (Rm 6,4) ?

Ne nous est-il pas arrivé, devant notre péché, de nous enfermer dans la culpabilité d’avoir contribué à crucifier le Seigneur ? Les plaies ouvertes de Jésus nous parlaient alors plus de condamnation que de miséricorde. La figure de Thomas et l’attitude de Jésus à son égard peuvent ici nous être d’un grand secours. Nous aussi avons besoin de « voir » que les plaies de Jésus, que l’eau et le sang jaillis de son côté, nous parlent de vie et non pas de mort.

En ce dimanche, contemplons comme Thomas ce Côté ouvert pour nous et écoutons Jésus nous dire : « En ce jour les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes, je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de la source de ma miséricorde; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition; en ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces; qu’aucune âme n’ait peur de s’approcher de moi, même si ses péchés sont comme de l’écarlate. »

Frère Elie
 

Explication du credo: Je crois

18 avril, 2009

il-y-a sur le site de Père dominicains tous l’explication du Credo,  pour chaque phrase,  je mets la première : Je crois, mais toutes les méditation sur su le lien du site:

http://www.predication.org/rubrique.php3?id_rubrique=67

Explication du credo

Je crois 

En fait « Nous croyons », dans l’original grec. Les Pères n’entendaient pas rédiger un acte de foi individuel pour les chrétiens à la messe, ils voulaient énoncer la foi commune de l’Église. Par « croire », ils ne voulaient pas dire vaguement « croire en Dieu », par opposition à « être agnostique. » Ils entendaient distinguer la foi chrétienne des autres croyances : celle des juifs, celle des païens, celle des philosophes. Ils formulaient une foi qui n’était plus le monothéisme du peuple d’Israël, qui n’était pas du tout la foi des païens, mais qui n’était pas non plus le simple fait de croire que Dieu existe, à la lumière de la simple raison (c’est à peu près ça, le théisme des philosophes). Bref, « avoir la foi », pour eux, ce n’était pas simplement croire en Dieu, mais croire qu’il est un, tout-puissant, que son Fils s’est incarné, qu’il est mort sous Ponce Pilate… nous connaissons la suite. Ils donnaient une expression écrite à ce qui les rassemblait, à leur espoir commun, à leur foi partagée, à la source de leur communion à travers les âges et les frontières afin de sauvegarder l’unité de l’Église contre les hérétiques et d’exaucer la prière du Christ : « Que tous soient un, comme toi Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient un en nous afin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17,21).

La foi, nous dit l’Écriture, est la substance des réalités qu’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas (Hé 11,1). À la différence des autres vivants, nous sommes des êtres capables de comprendre et de désirer, d’intellection et d’amour. Nous désirons naturellement connaître la vérité, nous aimons naturellement ce que nous savons être bon et beau. La foi est une manière d’adhérer au bien ultime et à la vérité dernière, de le saisir malgré qu’il échappe encore, pour un temps, à notre vision et à notre intelligence. La foi est un acte de notre intellect et de notre cœur, mais qui ne vient pas seulement de nous. En effet, de nous-mêmes, nous sommes incapables de désirer ce que nous ne connaissons pas. Qui a mis en nos cœurs ce désir plus grand que nature, qui a éveillé nos esprits pour qu’ils plongent leurs regards dans ce qu’ils ne peuvent pas encore connaître ? Saint Paul nous écrit : « c’est par la grâce que vous êtes sauvés par le moyen de la foi ; vous n’y êtes pour rien, c’est le don de Dieu, cela ne vient pas de vous… » (Ep 2,18). Cela ne vient pas de nous en effet, de même que nous ne pouvons pas décider de croire, comment faire pour décider d’arrêter de croire comme si l’on décidait d’arrêter de fumer ? et Dieu sait que s’arrêter de fumer est difficile. 

L’Eglise vit de l’Eucharistie, par: Patrick Prétot, Directeur de l’Institut Supérieur de Liturgie à l’institut Catholique de Paris.

18 avril, 2009

du site:

http://www.catho-theo.net/spip.php?article25

L’Eglise vit de l’Eucharistie

Présentation du document publié par le Pape Jean-Paul II, à l’occasion du jeudi saint 2003
Patrick Prétot

Moine bénédictin

Directeur de l’Institut Supérieur de Liturgie à l’institut Catholique de Paris.

Site web : Page sur le site de la Catho de Paris

L’encyclique sur l’Eucharistie, publiée par le Pape Jean-Paul II, à l’occasion de ce jeudi saint 2003, commence par ces mots significatifs « L’Église vit de l’Eucharistie » (Ecclesia de Eucharistia vivit). Sans proposer un exposé complet de théologie de l’Eucharistie, le Pape offre une méditation très personnelle, parfois même sur le ton de l’entretien spirituel intime, sur les rapports entre le mystère de l’Eucharistie et la vie de l’Eglise. Il s’agit de dire pourquoi et comment « L’Eglise vit de l’Eucharistie ». La réponse est exprimée, sous forme synthétique, dès le n.3 : c’est parce que « l’Église naît du mystère pascal », que l’Eucharistie a sa place au centre de la vie ecclésiale. L’Encyclique apparaît donc comme la réception, par le magistère, de la redécouverte contemporaine de la dimension ecclésiale de l’Eucharistie. C’est en particulier la réflexion du P. de Lubac – exprimée surtout dans Méditations sur l’Église (1953), et synthétisée par l’adage : l’Eucharistie fait l’Église – qui trouve ainsi une sorte de consécration.

Il s’agit d’un acte magistériel, qui peut donc se réclamer de l’exemple de Paul s’adressant à Timothée : « Je t’adjure (…) proclame la Parole, insiste à temps et à contre-temps, reprends, menace, exhorte, toujours avec patience et souci d’enseigner » (2 Tm 4,1-2). Le Saint Père y expose certains éléments de la foi en vue d’affermir l’ensemble des fidèles dans la vérité. Sur ce point, il s’inscrit donc, en nette continuité avec l’encyclique Mysterium fidei de Paul VI (3 septembre 1965, qui portait surtout sur la question de la transformation eucharistique et sur la doctrine de la « présence réelle »), ou encore avec le préambule doctrinal de la Présentation Générale du Missel Romain qui souligne le fait que le Missel est le « témoignage d’une foi inchangée » (PGMR 2001, II-V). Parce que l’Eucharistie est ce que « l’Église peut avoir de plus précieux dans sa marche au long de l’histoire », le Pape Jean-Paul II exprime à son tour, l’attention empressée que le magistère a « toujours réservée au Mystère eucharistique » (n.9). L’encyclique rappelle par conséquent un certain nombre de principes en vue de garantir la vérité de la doctrine et de la pratique, mais aussi la qualité des célébrations liturgiques.

Sur le plan théorique, le chapitre 1er intitulé « Mystère de la foi » reprend l’enseignement classique de la théologie catholique, avec les catégories du Concile de Trente : « sacrifice », « présence réelle » et « communion ». Le sacrifice – entendu comme « re-présentation sacramentelle » de la Passion et de la mort sur la Croix (n.11) – est mis en relation avec la catégorie de « mémorial » retrouvée par les théologiens contemporains (n.11) : car le « mémorial de la mort et de la résurrection (du) Seigneur, cet événement central du salut est rendu réellement présent et ainsi » s’opère l’œuvre de notre rédemption [1] (n.11). La « présence réelle », quant à elle, est mise heureusement en relation avec la résurrection parce que « c’est en tant que vivant et ressuscité que le Christ peut, dans l’Eucharistie, se faire »pain de la vie« (Jn 6,35.48), »pain vivant« (Jn 6,51) » (n.14). Enfin la « communion » est présentée avant tout comme participation au banquet qui est le don de l’Esprit (n.17), gage de la résurrection (n.18), et anticipation eschatologique de la vie éternelle (n.19).

Sur le plan pratique, les rappels concernent surtout deux points. D’une part, le texte réaffirme le lien fondamental entre pénitence et Eucharistie (n.37), en le fondant sur le fait que « la communion invisible, tout en étant par nature toujours en croissance, suppose la vie de la grâce, (…) et la pratique des vertus (…) » (n.36). Il convient cependant de souligner que le texte précise que « Évidemment, le jugement sur l’état de grâce appartient au seul intéressé, puisqu’il s’agit d’un jugement de conscience » (n.37). D’autre part, pour ce qui concerne la qualité des célébrations, outre un rappel de la nécessaire fidélité aux prescriptions liturgiques présentée, loin de tout rubricisme, comme « l’expression concrète du caractère ecclésial authentique de l’Eucharistie » (n.52), il faut relever un développement original sur l’importance de l’art sacré (n.49-51). Le Saint Père souligne qu’en se laissant porter par le mystère eucharistique, la foi de l’Église s’est exprimée « non seulement par la requête d’une attitude intérieure de dévotion », mais aussi « par une série d’expressions extérieures, destinées à évoquer et à souligner la grandeur de l’événement célébré » (n.49). Le patrimoine artistique lié à l’Eucharistie touche en effet tous les domaines de la création – architecture, sculpture, peinture, musique – au point que l’Eucharistie « a aussi influencé fortement la » culture « , spécialement dans le domaine esthétique » (n.49).

C’est dans le prolongement de ces repères théologiques et pastoraux, et à travers eux, que l’encyclique Ecclesia de Eucharistia oriente la recherche théologique en donnant des indications sur un certain nombre de points difficiles.

Le n.15 encourage les théologiens dans leur effort de compréhension du mystère eucharistique, en notant qu’ils sont « d’autant plus utiles et pénétrants » qu’ils permettent « de conjuguer l’exercice critique de la pensée avec » la foi vécue « de l’Église ». A ce propos, le Pape rappelle la limite de la recherche, celle même qui était déjà indiquée par Paul VI : « maintenir que, dans la réalité elle-même, indépendante de notre esprit, le pain et le vin ont cessé d’exister après la consécration, en sorte que c’est le corps et le sang adorables du Seigneur Jésus qui, dès lors, sont réellement présents devant nous sous les espèces sacramentelles du pain et du vin » [2]

C’est avec cet éclairage qu’il faut comprendre par exemple l’insistance, au n.25, du lien entre célébration de l’Eucharistie et culte rendu à l’Eucharistie en dehors de la messe. Le renouveau actuel de l’adoration du Saint Sacrement, une pratique héritée de la piété médiévale, peut être considéré comme un signe des temps et l’un des aspects de « foi vécue » au sein du Peuple de Dieu, que les théologiens ont à faire dialoguer avec les acquis récents de la réflexion théologique. La recherche théologique s’approfondit à l’écoute de l’Esprit qui parle au cœur de l’Église, et par une réflexion sans cesse renouvelée sur la tradition doctrinale, et sur le ressourcement en tradition opéré à propos de la Messe par le Concile Vatican II. Parallèlement, l’encyclique souligne le caractère « inachevé » des célébrations dominicales en l’absence de prêtres (n.32). L’action eucharistique, célébration de la mort et de la résurrection du Christ est le centre de la vie eucharistique à partir duquel rayonnent aussi bien le culte de l’eucharistie en dehors de la messe que les célébrations de la parole en l’absence de ministre ordonné.

Parce qu’elle porte sur le lien entre Eglise et Eucharistie, Ecclesia de Eucharistia accorde une attention décisive à la dimension œcuménique. Il convient d’en souligner l’importance – c’est un aspect qu’on retrouve tout au long du texte (n.10, 30, 43, 61) -, et cela même si la position retenue peut apparaître en retrait par rapport à certaines attentes. A la question de savoir si la célébration commune de l’Eucharistie peut constituer un chemin vers l’unité des Eglises, le Pape répond clairement par la négative (n.30), mais il le fait au nom même des exigences de la recherche de la pleine communion. A notre connaissance, jamais un texte magistériel sur l’Eucharistie n’aura intégré à ce point la préoccupation œcuménique.

C’est avec la même recherche de cohérence que le Pape aborde la question décisive du rapport entre l’Eucharistie et le ministère ordonné. La notion d’« apostolicité » doit pouvoir s’appliquer autant au Mystère eucharistique qu’à l’Église : c’est pourquoi le chapitre III reprend la triple signification du terme « apostolique » proposée par le Catéchisme de l’Église Catholique (CEC n.857) : fondée sur les apôtres, célébrée conformément à la foi des apôtres, et dirigée par les successeurs des apôtres dans le ministère ordonné. Le ministère ordonné apparaît alors comme don et comme structure fondamentale de la célébration eucharistique : « Pour être véritablement une assemblée eucharistique, l’assemblée qui se réunit pour la célébration de l’Eucharistie a absolument besoin d’un prêtre ordonné qui la préside. D’autre part, la communauté n’est pas en mesure de se donner à elle-même son ministre ordonné. Celui-ci est un don qu’elle reçoit à travers la succession épiscopale qui remonte jusqu’aux apôtres » (n.29).

Le n.39 est, d’une certaine manière, un sommet, dans la mesure où il tire les conséquences du lien entre communion ecclésiale et Eucharistie. Le texte souligne que l’Eucharistie n’est jamais réductible à la communauté qui célèbre car « en recevant la présence eucharistique du Seigneur », la communauté « reçoit l’intégralité du don du salut » et, donc « dans sa particularité visible permanente », elle « se manifeste aussi comme image et vraie présence de l’Église une, sainte, catholique et apostolique » [3]. Contre toute tentation de replis sur le groupe, le Saint Père insiste sur l’importance des marques de communion avec l’Évêque du lieu et le Pontife romain, car « l’Évêque est le principe visible et le fondement de l’unité dans son Église particulière » [4] On sait combien ce principe est important dans un temps où des groupes catholiques, de toutes tendances, risquent de s’isoler, en promouvant des pratiques si différentes de celles de l’Église locale qu’elles donnent à voir et à penser que ces groupes ne sont plus vraiment en communion avec elle.

C’est peut-être avec cet éclairage qu’il faut comprendre aussi le développement final (chapitre VI), qui invite à se mettre à l’école de Marie, dénommée la « femme eucharistique » pour « redécouvrir dans toute sa richesse le rapport intime qui unit l’Église et l’Eucharistie ». Jean-Paul II, dans la lettre Rosarium Virginis Mariae, a voulu inscrire l’institution de l’Eucharistie parmi les mystères lumineux du Rosaire. C’est parce que la figure de Marie renvoie toujours au lien entre Dieu et l’humanité, que « Marie est présente, avec l’Église et comme Mère de l’Église, en chacune de nos Célébrations eucharistiques » (n.57).

Sur ce point, le Pape rejoint, à sa façon, les redécouvertes théologiques du XXe siècle qui ont valorisé, et la « bénédiction » (cf. la berakhah juive) et « l’action de grâces » (du grec eucharistein) comme structures fondamentales de l’Eucharistie. En finissant sur la méditation du Magnificat, le Pape montre que la prière de Marie, telle que l’Évangile nous la fait percevoir, est de forme eucharistique : « Si le Magnificat exprime la spiritualité de Marie, rien ne nous aide à vivre le mystère eucharistique autant que cette spiritualité. L’Eucharistie nous est donnée pour que notre vie, comme celle de Marie, soit tout entière un Magnificat ! » (n.58).

En définitive, Ecclesia de Eucharistia occupe une place significative dans l’enseignement récent du magistère. Elle prend place dans la série des textes publiés à la suite du grand jubilé de l’an 2000. Le Saint Père y invite les catholiques « à contempler le visage du Christ, à le contempler avec Marie » : « Contempler le Christ requiert qu’on sache le reconnaître partout où il se manifeste, dans la multiplicité de ses modes de présence, mais surtout dans le Sacrement vivant de son corps et de son sang. L’Église vit du Christ eucharistique, par lui elle est nourrie, par lui elle est illuminée. L’Eucharistie est un mystère de foi, et en même temps un » mystère lumineux  » [5](n. 7) « .

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[1] Concile Vatican II, Constitution Lumen gentium, n.3

[2] Paul VI, Profession de foi (30 juin 1968), n. 25 : AAS 60 (1968), pp. 442-443 ; La Documentation catholique 65 (1968), col. 1256.

[3] Cf. Congregation pour la Doctrine de la Foi, Lettre Communionis notio (28 mai 1992), n.11 : AAS 85 (1993), p. 844 ; La Documentation catholique 89 (1992), p. 731.

[4] Cf. Vatican II, Constitution Lumen gentium, n. 23

[5] Cf. Jean-Paul II, Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariæ (16 octobre 2002), . 21 : AAS 95 (2003), p. 20 ; La Documentation catholique 99 (2002), pp. 959-960.

bonne nuit (ghiro=loir)

18 avril, 2009

bonne nuit (ghiro=loir) dans image bon nuit, jour, dimanche etc. ghiro
http://www.valbrembanaweb.it/valbrembanaweb/gallery/1_fauna/index.html

« J’appelle » dit Dieu (prière-poème)

18 avril, 2009

du site:

http://www.bonheurpourtous.com/botext/jappelle.html

« J’appelle » dit Dieu

On me dit que mes enfants, les hommes, ont des problèmes d’emploi.
Moi, j’appelle, dit Dieu.
J’embauche tout le temps, je suis sur la place pour embaucher dès 6h00 du matin.
J’y suis à 9h00, j’y suis à 14h00.
J’y suis encore à 5h00 du soir, alors que la journée va s’achever ;
à ce moment, moi, j’embauche encore.
Et moi je paie, dit Dieu.
Je ne paie pas à l’heure, ni au mois, ni aux pièces.
Moi je paie à l’éternité…
Parfaitement : une éternité de bonheur pour celui
qui aura travaillé pour moi quelques heures,
quelques semaines, quelques mois, quelques années.

Et j’appelle tous ceux qui veulent.
Je ne demande ni BAC, ni BEPC, ni CAP, ni BTS, ni diplôme d’aucune sorte.
Je ne demande que de la bonne volonté, la volonté de travailler.

J’appelle pour tous les métiers.
J’ai besoin de cantonniers,
car il est écrit : « Préparez les routes du Seigneur,
rabotez les collines et rectifiez les virages… ».
J’ai besoin de cantonniers pour préparer la route de mon retour.
En créant un monde moins inégal et plus droit,
en luttant contre les injustices et les misères,
En rendant les routes de la vie moins dures et moins pénibles
pour les hommes, mes fils, pour les hommes, vos frères…
J’ai besoin d’infirmiers, de bons samaritains,
ceux qui soignent les maladies du corps et surtout de l’âme,
ceux qui ramassent dans les fossés les blessés de la vie, les abandonnés de la route…
J’ai besoin de vignerons et de moissonneurs,
car « la moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux ».
J’appelle tous ceux qui sont prêts à récolter
la moisson des bonnes volontés qui ne savent où s’adresser,
la vendange des joies qui ne savent avec qui se partager…
Surtout, surtout, j’ai besoin de bergers,
« car j’ai pitié de ces foules, qui sont comme des troupeaux sans pasteurs ».
Ceux par les mains de qui je partagerai à tous les affamés le Pain de ma Parole,
le Pain de mon Corps et le Vin de mon Sang…

Venez tous, dit Dieu, j’appelle ; il y a du travail pour tous, j’emploie tout le monde…
Et ce soir, après la journée de travail, tous ensemble, avec Moi, vous ferez la fête !

Anonyme,
cité par la feuille paroissiale des Contamines (Haute-Savoie), le 3 août 1997

Cardinal John Henry Newman: Cardinal John Henry Newman

18 avril, 2009

du site:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=commentary&localdate=20090418

Le samedi de Pâques : Mc 16,9-15
Commentaire du jour
Cardinal John Henry Newman (1801-1890), prêtre, fondateur de communauté religieuse, théologien
PPS 1, 22 « Witnesses of the Resurrection »

Témoins de la résurrection

      On aurait pu s’attendre à ce que notre Seigneur, une fois ressuscité, se montre au plus grand nombre de gens possible, et surtout à ceux qui l’avaient crucifié. Tout au contraire, nous voyons par l’histoire qu’il se manifeste seulement à quelques témoins choisis, et spécialement à ses disciples immédiats. C’est ce que saint Pierre reconnaît lui-même quand il déclare : « Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se montrer, non pas à tout le peuple, mais seulement à quelques témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection » (Ac 10,40-41).

      A première vue, cela nous semble étrange. Nous sommes disposés, en effet, à nous faire de la résurrection une idée bien différente, à nous la représenter comme une manifestation éclatante et visible de la gloire du Christ… En nous la figurant ainsi comme un triomphe public, nous sommes conduits à imaginer la confusion et la terreur qui auraient saisi ses bourreaux si Jésus s’était présenté vivant devant eux. Mais, remarquons-le, un tel raisonnement revient à concevoir le Royaume du Christ comme un royaume de ce monde, ce qui n’est pas juste. Ce serait nous représenter le Christ comme étant déjà venu à ce moment-là juger le monde, ce qui n’arrivera qu’au dernier jour…

      Pourquoi se montrer seulement « à quelques témoins choisis d’avance » ? Parce que c’était le moyen le plus efficace de propager la foi dans le monde entier… Quel aurait été le fruit d’une manifestation publique qui s’impose à tous ? Ce nouveau miracle aurait laissé la foule telle qu’il l’avait trouvée, sans changement efficace. Déjà ses anciens miracles n’avaient pas convaincu tout le monde…; qu’auraient-ils pu dire et sentir de plus qu’auparavant, même « si quelqu’un ressuscite d’entre les morts  » ? (Lc 16,31)… Le Christ se montre pour susciter des témoins de la résurrection, des ministres de sa parole, les fondateurs de son Eglise. Comment la foule, avec sa nature changeante, aurait-elle pu le devenir ?