Témoigner de la résurrection (biblique)

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Témoigner de la résurrection

On doit à Jean Guitton, dans les années cinquante, une page lumineuse sur le sens de l’histoire, dans sa Vie de Jésus (Paris, Grasset 1956). La résurrection ne relève pas de la constatation mais bien du témoignage.

« Laissez-moi esquisser une dernière considération, touchant la définition de ce qui est historique. Nos contemporains sont bien intéressés par cela.

Si l’on définit l’historique en disant qu’est seul objet d’histoire ce qui est universellement constatable, les apparitions n’appartiennent pas à l’histoire. Car, bien que leur objet soit un homme connu avant sa mort par un grand nombre, le Ressuscité ne se propose plus à tous publiquement, comme il l’avait fait lors de son procès. L’histoire au sens strict ne peut connaître que des événements constatables par un homme normal. Une conversation de Napoléon avec le général Bertrand, à Sainte-Hélène, même si elle a été tenue devant Las Cases pour seul témoin, est historique, parce que n’importe quel auditeur, s’il avait été là, aurait entendu les mêmes propos que Las Cases. En ce sens, l’histoire la plus privée est virtuellement publique. Mais Tibère, Tacite, Philon, Pilate, Josèphe, s’ils avaient été dans la salle où Jésus apparaissait, n’auraient, semble-t-il, rien aperçu.

La définition précédente exclut d’avance de la zone historique les événements qui seraient réels sans être pour autant susceptibles d’être perçus par un observateur quelconque. Certes, dans la plupart des cas (dans tous les cas, sauf un, peut-être) cette définition est suffisante. Mais tout le problème posé par la résurrection est de savoir s’il n’y a pas des réalités temporelles d’ordre supérieur qui ne sont susceptibles d’être perçues que par des témoins privilégiés. Voilà la question que je me pose. Et si je ne veux pas la résoudre avant de l’avoir examinée, je dois recourir à une définition de l’histoire assez large pour n’exclure aucune solution. je me borne alors à dire que l’histoire s’attache à un événement temporel quelconque, en tant qu’il est attesté. En somme, c’est par l’attestation d’un événement par un ou plusieurs témoins, plus que par une constatation capable d’être faite par tous, que je définirais l’historique. Dans ce sens-là, la résurrection serait le type le plus parfait d’un événement historique porté à sa limite extrême, parce qu’il était incapable de se reproduire – parce qu’il était intervenu devant quelques rares témoins -, parce qu’enfin ces témoins, transformés par l’événement, ont consacré leur existence à porter ce témoignage.»

Cité par Jean-Michel Poffet dans
« Les rencontres pascales avec le Ressuscité ! »,
Supplément au Cahier Évangile n° 108 (1999), page 122

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