Note : que signifie  »Il est ressuscité » ? (biblique)

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Note : que signifie  »Il est ressuscité » ?

Il est ressuscité ? Qu’est ce à dire ? Certaines traductions disent  »il est relevé d’entre les morts » ou encore  »il est réveillé ».

Une première partie fait ici le point sur le vocabulaire élaboré par les premiers chrétiens. Une deuxième rappellera que la résurrection relève du témoignage. Enfin, une troisième présentera une sélection de pages à lire : une sorte de mini-dossier Web ! 
 
Le vocabulaire de résurrection

Pour dire l’événement radicalement nouveau qu’est la résurrection de Jésus, les évangélistes n’ont pas inventé de mots nouveaux. Ils ont repris et enrichi ce qui avait cours à leur époque. Ils ont puisé
1) dans le monde des images de la littérature dite «apocalyptique» ( = qui révèle le projet de Dieu sur l’histoire des hommes)
2) dans le vocabulaire des discours dits «eschatologiques» (= qui concerne la fin du monde). Nous pouvons regrouper ce langage naissant sous quatre verbes :

Dans ce qui suit, les références à Matthieu, Marc et Luc ont été privilégiées, mais on les trouve aussi dans les lettres de Paul ou dans l’évangile de Jean.

1 — le vocabulaire de l’éveil est le plus diffusé : «egeirein» / réveiller, relever, mettre sur pied… (36 fois en Mt ; 19 fois en Mc ; 17 fois en Lc). La forme passive «être réveillé» (avec Jésus pour sujet) est appelée «passif théologique» car l’auteur de l’action (celui qui réveille) est implicitement Dieu : cf. Mt 28,6.7 ; Mc 16,6.14 et Lc 24,6 : « il n’est pas ici, il est réveillé » . La forme active est employée en Mt 8,15 ; 9,5.6.7…; Mc 3,3 ; 5,39,41…; Lc 1,69 ; 5,23.24…

2 — vocabulaire du lever : «anistanai» / se dresser, se lever ; en grec, «résurrection» se dit «anastasis » (7 fois en Mt ; 18 fois en Mc et 29 fois en Lc). À première lecture, le verbe désigne souvent un changement d’attitude (ainsi se lever de son siège) mais le contexte peut laisser deviner une signification plus mystérieuse. Cf Mt 9,9…; Mc 1,35 ; 16,9a… ; Lc 4,16 ; 24,7 (12.33).46… : « Il faut que le Fils de l’homme soit crucifié et que le troisième jour il se lève » (Lc 24,7).

Pour ces deux verbes (réveiller, se lever) l’imaginaire fonctionne sur l’opposition entre un avant et un après : l’éveil succède au sommeil, la position debout à la position assise ou couchée. Il semblerait qu’il y ait eu un report de sens du deuxième verbe sur le premier. Le symbolisme « ténèbres / lumière » est sans doute à relier à cet ensemble. À noter que dans nos traductions françaises de la Bible les verbes «egeirein / réveiller» et «anistanai / se dresser» sont souvent rendus par le même verbe ressusciter (susciter de nouveau), verbe qui vient du latin «resuscitare, ranimer» (cf grec «egeirein») – alors que le mot résurrection vient, lui, du latin «resurgere, se relever» (cf grec «anistanai») !

3 — vocabulaire de la vie : «zèn / vivre». On le trouve surtout chez Paul et Luc (6 fois seulement chez Mt, 3 fois chez Mc, mais 10 fois chez Lc). Appliqué à Jésus Christ, il souligne l’unité du Galiléen et du Ressuscité (cf Lc 24,5.23 : « Pourquoi chercher le Vivant parmi les morts ? » ). Mais chaque fois que les évangélistes évoquent la vie, cela peut être relié à la vie donnée par Dieu, ainsi en Mt 9,18, Mc 5,23 ou Lc 10,28.

4 — vocabulaire de l’exaltation : avec des verbes comme «exalter», «glorifier», «monter au ciel». L’imaginaire de ces verbes fonctionne sur l’opposition bas/haut. Il permet de souligner la nouveauté radicale de la situation du Christ auprès de Dieu (ce n’est pas un «retour à la case départ») et, par conséquent, de la vie du disciple cf. Mt 23,12 ; Mc 16,19a ou Lc 24,51… Chez Matthieu, le symbolisme de la montagne permet d’évoquer cette dimension au cœur de la mission de Jésus : Mt 5,1 et 8,1 (prédication) ; 14,23 (prière) ; 15,29 (multiplication) ; 17,1 (transfiguration) ; 28,16 (envoi en mission)…

Avant de clore son évangile, Luc emploie le vocabulaire d’exaltation : «il fut emporté au ciel» (Lc 24,50) comme pour souligner la rupture entre le temps de Jésus et le temps de l’Église.

Tout à la fin de Marc, la deuxième finale (Mc 16,9-20) concentre tout le vocabulaire disponible : «s’étant relevé» (v.9), «il vit» (v.11), «lui ayant été réveillé» (v.14), «il fut enlevé» (v.19). Luc 24 fera de même mais dans la seule scène du tombeau vide : «le vivant» (v.5), «il est réveillé» (v.6), «le troisième jour il se lève» (v.7) !

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